lundi 3 octobre 2022

Des indigènes péruviens bloquent une rivière de l'Amazone après une marée noire

Des groupes indigènes péruviens bloquaient mercredi une grande rivière dans la région amazonienne du pays pour protester contre un déversement de pétrole brut d'environ 2 500 barils dans la plus grande forêt tropicale du monde, a déclaré le gouvernement.

p_rou1Le déversement a eu lieu le 16 septembre et a affecté plusieurs communautés indigènes de la région de Loreto, dans le nord-est du Pérou. Alors que le ministère péruvien de l'environnement a estimé le déversement à 2 500 barils, la compagnie pétrolière d'État Petroperu a déclaré qu'elle n'avait pas encore d'estimation.

Petroperu a déclaré dans un communiqué que le déversement était le résultat de dommages "intentionnels" causés à un oléoduc exploité par la société. L'oléoduc transporte du brut de l'Amazonie vers la côte désertique du Pérou pour y être raffiné.

L'oléoduc a été le théâtre de plusieurs déversements de pétrole ces dernières années.

Le gouvernement a déclaré dans un communiqué que les communautés bloquaient la grande rivière Maranon, un affluent clé de l'Amazone, ce qui empêchait les fonctionnaires de prélever des échantillons d'eau et de distribuer des médicaments aux communautés indigènes touchées.

Reuters n'a pas pu joindre un représentant de la communauté pour un commentaire.

L'Amazonie est la plus grande forêt tropicale du monde et sa préservation est considérée comme essentielle par les scientifiques pour éviter un changement climatique catastrophique. Le Pérou possède la deuxième plus grande section de l'Amazonie après le Brésil.

Bien que le Pérou soit un très petit producteur de pétrole, produisant seulement 40 000 barils par jour, ses champs pétrolifères sont concentrés en Amazonie.

L'incident est au moins le deuxième grand déversement de pétrole au Pérou cette année, après que la compagnie pétrolière espagnole Repsol SA ait déversé plus de 10 000 barils dans l'océan Pacifique en janvier à partir d'un pétrolier qui chargeait une raffinerie de la compagnie près de Lima, la capitale du Pérou.

Le déversement est également le onzième à avoir lieu depuis le début de l'année en Amazonie, selon Petroperu, mais le premier à se déverser directement dans une rivière.

L'administration du président péruvien de gauche Pedro Castillo a déclaré qu'elle souhaitait que Petroperu augmente sa production, en particulier au Lot 192 en sommeil, le plus grand champ pétrolier du pays, situé au plus profond de l'Amazonie. (selon "Zonebourse")

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lundi 15 août 2022

Épinal : quatre jours de jeûne pour réclamer la non-prolifération des armes nucléaires

Le rendez-vous est une tradition respectée chaque année à la même période. Du 6 au 9 août, les militants de Vosges alternative au nucléaire et Abolition des armes nucléaires se réunissent devant le kiosque du parc du Cours.

_pinalPendant quatre jours, ils jeûnent durant ce laps de temps symbolique, les dates anniversaires des bombes atomiques lâchées sur les villes japonaises d’Hiroshima et Nagasaki.

Ce dimanche, ils étaient une petite dizaine à poursuivre le jeûne, malgré la chaleur de l’été. « Nous souhaitons l’abandon des armes nucléaires. Cette année, l’actualité de la guerre en Ukraine est importante. Cela montre la gravité de la situation », insiste Jean-Luc Tonnerieux, co-président de "Vosges alternative au nucléaire".

En France, ils sont cinq groupes à suivre cette initiative déclinée dans tous les continents. « À l’ONU, 66 pays ont ratifié le traité d’interdiction des armes nucléaires et presque autant sont en voie de le faire. Certains avaient déjà lancé leur programme de développement et l’ont abandonné. Il est primordial que les pays respectent l’article numéro 6 du traité sur non-prolifération conclu en 1968 et qui stipule qu’il est nécessaire de tendre vers un désarmement de bonne foi », poursuit Jean-Luc Tonnerieux. (selon "Vosges-Matin")

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dimanche 14 août 2022

Venezuela : les manifestations se multiplient

Des syndicats de fonctionnaires ont défilé le 2 août à Caracas, pour dénoncer des nouvelles coupes budgétaires, alors que le pays subit toujours la crise économique. Des protestations désormais quotidiennes qui renforcent la pression sur le président Nicolás Maduro.

venezuela1Énième manifestation sur fond de crise économique sans fin au Venezuela. Au bruit des casseroles et des poêles martelées, plusieurs centaines de Vénézuéliens ont fait le 2 août une « marche des casseroles vides » dans les rues de Caracas. Menés par des syndicats du secteur public, professeurs, infirmiers et retraités ont défilé devant le ministère du travail. Ils réclament le versement de plusieurs primes par le gouvernement de Nicolás Maduro, au pouvoir depuis 2014 : la prime des vacances - 1,48 euro par mois - aux enseignants, qui devait être accordée en juillet, ne l’a pas été.

22 manifestations par jour

Le calcul de celle-ci, versées aux employés de l’éducation à la fin de l’année scolaire, a été faite sur la base des salaires de 2021 par l’Office national du budget (Onapre). Les syndicats assurent eux, ne pas avoir perçu cette prime (comme d’autres) et dénoncent une «violation » de leurs droits du travail.

Loin d’être un épiphénomène, c’est une nouvelle manifestation de la colère qui s’exprime désormais quotidiennement dans le pays. Au premier semestre de 2022, l’observatoire vénézuélien des conflits sociaux en a enregistré 3 892 dans le pays. Plus de 1 600 d’entre elles ont eu lieu pour réclamer des salaires décents. Des chiffres qui donnent le tournis : en moyenne, cela représente 22 manifestations par jour, soit une hausse de 15 % par rapport à l’année passée.

Le pays traverse une profonde crise économique depuis 2015, provoquée initialement par la baisse du coût du pétrole, principale ressource économique du pays. Les sanctions américaines, la mauvaise gestion de l’économie due à la corruption ont provoqué une hyperinflation (jusqu’à 3 000 % en 2020) et plongé les habitants dans la misère. Trois quarts de la population vit actuellement sous le seuil de pauvreté. L’économie est exsangue : en neuf ans, le PIB national a chuté de 80 %.

Menaces sur la rentrée scolaire

Début de 2022 une légère reprise a été enregistrée avec la remontée des prix du pétrole liée à la guerre en Ukraine et à l’adoption généralisée du dollar américain. Mais alors que l’inflation grimpe toujours (53 % en 2022), les salaires ont stagné. Pour un professeur, le revenu moyen avoisine les 50 dollars (48,5 euros) par mois depuis mars dernier. Une somme dérisoire, alors que le prix du panier alimentaire moyen d’un Vénézuélien est presque huit fois plus élevé. Et reste inaccessible pour la plupart des ménages.

À Caracas, hier, les manifestants ont remis leurs demandes au ministère du travail et annoncé qu’ils resteront dans les rues jusqu’à ce qu’ils obtiennent une réponse des autorités. La fédération des enseignants du Venezuela, qui regroupe une grande partie des professeurs, a déclaré se préparer à ne pas assurer la rentrée scolaire en septembre, si le gouvernement de Maduro ne remplit pas ses obligations​ envers le corps enseignant. (selon "Ouest-France")

venezuela

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mardi 2 août 2022

Guadeloupe : front commun des habitants des quartiers du Gosier

Belle plaine, Grand Baie, Pliane, les habitants des quartiers du Gosier étaient réunis ce mercredi soir pour dénoncer les nombreux problèmes de la commune. Au moment où le maire doit être entendu par la justice dans le cadre d’une enquête préliminaire pour recel d’abus de biens sociaux, détournement de fonds et corruption active et passive, les administrés veulent plus que jamais se prendre en main.

gosierIls sont venus ils étaient là. Sur cette terrasse, des gens venus de partout du territoire de la commune du Gosier. Leur motivation, l'impression commune d'être des laissés pour compte de la commune et particulièrement de l'équipe municipale en charge des intérêts du Gosier.

Et précisément, l'un après l'autre, ils témoignent de tous ces maux qui font leur quotidien et cette impression générale de ne pas être entendus, de ne pas être défendus, de devoir faire chaque jour avec les moyens du bord.

Et comme un refrain qui se chanterait dans tous les quartiers sur le même air, c'est la question de l'absence de titre de propriété à laquelle beaucoup d'entre eux sont confrontés. Un vieux refrain qu'ils entonnent maire après maire, sans qu'aucune solution ne soit venue régler les choses.

Et comme un refrain qui se chanterait dans tous les quartiers sur le même air, c'est la question de l'absence de titre de propriété à laquelle beaucoup d'entre eux sont confrontés. Un vieux refrain qu'ils entonnent maire après maire, sans qu'aucune solution ne soit venue régler les choses.

Pourtant, sur cette terrasse de Belle Plaine, quelque chose est née ce mercredi soir. La certitude qu'à travers les sections de cette commune du Gosier, un courant de solidarité et une mobilisation commune devraient désormais porter leurs intérêts communs. (selon "franceinfo")

gosier1

Pourtant, sur cette terrasse de Belle Plaine, quelque chose est née ce mercredi soir. La certitude qu'à travers les sections de cette commune du Gosier, un courant de solidarité et une mobilisation commune devraient désormais porter leurs intérêts communs.

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mardi 26 juillet 2022

Pérou : des femmes dénoncent les violences subies

Une trentaine de Péruviennes dont des femmes transgenres ont manifesté lundi à Lima au Pérou pour dénoncer la violence quotidienne qu'elles subissent. 

p_rou1Une trentaine de Péruviennes, dont des femmes transgenres, se sont rassemblées lundi à Lima au Pérou pour dénoncer les violences quotidiennes qu'elles subissent et exiger des mesures de la part de la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, qui est en visite officielle dans le pays jusqu'à mercredi.

"Au secours ! Les lois péruviennes humilient les femmes car elles ne nous défendent pas. Ce qu'elles font, c'est défendre l'agresseur", a déclaré à l'AFP Magaly Aguilar, portant une photo de sa fille victime d'un féminicide.

Le groupe a réalisé une performance inspirée du livre dystopique "La Servante écarlate" ("The Handmaid's Tale")  en portant des robes rouges et des coiffes blanches, tandis que Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, rencontrait des groupes indigènes au siège régional de l'Organisation internationale du travail (OIT).

Nous voulons avertir Michelle Bachelet de ce qui arrive aux femmes et aux personnes issues de la diversité sexuelle et de genre au Pérou", a déclaré Gahela Cari, militante transgenre âgée de 29 ans.

Michelle Bachelet a reçu à l'OIT les dirigeants des principaux groupes indigènes de l'Amazonie péruvienne qui ont décrit le climat de harcèlement et de violence causé par les gangs de trafiquants de drogue et les exploitants forestiers illégaux.

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dimanche 10 juillet 2022

Suppression d’une classe au collège de Villé

Profs, parents, élus et élèves se mobilisent, mais pas le conseil municipal de Villé !

coll_ge2Au dernier conseil municipal de Villé, on a parlé de tout et de rien, mais pas de suppression de classe au collège ! Et l'info était connue depuis le mois de juin, et rendue officielle le 4 juillet ! Ce n'est pas comme cela qu'on sauvera des classes, surtout que le prochain conseil municipal aura lieu après la rentrée scolaire.

Selon la presse, les élus se sont mobilisés, on se demande bien lesquels. Voir l'article de presse ci-dessous : 

Article1

Article2

Article3(selon DNA - LF)

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dimanche 26 juin 2022

Manifestations à Tunis

Des milliers de Tunisiens ont manifesté samedi dans la capitale pour protester contre l'intention du président Kaïs Saïed de faire adopter par référendum une nouvelle Constitution qui renforcerait ses pouvoirs.

Le rassemblement organisé à l'appel d'Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre, traduit une résistance croissante face à l'autoritarisme du président tunisien, qui s'est arrogé les pleins pouvoirs l'an dernier après avoir dissous le Parlement.

"Les Tunisiens meurent de faim, les finances publiques s'effondrent, mais Saïed n'en a cure... Il ne s'intéresse qu'à son projet de nouvelle Constitution... Nous ne l'accepterons pas", a lancé Abir Moussi à la foule.

Les principaux partis politiques tunisiens ont promis de boycotter le référendum constitutionnel que Kaïs Saïed entend organiser le 25 juillet, après avoir désigné une nouvelle commission électorale et un nouveau conseil supérieur de la magistrature, deux institutions que l'opposition considère à la botte du chef de l'Etat.

Le juriste Sadok Belaïd, chargé par le président de rédiger la nouvelle Constitution, a déclaré pour sa part samedi qu'il remettrait son projet lundi, comme prévu, et assuré qu'il s'agirait d'une Constitution démocratique. (selon "Challenges")

tunisie

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vendredi 17 juin 2022

Vie chère en Nouvelle-Calédonie

Les syndicats mobilisent !

vie_ch_reTroisième réunion au gouvernement néo-calédonien avec les partenaires sociaux sur les mesures de lutte contre la vie chère. Les syndicats des salariés ont donné leur avis et leurs propositions lors d'une conférence de presse conjointe.

Depuis fin avril, les partenaires sociaux participent aux discussions sur l’inflation et du maintien du pouvoir d’achat des Calédoniens avec le gouvernement.

Revoir les grilles salariales

Pour les syndicats de salariés, il faut régler l’urgence avant de s’attaquer aux mesures structurelles. Outre les solutions de l’exécutif, ils ont aussi apporté leurs idées et certaines améliorations. Le gouvernement planche ces dernières semaines, sur une série de mesures de lutte contre la vie chère en Calédonie, comme une aide sur les ménages à faible revenu ou encore des suppressions de taxes sur les carburants. Pour les syndicats des salariés, il faut aller encore plus loin, notamment sur les salaires. Ils demandent l'organisation d'une conférence sur ce thème.

"Le fait que le SMG augmente, ça vient provoquer un tassement des grilles de salaires et tous les premiers échelons de la plupart des grilles salariales sont absorbés par le SMG ce qui fait que les grilles ne sont plus d'actualité il faut y retravailler de façon à re-étaler les grilles et ça va conduire à une augmentation des salaires" explique Christophe Coulson, président de l'UT CFE-CGC.

Un travail de fourmi

D'autres mesures sont proposées par les syndicats, notamment sur l'alimentaire, l'automobile, la construction et la mine. Objectif : contenir rapidement l'inflation.

"On voudrait que les choses aillent plus vite, mais on sait que les sujets sont complexes. Pour autant, on a appris que certains projets de texte sont déjà sur la table donc on y va "step by step" plutôt que de faire un package, traitant sujet par sujet, pour que les délibérations puissent être sur la table du Congrès, pour pouvoir être votées et ensuite, être en déclinaison"  explique Fidel Malalua, vice-président de l'USTKE.

Les syndicats veulent également que les sociétés pétrolières fassent un effort pour diminuer leur marge. De son côté, le gouvernement va également encadrer les prix de la viande, des fruits et des légumes. (selon "Franceinfo")

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lundi 2 mai 2022

Défilé du 1er mai à Nouméa

Il n'a pas pu être organisé en 2020 et 2021 mais cette année, retour du défilé organisé par l’USTKE pour le 1er-Mai en Nouvelle-Calédonie. Alors que le syndicat aura quarante ans en décembre, quelques centaines de militants ont marché à travers Nouméa afin de commémorer la Fête des travailleurs.

noum_a0Le défilé de l'USTKE à Nouméa pour marquer le 1er-Mai a cette année une connotation particulière. Déjà parce qu'il n'a pas pu avoir lieu en 2020, crise sanitaire oblige. Ensuite, parce que l'Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités a été créée le 5 décembre 1981, à l'aube des Evénements, et célèbrera donc en 2021 ses quatre décennies, forte de ses onze fédérations et environ trois mille adhérents.

Congrès en fin d'année

La marche lançait les festivités liées à cet anniversaire, jusqu'à son congrès qui aura lieu les 3, 4 et 5 décembre, à Nouméa. Partis du siège de la Deuxième Vallée-du-Tir en milieu de matinée, environ 300 militants et sympathisants ont battu le pavé, selon la police. A grand renfort de sono et de slogans dénonçant les inégalités et l'injustice sociale.

"Un pèlerinage"

"C'est un pèlerinage, pour nous, au niveau du 1er Mai, de venir faire ce pour quoi nous sommes là", résume un participant, "parce que nous avons le devoir de dénoncer." Dans le cortège, des anciens présents aux toutes premières heures de l'USTKE, entité voulant porter la voix des travailleurs kanak dans le pays. Egalement des jeunes, venus en famille, et qui font leurs premiers pas dans l'univers syndical.

D'autres méthodes, un même cadre

Tous le concèdent : en quarante ans, les méthodes ont un peu changé. Les bâches bleues, les blocages voire les affrontements physiques ne sont plus une arme systématique. Le dialogue social a quelque peu évolué. Et puis la pandémie de Covid-19 est passée par là, fragilisant un peu plus l'économie calédonienne. Pour autant, le cadre se veut le même : l'emploi local reste le cheval de bataille de la centrale syndicale, ainsi que l'accession du pays à la pleine souveraineté. A noter l'absence à ce défilé de Louis Kotra Uregei, pour raisons de santé, a-t-il été expliqué.

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lundi 4 avril 2022

A Kaboul, elles manifestent pour un retour des filles au collège et au lycée

Trois jours après la décision des talibans au pouvoir de fermer l’enseignement secondaire aux filles, des Afghanes ont manifesté leur opposition ce samedi, à Kaboul. Les talibans évoquent des « problèmes d’ordre pratique » ayant retardé la rentrée des classes des filles.

afghanistan1L’action n’était pas massive et n’a pas duré longtemps, mais le symbole est fort. Une vingtaine de femmes et de filles ont manifesté samedi à Kaboul aux cris d’« ouvrez les écoles », pour protester contre la décision des talibans de fermer l'enseignement secondaire aux filles. Les manifestantes étaient rassemblées au départ sur une place de la capitale. Beaucoup portaient des abayas noires et des foulards et plusieurs tenaient des affichettes sur lesquelles on pouvait notamment lire : « Vous avez pris ma terre vertueuse, ne prenez pas mes efforts et mon éducation ».

La manifestation, la première depuis de nombreuses semaines dans la capitale, a duré moins d’une heure, avant d’être dispersée par des talibans armés arrivés sur les lieux.

Les talibans, au pouvoir en Afghanistan depuis août 2021, sont revenus mercredi sur leur décision de permettre aux filles d’étudier dans les collèges et lycées, quelques heures à peine après la réouverture qui avait été annoncée de longue date. L’annonce, aussi brutale qu’inattendue, a eu lieu alors que de nombreuses élèves étaient déjà revenues en cours.

« Même le prophète a dit que tout le monde a droit à l’éducation »


« Les talibans devraient ouvrir les écoles de filles parce que les femmes font partie de la société, ils ne peuvent pas opprimer les femmes d’Afghanistan », a déclaré Laila Basim, une manifestante. « Même le prophète a dit dans ses paroles que tout le monde a droit à l’éducation, mais les talibans nous ont arraché ce droit », a regretté à ses côtés Nawesa, une adolescente.

Ce revirement des talibans a suscité de nombreuses condamnations, dont celles de l’ONU, de l’Unesco ou encore de pays occidentaux.

Quelques problèmes d'ordre pratique ?

Samedi, les États-Unis s’attendaient à ce que les talibans reviennent sur leur décision « dans les prochains jours », selon l’émissaire américain pour l’Afghanistan, Thomas West.

« Notre politique n’est pas contre l’éducation des filles », a assuré de son côté un porte-parole des talibans, Suhail Shaheen. Selon lui, « il y a quelques problèmes d’ordre pratique » qui n’ont « pas été résolus avant la date limite prévue pour l’ouverture des écoles de filles le 23 mars ».

Pourtant, les observateurs craignent que les nouveaux maîtres du pays interdisent à nouveau l’école pour les filles, comme ils l’avaient fait lors de leur premier règne, de 1996 à 2001.

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