mardi 5 juin 2018

Amnesty accuse l’armée nigériane de viols sur des réfugiées

Des femmes fuyant Boko Haram sont victimes de traitements inhumains, selon l'ONG.

nigeriaUn nouveau rapport d'Amnesty International indique que l'armée nigériane a maltraité des femmes et des filles fuyant l'insurrection de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. Dans ce rapport intitulé "Ils nous ont trahis", Amnesty dresse un tableau sombre en ce qui concerne les agissements de l'armée nigériane dans l'État de Borno.

Le groupe de défense des droits de l'homme affirme que les soldats ont séparé les femmes de leurs maris et les ont confinés dans des "camps annexes" assez éloignés des principaux camps. Une fois confinées dans ces camps annexes, elles ont été victimes de viols et d'abus sexuels, parfois en échange de nourriture.

Le rapport souligne également que les femmes fuyant les violences ont été forcées à avoir des relations avec le personnel militaire. Il affirme que les militaires ont profité de la famine dans les camps pour s'attaquer aux victimes. Neuf femmes ont déclaré avoir été violées.

Amnesty indique aussi que des femmes soupçonnées d'être membres de Boko Haram ont été détenues arbitrairement : cinq d'entre elles seraient mortes, ainsi que 32 enfants. Le rapport est basé sur plus de 250 entrevues réalisées entre 2016 et 2018. Le groupe affirme que la violence perpétrée pourrait constituer des crimes de guerre.

Un porte-parole militaire de l'armée nigériane a rejeté le rapport, qualifiant les allégations de viols de "fictives".

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samedi 28 avril 2018

Lutte contre le terrorisme au Mali

La Minusma fait appel à des soldats chinois

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Des soldats chinois sont en route pour le Mali afin de renforcer les troupes de la Minusma. L'arrivée de ce contingent chinois intervient alors que la mission onusienne traverse une période très sombre dans ce pays sahélien.

A en croire les dernières statistiques, la Mission des Nations-Unies au Mali (Minusma) est en passe de devenir la mission de maintien de la paix la plus meurtrière de tous les temps, avec plus d'une centaine de Casques bleus tués dans des actes hostiles. Ce triste bilan macabre est dû aux attaques incessantes des groupes armés terroristes qui ont mis le Nord-Mali sous leur coupe depuis 2012.

Un contingent de 395 soldats chinois viendra renforcer les Casques Bleus, dès ce mois de mai, pour une durée d'un an. Ce contingent, composé entre autres d'une brigade de défense chimique, d'une unité médicale et de sapeurs-pompiers, aura pour mission de réparer des routes, des ponts et des pistes d'aéroport dans les zones de mission, protéger les quartiers généraux dans des zones de guerre, et soigner les malades et blessés.

Considérés comme très professionnels et dotés d'un excellent savoir-faire, ces soldats ne monteront cependant pas en première ligne, c'est-à-dire là où ont lieu les traques et les combats. Pour cela, les Africains (notamment les Tchadiens et les Maliens) encadrés par quelques Français continueront à faire le sale boulot.

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mardi 17 avril 2018

Syrie : le coût d'une nuit de frappes

La France a tiré pour la première fois des missiles de croisière navals à 2,86 millions d'euros pièce

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Neuf avions de chasse, cinq frégates de premier rang, et pour la première fois, des tirs de missiles de croisière navals: la France a mobilisé d'importants moyens pour frapper des "sites de production et de stockage d'armes chimiques" du régime syrien, aux côtés de ses alliés américain et britannique.

Paris a tiré douze missiles de croisière sur la centaine ayant visé la Syrie dans la nuit de vendredi à samedi, à partir de 3 heures à Paris, (4 heures en Syrie), selon les informations fournies par l'Élysée et le ministère des Armées.

Parmi eux, trois missiles de croisière navals MdCN, d'une portée de 1000 km et d'une précision de l'ordre du mètre, ont été tirés par une frégate multimissions (FREMM). Une première pour la France qui n'avait encore jamais utilisé cet armement en situation réelle. Paris rejoint ainsi le club fermé des pays disposant, comme les États-Unis (avec le Tomahawk) ou la Grande-Bretagne, de missiles de croisière embarqués sur des bâtiments de guerre.

Ces missiles, développés par la groupe français MBDA, sont très coûteux, souligne BFMTV. D'après la loi de finance de 2015, sur laquelle la commande de ces missiles est enregistrée, chacun d'eux coûte 2,86 millions d'euros, deux fois plus cher que le Tomahawk américain (1,5 million d'euros selon un rapport du sénat américain).

Ce missile, long de près de sept mètres et d'une portée de 1000 kilomètres peut être lancé depuis un navire ou depuis un sous-marin.

Au total, en Méditerranée, Paris a déployé trois FREMM (sur les cinq actuellement en service dans la Marine), une frégate anti sous-marine, une frégate antiaérienne et un pétrolier... (selon le Huffington Post)

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lundi 16 avril 2018

Frappes militaires en Syrie

"Des colonnes de fumées au-dessus de Damas"

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Dans un raid conjoint, les Etats-Unis, la France et de la Grande-Bretagne ont bombardé plusieurs cibles militaires en Syrie. Des cibles essentiellement liées au programme chimique syrien officiellement démantelé depuis 4 ans.

Le site le plus important est situé près de Damas, il s'agirait du centre de recherche de Barzeh, le CERS. Il faisait déjà partie des cibles évoquées par les autorités françaises, en préparation des raids stoppés in extremis fin août 2013.

Aucun site russe touché

Deux autres cibles au moins sont situées près de Homs dans le centre du pays ont été bombardés, peut-être des sites de stockages clandestins. La ministre de la Défense française Florence Parly parle, elle, de « sites de productions ». L'OSDH, l'Observatoire syrien des droits de l'homme, évoque aussi le bombardement d'une caserne de la garde républicaine dans les environs de la capitale. Aucun site russe n'a toutefois été touché précise Moscou.

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A Damas, la réaction de la défense aérienne syrienne a été modérée, quelques tirs de missiles ont été aperçus mais « aucune perte humaine n'est à déplorer » côté américain selon le Pentagone.

Dans la nuit, l'Elysée a publié une vidéo montrant le décollage de quatre Rafales de l'armée de l'air équipés de missiles de croisière. Le ministère des Armées assure également que les frégates Fremm ont été impliquées dans l'opération. Au total douze missiles de croisière ont été tirés, des missiles à longue portée pour rester en dehors des défenses syriennes et russes. Paris ajoute que la France n' a pas pris part au bombardement du centre de recherche sur les armes chimiques situés prés de Damas, déjà considéré comme une cible il y a cinq ans mais toujours actif, souligne-t-on dans l'entourage de Florence Parly. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian affirme pour sa part « qu'une bonne partie de l'arsenal chimique syrien a été détruit ». « Les Russes n'ont pas été prévenus des cibles retenues, ni même du moment ou elles seraient frappées, mais nous nous sommes assurés que chacun serait dans son coin durant l'opération afin d'éviter, les méprises ou les accidents », a confié un gradé de l'armée française à RFI.

Une centaine de missiles tirés

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Le Pentagone laisse entendre que les frappes occidentales ont porté un coup sévère au programme chimique syrien. Il « mettra des années à s'en remettre », affirme un haut responsable du Pentagone, le général Kenneth McKenzie, ajoutant que les défenses anti-aériennes russes n'ont pas été activées et celles du régime syrien ne l'ont été qu'après la fin des frappes.

Une centaine de missiles aurait été tirés, des frappes donc limitées à des objectifs syriens, limitées dans le temps et destinées surtout à envoyer un message aux autorités syriennes. D'ailleurs l'Elysée précise dans un communiqué, que la France et ses partenaires, vont reprendre dès aujourd’hui leurs efforts aux Nations unies pour la mise en place d'un mécanisme d'enquête sur l'usage de l'arme chimique en Syrie.

Des conséquences limitées

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Sur le terrain, les conséquences de ces frappes seront certainement limitées, comme c'est à chaque fois le cas lors de frappes dites « punitives ». Cela fait une semaine que tout le monde parle de frappes occidentales en Syrie, l'armée syrienne qui est en guerre depuis sept ans maintenant, et qui compte des conseillers russes, a donc certainement dû prendre des mesures pour se protéger, ou déplacer certains équipements importants.

Dès 2013, par exemple on sait que l'état-major syrien à Damas a déménagé. Le site qui a été visé, dans la banlieue de Damas, le CERS est très connu. C'était donc une cible toute désignée. Pas sûr donc qu'il y ait des choses très intéressantes à l'intérieur. (selon "RFI")

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dimanche 8 avril 2018

A propos du génocide des Tutsi au Rwanda

"Survie" ramène au ministère des Armées une caisse d’armes pour interpeller Emmanuel Macron

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Alors que les rescapés du génocide des Tutsi du Rwanda s’apprêtent à commémorer ce samedi le 24ème anniversaire du début des massacres, des militants de Survie ont interpellé ce jeudi 5 avril le président et le gouvernement français en mettant en scène le retour d’une fausse caisse d’armes et de munitions expédiées par Paris pendant le génocide. L’association demande au président que ses premières annonces à ce sujet soient à la hauteur des enjeux : il faut désormais une reconnaissance officielle du soutien que les autorités françaises ont apporté à un régime génocidaire.

48 heures avant les 24èmes commémorations du début du génocide des Tutsi du Rwanda, l’association Survie, mobilisée contre la Françafrique, a organisé la remise symbolique au ministère de la Défense de l’époque d’une caisse factice d’armes et de munitions françaises. Les gendarmes présents au 14 rue Saint-Dominique ont donc été pris à témoins d’une forme de retour par la Poste (pour motif de « non distribution ») d’une des caisses d’armements que la France a acheminées en 1994 à destination d’un régime allié, alors même qu’il commettait un génocide. Comme les gendarmes sur place ont refusé de réceptionner ce colis, les militants de l’association l’ont ensuite apportée au siège du Parti Socialiste rue de Solférino, pour suggérer de profiter du déménagement pour faire l’inventaire de la politique de François Mitterrand au Rwanda. Il s’agissait pour l’association d’illustrer concrètement le soutien politique, économique et militaire que notre pays a apporté, et que l’État français devrait désormais reconnaître.

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Pour Fabrice Tarrit, co-président de Survie : « C’est le président Emmanuel Macron qui a désormais la responsabilité de reconnaître officiellement, au nom de la France, que les autorités de notre pays ont soutenu et armé un régime "ami" quelles qu’en soient les conséquences. Ce soutien, déjà incompréhensible avant le génocide, ne s’est pas démenti pendant les massacres, ni même après ». Il ajoute « L’État devra bien le reconnaître : on ne peut pas attendre plus de 50 ans, comme pour la participation active des autorités françaises dans la déportation de Juifs pendant la Seconde guerre mondiale ! ».

Ce soutien à ceux qui commettaient le génocide des Tutsi a pris différentes formes : politique, diplomatique, militaire (livraisons d’armes et de munitions, recours à des mercenaires)... Il a été apporté en connaissance de cause, de manière active, et a eu un effet sur les crimes commis : cette politique constitue juridiquement une complicité de génocide, l’intention génocidaire n’étant pas nécessaire à cette qualification. Une reconnaissance officielle de ce soutien aux auteurs d’un génocide amènera, logiquement, à demander des comptes aux décideurs civils et militaires qui ont mené cette politique.

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« Comment comprendre que des responsables politiques de l’époque comme les ministres Alain Juppé et François Léotard ou encore le secrétaire général de l’Elysée Hubert Védrine, n’aient jamais été inquiétés ? Et surtout que l’Amiral Lanxade, le Général Quesnot et le Général Huchon sont partis à la retraite avec tous les honneurs, sans jamais rendre des des comptes à la justice ? », s’étonne Fabrice Tarrit. « Ces trois responsables militaires étaient respectivement chef d’état-major des armées, chef d’état-major particulier du président et chef de la mission militaire de coopération : ils ont eu, avec le président François Mitterrand, toutes les cartes en main pour continuer ou arrêter de soutenir un régime "ami" qui commettait le crime des crimes. Des responsables français ont opté pour un soutien direct, avec l’opération Turquoise qui a gelé la ligne de front, et un soutien indirect, avec des mercenaires corsaires de la République comme Bob Denard ou Paul Barril ».

Emmanuel Macron a l’opportunité historique de reconnaître officiellement, sans faux-fuyants, qu’un tel appui a été décidé et exécuté en toute connaissance de cause – d’autant que pour la première fois depuis 1994, aucun des partis de gauche et droite qui gouvernaient ensemble à cette période de cohabitation n’est actuellement au pouvoir. Le président le doit d’abord aux victimes et aux rescapés du génocide, mais aussi aux citoyens français, afin d’ouvrir le nécessaire débat sur le fonctionnement des institutions de la Vème République. Et si Macron oubliait le Rwanda, le Rwanda et l'Afrique ne l'oublient pas. (communiqué de "Survie")

Génocide au Rwanda : Guillaume Ancel brise l'omerta

Rwanda Genocide

Rwanda L'histoire qui mène au génocide part 1

Rwanda L'histoire qui mène au génocide part 2

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mercredi 28 février 2018

Le patron français du renseignement militaire : tout va bien au Sahel !

"Le niveau de la menace est à la portée de nos partenaires africains." Ah bon ?

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«  Si l’on regarde le nombre d’attaques, on ne peut pas parler de dégradation sécuritaire. Il y a un bruit de fond de harcèlements, mais qui existe depuis la fin de Serval (en 2013) et qui continue  », a déclaré le général Jean François Ferlet, le chef du renseignement militaire au journal "L'opinion". «  La situation n’est pas satisfaisante, mais elle est contrôlée  ».

Et le même d'ajouter: «  Le niveau de la menace est à la portée de nos partenaires (africains), s’ils voulaient  », estime le DRM. «  La balle est dans leur camp et il y a une grosse pression politique sur eux pour la mise en œuvre des accords de paix  ». Mais ceux-ci «  stagnent  » reconnaît le DRM qui n’observe «  pas vraiment de dynamique générale  ». Le G5 ? «  Il faut que ça marche, parce que ce n’est pas Barkhane qui va régler le problème  ». Selon le DRM, le «  point clé  » est «  le contrôle permanent des frontières  », pas des opérations «  one shot  », après lesquelles les groupes terroristes reviennent. Le modèle mis en avant par le DRM est celui du contrôle de la frontière entre le Tchad et du Soudan, avec une coordination entre les deux pays et un «  droit de poursuite de 100 kilomètres  » sur le territoire du voisin.

L'Algérie, partenaire incontournable

Le problème essentiel, pour le DRM, est celui des trafics (armes, drogues, humains, etc.) : une «  gangrène  » dit-il, avec des «  chefs de groupes  » qui privilégient leur intérêt particulier sur l’intérêt général. Là encore, il faut leur «  mettre la pression  », avec des sanctions décidées par les Nations Unies qui les toucheraient au portefeuille. Toutefois, reconnaît le DRM, «  nous ne pouvons pas nous attaquer au trafic de manière désordonnée, parce que cela déstabiliserait l’économie et que nous n’avons pas d’économie alternative à proposer  ». «  Nous nous attaquons aux trafics quand ils servent à financer le terrorisme  » précise le DRM.

Interrogé sur le rôle de l’Algérie, le DRM a estimé qu’ «  elle est un partenaire, jusqu’à preuve du contraire. On a besoin d’elle  » car elle est «  incontournable  ». «  Nous avons des contacts  » a-t-il ajouté.

Alors tout va bien au Sahel ... sauf qu'il y a toujours encore des attentats et des victimes, même chez les soldats français.

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dimanche 11 février 2018

Guerre d’Algérie : les victimes non françaises indemnisées

Le Conseil Constitutionnel a étendu le droit à des pensions aux victimes d’actes de violence pendant la Guerre d’Algérie à l’ensemble des personnes qui résidaient alors dans le pays.

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Quelle que soit la nationalité, le droit à des pensions aux victimes d’actes de violence pendant la Guerre d’Algérie a été étendu, ce jeudi 8 février 2018, par le Conseil constitutionnel français à l’ensemble des personnes qui résidaient alors dans ce pays d’Afrique du Nord.

Plus de 55 ans après le traumatisme de la guerre d’Algérie, le Conseil constitutionnel français a décidé que les civils algériens ayant subi des dommages physiques du fait de violences liées au conflit pouvaient désormais prétendre, eux aussi, à des pensions versées par la France. Les sages ont purement et simplement censuré les mots « de nationalité française » qui réservaient jusqu’alors ces avantages aux seules victimes qui avaient la nationalité française après l’indépendance de l’Algérie. Pour ce faire, les sages ont invoqué le principe « d’égalité devant la loi » garanti par la Constitution française.

À l’origine, le législateur avait justifié la création de ce droit pour les victimes françaises par « la carence du gouvernement algérien » à assurer le paiement des rentes à ces victimes prévues dans les accords d’Evian du 18 mars 1962 mettant fin au conflit. Le Conseil Constitutionnel a considéré que la différence de traitement entre victimes françaises et étrangères n’était pas non plus acceptable en ce qui concerne les ayant-droit des victimes décédées.

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lundi 29 janvier 2018

Centrafrique, des militaires français au dessus des lois ?

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Dans sa chronique, l'écrivain et journaliste Thomas Dietrich, originaire d'Altkirch (Haut-Rhin), spécialiste de l'Afrique,  revient sur le bilan peu glorieux de la France en Centrafrique. A l'occasion de l'affaire de viols d'enfants centrafricains par des militaires français, pour lesquels trois juges d’instruction ont rendu un non-lieu, il profite pour donner son point de vue sur la politique française en Afrique.

L'analyse sans concession de Thomas Dietrich

"Au plus fort de la crise centrafricaine et de l’opération Sangaris (2500 soldats hexagonaux déployés dans ce pays), des enfants furent présumés victimes d’abus sexuels de la part de militaires français, en échange de rations de nourritures ou de quelques centaines de Francs CFA. Il fallut les révélations d’un journal étranger, le britannique Guardian, pour qu’une enquête soit ouverte à Paris, puis close le 15 janvier 2018, comme si rien ne devait venir altérer l’image d’Epinal d’une France protectrice d’une de ses anciennes colonies, la République Centrafricaine.

Chemins de traverse

Le plus surprenant dans ce chapitre judiciaire, c’est qu’en rendant ce non-lieu, les magistrats ne sont même pas persuadés de l’innocence des militaires incriminés. « Il ne peut être affirmé à l’issue de l’information qu’aucun abus sexuel n’a été commis », a souligné le parquet. Mais si les chemins de traverses de la procédure lui permettent de classer l’affaire sans trancher sur le fond, personne ne pourra remettre sérieusement en cause le témoignage accablant de dizaines d’enfants centrafricains, victimes des pires sévices par des soldats censés les protéger. Et de là à penser qu’une fois de plus, la justice française s’est rendue complice des agissements douteux de l’Etat français en Afrique, il n’y a qu’un pas.

 

bokassa

Déjà, la colonisation en RCA avait atteint des sommets de monstruosité, des dizaines de milliers de pauvres hères étant réduits en esclavage, forcés de récolter le coton ou le latex servant à fabriquer le caoutchouc. Le roman "Batouala" de René Maran, prix Goncourt 1921, se fait le témoin fidèle des exactions des colons sur une population démunie. Après l’indépendance accordée en 1960, la France ne renonça pas à son emprise sur ce pays. Du soleil des indépendances, la Centrafrique fut transportée au cœur des ténèbres de la « Françafrique ». Valery Giscard d’Estaing cautionna et finança les extravagances de Jean-Bédel Bokassa, un ancien soldat de la Coloniale qui se prenait pour Napoléon Ier, allant jusqu’à reproduire le couronnement du vainqueur d’Austerlitz dans la moiteur de Bangui. De 1981 à 1993, le président André Kolingba ne prenait aucune décision sans en référer au colonel français Mansion, qui occupait un bureau voisin du sien à la Présidence (tout en travaillant pour la DGSE). En 2003, Jacques Chirac donna son feu vert au renversement d’Ange-Félix Patassé et à son remplacement, avec l’aide du Tchad, par son ancien chef d’état-major, François Bozizé.

L’on pourrait croire que ces dernières années et notamment depuis le déclenchement de la guerre civile en 2012, le rôle de la France a été plus positif en Centrafrique. La vérité communément admise par l’opinion est celle serinée à tout bout de champ par l’ancien président François Hollande, et volontiers reprise par les médias. La France ne serait intervenue en Centrafrique que pour « sauver des vies humaines », pour « éviter un drame humanitaire ». Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, avait même affirmé en novembre 2013 que la Centrafrique « était au bord du génocide » entre chrétiens et musulmans et que la déclenchement d’une opération militaire était nécessaire pour mettre fin à cette folie meurtrière.

Sauf que la lecture interconfessionnelle du conflit centrafricain ne résiste pas à l’épreuve des faits ; pas plus que le mythe qui voudrait que la France soit un deus ex machina venu sauver les Centrafricains de leurs propres turpitudes. Au contraire, les décisions de François Hollande et de son indispensable ministre de la défense Jean-Yves Le Drian ont contribué à précipiter ce grand pays d’un peu moins de 5 millions d’habitants dans d’insondables abîmes.

Revenons en 2012

En 2012, François Bozizé était alors au pouvoir depuis près de 10 ans. J’ai bien connu la Centrafrique de ces années-là, pour avoir longtemps séjourné à Bangui entre 2009 et 2011. La capitale était tranquille, les salaires de la fonction publique régulièrement payés ; sauf que le régime devenait de plus en plus autoritaire, suite à des élections législatives boycottées qui avaient donné 100 % des sièges au parti au pouvoir, le KNK (Kwa na Kwa). Le président en place songeait à faire modifier la constitution pour pouvoir se représenter. Au nord et à l’est, des rébellions faisaient entendre leurs bruits de bottes. Surtout, François Bozizé avait maille à partir avec à peu près tout le monde. Nicolas Sarkozy avait peu apprécié ses ruses et sa cupidité dans l’affaire de l’exploitation du gisement d’uranium de Bakouma par Areva. Et le Tchad, son voisin et protecteur, venait de retirer ses soldats de la garde personnelle du président centrafricain.

 

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Il y avait de multiples raisons à ce revirement d’Idriss Deby, au pouvoir depuis 1990 à Ndjamena. Des commerçants tchadiens avaient été victimes d’une émeute au PK5 (quartier à majorité musulmane de Bangui), au mois de juin 2011, et Deby avait peu apprécié que le pouvoir centrafricain ne vole pas à leur secours. Mais surtout, le président tchadien avait des visées hégémoniques sur la Centrafrique. Après avoir défait sa propre rébellion en 2010 et profitant de la place vacante laissée par la mort de Kadhafi, Deby s’était vu comme le nouveau maître de l’Afrique, ou tout du moins de l’Afrique centrale. Il entendait faire main basse sur ce pays frontalier qu’il considère comme « la 24ème région du Tchad » ; et tirer profit des immenses richesses de son sous-sol, uranium, or, diamants, manganèse, coltan mais aussi pétrole. En effet, les champs pétrolifères de Doba, au sud du Tchad, ne se révélaient pas aussi riches que prévus et Idriss Deby lorgnait sur le gisement de Boromata, au nord-est de la Centrafrique, dans une préfecture de Bamingui-Bangoran frontalière du territoire tchadien.

Le pacte avec le diable...Déby

Un événement allait précipiter la réalisation du plan de Deby et convaincre définitivement ses alliés français d’y participer. Fin 2012, à plusieurs milliers de kilomètres à l’ouest, au Mali, les djihadistes d’AQMI (Al-Qaeda au Maghreb Islamique) se mirent en marche vers la capitale Bamako. François Hollande ne pouvait faire autrement qu’engager ses troupes pour contrer la menace terroriste. Et pour ne pas risquer la vie de trop de militaires français sur le théâtre des opérations, il avait besoin de l’appui de l’armée tchadienne, dont les soldats sont réputés (à juste titre) pour être les meilleurs d’Afrique.

Lors d’une rencontre à l’Elysée avec Deby le 5 décembre 2012, le pacte fut scellé. Le Tchad enverrait des supplétifs affronter AQMI dans le désert malien, et en échange, la France donnait sa bénédiction à Idriss Deby pour renverser François Bozizé. Il faut dire que ce dernier n’avait jamais retrouvé grâce aux yeux de Paris, qui souhaitait depuis longtemps son remplacement par un dirigeant plus docile.

Quelques jours à peine après l’entrevue de l’Elysée, une rébellion apparut comme par enchantement aux marches de la Centrafrique, dans la région dite des « trois frontières ». Elle s’était baptisée « Seleka », ce qui veut dire alliance en langue nationale sango. Téléguidée depuis Ndjamena, armée par le régime du pays du Toumaï (les véhicules de la Seleka étaient des 4x4 de la gendarmerie tchadienne hâtivement maquillés), elle était majoritairement composée de mercenaires tchadiens et soudanais. Bénéficiant de la débâcle de l’armée centrafricaine (FACA), elle fondit sur Bangui et ne se heurta qu’à la résistance d’un contingent sud-africain, appelé à la rescousse par François Bozizé. Une fois les sud-africains défaits avec le concours des hélicoptères de l’armée tchadienne, la Seleka pénétra dans la capitale le 24 mars 2013. Ces mercenaires étaient si peu coutumiers de Bangui, qu’ils confondirent l’hôpital de l’Amitié, construit par la coopération chinoise, avec la Présidence et entreprirent de l’assiéger.

Place à l'Etat Séléka

A cette époque, la France possédait environ 300 soldats sur place, dans le cadre de l’opération Boali. Lors de la déferlante de la Séléka, elle resta armes au pied. Pire, durant toute l’avancée de cette horde de mercenaires, elle fournit de précieux renseignements à la partie tchadienne sur l’état et les mouvements de l’armée centrafricaine en déroute. Bien sûr, les services tchadiens s’empressaient de transmettre les informations à la Seleka ; ce que la France ne pouvait ignorer.

Une fois au pouvoir, l’Etat-Seleka, avec à sa tête Michel Djotodia, fut traité avec beaucoup d’égards par l’Elysée. Les autorités hexagonales fermèrent de longs mois les yeux sur les exactions des différentes factions de la Seleka, et notamment celle du plus puissant d’entre tous, Nourredine Adam, Ministre de la sécurité publique et homme-lige de Deby en Centrafrique. C’est notamment à cause de l’arrivée de la Seleka que le tissu social centrafricain se déchira. Avant 2012, les musulmans (environ 15 % de la population) et les chrétiens (85 %) avaient de tous temps vécus en bonne harmonie. Les mariages mixtes étaient fréquents et aucun pogrom à caractère religieux n’était à déplorer. Sauf les violences de « l’Alliance » dirigées quasi-exclusivement contre des chrétiens entraînèrent une réaction de ces derniers. Instrumentalisés par François Bozizé depuis son exil camerounais puis ougandais, ils se constituèrent en milices, les anti-balakas, qui à son tour s’en prirent aux musulmans. Néanmoins, ces bandes armées ne s’attaquèrent pas uniquement aux combattants de la Seleka, mais aussi aux centrafricains de confession musulmane qui avaient toujours vécu à leurs côtés, en paix. Ce regrettable amalgame entraîna une escalade de violence, qui contraignit la France à déclencher l’opération Sangaris au mois de décembre 2013.

 

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Contrairement aux dires de Hollande, l’opération Sangaris est loin d’avoir relevé la Centrafrique. L’armée française n’a nullement désarmé les milices armées, Seleka ou anti-balaka. Elle en aurait eu les moyens pourtant, forte de ses 2500 hommes. Mais, a contrario, elle a entretenu des liens troubles avec ces bandes armées qui font régner la terreur partout dans le pays. Après leur éviction du pouvoir au début 2014, les principales composantes de la Seleka se sont repliées dans le nord-est, où elles contrôlent les villes de Birao, Ndélé ou encore Bria et prospèrent jusqu’à l’heure actuelle, sans que les français n’y trouvent rien à redire. Quant aux anti-balaka, les militaires hexagonaux ont souvent été accusés d’entretenir avec ces bandes armées des liens de connivence. A Bangui même, lors d’attaques de quartiers musulmans par les anti-balaka en 2014, les soldats français sont restés passifs, rappelant au monde le terrible souvenir de l’inaction des grandes puissances lors du génocide rwandais.

Aujourd’hui, alors que l’opération Sangaris s’est piteusement achevée en 2016, l’ancien colonisateur est vu par la grande majorité des Centrafricains comme étant l’une des causes principales de leur malheur. D’autant que le comportement de certains officiels français au pays de Bokassa fut loin d’être exemplaire ; en plus des suspicions de viols d’enfants, l’opinion centrafricaine peine à oublier les frasques de l’ambassadeur Charles Malinas, en poste de 2013 à 2016, qui est suspecté d’avoir vendu des visas pour la France à des salafistes radicalisés. Une enquête a d’ailleurs été ouverte contre lui par l’inspection générale du Quai d’Orsay, et l’ambassadeur a été rappelé de son nouveau poste à Prague.

La Centrafrique de 2018 rappelle étrangement la République Démocratique du Congo (RDC) de la fin des années 90, après la chute de Mobutu. Un pays complétement démembré, dépossédé de sa souveraineté nationale au profit de puissances étrangères. La France a réduit sa présence à une centaine de militaires en poste à Bangui, mais un centre d’écoutes est installé au sous-sol de l’Ambassade et permet d’écouter, de manière totalement illégale, l’ensemble de la classe politique centrafricaine.

Prédateurs et trafiquants

Le Tchad reste bien évidemment présent, continuant tout comme le Soudan à soutenir les ex-Seleka, désormais regroupés dans le FPRC (Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique). Les troupes de Nourredine Adam campent d’ailleurs très régulièrement à l’intérieur du territoire tchadien. Le chef rebelle et ancien garde du corps de l’émir d’Abou Dabi se rend tous les quatre matins à Ndjamena, quand il ne visite pas le chef de Boko Haram, avec lequel le Tchad est accusé de jouer double jeu.

Des divisions au sein des ex-Seleka apparaissent, sur fond de rivalités pour le contrôle des matières premières. Dernier épisode en date : l’affrontement entre Nourredine Adam et Ali Darassa, le seigneur de guerre qui contrôle Bambari. Car ces milices tirent des revenus conséquents de la vente de diamants, d’or ou encore du racket des commerçants qui s’en vont vendre leurs bambous ou leurs cafés au Soudan.

Les forces de la MINUSCA (Mission des Nations Unies en Centrafrique), composées de 11 200 soldats issus de 10 pays, n’agissent pas différemment. Comme en RDC, les troupes onusiennes ne protègent pas les populations civiles mais s’ingénient plutôt à piller les richesses locales et à tisser des liens avec les milices, le plus souvent en fonction de leur appartenance religieuse. Les casques bleus originaires du Congo-Brazzaville sont par exemple accusés d’organiser le pillage du bois précieux des forêts de la Lobaye (sud de la RCA), et de soutenir certains groupes affiliés aux anti-balaka. Denis Sassou-Nguesso, le leader congolais, possède en outre une influence non-négligeable à Bangui, le président de l’Assemblée nationale Abdou-Karim Meckassoua étant l’un de ses protégés. Enfin, à l’est, dans les préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou, un contingent de l’armée ougandaise vient tout juste de se retirer après 10 ans passés à traquer l’insaisissable Joseph Kony, le leader d’une Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui continue à terroriser les populations.

Noirceur désespérante

Les Centrafricains semblent comme interdits de présider aux destinées de leur propre pays. Le Président en exercice Touadéra n’a pas les moyens d’action que la légitimité populaire et son honnêteté avérée devraient lui conférer. Peut-être que le plus urgent serait de rendre à la Centrafrique une armée nationale digne de ce nom, des FACA capables de vaincre les seigneurs de guerre, ce que ni la France ni la MINUSCA n’ont pu ou n’ont voulu faire. A ce titre, la livraison d’armes aux FACA par les russes est une nouvelle à saluer, même si celles-ci proviennent de l’arsenal de l’autocrate Poutine. Car ce n’est que en ramenant la sécurité qu’une réconciliation de tous les Centrafricains sera possible, qu’ils soient chrétiens, musulmans, ex-Seleka, anti-Balaka ou même éleveurs peuls mbororo. Et que ce pays du cœur de l’Afrique pourra se remettre sur les rails du développement, fidèle à la devise de leur père fondateur Barthélémy Boganda, « Nourrir - Vêtir – Guérir – Instruire – Loger »."

troufions_RCA

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dimanche 12 novembre 2017

L'armée philippine tue 600 islamistes

Selon un conseiller du gouvernement, les forces de sécurité philippines ont tué quelque 600 islamistes dans les combats pour libérer la ville de Marawi. Certains venaient du Moyen-Orient, d'Indonésie et de Malaisie.

philippines

Les forces gouvernementales avaient battu les rebelles alliés à l'état islamique des milices terroristes en octobre après cinq mois de combats. Peu à peu, les terroristes s'étaient comportés comme s'ils étaient à la tête d'un califat.

"Nous éliminons délibérément les dirigeants de l'EI"

Le gouvernement a averti les partisans de l'EI de ne pas considérer les Philippines comme un refuge après les défaites militaires au Moyen-Orient. "Nous éliminons délibérément les dirigeants de l'EI", a-t-il déclaré. Dans le même temps, il a annoncé des efforts accrus pour créer plus de droits pour les musulmans dans le sud du pays afin d '«éliminer l'injustice historique, parce que c'est là que réside la racine de la terreur».

Marawi - située à environ 800 kilomètres au sud de Manille sur l'île de Mindanao - est une ville à prédominance musulmane. Les Philippins sont principalement catholiques. Les islamistes ont attaqué la ville le 23 mai. Plus de 1 000 personnes sont mortes dans le conflit et environ un demi-million de personnes ont dû quitter leur foyer. Une grande partie de Marawi est en ruines.

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samedi 11 novembre 2017

C'était il y a 100 ans

La chanson de Craonne-1917

En mémoire de tout les morts de la 1ére guerre mondiale et des révoltés de 1917... Cette chanson a été écrite par un inconnu, mais elle a vite fait le tour de toutes les tranchées... La Chanson de Craonne (du nom du village de Craonne) est une chanson contestataire, chantée par des soldats français durant la Première Guerre mondiale, entre 1915 et 1917. Elle est interdite par le commandement militaire qui la censure en raison de ses paroles antimilitaristes (« on s'en va là-bas en baissant la tête », « nos pauvr' remplaçants vont chercher leurs tombes »), défaitistes (« c'est bien fini, on en a assez, personne ne veut plus marcher ») et subversives incitant à la mutinerie (« c'est fini, nous, les troufions, on va se mettre en grève ») alors qu'une guerre est en train de se livrer sur le territoire national.

craonne

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