mercredi 18 octobre 2017

Assassinat d'une blogueuse...

... à Malte, membre de l'Union Européenne 

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La blogueuse maltaise Daphne Caruana Galizia a été tuée par une bombe placée sous sa voiture, lundi 16 octobre. Elle était à l'origine d'accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin. Cette lanceuse d'alerte circulait dans près de son domicile à Bidnija, dans le nord de l'île, quand une puissante explosion a détruit sa voiture. La violence de la détonation est telle que la carcasse calcinée du véhicule a même propulsé dans un champ voisin.

"Ce qui s'est passé aujourd'hui est inacceptable à de nombreux niveaux, a déclaré le Premier ministre Joseph Muscat, dont l'entourage proche, par ailleurs, avait été la cible de violentes attaques de la journaliste. Aujourd'hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d'expression".

Agée de 53 ans, Daphne Caruana Galizia a travaillé comme chroniqueuse dans plusieurs médias maltais, mais elle était surtout connue pour le blog dans lequel elle a révélé plusieurs affaires de corruption. Début juin, Joseph Muscat a remporté une large victoire lors des législatives anticipées, convoquées après une série de scandales impliquant plusieurs de ses proches. Le blogueuse avait joué un rôle central dans ces révélations.

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L'épouse du premier ministre directement visée

Michelle Muscat, l'épouse du Premier ministre, est ainsi accusée d'avoir ouvert un compte au Panama pour y abriter, entre autres, des pots-de-vin versés par l'Azerbaïdjan, en échange de l'autorisation donnée à une banque azérie de travailler à Malte. "Le plus gros mensonge de l'histoire politique maltaise", avait alors réagi Joseph Muscat, tout en promettant de démissionner si les faits étaient avérés à la suite d'une enquête qu'il a lui-même réclamée.

Joseph Muscat, toutefois, n'a pas appliqué ce principe à son ministre de l'Energie, Konrad Mizz, et à son chef de cabinet, Keith Schembri, toujours en poste alors qu'ils détenaient des comptes secrets au Panama. Dans son dernier texte, (en anglais), publié une heure avant sa mort, Daphne Caruana Galizia répétait justement ses accusations contre Keith Schembri. "Il y a des escrocs partout où l'on regarde maintenant, la situation est désespéré", écrivait-elle, en l'accusant d'utiliser son influence au gouvernement pour s'enrichir.

Un Wikileaks entier en une seule femme

Au printemps, le magazine Politico avait classé (en anglais) Daphne Caruana Galizia parmi les "28 personnalités qui font bouger l'Europe", la décrivant comme "un WikiLeaks entier en une seule femme, en croisade contre le manque de transparence et la corruption à Malte". A Bruxelles, le groupe PPE (droite, majoritaire), a évoqué "un crime innommable et une attaque contre la liberté d'expression", tandis que le commissaire européen maltais Karmenu Vella (Pêche et Environnement) a dénoncé "une attaque contre notre démocratie".

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mardi 22 août 2017

Quand l'Angleterre faisait le forcing pour intégrer l'Union Européenne

Brexit : De Gaulle "La Grande Bretagne et l'Europe" | Archive INA

1965 : La Grande-Bretagne demande son adhésion à l'Union Européenne. De Gaulle s'y oppose en dénonçant la politique de libéralisme pratiquée par les britanniques. Depuis ce temps, l'Europe est devenue ultra-libérale. Et les anglais veulent partir !

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dimanche 16 juillet 2017

Chine : les investissements portuaires, nouveaux avant-postes en Europe

La puissance commerciale de la Chine est en pleine expansion : elle investira 20 milliards de dollars principalement dans les ports en Asie du Sud et dans le nord de l'Europe dans les ports.

chineL'investissement commercial des entreprises chinoises à l'étranger ne se limite plus aux entreprises à technologie développée. Il s'étend de plus en plus au commerce maritime. De juillet 2016 à juin 2017, les entreprises chinoises ont annoncé des plans pour l'acquisition ou le développement de ports à l'étranger pour un montant de 20,1 milliards de dollards, selon une étude de la banque d'investissement basée à Londres Grisons Park. Le port de Hambourg est l'actuel objectif chinois.

Cela signifierait un doublement par rapport aux douze mois précédents (9,97 milliards de dollars de juillet 2015 à juin 2016). Le rythme de l'expansion de la Chine dans le transport maritime international pourrait être encore plus élevé. Au cours des douze derniers mois, les entreprises chinoises ont demandé des investissements supplémentaires dans d'autres ports étrangers en vue, dont le montant n'est pas encore chiffré.

La majeure partie de l'investissement est réalisé en Asie du Sud. dans les ports en Malaisie, d'autres projets sont en cours en Indonésie et au Sri Lanka.

Apparemment, une route maritime joue un rôle stratégique dans les projets de la Chine, selon les experts et devrait être économiquement compétitive vers 2035.  

Cela signifierait un doublement par rapport aux douze mois auparavant, où ont annoncé des investissements selon ide les estimations du journal se sont élevées à 9,97 milliards de dollars. Le rythme de l'expansion de la Chine dans le transport maritime international pourrait être encore plus élevé. Au cours des douze derniers mois, les entreprises chinoises ont demandé le journal des investissements supplémentaires dans d'autres ports étrangers en vue, dont le montant ont, mais non chiffrée.

La majeure partie de l'investissement est réalisé en Asie du Sud. dans les ports seuls en Malaisie Chine met donc plus de 11,5 milliards de dollars américains: dans la porte d'entrée Melaka 7,2 milliards, dans le Kuala Linggi-Port 2,8 milliards, dans le port de Penang 1,4 milliard et dans le port Kuantan 177 millions de dollars américains. D'autres projets sont en Indonésie et au Sri Lanka.

La route du Grand-Nord

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Apparemment, une route maritime joue un rôle stratégique dans les plans de la Chine (selon les experts, le passage du Nord au large de la côte russe à travers l'océan Arctique) devrait être économiquement compétitif en 2035. Dans ce but, l'opérateur portuaire China Merchants a investi dans le port lituanien de Klaipeda, ce qui est favorable pour les routes de transport à travers l'Arctique, et a un programme. de pourparlers sur l' investissement dans le port norvégien de Kirkenes et deux ports en Islande.

Ainsi, l'opérateur portuaire China Merchants a investi dans le port lituanien de Klaipeda, ce qui est favorable pour les routes de transport à travers l'Arctique. donne également le journal des pourparlers sur l' investissement dans le port norvégien de Kirkenes et deux ports en Islande.

Ailleurs en Europe, la Chine est un investisseur important dans les ports. La compagnie maritime chinoise Cosco a acheté environ les deux tiers du port du Pirée (Athènes) pour environ 370 millions d'euros. Cette acquisition a été réalisée au printemps 2016.

Jeudi, la Chine a présenté des plans pour construire un troisième terminal à conteneurs entièrement automatisé dans le port de Hambourg. Le syndicat Ver.di a annoncé une opposition ferme au projet. De plus, en Allemagne et en Europe, la préoccupation à propos de l'achat des entreprises technologiquement avancées par la Chine se développe. Le gouvernement fédéral a mis cette semaine son veto pour protéger ses infrastructures. Cela devrait permettre d' éviter la migration d'un savoir-faire d'importance. La Commission européenne a annoncé en mars  une session pour examiner les acquisitions par des investisseurs extérieurs à l'Union européenne.

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lundi 22 mai 2017

Réfugiés : Bruxelles menace la Hongrie et la Pologne

Lassée des mises en garde sans effet, la Commission européenne a menacé mardi 16 mai de lancer des procédures d'infraction contre la Hongrie et la Pologne si elles refusaient toujours d'ici juin d'accueillir des demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce."C'est le dernier avertissement", a lancé Dimitris Avramopoulos, le commissaire aux Migrations, en présentant un bilan d'étape sur le plan de "relocalisation" adopté en 2015 pour venir en aide à Rome et Athènes, en première ligne face à la crise migratoire.

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La menace avait déjà été agitée, mais sans calendrier précis. "Si rien n'est fait avant notre prochain rapport en juin, la Commission n'hésitera pas à utiliser ses pouvoirs en vertu des traités et à ouvrir des procédures d'infraction", a cette fois averti M. Avramopoulos lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg.

Ces procédures peuvent aboutir à une saisine de la Cour de justice de l'UE (CJUE) et le cas échéant à de lourdes sanctions financières.

"Je n'ai pas peur de ces annonces tonitruantes de la Commission", a aussitôt répondu Beata Szydlo, la chef du gouvernement conservateur nationaliste polonais, déjà dans le collimateur de Bruxelles pour sa réforme controversée de la justice constitutionnelle.

"Nous ne serons pas d'accord pour qu'on impose à la Pologne ou à tout autre pays de l'UE des quotas obligatoires" de migrants, a-t-elle ajouté.

La Hongrie n'a pas été en reste face à "la menace" du commissaire Avramopoulos : "Bruxelles ferait mieux de se concentrer sur la protection des frontières plutôt que de disséminer les conséquences de ses propres erreurs", a lancé le gouvernement de Budapest dans un communiqué.

Face à l'afflux massif de demandeurs d'asile sur les côtes italiennes et grecques, où sont arrivés plus d'un million de migrants en 2015, les pays de l'UE avaient adopté en septembre 2015 un plan de répartition de 160.000 personnes en deux ans vers le reste de l'Union.

Mais ce plan dit de "relocalisation", censé incarner la solidarité européenne, a surtout illustré les divisions entre États membres, qui ne l'ont appliqué qu'au ralenti, voire pas du tout pour certains.

La Hongrie et la Slovaquie ont même intenté une action en justice pour le contester.

Au 16 mai, seulement 18.418 demandeurs d'asile ont ainsi été répartis (dont 5.711 depuis l'Italie et 12.707 depuis la Grèce), bien loin des objectifs initiaux.

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"Obligation juridique"

"J'appelle la Pologne et la Hongrie, qui n'ont pas encore relocalisé la moindre personne, à commencer à le faire immédiatement", a insisté M. Avramopoulos. Selon la Commission, ils sont avec l'Autriche "les seuls États membres à ne pas avoir encore" accueilli le moindre demandeur d'asile en application du plan de 2015, manquant ainsi "à leur obligation juridique".


L'Autriche, qui avait demandé une exemption temporaire à ce plan, "s'est toutefois formellement engagée à relocaliser 50 personnes depuis l'Italie, une décision saluée par la Commission", qui l'appelle aussi "à commencer à le faire pour la Grèce".

L'exécutif européen a également pointé du doigt mardi 16 mai la République tchèque qui n'a pas contribué depuis "près d'un an".

D'autres pays, comme l'Espagne, la Belgique, la Croatie, l'Allemagne, la Roumanie, la Slovaquie et la France, devraient eux "accroître leurs engagements mensuels" d'accueil selon la Commission.

Outre les réticences des États membres, le plan de répartition de demandeurs d'asile a également souffert de critères d'éligibilité restrictifs en termes de nationalité, les demandeurs concernés devant avoir la quasi-certitude d'obtenir l'asile après leur transfert. C'est le cas des Syriens et des Érythréens, mais les Irakiens ont quant à eux été exclus des "relocalisations".

À l'heure actuelle, selon la Commission, il y a en Grèce 12.400 personnes éligibles parmi les dizaines de milliers de migrants présents dans le pays.

En Italie, "outre les 2.500 candidats à une relocalisation enregistrés jusqu'à présent, 700 personnes devraient être enregistrées prochainement, de même que plus de 1.100 Érythréens arrivés en Italie en 2017".

Quoi qu'il en soit, l'objectif initial de 160.000 relocalisations est donc devenu inatteignable.

Et de fait, 54.000 places (sur le total initial) ont déjà été rendues disponibles pour des "réinstallations" de Syriens directement depuis la Turquie, dans le cadre du pacte migratoire scellé en mars 2016 avec Ankara.

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mercredi 19 avril 2017

L'Europe s'arrête à Visegrad

Une enquête menée dans les 4 états dits de Visegrad (Pologne, Slovaquie, République Tchèque, Hongrie) plus en Autriche montre que les valeurs européennes ne sont pas partagés à l'est de l'Europe.

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Une enquête menée par la Fondation Bertelsmann a montré l’un des grands problèmes de l’Union Européenne – un clivage énorme entre l’Europe de l’Est et l’Europe occidentale. Interrogés sur différentes questions concernant l’Europe, les 15 à 24 ans dans le pays de l’Europe Centrale et l’Europe de l’Est ont fait preuve d’une mentalité peu européenne. Le leitmotiv : « Soyez solidaires avec nous, mais ne nous demandez pas d’être solidaires à notre niveau ». Déplorable.

Si, les jeunes dans les pays de Visegrad (Pologne, Slovaquie, République Tchèque, Hongrie) et en Autriche aiment bien l’Europe. Ainsi, dans ces pays, 78% des 15 à 24 ans estiment que l’Union Européenne joue un rôle important pour maintenir la paix entre les états-membres. 66% apprécient la possibilité de pouvoir s’installer et travailler dans un autre pays européen, et 62% estiment que pouvoir étudier dans un autre état-membre de l’UE constitue une plus-value. Ce qui est juste.

Et l’appréciation positive de l’UE ne s’arrête pas là. Pour 60% des sondés, l’UE et la seule autorité capable d’instaurer des standards environnementaux communs, 53% se réjouissent de la libre circulation dans l’espace Schengen et 45% soulignent l’importance du transfert de fonds européens vers les pays émergeants de l’Union, donc et surtout, vers les états de Visegrad.

Donc, on aime bien l’Europe, dans les états de Visegrad. Mais seulement lorsqu’il s’agit de profiter des bienfaits de cette Union Européenne – dès qu’il s’agit de se montrer soi-même solidaires, les jeunes dans ces 5 pays ne veulent plus entendre parler d’Europe.

Interrogés s’ils estiment que les états-membres de l’UE devraient être solidaires en accueillant des réfugiés de zones de conflits, seules les jeunes Autrichiens sont d’accord (61%) – plus à l’est, c’est le mur de l’égoisme. 73% des jeunes Polonais ne veulent pas accueillir des réfugiés, tout comme 75% des jeunes Slovaques, 70% des jeunes Tchèques et 72% des jeunes Hongrois. Décidemment, la propagande xénophobe des Orban, Zeman, Fico et Szydlo a fait de l’effet – dans les états de Visegrad, on craint rien, sauf les réfugiés, même si le nombre de réfugiés ayant trouvé asile dans ces pays, est ridiculement faible.

Cette enquête montre clairement que l’Union Européenne est considérée comme une sorte de supermarché à l’est de l’Europe. L’oncle bruxellois sert juste à envoyer des chèques, mais pour le reste, on s’en fiche des valeurs européennes. Mais l’Europe n’est pas ça, l’Europe ne peut avoir une pespective commune que si elle s’entend sur certaines valeurs de base.

Les 4 états de Visegrad profitent bien de l’UE et c’est bien ainsi. C’est l’un des objectifs de cette Union Européenne de pouvoir adapter les conditions de vie dans les pays moins fortunés à un niveau européen, de mener des projets d’infrastructure, de développement structurel et économique. Le rejet de ceux qui ont besoin du soutien et de la solidarité de l’Europe, est carrément honteux.

Les jeunes générations dans les états de Visegrad sont intoxiqués par la propagande nationaliste de leurs gouvernements et cette évolution est inquiétante. Comment construire une « Europe des Valeurs » si même des valeurs basiques ne sont pas partagés ?

Tout comme il n’est plus envisageable de continuer à verser des milliards à la Turquie pour financer les projets de promotion de l’état de droit et de la démocratie, il convient de remettre en question les relations avec les états de Visegrad. Il semblerait que seule une Europe Fédérale capable de délibérer à la majorité et non pas à l’unanimité puisse constituer un projet européen viable. Et il faudra aussi songer à attacher certaines subventions versées à ces états au respect des règles de base qui ne sont pas négociables.

Et si les états de Visegrad ne se retrouvent pas dans les valeurs européennes, ils peuvent actuellement suivre en direct leur alternative – s’ils ne sont pas contents, ils peuvent actionner l’article 50 des Traités Européens et quitter l’Union Européenne. Et, pourquoi pas, rallier la Russie qui elle, représente certainement une interprétation des Droits de l’Homme plus proche de ce que souhaitent ces états… (selon "Euro-journalist")

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mardi 28 mars 2017

Ce qui fonctionne en Europe

A l’occasion du 60e anniversaire du Traité de Rome, le Centre Européen de la Consommation à Kehl rappelle les choses qui font qu’il n’y ait pas d’alternative à l’Europe…

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« C’est quoi l’Europe ? » Souvent décriée, mal-aimée, au cœur des débats avec le Brexit et plutôt cachée dans les programmes des candidats à l’élection présidentielle, l’Europe fête ses 60 ans le 25 mars. A cette occasion, le Centre Européen des Consommateurs France a lancé une campagne d’information mettant en valeur 60 raisons de croire (encore) en l’Europe. Extraits de ce qui fonctionne en Europe, le plus grand marché au monde avec 508 millions de consommateurs.

Etre consommateur en Europe, c’est notamment :

• Pouvoir bénéficier des services gratuits du Centre Européen des Consommateurs (CEC) de son pays en cas de litige de consommation transfrontalier. Depuis 2005, à l’initiative de la Commission européenne et des Etats membres, il existe en effet un CEC dans chaque pays de l’UE, ainsi qu’en Islande et en Norvège, qui informe et aide les consommateurs qui ont une question sur leurs droits en Europe ou un litige avec un professionnel situé dans un autre pays européen.

• Pouvoir se rétracter dans un délai de 14 jours après une commande sur Internet dans un pays de l’UE.

• Pouvoir acheter dans un autre pays de l’UE sans discrimination fondée sur sa résidence ou sa nationalité.

• Bénéficier d’une garantie légale de minimum 2 ans en cas d’achat d’un bien défectueux dans un pays de l’UE.

• Avoir des droits (remboursement, indemnisation…) en cas d’incident lors d’un voyage en avion, en train, en bateau ou en bus.

• Communiquer (téléphone, SMS, Internet mobile) en Europe au même tarif que dans son pays d’abonnement (à partir du 15 juin 2017).

• Bénéficier de soins lors d’un séjour dans un pays de l’UE et être remboursé dans son pays d’affiliation grâce à sa carte européenne d’assurance maladie.

• Profiter de ses abonnements à des services en ligne (films, musique, jeux vidéo…) lors d’un voyage dans l’UE (à partir de 2018).

• Pouvoir engager une action en justice à l’encontre d’un professionnel européen de façon simplifiée grâce aux procédures judiciaires de règlement des petits litiges ou d’injonction de payer européenne.

L’Europe c’est aussi :

• 24 langues officielles qui permettent à chaque citoyen d’avoir accès aux documents de l’UE, écrire à la Commission européenne et recevoir une réponse dans sa propre langue.

• Plus de 5 millions de personnes depuis 30 ans qui ont étudié dans un autre pays de l’UE grâce au programme ERASMUS.

• Un système d’alerte rapide pour les produits dangereux non alimentaires : RAPEX.

• Un réseau FIN-NET pour résoudre les litiges financiers transfrontaliers.

• Une diversité culturelle pour tous les goûts : festivals de musique, de film, de la bière, de la saucisse,…
Alors, c’est quoi l’Europe ? C’est 60 ans de construction, de vivre ensemble qu’il convient de protéger mais aussi d’adapter aux habitudes de consommation et aux défis de demain (ex : harmoniser les critères des vignettes anti-pollution des véhicules dans tous les pays d’Europe, libérer les frontières du numérique…).

Retrouvez les « 60 raisons de croire en l’Europe » développées par le Centre Européen des Consommateurs France sur www.europe-consommateurs.eu et sur son compte twitter @ECCFrance.(selon euro-journaliste).

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jeudi 23 février 2017

Quand les Vandales déferlaient sur l'Europe et l'Afrique du Nord

Le peuple des Vandales d’origine scandinave et installé un temps en Germanie orientale va, dans le cadre des « invasions barbares », conquérir successivement la Gaule puis la Galice et la Bétique. Attirés par les richesses de l’Afrique romaine, ses membres décident de traverser les Colonnes d’Hercules (plus tard renommées détroit de Gibraltar) en 429 et de commencer une épopée nord-africaine de presque un siècle.

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Genséric, roi des Vandales et des Alains, débarque en Mauritanie Tingitane avec environ 80 000 des siens dont 20 000 guerriers. Il est bien décidé à tirer profit des querelles internes aux Romains, l’ambitieux général Boniface étant en rébellion. Le roi germanique conquiert ainsi rapidement la Mauritanie et s’avance en Numidie en enrôlant de nombreux locaux, las de la présence romaine et des troubles dans la région.

Un Empire romain d’Occident à bout de souffle

Après le dur siège d’Hippone (Annaba) au cours duquel un Augustin très malade perd la vie et la prise de la ville en 430, le Vandales poursuivent leur progression. Ils s’en prennent particulièrement aux notables et au catholicisme. Ils défendent l’arianisme et imposent leurs méthodes brutales aux populations sous leur domination si celles-ci ne payent pas l’impôt : violences, pillages, meurtres en série, torture...

Face à cette avancée inéluctable, les Romains négocient en 435 et obtiennent par le Traité d’Hippone la vassalisation des Vandales au titre de « fédérés » en échange d’une bonne partie de la Numidie et de la Mauritanie sitifienne. En réalité Genséric ne compte pas se soumettre sagement et s’attaque à la Proconsulaire en prenant la célèbre Carthage et en menaçant directement l’Italie.

Un second traité est signé en 442 et renforce la position de conquérants. L’Empire romain d’Occident est alors en pleine décomposition et subit les assauts vandales jusqu’à Rome qui est mise à sac en 455. L’Imperium Romanum occidental n’est plus qu’un château de cartes qui s’effondre définitivement en 476.

Des relations difficiles avec les autochtones

En raison de leur infériorité numérique et malgré leur rudesse, les Vandales ne parviennent pas à contrôler efficacement les territoires conquis à l’exception des villes. De plus les nouveaux maîtres ne se mélangent pas assez aux locaux qui sont encouragés dans leurs visées indépendantistes par la mort du puissant Genséric en 477.

A partir de là, le royaume vandale d’Afrique décline et le nouveau roi Hunéric exacerbe les conflits politiques et religieux, la division de la noblesse et les velléités de Maures insoumis. Ces derniers parviennent progressivement à se constituer des principautés dégagées de l’emprise vandale. Grignoté, ce royaume africain traverse une crise profonde lorsque l’Empire romain d’Orient -l’Empire byzantin- décide de lui porter le coup de grâce.

Une défaite rapide et totale

L’armée byzantine avec à sa tête le général Bélisaire lance une intervention en 533 contre ce qui reste de l’emprise germanique. Cette conquête est fulgurante et en 534 les Vandales survivants doivent se réfugier dans des villages berbères (notamment en Kabylie) ou sont capturés et déportés vers Byzance.

Or, même si les Vandales sont rapidement défaits sur la côte, les Maures indépendantistes conservent leurs positions dans l’arrière-pays. Après un petit siècle d’occupation vandale on ne retrouve plus vraiment de traces du passage de ce peuple, si ce n’est la réputation –quelque peu exagérée- de soldats particulièrement féroces et sanguinaires.

Leur empreinte est un peu plus conséquente en Tunisie actuelle, lieu de leur véritable sédentarisation, où l’on a retrouvé des épitaphes et funéraires à noms germaniques. Du côté algérien des tablettes de bois avec des actes de propriétés -dites tablettes d’Albertini- ont été retrouvées en 1928. Nul autre vestige. Les pères du "vandalisme" en auraient-ils été eux-mêmes victimes ?

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samedi 11 février 2017

Fin des frais d'itinérance en Europe

Bruxelles est content – un accord entre les grands opérateurs de télécommunication semble avoir été trouvé. Mais est-ce que cela signifie réellement la fin des frais d’itinérance ?

Il s’agit d’un progrès énorme pour les consommateurs européen. Le 15 juin 2017, les institutions européennes comptent prendre la dernière marche dans l’abolition des frais d’itinérance qui s’appliquent encore et toujours à la téléphonie et l’utilisation d’internet à l’étranger. A Bruxelles, un accord a été trouvé entre les institutions et les grands opérateurs de télécommunication qui eux, doivent continuer à se rémunérer mutuellement lorsque leurs clients se trouvent dans un autre réseau à l’étranger. Mais est-ce vraiment la fin du « roaming » ?

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Oui et non. Puisque les opérateurs devront continuer à se rémunérer mutuellement, les frais d’itinérance ne sont pas totalement abolis, mais en cas de dépassement du forfait contracté dans leur pays d’origine, les frais d’itinérance appliqués à ce moment-là, ne pourront pas dépasser le « prix du gros » en vigueur entre les opérateurs. Ces « prix de gros » seront de 0,032 € par minute pour les appels et 0,01 € pour les SMS et les tarifs pour l’utilisation d’internet seront régressifs : 7,7 € / Go à partir du 15 juin 2017, 6 € / Go àa partir du 1er janvier 2018, 4,5 € / Go en 2019, 3,5 € / Go en 2020, 3 € / Go en 2021 et 2,5 € / Go en 2022.

Seul petit soucis – la clause permettant aux opérateurs d’appliquer des frais d’itinérance en cas « d’abus » par les consommateurs. Ces « cas d’abus » ne sont pas (encore ?) définis dans les textes et tant que les opérateurs peuvent déterminer eux-mêmes ce qu’ils considèrent être un « cas d’abus », les frais d’itinérance n’auront pas encore tout à fait disparus.

Mais force est de constater qu’il s’agit d’une véritable percée de la politique européenne en faveur des 500 millions de citoyens européens. Connecter toute l’Union Européenne, c’est forcément une bonne chose et ainsi, les temps des mauvaises surprises au retour des vacances sont terminés – plus de facture de téléphone mobile pharaonique, plus de coupure à l’étranger pour cause de dépassement du forfait.

C’est la pratique qui montrera comment cela se passera avec « l’utilisation abusive » – mais on en saura plus dès cet été. Car vous pourrez profiter de cette abolition des frais d’itinérance dès les vacances d’été et il sera plaisant de vivre cette expérience d’une Europe connectée à des tarifs comme à la maison. Si seulement l’Europe pouvait agir avec la même détermination dans tous les autres dossiers brûlants qui nous occupent actuellement…

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lundi 6 février 2017

Corruption légalisée en Roumanie

Incroyable, mais cela se passe au sein de l’Union Européenne. Le décret d’amnistie du gouvernement social-démocrate « légalise » en quelque sorte la corruption, en fixant des seuils jusqu’où la corruption reste impunie. Si la Commission Européenne a protesté contre cette « légalisation » de la corruption, le gouvernement roumain s’est engagé dans un bras de fer avec sa propre population.

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Comment ne pas penser « tous pourris » lorsque le gouvernement décrète que la corruption reste impunie si elle ne dépasse pas 200.000 Lei (44000 €) et ce, dans un pays où le salaire annuel d’un professeur d’école ne dépasse pas les 4500 € ? Et très pratique – le gouvernement roumain avait proposé dans la foulée une amnistie pour les personnes incarcérées et condamnées à des peines de moins de 5 ans de prison. Cette mesure concernerait environ 2500 détenus, dont des responsables politiques condamnés pour – corruption et qui bénéficieraient donc de la grâce du gouvernement. Suite aux protestations musclées, cette amnistie n’a pas encore été décrétée, le gouvernement craigne que les protestations puissent se transformer en émeutes.

Si ce dossier concerne en premier lieu la Roumanie, il concerne également l’Union Européenne, car il est inconcevable qu’un état-membre de l’UE « légalise » la corruption. Ailleurs, les associations et ONGs se battent pour plus de transparence et moins de corruption, pendant qu’un état-membre « légalise » la corruption ?

Depuis mardi, la Roumanie est en état d’alerte. A Bucarest, Cluj, Timisoara et Sibiu, des dizaines, des centaines de manifestants descendent dans la rue, à Bucarest, des affrontements violents entre les manifestants et les forces de l’ordre ont eu lieu. Et la situation est loin de se calmer – et le gouvernement ne veut pas revenir sur sa décision qui est pour le moins surprenante.

Depuis la chute de Ceausescu, le pays n’a pas vu des manifestations d’une telle envergure et ce, malgré les températures glaciales qui règnent en Roumanie. Le gouvernement roumain, en place depuis moins d’un mois sous la direction de Sorin Grindeanu, est en train de se mettre non seulement la population à dos, mais également les autres institutions roumaines. Ainsi, le président Klaus Iohannis (qui avait, lors de son instauration, promis « d’éradiquer la corruption pendant les 5 ans de son mandat »), le Procureur Général, la Cour Suprême et d’autres autorités ont déjà fait savoir leur opposition à cette décision gouvernementale.

Va-t-on vers une nouvelle « révolution » en Roumanie ? Est-ce que l’intervention de Jean-Claude Juncker suffira pour raisonner le gouvernement roumain ? En tout cas, ce qu’il se passe en Roumanie montre une nouvelle fois l’incapacité de cette Europe intergouvernementale de défendre ensemble, même les valeurs les plus basiques. Seule une Europe fédérale sera en mesure de permettre une vraie organisation européenne à l’intérieur comme à l’extérieur.

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mercredi 1 février 2017

Schaüble veut abolir l'évasion fiscale

Pour une fois, l’inventeur de la politique d’austérité, le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble, a eu une excellente idée. Qui pourrait empêcher une bonne partie de l’évasion fiscale des grandes entreprises.

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Le système connu sous le nom de « LuxLeaks » fonctionne de manière assez simple. Les multinationales transforment leurs bénéfices réalisés dans les différents pays en « droits de licence de marque » qu’ils versent à leur QG qui lui, est installé dans un pays où il ne paie que peu ou pas d’impôts sur ces bénéfices. Ainsi, les bénéfices réalisés dans les pays se transforment en frais de fonctionnement et l’entreprise en question ne paie aucun impôt sur ses bénéfices. Le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble veut maintenant s’attaquer à ce système qui a permis au Luxembourg ou à l’Irlande, d’attirer de nombreux sièges européens d’entreprises multinationales. Tout en privant les états européens des recettes fiscales, tout en permettant aux entreprises les plus riches du monde à se soutirer de la taxation.

Dès mercredi, Schäuble veut présenter une proposition de loi – qui interdit de déduire les frais de licence ou de propriété intellectuelle des bénéfices imposables, lorsque de tels frais ne sont pas ou peu taxés dans le pays où l’entreprise a son siège principal. Puisque des pays comme Malte n’imposent pas les droits de licence ou de propriété intellectuelle, cette mesure mettrait un terme à cette pratique qui prive depuis sa mise en œuvre, les pays européens des impôts des plus grandes entreprises.

« Les impôts devraient être payés dans le pays où l’activité générant des bénéfices est effectuée et non pas dans le pays qui offre le taux d’imposition le plus faible », a expliqué Wolfgang Schäuble en s’attaquant ainsi au système instauré au Luxembourg et dans d’autres pays. Dans ce système, les multinationales ne payent que des impôts dérisoires sur d’énormes bénéfices, et privent ainsi les états européens d’une source de budget importante, au seul profit des actionnaires des multinationales. Est-ce que Wolfgang Schäuble se serait découvert une âme de socialiste ?

Toutefois, pour que ce système puisse réellement être invalidé, il ne suffira pas qu’un seul pays prenne une mesure comme celle-ci. Une telle règlementation ne pourrait être efficace qu’à condition que tous les états-membres de l’Union Européenne y adhèrent – mais ce sera difficile, car des pays comme les Pays-Bas, Malte, le Luxembourg, la Belgique ou, hors-UE, la Suisse profitent de ce système qui garantit des emplois et quelques retombées fiscales chez eux.

Il serait souhaitable que l’Union Européenne se saisisse de ce dossier et que l’Europe agisse de manière solidaire pour faire en sorte à ce que les entreprises les plus riches du monde participent comme les autres au financement des budgets publics. Et il faudra faire vite, avant que Wolfgang Schäuble se rend compte qu’il est en train de défendre un projet que l’on pourrait carrément qualifier « de gauche »… (selon "Euro-journalist")

Posté par jl boehler à 00:02 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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