mardi 21 mai 2019

Ségolène Royal n'appelle pas à voter LREM

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Pas question de prendre le risque de briser son image d’icône de la gauche. Ségolène Royal ne prendra finalement pas la parole pour donner une consigne de vote avant les élections européennes ce dimanche. L’ancienne ministre de l’Ecologie assure avoir refusé toutes les propositions d’émissions et interviews à ce sujet et répète à qui veut l’entendre qu’elle ne compte pas divulguer pour qui elle vote dans l’isoloir.

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vendredi 15 février 2019

La grande marche des Kurdes

Reçus à la mairie de Metz !

kurdes1Le Centre démocratique du peuple kurde organise son grand rassemblement annuel ce samedi 16 février à Strasbourg (DNA du 12 février). Trois groupes de marcheurs sont ainsi partis ces derniers jours de Mannheim, de Bâle et du Luxembourg pour converger vers la capitale alsacienne.

Vêtus de gilets jaunes fluorescents, ils ne font toutefois pas partie du mouvement populaire portant le même nom. En témoigne l’inscription « Liberté pour Öcalan » sur leurs gilets.

Mercredi matin aux alentours de 10h30, une centaine de manifestants kurdes est partie de Ban-Saint-Martin, pour rejoindre la mairie de Metz.

L’objectif de cette marche : « Attirer le regard des institutions européennes, et notamment celles qui s’occupent des droits de l’homme, sur la situation d’Abdullah Öcalan », explique Malika Voisin, une manifestante. Chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan est emprisonné depuis 1999 sur l’îlot-prison d’Imrali, en Turquie. Placé à l’isolement, ce dernier y purge une peine de prison à perpétuité. La lutte armée qu’il dirigeait contre la Turquie est en effet accusée d’être à l’origine de la mort de 40 000 personnes depuis les années 1980.  

Concernant les violences commises par le PKK, Malika Voisin répond : « Il y a des violences, il y a des discriminations à l’égard des Kurdes. Je l’ai vu, je l’ai vécu. Malheureusement, comme toutes les problématiques politiques, il y a des réponses qui sont violentes en face ».

En rang deux par deux, les marcheurs kurdes sont partis le 11 février de Luxembourg. Leur destination : Strasbourg, qu’ils rejoindront le 16 février prochain. Après une escale à Thionville et à Metz, ils passeront également par Nancy. En tout, près de 19 nationalités sont présentes pour cette grande marche.

La mairie a reçu la centaine de manifestants pour témoigner de sa solidarité. « Nous sommes solidaires de tous ceux qui luttent au nom de la liberté », justifie Nathalie De Oliveira, adjointe au Maire. « Nous ne sommes pas ignorants de la complexité de la cause kurde sur les territoires en conflit. Mais il est important pour nous de dire que parmi ces combattants de la liberté, il y a des personnes qui méritaient d’être accueillis en mairie », poursuit-elle.

Pas le même son de cloche à Cologne, Mannheim et Karlsruhe...

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D’après le site internet du Südwestrundfunk, la marche qui avait démarré samedi à Mannheim a été dissoute par la police mardi à Karlsruhe, car certains des quelque 90 manifestants scandaient à répétition des slogans pro-PKK. Or, le « Parti des travailleurs du Kurdistan » est considéré par l’Union européenne comme une organisation terroriste. Autre entorse aux règles de la manifestation : des tracts non signés ont été distribués. Les nombreuses exhortations de la police de cesser ces comportements ont été ignorées. C’est ainsi que les autorités ont décidé de faire dissoudre la marche. La police a relevé l’identité des participants et sommait les manifestants de se disperser. Certains d’entre eux s’opposaient alors violemment, blessant légèrement 21 fonctionnaires de police.

... ni en Alsace, où la police a usé de gaz lacrymogènes.

kurdes

À Guémar, ce mercredi en fin d’après-midi, vers 17 h, une rixe a éclaté, alors qu’un groupe d’une cinquantaine de militants kurdes marchaient pour la libération de leur leader Abdullah Öcalan.

Alors qu’ils se trouvaient au niveau du rond-point de la zone d’activités du Muehlbach entre Guémar et Bergheim, un homme est descendu de sa voiture, avec à la main un bâton ou un outil s’apparentant à une barre de fer. Il s’est approché des marcheurs et se serait adressé à eux sur un ton provocant, toujours d’après des témoins et les gendarmes, dont trois personnels du Psig (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) étaient présents pour sécuriser la manifestation.

Les militaires ont tenté d’éviter l’affrontement, mais une bagarre a éclaté sous leurs yeux entre plusieurs manifestants et le provocateur, qu’une connaissance aurait ensuite aidé à s’enfuir en voiture. Il était visiblement blessé, en particulier par des coups de poing et de pied. Des tuméfactions ont été observées chez quelques manifestants. Pour disperser les protagonistes, le Psig a fait usage de gaz lacrymogène.

Partis de Bâle voilà quelques jours et de Colmar hier matin, les militants kurdes ont fait étape à Sélestat hier soir, avant de poursuivre leur chemin jusqu’à Strasbourg, où ils seront sans doute plusieurs milliers à manifester samedi. 

La manifestation pourrait avoir plus d’ampleur que d’habitude, parce que Leyla Güven, députée turque HDP pro-kurde est en grève de la faim illimitée, toujours pour réclamer des meilleures conditions pour Öcalan. Son initiative a été suivie : « Aux quatre coins du Kurdistan et d’Europe, près de 300 personnes sont en grève de la faim illimitée », explique Hélène Erin, la porte-parole des Kurdes à Strasbourg.

Rappelons que le cortège partira samedi à 10 h des boulevards de Metz et de Lyon, près de la gare, pour rejoindre le parking des Vanneaux à la Meinau, où se tiendra un grand meeting.

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mercredi 13 février 2019

Le Cameroun aura bientôt son tramway

Où l'on reparle de Siemens !

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On se doutait bien qu'avec le refus de la commission européenne de Bruxelles d'accepter la fusion Alstom-Siemens, des intérêts financiers étaient en jeu. Et une fois de plus, on les comprend au détour d'une affaire africaine.

Lisez la suite : la société belge Iristone a annoncé, mercredi par voie de communiqué le début, «prévu pour le courant du premier semestre 2019 pour une durée de 3 ans», de la construction d’une ligne pilote de tramway d’un linéaire de 18 kilomètres dans la métropole économique camerounaise.

La mise en service partielle dudit tronçon est envisagée pour 2021 mais est conditionnée par la conclusion à date du contrat entre le groupement belgoturc Iristone-Ilci Holding et le gouvernement camerounais, «dont le début des négociations est imminent». C’est en juillet 2016, rappelle-t-on, qu’un protocole d’entente a été signé par les parties en vue des études, du financement et de la construction de cette ligne de «train de ville» ayant déjà abouti aux études d’insertion, de solution énergétique autonome et de plans de financement éligibles aux fonds internationaux dont le montant n’a pas été précisé.

Le tandem Alstom-Siemens remplacé par un consortium euro-canadien !

Pour le projet, Iristone, Illci, l’allemand Siemens et la canadien Bombardier Transportation ont mis en place un consortium dans le cadre d’un partenariat public-privé, le chantier pilote devant mobiliser plus d’un millier de postes de travail, pour une ville comptant actuellement plus de 3 millions d’habitants. Ainsi, on apprend que le rapprochement Alstom-Siemens, prévu de longue date, est remplacé par un consortium belge-allemand-canadien !

Le tramway de Douala disposera d’une centrale électrique autonome dont la puissance, selon ledit regroupement d’entreprises, «dépasse les besoins de son exploitation» et contribuera, également, à l’amélioration de l’attractivité de la zone industrielle de Douala-Bonabéri.

Pour rappel, le projet de construction d’un Tramway au Cameroun remonte en 2011 pendant la campagne présidentielle. Plus de cinq ans après le scrutin, ce projet est rentré dans les oubliettes. Ce n’est qu’en juillet 2016 qu’il est remis à l’ordre du jour avec la signature du protocole d’entente entre le Cameroun et les groupes belgo-turc IRISTONE et ILCI. Ce protocole était axé sur l’exécution des études, du financement et de la construction de la ligne de 18 km dans la ville de Douala. Il a fallu attendre pratiquement 3 ans encore, pour que l’on en reparle et  se voir souffler le projet pour Alstom.

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samedi 29 décembre 2018

RDC : Kinshasa expulse l’ambassadeur de l’Union Européenne.

L’ambassadeur de l’Union Européenne en République Démocratique du Congo (RDC), le belge Bart Ouvry, a jusqu’à samedi soir pour quitter le pays.

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Ce jeudi 27 décembre 2018, le ministre rd-congolais des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, a annoncé que l’ambassadeur de l’Union Européenne en République Démocratique du Congo, Bart Ouvry, a jusque samedi soir pour quitter ce pays d’Afrique centrale. Cette annonce est corrélative à la décision prise, en mi-décembre, par l’Union Européenne de renouveler ses sanctions à l’encontre de quatorze officiels congolais, dont le candidat du pouvoir Emmanuel Ramazani Shadary.

Bart Ouvry, qui n’avait pas été jusque-là prévenu, a appris son expulsion, ce jeudi, à 17 heures, lorsque le patron de la diplomatie rd-congolaise, a lu son communiqué devant tout le monde, soulignant qu’il « invite instamment le Conseil européen » à rappeler son ambassadeur sous 48 heures.

Et ceci après la prolongation d’un an, par l’UE, des interdictions de visa et le gel des avoirs de plusieurs personnalités jusqu'au 12 décembre 2019. "Ces sanctions consistent en un gel des avoirs et une interdiction de visa pour l'Union européenne visant 14 personnes. Elles ont été adoptées le 12 décembre 2016 et le 29 mai 2017 en réponse aux entraves au processus électoral en RDC et aux violations des droits de l'homme qui y étaient liées", avait expliqué le Conseil des ministres de l'Union européenne dans un communiqué publié lundi 10 décembre.., Kinshasa avait prévenu qu’il prendrait des mesures de rétorsion à l’encontre de l’institution. Menace qui vient d’être mise à exécution.

Voilà plus grave que la rocambolesque péripétie de Benalla au Tchad. Pourtant, on n'entend guère notre président Macron sur ce sujet.

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mercredi 21 novembre 2018

En Bulgarie aussi !

Les manifestants protestent contre la hausse du prix des carburants.

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Des milliers de Bulgares ont bloqué dimanche les principaux axes routiers et les postes frontière entre la Bulgarie et la Turquie et entre la Bulgarie et la Grèce pour protester contre la flambée du prix des carburants dans un contexte de mécontentement dû au faible niveau de vie dans le pays le plus pauvre de l’Union européenne.

Il n’y a pas qu’en France qu’on se mobilise contre la hausse du prix du carburant. En Bulgarie, des milliers de manifestants ont bloqué dimanche les principaux axes routiers et les postes frontière entre la Bulgarie et la Turquie et entre la Bulgarie et la Grèce pour protester contre la flambée du prix des carburants.

Blocage des postes frontière

Les protestataires ont bloqué pendant plusieurs heures la circulation dans différents endroits sur les autoroutes Trakia et Hemus qui traversent le pays avant d’être dispersés par la gendarmerie, a rapporté la radio publique BNR. Des manifestants ont également bloqué l’autoroute Maritsa qui mène vers les postes frontière de Kapitan Andreevo et Lesovo à la frontière avec la Turquie, et l’accès au poste frontière de Kulata (sud-ouest) avec la Grèce. Des moments de tension ont eu lieu lorsque des manifestants ont réussi à rompre le cordon des gendarmes qui tentaient d’empêcher le blocus.

Quelque 2 000 gendarmes et policiers avaient été déployés pour maintenir l’ordre.

Pour le deuxième jour dimanche, des rassemblements ont également eu lieu dans les grandes villes tandis que d’autres ont eu lieu lundi.

« Mafia » et « démission »

À Sofia la capitale, plusieurs dizaines de manifestants ont perturbé la circulation sur les principaux boulevards en scandant « mafia ! » et « démission ! » Les manifestations du week-end contre la hausse du prix des carburants et l’augmentation prévue de la taxe sur les vieux véhicules avaient débuté il y a trois semaines, mais elles ont pris de l’ampleur, les protestataires dénonçant également le faible niveau de vie en Bulgarie, où le pouvoir d’achat atteint à peine la moitié de la moyenne de l’UE.

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lundi 20 août 2018

L’Europe en vacances

L’association « Les Jeunes Européens – France » organise en ce mois d'août 2018 une grande campagne de sensibilisation à la citoyenneté européenne.

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Cet été, l’Europe se déplace sur les plages et centres de vacances du littoral français. L’objectif de cette campagne intitulée « Europe en Vacances » est d’expliquer de manière ludique les enjeux et les droits liés à la citoyenneté européenne, via des animations et jeux pédagogiques adaptés à toutes les générations.

Le projet « Europe en Vacances » est parti du constat suivant : les élections européennes sont souvent traitées peu de temps avant l’échéance électorale par les partis politiques et les médias. 50% des citoyens européens considèrent actuellement que leur voix ne compte pas dans la détermination des politiques de l’Union européenne (Eurobaromètre automne 2017). Reléguées au second plan, ces élections sont pourtant cruciales pour faire avancer l’Union Européenne et la rendre plus démocratique.

Du 6 août au 19 août, à bord de vans, des équipes de bénévoles se rendent pendant deux semaines sur plusieurs plages de France ainsi que dans des campings, des centres de vacances, des auberges de jeunesse et des festivals afin de s’adresser à un public jeune et familial.

Les équipes sont parties de Strasbourg, ville symbolique et siège du Parlement européen, avant de sillonner les côtes françaises de Bordeaux à San Sebastian, de Marseille à Nice. Mais les actions ne se limitent pas à ces zones. En effet, depuis le mois de juin et jusqu’à la fin du mois d’août, l’association organise des actions similaires dans différentes communes et régions de France, y compris dans la région Grand Est et en Alsace, à l’occasion de certains événements estivaux (festivals, compétitions sportives, etc.).

Remarquables, ces jeunes Européens et Européennes. Pendant que d’autres s’adonnent au dolce farniente, ils investissent leur temps et leurs moyens pour porter la parole européenne à un moment où l’Europe fait l’objet de toutes les critiques. Exemplaire. (selon "Euro-journalistes")

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samedi 11 août 2018

Fin du changement d'heure ?

Le moment est venu de trancher !

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La Commission européenne organise une consultation en ligne portant sur le maintien ou non du changement d'heure.

Les traditionnels passages à l'heure d'hiver et à l'heure d'été ont-ils vécu ? C'est la question que pose la Commission européenne par l'intermédiaire d'une consultation en ligne à laquelle il est possible de participer jusqu'au 16 août, comme le raconte Ouest-France. Alors que les députés européens se sont déjà prononcés au mois de février pour la suppression du changement d'heure, la Commission souhaite recueillir l'avis des citoyens du vieux continent sur le sujet.

Chaque pays est cependant souverain en la matière et décide s'il veut, ou non, appliquer le changement d'heure.

Au moment de voter pour l'abandon de cette mesure, certains députés européens avaient mis en avant les résultats d'études montrant que le nombre d'accidents de la circulation augmentait lorsque les changements d'heure étaient effectifs.

D'abord testé entre 1916 et 1945 en France, le changement d'heure avait été définitivement adopté en 1976, durant le mandat du président Valéry Giscard-d'Estaing. Des Français partagés en camps à peu près égaux sur la possibilité d'abandonner cette mesure, comme le montre un sondage du quotidien espagnol ABC évoqué par Ouest-France. Ce même sondage montre que 73% des Allemands seraient d'accord pour ne plus changer d'heure et que 85% des Espagnols favoriseraient l'abandon de cette mesure supposée aboutir à des économies d'énergie.

Un argument trop léger pour la Commission européenne et certains détracteurs de ce "décalage", qui estiment que les économies réalisées ne sont pas significatives. Même chose pour les bienfaits présumés du changement d'heure sur la santé grâce à des périodes de jour plus longues permettant davantage de loisirs de plein air, qui n'ont pas convaincu les experts de la Commission. A vous de vous prononcer en allant répondre au questionnaire sur le site de l'Union européenne.

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vendredi 13 avril 2018

Les zoos humains

Une histoire stupéfiante et peu connue

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L'histoire stupéfiante et peu connue d'hommes, de femmes et d'enfants qui furent exposés, exhibés, au même titre que des animaux exotiques en Europe, en Amérique et au Japon. Depuis la seconde moitié du XIXème siècle jusqu'au début de la première guerre mondiale, cette pratique s'était développée. Elle concerne les populations les plus diverses de chaque continent.

Pendant plus d’un siècle, aussi bien en Europe, qu’aux Etats-Unis et au Japon, des êtres humains à part entière ont été considérés comme des attractions. L’Homme est alors exhibé à l’Homme dans le cadre d’expositions universelles ou coloniales, dans des zoos, des cirques ou des villages indigènes reconstitués. On compte entre trente et trente-cinq mille figurants, exhibés devant plus d’un milliard deux cent millions de visiteurs.

Pour la première fois, un documentaire fait ressurgir ce pan oublié de l’histoire de l’humanité en s’appuyant sur les témoignages de six parcours singuliers à découvrir, six histoires emblématiques, six destins incroyables ! Ce film est une occasion unique pour comprendre, grâce à des récits personnels et des images inédites, ce pan de notre Histoire.

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lundi 5 mars 2018

Les homards remercient les électeurs suisses

La Suisse vient de voter une loi qui est censée adoucir la mort des homards. Mais est-ce que ces animaux seront au moins reconnaissants ?

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La vie d’un homard se partage en deux phases. Dans un premier temps, le crustacé grandit en mer, se balade dans son territoire et cherche à se reproduire. Les journées se passent agréablement jusqu’au début de la deuxième phase qui aboutit dans nos assiettes. L’étape la moins cool est la mise à mort dans l’eau bouillante, considérée désormais en Suisse comme un crime. Par conséquent, les restaurateurs suisses sont soumis à l’obligation d’endormir le homard avant de le glisser (délicatement !) dans l’eau bouillante. On espère que le homard appréciera, mais en tout cas, les gastronomes suisses auront une meilleure conscience.

Selon les scientifiques, les crustacés disposent d’un système nerveux sophistiqué qui leur permet de ressentir la douleur. Pour endormir le homard avant de le bouillir, la méthode préconisée est l’électrochoc. C’est un peu la chaise électrique avant l’ébouillantage. Chatouiller à mort ou ennuyer à mort représentaient sans doute des méthodes trop onéreuses ; la fin d’un homard ayant eu la chance d’atterrir dans un restaurant suisse ressemblera à une exécution à l’américaine.

Les homards peuvent applaudir des deux pinces, car non seulement, ils seront protégés du chaud, mais aussi du froid : dès le 1er mars entre en vigueur la nouvelle loi qui interdit aussi de les transporter sur de la glace ou dans l’eau glacée.

 En tout cas, il est rassurant de voir que, pendant que d’autres gouvernements se limitent à briller dans la communication politique, la Suisse se penche sur les questions vraiment importantes. Les homards finiront mangés, comme auparavant, mais les Helvètes les dégusteront avec la bonne conscience qu’autorise une mise à mort pleine d’humanité. Heureusement que le ridicule ne tue pas… (selon "Eurojournalist.com")

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dimanche 4 février 2018

Soixante-huitards !

Il y a cinquante ans, la jeunesse du monde se révoltait contre la génération de ses parents qui avaient créé un monde de guerre, de misère et d’austérité.

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Il fut un temps, chers enfants, où le terme « soixante-huitard » ne désignait pas un retraité en jeans qui marmonne des slogans qui datent littéralement d’un autre siècle, mais où le mot désignait un révolutionnaire, un combattant contre la génération de la guerre, contre cette génération de parents traumatisée par l’horreur suprême que l’humanité avait connue. La signification de « soixante-huitard » est paradoxalement passée de « moderne et radicalement progressiste » à « arriéré ». Elle rappelle une époque où la jeunesse du monde aspirait à une entente universelle, au « love and peace », à un monde sans guerre et franchement, ils étaient sympas, les « soixante-huitards ».

En 1968, la jeunesse protestait contre tout ce qu’il n’allait plus. Aux États-Unis, le mouvement pour les droits civiques s’organisait avec les Black Panthers ; le monde entier manifestait contre la guerre que les Américains menaient au Vietnam ; en France, intellectuels et ouvriers sonnaient le glas de l’ère du Général de Gaulle ; en Allemagne, les étudiants se révoltaient contre la génération de ceux qui avaient survécu au nazisme et souvent porté ce régime ; à Prague, les Tchécoslovaques vivaient un court instant de liberté avant que les tanks russes écrasent, dans tous les sens du terme, les manifestants ; en Irlande, le conflit autour de la séparation entre l’Eire et l’Irlande du Nord entrait dans sa phase violente, une véritable guerre civile ; et partout dans le monde, la jeunesse était dans la rue pour que cessent injustice, guerre, corruption et violence.

Les protagonistes « soixante-huitards », c’étaient les cheveux longs, les nuits de discussions et les jam sessions dans les bars enfumés de Saint-Germain, Berlin-Kreuzberg ou Prague, c’était le jazz de Miles Davis, la créativité débordante de la « beat generation » avec ses auteurs et poètes comme Jack Kerouac ou Alan Ginsberg, c’était les voyages à Katmandou, Matala ou Ibiza. Les « soixante-huitards » étaient les premiers à vivre « en tribu » dans la société d’après-guerre, un peu marginaux, mais en même temps, trop nombreux pour vraiment l’être.

Oui, oui, chers enfants, je sais, tout cela sort des livres d’histoire… et pourtant, rendons aux « soixante-huitards » ce qui leur revient. La société d’aujourd’hui leur doit beaucoup : du droit à l’avortement (qui, incroyable, n’existe toujours pas dans tous les pays européens…) à l’humanisation des conditions de travail en passant par l’abolition de la peine de mort. Les « soixante-huitards » étaient les déclencheurs d’une autre façon de penser et ce n’est pas par hasard que la plupart de ces mouvements prenaient leurs origines dans les universités et parmi les intellectuels.

Ils étaient courageux, les « soixante-huitards », car on se moquait d’eux, on les arrosait de gaz lacrymogène, on les matraquait, et on les tuait, comme en 1970 à la Kent State University dans l’Ohio, où la Garde Nationale tirait sur des étudiants qui manifestaient paisiblement, tuant 4 jeunes par balles.

Mais que sont-ils devenus, les « soixante-huitards » ? Ils se sont mis, un peu comme aujourd’hui, « en marche ». Mais cette marche-là, c’était la « longue marche à travers les institutions » prônée par la grande figure du mouvement 68 en Allemagne, Rudi Dutschke. La « longue marche à travers les institutions », c’était l’engagement révolutionnaire dans les structures de l’État, dans la fonction publique, dans les organisations politiques. Ainsi le voyait Rudi Dutschke, changer démocratiquement le système depuis l’intérieur. Dutschke décédait en 1979 des suites des blessures d’un attentat commis sur lui, en 1968.

Effectivement, beaucoup de « soixante-huitards » ont fini par se faire couper les cheveux et mettre un costard, pour aller travailler dans une administration, dans les écoles, dans la police et dans l’armée. Peu à peu, le système, la famille et les années les ont engloutis et aujourd’hui, ils sont à la retraite, marmonnent des slogans qui, littéralement, datent d’un autre siècle et le terme « soixante-huitard » est devenu péjoratif. Has-been, quoi. Et ce n’est pas juste.

Il convient de dire un grand merci aux « soixante-huitards ». Sans vous, le monde n’aurait pas connu Woodstock, sans vous la libération sexuelle n’aurait pas eu lieu, sans vous le monde penserait moins librement, sans vous, personne ne se soucierait aujourd’hui du climat et de l’environnement et c’est pour cela et bien plus encore, chers « soixante-huitards », que je vous dis merci. Vous ne méritez pas que « soixante-huitard » soit une insulte. Voilà. (Journal "euro-journaliste")

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