vendredi 18 août 2017

Les fournitures d'armes à l'Afrique, un business français

Les guerres africaines, une opportunité !

armes

La France a signé en 2016 pour 1,166 milliard d’euros de contrats d’armement avec l’Afrique qui a représenté 22,4% des livraisons d’armement de la France dans le monde, d’après un site sud-africain, qui s’appuie sur un rapport du ministère français des Armées (2017).

Livraisons d’armements de la France à l’Afrique en 2016

L’Egypte se taille la part du lion avec 1,3 milliard d’importations, un montant qui s’explique par la livraison des deux porte-hélicoptères Mistral, initialement commandés par la Russie à l’Egypte pour un montant de 950 millions d’euros.

L’Egypte est suivie du Maroc (127 millions d’euros), de l’Algérie (107 millions d’euros), du Sénégal (30 millions d’euros), du Cameroun (16 millions d’euros), du Botswana (8,5 millions d’euros), de l’ Afrique du Sud (8,3 millions d’euros), du Mali (6 millions d’euros) du Gabon (6 millions d’euros), du Togo (3 millions d’euros) et de la Tunisie (1 million d’euros).

Commandes d’armement de l’Afrique à la France en 2016

Encore une fois, l’Égypte est à la tête du classement avec des commandes d’une hauteur de 623 millions d’euros en 2016.

L’Afrique du Nord a commandé quant à elle, des équipements d’une valeur de 170,4 millions d’euros, contre 111,8 millions d’euros en 2015, poursuit DefenceWeb.

Le Maroc a ainsi commandé des équipements d’une valeur de 89,9 millions d’euros, l’Algérie pour 63,7 millions d’euros et la Tunisie pour 16,7 millions d’euros, détaille le site.

L’Afrique subsaharienne n’est pas en reste puisqu’elle a commandé pour 379,9 millions d’euros d’équipements militaires à l’Hexagone. Une hausse importante en comparaison à 2015 où elle avait acheté pour 89,6 millions d’euros de matériel.

Le Botswana a été le plus grand client, révèle le rapport, puisqu’il a acheté pour 304,2 millions d’euros des systèmes de défense aérienne (missiles Mistral et VL-Mica).

Le Nigeria arrive en deuxième position (27,6 millions d’euros), suivi par l’Afrique du Sud (20,6 millions d’euros), le Cameroun (8 millions d’euros), l’Ouganda (5,2 millions d’euros), la Somalie (4 millions d’euros) et l’Éthiopie (3,6 millions d’euros).

Les armes qui intéressent les africains

Certains pays africains se distinguent par leur achats frénétiques de frégates, sous-marins, et autres hélicoptères de combats.

Les pays qui sont dans une logique de guerre, comme le Cameroun et le Nigéria qui luttent depuis quelques années contre le groupe armé Boko Haram, préfèrent pour leurs part les armes légères, les appareils d’aviation militaire et quelques drones de combat, révèle un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) dans une étude faite sur la période 2011-2015.

La vente d’armes, un secteur florissant pour la France

Dans son ouvrage « Marchands d’armes, enquête sur un business français » (Editions Tallandier), le journaliste indépendant Romain Mielcarek, a enquêté sur le rôle de la France dans l’industrie de l’armement.

Avec 6% des ventes, la France est le quatrième marchand d’armes du monde. Et 3 % de ce business est réalisé en Afrique, quand 54 % se fait au Proche-Orient et au Moyen-Orient, indique le journaliste qui rappelle qu’avec près de 160 mille salariés, ce secteur est stratégique pour l’économie française.

Le journaliste revient sur les interventions de la France dans le monde et rappelle que les 4 mille militaires français sont actuellement déployés dans le Sahel, devenu l’un des terrains privilégiés de l’armée française pour y tester ses armes. Il souligne aussi le fait que naissent souvent des « liaisons dangereuses » avec « des pays peu recommandables ».

La France « vendeuse d’armes » trempe aussi dans de nombreux scandales, comme celui de l’Angolagate (vente d’armes à l’Angola pendant la guerre civile), qui a éclaté en 1999, rappelle l’auteur.

Des scandales qui entachent d’ailleurs régulièrement la réputation de l’Hexagone comme l’a récemment révélé la revue française “XXI” qui a consacré un dossier sur les “crimes” commis par la France en Afrique.

Le journaliste Patrick de Saint-Exupéry y accuse notamment Hubert Védrine, ex-ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin, secrétaire général de l’Elysée auprès du président François Mitterrand au moment du génocide au Rwanda en 1994.

Saint-Exupéry qui a mené une longue enquête, et récolté de nombreux témoignages, accuse Védrine d’avoir signé un ordre qui autorisait le réarmement des Hutus -responsables de la mort de près d’un million de Tutsi-, alors que le pays était soumis à un embargo de l’ONU sur les armes.

Des propos démentis « en bloc » par Védrine qui estime dans un communiqué que ces « allégations et accusations sont fondées sur des spéculations ».

Quoiqu’il en soit, le marché de l’armement ne connaîtra pas la crise dans les années à venir, estiment les observateurs, rappelant que de nombreux pays africains vivent actuellement sous la menace de nombreux groupes armés en tout genre, aussi bien Boko Haram au Lac Tchad, que les groupes armés qui ne cessent d’attaquer populations et forces de l’ordre en RD Congo, au Mali et dans les pays du Lac Tchad entre autres (Cameroun, Nigéria, Tchad, Niger).

(selon "Le Journal du Mali")

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samedi 29 juillet 2017

Inondations en Afrique

Les sinistrés d'Abidjan se sentent oubliés

abidjanDepuis le début de la saison pluvieuse, au moins vingt personnes sont mortes en Côte d'Ivoire du fait d'inondations ou de glissements de terrain. Dans certaines communes d'Abidjan, les habitants des quartiers sinistrés vivent dans la crainte de nouvelles pluies diluviennes, parfois sans solution de relogement malgré les promesses d'aide financière. Reportage à la cité Coprim, à Yopougon.

Don Paul Kohou regarde avec crainte l’imposante fissure qui strie depuis peu les murs de sa chambre. Si une partie de sa maison, nichée au bord du canal de terre de la cité Coprim à Yopougon, tient encore en partie debout, ce n’est plus le cas de celle de son voisin. Après des pluies diluviennes, une partie de l’immeuble d’à côté s’est brutalement effondrée dans le canal, le 25 mai dernier, entraînant dans sa chute une partie de sa petite villa.

Depuis le début de la saison pluvieuse, le fonctionnaire de 59 ans a vu des pans entiers de deux autres immeubles se fracasser dans le canal, qui a aussi englouti six autres villas basses. Malgré les impressionnants dégâts, Don Paul Kohou « remercie Dieu » : jusqu’à présent, les dommages ne sont que matériels. Seule une femme a été légèrement blessée. Elle était chez elle lorsque sa maison s’est effondrée après un énième glissement de terrain.

Contraints de dormir ailleurs

Dans cette partie de la cité Coprim, l’absence de victimes s’explique d’abord par les réflexes développés par ses habitants. De mémoire de riverain, le premier éboulement remonte à juin 2015. Depuis, à chaque pluie, les occupants des 48 habitations nichées en bordure de canal ont donc pris l’habitude de s’éloigner de leurs maisons par peur de nouveaux glissements de terrain. « Nous ne pouvons pas prendre le risque de dormir chez nous lorsqu’il pleut, nous avons peur que tout s’effondre. Nous sommes contraints de dormir à l’extérieur, en face, ou chez ceux qui peuvent nous accueillir », s’indigne Rigobert Blaka, dont la maison penche désormais dangereusement vers le canal.

La plupart des riverains en veulent à la mairie de Yopougon. Ils assurent que la commune leur avait annoncé en décembre 2015 la réfection tant attendue du canal. Car il y a encore une dizaine d’années, le fossé de terre avait l’envergure d’un petit caniveau que les riverains pouvaient enjamber d’un simple saut. Mais la vigueur des dernières saisons pluvieuses, couplée à la construction d’ouvrages ne laissant pas l’eau s’écouler, ont considérablement creusé le lit de la rigole.

La mairie pointée du doigt

Faute de travaux, le petit canal s’est depuis transformé en un ravin de plus de dix mètres de large par endroit. « Si des travaux avaient été faits pour l’aménager et le consolider, il n’y aurait jamais eu ces glissements de terrain et nos maisons n’auraient pas été mises en danger », déplore Don Paul Kohou, devenu le porte-voix de l’association informelle des habitants de la cité.

Des critiques que balaie la mairie de Yopougon. « La mairie n’a ni les moyens, ni les prérogatives pour effectuer ces travaux, qui relèvent de la compétence de l’État », assure Yaya Coulibaly, directeur de cabinet du maire de la commune, Gilbert Koné Kafana. « Chaque année, le maire demande aux personnes vivant dans des zones à risque de quitter les lieux », tient-il également à préciser.

Reste que les habitants, dont les économies d’une vie ont pour la plupart été investies dans ces maisons, n’ont pas les moyens de se reloger. « On nous dit de quitter les lieux, mais nous n’avons pas les moyens de partir : les logements sont trop chers à Abidjan pour que nous nous logions ailleurs », rétorque Don Paul Kohou.

« Nous vivons dans nos maisons la mort dans l’âme »

Des sinistrés que les autorités se sont pourtant engagées à aider. Le 14 juin dernier, une délégation ministérielle est venue promettre des travaux, ainsi qu’une enveloppe financière aux riverains. « Les propriétaires des 48 villas se sont ensuite vus proposer 300 000 Francs CFA [457 euros] pour se reloger provisoirement. Mais pour l’instant nous sommes seulement six riverains à avoir reçu l’argent. Quarante-deux autres attendent toujours. Le dossier traîne, et nous ne savons toujours pas quand commenceront les travaux », déplore Don Paul Kohou, qui fait partie des six premiers bénéficiaires.

En attendant, le canal continue de s’élargir, creusé par les eaux usées et les ordures qui s’y accumulent. Un quatrième immeuble, toujours habité, menace désormais de s’effondrer. « On évoque l’incivisme et l’inconscience des personnes qui continuent de vivre dans les zones dangereuses, mais comment ceux qui n’ont pas l’argent pourraient-ils faire pour en partir ? », s’indigne Don Paul Kohou. Avant de lâcher, amer : « Nous vivons dans nos maisons la mort dans l’âme. » (selon Claire Rinfroy, "Jeune Afrique")

NB : Lors de son voyage à Paris et Berlin, le président Ouattara a sollicité à Strabourg l'aide de l'Europe. Qu'est devenue cette aide ?

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jeudi 27 juillet 2017

Fécondité en Afrique

La CEDEAO se plie aux desiderata de Macron

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Au sommet du G20 en Allemagne, le Président Macron dénonçait le taux de fécondité comme facteur d’appauvrissement de l’Afrique. Les parlementaires de la CEDEAO semblent donc se résigner à cette assertion en luttant désormais contre la forte démographie africaine.

La capitale burkinabè Ouagadougou accueillait, ce week-end, une rencontre régionale sur la démographie. Outre les 15 pays de la CEDEAO, les parlementaires de la Mauritanie et du Tchad ont tous répondu présent. Il était question, lors de ces assises, d’évoquer la baisse de moitié du taux de fécondité à l’horizon 2030. Et ce, par la limitation à trois du nombre d’enfants par femme africaine.

Ainsi, le président de l'assemblée nationale burkinabè Salifou Diallo, hôte de la cérémonie, a-t-il déclaré : « Les parlementaires de la Cédéao, de la Mauritanie et du Tchad ont convenu que, d’ici 2030, les parlements devaient inciter les gouvernements à mettre en place des politiques tendant à faire en sorte que chaque femme ait au plus trois enfants pour maîtriser le boom démographique. » Puis, il ajoute : « Il est urgent de contenir la poussée  démographique dans l’espace Cédéao pour promouvoir un réel développement viable et durable. »

Cependant, certains observateurs s’interrogent sur « l’urgence » alléguée par Diallo. D’autant plus que quelques jours plus tôt, le président français Emmanuel Macron déclarait que les financements des bailleurs de fonds vers l’Afrique seraient englouties par le fait que les femmes africaines avaient en moyenne huit maternités chacune. Propos qui avaient suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Le timing entre la déclaration de Macron et celles des parlementaires de la CEDEAO est très criant. A telle enseigne que cela s’apparente à une dictée de l’Occident aux Africains. Comme si les leaders africains n’attendaient que le signal de leur puissance tutélaire pour prendre conscience de leurs réalités. Ou bien est ce la condition sine qua non pour recevoir le financement de Macron, fervent soutien de la Françafrique ? (Rufus Polichinelle, "Afrique sur 7")

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lundi 19 juin 2017

Les origines de l'homme

La découverte faite au Maroc modifie l’histoire d’Homo sapiens

maroc

Depuis combien de temps notre espèce existe-t-elle ? Les nouveaux fossiles étudiés à partir des découvertes de Jebel Irhoud au Maroc font reculer les estimations sur l’apparition d’Homo sapiens d’environ 100 000 ans.

Des restes d’Homo sapiens qui ressemblent à l’homme d’aujourd’hui viennent d’être mis au jour à Jebel Irhoud, au Maroc. Le site est à environ 34 miles (55 kilomètres) au sud-est de la ville côtière de Safi, au nord-ouest de Marrakech. Leur datation est de 300 000 ans, rapporte une étude publiée dans la revue scientifique Nature. Ces fossiles qui sont les plus anciens jamais trouvés, ont été déterrés au Maroc, à des milliers de kilomètres du record précédent, trouvé en Afrique de l’Est. Auparavant, les fossiles connus les plus anciens d’Homo sapiens venaient d’Ethiopie, et étaient datés d’environ 195 000 ans.

C’est "l’Homo sapiens le plus vieux jamais trouvé en Afrique ou ailleurs", a expliqué Jean-Jacques Hublin, coauteur des travaux et directeur de l’Institut Max Planck de Leipzig, en Allemagne et du Collège de France à Paris "Ils ne sont pas comme nous", a précisé le scientifique français , mais ils avaient "pour l’essentiel un visage que vous pourriez rencontrer dans le train à New York".

Les fossiles marocains suggèrent que Homo sapiens peut avoir atteint sa forme moderne dans plusieurs endroits différents en Afrique, a déclaré Mr Hublin qui pense qu’une étape antérieure de développement a précédé celle révélée par la découverte de son équipe.

Les spécimens marocains ont été trouvés entre 2007 et 2011 et comprennent un crâne, une mâchoire et des dents, ainsi que des outils en pierre. Combinée avec d’autres os qui ont été trouvés il y a plusieurs décennies, mais pas correctement datés, la collection de fossiles représente au moins cinq personnes, dont des jeunes adultes, un adolescent et un enfant d’environ 8 ans. L’analyse montre que leur forme de cerveau était plus allongée que ce que les gens ont aujourd’hui : "Au cours des 300 000 dernières années, l’histoire principale est le changement du cerveau", a déclaré Mr Hublin.


Une video de afriktv

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jeudi 15 juin 2017

Madagascar: nouvelle base arrière du terrorisme

France et Etats-Unis s’inquiètent

madagascar

En plein océan Indien, loin de l’Europe et des Etats-Unis, ancrée face à l’Afrique de l’Est, Madagascar -qui a déjà du mal à faire venir les touristes chez elle- reçoit de plein fouet une gifle dont elle se serait bien passée: faire partie de la liste des pays considérés comme refuges de terroristes.

Alors que les attentats font tache d’huile de par le monde, les malgaches pourraient ne plus être à l’abri des atrocités qui touchent la France, la Belgique, les États-Unis, les pays africains francophones. « Le pouvoir malgache tente de rassurer l’opinion publique et la communauté internationale en annonçant quelques mesures dont le renforcement des dispositifs déjà existants en matière de lutte antiterroriste,…la collaboration avec Interpol… la surveillance renforcée de certaines écoles coraniques,…l’intensification des contrôles des étrangers, spécialement ceux originaires des autres pays à risques », lit-on dans « Madagascar-Magazine » de juin 2017.

RFI rappelle « Un homme a été arrêté vendredi 20 novembre à Madagascar. Il est soupçonné d'être un terroriste, sympathisant de l'organisation État islamique. Les forces de l'ordre l'ont repéré après la diffusion de messages sur les réseaux sociaux où il véhiculait des messages islamistes de haine et anti-français. L'homme, connu des services de sécurité de l'Hexagone, a été libéré après 24 heures de garde à vue. C'est une première dans un pays qui n'a jamais été frappé par des actes terroristes liés à l'islamisme radical ».

Certaines mosquées de Mahajanga notamment, qui avaient abrité voilà quelques années Fazul Abdullah Mohammed (Comorien, l'un des principaux responsables des attentats contre les ambassades américaines le 7 mai 1998 à Nairobi, au Kenya, et à Dar-es-Salaam, en Tanzanie et chef d'Al-Qaïda dans la corne de l'Afrique dès 2009) tué en 2011, continuent de fournir des candidats au djihad international.

Des malgaches parmi les djihadistes tués au Mali

notin

Dans son ouvrage, « La guerre de la France au Mali » Jean-Christophe Notin rapporte que l’armée française a découvert, dès 2013, la présence de malgaches parmi les djihadistes tués au combat. Il s’avère que ceux-ci auraient fréquenté la même mosquée que Fazul.

C’est avec un visa touristique de court-séjour (trois mois) que les djihadistes entrent dans le pays, avant de partir vers d’autres destinations… Entre temps, fleurissent selon les services secrets américains, « la création de nombreuses écoles coraniques qui pourraient favoriser dangereusement un basculement vers l’islam radical », note le numéro 82 de « Madagascar-Magazine ». Cela dit, des visas touristiques de 15 jours seulement pourraient être délivrés aux personnes suspectées, avec un contrôle direct pour ceux qui les récupèrent à l’arrivée de l’aéroport ou des ports. Mais les frontières de Madagascar restent bien poreuses…

Pour finir, l’IFRI signale : « Outre la proximité géographique et culturelle des Comores, archipel où la menace salafiste est réelle, la réislamisation qui touche Madagascar participe d’un mouvement plus global qui s’étend en Afrique de l’Est, au Kenya, en Tanzanie ou encore en Afrique du Sud ».

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mardi 6 juin 2017

Communiqué du gouvernement de l'Union des Comores

Suite aux propos du président Macron, le gouvernement des Comores n'a pas tardé à réagir en convoquant l'ambassadeur de France et en se fendant d'un communiqué bien senti. C'était à prévoir.

comores

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samedi 20 mai 2017

Emmanuel Macron en chef militaire au Mali

Une Françafrique toujours en marche

survie

L'association africaine "Survie" communique, à l'occasion de la visite du président Macron aux troupes françaises au Mali : 

Le nouveau Président de la République, qui cherche à aligner les images symboliques depuis son élection, se rend aujourd’hui au Mali pour illustrer son soutien aux forces militaires françaises déployées au Sahel et affirmer ainsi au nom de la "lutte contre le terrorisme" une totale continuité avec François Hollande. Le "bilan africain" de ce dernier étant en grande partie celui de Jean-Yves Le Drian, passé de la Défense aux Affaires étrangères à la faveur du "renouvellement" à la tête de l’État, Emmanuel Macron met ainsi en oeuvre un des piliers de "sa" politique africaine, la prolongation de l’ingérence militaire. Celle-ci n’est toujours pas questionnée, alors même que la situation actuelle au nord du Mali, mais aussi en Libye, en Côte d’Ivoire et en Centrafrique, fragilise chaque jour la vitrine d’un interventionnisme étranger victorieux fournie par Le Drian au nouveau locataire de l’Elysée. 

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Le refrain de la fin de la Françafrique, brandi successivement par Sarkozy puis par Hollande, n’a pas été repris dans cette campagne présidentielle, à l’exception de la grossière tentative d’instrumentalisation de Marine Le Pen. Mais les déclarations du candidat Macron à certains médias spécialisés et les premiers choix politiques lourds de sens ne laissent guère d’illusion.

Celui qui a promis de faire passer le business franco-africain et la stabilité des régimes en place au nom de la lutte contre le terrorisme avant le respect des droits humains, a choisi un Secrétaire général de l’Elysée issu de l’Agence française de développement, un Premier ministre grand défenseur des intérêts d’Areva sur le continent et un ministre des Affaires étrangères qui était déjà le "ministre de l’Afrique" s’affichant volontiers avec certains des pires dictateurs du continent lors du quinquennat précédent.

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Le Tchadien Idriss Déby peut continuer à faire emprisonner des militants, le Congolais Sassou Nguesso peut laisser pourrir la crise humanitaire dans la région d’un opposant, le Gabonais Ali Bongo peut réprimer sans fin la contestation populaire : ils ne craignent aucune condamnation publique, et encore moins le gel de l’aide bilatérale ou la suspension des relations de coopération militaire et policière qui les unissent à la France. La nomination d’une ministre des Armées interroge quant à elle, avec un tel intitulé de sa fonction, sur la feuille de route donnée à cette juriste de formation face au pouvoir discret mais croissant de la Grande Muette sur la politique africaine de la France, alors même que l’opération Barkhane, déployée depuis 2014, n’a jamais été approuvée par le Parlement, en violation de l’article 35 de la Constitution.

Consciente qu’en matière de politique africaine, plus encore que dans les autres domaines, les vieilles recettes resteront de mise sous ce quinquennat, l’association Survie continuera son travail de décryptage, d’information et de mobilisation pour mettre enfin un terme aux mécanismes tant institutionnels que mafieux de la Françafrique.

Association Survie

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mardi 9 mai 2017

Les rois mages africains font allégeance à Macron

La Françafrique va-t-elle continuer ?

rois_mages

Le plus jeune de tous les chefs d'état, à la tête de la cinquième puissance mondiale, avait annoncé que la Françafrique serait changée, ce qui est loin en retrait des propos du ministre sarkozyste Jean-Marie Bockel qui avait annoncé la fin de la Françafrique et obtenu ainsi son limogeage.

Dans l'ordre pour adresser les plus sincères félicitations au nouveau président français :

1) Macky Sall (Sénégal)

2) Alassane Ouattara (Côte d'Ivoire)

3) Roch M.C. Caboré (Burkina-Faso)

4) Faure E. Gnassinbé (Togo)

6) Pierre Nkuruzinza (Burundi)

7) Moïse Katumbi (RDC)

Et chez les personnages marquants sans être chefs de l'Etat : Jean Ping (Gabon). Ces félicitations sont-elles honnêtes, ou attend-on des dividendes du président français ? Ce point reste à éclaircir.

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jeudi 27 avril 2017

Un journaliste de RFI condamné à 10 ans de prison au Cameroun

Pour avoir fait son travail

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Le correspondant de RFI au Cameroun, Ahmed Abba, a été condamné à 10 ans de prison ferme pour "non-dénonciation d'actes de terrorisme et blanchiment d'actes de terrorisme" par le tribunal militaire de Yaoundé.

Le journaliste est condamné à "10 ans de prison ferme avec mandat d'arrêt à l'audience (...) et à verser 55.726.325 francs CFA" (environ 85.000 euros), a déclaré le président du tribunal, précisant qu'il pourrait faire cinq ans de prison supplémentaires en cas de non-paiement de l'amende.

"Ahmed Abba est déclaré non coupable d'apologie du terrorisme, coupable des faits de non-dénonciation d'actes de terrorisme, et blanchiment d'actes de terrorisme", a-t-il dit.

Le verdict a été annoncé lundi à 17H30 GMT après avoir été reporté de quatre jours à la suite du dernier procès du correspondant de RFI en langue haoussa. Le commissaire du gouvernement (procureur) avait requis la perpétuité.

Les avocats du journaliste, qui clame son innocence, ont décidé de faire appel dès mardi matin.

"RFI est consternée par le verdict du tribunal militaire de Yaoundé", a indiqué dans un communiqué la radio très écoutée en Afrique, ajoutant qu'"aucune preuve n'a été apportée au dossier" et que "cette condamnation est celle d'un journaliste qui n'a fait qu'exercer son métier".

Cette condamnation après un "procès injuste" est "un travestissement de la justice", estime pour sa part dans un communiqué l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International.

Correspondant de Radio France Internationale (RFI) dans le nord du Cameroun, qui est la cible des attentats de Boko Haram, Ahmed Abba avait été arrêté fin juillet 2015 à Maroua, dans l'extrême-nord du pays.

Le journaliste de RFI, qui risquait même la peine de mort début avril, est soupçonné par les autorités camerounaises d'avoir collaboré avec le groupe extrémiste Boko Haram et de ne pas avoir partagé les informations qu'il détenait.

Il a d'abord été incarcéré par les services de renseignements camerounais pendant trois mois et affirme avoir subi des actes de torture. Ahmed Abba a finalement été transféré à la prison de Yaoundé où il est détenu depuis 636 jours.(lu dans "Oeil d'Afrique")

* RFI : Radio France International.

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jeudi 20 avril 2017

Franc CFA : quel avenir ?

"Le Franc malgré son nom est la monnaie des Africains" (Michel Sapin)

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Le ministre français de l’Economie Michel Sapin a refusé vendredi d’évoquer le débat sur le Franc CFA en Afrique, se retranchant derrière la souveraineté des Africains sur le sujet lors d’une réunion des ministres des Finances de la zone franc à Abidjan.

"Ce n’est pas un sujet que j’aborde car c’est un sujet qui appartient aux Africains. Le Franc malgré son nom est la monnaie des Africains, ce n’est plus la monnaie de la France, il a disparu en Europe. Sur toutes ces questions-là, c’est aux Africains de se prononcer et ce n’est pas à nous de le faire à leur place", a affirmé le ministre.

"Il y a un rôle institutionnel bien connu: nous sommes un élément de garantie de la monnaie mais, pour le reste, le rôle est avant tout d’écouter, de faciliter et d’appuyer lorsqu’il le faut", a-t-il précisé.
"La France est là en amie pour soutenir, aider des pays qui sont puissants, ont beaucoup d’avenir, mais qui doivent faire face à un certain nombre de difficultés", a-t-il ajouté alors que de nombreux pays de la zone CFA ont actuellement des problèmes budgétaires touchés par un ralentissement de l’activité et une baisse de certaines matières premières.
Le "CFA", utilisé par 15 pays francophones d’Afrique de l’ouest et du centre (155 millions d’habitants), est lié à l’euro par un système de parité fixe. Pour garantir cette parité, les Etats africains doivent déposer 50% de leurs réserves de change auprès du Trésor français.
La zone Franc comprend 14 pays d’Afrique subsaharienne (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Centrafrique et Tchad). Le quinzième membre est l’archipel des Comores.
Ce lien fort avec l’euro est considéré par beaucoup comme un gage de stabilité. Mais certains économistes, responsables africains et militants accusent le CFA de freiner le développement de l’Afrique et considèrent que ce lien avec l’ancienne puissance coloniale est une perte de souveraineté, les pays étant tributaires de la zone euro.
Paris s’est dit ouvert, à la mi-mars dernier, "à toutes les propositions" que les 15 pays de la zone franc pourraient formuler lors de la réunion d’Abidjan où il sera aussi question des programmes du FMI et l’accès des pays à des emprunts.
pgf/jlb

franc

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