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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER
31 mai 2023

Manifestation de Châtenois (arrêté municipal)

Pour la 1ère fois depuis 1998, un arrêté municipal émane de la commune de Châtenois. Les mentalités évoluent !

Bravo Monsieur le maire !

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30 mai 2023

N'oubliez pas !

Samedi prochain, au giratoire entre Sélestat et Châtenois à 16h00 !

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29 mai 2023

USA : 400 ans après leur pendaison, des «sorcières» ont été amnistiées

Neuf femmes et deux hommes condamnés à mort pour sorcellerie au milieu du XVIIe siècle ont été exonérés jeudi par l’État du Connecticut.

usaIl aura fallu attendre près de 400 ans pour que l’État du Connecticut reconnaisse une « erreur judiciaire ». Cet État américain a exonéré jeudi douze personnes condamnées pour sorcellerie à l'époque de l'Amérique coloniale.

Onze d'entre elles avaient été pendues après des procès pour sorcellerie dans le Connecticut (nord-est du pays) au milieu du XVIIe siècle. La douzième avait été épargnée.

Les élus du Connecticut ont finalement proclamé jeudi leur innocence. Ils ont dénoncé les peines prononcées contre les neuf femmes et deux hommes comme étant une « erreur judiciaire ».

Campagne de réhabilitation posthume

Une association regroupant des descendants, CT Witch Trial Exoneration Project, avait mené une campagne en faveur de leur réhabilitation posthume. Elle s'est félicité du vote des élus.

La décision du Connecticut est intervenu à la veille du 376e anniversaire de la toute première pendaison pour sorcellerie dans la Nouvelle-Angleterre, celle d'Alice Young. 

Des centaines de personnes, en majorité des femmes, ont été accusées de sorcellerie dans la Nouvelle-Angleterre au XVIIsiècle, notamment lors des fameux procès de Salem, dans le Massachusetts, entre 1692 et 1693, dominés par la peur, la paranoïa et les superstitions. (selon "Le journal de Saône-et-Loire")

28 mai 2023

Wagner utilise le nom du Mali pour acquérir des armes contre l’Ukraine

Le porte-parole du département d'État américain, Matthew Miller, a déclaré lundi que le groupe paramilitaire russe Wagner aurait tenté d’acquérir des armes de guerre destinées à combattre l’Ukraine, tout en utilisant le nom du Mali comme pays de destination, afin de dissimuler le destinataire réel, ont rapporté des médias américains et internationaux.

wagner1"Wagner est prêt à utiliser de faux papiers pour de telles transactions", a déclaré Matthew Miller, porte-parole du département d'État américain, lors d'une conférence de presse, selon l’agence de presse britannique Reuters.

"Il y a des indications que Wagner a tenté d'acheter des systèmes militaires à des fournisseurs étrangers et d'acheminer ces armes à travers le Mali en tant que tierce partie", a déclaré Miller, ajoutant : "Nous n'avons pas encore vu d'indications que ces acquisitions ont été finalisées ou exécutées, mais nous suivons la situation de près".

Miller a indiqué que Washington avait imposé des sanctions à un certain nombre de personnes et d'entités qui soutiennent les opérations militaires de Wagner et que les États-Unis auraient bientôt d'autres informations à communiquer.

Les autorités maliennes n’ont pas encore réagi à cette sortie médiatique des Etats-Unis.

Le groupe paramilitaire russe Wagner est présent au Mali depuis fin 2021 et mène le combat contre le terrorisme aux côtés des forces armées maliennes.

Cependant, le groupe est fréquemment accusé par les organisations des droits de l’Homme d’exactions contre des civils. (selon "AA-Ouagadougou")

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27 mai 2023

Mines en Colombie : trois banques françaises mises en demeure sur le devoir de vigilance

Trois banques françaises, BNP Paribas, Crédit Agricole et BPCE, ont été mises en demeure par l'association Tierra Digna pour leur investissement financier dans l'entreprise suisse Glencore et sa filiale Prodeco, que l'ONG accuse "de graves dommages à l'environnement, notamment en termes de santé publique" en Colombie, selon les courriers consultés jeudi par l'AFP.

colombie1L'association colombienne accuse Glencore d'activités illégales ou irrégulières dans les mines de La Jagua et de Calenturitas avec de "la poussière de charbon qui, pendant des années, n'a pas respecté les normes fixées par l'OMS" et une contamination "des sources d'eau, tant superficielles que souterraines, par des matériaux tels que le plomb et d'autres substances toxiques", selon les mises en demeure envoyées mardi aux établissements.

"Prodeco n'a connaissance d'aucune preuve allant dans les sens des plaintes sur la prétendue pollution des rivières", a réagi auprès de l'AFP un porte-parole de Glencore.

Selon Tierra Digna, "pour exercer son activité, la société Glencore bénéficie de nombreux financements et d'investissements de la part d'institutions financières internationales", des rapports d'ONG ayant "mis en évidence l'implication (des trois banques françaises) dans ces flux financiers climaticides".

Depuis 2017, la loi française sur "le devoir de vigilance" impose aux grandes entreprises de prendre des mesures effectives pour prévenir les atteintes aux droits humains et à l'environnement sur l'ensemble de leur chaîne d'activité.

Depuis la première action lancée en 2019, contre TotalEnergies, leur nombre s'est multiplié et une vingtaine de procédures sont aujourd'hui en cours.

En octobre, BNP Paribas a été la cible de deux mises en demeure sur le devoir de vigilance, au titre de son appui financier à Marfrig, la deuxième plus grande entreprise de conditionnement de viande du Brésil, et de son impact sur la déforestation ainsi que sur son soutien à des entreprises développant de nouveaux projets pétro-gaziers.

Selon Lucie Pinson, directrice de l'ONG Reclaim Finance, cette nouvelle "affaire devrait servir d'avertissement aux autres banques qui financent la destruction de l'environnement dans le monde".

"Le Crédit Agricole et BNP Paribas se sont engagés à ne plus financer le charbon, mais continuent de soutenir Glencore, malgré la dévastation causée par ses mines", a-t-elle souligné, appelant les investisseurs à "profiter des assemblées générales pour demander des comptes aux entreprises polluantes".

BNP Paribas a fait savoir à l'AFP qu'elle n'avait "plus de relation bancaire avec l'entreprise citée par l'ONG et qu'aucun crédit ne lui a été accordé en 2022".

La première banque française rappelle "être engagée depuis 2020 dans une trajectoire de sortie totale du financement de l'ensemble de la chaîne de valeur des entreprises liées au charbon thermique (mines de charbon, centrales électriques au charbon et infrastructures liées au charbon) d'ici 2030 en Europe et dans les pays de l'OCDE, et d'ici 2040 dans le reste du monde". (selon "Orange")

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26 mai 2023

Dans la guerre en Ukraine, le Brésil veut incarner une troisième voie

Le Brésil se dit « non aligné » dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine. Les relations commerciales entre Brasília et Moscou expliquent en partie cette stratégie.

br_silLa scène s’est déroulée lors du G7 au Japon, ce dimanche 21 mai. Invité surprise de ce sommet qui réunissait les dirigeants des sept plus grandes puissances économiques du monde (qui avaient eux-mêmes invité des dirigeants de pays du Sud), le président ukrainien Volodymyr Zelensky fait son entrée dans une salle de réunion où tous les chefs d’État s’empressent de lui serrer la main. Tous sauf un : Lula, resté assis les yeux rivés sur ses notes.Lula aurait-il snobé son homologue ukrainien, alors qu’il tente de se poser en médiateur de la guerre entre la Russie et l’Ukraine et défend la paix depuis son retour au pouvoir en janvier, après avoir battu le président sortant Jair Bolsonaro ?

Christophe Ventura, directeur de recherches à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et spécialiste de l’Amérique latine, relativise : « La vidéo traduit une situation de fond. Elle montre que le Brésil n’est pas un allié de l’Ukraine, que Lula n’a pas besoin d’avoir sa photo avec Zelensky. De son côté, l’objectif prioritaire de Zelensky au G7 était de voir ses alliés directs : États-Unis, France, Canada. Pas le président brésilien. Chacun a fait ce qu’il avait à faire. »

Une rencontre était pourtant prévue entre les deux hommes, mais leurs agendas respectifs trop chargés ont eu raison de ce premier tête-à-tête. « J’étais contrarié, car j’aimerais le rencontrer », a commenté Lula en conférence de presse. Pour finalement dire un peu plus tard qu’il ne voyait pas l’intérêt de rencontrer le président ukrainien dans l’immédiat, car ni lui ni Vladimir Poutine ne souhaitent la paix pour l’instant.

Des propos ambigus critiqués par les États-Unis

Ce constat ne l’avait pas empêché de recevoir le chef de la diplomatie du Kremlin Sergueï Lavrov dans son palais de Brasília à la mi-avril. Juste avant, il avait déclaré pendant une visite en Chine : « Les États-Unis doivent cesser d’encourager la guerre et commencer à parler de paix, l’Union européenne doit commencer à parler de paix. »

Des propos très mal reçus à Washington. « Dans ce cas précis, le Brésil se fait l’écho de la propagande russe et chinoise sans prendre en compte les faits », avait regretté John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain. Face aux critiques, Luiz Inacio Lula da Silva (son nom complet) avait dû faire machine arrière et rappeler qu’il condamnait la « violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine » par la Russie.

Ce ne sont pas les seules déclarations ambiguës du président brésilien. Début avril, il avait aussi estimé que le président russe ne pouvait « pas s’emparer du territoire de l’Ukraine », mais proposait de discuter du cas de la Crimée, annexée illégalement en 2014. Car pour Lula, Zelensky « ne peut pas tout vouloir ».

« Non-alignement »

Ces positions, largement critiquées par les Occidentaux, sont en réalité le reflet de la politique étrangère brésilienne basée sur le principe du « plein respect du droit international », tempère encore une fois Christophe Ventura, également auteur de Géopolitique de l’Amérique latine (éditions Eyrolles, 2022).

Il détaille : « Pour Lula, le conflit trouve ses racines dans la politique de l’Otan, en particulier son élargissement aux frontières russes ces dernières années. C’est ce qui a nourri Poutine et lui a permis de justifier sa politique, puis son invasion. Toutefois, Lula estime que la réaction russe est la pire qui soit, car l’invasion du territoire ukrainien revient à violer le droit international. »

Conséquence, « Lula estime que les deux parties sont responsables de cette guerre, met en avant son non-alignement et ne veut pas suivre les exigences d’un camp ou de l’autre. Il refuse par exemple d’envoyer des munitions à l’Ukraine ou d’appliquer des sanctions contre la Russie car il estime que seules les décisions prises par l’ONU sont légitimes. C’est là où ça coince pour les pays occidentaux ».*

Le Brésil prône une troisième voie

Cette stratégie s’explique aussi dans un contexte très tendu au Brésil, secoué par une crise économique. « Brasília s’estime lésé par les sanctions des Occidentaux qui affectent déjà ses relations commerciales avec la Russie. Si le gouvernement en ajoute d’autres, cela toucherait les importations de fertilisants indispensables pour l’agriculture brésilienne. L’économie du pays pourrait s’effondrer », souligne Christophe Ventura.

Outre les intérêts économiques qui empêchent de « rayer d’un trait de plume les relations entre le Brésil et la Russie », le spécialiste de l’Amérique latine rappelle que « les pays du sud n’ont qu’une confiance limitée dans les valeurs prônées par l’Occident et qu’il a lui-même bafouées en intervenant dans des coups d’État et dictatures ».

Cette troisième voie entre les Occidentaux et la Russie, Lula tente de la concrétiser avec son « groupe de pays pour la paix », qui devrait déboucher sur un G20 politique. « La force du Brésil est d’être force de propositions, il n’a pas les moyens financiers ou militaires pour intervenir dans le conflit ou imposer la paix », reconnaît Christophe Ventura. Face à l’escalade militaire sans fin, cette initiative peine pour l’instant à aboutir. (selon "Huffpost")

25 mai 2023

Une tombe mégalithique découverte en Espagne

Elle révèle des croyances vieilles de plus de 5 000 ans

C'est une découverte qui montre à nouveau la "relation évidente entre les formations naturelles remarquables et les monuments construits par l'Homme", comme l'écrivent les chercheurs qui en sont à l'origine : à côté d'un intrigant mont espagnol isolé, lieu semblerait-il significatif pour les peuples locaux du Néolithique, ils ont déniché une tombe en pierre vieille de 5 400 ans.

espagne2Près de la ville d'Antequera, dans le sud de l'Espagne, une montagne proéminente ressemblant au profil géant endormi semble entourée de légendes millénaires. La région a d'ailleurs constitué un foyer local pour les peuples anciens, en témoignent les nombreux mégalithes, monuments préhistoriques fabriqués à partir de grosses pierres, qui y ont été retrouvés — le plus célèbre étant le Dolmen de Menga, l'une des plus grandes et plus anciennes structures mégalithiques d'Europe (entre 3800 et 3600 av. J.-C.). L'un d'entre eux, nouvellement révélé sur le site archéologique de Piedras Blancas, est décrit dans la revue Antiquity ce 14 mai 2023 : une tombe en pierre, vieille de 5 100 ans, fascinante sur bien des points. Notamment, car elle présente des similarités avec une autre sépulture construite à peu près au même moment à plus de 1 600 kilomètres, à Newgrange, en Irlande.

À côté de peintures rupestres, une ancienne tombe

C'est au pied du fameux massif calcaire en forme de visage, connu sous le nom de La Peña de los Enamorados ("le Rocher des amoureux") — du nom d'une légende selon laquelle deux amants maudits se seraient tués en sautant — que les recherches ont été ici réalisées par les spécialistes fin 2020, dans le "cou" de la montagne. Ils se sont plus précisément concentrés sur une zone près de l'abri de Matacabras (Abrigo de Matacabras), où des pictogrammes peints il y a 5 800 ans de style schématique avaient déjà été révélés. "Des fouilles et des études multidisciplinaires, comprenant des investigations géologiques, architecturales et archéoastronomiques, ont révélé un monument funéraire complexe, mi-naturel, mi-bâti, mi-hypogée, mi-mégalithe", écrivent ainsi les auteurs de l'étude.

Cette tombe en pierre, estiment-ils, aurait été construite quelques centaines d'années après la réalisation des peintures rupestres voisines, et utilisée comme sépulture pendant plus de 1 000 ans. Plusieurs dépôts de restes humains ont été découverts en son sein, datant de trois phases majeures. Des outils en pierre et des pièces de poterie y ont aussi été dénichés, particulièrement intéressants pour les chercheurs ; les résidus sur les récipients peuvent donner des indications sur les objets funéraires qu'a pu contenir la fosse il y a plusieurs millénaires, disparus depuis.

Des pierres spécifiques pour un effet visuel "théâtral"

La chambre intérieure de la tombe était par ailleurs décorée d'une pierre distinctive, avec à sa surface des "ondulations", Cette roche particulière, agencée dans une partie de la chambre funéraire exempte de restes humains, n'y a pas été placée au hasard : elle l'a été de sorte que la lumière du soleil levant du milieu de l'été (solstice d'été) produise un "certain effet sur le côté droit de la chambre", dans un "agencement sophistiqué" et délibéré, écrivent les chercheurs. "Ces [anciens humains] ont choisi cette pierre précisément parce qu'elle crée ces formes ondulantes, développe Leonardo García Sanjuán, auteur de l'étude et archéologue à l'Université de Séville (Espagne) interrogé par LiveScience. C'était très théâtral… ils ont été très intelligents dans la production de ces effets visuels spéciaux.

"D'après l'équipe de recherche, une telle construction architecturale a également été observée à 1 600 kilomètres de là, sur la tombe mégalithique — bien plus grande et plus complexe, toutefois — de Newgrange (Irlande). Les humains ayant vécu dans ces lieux éloignés semblent ainsi avoir partagé des croyances similaires. "[Ils] ont quelque chose en commun : l'intérêt des constructeurs à utiliser la lumière du soleil à un moment précis de l'année, pour produire une symbolique — peut-être magique", continue Leonardo García Sanjuán, toujours à nos confrères. D'autres structures mégalithiques similaires ont aussi été découvertes du Maroc à la Suède, indique-t-il : "Il y a aussi des différences, mais un élément commun est le soleil. [Il] était au centre de la vision du monde de ces gens".

La Peña, lieu d'importance durant le Néolithique

Dans cette même région d'Antequera, le site voisin du Dolmen de Menga n'est en revanche pas directement orienté vers le lever ou le coucher du soleil au solstice, comme cela pourrait être attendu. Il pointe vers le fameux rocher de La Peña de los Enamorados, à environ 6,5 kilomètres au nord-est — les deux autres mégalithes de la zone (le dolmen de Viera et celui d'El Romeral), construits plus tard (vers 2 500 av. J.-C.) sont quant à eux tournés vers d'autres points.

La découverte de cette nouvelle tombe en pierre semble finalement apporter une explication aux chercheurs sur ce mystérieux alignement du Dolmen de Menga : et si celui-ci pointait finalement directement vers la sépulture et les peintures rupestres ? Cela soulignerait et renforcerait l'importance de La Peña de los Enamorados comme centre d'intérêt et de référence pour les populations préhistoriques locales du Néolithique (et peut-être même plus anciennes), "en tant que point de repère et géo-sculpture". "La découverte d'un nouveau monument mégalithique [en ces lieux] élargit considérablement notre compréhension du site du patrimoine mondial d'Antequera", concluent-ils. (selon "Geo")

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24 mai 2023

Le moustique tigre arrive-t-il dans la vallée ?

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La municipalité de Villé ayant installé une mare sur l'ancien terrain de football, les habitants des rues voisines vont-ils devoir déménager par mesure de protection ?

23 mai 2023

Opération "Darmanin" à Mayotte

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin lance "le grand nettoyage de Mayotte".

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Au programme, la destruction de pas moins de 1000 logements construits illégalement notamment dans le quartier de Majicavo-DubaÏ. L’hebdomadaire le Canard Enchaîné reprend l’information dans son édition de mercredi dernier en soulignant que cette opération serait une expérience qui, si elle est réussie, serait renouvelée en Guyane, région française également en proie à une immigration clandestine massive, ou encore en Métropole dans certains quartiers.

Les pelleteuses sont entrées en action lundi 22 mai au matin à Mayotte pour démolir les cases en tôle insalubres de Talus 2, l’un des plus importants bidonvilles de ce territoire français de l’océan Indien, département le plus pauvre de France.

Ce «décasage» a commencé vers 07H30 locales (06H30 à Paris) dans le quartier de Majicavo, sur la commune de Koungou (nord). Il signe le vrai départ de l’opération sécuritaire «Wuambushu», qui vise à réduire l’habitat insalubre et à expulser les migrants en situation irrégulière, pour la plupart venus de l’archipel des Comores voisines, et qui était quasiment au point mort depuis son lancement il y a près d’un mois.

La démolition de Talus 2 «devrait durer toute la semaine», a précisé devant la presse Psylvia Dewas, chargée de la résorption de l’habitat illégal à la préfecture de Mayotte. Il s’agit de détruire 135 cases en tôle dans ce quartier informel, sur un millier de logements insalubres promis à la destruction dans les prochains mois à Mayotte.

Au pied de biche

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Les autorités françaises ont décidé cette série d’interventions pour réduire l’habitat insalubre et expulser les nombreux migrants en situation irrégulière de Mayotte, pour la plupart venus de l’archipel des Comores voisines.

Le 24 avril, alors que démarrait l’opération de lutte contre l’immigration illégale, le tribunal judiciaire de Mamoudzou, saisi en urgence, avait suspendu l’évacuation de ce quartier informel de Koungou. Le juge avait alors estimé que la démolition des habitats visés dans ce bidonville où vit une centaine de familles mettrait «en péril la sécurité» des autres habitants, dont les logements seraient fragilisés.

Les autorités avaient annoncé mercredi la destruction prochaine de cet important bidonville, après une décision en appel infirmant l’ordonnance du juge des référés. La chambre d'appel de Mayotte infirme cette ordonnance en jugeant qu’«en dehors de leur statut d’occupant», les requérants n’ont «justifié d’aucun élément qui permette d’établir la réalité du droit de propriété qu’ils estiment atteint». La chambre estime également que ce litige est de la compétence du tribunal administratif, qui avait déjà donné raison le 13 mai à la préfecture.

Tôt lundi matin, des gendarmes équipés de pied de biche sont entrés dans les habitations pour vérifier que personne ne se trouvait à l’intérieur avant le début des démolitions, selon des journalistes de l’AFP sur place. L’électricité et l’eau ont été coupées. A partir de 7H30 locales, les pelleteuses ont commencé à détruire le bidonville, fracassant les murs en dur et écrasant la tôle dans un bruit métallique sourd.

«Wuambushu» est dénoncée comme «brutale», «anti-pauvres» et violant les droits des migrants par des associations, mais soutenue par les élus et de nombreux habitants mahorais.

L’opération est l’objet d’un bras de fer entre Paris et Moroni qui a entraîné la suspension de la liaison maritime entre Mayotte et la proche île comorienne d’Anjouan pendant près de trois semaines. Les expulsions de sans-papiers comoriens ont pu reprendre mercredi dernier à la faveur du redémarrage des rotations. Sur les 350.000 habitants estimés de Mayotte, la moitié ne possède pas la nationalité française. (selon Libération)

22 mai 2023

Pascoa, histoire d'une esclave angolaise

En cette journée nationale des mémoires de l'esclavage, le Vif nous emmène à la fin du XVIIème siècle. Quand la monarchie française considérait qu'il fallait développer l'économie de la canne à sucre et donc l'esclavage parce que les autres monarchies européennes le faisaient.

angolaAu Portugal, par exemple, la traite battait son plein... Rien que dans le dernier quart du XVIIème, 300.000 esclaves sont passés d'Afrique au Brésil. Dans cette masse, une historienne a pu distinguer une femme qui s'appelait Pascoa.

L'historienne, c'est Charlotte de Castelnau L'Estoile. Elle compte en millions quand il s'agit de construire sur quatre siècles les statistiques monstrueuses d'une histoire globale, vertigineuse, qui intègre l'Angola, le Brésil et le Portugal. Aux Archives nationales de Lisbonne, il lui a été donné de tomber sur un document unique qui lui a permis de restituer le destin singulier d'une esclave. Elle avait pour nom Pascoa, elle était née dans les années 1660 et avait fait l'objet d'une longue enquête et d'un procès: 111 liasses in folio, une affaire qui dure 7 ans. La traite est brutale, la justice est minutieuse. Et l'histoire peut lui en être reconnaissante.

Pascoa, avant d'être a jusqu'à ses 26 ans en Angola, esclave domestique d'une famille semble-t-il métisse. Elle y vivait, en mauvaise intelligence, avec un autre esclave, Aleixo, dont elle eut deux enfants, morts sans doute assez jeunes.

En réalité, disent les textes accusatoires, "elle allait avec d'autres hommes". Son propriétaire comme son compagnon virent d'un bon œil sa punition : l'envoi au loin, à Bahia où l'acheta un notaire du roi du Portugal. Elle eut alors une relation, consentie laisse-t-on entendre, avec le fils de son nouveau maitre. Puis elle se maria avec un autre esclave, Pedro avec lequel elle se trouva bien jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée. L'Inquisition lui tenait grief d'être bigame. Avant le mariage au Brésil, elle aurait conclu un autre mariage en Afrique avec Aleixo, toujours vivant.

L'Inquisition, la bigamie, l'affaire était grave.

L'Inquisition avait une représentation à Bahia mais pas de formation de jugement. Le procès eut lieu, en 1700, à Lisbonne. Pendant toute l'enquête, la documentation franchit quelque 8 fois les mers, ce qui explique, avec le souci du détail des juges, la durée de l'enquête: sept ans ! On se demande: pourquoi tant de souci autour d'une petite esclave pas même capable de signer d'une croix ? Si on voit la question du coté de l'Eglise, on dira que la bigamie est intolérable. Elle emploie contre elle autant de moyens que contre le judaïsme dissimulé ou la sodomie. Si on voit la question du coté des esclaves, on dira que leur condition n'est certes pas d'être libre mais qu'en revanche, leur condition de chrétien leur impose une responsabilité.

Si, épousant Pedro à Bahia, Pascoa a dissimulé la vérité - qu'elle était déjà mariée avec Aleixo en Angola, elle a commis un grès grand péché.

Vous me direz qu'à lire le témoignage d'un jeune ingénieur français qui passe par là à l'époque, Bahia aime le sexe à la folie... Oui certes mais coucher ici et là avec plusieurs hommes ne revêt pas la même importance que de se moquer du sacrement qui vous unit à un seul d'entre eux. La bigamie relève de l'hérésie.

On ne peut comprendre le développement de l'esclavage hors de son rapport dialectique avec le christianisme. Du cote des esclaves, ils admettent moins mal leur sort dès lors que leur est offert un horizon spirituel qu'ils harmonisent plus ou moins avec leurs souvenirs africains : Pascoa fait ses Pâques comme son nom l'indique et garde ses scarifications rituelles. Du coté des religieux missionnaires qui ont pu au départ s'étonner de la rigueur de l'esclavage, ils s'en accommodent dès lors qu'ils voient es victimes adhérer au christianisme. Celui-ci en leur proposant le salut leur offre une grâce qui vaut bien davantage que l'affranchissement.

Et c'est ainsi que les jésuites se rassurent: ils peuvent continuer à participer directement à la traite.

Pascoa, pour en revenir à elle, va manifester une résistance opiniâtre face à ses accusateurs.

Elle va répéter que si elle a été en effet unie en Afrique avec son compagnon Aleixo, c'est par une vague cérémonie bricolée sort avait été entre les mains de l'évêque de Bahia, elle aurait été absoute mais à Lisbonne les Inquisiteurs sont davantage coriaces . L'un d'eux la libèrerait toutefois en arguant du fait que c'est une rustre mais les deux autres insistent au contraire sur son intelligence rusée.

Sa condamnation est cependant modérée. Trois ans de détention. Pas même le fouet, si facilement administré aux esclaves. Mais ce n'est pas comme esclave qu'elle comparaissait. Mais comme enfant de Dieu qui avait désobéi, semé le trouble. La bigamie, c'est une hérésie!

On ne se souvient pas assez que les sociétés esclavagistes reposaient sur un axe économique bien sûr mais aussi sur un axe religieux. On ne comprendrait pas par exemple sans cette dimension le Code noir que rédige alors, en 1685, le fils de Colbert à Versailles. On en retient aujourd'hui la permission donnée au marquage, à l'essoreillage et autres horreurs - qu'on pouvait aussi pratiquer en Europe même. Néanmoins les maîtres ne pouvaient pas tout faire à des personnes qui appartenaient à la même Eglise . Ainsi ils ne pouvaient séparer les esclaves époux. A condition que les esclaves respectent leur mariage. Ce que Pascoa a toujours dit avoir fait. La dernière chose qu'on sache d'elle après sa condamnation, c'est qu'isolée dans une forteresse à la frontière ingrate du Portugal et de l'Espagne, elle demandait son retour où ? A Bahia, auprès de Pedro. L'a-t-elle obtenu ? On ne le sait...

Charlotte de Castelnau L'Estoile, Pascoa et ses deux maris, Champs la collection de poche de Flammarion.

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