mercredi 19 avril 2017

L'Europe s'arrête à Visegrad

Une enquête menée dans les 4 états dits de Visegrad (Pologne, Slovaquie, République Tchèque, Hongrie) plus en Autriche montre que les valeurs européennes ne sont pas partagés à l'est de l'Europe.

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Une enquête menée par la Fondation Bertelsmann a montré l’un des grands problèmes de l’Union Européenne – un clivage énorme entre l’Europe de l’Est et l’Europe occidentale. Interrogés sur différentes questions concernant l’Europe, les 15 à 24 ans dans le pays de l’Europe Centrale et l’Europe de l’Est ont fait preuve d’une mentalité peu européenne. Le leitmotiv : « Soyez solidaires avec nous, mais ne nous demandez pas d’être solidaires à notre niveau ». Déplorable.

Si, les jeunes dans les pays de Visegrad (Pologne, Slovaquie, République Tchèque, Hongrie) et en Autriche aiment bien l’Europe. Ainsi, dans ces pays, 78% des 15 à 24 ans estiment que l’Union Européenne joue un rôle important pour maintenir la paix entre les états-membres. 66% apprécient la possibilité de pouvoir s’installer et travailler dans un autre pays européen, et 62% estiment que pouvoir étudier dans un autre état-membre de l’UE constitue une plus-value. Ce qui est juste.

Et l’appréciation positive de l’UE ne s’arrête pas là. Pour 60% des sondés, l’UE et la seule autorité capable d’instaurer des standards environnementaux communs, 53% se réjouissent de la libre circulation dans l’espace Schengen et 45% soulignent l’importance du transfert de fonds européens vers les pays émergeants de l’Union, donc et surtout, vers les états de Visegrad.

Donc, on aime bien l’Europe, dans les états de Visegrad. Mais seulement lorsqu’il s’agit de profiter des bienfaits de cette Union Européenne – dès qu’il s’agit de se montrer soi-même solidaires, les jeunes dans ces 5 pays ne veulent plus entendre parler d’Europe.

Interrogés s’ils estiment que les états-membres de l’UE devraient être solidaires en accueillant des réfugiés de zones de conflits, seules les jeunes Autrichiens sont d’accord (61%) – plus à l’est, c’est le mur de l’égoisme. 73% des jeunes Polonais ne veulent pas accueillir des réfugiés, tout comme 75% des jeunes Slovaques, 70% des jeunes Tchèques et 72% des jeunes Hongrois. Décidemment, la propagande xénophobe des Orban, Zeman, Fico et Szydlo a fait de l’effet – dans les états de Visegrad, on craint rien, sauf les réfugiés, même si le nombre de réfugiés ayant trouvé asile dans ces pays, est ridiculement faible.

Cette enquête montre clairement que l’Union Européenne est considérée comme une sorte de supermarché à l’est de l’Europe. L’oncle bruxellois sert juste à envoyer des chèques, mais pour le reste, on s’en fiche des valeurs européennes. Mais l’Europe n’est pas ça, l’Europe ne peut avoir une pespective commune que si elle s’entend sur certaines valeurs de base.

Les 4 états de Visegrad profitent bien de l’UE et c’est bien ainsi. C’est l’un des objectifs de cette Union Européenne de pouvoir adapter les conditions de vie dans les pays moins fortunés à un niveau européen, de mener des projets d’infrastructure, de développement structurel et économique. Le rejet de ceux qui ont besoin du soutien et de la solidarité de l’Europe, est carrément honteux.

Les jeunes générations dans les états de Visegrad sont intoxiqués par la propagande nationaliste de leurs gouvernements et cette évolution est inquiétante. Comment construire une « Europe des Valeurs » si même des valeurs basiques ne sont pas partagés ?

Tout comme il n’est plus envisageable de continuer à verser des milliards à la Turquie pour financer les projets de promotion de l’état de droit et de la démocratie, il convient de remettre en question les relations avec les états de Visegrad. Il semblerait que seule une Europe Fédérale capable de délibérer à la majorité et non pas à l’unanimité puisse constituer un projet européen viable. Et il faudra aussi songer à attacher certaines subventions versées à ces états au respect des règles de base qui ne sont pas négociables.

Et si les états de Visegrad ne se retrouvent pas dans les valeurs européennes, ils peuvent actuellement suivre en direct leur alternative – s’ils ne sont pas contents, ils peuvent actionner l’article 50 des Traités Européens et quitter l’Union Européenne. Et, pourquoi pas, rallier la Russie qui elle, représente certainement une interprétation des Droits de l’Homme plus proche de ce que souhaitent ces états… (selon "Euro-journalist")

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mardi 28 mars 2017

Ce qui fonctionne en Europe

A l’occasion du 60e anniversaire du Traité de Rome, le Centre Européen de la Consommation à Kehl rappelle les choses qui font qu’il n’y ait pas d’alternative à l’Europe…

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« C’est quoi l’Europe ? » Souvent décriée, mal-aimée, au cœur des débats avec le Brexit et plutôt cachée dans les programmes des candidats à l’élection présidentielle, l’Europe fête ses 60 ans le 25 mars. A cette occasion, le Centre Européen des Consommateurs France a lancé une campagne d’information mettant en valeur 60 raisons de croire (encore) en l’Europe. Extraits de ce qui fonctionne en Europe, le plus grand marché au monde avec 508 millions de consommateurs.

Etre consommateur en Europe, c’est notamment :

• Pouvoir bénéficier des services gratuits du Centre Européen des Consommateurs (CEC) de son pays en cas de litige de consommation transfrontalier. Depuis 2005, à l’initiative de la Commission européenne et des Etats membres, il existe en effet un CEC dans chaque pays de l’UE, ainsi qu’en Islande et en Norvège, qui informe et aide les consommateurs qui ont une question sur leurs droits en Europe ou un litige avec un professionnel situé dans un autre pays européen.

• Pouvoir se rétracter dans un délai de 14 jours après une commande sur Internet dans un pays de l’UE.

• Pouvoir acheter dans un autre pays de l’UE sans discrimination fondée sur sa résidence ou sa nationalité.

• Bénéficier d’une garantie légale de minimum 2 ans en cas d’achat d’un bien défectueux dans un pays de l’UE.

• Avoir des droits (remboursement, indemnisation…) en cas d’incident lors d’un voyage en avion, en train, en bateau ou en bus.

• Communiquer (téléphone, SMS, Internet mobile) en Europe au même tarif que dans son pays d’abonnement (à partir du 15 juin 2017).

• Bénéficier de soins lors d’un séjour dans un pays de l’UE et être remboursé dans son pays d’affiliation grâce à sa carte européenne d’assurance maladie.

• Profiter de ses abonnements à des services en ligne (films, musique, jeux vidéo…) lors d’un voyage dans l’UE (à partir de 2018).

• Pouvoir engager une action en justice à l’encontre d’un professionnel européen de façon simplifiée grâce aux procédures judiciaires de règlement des petits litiges ou d’injonction de payer européenne.

L’Europe c’est aussi :

• 24 langues officielles qui permettent à chaque citoyen d’avoir accès aux documents de l’UE, écrire à la Commission européenne et recevoir une réponse dans sa propre langue.

• Plus de 5 millions de personnes depuis 30 ans qui ont étudié dans un autre pays de l’UE grâce au programme ERASMUS.

• Un système d’alerte rapide pour les produits dangereux non alimentaires : RAPEX.

• Un réseau FIN-NET pour résoudre les litiges financiers transfrontaliers.

• Une diversité culturelle pour tous les goûts : festivals de musique, de film, de la bière, de la saucisse,…
Alors, c’est quoi l’Europe ? C’est 60 ans de construction, de vivre ensemble qu’il convient de protéger mais aussi d’adapter aux habitudes de consommation et aux défis de demain (ex : harmoniser les critères des vignettes anti-pollution des véhicules dans tous les pays d’Europe, libérer les frontières du numérique…).

Retrouvez les « 60 raisons de croire en l’Europe » développées par le Centre Européen des Consommateurs France sur www.europe-consommateurs.eu et sur son compte twitter @ECCFrance.(selon euro-journaliste).

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jeudi 23 février 2017

Quand les Vandales déferlaient sur l'Europe et l'Afrique du Nord

Le peuple des Vandales d’origine scandinave et installé un temps en Germanie orientale va, dans le cadre des « invasions barbares », conquérir successivement la Gaule puis la Galice et la Bétique. Attirés par les richesses de l’Afrique romaine, ses membres décident de traverser les Colonnes d’Hercules (plus tard renommées détroit de Gibraltar) en 429 et de commencer une épopée nord-africaine de presque un siècle.

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Genséric, roi des Vandales et des Alains, débarque en Mauritanie Tingitane avec environ 80 000 des siens dont 20 000 guerriers. Il est bien décidé à tirer profit des querelles internes aux Romains, l’ambitieux général Boniface étant en rébellion. Le roi germanique conquiert ainsi rapidement la Mauritanie et s’avance en Numidie en enrôlant de nombreux locaux, las de la présence romaine et des troubles dans la région.

Un Empire romain d’Occident à bout de souffle

Après le dur siège d’Hippone (Annaba) au cours duquel un Augustin très malade perd la vie et la prise de la ville en 430, le Vandales poursuivent leur progression. Ils s’en prennent particulièrement aux notables et au catholicisme. Ils défendent l’arianisme et imposent leurs méthodes brutales aux populations sous leur domination si celles-ci ne payent pas l’impôt : violences, pillages, meurtres en série, torture...

Face à cette avancée inéluctable, les Romains négocient en 435 et obtiennent par le Traité d’Hippone la vassalisation des Vandales au titre de « fédérés » en échange d’une bonne partie de la Numidie et de la Mauritanie sitifienne. En réalité Genséric ne compte pas se soumettre sagement et s’attaque à la Proconsulaire en prenant la célèbre Carthage et en menaçant directement l’Italie.

Un second traité est signé en 442 et renforce la position de conquérants. L’Empire romain d’Occident est alors en pleine décomposition et subit les assauts vandales jusqu’à Rome qui est mise à sac en 455. L’Imperium Romanum occidental n’est plus qu’un château de cartes qui s’effondre définitivement en 476.

Des relations difficiles avec les autochtones

En raison de leur infériorité numérique et malgré leur rudesse, les Vandales ne parviennent pas à contrôler efficacement les territoires conquis à l’exception des villes. De plus les nouveaux maîtres ne se mélangent pas assez aux locaux qui sont encouragés dans leurs visées indépendantistes par la mort du puissant Genséric en 477.

A partir de là, le royaume vandale d’Afrique décline et le nouveau roi Hunéric exacerbe les conflits politiques et religieux, la division de la noblesse et les velléités de Maures insoumis. Ces derniers parviennent progressivement à se constituer des principautés dégagées de l’emprise vandale. Grignoté, ce royaume africain traverse une crise profonde lorsque l’Empire romain d’Orient -l’Empire byzantin- décide de lui porter le coup de grâce.

Une défaite rapide et totale

L’armée byzantine avec à sa tête le général Bélisaire lance une intervention en 533 contre ce qui reste de l’emprise germanique. Cette conquête est fulgurante et en 534 les Vandales survivants doivent se réfugier dans des villages berbères (notamment en Kabylie) ou sont capturés et déportés vers Byzance.

Or, même si les Vandales sont rapidement défaits sur la côte, les Maures indépendantistes conservent leurs positions dans l’arrière-pays. Après un petit siècle d’occupation vandale on ne retrouve plus vraiment de traces du passage de ce peuple, si ce n’est la réputation –quelque peu exagérée- de soldats particulièrement féroces et sanguinaires.

Leur empreinte est un peu plus conséquente en Tunisie actuelle, lieu de leur véritable sédentarisation, où l’on a retrouvé des épitaphes et funéraires à noms germaniques. Du côté algérien des tablettes de bois avec des actes de propriétés -dites tablettes d’Albertini- ont été retrouvées en 1928. Nul autre vestige. Les pères du "vandalisme" en auraient-ils été eux-mêmes victimes ?

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samedi 11 février 2017

Fin des frais d'itinérance en Europe

Bruxelles est content – un accord entre les grands opérateurs de télécommunication semble avoir été trouvé. Mais est-ce que cela signifie réellement la fin des frais d’itinérance ?

Il s’agit d’un progrès énorme pour les consommateurs européen. Le 15 juin 2017, les institutions européennes comptent prendre la dernière marche dans l’abolition des frais d’itinérance qui s’appliquent encore et toujours à la téléphonie et l’utilisation d’internet à l’étranger. A Bruxelles, un accord a été trouvé entre les institutions et les grands opérateurs de télécommunication qui eux, doivent continuer à se rémunérer mutuellement lorsque leurs clients se trouvent dans un autre réseau à l’étranger. Mais est-ce vraiment la fin du « roaming » ?

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Oui et non. Puisque les opérateurs devront continuer à se rémunérer mutuellement, les frais d’itinérance ne sont pas totalement abolis, mais en cas de dépassement du forfait contracté dans leur pays d’origine, les frais d’itinérance appliqués à ce moment-là, ne pourront pas dépasser le « prix du gros » en vigueur entre les opérateurs. Ces « prix de gros » seront de 0,032 € par minute pour les appels et 0,01 € pour les SMS et les tarifs pour l’utilisation d’internet seront régressifs : 7,7 € / Go à partir du 15 juin 2017, 6 € / Go àa partir du 1er janvier 2018, 4,5 € / Go en 2019, 3,5 € / Go en 2020, 3 € / Go en 2021 et 2,5 € / Go en 2022.

Seul petit soucis – la clause permettant aux opérateurs d’appliquer des frais d’itinérance en cas « d’abus » par les consommateurs. Ces « cas d’abus » ne sont pas (encore ?) définis dans les textes et tant que les opérateurs peuvent déterminer eux-mêmes ce qu’ils considèrent être un « cas d’abus », les frais d’itinérance n’auront pas encore tout à fait disparus.

Mais force est de constater qu’il s’agit d’une véritable percée de la politique européenne en faveur des 500 millions de citoyens européens. Connecter toute l’Union Européenne, c’est forcément une bonne chose et ainsi, les temps des mauvaises surprises au retour des vacances sont terminés – plus de facture de téléphone mobile pharaonique, plus de coupure à l’étranger pour cause de dépassement du forfait.

C’est la pratique qui montrera comment cela se passera avec « l’utilisation abusive » – mais on en saura plus dès cet été. Car vous pourrez profiter de cette abolition des frais d’itinérance dès les vacances d’été et il sera plaisant de vivre cette expérience d’une Europe connectée à des tarifs comme à la maison. Si seulement l’Europe pouvait agir avec la même détermination dans tous les autres dossiers brûlants qui nous occupent actuellement…

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lundi 6 février 2017

Corruption légalisée en Roumanie

Incroyable, mais cela se passe au sein de l’Union Européenne. Le décret d’amnistie du gouvernement social-démocrate « légalise » en quelque sorte la corruption, en fixant des seuils jusqu’où la corruption reste impunie. Si la Commission Européenne a protesté contre cette « légalisation » de la corruption, le gouvernement roumain s’est engagé dans un bras de fer avec sa propre population.

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Comment ne pas penser « tous pourris » lorsque le gouvernement décrète que la corruption reste impunie si elle ne dépasse pas 200.000 Lei (44000 €) et ce, dans un pays où le salaire annuel d’un professeur d’école ne dépasse pas les 4500 € ? Et très pratique – le gouvernement roumain avait proposé dans la foulée une amnistie pour les personnes incarcérées et condamnées à des peines de moins de 5 ans de prison. Cette mesure concernerait environ 2500 détenus, dont des responsables politiques condamnés pour – corruption et qui bénéficieraient donc de la grâce du gouvernement. Suite aux protestations musclées, cette amnistie n’a pas encore été décrétée, le gouvernement craigne que les protestations puissent se transformer en émeutes.

Si ce dossier concerne en premier lieu la Roumanie, il concerne également l’Union Européenne, car il est inconcevable qu’un état-membre de l’UE « légalise » la corruption. Ailleurs, les associations et ONGs se battent pour plus de transparence et moins de corruption, pendant qu’un état-membre « légalise » la corruption ?

Depuis mardi, la Roumanie est en état d’alerte. A Bucarest, Cluj, Timisoara et Sibiu, des dizaines, des centaines de manifestants descendent dans la rue, à Bucarest, des affrontements violents entre les manifestants et les forces de l’ordre ont eu lieu. Et la situation est loin de se calmer – et le gouvernement ne veut pas revenir sur sa décision qui est pour le moins surprenante.

Depuis la chute de Ceausescu, le pays n’a pas vu des manifestations d’une telle envergure et ce, malgré les températures glaciales qui règnent en Roumanie. Le gouvernement roumain, en place depuis moins d’un mois sous la direction de Sorin Grindeanu, est en train de se mettre non seulement la population à dos, mais également les autres institutions roumaines. Ainsi, le président Klaus Iohannis (qui avait, lors de son instauration, promis « d’éradiquer la corruption pendant les 5 ans de son mandat »), le Procureur Général, la Cour Suprême et d’autres autorités ont déjà fait savoir leur opposition à cette décision gouvernementale.

Va-t-on vers une nouvelle « révolution » en Roumanie ? Est-ce que l’intervention de Jean-Claude Juncker suffira pour raisonner le gouvernement roumain ? En tout cas, ce qu’il se passe en Roumanie montre une nouvelle fois l’incapacité de cette Europe intergouvernementale de défendre ensemble, même les valeurs les plus basiques. Seule une Europe fédérale sera en mesure de permettre une vraie organisation européenne à l’intérieur comme à l’extérieur.

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mercredi 1 février 2017

Schaüble veut abolir l'évasion fiscale

Pour une fois, l’inventeur de la politique d’austérité, le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble, a eu une excellente idée. Qui pourrait empêcher une bonne partie de l’évasion fiscale des grandes entreprises.

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Le système connu sous le nom de « LuxLeaks » fonctionne de manière assez simple. Les multinationales transforment leurs bénéfices réalisés dans les différents pays en « droits de licence de marque » qu’ils versent à leur QG qui lui, est installé dans un pays où il ne paie que peu ou pas d’impôts sur ces bénéfices. Ainsi, les bénéfices réalisés dans les pays se transforment en frais de fonctionnement et l’entreprise en question ne paie aucun impôt sur ses bénéfices. Le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble veut maintenant s’attaquer à ce système qui a permis au Luxembourg ou à l’Irlande, d’attirer de nombreux sièges européens d’entreprises multinationales. Tout en privant les états européens des recettes fiscales, tout en permettant aux entreprises les plus riches du monde à se soutirer de la taxation.

Dès mercredi, Schäuble veut présenter une proposition de loi – qui interdit de déduire les frais de licence ou de propriété intellectuelle des bénéfices imposables, lorsque de tels frais ne sont pas ou peu taxés dans le pays où l’entreprise a son siège principal. Puisque des pays comme Malte n’imposent pas les droits de licence ou de propriété intellectuelle, cette mesure mettrait un terme à cette pratique qui prive depuis sa mise en œuvre, les pays européens des impôts des plus grandes entreprises.

« Les impôts devraient être payés dans le pays où l’activité générant des bénéfices est effectuée et non pas dans le pays qui offre le taux d’imposition le plus faible », a expliqué Wolfgang Schäuble en s’attaquant ainsi au système instauré au Luxembourg et dans d’autres pays. Dans ce système, les multinationales ne payent que des impôts dérisoires sur d’énormes bénéfices, et privent ainsi les états européens d’une source de budget importante, au seul profit des actionnaires des multinationales. Est-ce que Wolfgang Schäuble se serait découvert une âme de socialiste ?

Toutefois, pour que ce système puisse réellement être invalidé, il ne suffira pas qu’un seul pays prenne une mesure comme celle-ci. Une telle règlementation ne pourrait être efficace qu’à condition que tous les états-membres de l’Union Européenne y adhèrent – mais ce sera difficile, car des pays comme les Pays-Bas, Malte, le Luxembourg, la Belgique ou, hors-UE, la Suisse profitent de ce système qui garantit des emplois et quelques retombées fiscales chez eux.

Il serait souhaitable que l’Union Européenne se saisisse de ce dossier et que l’Europe agisse de manière solidaire pour faire en sorte à ce que les entreprises les plus riches du monde participent comme les autres au financement des budgets publics. Et il faudra faire vite, avant que Wolfgang Schäuble se rend compte qu’il est en train de défendre un projet que l’on pourrait carrément qualifier « de gauche »… (selon "Euro-journalist")

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dimanche 27 novembre 2016

Les marchés de Noël en Europe

Informations pratiques 

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A l’heure où Strasbourg s’apprête à inaugurer son marché de Noël, vous envisagez peut-être de goûter à l’esprit de Noël dans un autre pays européen. En Allemagne, République Tchèque, Italie, Pays-Bas et bien d’autres, les chalets en bois, sapins, vin chaud et illuminations sont également au programme. Pour vivre la magie de Noël dans un pays européen en toute quiétude, le Centre Européen des Consommateurs France vous livre quelques informations pratiques.

Contrôles aux frontières – Si vous êtes citoyen de l’UE, vous pouvez voyager entre les pays de l’espace Schengen sans devoir montrer votre carte d’identité ou votre passeport à la frontière. Attention ! Certains états comme l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Norvège et la Suède ont toutefois réintroduit des contrôles à leurs frontières.

Pneus neige pour circuler à l’étranger – 7 pays comme l’Allemagne ou l’Autriche imposent des pneus neige si les conditions climatiques sont hivernales. Pour savoir si vous devez équiper votre véhicule pour circuler dans un pays européen, consultez la carte interactive également proposée par le CEC.

Paiement en espèces en Europe – Dans 21 pays d’Europe, les paiements en espèces sont limités à un certain montant (1.000 € en Italie par exemple). Au-delà, vous devrez payer par virement ou par carte bancaire mais rarement par chèque. Renseignez-vous auprès du commerçant sur la possibilité de payer par carte bancaire et sur les types de cartes acceptés. Consultez avant de partir la carte interactive du CEC France sur les limites de paiement en espèces en Europe.

Pas de droit de rétractation sur les marchés – Le droit de rétraction permet de revenir sur sa décision d’achat pendant un certain délai. Les achats sur les marchés de Noël ne sont pas concernés par ce droit. Votre achat sur un marché de Noël en France comme en Europe, sera donc ferme et définitif.

Garantie de deux ans sur les produits achetés – Pour tout bien acheté en Europe, les consommateurs bénéficient d’une garantie d’au moins 2 ans qui leur permet de demander réparation, remplacement du bien ou remboursement si ces solutions s’avèrent impossibles. Elle est obligatoire, gratuite et fournie par le commerçant, même sur un marché de Noël. N’oubliez pas de demander les coordonnées du commerçant pour pouvoir le contacter en cas de problème.

Vin chaud – à consommer avec modération – Les taux d’alcoolémie fixés en Europe ainsi que les sanctions inhérentes varient d’un pays à un autre. Dans 18 pays européens, le taux autorisé est de 0,5g par litre de sang (Allemagne, Belgique, Espagne). Il varie dans les autres pays entre 0,2 g/l et 0,8 g/l et plusieurs pays appliquent même la tolérance zéro (Roumanie, Hongrie). (euro-journaliste)

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jeudi 22 septembre 2016

Après le Brexit, le Honxit ?

Le chef du gouvernement hongrois Viktor Orban veut laisser les hongrois décider de l'accueil de réfugiés.

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La Hongrie n’a visiblement plus envie de faire partie de l’Union Européenne. La décision du mois de septembre dernier concernant la distribution de 160.000 réfugiés sur les pays européens, ne passe pas du côté de Budapest. Maintenant, le Viktor Orban qui s’autoqualifie «d’antidémocrate» veut laisser le peuple hongrois voter si oui ou non, la Hongrie devrait accueillir des réfugiés. Après avoir fait comprendre à son peuple que les réfugiés seraient en train d’organiser une «invasion» de l’occident (la Hongrie, fait-elle réellement partie de l’occident ?), le résultat sera assez clair. Mais pourquoi est-ce qu’on n’organise pas le même jour, un référendum dans les autres pays européens concernant l’exclusion de la Hongrie de l’UE ?

Les «quotas» de distribution des réfugiés sur les pays européens, constitue aux yeux de Viktor Orban un «abus de pouvoir» de la part des institutions européennes. Les applaudissements de Prague, Bratislava, Varsovie et d’autres capitales lui sont acquis, mais si désormais, tout le monde suit l’exemple britannique, l’UE serait réellement arrivée au bout de son chemin.

Une étude récente a démontré que deux européens sur trois seraient favorables à ce que l’on coupe les subventions européennes aux pays qui refusent de se montrer solidaire dans cette situation que l’ensemble des responsables politiques européens qualifient de «plus grand défi depuis la IIe Guerre Mondiale». Couper des subventions aux pays qui ne respectent pas les valeurs communes de l’Europe, cela pourrait également faire l’objet d’un référendum dans les autres pays européens, de préférence le jour où le référendum hongrois aura lieu.

L’Europe se trouve désormais en situation de légitime défense. La Grande Bretagne, les «pays de Visegrad», l’Autriche et d’autres sont en train d’invalider les acquis européens des dernières décennies pour des raisons nationalistes et égoïstes et si les institutions européennes veulent survivre cette phase turbulente, il faut qu’elle réagisse dès maintenant aux multiples attaques dont elle fait partie.

Lancer des procédures comme la «vérification si les paramètres de l’état de droit soient respectés», comme l’UE l’avait fait après les attaques du nouveau gouvernement polonais sur la liberté de la presse, ne suffit pas, surtout dans la mesure où pour ce genre de procédure, la règle de l’unanimité prévaut également. Ce qui veut dire dans la pratique qu’aucune de ces procédures n’a de chances réalistes d’aboutir.

Il faut que l’UE se donne immédiatement d’autres règles. Il faut qu’elle soit en mesure, comme n’importe quelle association, d’exclure des membres qui ne respectent pas les objectifs du «club», il faut qu’elle soit en mesure de décider de sanctions qui fassent vraiment mal (comme la suspension de subventions) et il faut que les institutions européennes retrouvent, le plus vite possible, un mode d’action à la majorité qualifiée. Il est inconcevable que des états qui ne représentent qu’une petite fraction de la population européenne, puissent dicter leur politique et leur nationalisme à l’ensemble des autres pays européens.

Maintenir le statut quo, à savoir une paralysie la plus complète permettant à des pays comme la Grande Bretagne ou la Hongrie d’imposer leur loi partout en Europe, cela n’est plus possible. Il ne s’agit nullement d’imposer à la Grande Bretagne ou la Hongrie, une politique dont ces pays ne veulent pas. Il s’agit uniquement de créer une situation qui permette d’exclure ceux qui mettent en péril tout ce continent qui est en train de glisser de plus en plus vers ce nouveau nationalisme qui par le passé, a déjà causé de millions de morts en Europe. Ils ne veulent pas être européens et pas non plus partager des valeurs comme la solidarité et l’humanisme ? Soit, mais à ce moment-là, qu’ils prennent leur responsabilité et quittent l’Union Européenne. Et s’ils ne veulent pas partir, qu’on ait enfin la possibilité de les exclure. Ni plus, ni moins.(Euro-journaliste) 

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vendredi 17 juin 2016

Football/UEFA : tirages au sort truqués ?

Sepp Blatter règle ses comptes en dévoilant les pratiques de la mafia du football

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Le site sport.fr indique dans un article publié le 13 juin que dans un entretien accordé au quotidien argentin La Nacion, «l'ancien Président de la FIFA évoque la question du tirage au sort des grandes compétitions internationales, et surtout la possibilité de les truquer. Même si tout est fait en direct à la télévision !»

Pour authentifier ses déclarations, «Blatter ne citera qu'un seul nom, d'Artemio Franchi, le Président de l'UEFA entre 1972 et 1983, qui a truqué selon lui des tirages au sort de compétitions de club», rapporte le journal.

L’ancien patron de la FIFA aurait avoué avoir assisté au truquage de certains de ses collaborateurs. «Je n'ai jamais touché les boules, d'autres l'ont fait, oui. Bien sûr qu'on peut les rendre reconnaissables, en les chauffant ou en les refroidissant (...) J'ai été témoin de tirages au sort, au niveau européen, où cela se faisait. Mais jamais à la FIFA», a déclaré M. Blatter selon AFP. «On met les boules au réfrigérateur avant. En les touchant, on sent celles qui sont froides et celles qui ne le sont pas», a-t-il poursuivi.

Ah décidément, l'argent pourrit le sport ! Et la vengeance est un plat qui se mange froid : Platini, assis devant son poste de télé pour regarder les matches de l'Euro-2016 doit ruminer ce dicton...

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dimanche 12 juin 2016

1816 : année sans été

C'était il y a 200 ans : l'année 1816 fut dans l'hémisphère nord, et particulièrement dans la Rhénanie (Alsace et Pays de Bade) et en Suisse une année de phénomènes météorologiques violents, de pluies et d'inondations continues, avec comme conséquences de mauvaises récoltes, la faim, la pauvreté, et une grande vague d'émigration.

volcanLes catastrophes commencèrent en fait le 10 avril 1815 avec l'éruption volcamique du mont Tambora en Indonésie qui entraîna de nombreuses conséquences pour l'hémisphère nord, et notamment l'Europe. Mais la première conséquence fut un tsunami qui a provoqué la mort de plus de 100000 victimes autour du volcan.

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Les géologues estiment que d'énormes nuages de cendres et de gaz furent projetés jusqu'à 43000 mètres dans la stratosphère. Ils recouvrirent d'un voile de poussières et de particules de soufre l'atmosphère. Le rayonnement solaire fut amoindri pour plusieurs années avec des conséquences fatales telles la chute des températures, des nuages, de la brume, soit un temps fou : les années 1815 - 1820 furent parmi les années les plus froides de l'histoire récente.

L'Alsace et le Pays de Bade ont  dû endurer la faim et la pauvreté, autant à cause du climat que des 25 années de guerres révolutionnaires et napoléoniennes. L'année 1816 fut marquée par le froid sec jusqu'au mois de mai, suivi de pluies continues jusqu'à l'automne.

Dans nos vallées, le foin pourrissait dans les prés. Les cerises furent cueillies vers le 20 septembre, tandis que les raisins et les pommes n'arrivèrent pas à maturité. Beaucoup de champs restèrent inondés du printemps jusqu'au début de l'hiver. Les premières gelées apparurent dès le 15 octobre, avant même que les paysans n'aient pu penser au regain dans les prés. Le bétail mourait par manque de fourrage.

Famine

Dès le mois de novembre, il se remit à neiger et l'hiver était de retour. Les habitants ne connaissaient que la pauvreté, la faim, la détresse et la mort. Et ceci, bien que les soupes populaires ne furent jamais fréquentées par autant de monde. La variole et la dysenterie firent leur apparition. Il n'est donc pas étonnant que dès la fin de 1816 et le début de l'année 1817, dans la plaine rhénane près de 50000 habitants émigrèrent vers l'Amérique, ou parfois vers l'Europe de l'Est, où le climat était resté plus favorable.

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