mardi 19 septembre 2017

La semaine "anti-ordonnances" a commencé

Les routiers établissent des barrages dès lundi matin !

barrage

Les routiers sont passés à l'action ce lundi en Moselle. A l'appel de leurs syndicats CFDT et CFTC, des camionneurs, mais aussi des chauffeurs de car, venus de tout le Grand Est ont installés vers 6h un barrage filtrant au péage de Saint-Avold sur l'autoroute A4. Ils bloquent les poids-lourds et laissent passer les automobilistes après leur avoir distribué un tract. C'est un mouvement d'action contre les conséquences de la réforme du Code du travail.

Une centaine de camions étaient arrêtés vers 8h, provoquant un kilomètre de bouchons. Les manifestants bloquent par vagues, toutes les 20 minutes. Certains camionneurs bloqués depuis le tout début de la matinée commencent à s'impatienter. Les forces de l'ordre sont présentes en nombre. Un hélicoptère survole le péage.

Macron fabrique des chômeurs dans les transports

 Les manifestants protestent contre les conséquences de la réforme du Code du travail dans les petites entreprises de transport. "Macron nous a enflé", proteste l'un d'entre eux. "Macron fabrique des chômeurs dans les transports" proteste un routier alsacien. Les camionneurs reprochent au président et à ses ordonnances de vouloir affaiblir les syndicats dans les petites entreprises. C'est le coup d'envoi d'une semaine sociale chargée.

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mercredi 13 septembre 2017

Fribourg dit « non » aux populistes xénophobes

« Nous n’avons jamais eu autant de contre-manifestants », soupirait l’un des deux porte-paroles de l’AfD, Jörg Meuthen dimanche à Freiburg. Décidemment, les 1000 contre-manifestants étaient en surnombre et sous la musique des rappeurs franco-allemands de « Zweierpasch », montraient le carton rouge aux populistes xénophobes pour qui le Pays de Bade n’est pas vraiment une terre promise.

fribourg

La bonne humeur était le maître mot des contre-manifestants qui voulaient à tout prix que leur manifestation ressemble plus à une « fête des cultures » qu’à une bataille de rue. « Pas de violence » – et ce leitmotiv a été respecté de la première à la dernière minute.

L’AfD, parti d’extrême-droite devenu encore plus extrémiste après le « putsch » contre sa présidente Frauke Petry jugée pas assez radicale par les vieux hommes du parti autour de Meuthen et Gauland, perd peu à peu du terrain et trouvera son plafond électoral aux alentours des 8%. L’accueil réservé à ces fanatiques politiques d’avant-hier au Pays de Bade ne surprend pas – le Rhin Supérieur, terre de l’Humanisme Rhénan, région de la tolérance entre les peuples et les cultures, ne s’y prête pas vraiment pour le nombrilisme nationaliste de l’AfD.

Et bravo ! aux manifestants de ne pas avoir cédé à la tentation de s’en prendre aux représentants de cette extrême-droite bête et méchante – exprimer son mépris pour ces idées dépassées depuis des générations était beaucoup mieux qu’une confrontation musclée. Mais quelle idée aussi de venir à Freiburg, la première grande ville allemande dirigée par un maire vert, pour y prêcher la haine et l’exclusion… Les 1000 manifestants fribourgeois ont donné la meilleure réponse aux extrémistes xénophobes : « on ne veut pas de vous ici. Et on ne votera pas pour vous. Bon vent… » (selon Euro.journalist)

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dimanche 10 septembre 2017

L'école de Neubois en danger ?

Le "collectif" manifeste !

neubois1Le "collectif Neubois" vient de me faire parvenir une "demande d'ami" à travers mon compte facebook relié à ce blog. C'est bien volontiers que je l'accepte, ce qui ne signifie cependant pas que j'adhère à toutes ses positions.

Tout d'abord, je tiens à rappeler que les fermetures d'écoles dans notre vallée sont la résultante d'une politique menée depuis le début de la 5ème république par la droite au pouvoir sans interruption dans la vallée, une politique de libéralisme forcené ayant entraîné des fermetures d'usines, des friches agricoles, le démantèlement du service public, et pour finir la désertification des vallées. Jusqu'à maintenant, ce n'étaient surtout que les fonds de vallées qui étaient touchés, mais il fallait bien s'attendre que ce processus arrive un jour jusqu'aux avant-vallées. C'est le cas avec Neubois. Aussi, l'article  paru dans la presse locale ne m'étonne-t-il pas.

neubois

 Je tiens tout  d'abord à préciser les propos à la fois du "collectif Neubois" et de madame le Maire, sur la forme. Si le compte-rendu des réunions du conseil municipal n'est pas trop diffusé, il est malgré tout inscrit au registre officiel consultable par le public à la mairie, et affiché à l'entrée de celle-ci. Par contre ce que prétend madame le maire est inexact : "Le maire en profite pour préciser que les comptes rendus du conseil municipal sont disponibles en mairie et sur internet" ! En effet, la publication sur le site communal telle qu'elle est obligée par la loi NOTRe s'arrête à Neubois au compte-rendu du 27 novembre 2015. La commune a certes changé de site, mais plus aucun compte-rendu n'y figure. Mais, c'est connu, dans le Val de Villé le courrier officiel arrive avec la malle-poste et les lois sont appliquées avec un certain retard.

Autre remarque : selon madame le Maire, "rien n'est décidé". Oui mais ... lorsque ce sera décidé, il sera trop tard pour faire marche arrière. Le collectif a raison de manifester avant. 

Je ne reviendrai pas ici sur le fonctionnement administratif et pédagogique des RPI (regroupements pédagogiques intercommunaux), j'aurai l'occasion de développer ce sujet dans un prochain post.

- Sites communaux de Neubois à voir :

http://neubois.free.fr/bulletin.php et  http://www.neubois.fr/

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samedi 22 avril 2017

Tati en danger : 1700 emplois menacés !

Mobilisation des salarié.e.s de Tati, dont les 1700 emplois sont menacés par la mise en vente de leur enseigne. Cette revente a lieu au moment où la loi Travail, qui facilite les licenciements en cas de reprise d’entreprise, entre tout juste en application. 

Lettre au PDG de Tati

tati

Monsieur Xavier Biotteau,

Vous êtes le patron du groupe Eram et vous possédez (encore) les magasins Tati que vous êtes sur le point de vendre. Les magasins Tati, la plupart des citoyennes et citoyens les connaissent pour leurs produits à bas prix. Tati, ce sont aussi 1700 emplois partout en France. 90 emplois sont directement menacés dans le Tati Barbès, à Paris.

Monsieur Biotteau, nous sommes inquiets. Aucune garantie n’a a ce jour été donnée pour la sauvegarde des emplois. Cette annonce a lieu au moment où la loi de Myriam El Khomri, qui facilite les licenciements en cas de reprise d’entreprise, entre tout juste en application. Alors que près de 6 millions de personnes sont au chômage ou en sous-emploi, la perte de 1700 emplois serait une catastrophe pour les familles concernées.

Votre groupe a bénéficié du CICE, aide directe de l’Etat français, à hauteur de 20 millions d’euros. Monsieur, pouvez-vous nous assurer que la sauvegarde des emplois sera une des conditions de la reprise ?

Merci d’avance de votre réponse,

Hakim BENCHALAL, TATI Stains – Fouzia BEKHEDDA, TATI Aubervilliers -Brigitte BONGOLO, TATI Stains – Nicole COGER, TATI Barbès – Hakima DJELLOUAH, TATI Stains – Armelle FLOQUET, TATI Nancy -Amparo ISIDORO, TATI Barbès – Mohamed ISSAC, TATI Sevran – Zahia NEBBACHE, TATI Stains -Sandrine PORTEMER, TATI Barbès – Yann PRIGEANT, TATI Clichy – Mélissa SABLON, TATI Italie 2 – Djaffar ZENNADI TATI Argenteuil

caroline

Cette action est soutenue par Caroline De Haas, initiatrice de la pétition « Loi Travail, non merci » et Ian Brossat, adjoint à la Maire de Paris. Ils sont tous les deux candidats aux législatives dans le 18ème arrondissement de Paris. 

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lundi 27 mars 2017

Manifestation anti-corruption à Moscou

Poutine, l'ami de Fillon et de Marine Le Pen, réprime 

moscou

L'opposant russe Alexeï Navalny et plus d'une centaine de ses partisans ont été interpellés par la police, dimanche 26 mars, lors d'une manifestation contre la corruption qui rassemblait plusieurs milliers de personnes à Moscou.

Alexeï Navalny "a été arrêté sur (la place) Maïakovskaïa", sur l'itinéraire de la marche, interdite par les autorités, a annoncé sa porte-parole Kira Iarmych, sur Twitter. "Tout va bien pour moi, ce n'est pas la peine de se battre pour moi", a écrit de son côté Alexeï Navalny sur son propre compte, appelant à continuer de manifester.

Au total, la police russe a interpellé près de 700 manifestants, affirme l'organisation OVD-Info, spécialisée dans le monitoring des manifestations. "Les arrestations se poursuivent", a ajouté l'ONG sur Twitter. Lundi, Alexeï Navalny avait été surpris par un inconnu et recouvert de colorant vert, alors qu'il venait inaugurer son local de campagne en vue de la prochaine élection présidentielle.

 La manifestation sur la rue Tverskaïa, l'une des principales artères de la capitale russe débouchant sur le Kremlin, avait été interdite par les autorités, une décision dont Alexeï Navalny conteste la légalité. Selon la police, elle réunissait entre 7 000 et 8 000 personnes, ce qui en fait une protestation d'une ampleur rare ces dernières années en Russie.

Au royaume de Poutine, cet ancien du KGB, la répression et le politburo sont encore d'actualité. Ses amis français, François Fillon et Marie Le Pen, rêvent des mêmes méthodes en France. Et Fillon, le candidat exemplaire mis en examen, imagine même des "cabinets noirs".

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Alexeï Navalny dans un fourgon de la police, après son interpellation lors d'une manifestation à Moscou, dimanche 26 mars 2017.

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lundi 6 février 2017

Corruption légalisée en Roumanie

Incroyable, mais cela se passe au sein de l’Union Européenne. Le décret d’amnistie du gouvernement social-démocrate « légalise » en quelque sorte la corruption, en fixant des seuils jusqu’où la corruption reste impunie. Si la Commission Européenne a protesté contre cette « légalisation » de la corruption, le gouvernement roumain s’est engagé dans un bras de fer avec sa propre population.

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Comment ne pas penser « tous pourris » lorsque le gouvernement décrète que la corruption reste impunie si elle ne dépasse pas 200.000 Lei (44000 €) et ce, dans un pays où le salaire annuel d’un professeur d’école ne dépasse pas les 4500 € ? Et très pratique – le gouvernement roumain avait proposé dans la foulée une amnistie pour les personnes incarcérées et condamnées à des peines de moins de 5 ans de prison. Cette mesure concernerait environ 2500 détenus, dont des responsables politiques condamnés pour – corruption et qui bénéficieraient donc de la grâce du gouvernement. Suite aux protestations musclées, cette amnistie n’a pas encore été décrétée, le gouvernement craigne que les protestations puissent se transformer en émeutes.

Si ce dossier concerne en premier lieu la Roumanie, il concerne également l’Union Européenne, car il est inconcevable qu’un état-membre de l’UE « légalise » la corruption. Ailleurs, les associations et ONGs se battent pour plus de transparence et moins de corruption, pendant qu’un état-membre « légalise » la corruption ?

Depuis mardi, la Roumanie est en état d’alerte. A Bucarest, Cluj, Timisoara et Sibiu, des dizaines, des centaines de manifestants descendent dans la rue, à Bucarest, des affrontements violents entre les manifestants et les forces de l’ordre ont eu lieu. Et la situation est loin de se calmer – et le gouvernement ne veut pas revenir sur sa décision qui est pour le moins surprenante.

Depuis la chute de Ceausescu, le pays n’a pas vu des manifestations d’une telle envergure et ce, malgré les températures glaciales qui règnent en Roumanie. Le gouvernement roumain, en place depuis moins d’un mois sous la direction de Sorin Grindeanu, est en train de se mettre non seulement la population à dos, mais également les autres institutions roumaines. Ainsi, le président Klaus Iohannis (qui avait, lors de son instauration, promis « d’éradiquer la corruption pendant les 5 ans de son mandat »), le Procureur Général, la Cour Suprême et d’autres autorités ont déjà fait savoir leur opposition à cette décision gouvernementale.

Va-t-on vers une nouvelle « révolution » en Roumanie ? Est-ce que l’intervention de Jean-Claude Juncker suffira pour raisonner le gouvernement roumain ? En tout cas, ce qu’il se passe en Roumanie montre une nouvelle fois l’incapacité de cette Europe intergouvernementale de défendre ensemble, même les valeurs les plus basiques. Seule une Europe fédérale sera en mesure de permettre une vraie organisation européenne à l’intérieur comme à l’extérieur.

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mardi 15 novembre 2016

Cameroun : manifestations contre Bolloré

Pour de meilleures conditions de vie

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Des manifestations ont une fois de plus eu lieu lundi 14 novembre 2016 dans les plantations de palmiers et d’hévéas de la Safacam et de la Socapalm, filiales de la Socfin, à Kienké, Dibombari et Dizangué. Selon «la Synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun» (Synaparcam), les riverains qui réclament de meilleures conditions de vie, ont notamment empêché le ramassage des travailleurs, afin de paralyser le travail sur les plantations, informe Jeune Afrique.

Les représentants des communautés des villages riverains des plantations ont également marché jusqu’aux préfectures concernées dans la matinée. Leur objectif: dénoncer le blocage du dialogue entamé avec la Socfin sur les conditions de vie des travailleurs. «Les populations locales estiment en effet ne bénéficier d’aucune retombée significative en matière de développement, malgré les bénéfices importants réalisés par la Socapalm et la Safacam», apprend-on.

Entre autres griefs portés contre les filiales de la Socfin: la déforestation, les spoliations des terres et le mauvais traitement des populations riveraines. Le phénomène n’est pas nouveau. Un reportage de France Télévisions, diffusé en avril dernier, évoquait notamment les conditions de travail dans une plantation de la Socapalm avec le témoignage d’un salarié présenté comme mineur. Le groupe de médias français a depuis été assigné par la Socapalm devant le tribunal correctionnel de Douala pour diffamation, informe Jeune Afrique.

A en croire le magazine panafricain, parmi les principaux visés par la colère des riverains: le Français Vincent Bolloré. «Celui-ci, dont le groupe détient une part importante, mais minoritaire (38,7%) de la Socfin, avait déjà été pris à partie, en 2013, par des paysans africains venus en France lui présenter leurs doléances. Il avait alors promis de se saisir du problème et de faire pression sur les dirigeants du groupe belgo-luxembourgeois», apprend-on.

Officiellement, selon le groupe de Vincent Bolloré, c’est le Belge Hubert Fabri, patron de Socfin et actionnaire principal (50,2 %), qui a «toutes compétences sur ces activités». «Le groupe Bolloré a joué un rôle de facilitateur entre les parties prenantes des plantations Socfin en mettant en place un dialogue avec les représentants d’associations des riverains des plantations. Le Groupe Bolloré salue et approuve les investissements faits par Socfin, notamment pour le développement d’écoles, d’hôpitaux, de logements sociaux, etc.», se justifie l’entreprise française. (Selon Cameroun-Info-Net)

La Françafrique continue ...

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mercredi 5 octobre 2016

Dresde, ville de l'extrême-droite

Dresde, la ville jumelée à la ville de Strasbourg, était le théâtre d’une festivité pas comme les autres hier. Au lieu de célébrer la fête nationale, les « Pegida » & Cie ont montré le visage moche de l’Allemagne. Dresde, la ville jumelée à la ville de Strasbourg, était le théâtre d’une festivité pas comme les autres avant-hier. 

dresdeQuelle idée aussi d’organiser les festivités pour la fête nationale allemande dans le fief de l’extrême-droite xénophobe, la ville de Dresde ! Ce qui s’est passé hier dans la métropole sur les bords de l'Elbe, a été une honte pour toute l’Allemagne. Au lieu de célébrer l’unité allemande, la pègre néo-nationaliste a profité pour s’en prendre aux responsables politiques, aux étrangers qui avaient la mauvaise idée de passer par là et aux journalistes. Avec une diction qui est celle des nazis au début des années 30 du siècle dernier.

Le président Joachim Gauck, la chancelière Angela Merkel et le président du Bundestag Norbert Lammert ont du savoir ce qui les attendait à Dresde – l’accueil fut « chaleureux ». « Traîtres du peuple », criait la foule des citoyens bien-pensants qui se sentent menacés par les 0,1 % d’étrangers qui vivent en Saxe, « cassez-vous » et « Merkel doit disparaître ». Un homme de couleur qui passait par là, était accueilli par des cris « renvoyez-le, renvoyez-le », le tout dans une ambiance qui laissait craindre le pire.

Pour les journalistes, la foule aux attitudes néo-nazies avait également réservé un accueil qui cadrait avec cette ambiance néo-fasciste. « Quand on aura gagné, vous pourrez faire comme Thomas Mann », lançait la foule aux représentants des médias, faisant allusion au grand écrivain allemand qui devait fuir les nazis avant le début de la IIe Guerre Mondiale.

Hormis la question pourquoi il fallait organiser ces festivités dans le fief de l’extrême-droite allemande, force est de constater qu’une partie de l’Allemagne semble retomber dans les mêmes idées que les nazis prônaient pendant les années 30 du siècle dernier. Les slogans, toutefois, sont nouveaux – pendant plusieurs décennies, il était impensable d’afficher une telle attitude publiquement.

Le 3 octobre, à Dresde, l’extrême-droite allemande a montré le visage moche de l’Allemagne, ce visage qui fait encore peur de nos jours aux partenaires européens. Et pour cause. Cette extrême-droite qui s’est montré à Dresde, ce n’est pas une extrême-droite nationaliste comme on la connaît dans d’autres pays européens, mais il s’agit d’une extrême-droite qui défend ouvertement des idées et une attitude néo-nazie. Il est grand temps de cesser d’accepter ces attitudes sous le couvert de la « liberté d’expression » – le racisme n’est pas une opinion, mais un délit qui devrait être poursuivi avec toute la force de la loi.

Et en 2017, il serait peut-être mieux de célébrer la fête nationale ailleurs qu’en Saxe… plus jamais ça !

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lundi 12 septembre 2016

Ethiopie : l'histoire d'un régime ayant toujours résisté à la colonisation

Haïlé Sélassié, le négus mort deux fois

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Haïlé Sélassié est mort un peu moins d’un an après avoir été destitué. Étranglé, le 25 (ou le 27) août 1975, sur ordre de son tombeur, le colonel Mengistu Haïlé Mariam. Le dernier roi d’Éthiopie croupissait dans un cachot depuis sa déposition, le 12 septembre 1974, par la junte militaire « révolutionnaire ». Haïlé Sélassié était un mythe. Il devait en partie son prestige à un lignage exceptionnel. « Roi des rois », « Lion conquérant du royaume de Juda », « Élu de Dieu », chef du plus vieil empire du monde et du seul État africain à avoir toujours conservé son indépendance, le Négus se présentait comme le 225e descendant de la dynastie du roi Salomon et de la reine de Saba. 

Ce petit bonhomme à l’allure chétive mais au charisme réel était monté sur le trône d’Abyssinie en 1930. Il s’était fait connaître en résistant à l’assaut des troupes de Mussolini, en octobre 1935. Une résistance valeureuse mais sans espoir. Lâché par la Société des nations, l’empire de Haïlé Sélassié cède sous la pression des Italiens. Mais, de Londres, où il a trouvé refuge en mai 1936, le Négus, devenu un héros antifasciste, continue la lutte et rallie les soutiens. Habilement, il capte à son profit le sentiment de culpabilité des Européens, honteux d’avoir abandonné à son sort l’Éthiopie pour éviter d’avoir à se brouiller avec le Duce. Aidé par les Anglais et par ses patriotes, il prend sa revanche sur les Italiens et recouvre son trône en mai 1941. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’Éthiopie a retrouvé ses « frontières historiques » et a récupéré l’Érythrée, sa façade maritime, colonie italienne depuis la fin du XIXe siècle. 

Sélassié, qui a symbolisé, mieux que tout autre, la volonté d’indépendance de l’Afrique, est un des pères du panafricanisme. Et c’est tout naturellement que l’OUA, à sa création, en 1963, fait d’Addis-Abeba son siège permanent. L’empereur, pour cultiver une image de modernisateur, a aboli l’esclavage dès son intronisation et doté le royaume d’une Constitution écrite. Mais, sous des dehors de monarchie parlementaire, l’Éthiopie reste un pays féodal, figé dans des structures archaïques. Le Négus règne sans partage en se jouant des clans rivaux qui se disputent ses faveurs. Ses ministres redoutent ses colères, et, en bons courtisans, préfèrent le flatter en lui mentant. Coupé des réalités, il ne prend pas conscience de la fragilité de son assise, et ne voit pas son pouvoir se déliter. En 1973, une famine tue des dizaines de milliers de paysans dans le Wollo et fait franchir un palier à l’exaspération populaire. Début 1974, les militaires, aiguillonnés par la frange réactionnaire de l’aristocratie, qui souhaitait les utiliser contre le Premier ministre Aklilou Apte Wolde, sortent des casernes. L’armée fait le vide autour d’elle. Les sous-officiers marxistes-léninistes prennent progressivement l’ascendant dans le courant de l’été 1974, et, en septembre, l’empire tombe comme un fruit mûr. En exécutant les hauts dignitaires et les princes, le régime de Mengistu révèle son vrai visage : celui d’une dictature rouge sang.

À la chute du communisme, en 1992, les restes de Haïlé Sélassié, ensevelis sous le bureau de Mengistu, sont retrouvés. En novembre 2000, des funérailles sont enfin organisées et le Roi des rois est inhumé dans la crypte de la cathédrale orthodoxe de la Trinité, à Addis. La cérémonie ne mobilise pas les foules. Mis à l’index par Mélès Zenawi, le tombeur de Mengistu, le nom de Haïlé Sélassié est tombé en disgrâce en Éthiopie. Ailleurs dans le monde, il continue de résonner chaleureusement grâce aux chants reggae des rastafariens, les adeptes de la religion syncrétique popularisée par Bob Marley. Pour les rastamen de Kingston, Jamaïque, qui ont fait le voyage par centaines pour ses funérailles, « King Sélassié », même mort, est toujours un prophète. (selon "Jeune Afrique") 

Juin 1936 : l'empereur d'Ethiopie Haïlé Sélassié se rend lui-même à Genève pour demander que la communauté internationale réagisse à l'agression italienne entamée en 1935 par Mussolini. Dénonçant l'utilisation massives des gaz toxiques par l'aviation italienne contre la population civile et les soldats éthiopiens, il prophétise le sort funeste des nations européennes face aux Etats fascistes et nazis.

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lundi 5 septembre 2016

Gabon : Hollande se mêlera-t-il à la guerre des beaux-frères ennemis ?

Manifestations bidon et appels vains

ping

Décidément, les élections africaines réservent peu de surprises quel que soit le résultat du scrutin. C'est le cas du Gabon, où les antagonistes pour les élections présidentielles sont deux ex beaux-frères, ayant fait partie des différents gouvernements du pays et qui n'ont guère de programme si ce n'est la défense de leurs actions pétrolières (TOTAL pour Bongo, ELF pour le chinois Ping). Quant à la démocratie, c'est surtout un concours de tricheries qui entraîne des émeutes. Même l'Assemblée Nationale a été incendiée !!!

gabonais

Pour l'instant, le gagnant, de quelques voix, est le sortant Ali Bongo. Son opposant ne se donne pas battu, et imagine la stratégie de l'intervention extérieure, des Etats-Unis, de l'Europe, de la France. C'est ainsi que dès samedi une "grande manifestation" a eu lieu à Strasbourg, devant le Parlement Européen, avec la participation de 140 gabonais. Voilà qui a de quoi effaroucher François Hollande ou Angela Merkel, et de quoi donner des espoirs à Jean Ping, surtout que la France a une garnison de 450 hommes à Libreville. Et en dénonçant les "dénis de démocratie" et la "répression sanglante" (2 morts dans les émeutes), sûr que Ping va retourner l'opinion française en sa faveur. Surtout, celle du quartier de La Robertsau dont les habitants ont dû faire un détour pour faire leurs emplettes dans le centre ville.

Mais, sûr aussi, on verra samedi prochain, une centaine de pro-Bongo occuper le terrain. Et Ali Bongo en appellera au soutien de Sarkozy ? Ce dernier a l'expérience des interventions musclées en Libye et en Côte d'Ivoire.

Et comme par hasard, en  ce jour, le journal "le Point" relaie l'information que Jean Ping s'adresse directement à François Hollande.

 In extenso : l'article du Point

Depuis l'annonce de la réélection d'Ali Bongo, le 27 août, le Gabon est en proie à de violentes émeutes qui voient s'affronter la population opposée au président Bongo et les forces de l'ordre. Alors que le gouvernement a annoncé la mort d'un policier, samedi 3 septembre, et que l'opposition parle de "25 morts" à Libreville, le rival d'Ali Bongo, Jean Ping, demande à la France d'intervenir.

Depuis vendredi, l'ancien ministre d'Omar Bongo, et candidat à la fonction suprême assure : "Le président, c'est moi". L'opposant d'Ali Bongo remet en question les résultats obtenus par son adversaire dans sa province d'origine qui ont fait basculer le vote en faveur du président sortant. Si la communauté internationale s'interroge elle aussi et réclame plus de transparence dans la publication des votes, Jean Ping, lui, ne doute plus de sa victoire. Pourtant, il n'entame pas de recours devant la Cour constitutionnelle comme la loi gabonaise le permet. "Elle est présidée par la belle-mère de Bongo. Cette cour est tout sauf impartiale", assure John Nambo, directeur de cabinet de Jean Ping, au Journal du dimanche. Voilà pourquoi Jean Ping souhaite directement impliquer François Hollande dans le conflit qui l'oppose à Ali Bongo.

"Hollande doit taper du poing sur la table"

Depuis que l'appel à l'aide française a été lancé, vendredi 2 septembre, le camp Ping attend un signe du président Hollande. "Désormais, nous sommes suspendus à sa décision", explique John Nambo au JDD. "Il faut qu'il tape du poing sur la table et intervienne. Sinon, c'est non-assistance à un peuple en danger." Cependant, à en croire le spécialiste de l'Afrique Antoine Glaser, il serait risqué pour François Hollande d'intervenir. Car une quelconque ingérence du président français dans les affaires gabonaises pourrait raviver les relents de la Françafrique. À un an des élections présidentielles françaises, l'opération pourrait donc écorner l'image du président sortant, déjà au plus mal dans les sondages, alors "que pour les Français, le Gabon n'a plus l'importance stratégique qu'il avait sous Omar Bongo", assure Antoine Glaser en ajoutant : "La période Elf, c'est fini !"

Pas de raison d'intervenir

Plusieurs grands groupes français comme Total ou Bolloré sont encore implantés au Gabon, mais après une première crise en 2009, ils ont pris des mesures pour éviter d'être impactés par les tensions politiques. "Les entreprises ont mis en place un plan de sûreté pour rassurer et informer leur personnel", explique ainsi Louis Caprioli, conseiller du président de la société de sécurité Geos. Il ajoute dans les colonnes duJDD : "En cas de problèmes, les 400 soldats français présents sur place peuvent aussi intervenir." Mais au ministère de la Défense, comme au Quai d'Orsay, on reste prudent. Mis à part les communiqués classiques d'appel au calme, on ne prévoit pas d'intervenir pour l'instant : "Tant que les ressortissants français présents dans le pays ne sont pas menacés, nos soldats n'ont pas de raison de bouger."

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