vendredi 13 avril 2018

Les zoos humains

Une histoire stupéfiante et peu connue

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L'histoire stupéfiante et peu connue d'hommes, de femmes et d'enfants qui furent exposés, exhibés, au même titre que des animaux exotiques en Europe, en Amérique et au Japon. Depuis la seconde moitié du XIXème siècle jusqu'au début de la première guerre mondiale, cette pratique s'était développée. Elle concerne les populations les plus diverses de chaque continent.

Pendant plus d’un siècle, aussi bien en Europe, qu’aux Etats-Unis et au Japon, des êtres humains à part entière ont été considérés comme des attractions. L’Homme est alors exhibé à l’Homme dans le cadre d’expositions universelles ou coloniales, dans des zoos, des cirques ou des villages indigènes reconstitués. On compte entre trente et trente-cinq mille figurants, exhibés devant plus d’un milliard deux cent millions de visiteurs.

Pour la première fois, un documentaire fait ressurgir ce pan oublié de l’histoire de l’humanité en s’appuyant sur les témoignages de six parcours singuliers à découvrir, six histoires emblématiques, six destins incroyables ! Ce film est une occasion unique pour comprendre, grâce à des récits personnels et des images inédites, ce pan de notre Histoire.

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lundi 5 mars 2018

Les homards remercient les électeurs suisses

La Suisse vient de voter une loi qui est censée adoucir la mort des homards. Mais est-ce que ces animaux seront au moins reconnaissants ?

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La vie d’un homard se partage en deux phases. Dans un premier temps, le crustacé grandit en mer, se balade dans son territoire et cherche à se reproduire. Les journées se passent agréablement jusqu’au début de la deuxième phase qui aboutit dans nos assiettes. L’étape la moins cool est la mise à mort dans l’eau bouillante, considérée désormais en Suisse comme un crime. Par conséquent, les restaurateurs suisses sont soumis à l’obligation d’endormir le homard avant de le glisser (délicatement !) dans l’eau bouillante. On espère que le homard appréciera, mais en tout cas, les gastronomes suisses auront une meilleure conscience.

Selon les scientifiques, les crustacés disposent d’un système nerveux sophistiqué qui leur permet de ressentir la douleur. Pour endormir le homard avant de le bouillir, la méthode préconisée est l’électrochoc. C’est un peu la chaise électrique avant l’ébouillantage. Chatouiller à mort ou ennuyer à mort représentaient sans doute des méthodes trop onéreuses ; la fin d’un homard ayant eu la chance d’atterrir dans un restaurant suisse ressemblera à une exécution à l’américaine.

Les homards peuvent applaudir des deux pinces, car non seulement, ils seront protégés du chaud, mais aussi du froid : dès le 1er mars entre en vigueur la nouvelle loi qui interdit aussi de les transporter sur de la glace ou dans l’eau glacée.

 En tout cas, il est rassurant de voir que, pendant que d’autres gouvernements se limitent à briller dans la communication politique, la Suisse se penche sur les questions vraiment importantes. Les homards finiront mangés, comme auparavant, mais les Helvètes les dégusteront avec la bonne conscience qu’autorise une mise à mort pleine d’humanité. Heureusement que le ridicule ne tue pas… (selon "Eurojournalist.com")

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dimanche 4 février 2018

Soixante-huitards !

Il y a cinquante ans, la jeunesse du monde se révoltait contre la génération de ses parents qui avaient créé un monde de guerre, de misère et d’austérité.

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Il fut un temps, chers enfants, où le terme « soixante-huitard » ne désignait pas un retraité en jeans qui marmonne des slogans qui datent littéralement d’un autre siècle, mais où le mot désignait un révolutionnaire, un combattant contre la génération de la guerre, contre cette génération de parents traumatisée par l’horreur suprême que l’humanité avait connue. La signification de « soixante-huitard » est paradoxalement passée de « moderne et radicalement progressiste » à « arriéré ». Elle rappelle une époque où la jeunesse du monde aspirait à une entente universelle, au « love and peace », à un monde sans guerre et franchement, ils étaient sympas, les « soixante-huitards ».

En 1968, la jeunesse protestait contre tout ce qu’il n’allait plus. Aux États-Unis, le mouvement pour les droits civiques s’organisait avec les Black Panthers ; le monde entier manifestait contre la guerre que les Américains menaient au Vietnam ; en France, intellectuels et ouvriers sonnaient le glas de l’ère du Général de Gaulle ; en Allemagne, les étudiants se révoltaient contre la génération de ceux qui avaient survécu au nazisme et souvent porté ce régime ; à Prague, les Tchécoslovaques vivaient un court instant de liberté avant que les tanks russes écrasent, dans tous les sens du terme, les manifestants ; en Irlande, le conflit autour de la séparation entre l’Eire et l’Irlande du Nord entrait dans sa phase violente, une véritable guerre civile ; et partout dans le monde, la jeunesse était dans la rue pour que cessent injustice, guerre, corruption et violence.

Les protagonistes « soixante-huitards », c’étaient les cheveux longs, les nuits de discussions et les jam sessions dans les bars enfumés de Saint-Germain, Berlin-Kreuzberg ou Prague, c’était le jazz de Miles Davis, la créativité débordante de la « beat generation » avec ses auteurs et poètes comme Jack Kerouac ou Alan Ginsberg, c’était les voyages à Katmandou, Matala ou Ibiza. Les « soixante-huitards » étaient les premiers à vivre « en tribu » dans la société d’après-guerre, un peu marginaux, mais en même temps, trop nombreux pour vraiment l’être.

Oui, oui, chers enfants, je sais, tout cela sort des livres d’histoire… et pourtant, rendons aux « soixante-huitards » ce qui leur revient. La société d’aujourd’hui leur doit beaucoup : du droit à l’avortement (qui, incroyable, n’existe toujours pas dans tous les pays européens…) à l’humanisation des conditions de travail en passant par l’abolition de la peine de mort. Les « soixante-huitards » étaient les déclencheurs d’une autre façon de penser et ce n’est pas par hasard que la plupart de ces mouvements prenaient leurs origines dans les universités et parmi les intellectuels.

Ils étaient courageux, les « soixante-huitards », car on se moquait d’eux, on les arrosait de gaz lacrymogène, on les matraquait, et on les tuait, comme en 1970 à la Kent State University dans l’Ohio, où la Garde Nationale tirait sur des étudiants qui manifestaient paisiblement, tuant 4 jeunes par balles.

Mais que sont-ils devenus, les « soixante-huitards » ? Ils se sont mis, un peu comme aujourd’hui, « en marche ». Mais cette marche-là, c’était la « longue marche à travers les institutions » prônée par la grande figure du mouvement 68 en Allemagne, Rudi Dutschke. La « longue marche à travers les institutions », c’était l’engagement révolutionnaire dans les structures de l’État, dans la fonction publique, dans les organisations politiques. Ainsi le voyait Rudi Dutschke, changer démocratiquement le système depuis l’intérieur. Dutschke décédait en 1979 des suites des blessures d’un attentat commis sur lui, en 1968.

Effectivement, beaucoup de « soixante-huitards » ont fini par se faire couper les cheveux et mettre un costard, pour aller travailler dans une administration, dans les écoles, dans la police et dans l’armée. Peu à peu, le système, la famille et les années les ont engloutis et aujourd’hui, ils sont à la retraite, marmonnent des slogans qui, littéralement, datent d’un autre siècle et le terme « soixante-huitard » est devenu péjoratif. Has-been, quoi. Et ce n’est pas juste.

Il convient de dire un grand merci aux « soixante-huitards ». Sans vous, le monde n’aurait pas connu Woodstock, sans vous la libération sexuelle n’aurait pas eu lieu, sans vous le monde penserait moins librement, sans vous, personne ne se soucierait aujourd’hui du climat et de l’environnement et c’est pour cela et bien plus encore, chers « soixante-huitards », que je vous dis merci. Vous ne méritez pas que « soixante-huitard » soit une insulte. Voilà. (Journal "euro-journaliste")

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dimanche 31 décembre 2017

L'usine à gaz du travail détaché

La colère des entreprises allemandes contre la France

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« Une usine à gaz », une « paperasserie » complexe et chronophage : de nombreuses entreprises allemandes s’agacent des exigences imposées par l’administration française aux employeurs étrangers qui « détachent » leurs salariés en France, au point de crier parfois au « retour des frontières » en Europe.

L’agacement risquait même de se transformer en indignation le 1er janvier 2018, car ces formalités étaient censées devenir payantes, avec l’instauration d’un « droit de timbre » de 40 euros par mission de détachement. La nouvelle taxe n’entrera cependant pas en vigueur : quelques jours avant Noël, le ministère français du Travail a annoncé qu’il y renonçait en raison notamment des doutes émis par la Commission européenne sur la légalité d’une telle mesure.

Reste que certaines des entreprises concernées, notamment celles implantées près de la frontière et qui veulent effectuer une prestation de service à quelques kilomètres, en France, voient une forme de « protectionnisme déguisé » dans ces mesures imposées depuis 2015. Un marchand de meubles veut envoyer un technicien pour installer une cuisine chez un client français ? Une PME veut missionner un de ses représentants dans un salon de recrutement en Alsace ? Sous peine d’amende, les employeurs concernés doivent en faire la déclaration préalable auprès de l’administration française, via un portail internet dédié. Ces règles visent à faciliter le contrôle des travailleurs détachés pour mieux lutter contre le dumping social.

Mais pour de nombreuses entreprises visées, les formalités sont trop complexes et fastidieuses, au point de décourager les employeurs – y compris les entreprises « honnêtes » qui respectent la réglementation sur les salaires et les charges sociales – de venir effectuer des prestations en France. « Tout ça nous prend beaucoup de temps, et ne nous permet pas de réagir rapidement aux demandes de nos clients », explique Maik Förster, patron de la société allemande Stage Concept, qui vend des prestations de sonorisation et d’éclairage. « Si un client nous sollicite deux jours avant un événement, nous n’avons pas le temps de faire les déclarations nécessaires », déplore Maik Förster, qui dit « ne pas comprendre qu’on puisse ainsi reconstruire des frontières en Europe ».

« Les entreprises ont peur »

L’obligation de déclarer au préalable le détachement d’un salarié découle de la directive européenne sur les travailleurs détachés – dans sa version de 1996, toujours en vigueur, même si elle fait actuellement l’objet d’une renégociation – et plus exactement d’une loi de 2015 qui a modifié certains effets de cette directive dans le droit français. Le seul fait d’omettre la déclaration préalable est désormais passible d’une amende administrative de 2 000 euros par mission concernée. « Nous avons eu le cas d’un cuisiniste qui a dû payer 8 000 euros d’amende ! A cause de ces contrôles, les entreprises ont peur », témoigne Pascale Mollet-Piffert, en charge de ces questions à la chambre de commerce et d’industrie (IHK) de Lahr et Fribourg. « Un vendeur d’électroménager ne peut même plus livrer une machine à laver à un client français sans être soumis à cette obligation. Et il faut recommencer la procédure à zéro pour chaque mission », pointe-t-elle.

Selon un sondage en ligne mené l’été dernier par l’IHK de Lahr, 30% des entreprises concernées indiquent avoir réduit leur activité en France du fait de ces procédures. Et quasiment la moitié dénonce « un obstacle bureaucratique ». Parmi les pesanteurs dénoncées, le fait que le portail internet ne soit disponible qu’en français et en anglais, mais aussi l’obligation pour les employeurs de désigner un « correspondant » maîtrisant un minimum le français, chargé de les représenter dans leurs démarches auprès de l’administration. « Nous n’avons pas forcément des agents germanophones », se défend Philippe Sold, de la direction régionale du Travail à Strasbourg. « Nous assumons d’être rigoureux » sur l’obligation de déclarer le détachement au préalable, « car sinon, comment nos agents sauraient-ils où mener des contrôles ? », explique-t-il.

Seule éclaircie en vue pour les entreprises concernées : le ministère français du Travail vient d’indiquer qu’il pourrait simplifier la procédure début 2018, notamment en faisant en sorte que la déclaration préalable soit valable pour une année entière.

 - selon "Le Quotidien luxembourgeois" et AFP

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mardi 28 novembre 2017

La Françafrique en marche

L’immigration et la sécurité au coeur du cinquième sommet

Europe-Afrique

IMMIGREEL’immigration et la sécurité seront au coeur du cinquième sommet Europe-Afrique qui se tient mercredi et jeudi à Abidjan, où sont attendus 83 chefs d’Etat et de gouvernement. Quelque 5.000 participants des 55 pays d’Afrique et de 28 pays d’Europe doivent prendre part à ce cinquième sommet Union européenne (UE) - Union africaine (UA) dans la capitale économique ivoirienne, ainsi que l’ONU et des organisations internationales. Les quatre sommets précédents n'avaient pas été fructueux, alors cette fois, il fallait trouver un sujet choc ! Et l'affaire des migrants-esclaves en Libye tombe à pic ! Un peu trop même, car l'esclavage libyen était connu depuis belle lurette. On se demande même si CNN n'était pas en mission commandée. Et il y aura forcément consensus sur ce sujet de tous les participants, la Libye n'ayant guère voix au chapitre, son gouvernement étant très affaibli. Merci Sarkozy !

Esclavage/immigration
Le scandale international de la vente de migrants africains comme esclaves en Libye a de nouveau mis sur le devant de la scène (ou mis en scène ?), de façon tragique, la question de l’immigration africaine vers l’Europe. Le président du Niger Mahamadou Issoufou a expressément demandé que la question de la vente aux enchères d’esclaves soit mise à l’ordre du jour du sommet. Cette pratique, grâce au reportage de CNN, a provoqué une vague d’indignation mondiale. Mais cette pratique était déja connue depuis des années par les dirigeants occidentaux et africains, alertés par les ONG.
Et le président du Niger, en évoquant cette affaire, évitera donc bien sagement le problème de l'uranium exploité aux dépens du peuple nigérien par AREVA, dont les affinités avec le premier ministre français Edouard Philippe sont connues.
Le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a demandé "des mesures urgentes et coordonnées entre les autorités libyennes, l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations Unies". Voeu pieu qui sera exaucé le temps d'une déclaration commune.  et la reprise des "affaires juteuses".

Sécurité/menace jihadiste

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La question de la sécurité et des menaces terroristes devrait aussi être discutée par les chefs d’Etat et de gouvernement, alors que l’Afrique de l’Ouest notamment connaît depuis quelques années une montée en puissance de groupes jihadistes, d’ailleurs en partie liée à la désespérance de la jeunesse africaine, selon des analystes. L’UE affiche son soutien au G5 Sahel, un groupe de cinq pays (Mali, Niger, Mauritanie, Burkina Faso et Tchad) qui s’efforce de mettre en place une force antijihadiste dans cette région, mais le financement de cette force est encore largement insuffisant. Seule la moitié du budget de cette force a été réuni, bien qu’il ait été divisé par deux, à 240 millions d’euros. L’UE en a promis 50. Les chefs d’Etat devraient appeler à une plus grande coopération militaire et au niveau des renseignements tout en demandant à chacun (le nord comme le sud) de faire plus d’efforts. Et comme l'UE est en pleines restrictions budgétaires macroniennes, on voit bien ce que cet appel signifie : une plus grande participation financière des pays africains.

L'éclaireur marocain

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Le roi du Maroc Mohammed VI est arrivé le premier dimanche après-midi en Côte d’Ivoire en vue du sommet. Sa présence avait un temps fait débat en raison de celle du Front Polisario, qui a proclamé une République arabe sahraouie démocratique au Sahara occidental, un territoire que Rabat considère comme sien. Mais, on veut bien occulter ce problème si la diplomatie marocaine permet de rapprocher quelques points de vue au profit de l'Europe avant le début des entretiens. Macron va faire jouer toutes ses relations maghrébines.
La liste exacte des chefs d’Etat et de gouvernement participants n’était toujours pas connue en ce début de semaine. Mais sa majesté Macron sera là les deux jours, histoire de tout contrôler et de tout imposer. La Françafrique macronienne serait-elle revenue aux temps les plus colonialistes ? En tous cas, la fin de semaine  fera d'Abidjan la capitale du 3ème Empire napoléonien.

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mercredi 18 octobre 2017

Assassinat d'une blogueuse...

... à Malte, membre de l'Union Européenne 

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La blogueuse maltaise Daphne Caruana Galizia a été tuée par une bombe placée sous sa voiture, lundi 16 octobre. Elle était à l'origine d'accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin. Cette lanceuse d'alerte circulait dans près de son domicile à Bidnija, dans le nord de l'île, quand une puissante explosion a détruit sa voiture. La violence de la détonation est telle que la carcasse calcinée du véhicule a même propulsé dans un champ voisin.

"Ce qui s'est passé aujourd'hui est inacceptable à de nombreux niveaux, a déclaré le Premier ministre Joseph Muscat, dont l'entourage proche, par ailleurs, avait été la cible de violentes attaques de la journaliste. Aujourd'hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d'expression".

Agée de 53 ans, Daphne Caruana Galizia a travaillé comme chroniqueuse dans plusieurs médias maltais, mais elle était surtout connue pour le blog dans lequel elle a révélé plusieurs affaires de corruption. Début juin, Joseph Muscat a remporté une large victoire lors des législatives anticipées, convoquées après une série de scandales impliquant plusieurs de ses proches. Le blogueuse avait joué un rôle central dans ces révélations.

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L'épouse du premier ministre directement visée

Michelle Muscat, l'épouse du Premier ministre, est ainsi accusée d'avoir ouvert un compte au Panama pour y abriter, entre autres, des pots-de-vin versés par l'Azerbaïdjan, en échange de l'autorisation donnée à une banque azérie de travailler à Malte. "Le plus gros mensonge de l'histoire politique maltaise", avait alors réagi Joseph Muscat, tout en promettant de démissionner si les faits étaient avérés à la suite d'une enquête qu'il a lui-même réclamée.

Joseph Muscat, toutefois, n'a pas appliqué ce principe à son ministre de l'Energie, Konrad Mizz, et à son chef de cabinet, Keith Schembri, toujours en poste alors qu'ils détenaient des comptes secrets au Panama. Dans son dernier texte, (en anglais), publié une heure avant sa mort, Daphne Caruana Galizia répétait justement ses accusations contre Keith Schembri. "Il y a des escrocs partout où l'on regarde maintenant, la situation est désespéré", écrivait-elle, en l'accusant d'utiliser son influence au gouvernement pour s'enrichir.

Un Wikileaks entier en une seule femme

Au printemps, le magazine Politico avait classé (en anglais) Daphne Caruana Galizia parmi les "28 personnalités qui font bouger l'Europe", la décrivant comme "un WikiLeaks entier en une seule femme, en croisade contre le manque de transparence et la corruption à Malte". A Bruxelles, le groupe PPE (droite, majoritaire), a évoqué "un crime innommable et une attaque contre la liberté d'expression", tandis que le commissaire européen maltais Karmenu Vella (Pêche et Environnement) a dénoncé "une attaque contre notre démocratie".

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mardi 22 août 2017

Quand l'Angleterre faisait le forcing pour intégrer l'Union Européenne

Brexit : De Gaulle "La Grande Bretagne et l'Europe" | Archive INA

1965 : La Grande-Bretagne demande son adhésion à l'Union Européenne. De Gaulle s'y oppose en dénonçant la politique de libéralisme pratiquée par les britanniques. Depuis ce temps, l'Europe est devenue ultra-libérale. Et les anglais veulent partir !

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dimanche 16 juillet 2017

Chine : les investissements portuaires, nouveaux avant-postes en Europe

La puissance commerciale de la Chine est en pleine expansion : elle investira 20 milliards de dollars principalement dans les ports en Asie du Sud et dans le nord de l'Europe dans les ports.

chineL'investissement commercial des entreprises chinoises à l'étranger ne se limite plus aux entreprises à technologie développée. Il s'étend de plus en plus au commerce maritime. De juillet 2016 à juin 2017, les entreprises chinoises ont annoncé des plans pour l'acquisition ou le développement de ports à l'étranger pour un montant de 20,1 milliards de dollards, selon une étude de la banque d'investissement basée à Londres Grisons Park. Le port de Hambourg est l'actuel objectif chinois.

Cela signifierait un doublement par rapport aux douze mois précédents (9,97 milliards de dollars de juillet 2015 à juin 2016). Le rythme de l'expansion de la Chine dans le transport maritime international pourrait être encore plus élevé. Au cours des douze derniers mois, les entreprises chinoises ont demandé des investissements supplémentaires dans d'autres ports étrangers en vue, dont le montant n'est pas encore chiffré.

La majeure partie de l'investissement est réalisé en Asie du Sud. dans les ports en Malaisie, d'autres projets sont en cours en Indonésie et au Sri Lanka.

Apparemment, une route maritime joue un rôle stratégique dans les projets de la Chine, selon les experts et devrait être économiquement compétitive vers 2035.  

Cela signifierait un doublement par rapport aux douze mois auparavant, où ont annoncé des investissements selon ide les estimations du journal se sont élevées à 9,97 milliards de dollars. Le rythme de l'expansion de la Chine dans le transport maritime international pourrait être encore plus élevé. Au cours des douze derniers mois, les entreprises chinoises ont demandé le journal des investissements supplémentaires dans d'autres ports étrangers en vue, dont le montant ont, mais non chiffrée.

La majeure partie de l'investissement est réalisé en Asie du Sud. dans les ports seuls en Malaisie Chine met donc plus de 11,5 milliards de dollars américains: dans la porte d'entrée Melaka 7,2 milliards, dans le Kuala Linggi-Port 2,8 milliards, dans le port de Penang 1,4 milliard et dans le port Kuantan 177 millions de dollars américains. D'autres projets sont en Indonésie et au Sri Lanka.

La route du Grand-Nord

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Apparemment, une route maritime joue un rôle stratégique dans les plans de la Chine (selon les experts, le passage du Nord au large de la côte russe à travers l'océan Arctique) devrait être économiquement compétitif en 2035. Dans ce but, l'opérateur portuaire China Merchants a investi dans le port lituanien de Klaipeda, ce qui est favorable pour les routes de transport à travers l'Arctique, et a un programme. de pourparlers sur l' investissement dans le port norvégien de Kirkenes et deux ports en Islande.

Ainsi, l'opérateur portuaire China Merchants a investi dans le port lituanien de Klaipeda, ce qui est favorable pour les routes de transport à travers l'Arctique. donne également le journal des pourparlers sur l' investissement dans le port norvégien de Kirkenes et deux ports en Islande.

Ailleurs en Europe, la Chine est un investisseur important dans les ports. La compagnie maritime chinoise Cosco a acheté environ les deux tiers du port du Pirée (Athènes) pour environ 370 millions d'euros. Cette acquisition a été réalisée au printemps 2016.

Jeudi, la Chine a présenté des plans pour construire un troisième terminal à conteneurs entièrement automatisé dans le port de Hambourg. Le syndicat Ver.di a annoncé une opposition ferme au projet. De plus, en Allemagne et en Europe, la préoccupation à propos de l'achat des entreprises technologiquement avancées par la Chine se développe. Le gouvernement fédéral a mis cette semaine son veto pour protéger ses infrastructures. Cela devrait permettre d' éviter la migration d'un savoir-faire d'importance. La Commission européenne a annoncé en mars  une session pour examiner les acquisitions par des investisseurs extérieurs à l'Union européenne.

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lundi 22 mai 2017

Réfugiés : Bruxelles menace la Hongrie et la Pologne

Lassée des mises en garde sans effet, la Commission européenne a menacé mardi 16 mai de lancer des procédures d'infraction contre la Hongrie et la Pologne si elles refusaient toujours d'ici juin d'accueillir des demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce."C'est le dernier avertissement", a lancé Dimitris Avramopoulos, le commissaire aux Migrations, en présentant un bilan d'étape sur le plan de "relocalisation" adopté en 2015 pour venir en aide à Rome et Athènes, en première ligne face à la crise migratoire.

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La menace avait déjà été agitée, mais sans calendrier précis. "Si rien n'est fait avant notre prochain rapport en juin, la Commission n'hésitera pas à utiliser ses pouvoirs en vertu des traités et à ouvrir des procédures d'infraction", a cette fois averti M. Avramopoulos lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg.

Ces procédures peuvent aboutir à une saisine de la Cour de justice de l'UE (CJUE) et le cas échéant à de lourdes sanctions financières.

"Je n'ai pas peur de ces annonces tonitruantes de la Commission", a aussitôt répondu Beata Szydlo, la chef du gouvernement conservateur nationaliste polonais, déjà dans le collimateur de Bruxelles pour sa réforme controversée de la justice constitutionnelle.

"Nous ne serons pas d'accord pour qu'on impose à la Pologne ou à tout autre pays de l'UE des quotas obligatoires" de migrants, a-t-elle ajouté.

La Hongrie n'a pas été en reste face à "la menace" du commissaire Avramopoulos : "Bruxelles ferait mieux de se concentrer sur la protection des frontières plutôt que de disséminer les conséquences de ses propres erreurs", a lancé le gouvernement de Budapest dans un communiqué.

Face à l'afflux massif de demandeurs d'asile sur les côtes italiennes et grecques, où sont arrivés plus d'un million de migrants en 2015, les pays de l'UE avaient adopté en septembre 2015 un plan de répartition de 160.000 personnes en deux ans vers le reste de l'Union.

Mais ce plan dit de "relocalisation", censé incarner la solidarité européenne, a surtout illustré les divisions entre États membres, qui ne l'ont appliqué qu'au ralenti, voire pas du tout pour certains.

La Hongrie et la Slovaquie ont même intenté une action en justice pour le contester.

Au 16 mai, seulement 18.418 demandeurs d'asile ont ainsi été répartis (dont 5.711 depuis l'Italie et 12.707 depuis la Grèce), bien loin des objectifs initiaux.

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"Obligation juridique"

"J'appelle la Pologne et la Hongrie, qui n'ont pas encore relocalisé la moindre personne, à commencer à le faire immédiatement", a insisté M. Avramopoulos. Selon la Commission, ils sont avec l'Autriche "les seuls États membres à ne pas avoir encore" accueilli le moindre demandeur d'asile en application du plan de 2015, manquant ainsi "à leur obligation juridique".


L'Autriche, qui avait demandé une exemption temporaire à ce plan, "s'est toutefois formellement engagée à relocaliser 50 personnes depuis l'Italie, une décision saluée par la Commission", qui l'appelle aussi "à commencer à le faire pour la Grèce".

L'exécutif européen a également pointé du doigt mardi 16 mai la République tchèque qui n'a pas contribué depuis "près d'un an".

D'autres pays, comme l'Espagne, la Belgique, la Croatie, l'Allemagne, la Roumanie, la Slovaquie et la France, devraient eux "accroître leurs engagements mensuels" d'accueil selon la Commission.

Outre les réticences des États membres, le plan de répartition de demandeurs d'asile a également souffert de critères d'éligibilité restrictifs en termes de nationalité, les demandeurs concernés devant avoir la quasi-certitude d'obtenir l'asile après leur transfert. C'est le cas des Syriens et des Érythréens, mais les Irakiens ont quant à eux été exclus des "relocalisations".

À l'heure actuelle, selon la Commission, il y a en Grèce 12.400 personnes éligibles parmi les dizaines de milliers de migrants présents dans le pays.

En Italie, "outre les 2.500 candidats à une relocalisation enregistrés jusqu'à présent, 700 personnes devraient être enregistrées prochainement, de même que plus de 1.100 Érythréens arrivés en Italie en 2017".

Quoi qu'il en soit, l'objectif initial de 160.000 relocalisations est donc devenu inatteignable.

Et de fait, 54.000 places (sur le total initial) ont déjà été rendues disponibles pour des "réinstallations" de Syriens directement depuis la Turquie, dans le cadre du pacte migratoire scellé en mars 2016 avec Ankara.

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mercredi 19 avril 2017

L'Europe s'arrête à Visegrad

Une enquête menée dans les 4 états dits de Visegrad (Pologne, Slovaquie, République Tchèque, Hongrie) plus en Autriche montre que les valeurs européennes ne sont pas partagés à l'est de l'Europe.

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Une enquête menée par la Fondation Bertelsmann a montré l’un des grands problèmes de l’Union Européenne – un clivage énorme entre l’Europe de l’Est et l’Europe occidentale. Interrogés sur différentes questions concernant l’Europe, les 15 à 24 ans dans le pays de l’Europe Centrale et l’Europe de l’Est ont fait preuve d’une mentalité peu européenne. Le leitmotiv : « Soyez solidaires avec nous, mais ne nous demandez pas d’être solidaires à notre niveau ». Déplorable.

Si, les jeunes dans les pays de Visegrad (Pologne, Slovaquie, République Tchèque, Hongrie) et en Autriche aiment bien l’Europe. Ainsi, dans ces pays, 78% des 15 à 24 ans estiment que l’Union Européenne joue un rôle important pour maintenir la paix entre les états-membres. 66% apprécient la possibilité de pouvoir s’installer et travailler dans un autre pays européen, et 62% estiment que pouvoir étudier dans un autre état-membre de l’UE constitue une plus-value. Ce qui est juste.

Et l’appréciation positive de l’UE ne s’arrête pas là. Pour 60% des sondés, l’UE et la seule autorité capable d’instaurer des standards environnementaux communs, 53% se réjouissent de la libre circulation dans l’espace Schengen et 45% soulignent l’importance du transfert de fonds européens vers les pays émergeants de l’Union, donc et surtout, vers les états de Visegrad.

Donc, on aime bien l’Europe, dans les états de Visegrad. Mais seulement lorsqu’il s’agit de profiter des bienfaits de cette Union Européenne – dès qu’il s’agit de se montrer soi-même solidaires, les jeunes dans ces 5 pays ne veulent plus entendre parler d’Europe.

Interrogés s’ils estiment que les états-membres de l’UE devraient être solidaires en accueillant des réfugiés de zones de conflits, seules les jeunes Autrichiens sont d’accord (61%) – plus à l’est, c’est le mur de l’égoisme. 73% des jeunes Polonais ne veulent pas accueillir des réfugiés, tout comme 75% des jeunes Slovaques, 70% des jeunes Tchèques et 72% des jeunes Hongrois. Décidemment, la propagande xénophobe des Orban, Zeman, Fico et Szydlo a fait de l’effet – dans les états de Visegrad, on craint rien, sauf les réfugiés, même si le nombre de réfugiés ayant trouvé asile dans ces pays, est ridiculement faible.

Cette enquête montre clairement que l’Union Européenne est considérée comme une sorte de supermarché à l’est de l’Europe. L’oncle bruxellois sert juste à envoyer des chèques, mais pour le reste, on s’en fiche des valeurs européennes. Mais l’Europe n’est pas ça, l’Europe ne peut avoir une pespective commune que si elle s’entend sur certaines valeurs de base.

Les 4 états de Visegrad profitent bien de l’UE et c’est bien ainsi. C’est l’un des objectifs de cette Union Européenne de pouvoir adapter les conditions de vie dans les pays moins fortunés à un niveau européen, de mener des projets d’infrastructure, de développement structurel et économique. Le rejet de ceux qui ont besoin du soutien et de la solidarité de l’Europe, est carrément honteux.

Les jeunes générations dans les états de Visegrad sont intoxiqués par la propagande nationaliste de leurs gouvernements et cette évolution est inquiétante. Comment construire une « Europe des Valeurs » si même des valeurs basiques ne sont pas partagés ?

Tout comme il n’est plus envisageable de continuer à verser des milliards à la Turquie pour financer les projets de promotion de l’état de droit et de la démocratie, il convient de remettre en question les relations avec les états de Visegrad. Il semblerait que seule une Europe Fédérale capable de délibérer à la majorité et non pas à l’unanimité puisse constituer un projet européen viable. Et il faudra aussi songer à attacher certaines subventions versées à ces états au respect des règles de base qui ne sont pas négociables.

Et si les états de Visegrad ne se retrouvent pas dans les valeurs européennes, ils peuvent actuellement suivre en direct leur alternative – s’ils ne sont pas contents, ils peuvent actionner l’article 50 des Traités Européens et quitter l’Union Européenne. Et, pourquoi pas, rallier la Russie qui elle, représente certainement une interprétation des Droits de l’Homme plus proche de ce que souhaitent ces états… (selon "Euro-journalist")

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