lundi 11 décembre 2017

Chemin de fer en Afrique : au tour de Bolloré !

Côte d’Ivoire: lancement des travaux du chemin de fer Abidjan-Ouagadougou

Rame_de_Sitirail_0Les usagers de la ligne de chemin de fer Abidjan-Ouagadougou attendaient avec impatience la rénovation de la voie gérée par la Sitarail. Jusqu’ici, il ne faut pas être pressé pour relier les deux capitales en train  puisque cela nécessite une journée et demie. Mais la réhabilitation devrait permettre de sérieusement raccourcir le temps de trajet. Les travaux ont donc officiellement été lancés à la gare du Plateau à Abidjan.

Evidemment, ce n'est pas le TGV

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Cette voie unique qui va d’Abidjan à Ouagadougou c’est l’autre axe, avec la route, qui permet de transporter 200.000 passagers et 800.000 tonnes de marchandises par an. Mais cette voie de 1.145 kilomètres est vétuste. Les wagons qui datent des années 1970 sont fatigués au point que l’on roule à 40 kilomètres/heure de moyenne

Mais aujourd’hui, les travaux de rénovation de 853 kilomètres de voie vont être entamés. Au total, 50 ouvrages d’art vont être construits, 31 gares réhabilitées, des ponts, des passages à niveau. Les travaux d’un coût total de 260 milliards de francs CFA - 400 millions d’euros - seront financés par le groupe français Bolloré, le même que celui qui détient le marché du fuel domestique en Alsace, concessionnaire de cette voie de chemin de fer à travers les sociétés Sitarail et Bolloré Railways, et dureront jusqu’en 2021.  Le trafic sur cette voie de chemin de fer unique ne sera pas interrompu pour autant, nous assurent les responsables du groupe français. 

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Les travaux par phases de huit heures se feront en alternance avec le passage des trains de marchandises ou de passagers. Résultat dans trois ans, donc, avec cette nouvelle voie et ces nouveaux wagons, des trains-couchettes. On passera à 300.000 passagers et un million de tonnes de marchandises par an. Henri Bolloré envisage de continuer la ligne au-delà de Ouagadougou vers Niamey au Niger, puis vers le Bénin et Cotonou. Pour l'instant il s'agit pourtant d'améliorer le réseau existant qui date du temps de la colonisation.

rame9Jonction prévue avec la ligne Parakou - Cotonou au Bénin

rame5Un manque évident de gares

rame6Peu de passages à niveau sécurisés

rame1Vieux pont écroulé depuis 2016

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mercredi 29 novembre 2017

Macron : première étape au Burkina-Faso

Burkina Faso : attaque à la grenade, caillassage du cortège présidentiel, manifestations, et ce n'est que la première journée ?

 Il fallait s'y attendre ! Les grands mots de "réconciliation de la jeunesse africaine et de l'Europe" ne suffisent plus. Tout comme dire en long et en large que "les crimes de la colonisation européennes sont incontestables", reconnaître qu' "il y a eu des fautes et des crimes" ajoutant que c'est "un passé qui doit passer", c'est du périmé. Le mal est plus profond. 

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On en est à des cris de désespoir et de haine contre l'Europe qui les exploite et les réduit à la misère avec le soutien des dictateurs locaux hyper-riches qui planquent leurs fortunes dans les paradis fiscaux, tout en asservissant leurs concitoyens. Et cela ne concerne pas seulement le Burkina-Faso, mais pratiquement l'intégralité d'un continent mis au pas par une clique de corrompus. Quant à Macron, pourquoi serait-il considéré autrement que le pire des chefs colonisateurs qui, malgré un discours léché, a eu autant de paroles malheureuses à l'égard des africains que Sarkozy lors de son discours de Dakar. L'affaire des femmes "qui ont 7 ou 8 gosses" et auxquelles il veut imposer le planning familial dont personne ne veut.

La misère, le manque de démocratie, la corruption ne passent plus. Alors faut-il s'attendre à autre chose de la part des Africains qu'un désintérêt, qu'une vague de protestations, qu'une révolte, quand arrive un "chef" qui plus est représentant du monde financier et économique dont les Bouygues, Bolloré et autres sont les exploiteurs patentés.

Et les nouvelles petites phrases malheureuses telles que "Ce n'est pas à moi de réparer votre électricité." ne vont pas arranger le climat. Humilier le président du pays d'accueil au point que ce dernier quitte la salle, il y a longtemps que l'on n'avait pas vu ça. Et sa réflexion hilare et moqueuse : "Il est parti réparer la clim !" est indigne d'un chef d'Etat ! Pourquoi ne l'a-t-il pas fait à Trump, Poutine ou Xi-Jinping ? Le résultat aurait été immédiat !

Discours intégral de Macron à Ouagadougou 

Humilié par Macron, le président Kaboré quitte la salle

Manifestation anti-Macron à Ouagadougou

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samedi 25 novembre 2017

AREVA au Gabon

"On est tous malades! Au niveau de la santé, ils nous couillonnent !"

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A 82 ans, Moïse Massala, géochimiste en retraite n'en finit plus de pester contre son ancien employeur, la Compagnie des mines d'uranium de Franceville (Comuf), filiale du groupe français Areva au Gabon.

Comme Moïse, des centaines d'anciens travailleurs gabonais de la Comuf réclament réparation - sans succès depuis douze ans - pour des maladies qu'ils estiment être liées à leur travail, dans la mine d'uranium exploitée entre 1958 et 1999 par le groupe nucléaire dans le sud-est du pays.

Ceci alors que deux familles d'anciens travailleurs français de la Comuf ont été indemnisées en France, et qu'Areva a reconnu, dans un mail interne que l'AFP a pu consulter, que "de nombreuses maladies graves ont été détectées" chez d'anciens travailleurs gabonais.

"Ça fait dix ans que j'ai du mal à respirer, l'air ne passe plus". Roland Mayombo, 77 ans, "dont vingt-sept à la mine", participe activement à la lutte du collectif formé par 1.618 anciens employés gabonais de la filiale d'Areva, le Mouvement des anciens travailleurs de la Comuf (Matrac), pour faire reconnaître leur cause.

Mais si le groupe nucléaire français avait accepté de créer un Observatoire de la Santé (OSM, lancé avec l'Etat gabonais), en 2010, pour "suivre l'état des travailleurs et les indemniser", Areva a toujours affirmé qu'"aucune maladie professionnelle liée à l'exposition aux rayonnements ionisants" n'y a jamais été décelée.

En 2015, dans un mail interne à la Comuf, consulté et authentifié par l'AFP auprès de plusieurs destinataires, le directeur santé d'Areva, Pierre Laroche, admet pourtant que "de nombreuses maladies graves ont été détectées chez des anciens salariés comme par exemple des tuberculoses en phase contagieuse".

Pour les anciens travailleurs, ce courrier est la reconnaissance officieuse de leurs blessures, et justifie indemnisations - même si ces maladies ne sont peut-être pas reconnues comme étant radio-induites.

- David contre Goliath -

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"Cette histoire, c'est David contre Goliath. Qu'est ce que vous voulez qu'une bande de vieillards fassent contre une entreprise comme la Comuf?", soupire encore Moïse, qui a perdu son frère, ancien prospecteur dans la mine, "d'une maladie bizarre" il y quelques années.

Assis dans un café de la petite ville de Mounana, dans le Haut-Ogoué (sud-est du Gabon), Moïse et ses anciens collègues ressassent le passé et se sentent "impuissants": ils sont persuadés qu'ils sont malades à cause de la mine, mais ne peuvent le prouver.

En 2007, interpellées par les anciens travailleurs, les ONG françaises Sherpa et Médecins du Monde se saisissent du dossier. Elles réalisent des enquêtes de terrain à Mounana, et publient un rapport dénonçant le taux élevé de cancers parmi les salariés ou ex-salariés de ces mines d'uranium au Gabon et au Niger.

Le groupe nucléaire ouvre des négociations, et un accord "sans précédént" est signé en 2009.

"On croyait avoir gagné", assure Moïse, alors que l'OSM voit le jour et redonne espoir aux anciens travailleurs.

Mais sept ans après, les locaux de l'OSM à Mounana, à quelques km de l'ancienne mine, sont fermés, les panneaux indicateurs sont à même le sol et plus aucun travailleur gabonais n'y est suivi. Aucun d'eux n'a été indemnisé.

"Nous avons décidé d'arrêter d'y aller car personne ne nous a jamais donné nos résultats d'analyses", se souvient Estime Beno Ngodi, président du Matrac.

"L'observatoire a bien fonctionné jusqu'en 2015, il s'est adressé à près de 667 anciens salariés. Le Conseil d'administration à l'unanimité a décidé d'en suspendre l'activité" en raison du boycott par le Matrac, dit le directeur du Conseil d'administration de la Comuf, Gilles Recoché.

Et d'ajouter: "notre fierté est d'avoir mis en place une structure tripartite unique, qui permet aussi aux anciens travailleurs de la Comuf de bénéficier d'une visite médicale gratuite".

"J'ai été quatre fois à l'OSM, chaque année, mais je n'ai jamais eu de résultat", rétorque M. Mayombo, qui porte tout de même une casquette rouge de la Comuf, se disant "fier" d'y avoir travaillé malgré les "complications". Le syndicat estimait, fin 2016, que 367 anciens travailleurs sont décédés "à la suite d'infections respiratoires pulmonaires".

En 2010, une étude demandée par l'UE dénonçait l'opacité des résultats d'analyse, comme l'ONG Sherpa, qui s'est offusquée du "maintien dans l'ignorance" des anciens travailleurs.

"Tous les résultats étaient donnés à la fin des consultations. Une copie était remise à l'ancien travailleur", assure en réponse Steeve Mbuy' Ibutsi, secrétaire exécutif de l'OSM, qui s'étonne de cette "incompréhension".

"Il y a une désinformation" de la part du Matrac, affirme pour sa part le directeur du Conseil d'administration de la Comuf, Gilles Recoché.

- 'On est malades et on meurt' -

Qui a raison, des Gabonais qui affirment "tomber comme des mouches" à cause de leur travail à la mine ou d'Areva qui estime qu'aucune maladie professionnelle n'a été décelée ?

"Qu'il y ait eu de la radioactivité à Mounana, c'est une réalité. Après, à quel degré et dans quelle mesure les travailleurs ont été touchés, il sera très compliqué de l'établir", confie à l'AFP un ancien haut cadre de la mine, sous couvert d'anonymat.

La dénomination même des maladies professionnelles liées au travail à la mine des travailleurs gabonais fait débat: "moi, j'ai mal au poumon. Mais ils me disent que ce n'est pas lié", dit un ancien travailleur de la mine.

Dans la loi française, qui date de 1984 et de laquelle dépend Areva et sa filiale au Gabon, 13 maladies seulement sont imputables aux rayonnements ionisants.

"Ce n'est pas évident qu'on trouve des maladies professionnelles chez les anciens travailleurs avec la grille utilisée. Mais c'est possible qu'on trouve des maladies liées au travail, mais considérées comme non-professionnelles, et donc non indemnisées", décrypte Steeve Ondo, médecin du travail gabonais et membre du Comité scientifique de l'OSM.

"C'est édifiant! Le tableau de maladies professionnelles n'a pas été actualisé depuis 1984... Une aberration devant les progrès faits en médecine", estime de son côté Jacqueline Gaudet, fondatrice de l'association française "Mounana", qui se bat pour l'indemnisation des anciens travailleurs expatriés de la Comuf.

Son association a fait porter deux fois à l'Assemblée nationale française une demande pour réviser le code de la Sécurité sociale, sans succès.

En France, deux familles d'anciens travailleurs décédés d'un cancer du poumon - dont celle de Mme Gaudet - ont été indemnisées en 2011. "Une première", avait salué à l'époque l'avocat des familles.

Au Gabon, l'amertume est grande. "Nous, on est malades et on meurt, mais ils ne nous l'ont jamais dit!", répète encore et toujours Estime Beno, qui affirme souffrir d'un cancer du poumon et avoir du aller jusqu'en Afrique du Sud pour qu'on le lui diagnostique.

L'association Mounana dit avoir porté plainte contre Areva devant la justice gabonaise. "Par douze fois, on a été débouté", expliquent le président du Matrac, ainsi qu'un ancien avocat du collectif.

La Comuf dément: "il y a des discussions, des menaces, des démonstrations de forces (de la part du Matrac) pour empêcher en 2015 les consultations de l’OSM, mais à ma connaissance, je n'ai jamais eu en main de plainte officielle", rétorque M. Recoché.

La Comuf a cessé toute exploitation au Gabon en 1999, et a suspendu l'exploration de nouveaux gisements en 2017. "Le temps joue pour eux. On n'arrêtera pas, c'est jusqu'à la mort", tape du poing M. Mayoumbo.(selon "Oeil d'Afrique")

gabonUn enfant passe devant une maison marquée d'une croix rouge supposée irradiée car construite avec des matériaux issus d'une ancienne mine d'uranium de la Compagnie des mines d'uranium de Franceville (Comuf), filiale du groupe français Areva.

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lundi 20 novembre 2017

Esclavage en Libye

Des migrants vendus aux enchères !

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Le vice-premier ministre du gouvernement libyen d’union nationale (GNA) a annoncé ce dimanche l’ouverture d’une enquête sur des cas d'esclavage près de Tripoli, dénoncés par un document choc la semaine dernière de la chaîne américaine CNN. Ahmed Metig a exprimé « son mécontentement » dans un communiqué diffusé dimanche sur Facebook après la diffusion de documentaires sur « la réapparition du commerce d'esclaves dans la banlieue de Tripoli ». Il « a affirmé qu’il chargera une commission d’enquêter sur ces rapports de presse afin d’appréhender et soumettre les responsables à la justice », selon le texte.

Sur le documentaire, on voit notamment, sur une image de mauvaise qualité prise par un téléphone portable, deux jeunes hommes. Le son est celui d’une voix mettant aux enchères « des garçons grands et forts pour le travail de ferme. 400… 700… » avant que la journaliste n’explique : « ces hommes sont vendus pour 1.200 dinars libyens (400 dollars chacun) ».

Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d’une impunité totale en Libye, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l’Italie qui se trouve à 300 kilomètres des côtes libyennes.

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Alpha Blondy demande d’assiéger les ambassades libyennes

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lundi 13 novembre 2017

Des détenues torturées suite à une évasion de canards

C’est une histoire qui pourrait porter à sourire si elle n’avait pas eu de fâcheuses conséquences. Le jeudi 20 octobre 2017, des canards se sont « échappés » de la Prison « 1930 » de Kigali au Rwanda. S’en est suivi un lynchage public de dames d’un certain âge de la part des gardiens de la prison. 

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Ce vendredi 21 octobre, le Rwanda faisait les titres des journaux internationaux en raison de l’annonce du comité de l’ONU pour la prévention de la torture qui a indiqué avoir suspendu sa visite au Rwanda en raison « du manque de coopération du Gouvernement et d’une série d’obstacles imposés par les autorités ». Un jour plus tôt, c’est une histoire qui aurait eu tout pour paraitre cocasse mais qui a très mal finie pour des mères de famille incarcérées dans la Prison 1930 de Kigali.

Dans les prisons rwandaises, les détenus ont la charge de se débrouiller pour organiser le peu qu’ils ont à disposition pour se nourrir. C’est également eux qui ont la charge de préparer les mets des surveillant de prison. C’est ainsi que des dames s’occupent d’élevage de canards destinés au repas des gardes pénitenciers. Mais au milieu des multiples tâches et des conditions de vies exécrables qui règnent dans le vétuste centre de détention de Kigali, la tâche est parfois ardue. Ainsi, des canards ont réussi à faire faux bond et à s’exfiltrer de la prison. Les gardiens, prenant connaissance des faits, seraient rentrés dans une colère noire. Ils s’en sont alors pris à ces dames, d’un certain âge, pour avoir laissé échapper les canards de la prison. Jambonews a réussi à recueillir le témoignage d’un membre de la famille d’une détenue qui a assisté aux exactions. « Ils ont tabassé ces mamans avec tout ce qui leur passait par la main. Ils les ont torturées durant un très long moment. Au départ, ils étaient en colère mais à la fin, ils semblaient prendre plaisir. Pour l’une des mamans, ils ont pris un marteau et ils ont tapé de toutes leurs forces sur chacun de ses orteils ». L’auteur de ces tortures serait le Sergent Ryamukama Vertu. Une dame surveillante aurait également participé à ces agressions de manière très active. Ce genre d’exactions ne serait pas rare au sein de la prison. « Tous les jours, des détenus sont torturés et tabassés, parfois pour des consignes non respectées mais très souvent sans raison apparente » a expliqué notre contact au sein de la Prison « 1930 » qui a requis l’anonymat.

Ces faits s’ajoutent à ceux relatés par Human Right Watch dans son rapport " Nous t'obligerons à avouer" d’octobre 2017. Ce rapport documente 104 cas de personnes détenues illégalement, dont une majorité auraient été victimes de tortures – bastonnades, décharges électriques, simulacres d’exécution – par les services de sécurité dans des prisons, camps militaires et autres centres de détention entre 2010 et 2016 au Rwanda.

Pour sa part, Arman Danielyan, le chef de la délégation du sous-comité de l’ONU en charge de la prévention contre la torture a indiqué dans un communiqué daté de vendredi 20 octobre que les autorités rwandaises les ont « empêché d’avoir des entretiens privés et confidentiels avec certaines personnes privées de liberté. De plus, beaucoup de ceux que nous avons réussi à interviewer ont exprimé des craintes de représailles ». Il en appelle au gouvernement rwandais afin de poursuivre sa coopération avec l’organe onusien et parvenir à « la création d’un mécanisme national de prévention contre les torture indépendant et efficace dans le pays ».La Prison Centrale de Nyarugenge (Kigali) ou autrement dit Prison « 1930 » est tristement célèbre pour avoir été le théâtre de tortures et maltraitances à l’égard des prisonniers, principalement ceux accusés de génocide, depuis 1994 et l’arrivée du FPR au pouvoir. Cette prison a été de nombreuses fois critiquée par les organes internationaux car, initialement construite pour 480 détenus (au début des années 1910), elle a compté jusqu’à 50000 détenus au milieu des années 1990. Au début de l’année 2017, elle comptait encore plus 5000 détenus avant qu’une partie des détenus masculins ne soit déplacée vers une autre prison. La Prison « 1930 » est également connue pour abriter Victoire Ingabire, opposante politique condamnée à 15 ans de prison en 2014. Cette prison est au centre des récits de celle qui est d’ores et déjà comparé à Mandela dans son livre témoignage : « Entre les 4 murs de 1930 ». (Norman Ishimwe, journaliste rwandais)

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dimanche 5 novembre 2017

Kenya : un village composé uniquement de femmes !

Umoja, interdit aux hommes !

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La femme n’a pas forcément un statut enviable en Afrique. Au Kenya comme ailleurs, elles ne sont pas épargnées. En réponse des Kenyanes ont créé, il y a plus de 30 ans, leur village et elles vivent heureuses ! Dans son article, Rahimat Emozozo, explique l’étonnante histoire de ces femmes indépendantes, vivant dans un village interdit aux hommes et qui, grâce à leur esprit d’entreprise, vivent loin de la pauvreté dans leur village de femmes !!

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En Afrique, les femmes ont longtemps été handicapées par un manque d’indépendance sociale et financière, en particulier dans les régions les plus pauvres. Les cultures locales ont imposé la dépendance à l’égard des hommes, forçant souvent les familles pauvres à vivre d’un seul revenu. Les perspectives financières et professionnelles des femmes sont donc souvent sombres.

Le système patriarcal qui existe dans la plupart des régions du continent africain expose les femmes aux abus conjugaux et aux mauvais traitements. Par ailleurs, de nombreuses coutumes et traditions, perpétuées par les cultures locales, sont hostiles aux libertés des femmes, qu’elles soient sociales ou même physiques : des mariage précoces, aux mutilations génitales, jusqu’aux crimes d’homicide.

Umoja, un village rien que pour les femmes

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Dans certaines cultures, en particulier en Afrique du Nord, les cas d’agressions sexuelles contre les femmes sont encore réglés en exigeant que l’agresseur épouse la victime. Autrefois, les femmes étaient expulsées de leurs maisons pour vivre séparées de leurs familles et de leurs communautés. Les lois en vigueur dans ces lieux ne garantissent pas que les maris violents, commettant des abus, soient traduits en justice. Les lois dans ces pays continuent de considérer les femmes comme les coupables, en omettant de les protéger contre les abus des hommes, au sein et en dehors du ménage. Ce raisonnement se résume finalement à faire des femmes, une fois mariées, une propriété des hommes.

Cependant, un petit village kenyan a remis en cause cette mentalité depuis près de trois décennies. Après avoir subi des abus continus de la part de son mari, Rebeca Lolosoli a formé un village « féminin », interdit aux hommes, appelé Umoja en 1990 dans la région de Samburu au Kenya (à 300 km de Nairobi). Elle voulait créer un refuge pour les femmes maltraitées cherchant à se libérer de la société toxique et injuste dont elles provenaient toutes. À Umoja, toutes les maisons et tous les bâtiments, même une école, ont été construits à partir des ressources naturelles par les habitants locaux, c’est-à-dire par toutes les femmes du village. Les hommes sont interdits de vivre là-bas pour protéger les femmes.

Le changement par l’entrepreneuriat

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Si Umoja a survécu c’est grâce à l’esprit d’entreprise. En tant que village habité seulement par des femmes, l’un de leurs plus grands défis était de générer des revenus dans une culture qui les décourageait de travailler. Lorsque le village a commencé, les femmes gagnaient de l’argent en vendant des bijoux faits à la main sur la route principale près d’Umoja. Finalement, elles ont été forcées de s’éloigner des routes par des hommes mécontents de la région environnante qui agressaient fréquemment et volaient celles qui vendaient des objets.

Le village a attiré de plus en plus d’attention grâce à l’originalité de sa mini-société. Suite à un tournant très favorable des événements, les femmes habitantes ont utilisé cette attention pour réorienter le commerce de l’artisanat de la route principale pour qu’il passe par leur village où elles font maintenant toutes leurs affaires. Les rondes régulières des touristes qui visitent Umoja ont créé un flux de revenus fiables pour l’ensemble des habitantes du village. Grâce au tourisme et à leur existence en tant que société autonome et féminine, les villageoises d’Umoja ont acquis une stabilité financière, la liberté et l’affranchissement du patriarcat culturel et une véritable indépendance.

Quid de l’avenir ?

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En ce qui concerne la sécurité des fonds, des services comme l’argent mobile au Kenya, M-PESA, contribuent à réduire le coût de protection de son argent des braqueurs et des voleurs. M-PESA a facilité les échanges pour les femmes d’Umoja tout en offrant une sécurité supplémentaire en matière d’argent. Avec la disponibilité de l’argent mobile, même dans les villages éloignés tels que Umoja, les transactions avec des clients nécessitent rarement un échange de la main à la main. Les touristes peuvent effectuer des paiements pour des bijoux et des objets-souvenirs directement à partir de leurs téléphones mobiles. Toutes les recettes restent stockées de manière sécurisée à distance dans un compte virtuel pour l’utilisation des vendeuses.

En plus d’être entièrement capables de construire leurs propres infrastructures, de gérer leurs propres écoles, d’assurer un approvisionnement régulier en eau et de cultiver leurs propres aliments, ces femmes ont pris en main les questions de sécurité et d’application des lois. En règle générale, l’application de la loi est considérée comme un bien public dans la société moderne. Cependant, il existe des exemples comme celui-ci où la sphère publique ne fournit pas suffisamment ces biens. Dans ce cas, l’application de la loi dans des communautés comme l’Umoja et les villages environnants, perpétue un biais contre le bien-être des femmes. Pour cette raison, les femmes ne peuvent pas compter sur les agents de l’État pour garantir la justice et la sécurité. Les résidentes du village d’Umoja ont, pour cette raison, pensé à recourir à leur propre agence de protection : elles-mêmes. Elles ont mis en place un système de rotation pour assurer la sécurité ainsi que la loi et l’ordre.

Pendant près de 30 ans, ces femmes ont réussi à se prendre en charge et à vivre de manière autonome dans leur petit village. Je suis certaine qu’elles continueront à le faire grâce à leur sens de coopération et leur esprit d’entreprise.

Rahimat Emozozo, étudiante diplômée en économie au Johnson Center for Political Economy de l’Université de Troy (Article publié en collaboration avec Libre Afrique)

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mercredi 1 novembre 2017

Sahel : Macron et Le Drian bottent en touche

Lundi 30 octobre à l’ONU, une réunion ministérielle présidée par le ministre français des Affaires Etrangères, Jean Yves Le Drian, a tenté de définir la force d’interposition qui  doit se mettre en place sous l’égide du “G5 Sahel” (Mali, Niger, Tchad, Mauritanie et Burkina). En réalité, un nouveau mirage.

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Comme il est loin le temps béni où l’ancien président français, François Hollande, célébrait en 2013 le “plus beau jour de sa vie politique” au Mali où l’intervention militaire française “Serval” avait lieu. La majorité de la population noire de Bamako s’était réjouie de l’arrivée des troupes françaises avec l’espoir que les populations Touaregs du Nord, ces éternels dissidents, seraient contraints de déposer les armes. Il faut bien constater l’échec politique qui a succédé à un ratissage du Nord Mali présenté comme une victoire définitive.  Les accords de paix signés en 2015 n’ont guère été respectés, le président malien IBK, adoubé par Paris lors de son élection en 2013, est totalement discrédité; et il ne se passe pas de semaine sans accrochage violent ou attentat sanglant, non seulement au Nord du Mali, mais aussi au centre et au Sud du pays, comme le révèle un rapport de l’ONU dont le Canard Enchainé (25/10) donne de larges extraits. “A Bamako, Tombouctou, Gao et Kidal, lit-on, le nombre d’assauts contre les forces de défense maliennes a pratiquement doublé”.

Sans parler des voix de plus en plus nombreuses au sein même de la classe politique malienne qui dénoncent “l’occupation” des 4000 soldats française au Mali. Ce désarroi politique est une aubaine pour l’Imam Mahmoud Dicko, le président du très réactionnaire Haut Conseil Islamique (HCI), qui fort de la manne séoudienne, est devenu l’homme fort du pays qui pourrait, demain, devenir une République islamique soft.

Tourner la page

Ce tableau là naturellement, Jean Yves Le Drian a été bien incapable de le dresser. Principal artisan de l’opération Serval qui s’inscrit classiquement dans la filiation des quarante huit opérations militaires françaises menées par la France en Afrique depuis les indépendances africaines, l’actuel ministre des Affaires Etrangères semble bien en peine d’en reconnaitre les limites et d’avouer un échec militaire qui fut son titre de gloire. Mais il lui faut pourtant tourner la page, aiguillonné qu’il est par un patron, Emmanuel Macron, pressé d’en finir avec le fardeau financier des interventions militaires à l’étranger.

"La stupide guerre de Libye"

Confronté dès les lendemains de l’opération Serval à de mauvaises remontées du terrain, Jean Yves Le Drian a, dans la foulée, dénoncé les responsables de l’enlisement français. Si les groupuscules djihadistes avaient encore de beaux jours au Mali, mais également au Niger et au Burkina, c’est en raison de la base arrière qu’ils possédaient en Libye. Le ministre de la Défense qu’il fut n’aura de cesse de plaider pour une nouvelle intervention militaire dans le sud libyen mais n’obtiendra pas gain de cause auprès de l’Elysée, absorbé par d’autres théatres d’opération en Syrie notamment.

Ce qui est exact, c’est que “la stupide guerre de Libye”, pour reprendre l’expression du général Desportes sur Europe 1 le 21 octobre dernier, qui a été menée en 2011 par Nicolas Sarkozy et David Cameron, a déstabilisé l’ensemble de la région. Le rapport de l’ONU, daté du 28 septembre dont le Canard Enchainé donne des extraits, recense les résultats terrifiants de la situation actuelle en Libye: multiplication des attentats, appuis logistiques et financiers des groupes terroristes. Pour autant, l’existence de cette aire de jeux et de trafics pour les groupes terroristes n’explique pas à elle seule la situation sécuritaire actuelle au Mali et plus généralement au Sahel. Le rapport de l’ONU, toujours d’après le Canard Enchainé, pointe la responsabilité des pouvoirs en place, notamment en matière d’atteintes aux droits de l’homme: découverte de charniers, viols, exécutions sommaires. Dans le cas du Mali, ces experts renvoient dos à dos les groupes armés terroristes et les forces de défense et de sécurité qui sont coupables, les uns comme les autres, de ces exactions.

Tour de passe passe

Le véritable tout de passe passe des Français fut de transmettre le relais, notamment au Mali et en Centrafrique, aux forces onusiennes de la Minusma, 12000 hommes au total. Mais  cela ne marche gère. Quatre vingt soldats ont été tués ces dernières semaines, alors même que la situation empire chaque jour.

Face à ce constat qui marque les limites des forces onusiennes dans cette guerre atypique, le nouveau président français, Emmanuel Macron, tente aujourd’hui de mettre les chefs d’Etat de la région face à leurs responsabilités. Organisez-vous, leur dit-il, dans le cadre d’une force d’interposition, dite du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina, Tchad, Mauritanie), et l’Europe comme l’ONU vous aideront financièrement.

C’est cette stratégie que Jean Yves Le Drian a vendu ce lundi à l’ONU. Mais ses interlocuteurs ne sont plus ces présidents africains, les Déby au Tchad, Issoufou au Niger, Aziz en Mauritanie, qu’il avait su mettre de son côté en fermant les yeux sur leur fâcheuses tendances autoritaires et leurs légers penchants prédateurs.

Cette fois, l’état des lieux a été dressé par une délégation du Conseil –formée de la France, de l’Éthiopie et de l’Italie–, qui s’est rendue du 19 au 23 octobre en Mauritanie, au Mali et au Burkina Faso pour juger des recommandations du rapport « à l’aune de la réalité de terrain ». Et les financements s'avèrent loin d’être bouclés. Quatre cent millions d’euros seraient nécessaires pour que les armées du G5 Sahel soient formées, armées et modernisée. Pour l’instant, cent millions d’euros seulement ont été trouvés.

Les talents de bonimenteur de Jean-Yves Le Drian auront-ils suffi ? Seul l'avenir le dira. (selon Nicolas Beau - "Mondafrique")

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mercredi 11 octobre 2017

Plainte contre Sarkozy à la CPI pour crimes de guerre et contre l'humanité

L'assassinat de Kadhafi : un règlement de compte personnel

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Au total, une quinzaine d'activistes et d'associations de la société civile africaine comme « Y en a marre » ou encore « le Balai citoyen » sont réunis à Bamako pour former un Front panafricain de la société civile. Leur première action ? Une plainte à la CPI contre l'ancien président français Nicolas Sarkozy pour avoir provoqué l'intervention en Libye qui a débouché sur la mort du colonel Kadhafi.

Le Front international de la société civile panafricaine (Fispa) est composé de jeunes activistes de la nouvelle société civile du continent. Le Front veut défendre l’Afrique, la démocratie, la dignité et les droits de l’homme.

Première action déclenchée, une plainte devant la Cour pénale internationale déposée samedi contre l’ancien président français Nicolas Sarkozy. L’activiste guinéen Elie Kamano, membre du Fispa, explique pourquoi : « Nous portons cette plainte contre Nicolas Sarkozy pour l’assassinat de Kadhafi parce que cela a des conséquences dramatiques et néfastes sur le continent africain, et sur les populations africaines. Voilà pourquoi nous adhérons à ce combat. »

Et quand on sait que le colonel Kadhafi a été assassiné en 2011, pourquoi avoir attendu si longtemps avant d’introduire une plainte ?

Réponse de Simon Kouka, artiste rappeur sénégalais et membre du mouvement « Y en a marre » : « Beaucoup de gens se sont offusqués, mais il n’y a eu aucune action et cette action, je crois, arrive à son heure pour dire : il est temps. Ce que nos dirigeants n’ont pas réussi, à nous de le réussir. Pour aussi la dignité africaine, car c’est un président africain qui a été assassiné », souligne-t-il.

Le très populaire artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly est le parrain de ces jeunes activistes africains. Ils pensent que l'assassinat du colonel Kadhafi était un règlement de compte personnel, et cet assassinat a déstabilisé tout un continent.

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lundi 25 septembre 2017

Angélique Kidjo, artiste béninoise

Après Makeba, Dibango, Fela, Youssou N'Dour et Mory Kanté, Angélique Kidjo est la plus jeune des artistes africains à connaître une véritable carrière internationale. Son contrat avec Island n'y est évidemment pas pour rien, tant il est vrai que le continent noir est une pépinière de talents, hélas trop souvent à l'écart des grands circuits phonographiques.

Biographie

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 Angélique Kidjo naît le 14 juillet 1960 à Ouidah, petite ville portuaire de la République du Bénin qui, jusqu'en 1975, se nommait le Dahomey. Issue de l'ethnie Pedah, Angélique est baptisée à sa naissance Angélique Kpasseloko Hinto Hounsinou Kango Manta Zogbin (le sang d'une lanterne ne peut allumer une flamèche). Sa mère, Yvonne, est chorégraphe et directrice de théâtre renommée, ainsi qu'une femme d'affaire avertie.

Quant à son père Franck, quand il ne travaille pas comme fonctionnaire des postes, il pratique activement la photo et à l'occasion, joue du banjo. Elevée au milieu de ses huit frères et sœurs, Angélique est très tôt au contact d'une multitude de cultures, de langues, de traditions. Sa langue maternelle est le fon, mais elle en comprend et en parle bien d'autres que l'on retrouvera à travers ses disques.

Dès l'âge de six ans, Angélique chante et danse dans l'ensemble que sa mère dirige. La troupe fait de nombreuses tournées à travers l'Afrique de l'ouest, et la petite fille se forge déjà une solide expérience. Vers neuf ans, elle reprend l'école mais à onze, elle chante dans le groupe de ses frères, le Kidjo Brothers Band. Avec eux, elle acquiert une connaissance aiguë du répertoire afro-américain soul et rythm and blues, et en particulier celui de James Brown qu'elle connaît sur le bout des doigts.

Adolescente, Angélique est déjà une chanteuse connue dans toute la région. Son énergie et la qualité exceptionnelle de sa voix séduisent le public impressionné par cette petite femme au tempérament volcanique. Vers quinze ans, elle écrit quelques chansons et se réfère souvent à son idole, la sud-africaine Myriam Makeba. Avec le groupe de son lycée, les Sphinx, elle nourrit encore un peu plus sa notoriété. En 1979, la radio lui ouvre ses portes et, très sensibilisée aux problèmes de l'Apartheid en Afrique du Sud, Angélique choisit d'interpréter un titre de sa composition sur Winnie Mandela.

Elle rencontre alors le chanteur et producteur camerounais, Ekambi Brillant, qui lui fait faire son premier disque "Pretty", également co-produit par son frère, Oscar Kidjo. Nous sommes en 1980 et Angélique a 20 ans. L'album est enregistré à Paris où la jeune femme vient pour la première fois. Mais, c'est en Afrique que le succès du disque est énorme. Avec deux titres, "Pretty" qui devient un temps le surnom d'Angélique, et "Ninivé", Angélique Kidjo devient une star dans l'ouest africain et remplit les salles au cours de ses tournées du Togo à la Côte d'Ivoire.

En 1988, elle monte également son propre groupe, Angie Kidjo. Elle y est entourée de jeunes musiciens français, plutôt issus du jazz, dont le bassiste Jean Hébraïl, qui devient son mari.

 Le 10 juin 2010, Angélique Kidjo participe à Johannesburg (Afrique du Sud) au concert de la cérémonie d'ouverture de la Coupe du Monde de Football, organisée pour la première fois en terre africaine. Elle se produit aux côtés d'artistes internationaux comme Shakira, Alicia Keys, John Legend, Amadou & Mariam ou encore Vieux Farka Touré.

2017 : Angélique Kidjo dénonce le discours hypocrite d'Emmanuel Macron sur la surdémographie de l'Afrique.

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dimanche 17 septembre 2017

75% des esclaves emmenés au Brésil étaient bantous

La conseillère technique en Langues Africaines du Musée de la Langue Portugaise à São Paulo, Yeda Pessoa de Castro a fait ressortir dans une enquête récente que parmi les quatre millions d’individus emmenés de l’Afrique Subsaharienne pour le travail esclave au Brésil, 75% étaient originaires du monde linguistique bantou, c’est-à-dire des territoires situés actuellement en Angola et dans les deux Congos.

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Ce contingent bantou, (dont la graphie originale est bantu) qui était de cette ampleur dans la ville de Bahia du 17ème siècle, a selon le chercheur amené le Père Dias à écrire "A arte da língua de Angola"(L’art de langue d’Angola) une grammaire publiée en 1687 à Lisbonne pour instruire les jésuites et faciliter le travail de catéchisme des "25 milles éthiopiens" africains.

La même situation s’est développée selon Yeda Pessoa de Castro dans d’autres régions de l’époque comme Palmares, où le développement d’un parlé de base Congo-Angola est à l’origine de la création de divers toponymes, parmi lesquels ganga zumba, zumbi, dandara, osengo et andalaquituxe.

Pour la conseillère, les apports bantus, comme senzala, mucama et quilombo sont associés au régime de l’esclavage et en même temps intégrés au système linguistique du Portugais, en formant des dérivés à partir d’une même racine bantu, à l’exemple de esmolambado, dengoso, sambista, xingamento, mangação, molequeira et caçulinha. "La constatation de ce fait démontre l’antériorité de la présence bantu et l’amplitude atteinte par sa distribution humaine sur le territoire colonial brésilien, avant d’autres peuples négro-africains également en esclavage", souligne-telle.

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