samedi 1 octobre 2022

L'UE renforce son soutien militaire au Mozambique, pays riche en gaz

L'Union européenne a déclaré jeudi qu'elle apporterait un soutien supplémentaire à une mission militaire africaine au Mozambique, alors que des attaques islamistes menacent des projets gaziers destinés à réduire la dépendance du bloc vis-à-vis de l'énergie russe.

mozambiqueL'UE fait la chasse aux sources d'énergie alternatives depuis l'invasion de l'Ukraine par Moscou et le Mozambique possède les troisièmes plus grandes réserves de gaz prouvées en Afrique.

Mais depuis 2017, ce pays d'Afrique australe est aux prises avec des militants liés à l'État islamique dans sa province de Cabo Delgado, la plus septentrionale et riche en gaz. Le conflit se situe à proximité de projets de gaz naturel liquéfié (GNL) valant des milliards de dollars développés par des entreprises occidentales, dont le français Total et l'italien ENI.

Confirmant un rapport de Reuters en août, l'UE a déclaré que les gouvernements avaient accepté de donner 15 millions d'euros (15 millions de dollars) à la mission de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) au Mozambique (SAMIM), qui combat l'insurrection.

Dans un rapport interne consulté par Reuters, l'UE avait mis en garde contre une situation "très volatile" dans le nord du Mozambique, bien que la mission de la SADC et une intervention distincte de troupes rwandaises soient parvenues à contenir les militants.

Le soutien financier a été annoncé un jour après que le Mozambique a déclaré qu'au moins six personnes ont été décapitées et une religieuse italienne tuée par des insurgés dans le nord de la province de Nampula.

Les fonds s'ajoutent aux 1,9 million d'euros déjà fournis par l'UE à la SAMIM et aux 89 millions d'euros destinés aux forces armées mozambicaines.

Les fonds supplémentaires serviront à acquérir des fortifications de camp et des conteneurs de stockage, des équipements médicaux, des véhicules et des bateaux, ainsi que des dispositifs technologiques, précise le communiqué de l'UE.

Dans son rapport interne, l'UE avait déclaré que le soutien serait limité aux équipements non létaux, malgré le besoin de la SADC en la matière.

Le rapport indiquait que le soutien de l'UE à la mission rwandaise au Mozambique serait également proposé dans les mois à venir. (selon "Zonebourse")

NB : 1 $ = 1,0004 euros

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jeudi 29 septembre 2022

Le plus vieux dinosaure africain aurait pu être américain

Des scientifiques viennent d’annoncer la découverte du squelette du plus vieux dinosaure d’Afrique, dans le district zimbabwéen de Mbire. Ces restes semblent confirmer la théorie de la dérive des continents…

zimbabweUn mètre de haut environ, 30 kilogrammes, une longue queue et une tête plutôt petite : l’animal dont la découverte du squelette au Zimbabwe vient d’être annoncée par une équipe internationale de paléontologues, pourrait être confondu avec un banal varan. Pourtant, même de taille plus modeste que les dinosaures géants à long cou qui constitueront sa descendance, le Mbiresaurus raathi est bien une créature de cette époque lointaine où apparaissaient les tout premiers mammifères. Il courait sur deux pattes, il y a environ 230 millions d’années…

Si le squelette – presque complet, c’est rare – a été retrouvé à l’occasion d’expéditions en 2017 et 2019, ce n’est que ce mercredi 31 août que l’équipe de chercheurs du Zimbabwe, de la Zambie et des États-Unis a publié ses résultats dans la prestigieuse revue Nature. De l’espèce sauropodomorphe, le dinosaurien « rhodésien » est présenté comme le plus ancien fossile de dinosaure connu du continent. L’animal était vraisemblablement un omnivore qui se nourrissait de plantes, de petits animaux et d’insectes.

Continents connectés

Son nom, « Mbiresaurus raathi », est un double hommage au district de Mbire du nord-est du Zimbabwe – où le squelette a été trouvé – et au paléontologue Michael Raath, le premier chercheur qui signala des fossiles dans cette région du globe. Le spécimen découvert en a rejoint d’autres au Musée d’histoire naturelle de la ville zimbabwéenne de Bulawayo.

C’est le scientifique de l’université américaine de Yale Christopher Griffin qui a déterré le premier os de ce squelette, un fémur. S’il a commencé à creuser au Zimbabwe, c’est en s’appuyant sur la théorie selon laquelle tous les continents actuels ont été connectés, un jour, en une seule masse terrestre dénommée Pangée. Il a calculé que l’ancienne Rhodésie se trouvait vraisemblablement, à l’époque, à peu près à la même latitude que l’Amérique du Sud moderne. Inspiration pertinente : ce sont bien des restes de dinosaures de la même époque et de mêmes caractéristiques que le Mbiresaurus raathi qui ont été auparavant trouvés au Brésil et en Argentine.

Les migrations humaines auraient été bien plus simples à l’époque du supercontinent, lorsque l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Europe étaient collées. Mais l’homme, s’il avait été présent, n’aurait sans doute pas manqué d’inventer le grillage…

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vendredi 20 mai 2022

Libye : blocage des sites pétroliers

La guerre en Ukraine cache celle de Libye !

Des forces loyales au maréchal Khalifa Haftar ont fermé des puits et des terminaux afin de fragiliser le gouvernement d’Abdel Hamid Dbeibah à Tripoli.

libyeImpasse politique, blocage pétrolier, pressions des milices : la Libye renoue avec son rituel scénario de crise un an à peine après une réconciliation nationale désormais en péril. Mardi 19 avril, la compagnie nationale de pétrole, la National Oil Corporation (NOC), basée à Tripoli, a dénoncé la fermeture « illégale » par des groupes protestataires du terminal de Brega, situé dans le Croissant pétrolier, la principale plate-forme d’exportation du brut libyen en bordure du golfe de Syrte. Il s’agit, selon la NOC, de la quatrième paralysie d’installations pétrolières après celles du terminal de Zoueitina en Cyrénaïque (Est) et des deux champs d’Al-Sharara et d’Al-Feel, situés dans la région méridionale du Fezzan. Au total, près de 550 000 barils de pétrole par jour manqueraient ainsi à l’offre libyenne – soit 40 % de sa production nationale –, un nouveau facteur poussant les cours de l’or noir à la hausse dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Le blocage des sites pétroliers libyens est l’aboutissement d’un schisme politique entre deux autorités gouvernementales parallèles dans lequel rebascule le pays depuis deux mois. Le 10 février, le Parlement siégeant à Tobrouk (Est) avait nommé Fathi Bachagha à la tête d’un nouveau gouvernement de stabilité nationale (GSN), voué à se substituer au gouvernement d’union nationale (GUN) dirigé par Abdel Hamid Dbeibah. Celui-ci avait été investi en mars 2021 dans le cadre d’une réconciliation entre factions rivales libyennes scellée sous les auspices des Nations-Unies. (selon "Le Monde")

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jeudi 12 mai 2022

Liberté de presse en Afrique : l'Algérie et le Maroc épinglés

Le dernier classement de Reporters sans frontières (RSF) dresse un bilan mitigé sur la liberté de la presse en Afrique.

presseEntre les Seychelles (13e) ou la Namibie (18e) et l'Erythrée (179e sur 180), il y a les différents visages de l'Afrique. Le bilan est contrasté, selon le dernier rapport de Resporters sans frontières (RSF). "Ces dernières années, la multiplication de lois répressives criminalisant le journalisme en ligne est venue porter un nouveau coup au droit à l’information. Dans le même temps, la prolifération des rumeurs, de la propagande et de la désinformation a contribué à affaiblir le journalisme et l’accès à une information de qualité", constate RSF.

La situation est inégale. Tandis que la Côte d'Ivoire fait un bond impressionnant en passant de la 66e à la 37e place sur 180, le Mali, lui, continue de s'enfoncer dans le classement. "Dans le Sahel, l’insécurité et l’instabilité politique ont fortement progressé et le journalisme y est, ces derniers temps, attaqué de manière spectaculaire. En 2021, deux journalistes espagnols ont été tués au Burkina Faso (41e), le reporter français Olivier Dubois a été enlevé par un groupe armé au Mali (111e) et plusieurs journalistes ont été expulsés du Bénin (121e), du Mali ou du Burkina Faso", analyse l'organisation.

Situation préoccupante en Afrique du Nord"

La situation de la presse dans la région Afrique du Nord (hors Egypte) n’a jamais été aussi préoccupante, avec quatre pays concernés au plus haut niveau par cette aggravation de la situation : l'Algérie (134e), où la liberté de la presse recule de manière inquiétante et l’emprisonnement des journalistes devient chose courante, le Maroc (135e) qui maintient en prison trois figures importantes du journalisme en dépit des pressions, et enfin la Libye (143e) et le Soudan (151e) où les observateurs et nos correspondants expliquent qu’il n’y a plus de presse libre dans le pays", s'alarme RSF

La Tunisie s'en sort un peu mieux mais de "graves inquiétudes sont pourtant apparues depuis le coup de force du président Kaïs Saïed, le 25 juillet 2021, et l’installation de l’état d’exception". (selon BFMTV-Afrique)

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mercredi 4 mai 2022

La Russie relance un projet de base navale au Soudan

Isolée sur la scène internationale depuis l’invasion de l’Ukraine, Moscou cherche à renforcer ses liens avec des pays africains. Le Soudan pourrait ainsi valider un projet de base militaire russe lui donnant accès à la mer Rouge, au grand dam des États-Unis.

soudan1L’un est devenu "un paria" de la scène internationale depuis son invasion de l'Ukraine, l’autre subit les foudres de l’Occident depuis un coup d'Etat militaire, le 25 octobre : la Russie et le Soudan semblent en bonne voie pour ressusciter un projet de base militaire offrant aux Russes un accès stratégique à la mer Rouge.

Le 23 février, à la veille du déclenchement par Vladimir Poutine de "l’opération spéciale" en Ukraine, une délégation soudanaise, emmenée par le numéro 2 du régime, le général Mohammed Hamdane Daglo, dit Hemedti, a été reçue à Moscou.

Pendant huit jours, le général Daglo, chef des redoutables paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a rencontré de nombreux officiels russes dont le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

"Si un pays veut une base sur nos côtes, que cette base satisfait nos intérêts et ne menace pas notre sécurité, qu'elle soit russe ou autre, nous coopérerons", a-t-il lancé à la presse à son retour de Russie.

L’agence de presse d’État soudanaise, Suna, a également expliqué que les deux pays avaient convenu de relancer tous les précédents accords économiques, diplomatiques, politiques et de sécurité.

Le coup d’État rebat les cartes

soudan2Ce projet de base navale russe au Soudan remonte en réalité à 2017. Vladimir Poutine et l’autocrate Omar El-Béchir avait signé un accord stipulant que Moscou obtiendrait un bail de vingt-cinq ans pour construire une base à Port-Soudan, le principal port du pays. Elle devait permettre d’accueillir 300 hommes et jusqu’à quatre navires de guerre.

Mais avec la chute d’Omar El-Béchir en 2019 et son remplacement par un pouvoir partagé entre civils et militaires, le projet avait été mis entre parenthèse. D’autant que Khartoum s’est rapproché pendant cette période de transition démocratique des chancelleries occidentales. Le pays a été retiré de la liste des États soutenant le terrorisme, a bénéficié d’un rééchelonnement de sa dette et d’un soutien économique massif de la part des États-Unis.

Cependant, le coup d’État du général Al-Burhane en octobre 2021 et le retour d’un pouvoir militaro-islamiste a rebattu les cartes, recréant des conditions favorables à une coopération renforcée avec la Russie.

Si ce projet est mené à son terme, il s’agirait de la première base militaire russe en Afrique depuis  l'effondrement de l'URSS. "Mais pour le moment, il n’y a que des paroles et aucuns travaux du port n’ont été lancé", tempère l’historien Gérard Prunier, spécialiste de l'Afrique de l’Est, joint par France 24, qui prédit toutefois un rapprochement accéléré entre les deux pays.

Wagner, des hommes de main pour Hemedti

Pour les Russes, l’intérêt d’une base navale au Soudan est hautement stratégique. Une base sur la mer Rouge donne un accès direct aux mers chaudes "qui sera ainsi potentiellement un point d’appui de choix des forces navales russes pour le Moyen-Orient et la côte est-africaine", note Arnaud Peyronnet de l'Observatoire stratégique de la Méditerranée et du Moyen-Orient.

L’objectif serait également de faciliter l’extraction d’or, de terres rares et d’autres ressources contrôlées par les FSR de Hemedti et l’armée soudanaise, dont la mainmise est quasi-totale sur tous les secteurs de l’économie.

Ces derniers entretiennent depuis plusieurs années des liens avec le Kremlin et son bras armé sur le continent : la milice privée Wagner. "Au Soudan, les hommes de Wagner sont étroitement contrôlés par Hemedti qui les utilise comme gardes de sécurité sur ses mines d’or illégales", assure Gérard Prunier.

Déjà sous Omar el-Béchir, des accords avaient été signés entre des compagnies liées à Evgeny Prigozhin, l’homme de main du Kremlin en Afrique de par ses liens avec Wagner, dont M Invest et sa filiale soudanaise meroe Gold. Prigozhin avait fait l’objet de sanctions en juillet 2020 de la part des États-Unis qui l’accusaient "d'exploiter les ressources naturelles du Soudan pour son enrichissement personnel".

Cette présence du groupe Wagner au Soudan s’inscrit plus globalement dans la stratégie de Vladimir Poutine en Afrique. Stratégie qui consiste à s’arrimer à des pays en phase de transition politique comme en Centrafrique, en Libye ou encore au Mali.

L’inquiétude des États-Unis 

Selon le Wall Street Journal, la perspective de voir une base navale russe au Soudan suscite une inquiétude grandissante parmi les responsables militaires américains.

L’année dernière, le général Stephen Townsend, chef du commandement militaire en Afrique, avait déjà assuré lors d’une audition devant les sénateurs que ce projet était une préoccupation majeure pour les États-Unis.

Face à ce rapprochement, les Occidentaux se trouvent confrontés à un dilemme. "Avec nos sanctions, nous sommes tout simplement en train d'offrir le Soudan sur un plateau aux Russes", explique un diplomate cité par l’AFP. "Les généraux ont survécu en autarcie sous l'embargo contre Béchir, donc nos menaces pèsent peu".

Depuis le coup d’État, la junte au pouvoir mène une répression brutale contre les manifestants qui continuent à descendre dans la rue pour réclamer le retour d’un pouvoir civil. Selon l'ONU, au moins 85 manifestants anti-putsch ont été tués au Soudan depuis le 25 octobre, sans compter des centaines de violations des droits humains perpétrés "dans un contexte d’impunité totale". (selon "France-24")

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dimanche 1 mai 2022

Le Congo vote contre la suspension de la Russie au siège du CDH

Sur les 193 pays membres de l’Assemblée générale des Nations unies qui ont récemment voté au sujet de la suspension de la Russie de son siège au Conseil des droits de l’Homme (CDH), 93 ont voté pour, 58 se sont abstenus et 24 ont voté contre cette suspension dont la République du Congo.

congoL’Assemblée générale des Nations Unies a suspendu jeudi dernier la Russie de son siège au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies en raison de l’invasion de l’Ukraine. 9 pays africains ont voté contre cette suspension parmi lesquels l’Algérie, le Burundi, la RCA, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Gabon, le Mali, le Zimbabwe et le Congo.

Le ministre des Affaires étrangères et des congolais de l’étranger, Jean-Claude Gakosso s’est exprimé sur le choix du Congo de voter contre l’exclusion de la Russie du Conseil des droits de l’homme (CDH) de l’ONU au cours d’une interview accordée à l’agence de presse russe RIA Novosti.

« Dans le contexte du conflit en Ukraine, nous avons pensé qu’il fallait mieux dialoguer, privilégier le dialogue, les négociations, la voie diplomatique. Même si le sujet est difficile, le dialogue est nécessaire. On ne peut pas dialoguer en fermant la porte à l’un des acteurs principaux en lui disant « non », il reste dehors. Mais avec qui donc dialoguera-t-on ? Si on exclut la Russie du Conseil des droits de l’homme, avec qui dialoguera-t-on ? », a-t-il déclaré.

S’agissant de l’équilibre dans les relations internationales, le ministre Jean-Claude Gakosso a souligné le rôle de la Fédération de Russie dans les affaires mondiales.

« Ainsi, nous qui vivons dans un monde multipolaire, ne pouvons pas accepter qu’une nation aussi grande que la Russie, qui a tout fait pour la paix, pour vaincre les fascistes, pour mettre fin au colonialisme, pour former les élites africaines, soit expulsée de ce Sénat », a-t-il poursuivi.

Les relations entre la République du Congo et la Fédération de Russie sont actuellement au bon fixe, en témoigne la réunion de travail qu’a eu le ministre de la Coopération international Denis Christel Sassou Nguesso et son homologue russe de l’Energie Pavel Sorokin au mois de mars où la signature d’accords multi-sectoriels ont été évoqués. (selon Jean-Claude Gakossa,  "Journal de Brazza")

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mercredi 6 avril 2022

« Suspect 95 », le meilleur rappeur ivoirien

Plus connu sous le pseudo de « Suspect 95 », de son vrai nom Guy Ange Emmanuel, est un jeune rappeur ivoirien. Révolté dès le collège, il commence à écrire ses premiers textes. Son état d’esprit, c’est de chercher à faire la différence à chacune de ses sorties. Sans modestie, il se considère comme le meilleur rappeur ivoirien, même s’il reconnaît le talent des autres. À 26 ans, il connaît un succès fulgurant.

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S’inspirant beaucoup du rap américain, tout en écoutant des artistes tels que DJ Khaled, T-Pain, Ace Hood, mais aussi du rappeur ghanéen Sarkodie, le jeune Guy Ange Emmanuel alias « Suspect 95 » embrasse le monde de la musique assez jeune. Tout est parti d’une histoire de vengeance au Collège moderne de Cocody où il était élève, il y a quelques années. Il commence à écrire ses premiers textes en classe de 3ème.

« Au collège, il y avait une bande de types, des « voyous » qui faisaient leur loi. Ces gars-là écoutaient beaucoup de rap et un jour, l’un de mes meilleurs potes s’est ridiculisé en voulant faire une battle contre eux. Moi, ça m’a touché et j’ai commencé à gratter des textes pour ne pas nous ridiculiser. C’est comme ça que je me suis mis dans le rap… Je n’en suis jamais sorti », a révélé « Suspect 95 », qui est aujourd’hui une célébrité du rap dans son pays, la Côte d’Ivoire.

« Au lycée, on faisait des tournois de freestyles tous les vendredis. Moi, j’excellais tout le temps, je donnais tout et c’est comme ça que mon nom a commencé à tourner. Grâce au bouche à oreille, Bebi Philip a eu connaissance de ce que je faisais. C’est quelqu’un de très connu chez nous et il m’a dit simplement qu’il était prêt à me signer, à travailler avec moi. On a bossé des textes, en studio…», a expliqué l’artiste, qui a été obligé par sa maman d’arrêter un moment le rap, pour se concentrer sur ses études.

« Tout a commencé naturellement, j’ai même collaboré avec le groupe Kiff No Beat. Ensuite, j’ai fait une pause pour mon bac et après l’avoir obtenu, ça a marqué un tournant. Là, j’ai fait une vraie entrée dans le show-biz », précise-t-il. Lorsqu’il a obtenu son diplôme de baccalauréat, il a continué la musique parallèlement à ses études supérieures. Alors, « Suspect 95 » refait une chanson avec Bebi Philip, « Au nom de quel amour », qui a été très appréciée du public ivoirien. Par la suite, il enregistré son premier single solo, « Esseu C forcé ? ». Mais cela devenait trop compliqué de gérer ses cours et sa carrière musicale en même temps.

« Suspect 95 » décide finalement d’arrêter les études. En 2016, il se révèle avec la chanson « Enfant de boss c’est boss », produite par Stelair. Ce fut un succès auquel, lui-même ne s’attendait pas. Aujourd’hui, « Suspect 95 » se considère sans modestie, comme le meilleur rappeur ivoirien, c’est-à-dire la tête et la queue du rap « Made in Ivory Coast ». En 2020, il a d’ailleurs remporté le prix de « Meilleur artiste rap ivoire » et de « Meilleur clip vidéo de l’année ».

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dimanche 3 avril 2022

Le Sénégal étouffé par la guerre en Ukraine et le Mali

Les Sénégalais sont de plus en plus tenaillés par une hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité et autres produits alimentaires. Une hausse imputée à la guerre en Ukraine et à la fermeture de la frontière avec le Mali.

s_n_galLa ménagère sénégalaise continue de pleurer son panier qui se dégarnit de jour en jour. La raison, une hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité. Que cela soit le riz, le lait, le sucre, la tomate concentrée et même les pâtes alimentaires, tous les prix des denrées ont grimpé en flèche au point de renforcer la tension alimentaire déjà existante. Au marché central de Thiès (70 km de Dakar), le mot est donné. Par les commerçants qui adoptent le même barème de prix pour les denrées, mais aussi les clients qui crient tous au scandale et en appellent à l’Etat qui, disent-ils, doit sévir.

« Comment comprendre que tous les prix grimpent de la sorte, en une semaine. C’est de la malhonnêteté. Même ceux qui avaient gardé leurs anciens stocks ont fait monter les prix. Tous les commerçants fixent le même prix. Comme s’ils se sont concertés. En fait, c’est ça, ils se sont tous donnés le mot et ont décidé de commun accord d’harmoniser leurs prix. C’est de la mauvaise foi et ils se disent des croyants, surtout à l’approche du ramadan », se désole cette femme, panier en main, avec seulement un sachet de tomates fraîches, quelques feuilles d’oseille et un bout de poisson dont on aperçoit facilement la queue.

Elle n’aura pas terminé son propos lorsqu’une autre dame l’interrompt. « Ce sont tous des voleurs. Tous malhonnêtes, car ils font ce qu’ils veulent », lance-t-elle, visiblement dépitée. Foulard de tête défait, les deux côtés pendants au niveau de ses épaules larges du fait d’une forte corpulence, celle-ci, qui éprouve quelques difficultés de mobilité, liées à la charge pondérale, fulmine avec un long tchiip. « Tous des malhonnêtes. Ils ne vivent que de biens mal acquis, sur le dos des Sénégalais. Et les voilà qu’ils se dirigent vers le mois de ramadan pour espérer avoir des bénédictions. Mon œil ! Ils ne récolteront que des péchés, car c’est ce qu’ils auront semé. Ces commerçants me dégoûtent », balance-t-elle à la face d’un vendeur de denrées alimentaires.

Ce dernier ne trouvait pas les mots devant la colère de la dame, à part insister que « cette situation est indépendante de notre volonté ». Trop facile comme excuse, estime une autre cliente, moins agressive, car elle aura au moins souri en s’adressant au commerçant qu’elle avait en face et qui lui livrait les deux kilogrammes de pomme de terre qu’elle avait commandés. « On nous dit que les prix ont monté à cause de la guerre en Ukraine. Qu’est-ce que nous ici au Sénégal avons-nous à voir avec ce qui se passe en Ukraine », se demande le commerçant, qui impute la hausse à son grossiste. « Il parait que c’est l’Ukraine et la Russie qui nous fournissent le blé, pourtant le prix du pain n’a pas augmenté depuis le début de la guerre. Pourquoi les autres prix alors », demande un jeune homme, mandaté par sa mère acheter de la pâte d’arachide.

La réponse viendra d’une autre bonne dame qui change de cap et lui fait comprendre que certaines denrées, comme le gingembre, certaines farines et même des fruits, commencent à prendre la tangente, « car ils provenaient généralement du Mali et de la Guinée et transitaient par Bamako avant d’être acheminés au Sénégal via les camions maliens qui effectuaient la navette entre les deux pays ». Lesquels véhicules ne circulent plus entre les deux pays depuis les fameuses sanctions de la CEDEAO. Mais en attendant, les prix montent en flèche. Le sac de lait de 5 kg, jadis vendu à 17 500 FCFA coûte désormais 21 000 FCFA. « Je l’ai acheté en gros à 20 500 FCFA, je ne peux pas le revendre à moins de 21 000 FCFA », nous confie Lamine Wade, commerçant au marché central de Thiès.

Une situation d’inflation qui commence à peser sur les consommateurs du Sénégal, pays dont la population est majoritairement musulmane et se dirige vers un mois de jeûne, pendant lequel, les denrées de première nécessité sont très courues. En tous les cas, coïncidence ou pas, ce mercredi 30 mars 2022, en Conseil des ministres, le Président Macky Sall a doté le pays d’un Directeur du Commerce Extérieur, en la personne du nommé Ansou Souba Badji, Commissaire aux Enquêtes économiques de profession. Il occupe désormais ce poste qui était jusque-là vacant. (selon "Afrik.com")

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mardi 29 mars 2022

Cameroun : une résurgence du choléra fait 29 morts en une semaine

Cette maladie diarrhéique aiguë, dont on peut mourir en quelques heures en l'absence de traitement, réapparaît périodiquement dans ce pays d'Afrique centrale.

cameroun1Vingt-neuf personnes sont mortes du choléra en une semaine au Cameroun, principalement dans l'ouest du pays, qui fait face à une "flambée des cas", a annoncé le 25 mars le ministre camerounais de la Santé. Cette maladie diarrhéique aiguë, dont on peut mourir en quelques heures en l'absence de traitement, réapparaît périodiquement dans ce pays d'Afrique centrale peuplé de plus de 25 millions d'habitants. "Entre le 16 et le 22 mars 2022, une flambée de cas de choléra est observée dans le Sud-Ouest avec plus de 300 cas notifiés", a écrit le médecin Manaouda Malachie sur Twitter. Vingt-sept personnes sont mortes du choléra dans trois grandes villes de l'ouest, et deux dans la capitale Yaoundé.

Epidémie

Depuis octobre 2021, l'épidémie de choléra a fait 62 morts avec près de 2 100 cas recensés, selon le Dr Malachie. "Le système de gestion de l'incident a été activé (...) pour assurer la coordination des mesures prises et de la vaccination réactive", a écrit le ministre. La précédente résurgence du choléra avait fait 66 morts au Cameroun entre janvier et août 2020. Début 2021, l'organisation mondiale de la santé (OMS) estimait qu'il y a avait chaque année 1,3 à 4 millions de cas de choléra et 21 000 à 143 000 décès dus à cette maladie dans le monde.

"Des vaccins anticholériques sûrs, administrés par voie orale, doivent être utilisés conjointement à l'amélioration de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement pour limiter les flambées de choléra et favoriser la prévention dans les zones connues pour être à haut risque", selon l'organisation onusienne.

Selon la presse locale, les autorités ont donné ordre de construire en urgence des toilettes publiques et de renforcer l'approvisionnement en eau potable pour endiguer l'épidémie. (selon France.info - Afrique)

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dimanche 27 février 2022

Soudan du Sud : des enquêteurs de l’ONU mettent en garde

Des experts indépendants des droits de l’homme de l’ONU ont mis en garde, vendredi, contre une recrudescence de la violence politique et de la polarisation au Soudan du Sud.

soudan« Le Soudan du Sud est à un point de basculement », a alerté dans un communiqué Barney Afako, l’un des trois experts de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies sur le Soudan du Sud à l’issue de leur visite de cinq jours dans le pays.

Selon la Commission, la tenue des élections risque sérieusement d’alimenter la violence et la polarisation « si les institutions requises, notamment les lois constitutionnelles et électorales ainsi que les dispositions logistiques ne sont pas d’abord mises en place ».

Selon le calendrier convenu dans l’accord de septembre 2018, le Soudan du Sud est censé se rendre aux urnes en 2023 après la mise en œuvre de dispositions clés. Mais selon les médias, beaucoup doutent de la possibilité pour Juba d’organiser des élections l’année prochaine. Mais pour la Commission de l’ONU, il est d’ailleurs « important de regarder au-delà du moment électoral ».

L’urgence d’une cartographie des circonscriptions électorales

Il s’agit ainsi de s’interroger pour savoir, « quel système politique les gens voteraient, compte tenu notamment des retards pris dans l’élaboration d’une constitution sur laquelle les élections seraient fondées ». Dans ces conditions, l’une des tâches essentielles serait la cartographie des circonscriptions électorales.

« Une question plus importante se pose quant au système pour lequel les gens voteront, étant donné l’absence d’une constitution permanente et le manque actuel de clarté sur la façon dont l’enchaînement des élections et l’élaboration de la Constitution doivent se croiser », a fait valoir la Commission.

Selon l’ONU, le chapitre 6 de l’accord revitalisé sur la résolution du conflit au Soudan du Sud prévoit l’élaboration d’une Constitution permanente, sur laquelle reposera le futur système politique. S’il est bien mené, le processus d’élaboration de la Constitution offre ainsi un outil permettant de s’attaquer aux causes profondes du conflit et de l’insécurité persistants au Soudan du Sud.

Selon l’Accord de 2018, la période de transition doit se terminer en février 2023

Si le processus est mal géré, la Commission de l’ONU estime que cela risque « d’ancrer les griefs existants et de semer les graines de futurs conflits ». Bien qu’un projet de loi prévoyant un processus consultatif ait été rédigé, il n’a pas encore été adopté, et l’élaboration de la constitution n’a donc pas encore commencé.

Dans le même temps, les calendriers restent flous, bien que la période de transition doive se terminer en février 2023. « Il sera essentiel que les partenaires régionaux du Soudan du Sud et les garants du processus de paix accordent une attention accrue à la situation dans le pays et s’efforcent de contribuer à la réalisation des aspirations de paix de la population », a fait remarquer, la Présidente de la Commission, Yasmin Sooka.

Les membres de la Commission ont achevé ce vendredi leur neuvième visite au Soudan du Sud, qui s’est déroulée du 7 au 12 février. 

À Juba et à Yei, les experts ont rencontré des ministres et des hauts fonctionnaires du gouvernement, des membres de la société civile, des survivants d’abus de violences sexuelles, des chefs religieux, des entités chargées du suivi de l’accord de paix revitalisé de 2018, des membres de la communauté diplomatique, notamment de la troïka et de l’Union africaine, et des représentants des agences des Nations Unies et de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

Poursuite des déplacements et des violations flagrantes des droits humains

Plus globalement, l’absence de progrès dans la mise en œuvre des dispositions clés de l’Accord revitalisé, notamment l’unification, la gradation et le déploiement des forces armées, ainsi qu’un accord sur les structures de commandement, contribue à la persistance de l’insécurité et de l’impunité dans lesquelles se produisent les violations des droits humains. Dans ces conditions, la violence reste « omniprésente ».

L’insécurité se caractérise par « des déplacements et des violations flagrantes des droits de l’homme, notamment des violences sexuelles ». Le cas de Yei en est un bon exemple, où des soldats attendant de faire partie d’une force nationale unifiée manquent de moyens et s’en prennent ensuite à la population.

« La plupart des Sud-Soudanais avec lesquels la Commission s’est entretenue ont exprimé leur désir d’un leadership politique pour garantir la paix et la justice, pour lesquelles l’Accord fournit une feuille de route », a conclu Mme Sooka.

A noter que la Commission présentera son rapport, le 29 mars prochain à Genève, au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. (selon AFP)

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