vendredi 13 mars 2020

Lutte anti-terroriste au Sahel

Les Européens « mal coordonnés », selon un général américain 

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D’après le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général Stephen Townsend, non seulement les opérations antijihadistes des Européens au Sahel ne sont ni suffisantes, mais ni assez coordonnées aussi, a-t-il souligné mardi, notant que les groupes jihadistes qui opèrent dans cette région visent davantage l’Europe que les Etats-Unis.

« Beaucoup d’aide (militaire) occidentale arrive dans cette région, de la part des Européens, des Français et des Européens avec le soutien des Etats-Unis. Je pense qu’elle est insuffisante et mal coordonnée », a déclaré le haut responsable militaire américain alors qu’il était questionné par les élus de la Chambre des représentants sur la revue de la posture américaine en Afrique actuellement menée au Pentagone.

Cette affirmation du général Townsend selon laquelle les jihadistes opérant dans cette zone étaient plus dangereux pour l’Europe que pour les Etats-Unis  intervient alors que les élus s’inquiétaient du risque pour les Etats-Unis d’un retrait militaire américain du Sahel. « Les problèmes issus de l’Afrique de l’Ouest se manifesteront en Europe avant de se manifester en Amérique », a-t-il affirmé.

Théâtre depuis 2012 d’une crise multiforme qui a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, le Mali reste en proie aux agissements des groupes jihadistes, aux tensions intercommunautaires, fomentées ou attisées par ces mêmes jihadistes, et aux trafics de toutes sortes ébranlant l’autorité de l’Etat, qui ne s’exerce que sur des parties du territoire. Les violences se sont propagées du nord au centre du pays et aux voisins du Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Selon l’ONU, Depuis 2016, le nombre de victimes des violences a été multiplié par cinq au Mali, Burkina et Niger pour atteindre environ 4.000 morts en 2019.

La France, mène une opération antijihadiste forte de 4.500 hommes au Sahel.  Elle s’est montrée particulièrement inquiète du réajustement annoncé des forces militaires américaines en Afrique bénéficie d’une aide logistique de Washington. (selon AFP Sahel)

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mardi 4 février 2020

Sahel : Bientôt des renforts tchèques

Le Conseil des ministres de la République Tchèque a approuvé le 27 janvier 2020 un texte augmentant le nombre de militaires tchèques au Sahel. Si cette initiative est approuvée par le Parlement, une soixantaine de soldats pourraient contribuer à l’effort anti-terroriste. Selon la télévision publique tchèque, les militaires potentiellement déployés sur place seraient des membres d’unités spéciales basées dans la ville Moravie de Prostejov. « Le projet doit maintenant être présenté au Parlement et s’il est validé nous aurons un mandat pour nous joindre à l’opération Barkhane, avec un nombre maximal de 60 personnes, jusqu’au 31 décembre 2022 », a indiqué le ministre de la Défense, Lubomír Metnar, dans un communiqué. Selon le porte-parole du ministère, le déploiement pourrait s’opérer au début du deuxième semestre. Une période d’une année est pour l’instant envisagée, mais le ministre assure que si la situation l’exige, la mission sera prolongée. Prague fait partie des rares gouvernements européens à avoir répondu favorablement à l’appel de la France pour soutenir la nouvelle force Takuba, dont le déploiement est prévu pour 2020.

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mardi 28 janvier 2020

Au Vietnam, des femmes désamorcent les bombes de la guerre

"Déminer pour reconstruire": dans un site isolé du centre du pays, une équipe de démineuses 100% féminine désamorce des bombes datant de la guerre du Vietnam, un fléau qui a fait des dizaines de milliers de victimes depuis la fin du conflit en 1975.

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"Mon mari a été blessé par des munitions non explosées en allant travailler", explique à l'AFP Tran Thi Hanh. "C'est ce qui me motive à faire ce métier (...) afin que personne ne se retrouve dans la même situation".

Elle a rejoint il y a 20 ans l'ONG Mines Advisory Group et dirige aujourd'hui l'équipe d'une dizaine de démineuses, une exception dans le métier en grande majorité masculin.

"Ce n'est pas une question d'argent, le but est d'offrir une terre plus sûre à la population", souligne-t-elle en désamorçant une bombe à fragmentation.

Elle trouve encore jusqu'à 12 engins non explosés par jour.

Plus de 40 ans après la fin du conflit, trois millions de bombes lancées par les Américains sur le Vietnam pendant la guerre sont toujours enfouies dans le sol vietnamien, d'après certaines estimations. Le centre du pays est particulièrement touché.

L'équipe de Le Thi Bich Ngoc opère dans la province centrale de Quang Tri, une région au coeur de la zone démilitarisée entre le Nord et le Sud pendant la guerre et qui fut le théâtre de très violents combats.

Chaque année, ces bombes non explosées font de nombreuses victimes.

Depuis 1975, plus de 40.000 personnes ont été tuées et 60.000 blessées, d'après les données du gouvernement vietnamien.

La plupart des bombes sont activées lors du labour de la terre où elles ont passé des décennies ensevelies, ou lors de leur désossage, le métal étant recyclé, les explosifs étant quant à eux utilisés pour la pêche.

Une fois que l'équipe a nettoyé un site, il peut être converti en surface agricole.

Une ONG, Roots of Peace, aide les populations locales à se réapproprier les terres une fois déminées.

"Déminer, replanter, reconstruire - nous œuvrons pour la paix", se félicite sa fondatrice Heidi Kuhn. Son association a déjà aidé quelque 3.000 personnes à cultiver du poivre noir dans d'anciens champs de mines.

Mais le défrichage de tout le pays n'est pas prêt d'être achevé. Il pourrait prendre jusqu'à 100 ans et coûter des milliards de dollars, d'après diverses estimations. (selon AFP et L'Obs)

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lundi 13 janvier 2020

12 janvier 1920 : France, souviens-toi

Le naufrage de "L’Afrique"

afriqueIl y a tout juste 100 ans, par une froide nuit de janvier, le paquebot "Afrique" coulait au large de Bordeaux dans une mer déchaînée. Parmi les quelques 600 passages, 192 tirailleurs sénégalais qui rentraient chez eux après avoir servi la France durant le premier conflit mondial. Il n'y eut en tout qu'une trentaine de survivants. Une tragédie injustement oubliée.

Il faut, cent ans plus tard, honorer la mémoire des 568 personnes qui périrent et des 192 tirailleurs sénégalais qui étaient à bord de ce paquebot et espéraient rentrer chez eux après avoir mené une guerre qui n’était pas la leur.

Les faits ne sont guère connus, absents des livres d’histoire, comme gommés de la mémoire dans un pays qui, pourtant, aime se raconter.

afrique1Pour ceux qui n’en ont jamais entendu parler, résumons. L’Afrique est un paquebot mixte de la Compagnie des chargeurs réunis (CCR). Pendant toute la durée de la Première Guerre mondiale, il a assuré la liaison Bordeaux-Dakar. Décoré de la légion d’honneur le 20 janvier 1919, son capitaine est Antoine Le Dû, 43 ans, un homme aimé et expérimenté. Le 7 janvier 1920, le permis de navigation est renouvelé au paquebot après une série de réparations. A priori en état de prendre la mer, il largue les amarres deux jours plus tard, à 19 heures, et entame la descente de la Gironde depuis Bordeaux. À bord, un équipage de 135 hommes. Les blanchisseurs sont des « indigènes sujets français », tout comme les neuf « boys ».

afrique4Pour le reste des passagers, Roland Mornet avance un chiffre de 467 personnes. Le nombre de militaires blancs ayant embarqué pour rejoindre Saint-Louis du Sénégal, Brazzaville ou le Tchad est longtemps resté sujet à caution.

« La confusion est plus grande encore concernant les tirailleurs qui ne sont sénégalais que de nom, hors 34 à destination de Dakar, c’est à Conakry que doivent débarquer 72 autres, mais sont-ils tous pour autant Guinéens ? demande Mornet. Certains sont peut-être Maliens. 86 doivent être laissés au warf de Grand-Bassam devant Abidjan. Si vraisemblablement beaucoup sont ivoiriens, il peut s’y trouver des Voltaïques. Ces hommes ont combattu sur le front de Salonique et à Gallipoli, c’est la raison pour laquelle ils ont été démobilisés plus tardivement que leurs camarades ayant combattu sur le sol français, les redoutables nettoyeurs de tranchées, rescapés des tueries d’Argonne, d’Artois, de Verdun ou des Flandres… », écrit l’ancien capitaine.

Trente-quatre rescapés

afrique2Le temps est mauvais, les marins savent qu’au sortir du fleuve, ce sera pire. Le 10 janvier au matin, L’Afrique atteint la mer, déjà grosse. À 10 heures, le chef mécanicien demande au capitaine de ralentir l’allure en raison de la présence d’eau dans la chaufferie. Antoine Le Dû obtempère, tandis qu’on cherche l’origine de la fuite. Le temps forcit, les pompes fonctionnent jusqu’à ce que des résidus de combustion du charbon viennent boucher les tuyaux d’aspiration. Au soir du 10 janvier, le navire commence à donner de la bande. Vers minuit, le commandant décide de dérouter, mais virer de bord s’avère impossible par manque de vitesse.

Antoine Le Dû lance un appel au secours par télégraphie sans fil (TSF) le 11 janvier, à 7 heures du matin. Le Cèdre et La Victoire, deux remorqueurs basés à Rochefort, reçoivent l’ordre de se préparer, tandis que Le Ceylan, autre paquebot de la CCR, se déroute à 8 h 20 pour porter secours à L’Afrique.

Le paquebot, privé d’énergie électrique, dérive dans le noir. Le Ceylan, qui ne peut prendre le risque de toucher le plateau de Rochebonne, doit s’éloigner. Vers 22 heures, L’Afrique heurte le bateau-feu en acier indiquant le haut-fond. Une nouvelle voie d’eau s’ouvre dans sa coque. Peu après trois heures du matin, ce 12 janvier 1920, le navire pique de l’avant et sombre.

Le lendemain matin, le Ceylan récupère neuf membres d’équipage et treize Sénégalais sur un radeau. L’un d’eux, Mamadou N’Diaye, décédera peu après. Il n’y aura en tout que 34 rescapés.

Sacrifice imposé des soldats « indigènes »

afrique5Dans les journaux, une certaine émotion… qui s’estompe vite avec la victoire surprise de Paul Deschanel sur Georges Clemenceau à l’élection présidentielle. Bien entendu, une enquête est aussitôt diligentée auprès des survivants et des experts pour établir les causes du drame. Des demandes d’interpellation sont déposées à l’Assemblée nationale et mises à l’ordre du jour, le 18 mars 1920, débouchant sur de longs débats – en particulier sur la responsabilité de la CCR et sur celle de la société de classification Veritas.

Dans les années qui suivent, entre 1923 et 1930, la CCR sera plusieurs fois assignée en justice par les familles des passagers – définitivement déboutées en juillet 1931. Seules celles des membres d’équipage ont, vraisemblablement, été indemnisées. Le mystère entourant la première voie d’eau ne sera jamais élucidé. Pour Roland Mornet, elle serait le fait d’une épave « tueuse » non répertoriée de l’estuaire qui aurait percé la carène de L’Afrique. L’épave gît aujourd’hui par 45 mètres de fond au nord du plateau de Rochebonne. La France, ingrate, a oublié les passagers de L’Afrique et le sacrifice imposé de ses soldats « indigènes ». En mémoire du drame, la Côte d’Ivoire a émis un timbre, en 1990. Mornet a lui-même bataillé pour l’installation d’une stèle, aux Sables-d’Olonne, en mémoire des naufragés, où leur mémoire sera honorée les 11 et 12 janvier prochain. Il en existerait une autre dans le cimetière de Conakry, à la mémoire des tirailleurs.

Mémoire

Est-ce suffisant ? Non. Dans cette tragédie, le destin des tirailleurs sénégalais qui rentraient chez eux interroge un pan complexe de l’histoire de France, puissance coloniale qui s’accapara les richesses et les chairs d’un continent. Les héros africains qui disparurent en cette nuit de janvier 1920, tout comme les rares qui survécurent, ont des noms. Lai Sako, Gore N’Diaye, Birame Sassoune, Amadou Diop… et nous n’écrirons pas « etc » : nous attendons que la France, par la voix de son président peut-être, prononce officiellement leurs noms, à haute et intelligible voix. Nous avons une dette envers eux.

Interpellé en 2016 par l’association Mémoires & Partages, qui a réalisé la seule exposition sur le naufrage et lancé un « plaidoyer pour les tirailleurs naufragés », le président François Hollande avait transmis le dossier à Jean-Marc Todeschini, Secrétaire d’État chargé des anciens combattants et de la mémoire. Depuis, le silence est pesant et il n’y a plus de Secrétaire d’État chargé des anciens combattants et de la mémoire.

Le vivre-ensemble n’est pourtant possible qu’en retrouvant la mémoire de certains moments de notre passé. L’occasion se présente aujourd’hui, 100 ans plus tard. La France et les États africains ont en ce sens une obligation. Les 192 tirailleurs attendent depuis trop longtemps.

Karfa Sira Diallo, auteur, fondateur de "Mémoires & Partages" et Nicolas Michel, journaliste, romancier

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vendredi 29 novembre 2019

Au nom des combattants africains

Les "héros d'Afrique" seront bientôt honorés par les communes françaises. Comme l'a souhaité le président Emmanuel Macron, des rues, des places, des bâtiments publics porteront le nom de soldats, tirailleurs, ayant servi la France lors de la deuxième guerre mondiale. Une convention a été signée cette semaine entre le ministère des Armées et l'Association des Maires de France.

"La France a une part d’Afrique en elle", voilà comment Emmanuel Macron célébrait les soldats africains débarqués en Provence, en 1944. Pour ce 75e anniversaire, le 15 août 2019 à Saint-Raphaël, le président de la République française lançait  "un appel aux maires de France pour qu’ils fassent vivre par le nom de nos rues et de nos places la mémoire de ces hommes."

Des rues, des places, des écoles

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Trois mois après, le Ministère des Armées et l'Association des Maires de France ont signé une convention. L'objectif est de multiplier les lieux portant le nom d'un soldat africain ayant combattu pour la France dans les 36 000 communes de France.

A cet effet, le ministère des Armées a mis à disposition des maires français une liste de 50 noms. Des tirailleurs africains venus d'Algérie, du Maroc, du Sénégal, de Mauritanie, de Centrafrique ou encore de Madagascar ayant combattu pour la France lors de la seconde guerre mondiale.

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Ils s'appelaient Jean-Baptiste N'Tchorere, né au Gabon en 1917 et mort pour la France le 8 juin 1940 à Remiencourt dans la Somme où il est inhumé ; ou le Sergent Kida, né en 1909 au Tchad et mort pour la France le 12 juin 1944 à Monte Fiaxone, en Italie ; et encore Paul Koudoussaragne, né en 1920 en Centrafrique, il avait pris part aux campagnes d’Afrique, du Moyen Orient et à la libération de Royan. Ce compagnon de la libération a été inhumé en Centrafrique le 10 mai 1973. A terme une centaine de noms devraient être répertoriés.

"Il ne faut pas oublier que nous avons eu des alliés américain, britannique, canadiens... et bien d'autres mais nous avons eu aussi cette armée d'Afrique qui a été très importante. Il faut aussi honorer ces soldats (...) Ils ont fait une partie de la reconquête de la France et ils y ont participé à une hauteur très importante", souligne Geneviève Darrieussecq, Secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, à TV5MONDE.

D'où viennent les 50 soldats africains listés par le ministères français des Armées ?<br />
©Infographie TV5MONDE
D'où viennent les 50 soldats africains listés par le ministères français des Armées? ©Infographie TV5MONDE

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Tirailleurs sénégalais au col d'Urbeis en novembre 1944

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lundi 11 novembre 2019

Novembre 1918 : les comités de soldats et d'ouvriers (soviets)

Armistice : 11 novembre - arrivée des troupes françaises : 25 novembre

armistice_1918L'histoire nous apprend que le 11 novembre 1918 l'armistice fut signé avec le maintien des troupes sur les lignes de front (en Alsace sur la ligne bleue des Vosges). On peut donc se demander ce que le 25 novembre suivant les troupes françaises venaient faire à Villé.

C'est tout simple : les troupes allemandes stationnées à Sélestat, dans l'importante caserne Schweisguth, s'étaient révoltées contre leurs officiers, et avaient instauré des "comités de soldats et ouvriers" (soviets), comme dans toutes les villes de garnison alsaciennes et allemandes. Le gouvernement allemand a donc appelé à l'aide les troupes françaises, qui ont encerclé et réduit à l'état de ruines la caserne occupée par les soldats révoltés. L'intérêt commun d'empêcher l'Allemagne de tomber dans le camp soviétique avait prévalu.

La caserne Schweisguth est restée en l'état jusque dans les années 1980. Elle fut transformée en lycée en 1990.

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Images du "soviet" à Strasbourg

Affiche révolutionnaire

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Manifestation à Strasbourg, le 22 novembre 1918

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Réunion du Comité de soldats

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Le drapeau rouge sur la cathédrale

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lundi 4 novembre 2019

Quand la firme Bayer achetait « des lots de femmes » à Auschwitz

Le vrai visage de la firme Bayer qui s'est payée Monsanto pour 59 milliards d’euros !

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Sous le régime nazi, Bayer, alors filiale du consortium chimique IG Farben, procéda à de nombreuses expériences médicales sur des déportés qu’elle se procurait dans les camps de concentration.

Voici des extraits de cinq lettres adressées par la Maison Bayer au commandant du camp d’Auschwitz, publiées dans le numéro de février 1947 du Patriote Résistant.

Les lettres, trouvées à la libération d’Auschwitz par l’Armée rouge, datent d’avril-mai 1943.

Première lettre : » En vue d’expérimenter un soporifique, vous serait-il possible de mettre à notre disposition quelques femmes et à quelles conditions, toutes les formalités concernant le transfert de ces femmes seront faites par nous. »

Deuxième lettre : » Nous accusons réception de votre lettre. Considérant le prix de 200 marks exagérés, nous offrons 170 marks par sujet, nous aurions besoin de 150 femmes. « 

Troisième lettre : » D’accord pour le prix convenu. Veuillez donc faire préparer un lot de 150 femmes saines que nous enverrons chercher très prochainement. « 

Quatrième lettre : » Nous sommes en possession du lot de 150 femmes. Votre choix est satisfaisant quoique les sujets soient très amaigris et affaiblis. Nous vous tiendrons au courant du résultat des expériences. « 

Cinquième lettre : » Les expériences n’ont pas été concluantes. Les sujets sont morts. Nous vous écrirons prochainement pour vous demander de préparer un autre lot. « 

IG Farben, le consortium de Bayer, a également fourni aux nazis le Zyklon B utilisé dans les chambres à gaz, et a massivement exploité la main-d’œuvre concentrationnaire dans ses usines.

Condamnée pour crimes contre l’humanité à Nuremberg, puis à la dissolution, IG Farben possède toujours un statut juridique, malgré son démantèlement entre les sociétés Bayer, BASF et Hôchst.

(selon Yannis Youlountas - "Antifa")

Video : extrait de "Nuit & brouillard"

Jean Ferrat - Nuit et Brouillard

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lundi 14 octobre 2019

Syrie : Erdogan désavoué

L'offensive turque contre les forces kurdes suscite une volée de critiques

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La Turquie a lancé mercredi, comme elle s'y était engagée, son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte antijihadistes, suscitant une volée de critiques internationales et des menaces de sanctions américaines.


Mercredi, des régions voisines de la Turquie, notamment les zones de Tal Abyad et de Ras al-Aïn, ont été bombardées par l'aviation et l'artillerie turques. Le ministère turc de la Défense a annoncé en soirée que des militaires turcs et leurs supplétifs syriens avaient pénétré en Syrie, marquant le début de la phase terrestre de l'opération.
"Les forces aériennes et l'artillerie ont jusqu'ici frappé 181 cibles appartenant au groupe terroriste", a précisé le ministère sur Twitter vers 21h00 GMT.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), ont affirmé de leur côté mercredi soir avoir "repoussé" l'offensive turque, dont l'objectif est d'éloigner de la frontière les YPG.
L'assaut turc a d'ores et déjà fait 15 morts dont 8 civils, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ajoutant que des "milliers de déplacés" fuient les zones bombardées.
Le président américain Donald Trump a estimé que l'opération d'Ankara était "une mauvaise idée", tout en espérant que son homologue turc Recep Tayyip Erdogan agisse de manière "rationnelle" et aussi "humaine" que possible. En début de semaine, c'est pourtant le retrait des troupes américaines de secteurs frontaliers en Syrie et les déclarations contradictoires de la Maison blanche qui ont ouvert la voie à l'offensive.
Deux sénateurs démocrate et républicain ont dévoilé mercredi une proposition visant à sanctionner très sévèrement la Turquie si elle ne retire pas son armée. Ce projet imposerait au gouvernement de Donald Trump de geler les biens aux Etats-Unis des plus hauts dirigeants turcs, imposerait des sanctions à toute entité étrangère qui vendrait des armes à Ankara, et viserait aussi le secteur énergétique turc.
Poids lourd des Républicains et proche de M. Trump, le sénateur Lindsey Graham l'a accusé d'avoir "honteusement abandonné les Kurdes" et s'est dit favorable à ce qu'"Erdogan paie très cher".
L'offensive turque, qui a provoqué un tollé international, sera au centre d'une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU jeudi. 
A Ras al-Aïn, un correspondant de l'AFP a entendu une forte explosion et vu s'élever de la fumée tout près de la frontière, ajoutant que des avions survolaient le secteur.
Des tirs d'artillerie visent en continu la ville, provoquant la fuite de dizaines de civils à bord de motos et voitures, partant même à pied, chargés de valises et de sacs, a-t-il constaté.
Equipés de lance-roquettes, des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes dominée par les YPG, se sont déployés dans la ville, selon le correspondant de l'AFP.
 
"Mobilisation générale"
 
Les médias turcs ont rapporté que huit projectiles tirés par les YPG étaient tombés sur les villes turques frontalières d'Akçakale et de Nusaybin, sans faire de victime.
L'offensive de la Turquie est la troisième en Syrie depuis 2016. Elle ouvre un nouveau front dans un conflit qui a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés depuis 2011.
"Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (ANS, une coalition financée et entraînée par la Turquie soutenus par Ankara, ndlr) ont débuté l'opération +Source de paix+ dans le nord de la Syrie", a annoncé M. Erdogan sur Twitter.
Au moins 18.000 combattants syriens supplétifs d'Ankara – faisant partie de factions regroupées au sein de l'ANS – ont été mobilisés pour participer à l'offensive, a affirmé mercredi un de leurs porte-parole.
L'offensive doit permettre la création d'une "zone de sécurité" destinée à séparer la frontière turque des positions kurdes et accueillir des réfugiés, a dit M. Erdogan. Le ministère turc de la Défense a assuré que tout était fait pour éviter les pertes civiles.
Les YPG sont considérées par Ankara comme une organisation "terroriste", pour leurs liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).
Quelques heures avant le début de l'offensive, les Kurdes de Syrie, confrontés aux atermoiements de leur allié américain, avaient décrété une "mobilisation générale", tout en appelant Moscou à intervenir pour faciliter un dialogue avec Damas.

 Tollé
Le déclenchement de l'offensive a été fermement condamné par plusieurs pays qui craignent un chaos susceptible d'ouvrir la voie à un retour en force de l'EI, et qui fait planer l'incertitude sur le sort des jihadistes prisonniers des YPG.
Le porte-parole de M. Erdogan, Ibrahim Kalin, a appelé les pays européens à "reprendre" leurs ressortissants ayant intégré l'EI et aujourd'hui détenus par les forces kurdes.
Paris a "très fermement" condamné l'incursion turque, qui "doit cesser". Même exigence du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. L'Allemagne a estimé que l'opération risquait "de provoquer une résurgence" de l'EI, et Londres a dit sa "sérieuse préoccupation".
Avant le déclenchement de l'offensive, le président russe Vladimir Poutine avait appelé M. Erdogan à "bien réfléchir". 
L'Egypte a pour sa part jugé cette "attaque inacceptable" et Ryad a condamné "l'agression" de la Turquie en Syrie.
Amnesty International a souligné qu'"à la fois les forces turques et kurdes" avaient, "dans le passé, mené des attaques aveugles en Syrie" ayant "fait de nombreuses victimes parmi les civils". L'ONG a exhorté à faire en sorte que "cela ne se reproduise pas".
Le pouvoir de Damas s'est engagé à "contrecarrer toute agression" de la Turquie, se disant prêt à "accueillir dans son giron" la minorité kurde.
Longtemps marginalisés et victimes des discriminations du pouvoir central, les Kurdes ont réussi à instaurer une autonomie de facto à la faveur du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.(selon AFP)

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mercredi 25 septembre 2019

En Pologne, les comptes de la Seconde Guerre mondiale toujours à solder

Les commémorations du 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale ont commencé la semaine dernière. A cette occasion, le président allemand Frank-Walter Steinmeier s’est rendu aux cérémonies organisées en Pologne et a présenté ses excuses aux victimes polonaises.

pologne

Après la visite du président allemand Frank-Walter Steinmeier, le président de la Pologne Andrzej Duda a souligné l’importance de ces déclarations, affirmant l'importance de ces excuses dans l’histoire de l’amitié germano-polonaise - rappelons que la Pologne a perdu 6 millions de citoyens, dont 3 millions de Polonais juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, cette concorde diplomatique n’a duré que le temps d’un claquement de doigt. Le gouvernement polonais a n'a pas tardé à rebondir sur un dossier qui grève les relations entre les deux pays depuis quelques temps : les réparations de guerre dues à la Pologne. 

Des demandes de réparations astronomiques

En effet, juste après la défaite allemande, des réparations avaient en effet été calculées et versées aux victimes du Troisième Reich, à commencer par celles de la Shoah. Mais pour ce qui concerne la Pologne, c’est l’Union soviétique qui a administré ce dossier. Et ce qui importait à l'époque était l’établissement de bons rapports entre les républiques sœurs de l’Union socialiste : Moscou avait alors orchestré des négociations entre la RDA, l’Allemagne de l’Est et la Pologne. Pour mettre en bon ordre de marche le régime communiste, il faut dépasser le bilan de la Grande guerre patriotique, à commencer par la stabilisation de la frontière germano-polonaise.  Au cours des négociations organisées à Moscou, les Polonais renoncent officiellement à ces réparations de guerre en contre partie de la reconnaissance par la RDA du tracée de la ligne Oder-Neisse, la frontière actuelle, qui leur est favorable. Cette ligne de séparation sera d’ailleurs baptisée "Frontière de la paix". Le dossier est donc classé en 1953 mais mal réglé. La chute de l’URSS et de son ordre géopolitique va faire resurgir les zones d’ombres de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale mises au placard entre temps. Et l’arrivée au pouvoir en Pologne du parti conservateur PIS Droit et Justice va attiser les braises de cet après-guerre réglé à la va-vite.

La semaine dernière, le gouvernement polonais ne s’est pas contenté de déclarations publiques. Une commission parlementaire a été nommée il y a deux ans pour plancher sur le sujet des réparations, c'est à dire sur une nouvelle facture à présenter à l’Allemagne. En fondant leurs estimations sur un rapport soviétique de 1947, les parlementaires qui la composent, tous membres de la majorité gouvernementale, estiment à un peu moins de 800 milliards d’euros les dommages subis par la Pologne du fait de la guerre et de l’Occupation allemande. Une somme astronomique donc. 

Bientôt un musée de la Seconde Guerre mondiale à Gdansk ?

Selon les spécialistes comme l’historien Robert Traba, les pertes de la Pologne n’ont pas été compensées de manière adéquate. Mais c’est surtout la question du deuil qui est au centre de cette affaire. Si l’on fêtait les 80 ans du début des combats dimanche dernier, le débat autour du bilan et de la mémoire polonaise de cette guerre et de ses atrocités n’a en fait commencé qu’il y a 30 ans, à la disparition de l’Union soviétique. La tutelle de Moscou a longtemps retardé ce travail de deuil psychologique de l’Occupation allemande. 

D’ailleurs, ces demandes de réparations s’inscrivent au programme d’une véritable politique historique du gouvernement polonais. Effectivement, le gouvernement met en place un ensemble législatif pour condamner les historiens ou historiennes dont les travaux vont à l’encontre du patriotisme en vigueur. Jan Gross, attaqué pour ses recherches sur l’antisémitisme polonais, n’est qu’un exemple parmi d’autres. Le clivage intellectuel entre historiens fait rage dans le pays. 

En attendant en Pologne, et plus particulièrement à Gdansk, le gouvernement et la municipalité s’affrontent sur la mise en musée de cette histoire. Un affrontement au long cours qui produit un véritable mille feuilles historique et mémoriel puisqu’un premier musée de la Seconde guerre mondiale désapprouvé par les conservateurs va être corrigé par une annexe pour exposer des thèses plus proches de celles défendues par le gouvernement. (selon Anaïs Kien, "Savoirs, le journal de l'Histoire")

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lundi 22 juillet 2019

Massacre de Srebrenica

La responsabilité réduite des Pays-Bas

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Le massacre de Srebrenica, désigne l'assassinat de plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques dans la région de Srebrenica en Bosnie-Herzégovine au mois de juillet 1995. Les tueries ont été perpétrées par des unités de l'armée serbe de Bosniesous le commandement du général Ratko Mladic, dans une ville déclarée « zone de sécurité » par l'ONU. Cette dernière y maintenait une force d'environ 400 casques bleus néerlandais, présents dans la région de Srebrenica au moment du massacre. En juin 2017, les Pays-Bas furent d'ailleurs jugés responsable partiellement car ils ont fait le partage entre hommes et femmes, avant que les hommes soient fusillés et les femmes libérées.

Mais les Pays-Bas ont été partiellement exonérés par un jugement du 18 juillet 2019 : selon la Cour Suprême du pays, l’État néerlandais n'a qu'une responsabilité "très limitée" dans la mort de 350 hommes musulmans.

Cette responsabilité a été évaluée à 10% car le tribunal considère que les victimes n'avaient que 10% de chances d'échapper à la mort. En 2017, la Cour d'appel avait jugé cette probabilité à 30%.

L'enclave de Srebrenica, limitrophe de la Serbie, était placée sous la protection de l'ONU lorsqu'elle a été prise le 11 juillet 1995 par les forces serbes de Bosnie.

Connues sous le nom de "Dutchbat" et retranchés dans leur base, les Casques bleus néerlandais avaient recueilli des milliers de réfugiés dans l'enclave des Nations unies.

Mais submergés, ils avaient permis aux Serbes d'évacuer les réfugiés. Les hommes et les garçons avaient alors été séparés et mis dans des bus.

Le massacre de Srebrenica, au cours duquel près de 8000 hommes et garçons musulmans ont été tués, est une des pages les plus noires de l'histoire des Pays-Bas, mais aussi de la guerre de Bosnie (1992-1995).

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Posté par jl boehler à 04:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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