lundi 1 juillet 2019

Le trafic d'armes dans la corne de l'Afrique

Le commerce des armes illégales dans la Corne de l’Afrique reste une activité très lucrative et étroitement liée aux groupes terroristes transnationaux, au trafic de drogue et au conflit dans le Yémen voisin. Ce commerce régional  d’armes se focalise sur la Somalie et ses régions semi-autonomes, où la demande d’armes reste immuable malgré divers embargos et autres sanctions.

armes

Djibouti est devenue au cours des dernières années une plaque tournante de plus en plus importante pour le transport d’armes à des groupes armés dans la région. Il est de plus en plus évident que Djibouti agit comme un lieu de transit stratégique pour les armes provenant du territoire contrôlé par les Houthies au Yémen, qu'il expédie ensuite dans la région d'Awdal, dans le nord de la Somalie, par le biais de son participation au mission de maintien de la paix AMISOM.

Djibouti joue un rôle de plus en plus important dans le trafic d’armes dans la région alors que le gouvernement du pays cherche de nouveaux investissements étrangers dans son important secteur portuaire et ses industries connexes. De nombreuses sociétés djiboutiennes investies dans le secteur maritime en plein essor ont été impliquées dans le commerce illégal d’armes, ce qui a entraîné la réticence des investisseurs étrangers voulant participer à l’économie de Djibouti. La prolifération des armes à Djibouti suscite également des inquiétudes quant aux activités criminelles armées et au risque accru d'attaques terroristes dans un lieu fréquenté par des militaires étrangers.

Cependant, aucun des partenaires internationaux de Djibouti n’est disposé à signaler de tels risques, craignant la perte potentielle de leurs contrats sur des bases militaires stratégiques dans le pays. Une source locale a décrit le commerce des armes dans le golfe d'Aden comme un «chaos politique dans lequel la plupart des pays occidentaux ne veulent pas patauger». Malgré des preuves montrant des hauts responsables djiboutiens impliqués dans le commerce des armes, aucun effort n'a été consenti pour imposer des sanctions punitives á ces individus.

Le rôle de Djibouti dans le trafic d'armes régional va encore s'étendre, l'Érythrée et l'Éthiopie cherchant à s'entendre sur une paix durable qui aura des répercussions considérables sur la chaîne d'approvisionnement du commerce des armes dans la Corne de l'Afrique. Des groupes armés en Éthiopie, en Somalie et dans le Soudan, ainsi qu’al-Shabaab, comptent depuis longtemps sur l’Érythrée pour se procurer des armes. À mesure que l’Érythrée cherche à se rapprocher de l’Éthiopie et à revenir au sein de la communauté internationale, son rôle de plaque tournante du trafic d’armes sera considérablement réduit.

Djibouti, qui préfère une Somalie faible et une Érythrée isolée, va probablement combler le fossé et tirer parti de ses réseaux de trafic d'armes existants pour continuer à fournir des armes illégales aux groupes armés de la Corne de l'Afrique alors que l'Érythrée se retire potentiellement du commerce. Depuis qu’il a pris le contrôle du terminal portuaire de Doraleh, le gouvernement djiboutien semble se préparer à augmenter ses expéditions par le biais du principal port du pays. Cependant, la plupart des envois d'armes illégales par Djibouti continueront d'être effectués par des boutres plus petits via les communautés de pêcheurs de la côte sud-est et via le projet de port de Garacad.

La réticence des puissances occidentales et autres à agir contre les activités croissantes de trafic d'armes de Djibouti constitue une menace existentielle pour la sécurité de la Corne de l'Afrique et compromet les efforts actuels qui visent à mettre fin aux conflits de longue date dans la région. (selon Afrique-media)

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lundi 17 juin 2019

Une centaine de morts dans l' attaque contre un village du Mali

Les conflits ethniques ont encore coûté de nombreuses vies. Un village Dogon incendié, ses habitants massacrés !

mali

Les assaillants sont arrivés dans la nuit pour une attaque contre le village dogon de Sobane, près de la petite ville de Sangha dans le  centre du Mali, une centaine de personnes auraient été tuées. L'agence de presse Reuters cite les autorités locales, les médias français font également état du massacre.

Le maire de la localité a déclaré à la chaîne de télévision France 24 que les assaillants avaient d'abord incendié le feu, puis tiré sur les habitants du village, qui tentaient de fuir les flammes. 95 morts ont été retrouvés jusqu'à présent et de nombreuses personnes seraient toujours portées disparues.

Jusqu'ici, il n'y a aucune information fiable sur qui sont les criminels. Mais dans les conflits ethniques entre les Dogon et les Fulbe, des centaines de personnes sont mortes ces derniers mois. L'une des attaques les plus lourdes a fait 150 victimes chez les Dogon au mois de mars dernier.

Situation instable

Les Fulbe sont des éleveurs de bétail, les Dogon sont des chasseurs. De plus, il y a des conflits avec les Bambara, qui pratiquent l'agriculture. L’intensification des conflits est liée à l’apparition du groupe des prédicateurs djihadistes du chef Amadou Koufa dans la région. Koufa avait été tué fin novembre lors d'un déploiement des armées française et malienne. Les Fulbe sont accusés de maintenir des contacts avec les groupes terroristes islamistes. Dans le même temps, les conflits concernent également l'accès à l'eau et à la terre.

La situation au Mali reste instable malgré les forces de l'ONU qui sont déployées dans la région.

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samedi 15 juin 2019

Pension de guerre pour un ancien membre de la Waffen-SS?

L’Allemagne est soupçonnée de verser une pension aux victimes de la guerre à des auteurs présumés nazis dans d’autres pays européens. Parmi les bénéficiaires figure également un Alsacien ayant servi dans la Waffen-SS.

naziLes médias belges avaient rendu le sujet public au printemps 2018. Et après que le Parlement bruxellois ait déjà demandé des éclaircissements et une suspension des services du gouvernement fédéral, l'appel aux explications est maintenant entendu en France. Là encore, les bénéficiaires d’une telle pension de guerre sont versés aux victimes de la Seconde Guerre mondiale, par exemple les invalides de guerre, conformément à la loi fédérale sur les crédits, qui a été adoptée à l’origine en 1950.

Les pensions de guerre vont à plus de 2 000 personnes à l'étranger

Au total, la République fédérale transfère à plus de 2 000 personnes à l’étranger entre 300 et 400 € par mois, dont 1 450 à destination des pays européens. Ces chiffres sont mentionnés par le gouvernement fédéral dans sa réponse à une demande de la faction de gauche du Bundestag, qui avait répondu à la résolution du parlement belge. Cependant, jusqu'à la déclaration de l'ambassadeur d'Allemagne à Paris il y a plus d'un mois, le total des 54 bénéficiaires en France était mal connu. Quel rapport ont-ils eu avec l'Allemagne nazie?

L'Ambassadeur Nikolaus Meyer-Landrut a assuré au ministère de l'armée française que les bénéficiaires étaient des citoyens français dans seulement neuf cas. Une autre partie est les veuves et les orphelins. Sur 18 personnes, la prestation sera transférée à des citoyens allemands enregistrés en France. Les détails de quatre hommes en France sont particulièrement étonnants - le quotidien Le Monde cite les déclarations de Meyer-Landrut. Les personnes en question sont d'anciens membres de la Waffen-SS.

Parmi eux se trouvait un Alsacien qui, écrit Le Monde, avait appartenu à la première unité de police, après l’occupation allemande de la région frontalière, à partir de 1940, dans le sillage de la Division SS "Totenkopf". Néanmoins, l'ambassade allemande assure que les bénéficiaires de la pension, conformément à la loi fédérale sur les pensions, peuvent être exclus du fait qu'ils sont des criminels de guerre.

  99 personnes ont été privées de la pension

À la fin des années 90, les dossiers de la République fédérale d’Allemagne étaient comparés avec 76 000 noms de présumés criminels de guerre figurant dans les avoirs du Centre Simon Wiesenthal à Jérusalem aux fins d’une réécriture de la loi fédérale sur les pensions. À la fin de l’examen des cas de près d’un million de bénéficiaires à cette époque, également avec l’aide d’autres sources, la pension n’a été retirée que dans 99 cas. Les historiens allemands Stefan Klemp et Martin Hölzl ont travaillé pour le ministère du Travail et des Affaires sociales compétent sur l'histoire de la LPP et sa version révisée. Son rapport est disponible depuis 2016. Ils y rappellent les 50 000 auteurs nazis qui figuraient parmi les destinataires.

En Alsace, le long silence en Allemagne est perçu comme scandaleux pour une autre raison. Le prétendu destinataire de l'Alsace avait volontairement séjourné dans la Waffen-SS. Soudain, malgré l’histoire des 130 000 recrues forcées originaires de la région Alsace-Lorraine occupée par les nazis, les "malgré-nous", nous sommes de retour dans le voisinage de criminels de guerre volontaires. Gérard Michel, président de l'association des orphelins de guerre des malgré-nous, est scandalisé. La République fédérale refuse de reconnaître l’injustice à leur encontre, mais verse des pensions à des membres individuels des Waffen-SS. L’historien Nicolas Mengus demande également à l’Allemagne de révéler enfin qui reçoit une pension de guerre. (Bärbel Nückles, Badische Zeitung)

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dimanche 9 juin 2019

Un nouvel affront infligé à Vladimir Poutine

Quelle boulette diplomatique de Thérésa May et Emmanuel Macron : le président russe n’a pas été convié aux cérémonies commémorant les 75 ans du débarquement des alliés en Normandie. Trump serait-il déjà le chef suprême en Europe ?

bouletteQuelle faute politique ! Commémorer les 75 ans du débarquement des Alliés sur les plages normandes en se passant sciemment de la présence du président russe, mais en présence de la chancelière allemande, ce n’est pas une maladresse diplomatique, mais un désaveu qui dévalorise l’intégralité de ces commémorations. Les deux gouvernements français et britanniques n’ont pas voulu inviter Vladimir Poutine ; et cela en avançant un argument franchement lamentable : « On invite le président russe pour les commémorations sur les dizaines », comprendre, au 50e, 60e, 70e etc. Si aucune considération raisonnable ne justifie ce geste maladroit, on y lit la signature de Donald Trump qui, lui, est de plus en plus en train de dicter la marche à suivre aux Européens.

A un moment où le monde entier s’incline devant le courage et l’abnégation de centaines de jeunes volontaires du monde entier qui se sont sacrifiés pour sauver le monde du nazisme et du fascisme, il est tout simplement inconcevable de nier l’apport des millions de soldats russes sans lesquels ni le débarquement, ni la victoire sur les nazis n’auraient été possible. Sans le front de l’Est, où les Russes infligeaient défaite sur défaite aux troupes nazies, le débarquement et surtout, la reconquête du continent depuis les côtes de l’Atlantique, n’aurait pas été possible. Le désaveu fait à Vladimir Poutine constitue une insulte aux millions de victimes russes et d’une certaine façon, un geste digne de la Guerre Froide.

Comment les puissants du monde occidental peuvent-ils exclure la Russie des commémorations concernant des faits marquants de cette IIe Guerre Mondiale ?! Est-ce que Donald Trump ne voulait pas voir Poutine dans un tel cadre ? Est-ce que les puissants occidentaux étaient eux-mêmes gênés par l’hypocrisie des « Jamais plus ça ! » prononcés par des gens qui actuellement, mènent des guerres militaires et économiques ?

Il est étonnant de constater que l’Europe n’est même plus capable d’organiser une commémoration digne et sans boulettes diplomatiques. Le désaveu infligé à Poutine dévalorise malheureusement l’aspect historique de cette commémoration, car le format se fonde sur un mensonge – celui de l’absence d’un apport crucial de la Russie dans la lutte contre le fascisme.

Vladimir Poutine, lui, a donné une réponse remarquable. Au lieu de se plaindre du traitement que les Européens et les Américains lui réservent, il a passé son temps avec le président chinois Xi Jinping en resserrant encore davantage des liens au sein de la structures BRICS qui elle, représente une puissance politique et économique 5 fois supérieure à celle de l’Union Européenne.

L’Europe doit réfléchir si elle veut continuer à suivre aveuglement Donald Trump, qui s’assoit de plus en plus lourdement en Europe. Grâce à sa tête de pont en Grande Bretagne, c’est lui qui dicte maintenant la politique économique et même extérieure de l’Union Européenne. L’Union Européenne doit s’émanciper le plus rapidement possible de l’influence néfaste du président américain sur la politique européenne. En suivant ses recommandations, l’Union Européenne se dirige tout droit vers un nouveau conflit d’ampleur mondiale.

Et du coup, cette commémoration du 75e anniversaire du Débarquement a été transformée en manifestation politique qui cherchait à désavouer Vladimir Poutine. Au lieu de se serrer les coudes dans la lutte pour la paix, les puissants occidentaux ont donné un spectacle hypocrite qui, dans ce format, était un désaveu non seulement pour le président russe, mais plus encore, pour l’intégralité des millions de victimes du nazisme. Quel triste spectacle. (selon "Euro-journaliste")

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lundi 20 mai 2019

Mali: l'opération Barkhane s'implante dans la région du Gourma

Au Mali, l'opération Barkhane annonce un déploiement dans la durée, dans la région du Gourma afin de lutter contre les groupes terroristes. A Gossi, à environ 150 kilomètres de Gao, une base avancée est en train de sortir de terre sur un ancien site de l'ONU et des Forces armées maliennes (FAMA).

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Dans un nuage de poussière ocre, les tractopelles de Barkhane sont en action pour terminer l'aménagement de la base de Gossi. Située à un carrefour économique, sur la route nationale 16, elle ne dispose pas encore de plateforme pour les hélicoptères, ni même d’eau courante, mais elle pourra dans un avenir proche accueillir quelques centaines de soldats et servir de point de relais à Barkhane dans la région du Gourma, où les forces françaises comptent lancer régulièrement des opérations non loin de la frontière avec le Burkina Faso.

« La base opérationnelle avancée tactique (BOAT) de Gossi, c'est un quadrilatère de 200 sur 300 mètres environ qui sera agrandi, car pour l’heure c’est une base en cours de construction, principalement sur la partie vie. Gossi doit devenir une base avancée permanente pour disposer d'une position qui sera une sorte de base d'assaut pour partir dans le Gourma, explique ainsi le capitaine François, commandant du site. Quand Barkhane est arrivée ici, il restait le mur d'enceinte, et un réseau électrique et d'assainissement à peu près en état. Il y avait aussi quelques zones bétonnées sur le camp, ce qui a permis de commencer à s'installer ».

Des katibas terroristes encore actives

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Dans la région du Gourma, plusieurs katibas terroristes sont encore actives. Gossi est située à 5 kilomètres de la base. La ville est considérée comme un carrefour de ravitaillement des groupes terroristes (GAT). Elle est située sur un axe vital : la route de Bamako.

Barkhane affiche sa présence dans Gossi depuis le début de l'année. Sur l’axe commerçant à l’entrée de la ville, le lieutenant Gauthier et ses hommes patrouillent en casque lourd et gilet pare-balles. « Depuis que Barkhane est à Gossi, la population a plus de facilité à circuler, car la RN16 est devenue beaucoup plus sûre, notamment grâce aux forces partenaires qui escortent les convois depuis l'ouest du Mali jusqu'à l'est. Le trafic reprend, on voit de plus en plus de bus sur le bord de la route et les gens reprennent un peu confiance pour circuler. C'est une bonne chose », se félicite le lieutenant Gauthier.

Carrefour économique

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À Gossi, Barkhane estime que la population est favorable à la force française, mais les habitants parlent parfois avec une certaine réticence. Vêtue d'un boubou coloré, une femme s'avance vers les militaires et s'adresse à eux dans un français hésitant. « Tout va bien »,dit-elle. « Lorsque Barkhane est là, la sécurité est là (...) On fait ce qu'on veut à présent, avant on avait dû s'en aller jusqu'à Bamako, depuis que Barkhane est revenue, nous sommes revenus ici. »

Plus loin sur le marché, dans son échoppe vide, Amil Alassane Maiga, cordonnier de métier, se désespère : à cause de l'insécurité, les clients ont déserté. « Rien ne marche. Même ceux qui ont les moyens ont peur de se déplacer à cause de l'insécurité, déplore-t-il. Si vous avez de l'argent avec vous, en cours de route, on vous braque et on vous le prend. Moi, je voudrais partir d’ici. »

En s'installant durablement à Gossi et dans la région, les militaires français et leurs partenaires maliens espèrent désormais reprendre le terrain longtemps laissé aux jihadistes et aux coupeurs de routes. (selon RFI)

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lundi 6 mai 2019

Il y a 65 ans : Dien Bien Phu

Le livre en vietnamien Diên Biên Phu 13 mars - 7 mai 1954, de l'auteur français Ivan Cadeau et traduit par Dào Thi Ngoc Nhàn, a été présenté vendredi 3 mai à Hanoï. Un événement organisé par la Direction d’État des archives du Vietnam, à l'occasion du 65e anniversaire de cette bataille.

dienbienphu"Nous avons signé avec les Éditions Tallandier un contrat d’achat des droits d’auteur de +Diên Biên Phu 13 mars - 7 mai 1954+, publié en 2013, pour le traduire en vietnamien. Cela permettra aux lecteurs vietnamiens de mieux comprendre cette victoire historique", a informé Dang Thanh Tùng, directeur de la Direction d’État des archives lors de la cérémonie de présentation de cet ouvrage.

Celui-ci contient l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur le contexte, le déroulement et les suites de ce combat de 56 jours qui scella le départ des troupes françaises d’Indochine. Depuis, Diên Biên Phu est synonyme de courage et de sacrifice.

Ce livre comprend sept chapitres: "Une porte de sortie honorable", "La campagne d’automne 1953", "Anne-Marie, Béatrice, Gabrielle et quelques autres", "C’est pour demain", "La crise du moral", "La bataille des cinq collines", "Au revoir mon vieux".

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Des documents d’archives dévoilés

C'est l’année dernière, dans le cadre de sa mission de travail au Service historique de la Défense de la France, qu'une délégation de la Direction d’État des archives du Vietnam a pris connaissance de Diên Biên Phu 13 mars - 7 mai 1954 d’Ivan Cadeau. Ce Docteur en histoire est aussi officier, enseignant auprès de différents organismes de l’Armée de terre, et affecté au Service historique de la Défense.

Diên Biên Phu 13 mars - 7 mai 1954 constitue une source de documentation de valeur sur toute la bataille, apportant des informations sous l’angle d’un officier et historien français. L'ouvrage présente de nombreux documents d’archives gardés par la partie française qui seront dévoilés au public vietnamien pour la première fois.

D’après Dang Thanh Tùng, "l'ouvrage en vietnamien sera offert à des bibliothèques et à des universités au service de la recherche et de l’enseignement".

dienbienphu1"J’avais lu de nombreux livres sur Diên Biên Phu, cette défaite française qui accéléra la fin de la guerre. Je voulais contribuer, à partir des archives françaises, à participer à une meilleure compréhension de cette bataille", a partagé Ivan Cadeau. Il a aussi souhaité une coopération fructueuse entre le Service historique de la Défense française et la Direction d’État des archives du Vietnam.

Dans le cadre de son séjour dans le pays, il a participé vendredi matin 3 mai à Hanoï à un colloque autour du 65e anniversaire de la bataille, organisé par l’Université des sciences sociales et humaines relevant de l’Université nationale de Hanoï.

"Je présenterai également les archives militaires françaises qui sont conservées au Service historique de la Défense à Vincennes, près de Paris, et qui relatent cette bataille et, plus généralement, la guerre d’Indochine. Il existe ainsi, des milliers de cartons sur la période 1945-1956, l'année 1956 marquant l'année où le corps expéditionnaire français quitte le Vietnam", a-t-il informé.

En outre, il s'est rendu dimanche 5 mai à Diên Biên Phu, où il a visité l’exposition "Diên Biên Phu - Histoire en or" qui s’est ouverte le 19 avril. Réalisée par la Direction d’État des archives du Vietnam, en partenariat avec le Musée de la victoire historique de Diên Biên Phu, cette exposition présente plusieurs documents fournis par le Service historique de la Défense française.

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Bigeard et Dien Bien Phu

Dien Bien Phu, la bataille (presque) tombée dans l'oubli

Histoire du Vietnam : Dien Bien Phu - 1953-1954

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dimanche 10 février 2019

L'assaut contre le dernier fief du groupe EI en Syrie est lancé

La force arabo-kurde soutenue par Washington a annoncé ce samedi avoir lancé son offensive « finale ».

syrie

La bataille finale lancée samedi par les Forces démocratiques syriennes, les FDS, soutenues par Washington, se concentre sur la dernière poche de quatre kilomètres carrés où sont encore retranchés quelque 600 jihadistes, dont des étrangers, et leurs familles.

La coalition arabo-kurde affirme dans un communiqué que la bataille sera terminée d’ici quelques jours. Le président Donald Trump avait affirmé que le groupe Etat islamique sera définitivement vaincu en Syrie d’ici une semaine.

En parallèle à l’opération militaire, des négociations seraient en cours pour obtenir la reddition des jihadistes, selon des sources de l’opposition syrienne.

Les derniers combattants de l’EI examinent une offre d’abandonner leur dernier fief et de se retirer soit vers la région d’al-Anbar, en Irak, soit vers Tanaf, dans le triangle frontalier syro-irako-jordanien. Les jihadistes seront accompagnés des membres de leurs familles. Les blessés et quelques prisonniers seraient remis aux FDS.

A l’apogée de sa puissance, en 2015, le califat autoproclamé par l’Etat islamique couvrait la moitié de la Syrie et le tiers de l’Irak. Il était défendu par une armée de plus de 100 000 hommes, dont des milliers de jihadistes étrangers. Aujourd’hui, il ne contrôle plus qu’un pour cent de ce vaste territoire.

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dimanche 11 novembre 2018

La fin de la guerre 14/18 vue d'Elzach

11 novembre 1918 : fin de l'horreur

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L'Elztal, il y a 100 ans, le 11 novembre 1918. L'horreur était enfin terminée, comme pour tout le monde, y compris les "Elztäler". On ne parlait pourtant pas encore de fin de la guerre, mais de trêve (mais personne n'était dupe). Elle avait duré plus de quatre longues années, cette guerre mondiale, que personne à cette époque n’appelait encore la "Première". Quiconque voit, lit ou compte les nombreux noms sur les monuments commémoratifs de guerre dans les cimetières d'Elz et de Simonswäldertal a une idée de la façon dont cette guerre s'est déroulée.

Les acclamations, comme on en trouve sur certaines photos de jeunes hommes de villes allemandes, et avec des paroles ridicules dans les trains militaires ("En route pour Paris, ça me démange!"), ici, elles dérangent. Dès les premiers jours d'août 1914, peu d'Elztäler se sentaient attirés par cette guerre. On entendait plutôt : "Qui fera tout le travail à la maison? En ce moment, pendant la saison des récoltes?Naturellement, les habitants des zones rurales ont été les premiers à traiter de telles questions. Ils espéraient que le slogan "À Noël, nous serons de retour à la maison!s'appliquerait. Mais il ne s'appliqua ni pour Noël 1914, ni 1915, 1916 ou 1917. Et très rapidement, cette guerre fut une horreur pour tous ceux qui devaient la rejoindre - avec ses nombreuses sordides nouveautés telles que des mitrailleuses, d'énormes armes à feu, des canons, des gaz toxiques -.

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Le célèbre pasteur Heinrich Hansjakob du Kinzigtal écrivait dans son dernier ouvrage avant son décès en 1916 "Sur des dialogues tenus avec des poissons au fond de la mer". Le titre étrange venait du fait que Hansjakob a imaginé que le poisson de l'Atlantique se demandait probablement pourquoi, à la suite de la guerre, soudainement autant de morts et de navires ont été abattus pour couler au fond de la mer. "Quand, en 1914, à Haslach, j'ai vu les premiers blessés arriver à l'hôpital, les larmes coulaient de mes yeux ..." écrit-il. Ou: "Alors un jour, la femme d'un jeune fermier, mère de cinq enfants, a pleuré avec amertume, son mari est au front depuis le début de la guerre et elle n'a presque personne pour l'aider dans son travail." Après une permission de 15 jours, le père repart, puis ne vient plus. Il est mort et reste loin de chez lui dans une tombe sans nom.

Dans l'Elztal, le nombre de blessés, de mutilés, de disparus et de morts était également important, comme en témoignent les monuments cités et certaines chroniques locales. Un exemple parmi d'autres de Prechtal (= Prechtal avec Oberprechtal): "La guerre a entraîné d'énormes pertes en vies humaines - 95 soldats Prechtäler ne sont pas retournés dans leur pays, ce qui représente près de 5% de la population totale à l'époque ou 10% de la population masculine" (Livre "Prechtal" de Augustin Gutmann / Thomas Steimer).

Le 9 novembre, l'empereur était parti et la République proclamée. La tournure des événements se propagea rapidement. Le 10 novembre déjà, un conseil des travailleurs et des soldats a été formé à Waldkirch. "Die Volkswacht" (journal local de l'époque) a écrit: "Waldkirch a également connu son grand jour dimanche et dès le matin, ce n’était un secret pour personne que le drapeau rouge flotte également 
ici ..." La "nouvelle ère" était là, à Waldkirch et dans le reste de l'Elztal. Mais elle ne pouvait pas guérir la douleur des pertes et des expériences de cette terrible guerre mondiale.

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mardi 5 juin 2018

Amnesty accuse l’armée nigériane de viols sur des réfugiées

Des femmes fuyant Boko Haram sont victimes de traitements inhumains, selon l'ONG.

nigeriaUn nouveau rapport d'Amnesty International indique que l'armée nigériane a maltraité des femmes et des filles fuyant l'insurrection de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. Dans ce rapport intitulé "Ils nous ont trahis", Amnesty dresse un tableau sombre en ce qui concerne les agissements de l'armée nigériane dans l'État de Borno.

Le groupe de défense des droits de l'homme affirme que les soldats ont séparé les femmes de leurs maris et les ont confinés dans des "camps annexes" assez éloignés des principaux camps. Une fois confinées dans ces camps annexes, elles ont été victimes de viols et d'abus sexuels, parfois en échange de nourriture.

Le rapport souligne également que les femmes fuyant les violences ont été forcées à avoir des relations avec le personnel militaire. Il affirme que les militaires ont profité de la famine dans les camps pour s'attaquer aux victimes. Neuf femmes ont déclaré avoir été violées.

Amnesty indique aussi que des femmes soupçonnées d'être membres de Boko Haram ont été détenues arbitrairement : cinq d'entre elles seraient mortes, ainsi que 32 enfants. Le rapport est basé sur plus de 250 entrevues réalisées entre 2016 et 2018. Le groupe affirme que la violence perpétrée pourrait constituer des crimes de guerre.

Un porte-parole militaire de l'armée nigériane a rejeté le rapport, qualifiant les allégations de viols de "fictives".

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samedi 28 avril 2018

Lutte contre le terrorisme au Mali

La Minusma fait appel à des soldats chinois

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Des soldats chinois sont en route pour le Mali afin de renforcer les troupes de la Minusma. L'arrivée de ce contingent chinois intervient alors que la mission onusienne traverse une période très sombre dans ce pays sahélien.

A en croire les dernières statistiques, la Mission des Nations-Unies au Mali (Minusma) est en passe de devenir la mission de maintien de la paix la plus meurtrière de tous les temps, avec plus d'une centaine de Casques bleus tués dans des actes hostiles. Ce triste bilan macabre est dû aux attaques incessantes des groupes armés terroristes qui ont mis le Nord-Mali sous leur coupe depuis 2012.

Un contingent de 395 soldats chinois viendra renforcer les Casques Bleus, dès ce mois de mai, pour une durée d'un an. Ce contingent, composé entre autres d'une brigade de défense chimique, d'une unité médicale et de sapeurs-pompiers, aura pour mission de réparer des routes, des ponts et des pistes d'aéroport dans les zones de mission, protéger les quartiers généraux dans des zones de guerre, et soigner les malades et blessés.

Considérés comme très professionnels et dotés d'un excellent savoir-faire, ces soldats ne monteront cependant pas en première ligne, c'est-à-dire là où ont lieu les traques et les combats. Pour cela, les Africains (notamment les Tchadiens et les Maliens) encadrés par quelques Français continueront à faire le sale boulot.

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