samedi 24 avril 2021

La Côte d'Ivoire, nouvelle cible djihadiste ?

La Côte d'Ivoire, cible récemment de deux attaques jihadistes dans le nord, illustre les ambitions des groupes islamistes armés basés au Sahel d’étendre leur champ d’action aux pays du Golfe de Guinée.

kafolo

C’était dans la nuit du 28 au 29 mars. Ce soir-là, des hommes armés ont attaqué deux positions de l'armée ivoirienne situées à la frontière avec le Burkina Faso. C'était dans les localités de Kafolo et Kolobougou. Ces attaques opérées de manière simultanée ont occasionné six morts et plusieurs blessés. Parmi les personnes tuées : trois soldats et trois assaillants. Un peu moins d’un an auparavant, le 11 juin 2020, un assaut djihadiste, le premier survenu en Côte d’Ivoire, a fait une dizaine de morts chez les militaires ivoiriens déjà à.…Kafolo.

La première de ces nouvelles attaques jihadistes en territoire ivoirien, a eu lieu dans cette même localité de Kafolo, près de la ville de Kong, dans le Nord-Ouest. L’attaque a eu lieu entre minuit et 1 heure du matin. Une soixantaine d’hommes lourdement armés, venus du Burkina Faso, ont alors ouvert le feu sur un poste avancé de l'armée, faisant deux soldats tués et quatre blessés.

Dans les combats, les assaillants perdront trois hommes. Quatre autres seront interpellés, selon l'Etat-major général des armées de Côte d'Ivoire, qui affirme que du matériel (armement, radio, munitions et motos) a été saisi.

L'armée régulière a, au bout d'une heure de combat intense, repoussé les assaillants. Ensuite, s'en est suivie une opération militaire de ratissage sur le terrain pour rechercher les assaillants en fuite ainsi que leurs éventuels complices.

La deuxième attaque est survenue à Kolobougou, à 60 Km au nord-ouest du département de Téhini, faisant frontière avec le Burkina Faso où un poste de la gendarmerie a été pris d’assaut.

Selon une note de l'Etat-major des armées de Côte d'Ivoire, « un gendarme ivoirien a été tué et un autre blessé ». Aucune victime cependant n'a été enregistrée du côté des auteurs de l'attaque sur ce poste-frontière.

L'assaut contre ce poste de gendarmerie à Kolobougou a eu lieu entre « 2 h et 3h du matin », a indiqué à APA une source locale, rapportant que « les populations actuellement sont gagnées par la frayeur et ne peuvent pas sereinement aller dans leurs champs et vaquer à leurs occupations ».

Les postes sont sous surveillance de l'armée ivoirienne dans la localité et la présence des militaires venus en renfort fait que les riverains ont un peu peur, poursuit cet habitant de la région qui a requis l'anonymat.

La Côte d'Ivoire dans le viseur des djihadistes

 

ATTAQUE

« Ces attaques dénotent du fait que la Côte d'Ivoire est clairement dans le projet expansionniste des groupes terroristes », analyse Lacina Diarra, spécialiste des questions de sécurité dans la région Sahel-Sahara. Les jihadistes « veulent se créer un sanctuaire au niveau de la zone frontalière entre le Burkina-Faso, le Mali et la Côte d'Ivoire », explique cet expert ivoirien, confortant une thèse soutenue récemment par le chef du renseignement extérieur français, Bernard Emié.

Lors d’une réunion consacrée au contre-terrorisme tenue début février sur la base aérienne d'Orléans, en France, le patron des 7.000 espions et analystes français de la DGSE avait prévenu qu’il fallait se préparer à la fois des attentats des grande ampleur et l'expansion jihadiste vers les pays du golfe comme la Guinée, la Côte d'Ivoire ou le Bénin.

Pour une grande partie des experts en sécurité, pour mieux se préparer à contrer une telle éventualité, le gouvernement ivoirien doit s'atteler rapidement « à casser la chaîne de recrutement, développer des stratégies transnationales tout en impliquant les communautés et la société civile ».

Opération « frontières étanches »

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Suite à la première attaque survenue l’année dernière à Kafolo, le gouvernement ivoirien a adopté un décret portant création d'une « Zone opérationnelle Nord » qui s’étend dans les régions situées sur les frontières entre la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.

Cette « Zone opérationnelle Nord » vise à passer de la phase de surveillance des frontières à une posture défensive avec une importante capacité de réversibilité en mission offensive en vue d'empêcher toute infiltration de ces groupes armés sur le sol ivoirien.

Avec un commandement unique pour les opérations militaires et celles relevant de la défense du territoire, l'Etat ivoirien veut permettre à l'ensemble des forces de défense et de sécurité d'avoir une rapide réactivité sur les missions au niveau des frontières.

 Visite aux troupes

Le chef d'Etat-major général des armées, le général de corps d'armée Lassina Doumbia, a d’ailleurs effectué, lundi 31 mars, une visite aux troupes, en compagnie du commandant supérieur de la gendarmerie, le général de corps d'armée Apalo Touré. « Je voudrais vous féliciter, vous dire nos encouragements, vous adresser nos condoléances et vous dire que vous avez été braves, au vu des circonstances et des efforts que vous avez faits, on ne peut que vous le reconnaître », a dit le général Lassina Doumbia à ses hommes, à Kafolo.

« À mon avis, de par mon expérience, en combat de nuit alors qu'on est surpris, perdre deux hommes, c'est que vous êtes bons (soldats), vous savez vous battre parce que la nuit, quand on voit quelqu'un passer, on ne sait pas si c'est son ami ou c'est son ennemi. Entre nous-mêmes, on peut s'allumer parce que c'est compliqué », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le commandement supérieur de la gendarmerie, a demandé aux soldats « d'avoir de la réaction », car « il faut être prêt à utiliser son arme », a-t-il martelé. (selon "Ivoire-soir")

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vendredi 16 avril 2021

Bombardement de Bouaké en Côte d'Ivoire

Les politiques français à la barre

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Le procès du bombardement du camp militaire français de Bouaké en Côte d’Ivoire, en 2004, qui avait fait dix morts (neuf soldats français et un civil américain), entré dans sa troisième et dernière semaine devant la Cour d’assises de Paris, s'est terminé ce jeudi. Ont été entendus comme témoins les responsables politiques français de l’époque : le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et trois ministres.

C’est une affaire sur laquelle planent encore des zones d’ombre et le procès ne les a pas levés. En particulier sur un épisode survenu au Togo, dix jours après l'attaque. Un groupe d'hommes est arrêté, parmi lesquels, soupçonnent les Togolais, se trouvent les pilotes. À raison pour au moins l'un d'entre eux. Alertés, ni le ministère de l'Intérieur de Dominique de Villepin, ni la Défense de Michèle Alliot-Marie, ni les Affaires étrangères de Michel Barnier ne donnent suite, et les suspects sont libérés.
« Ils ont tout fait pour qu'on ne puisse pas arriver à tirer le fil »

bouak_4Pour Jean Balan, avocat de la majorité des parties civiles, cet épisode montre une entente au plus haut niveau pour que les pilotes échappent aux mains de la justice. C'est l'élément clé de sa thèse : le bombardement serait une « manipulation française qui a tourné à la bavure ». Il l'a redit il y a quelques mois sur l'antenne de RFI : « Les autorités françaises du gouvernement de l'époque ont absolument tout fait, de manière concertée, organisée, et c'est pas moi qui le dit, c'est la juge d'instruction, pour que l'enquête judiciaire ne puisse pas prospérer depuis 2004, et ça a continué par la suite. Ce que je démontre c'est qu'ils ont tout fait pour qu'on ne puisse pas arriver à tirer le fil»

Les autres avocats restent sur la version d’une responsabilité ivoirienne, mais sur cet épisode togolais, ils demandent la « vérité » aux ministres. Quoi qu’il en soit, dans son ordonnance de février 2016, la juge d'instruction Sabine Khéris a estimé que s’il n’existe pas « d'éléments permettant de mettre en cause les hautes autorités de l’État […] tout a été orchestré afin qu’il ne soit pas possible d’arrêter, d’interroger ou de juger les auteurs biélorusses du bombardement ».

Jusque-là, chacun s’est dédouané de toute responsabilité dans cet épisode. Le ministre togolais de l'Intérieur de l’époque, François Boko, qui avait lancé l'alerte, a témoigné la semaine dernière que ses interlocuteurs lui avaient déclaré « avoir reçu l’ordre de ne rien faire », et que « Paris n’était pas intéressé par ces Biélorusses ». De l’enquête et des audiences, il ressort qu'à Lomé, l’ambassadeur, les attachés Défense et Sécurité intérieure, comme l'agent des renseignements français ont effectivement dit avoir reçu pour consigne de « ne pas se mêler » de cette affaire, ou pas de consigne du tout.
« Tous les services concernés se renvoient la patate chaude »

Côté Paris, un ancien responsable du ministère de l’Intérieur a assumé avoir « donné consigne de ne pas intervenir directement dans l’enquête » arguant que « cela n’intéressait pas directement le ministère de l’Intérieur ». Une version reprise par le ministre de l’époque, Dominique de Villepin, à la télévision, en 2016 : « Une juge a enquêté pendant 12 ans sur une affaire qu'à aucun moment je n'étais amené à traiter pour une simple raison, c'est que j'étais ministre de l'Intérieur. Je lui ai répondu ce que je savais, c’est-à-dire pas grand-chose, c’est-à-dire, rien. » Conséquence : « J'ai l'impression que tous les services concernés se renvoient la patate chaude », a plusieurs fois fait remarquer le président à l'audience.

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Côté ministère de la Défense, l’ancien attaché à Lomé dit n’avoir reçu « aucune directive » de sa hiérarchie : « On n’avait pas les instructions pour se faire remettre ces hommes » a-t-il témoigné à la barre. Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, a expliqué qu’« il n’y avait pas de base légale pour arrêter les pilotes ». Une version que réfute son ancien conseiller juridique, David Sénat, qui sera également entendu cette semaine. En 2015, Il déclarait à RFI ne « jamais avoir été consulté sur l’existence ou non d’une telle base légale », assurait que la flagrance des faits aurait permis une saisie de la justice et un maintien en détention des pilotes. « La question à l’époque était donc d’ordre politique ou militaire, mais en aucun cas procédural », concluait-il.

Ce silence politique agace jusqu'aux anciens dirigeants militaires. Le général Henri Poncet, chef de la force Licorne, l'a dit à sa sortie du tribunal vendredi : « J'en veux un peu à ceux qui n'ont rien vu, ne se souviennent de rien, ne parlent pas. Les trois singes de la sagesse bouddhiste, mal interprétée d'ailleurs... Ce que je veux dire c'est qu'on a arrêté les mercenaires et que si on avait voulu tirer le fil de la pelote de laine... pour des raisons que je ne peux expliquer, ça n'a pas été fait. »

Les familles de victimes attendent les explications des politiques

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Ces anciens ministres, néanmoins, ne risquent rien. Ils sont de simples témoins. Leurs cas ont déjà été étudiés par la chambre des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR), cette institution d’exception issue du Parlement et seule habilitée à juger de possibles crimes et délits commis par des membres du gouvernement dans le cadre de leur fonction. Cette chambre a estimé en 2019 que l'« inaction » ne suffisait pas à justifier des poursuites et que les soupçons d'entrave aux investigations n'étaient pas étayés. Une décision qui avait provoqué la colère des parties civiles, dont maître Jean Balan, qui l’a jugée « absolument grotesque. Dire qu'il n'y a pas une action alors que tous les trois ont pris de manière concertée exactement la même décision et ont ordonné clairement aux services secrets et à tout le monde de ne pas s'occuper de l'affaire, de ne rien faire, vous appelez ça une inaction ? »

Les familles de victimes ont pu voir les responsables politiques se réfugier derrière cette procédure les dédouanant. L'hypocrisie ministérielle  a une fois de plus triomphé. (selon RFI)

* Dernière minute : Finalement, trois pilotes ont été condamnés à perpétuité par contumace (deux ivoiriens, un biélorusse). Un coup pour rien : l'un des ivoiriens est mort, les deux autres ne risquent pas l'extradition. C'était prévisible.

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jeudi 11 février 2021

La première guerre mondiale dans l'Outremer

22 septembre 1914 : le bombardement de Papeete

PapeeteDifficile d’imaginer que c’est à Papeete, bien loin du front européen de la Grande Guerre, qu’une des premières escarmouches navales s’est produite. Pour éviter un ravitaillement aux ennemis et protéger les Etablissements français d’Océanie, Papeete a subi le feu ennemi durant près de deux heures.

Quand on pense à la guerre de 14-18, on pense aux Poilus, aux tranchées. Aux grandes batailles en Europe. Mais la guerre a été mondiale et a même eu brièvement un écho ravageur jusqu’à Tahiti. La Polynésie française n’existait même pas alors, administrativement le territoire se dénommait alors les Etablissements Français d’Océanie (EFO). La Grande Guerre aurait pu épargner complètement ce coin de paradis, mais ce ne fut pas le cas. Dès août 1914, lorsque la guerre entre l’Allemagne et la France était déclarée, le commandant Maxime Destremau qui commandait les troupes locales à la tête de la canonnière La Zélée, basée à Papeete, entame des préparatifs pour défendre Tahiti. Il sait lui qu’une partie de la puissante flotte allemande est basée en Asie et que ces navires de guerre peuvent à tout moment passer dans les eaux françaises voire même menacer les EFO.

destremeauEn quelques semaines seulement, le commandant Destremau et ses hommes de La Zélée vont organiser avec le soutien de civils, la défense de Papeete contre une éventuelle attaque de la marine allemande basée dans le Pacifique. En stratège averti, il pense immédiatement que les navires allemands vont être tentés par une escale technique par besoin de ravitaillement en charbon à Papeete. Il faut à tout prix empêcher cela.

La suite de l’histoire lui donne raison. Le 22 septembre 1914, au petit matin, deux navires de guerre allemands se présentent à l’entrée du port : tout est prêt sur place pour saborder La Zélée de manière à bloquer la passe. Le scénario de défense mis au point par le commandant Maxime Destremau, incluant la mise à feu du stock de charbon, sur les quais fonctionne. Les navires allemands finissent par s’éloigner de l’île mais ouvrent le feu sur la ville. Les obus de canon pleuvent sur le centre ville. Le quartier du marché et les alentours de la cathédrale sont dévastés par les obus et les incendies qu’ils provoquent. On dénombre deux morts et plusieurs blessés. Ce bombardement presque inédit pour les habitants de Papeete sert de révélateur : de nombreux habitants vont ensuite s’engager dans cette guerre mondiale qui aurait pu leur rester étrangère.

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lundi 8 février 2021

Après la Grande Guerre ...

Martinique et Guadeloupe ont failli être cédées aux Etats-Unis

guadeloupeA la fin de la Grande Guerre, la France a envisagé de céder les Antilles aux Etats-Unis contre l’effacement partiel de ses dettes contractées durant le conflit. Un épisode resté tabou.

Ce dimanche 9 février 1919, le théâtre municipal de Fort-de-France est bondé. Ils sont plusieurs centaines à assister à la réunion publique organisée par le Comité de défense de la population française de la Martinique. L’heure est grave. Depuis l’ouverture, le 18 janvier à Paris, de la conférence de la Paix au Quai d’Orsay, la plus ancienne des colonies françaises vit au rythme de l’arrivée de rumeurs insistantes selon lesquelles la France serait prête à vendre les Antilles aux Etats-Unis. Une transaction qui permettrait d’éponger une partie des énormes dettes contractées durant le conflit mondial et de venir en aide aux régions dévastées du nord et de l’est de la métropole.

Rumeur ou simple hypothèse ?

Le scénario d’une vente a bel et bien été étudié au plus haut niveau même si très peu de documents en font état. Seule, ou presque, la presse de l’époque a conservé la trace de ce qui fait figure de tabou de l’Histoire. Le secret est de mise car la question est extrêmement sensible : l’impôt du sang versé par les Antillais durant la Grande Guerre a considérablement renforcé l’attachement à la «mère patrie». Abandonner des anciens combattants serait aussi très mal vu en France…

En 1919, sur l’estrade du théâtre de Fort-de-France, les propos que tient Victor Sévère à la foule ulcérée ne sont guère rassurants. Le maire radical-socialiste de Fort-de-France énumère «les justes raisons que les Martiniquais peuvent avoir de craindre la cession aux Etats-Unis de leur île de cœur, de langue et de mœurs» (cité par Jacques Adélaïde-Merlande, Bulletin de la société d’histoire de la Guadeloupe, mai 2014).

A la tribune, un ancien combattant bardé de décorations rapportées des champs de bataille promet de renvoyer toutes ses médailles à Paris si le projet devenait un jour réalité. Très vite, le meeting tourne à la manifestation anti-américaine. Dans la salle, certains se souviennent qu’en mars 1916, les Etats-Unis n’avaient pas caché leur désir de profiter du contexte pour rafler leurs îles aux Français et aux Anglais. «A bas les Etats-Unis !» hurlent des participants, indignés par la perspective d’être un jour vendus comme du bétail.

Les protestations et les défilés de rues se multiplient

Le gouverneur de la Martinique, Camille Guy, tout comme le président du Conseil général, Gabriel Hayot, ont bien senti la panique s’emparer de la population et monter au fur et à mesure de la multiplication des articles de presse faisant état du possible abandon de l’île. Le 20 janvier 1919, le gouverneur a même alerté Paris, réclamant une déclaration officielle propre à calmer les esprits. En vain. Cette absence de réponse n’a fait que renforcer l’inquiétude… Des semaines durant – malgré le démenti gouvernemental qui finit par tomber sur le bureau de Camille Guy –, les protestations et les défilés de rues se multiplient. Une Ligue de défense de la nationalité française de la Martinique est constituée à la hâte. Elle adresse une lettre au président des Etats-Unis. La Ligue réclame que Woodrow Wilson, qui porte si haut le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, repousse «tout débat tendant à modifier l’état national de la Martinique en vertu du nouveau droit international» (cité par Léo Elisabeth, dans La Caraïbe et son histoire, éd. Ibis rouge, 2001).

Dans la foulée, une association patriotique voit le jour et se fixe pour mission de «montrer à la métropole notre degré de civilisation et d’assimilation avec la mère patrie». En coulisse, les francs-maçons, si puissants en Martinique, s’activent aussi. La loge Droit et Justice, qui milite pour l’assimilation (c’est-à-dire l’égalité totale entre colonisés et colonisateurs), alerte le très influent Grand Orient de France, dont les frères peuplent à Paris les allées du pouvoir tout autant que le gouvernement.

Une excellente affaire commerciale

 Aux Etats-Unis, la presse soutient bec et ongles l’idée d’un achat. Elle s’inscrit parfaitement dans la fameuse doctrine Monroe qui, depuis 1823, entend assurer la sécurité militaire tout autant que commerciale du pays. Washington, qui a déjà fait main basse sur Porto Rico et occupe Haïti, lorgne sur Fort-de-France, la ville portuaire la mieux équipée des Caraïbes. Les Américains savent aussi que l’acquisition des Antilles serait une excellente affaire. Grâce aux exportations exponentielles de sucre et de rhum durant toute la guerre, les îles connaissent en 1919 une santé économique florissante. En février 1920, un article du Chicago Tribune avance un nouvel argument : la vente des Antilles permettrait à la France, en pleine crise financière, de redresser la situation du franc face au dollar.

Dans les îles, l’émotion reprend de plus belle. Henry Bérenger, sénateur radical-socialiste de la Guadeloupe et président du Comité de défense des anciennes colonies, adresse une protestation au président du Conseil Alexandre Millerand. Alcide Delmont, le secrétaire général du Comité de défense des intérêts généraux de la Martinique, et Henry Lémery, un sénateur radical, ne sont pas en reste. Le 29 février, Millerand sort enfin de son silence et jure que «le gouvernement de la République n’a jamais envisagé pareille cession».

Face à la colère des Antillais, Poincaré doit démentir tout projet de cession

Pendant des mois, l’affaire connaît son lot de développements dans la presse américaine. Immanquablement, ils déclenchent des vagues d’indignation aux Antilles. En juin 1922, le gouvernement de Raymond Poincaré doit démentir avec vigueur tout projet de cession. Rien n’y fait. En janvier 1923, le Chicago Tribune – encore lui – révèle que le sénateur démocrate du Missouri James Reed travaille sur une proposition de rachat.

Le ministre des Colonies, le radical-socialiste Albert Sarraut, proteste officiellement. Le New York American réplique avec une arrogance inouïe : «Nous ne réclamons pas les vieux bouts de territoire de la France, mais nous voulons qu’elle cesse de dépenser notre argent pour se livrer à des diversions impérialistes.» La crise se prolonge jusqu’à fin août 1923.

Entre-temps, le sénateur Lémery tente le tout pour le tout. Il dépose une proposition de loi «tendant à transformer en départements français les colonies de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion». Une façon de sanctuariser les Antilles en les rendant inaliénables. Son initiative est un échec mais elle inspirera la loi de départementalisation qui sera finalement votée en 1946.

Aux Etats-Unis, l’achat des Antilles ne fait toutefois pas l’unanimité

Chez les républicains comme chez les démocrates, les élus sont divisés. Ceux qui sont favorables à l’opération ont néanmoins un soutien de poids, les prohibitionnistes, qui y voient surtout le moyen de mettre un terme à la contrebande d’alcool alimentée par les îles françaises ! En France, si les milieux d’affaires, la droite conservatrice ou encore l’écrivain Claude Farrère soutiennent la vente, le Cartel des gauches, au pouvoir à partir de 1924, s’y oppose. Le ministre Albert Sarraut multiplie les mesures de rétorsion symboliques : ainsi, en 1925, il interdit aux bâtiments de la marine américaine de mouiller aux Antilles. De même, une croisière aérienne organisée par le Chicago Tribune se voit notifier un refus de survol.

L’intérêt américain pour les Antilles s’atténue à partir de 1926. A cette date, les Etats-Unis reçoivent, en effet, l’assurance formelle du négociateur français sur les dettes de guerre – celui-ci n’est autre que le sénateur de la Guadeloupe Henry Bérenger – que la France honorera les 6,8 milliards de dollars de créances, étalées sur soixante-deux ans, prévues par le plan Dawes. Avec le krach boursier de 1929, l’achat des îles ne préoccupe plus l’Amérique. La République peut dès lors se préparer à célébrer, en 1935, le tricentenaire du rattachement des Antilles à la France. (selon "GEO")

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lundi 23 novembre 2020

Réfugiés au Soudan, des rescapés du massacre de Mai-Kadra témoignent

En Éthiopie, le conflit entre le régime d'Addis-Abeba et les dissidents du Tigré a peut-être déjà été le théâtre de crimes de guerre. La communauté internationale s'alarme de l’opacité de la situation, onze jours après le début des combats. Samedi, L'ONU a réclamé vendredi une enquête tandis qu'Amnesty international dénonçait un « massacre » ayant « probablement » fait des centaines de victimes civiles à Mai-Kadra, dans le sud-ouest du Tigré.

_thiopie1Pour échapper aux combats, une seule échappatoire pour de nombreux civils : se réfugier dans le pays voisin, le Soudan. Au moins 18 000 Éthiopiens ont déjà franchi la frontière. Au poste-frontière de Lukdy, les réfugiés continuent d’affluer. Un camion vient de franchir la frontière soudanaise. À son bord, une dizaine d’hommes, assis sur un tas de jerricans. Ils sont exténués après des heures de route. Kifley Geberi en a les larmes aux yeux.

« Il y a deux jours, raconte-t-il, on était en train de travailler dans les champs à Mai-Kadra. Il y a eu une attaque soudaine, brutale. J’ai vu des collègues se faire massacrer donc j’ai couru dans la nature. Je n’ai rien emporté avec moi. La seule chose qu’on a pu faire c’est courir, on a eu tellement peur. »

Le camion repart et parcourt quelques kilomètres vers le village de Hashaba où s’entassent déjà 11 000 réfugiés. Samhara Hailé, 16 ans, a fui dans la voiture de ses voisins. Elle est sans nouvelles de ses parents car le réseau a été totalement coupé dans le Tigré.

« À Mai-Kadra, les maisons brûlaient, tout brûlait. J’ai vu des gens s’entretuer. Il y avait du sang par terre. Et des cadavres sur la route, tués au couteau ou par balles. »

Abiy Ahmed avait annoncé que la guerre serait brève mais les combats semblent ne pas avoir cessé en Éthiopie. Poussant chaque jour un peu plus de réfugiés sur les routes du Soudan. Pour le moment, ils s’entassent pour la plupart à quelques kilomètres de la frontière, dans le village d’El Hashaba dans des conditions très précaires. (selon RFI)

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vendredi 13 novembre 2020

La guerre-éclair des Malouines

Totalement déminées près de 40 ans plus tard

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Les îles Malouines, territoire britannique de l'Atlantique Sud, sont totalement débarrassées des mines antipersonnel, près de 40 ans après la fin de la guerre éclair entre le Royaume-Uni et l'Argentine, a annoncé mardi le ministère britannique des Affaires étrangères.

Des milliers de mines avaient été placées durant la guerre des Malouines, quand l'Argentine avait envahi en 1982 cet archipel situé à 400 kilomètres de ses côtes et à 12.700 km de Londres, avant qu'il ne soit repris 74 jours plus tard par le Royaume-Uni.

"Un programme financé par le Royaume-Uni, lancé en 2009, a terminé sa mission dangereuse consistant à déminer les îles dans l'Atlantique Sud, avec trois ans d'avance sur le calendrier", a souligné le ministère dans un communiqué. 

"En conséquence, les signaux d'avertissement et les barrières visibles sur les îles depuis la fin du conflit seront retirées durant une célébration locale", prévue le 14 novembre, a-t-il ajouté. Pour l'occasion, la toute dernière mine sera déclenchée. 

Des matchs de cricket et de football seront aussi organisés sur les plages désormais totalement libres d'accès. 

Le déminage a été opéré par une équipe provenant du Zimbabwe, sous supervision britannique, permettant au Royaume-Uni de remplir ses obligations en vertu de la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel. 

"Le retrait des dernières mines signifie qu'il n'y a plus de mines antipersonnel sur les territoires britanniques à travers le monde", s'est félicité le ministère. 

Il a également annoncé débloquer 36 millions de livres sterling supplémentaires (environ 40 millions d'euros), portant le total à 124 millions, pour financer des projets de déminage en Afrique, au Proche-Orient et en Asie. (Selon "Tahiti.infos")

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jeudi 16 juillet 2020

Sahel: le chef de Barkhane alerte sur le recrutement d'enfants soldats par les jihadistes

Le général Pascal Facon, chef de la force Barkhane, va d'ici la fin du mois de juillet rendre son mandat. Avant son prochain départ, le général Facon, ce jeudi lors d'une visioconférence, a souhaité faire le bilan des activités militaires au Sahel. Si la multiplication des offensives de Barkhane et de ses partenaires du G5 a permis ces derniers mois d'affaiblir les groupes armés terroristes, ces derniers ont désormais recours aux enfants soldats pour compenser les pertes, s'inquiète le général Facon.

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Une meilleure synchronisation sur le terrain de tous les acteurs et une lutte efficace contre l'influence terroriste auprès des populations ont permis de saper les capacités matérielles et humaines des terroristes.

Ces derniers mois, la France a augmenté les effectifs de Barkhane de 500 militaires pour les porter à 5 100. Elle et ses partenaires du G5 ont multiplié les offensives dans la zone des trois frontières, revendiquant la « neutralisation » de centaines de jihadistes.

Le récent sommet de Nouakchott a ainsi permis d'acter les progrès réalisés dans le combat mené notamment contre l'Etat islamique au grand Sahara. Il y a pourtant une ombre au tableau, l'attrition des groupes terroristes a aussi pour effet de favoriser le recrutement d'enfants soldats, dénonce le général Facon.

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« Ce que j’ai pu observer au cours de ce mandat, c’est que l’ennemi s’est durci. Il n’hésite plus à recourir à des enfants soldats. Ces derniers sont endoctrinés et entraînés au maniement des armes. Il s’agit d’une préoccupation très important pour la France et cette exploitation abjecte nous met en difficulté dans le cadre de nos opérations. Bien évidemment, la robustesse de nos procédures d’engagement nous permet de nous prémunir quasi-systématiquement de dommages collatéraux. Pour autant, il arrive que l’on constate lors des opérations de neutralisation la présence de mineurs. »

Pour la plupart ce sont des adolescents peuls, et même si ces situations demeurent extrêmement rares, « il faut en avoir conscience », martèle le général Facon, assurant qu’il a toujours fait du respect du droit international sa ligne directrice. (selon RFI)

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vendredi 10 juillet 2020

Retour sur le massacre de Thiaroye (Sénégal) en 1944

Le 1er décembre 1944, les tirailleurs sénégalais rassemblés dans le camps de Thiaroye, réclamaient le paiement de leur paies. Comme solde de tout compte, ils avaient alors été massacrés par l’armée française. Retour sur une page sombre de l’histoire de la seconde guerre mondiale.

Le massacre

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Ce jour-là, le 1er décembre 1944, 1 600 tirailleurs sénégalais sont rassemblés au camp de Thiaroye. De retour d’Europe, ils avaient participé, en première ligne, à la guerre avant d’être fait prisonniers par les nazis, ils réclamaient naturellement le paiement de leur solde de captivité. Mais la revendication tourne vite au drame. Ils sont massacrés à coup de mitraillettes par les forces coloniales, qui choisissent de résoudre la question en ouvrant le feu sur les 1 600 soldats rassemblés dans le camp de Thiaroye. Selon la version officielle, il s’agit d’une mutinerie, qui a poussé l’armée française à se défendre. Bilan officiel : 35 morts. Et 35 rescapés, désignés arbitrairement comme meneurs du mouvement, sont condamnés à plusieurs années de prison, privés de solde, ou dégradés.

Le long travail de l’historienne Armelle Mabon pour la vérité

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Seulement, cette version des faits est contestée depuis de nombreuses années par des historiens. L’historienne française Armelle Mabon, de l’université de Bretagne Sud, fait partie de ceux qui tenté de rechercher la vérité sur cette histoire, entourée encore de zones d’ombres. Considérée comme l’un des plus grands spécialistes sur la question, elle mène durant 15 ans sa propre enquête sur le massacre de Thiaroye, fouillant au fin fond des archives militaires, confrontant les différents documents. Son travail besogneux porte finalement ses fruits. Elle démontre qu’au-delà du bilan officiel des 35 morts, au moins 335 militaires ont disparus. Selon elle, la mutinerie est une invention de toute pièce pour montrer l’exemple et résoudre définitivement le problème. La tâche de l’historienne était loin d’être aisée. « La compréhension de cet événement s’est accélérée avec l’intervention du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui m’a permis d’accéder aux dossiers de cinq victimes au sein des archives militaires », affirme-t-elle.

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Des œuvres culturelles pour dénoncer l’injustice

Pour que les victimes de Thiaroye ne tombent pas dans l’oubli, plusieurs manifestations ont été organisées en 2014, à l’occasion du 70ème anniversaire de leur massacre, en France comme au Sénégal.

Sur le plan culturel, de nombreuses œuvres ont été réalisées sur le massacre de Thiaroye. L’artiste sénégalais Ouza, qui a notamment écrit une chanson sur Thiaroye, a même été emprisonné à l’époque, pour avoir dénoncé le massacre. Le cinéaste sénégalais Ousmane Sembène a aussi évoqué cette sanglante histoire dans son long métrage, Camp de Thiaroye, qui a aussi eu un écho à l’international.

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jeudi 23 avril 2020

Tchad : 44 membres de Boko Haram mystérieusement morts en prison

Selon une autopsie, ces djihadistes seraient morts après avoir consommé « une substance létale et iatrogène ».

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Faits prisonniers pendant la récente opération lancée par le Tchad contre Boko Haram, 44 membres du groupe djihadiste ont été retrouvés morts dans leur cellule jeudi matin à N'Djamena, a annoncé le procureur de la République.

« A la suite des combats dans le lac Tchad, 58 éléments de Boko Haram avaient été faits prisonniers et déférés à N'Djamena pour les besoins de l'enquête. Jeudi matin, leurs geôliers nous ont annoncé que 44 prisonniers avaient été retrouvés morts dans leur cellule », a déclaré à la télévision nationale Youssouf Tom, qui s'est rendu sur place.

« Nous avons enterré 40 corps et remis 4 corps au médecin légiste pour une autopsie », a-t-il précisé. « La conclusion de cette autopsie indique qu'il y a eu consommation d'une substance létale et iatrogène, ayant produit un trouble cardiaque chez les uns et une asphyxie sévère chez les autres », a ajouté le procureur. L'enquête va se poursuivre « pour déterminer la cause exacte de ce drame ».

Des prisonniers volontairement privés d'eau ?

« Les 58 prisonniers avaient été placés dans une unique cellule et n'ont pas reçu à manger ni à boire pendant deux jours », a affirmé une source sécuritaire sous le couvert de l'anonymat. « C'est horrible ce qu'il s'est passé ! », s'est exclamé Mahamat Nour Ahmed Ibedou, le secrétaire général de la convention tchadienne de défense des droits de l'homme (CTDDH).

Ce dernier accuse les responsables de la prison « d'avoir enfermé les prisonniers dans une petite cellule et de les avoir affamés puis privés d'eau pendant trois jours parce qu'ils sont accusés d'appartenir à Boko Haram ». Des accusations démenties formellement par le gouvernement : « Il n'y a pas eu de mauvais traitements », assure le ministre de la Justice du Tchad, Djimet Arabi, joint au téléphone depuis Libreville.

« On a retrouvé des substances toxiques dans leur estomac, est-ce un suicide collectif ou autre chose ? Nous cherchons encore les réponses », a-t-il ajouté, précisant que l'enquête allait se poursuivre. Un des prisonniers a été transféré jeudi matin à l'hôpital, mais il « va beaucoup mieux » et a finalement rejoint « les treize autres prisonniers encore en vie qui vont très bien », a assuré le ministre.

Un millier de djihadistes tués en une semaine

Ces prisonniers avaient été arrêtés lors de la vaste opération lancée par le président tchadien Idriss Déby Itno fin mars contre les groupes djihadistes qui multiplient les attaques sur le lac Tchad. Ils avaient été remis à la justice mercredi, avait annoncé le ministre tchadien de la justice Djimet Arabi. Ils devaient ensuite être auditionnés jeudi puis être jugés par une cour criminelle.

Baptisée Colère de Bohoma, l'opération militaire tchadienne, s'est déroulée du 31 mars au 8 avril. Selon l'armée, au moins 52 soldats tchadiens et 1 000 djihadistes ont trouvé la mort au cours de cette opération déclenchée pour venger l'armée tchadienne. Celle-ci avait été la cible d'une sanglante attaque le 23 mars d'éléments de Boko Haram contre l'une de ses bases, tuant une centaine de ses soldats. La pire défaite jamais enregistrée en moins de 24 heures par cette armée réputée comme la plus efficace de la région. (selon AFP N'Djaména)

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vendredi 13 mars 2020

Lutte anti-terroriste au Sahel

Les Européens « mal coordonnés », selon un général américain 

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D’après le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général Stephen Townsend, non seulement les opérations antijihadistes des Européens au Sahel ne sont ni suffisantes, mais ni assez coordonnées aussi, a-t-il souligné mardi, notant que les groupes jihadistes qui opèrent dans cette région visent davantage l’Europe que les Etats-Unis.

« Beaucoup d’aide (militaire) occidentale arrive dans cette région, de la part des Européens, des Français et des Européens avec le soutien des Etats-Unis. Je pense qu’elle est insuffisante et mal coordonnée », a déclaré le haut responsable militaire américain alors qu’il était questionné par les élus de la Chambre des représentants sur la revue de la posture américaine en Afrique actuellement menée au Pentagone.

Cette affirmation du général Townsend selon laquelle les jihadistes opérant dans cette zone étaient plus dangereux pour l’Europe que pour les Etats-Unis  intervient alors que les élus s’inquiétaient du risque pour les Etats-Unis d’un retrait militaire américain du Sahel. « Les problèmes issus de l’Afrique de l’Ouest se manifesteront en Europe avant de se manifester en Amérique », a-t-il affirmé.

Théâtre depuis 2012 d’une crise multiforme qui a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, le Mali reste en proie aux agissements des groupes jihadistes, aux tensions intercommunautaires, fomentées ou attisées par ces mêmes jihadistes, et aux trafics de toutes sortes ébranlant l’autorité de l’Etat, qui ne s’exerce que sur des parties du territoire. Les violences se sont propagées du nord au centre du pays et aux voisins du Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Selon l’ONU, Depuis 2016, le nombre de victimes des violences a été multiplié par cinq au Mali, Burkina et Niger pour atteindre environ 4.000 morts en 2019.

La France, mène une opération antijihadiste forte de 4.500 hommes au Sahel.  Elle s’est montrée particulièrement inquiète du réajustement annoncé des forces militaires américaines en Afrique bénéficie d’une aide logistique de Washington. (selon AFP Sahel)

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