dimanche 16 septembre 2018

Cameroun : Boko Haram mène la vie dure aux éleveurs

La Banque mondiale vient de dévoiler un rapport sur l’ampleur des ravages causés par les membres de la secte islamiste nigériane Boko Haram, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, dans laquelle ces terroristes sévissent avec une violence plus accrue depuis l’année 2013.

eleveurs

En effet, dans un rapport intitulé «briser les obstacles au commerce agricole régional en Afrique centrale», cette institution de Bretton Woods, révèle que depuis 2013, Boko Haram a volé aux éleveurs de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, un volume de bétail d’une valeur globale atteignant 3 milliards de francs Cfa (6 millions de dollars).

Concrètement, apprend-on, sur une période de 5 ans, ce sont environ 17 000 têtes de bovins et des milliers d’ovins et de caprins, qui ont été emportés par des membres de cette secte islamiste, au cours de leurs attaques meurtrières dans les villages de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun.

Au demeurant, cette estimation n’est que partielle, puisque les exactions de Boko Haram sur le secteur de l’élevage ne se sont pas limitées aux vols du bétail. Leurs attaques ont également eu des effets néfastes sur le fonctionnement des marchés du bétail, la prise en charge sanitaire des bêtes, ou encore le fonctionnement de l’activité d’élevage dans son ensemble.

Selon un rapport du ministère camerounais de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), le secteur de l’élevage a payé le plus lourd tribut de la guerre contre Boko Haram, avec des pertes estimées à 54,8 milliards de francs Cfa au total, soit environ 65% des pertes globales. Ces pertes, apprend-on, sont consécutives, souligne le rapport, «aux vols, rapts, tueries d’animaux, etc., aux maladies animales et à la baisse de la valeur commerciale des animaux».

Il est à rappeler que Boko Haram est un mouvement insurrectionnel et terroriste d’idéologie salafiste djihadiste, originaire du nord-est du Nigeria et ayant pour objectif d’instaurer un califat et d’appliquer la charia.

Posté par jl boehler à 04:55 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 10 septembre 2018

Massacre d’éléphants sans précédent au Botswana

Les braconniers ont tué au moins 87 éléphants au cours des derniers mois au Botswana, alerte l’organisme de protection de la nature "Elephants Without Borders". Les carcasses d’éléphants ont été repérées autour du delta de l’Okavango, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, dans le district de Ngamiland au Botswana, a indiqué l’organisation sur sa page Facebook.

elephants

Michael Chase, directeur de l’association Elephants Without Borders, a déclaré au New York Times qu’il avait dénombré 48 éléphants d’Afrique morts (Loxodonta africana) lors d’un survol aérien en août, dénonçant une frénésie de braconnage. « Nous avons commencé le sondage le 10 juillet et nous avons dénombré 90 carcasses d’éléphants depuis le début de l’enquête », a déclaré Chase à l’Agence France-Presse (AFP). « Chaque jour, nous comptons des nouveaux éléphants morts ».
Tous les quatre ans, Elephants Without Borders et le gouvernement du Botswana mènent conjointement des relevés aériens, lors de la saison sèche, sur la population d’éléphants et d’autres espèces sauvages dans le pays. Cette année, le gouvernement du Botswana a de nouveau chargé l’organisation de mener une enquête aérienne dans le nord du pays, couvrant le district de Chobe, Okavango, Ngamiland et North Central. Étant donné que le relevé aérien actuel n’est que mi-parcours, Chase et d’autres défenseurs de l’environnement craignent que le nombre final d’éléphants braconnés soit beaucoup plus élevé. Le gouvernement du Botswana a cependant réfuté les affirmations de l’ONG et a qualifié les chiffres de «non fondés» dans un communiqué publié sur Twitter. «À aucun moment au cours des derniers mois ou récemment, 87 ou 90 éléphants n’ont été tués au cours d’un incident dans n’importe quel endroit du Botswana», indique le communiqué.
Le gouvernement a ajouté que Elephants Without Borders avait déclaré avoir dénombré 53 carcasses d’éléphants au cours de son enquête. « Sur les 53 carcasses mentionnées, une mission de vérification entre juillet et août a établi que la majorité n’était pas braconnée mais plutôt morte de causes naturelles ».
Chase maintient ses chiffres. « Je suis un scientifique objectif, sans agenda politique. Je suis triste que notre gouvernement ait réagi de cette façon. » Il précise qu’il y a un emplacement GPS pour chacune des 87 carcasses et que plusieurs témoins les ont vu. Chaque vol a quatre personnes, dont un employé du gouvernement, et les enregistrements vocaux des vols confirmeront ces résultats, explique Chase.
Le Botswana compte environ 130 000 éléphants et est considéré comme le dernier bastion des éléphants en Afrique. (selon "Afrik.com")

carte_botswana

Posté par jl boehler à 00:43 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 9 septembre 2018

Rentrée: Des étudiants comoriens privés de visa pour leurs études

  • La France refuse de délivrer des visas aux ressortissants comoriens, sauf pour des raisons médicales.
  • Environ 300 étudiants qui souhaitaient poursuivre leurs études en France métropolitaine, se retrouvent bloqués.
  • Said Ahamada, député LREM des quartiers Nord de Marseille et Comorien d’origine, a demandé la levée de cette suspension.

comores1

« C’est très compliqué de parler avec des étudiants car ils ont peur de s’exprimer. » Voici dans quelle situation se retrouvent environ 300 étudiants originaires des Comores. L'ambassade de France aux Comores a suspendu jusqu’à nouvel ordre la délivrance de tous les visas demandés par les ressortissants comoriens.
Aucune raison officielle n’a été donnée, même si les questions de migrations semblent en être la cause. Dès lors, impossible pour ces 300 étudiants d’obtenir un visa pour venir étudier en France selon les accords convenus entre les gouvernements comorien et français.
« Les étudiants ne veulent pas trop s’exprimer, ils ont peur de parler. Ils ont peur des réactions et de ne pas obtenir de visas », explique une membre du collectif des étudiants étrangers à Mayotte, qui préfère garde l’anonymat. Même s’ils sont acceptés dans une université ou dans une école, impossible pour eux d’obtenir le sésame qui leur permettra de venir en métropole. « Pour les étudiants Comoriens il n’y a aucune solution. Ni d’étudier en France métropolitaine, ni à Mayotte », précise-t-elle.

Avec son collectif, ils ont bien tenté de trouver des solutions, en vain. «Nous avons envoyé des mails à la préfecture pour avoir des audiences mais nous n’avons jamais eu de contacts. Nous avons envoyé une lettre au préfet, nous avons parlé avec le conseiller du ministre mais rien n’a changé », regrette la militante. « La situation est assez complexe, confie Anli, représentant d’une association d’étudiants Mahorais. On bloque des étudiants, qui sont en dehors de toutes considérations politiques, alors qu’ils sont en droit de poursuivre leurs études et de se construire un avenir. »

Pour toutes ces raisons, Saïd Ahamada, député LREM des quartiers Nord et Comorien d’origine, a appelé à la levée de la suspension des visas étudiants pour les Comores, dans un communiqué de presse. Il s’agit d’un contentieux entre la France et les Comores sur les clandestins au départ de Mayotte. Derrière cette problématique, pointent d’autres considérations culturelles et sécuritaires. Faute de pouvoir étudier en France, les étudiants pourraient aller ailleurs et rejoindre des pays arabes ou des thèses radicales circulent. « Mon communiqué vise à enfoncer le clou pour ceux qui hésiteraient encore. Mais je suis optimiste quant à l’issu de cette histoire », confie Saïd Ahamada. (selon AFP)

Posté par jl boehler à 09:19 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

samedi 1 septembre 2018

Afrique : le business du terrorisme

Des chefs militaires comblés !

terrorisme

C’est un des paradoxes créés par la lutte contre le terrorisme en Afrique : aujourd’hui sur ce continent, il vaut mieux être ministre de l’intérieur ou de la défense que titulaire du portefeuille des finances. Ce dernier s’arrache les cheveux chaque fin de mois pour trouver l’argent nécessaire au paiement des salaires, des bourses, des fournisseurs de l’Etat alors que ses collègues de l’intérieur et de la défense voient leurs budgets augmenter sans cesse, au nom de la lutte contre le terrorisme.

Mais, ils voient surtout, non sans délectation, les différents mécanismes de contrôle des deniers publics renoncer, les uns après les autres, à leurs prérogatives. « Dans ce contexte de guerre contre le terrorisme, oser demander des comptes au ministre de l’Intérieur ou de la Défense est perçu, au mieux, comme un acte antipatriotique. Si vous vous y aventurez, vous pouvez être accusé de soutien au terrorisme », résume un député d’un pays sahélien ouest-africain.

Le Nigéria

Ainsi au Nigéria, les ressources domestiques et les aides extérieures affectées à la lutte contre la menace terroristes sont gérées dans la plus grande opacité. Sambo Dasuki, ancien conseiller à la sécurité nationale du président Goodluck Jonathan, est accusé d’avoir détourné 4,5 milliards de dollars destinés à la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram. Après réévaluation, les sommes détournées pourraient atteindre près de 13 milliards de dollars.

Le Mali

Après le Nigéria, le Mali….Selon une enquête du parti pour la renaissance nationale (PARENA, opposition), 42 véhicules 4X4 acquis pour le compte des patrouilles mixtes forces armées maliennes (FAMA)/Groupes armés signataires de l’accord d’Alger ont été facturés à plus de 2 milliards 300 millions (environ 3,5 millions d’euros) soit près de 50 millions (76 000 euros) de francs CFA l’unité. Mis en cause dans le dossier, Tiéman Coulibaly, alors ministre de la défense, a été brièvement écarté du gouvernement. Il est y revenu moins de trois mois plus tard au portefeuille des Domaines de l’Etat et des affaires foncières, avant d’accéder au prestigieux poste de ministre des Affaires. Cette prime à l’impunité n’a rien de surprenant au regard de sa proximité avérée avec Karim Keita, président de la Commission défense à l’assemblée nationale malienne, mais surtout fils du président malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK).

Le Niger

Chaque semaine, 700 millions de francs CFA (près d’1,7 million d’euros) sortent du trésor public nigérien pour être affectés aux patrouilles urbaines de sécurisation des grandes villes du pays, notamment de Niamey, la capitale.

L’ancien ministre nigérien de la défense, Mahamadou Karidjo, aujourd’hui titulaire du portefeuille des Transports, était devenu un des hommes les plus riches du pays. Il avait fait acheter à son pays des avions de chasse Sukoï, bien que leur utilité dans la lutte contre le terrorisme paraissait discutable pour les spécialistes. En réalité, toute une ingénierie du détournement et de l’enrichissement illicite a été développée dans les Etats touchés par le terrorisme, à travers le paiement des rétro-commissions par les sociétés occidentales, à priori au-dessus de tout soupçon, mais aussi grâce à la surfacturation, la passation des marchés de gré à gré ainsi que des commandes fictives. Une économie de la guerre contre le terrorisme s’est ainsi créée avec ses agents, ses intermédiaires, ses donneurs d’ordre.

Ayant vu, la tutelle politique se sucrer, la hiérarchie militaire s’est elle aussi engouffrée dans la brèche. Les généraux et autres officiers affectés dans les régions concernées par la lutte contre le terrorisme se mettent plein la poche. Ils rognent sur les crédits affectés à l’achat du carburant, à l’intendance, aux déplacements du personnel ou à l’entretien du matériel roulant.

L’ancien chef d’état-major général de l’armée nigériane Alex Badeh est accusé d’avoir détourné pas moins de 19 millions de dollars affectés à la lutte contre Boko Haram.

Une manne inespérée

Et comme un effet de contagion, les commandants locaux reprennent à leur compte les pratiques déviantes du haut commandement. Dans les villes situées sur la ligne de front au Mali, au Tchad, au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso et en Mauritanie, des chefs militaires devenus de véritables prédateurs n’hésitent pas à trouver des petites combines pour gagner de l’argent. Ils revendent une partie du carburant qu’ils reçoivent, d’autres achètent des équipements locaux bas de gamme pour leurs casernes, tandis que d’autres encore gonflent les frais de déplacement et multiplient les missions.

La troupe, quant à elle, témoin directe de ces agissements, hésite à se battre contre les terroristes. (selon "Mondafrique")

Posté par jl boehler à 03:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

vendredi 24 août 2018

Afrique : les coupeurs de routes !

A la frontière du Ghana, les populations de 21 villages se soulèvent

ci3

Des populations, très en colère, se sont soulevés dans l’Est de la Côte d’Ivoire pour exiger des conditions de sécurité meilleures en raison du règne des coupeurs de route dont elles sont victimes.

Elles sont excédées. Les populations des 21 villages des sous-préfectures de Tienkoikro et de Kokomian (département de Koun-Fao) ont bruyamment manifesté dans la matinée du 20 août dernier, érigeant des barrages sur l’axe Agnibilékrou-Takikro-Frontière du Ghana. Portant des bandeaux rouges et brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire des slogans de protestation, les insurgés à bord de véhicules de transport, ont ensuite convergé vers la localité de Tienkoikro (20 km à l’Est d’Agnibilékrou) où ils ont pris d’assaut les locaux de la sous-préfecture. Sur place, au rythme des chansons guerrières, les émeutiers ont tout de suite exigé une rencontre immédiate avec le sous-préfet.

ciSur les raisons de leur ire du moment, les chefs de villages et les représentants des communautés ont expliqué à l’autorité administrative que depuis plusieurs mois, l’axe routier reliant Agnibilékrou-Takikro-Frontière est pris en otage par une horde de coupeurs de route lourdement armés qui sévissent impunément et sans retenue. Dans leur funeste opération, ont-ils précisé, ces malfrats armés de kalachnikovs, libèrent constamment des tirs nourris qui ont fini par plonger les populations locales dans une ambiance de terreur. A en croire Roger Kouakou, le représentant des jeunes de la zone, ce sont 22 attaques à main armée qui ont été perpétrées par ces sinistres individus sur la période couvrant les deux derniers mois. Lesquels individus qui, n’épargnant ni même les handicapés et autres malades en état d’évacuation, ont abattu de nombreuses victimes (dont un officier des douanes) et empoché plusieurs millions de Fcfa. La dernière en date est celle d’un instituteur à la retraite qui a été dépouillé d’une somme de 800 000 Fcfa avant d’être traumatisé par des tirs à l’arme automatique.

ci1

Sur cette voie que les usagers empruntent désormais avec la peur au ventre, ceux ne disposant pas d’argent sont sauvagement tabassés par ces bandits qui règnent désormais en maîtres absolus. Pour les populations de cette zone qui, quoique située non loin d’Agnibilékrou, relève du département de Koun-Fao, la situation n’a que trop duré. Aussi exigent-elles du gouvernement des mesures vigoureuses pour les libérer de leurs ‘’bourreaux’’.

Assindi Kouassi, le sous-préfet de Tienkoikro, qui a promis transmettre les préoccupations de ses administrés aux autorités compétentes, a exhorté ces derniers à collaborer avec les forces de sécurité en leur fournissant les informations sur d’éventuels suspects. Les manifestants ont levé leurs barricades aux environs de 14 heures.(selon "L'infodrome")

Posté par jl boehler à 01:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

dimanche 5 août 2018

Plus de 13 000 migrants abandonnés dans le désert du Sahara

L’Algérie accusée !

algerL’Algérie se défend d’avoir abandonné plus de 13 000 migrants dans le désert du Sahara comme l’accuse Associated Press dans une enquête alors qu’une vidéo montre des centaines de personnes marchant dans le désert par près de 50°C. La responsabilité de l’Europe est engagée.

L’Algérie a nié avoir maltraité des migrants en affirmant avoir abandonné plus de 13 000 personnes dans le désert du Sahara au cours des 14 derniers mois, notamment des femmes enceintes et des enfants. Le pays aurait expulsé les migrants sans nourriture ni eau et les aurait obligés à marcher. Une video diffusée par Associated Press montre des gens qui marchent par centaines dans des températures qui atteignent 48°C.

Des nombres incalculables sont morts, mais tous les survivants interrogés par AP racontent comment les gens de leurs groupes ont simplement disparu dans le désert. « Les femmes étaient mortes, les hommes … d’autres personnes disparaissent dans le désert parce qu’elles ne connaissent pas le chemin », explique Janet Kamara, qui était enceinte à l’époque. Les plus chanceux sont finalement arrivés au Niger.

L'Union Européenne sait et se tait !

Les expulsions massives de l’Algérie ont repris depuis fin 2017, alors que l’Union européenne a renouvelé la pression sur les pays d’Afrique du Nord pour qu’ils éloignent les migrants de la méditerranée. Un porte-parole de l’UE a déclaré qu’il était conscient de ce que l’Algérie faisait, mais que les pays souverains peuvent expulser les migrants tant qu’ils se conforment au droit international.

Les autorités algériennes ont refusé de commenter. Mais l’Algérie a par le passé nié toute critique selon laquelle elle commettrait des abus de droits en abandonnant des migrants dans le désert, qualifiant les allégations de campagne malveillante.

L’Organisation internationale pour les migrations a estimé que pour chaque migrant connu pour avoir traversé la Méditerranée, pas moins de deux sont perdus dans le désert – potentiellement plus de 30 000 personnes depuis 2014.

Posté par jl boehler à 00:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 3 août 2018

Centrafrique : trois journalistes russes assassinés

Ils enquêtaient sur une société militaire privée

russieEn Centrafrique, trois journalistes russes ont été tués à environ 200 km de la capitale Bangui. Les trois hommes, reporter, caméraman, et documentariste, ont été retrouvés morts lundi soir à Sibut. L’identité des victimes a été confirmée mardi soir par le ministère des Affaires étrangères russe dans un communiqué. Ce mercredi, les médias indépendants russes ont beaucoup évoqué le professionnalisme des victimes.

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a confirmé à la télévision l’identité des trois journalistes tués. Il s’agit du reporter de guerre Orkhan Djemal, du documentariste Alexandre Rastorgouïev et du caméraman Kirill Radtchenko. Maria Zakharova a aussi déclaré que la diplomatie russe n’était pas informée de leur présence en Centrafrique, car leur voyage avait été déclaré comme touristique.

Sur quoi avaient-ils décidé d'enquêter ?

Les journalistes collaboraient avec le Centre de gestion des investigations, un projet lancé par l’opposant en exil Mikhaïl Khordorkovski. L’organisme l’a confirmé, les trois journalistes étaient partis il y a quelques jours enquêter sur « les activités de la société militaire privée Wagner » en Centrafrique, une société qui a notamment été active dans l’est de l’Ukraine à partir de l’été 2014.

Que fait cette société privée en Centrafrique ? C’est justement ce que cherchaient à savoir les 3 journalistes assassinés. Depuis le début de l’année, Moscou a déployé des instructeurs militaires, livré des armes et assure même la sécurité du président Touadéra.*

Selon la rédactrice en chef adjointe du site pour lequel les trois journalistes travaillaient, ils avaient tenté de s’approcher d’une base présumée du groupe Wagner à Bangui, mais en ont été empêchés au motif qu’ils n’avaient pas d’accréditations. Le lendemain, ils ont pris la route pour rejoindre un collaborateur de l'ONU, prénommé Martin qui devait leur servir de fixeur. C'est lui qui leur aurait recommandé le chauffeur, qui est le seul rescapé de l'attaque.

Des professionnels reconnus

L'information sur l'enquête sur la société Wagner est mentionnée dans les médias indépendants russes qui rendent hommage au professionnalisme de ces journalistes. La chaîne de télévision Dodj leur a consacré une émission spéciale dans laquelle on a pu voir le documentariste Vitali Manski très ému. Il avait travaillé avec Alexandre Rastorgouïev qui avait réalisé une dizaine de films.

Trois professionnels reconnus, qui avaient fait beaucoup de terrain. Le plus âgé du groupe, Orkhran Dzhemal, 51 ans, était un reporter de guerre qui a écrit pour des journaux comme Novaya GazetaKommersant, en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Géorgie. En Libye, il avait été blessé à une jambe et depuis il se déplaçait avec une canne. Cela ne l’a pas empêché de repartir dans le Donbass ukrainien en guerre. Le documentariste Alexandre Rasstorgouïev, 47 ans, avait filmé le mouvement d’opposition et les soldats de la guerre en Tchétchénie. Enfin, le plus jeune du groupe, Kirill Radtchenko, 33 ans, cameraman et photographe avait notamment travaillé en Syrie.

Aux dernières nouvelles, ils enquêtaient sur un groupe de miliciens privés russes présents en RCA.

Le motif et les circonstances du drame doivent encore être éclaircis. Les corps des victimes seront rapatriés samedi en Russie. En France l’'ONG "Reporters sans frontières" demande aux autorités russes et centrafricaines de mener une enquête sérieuse et approfondie sur la mort des trois journalistes russes en Centrafrique. Ils seraient tombés dans une embuscade, mais peu d’informations ont filtré sur l'identité des assaillants et leurs motivations. (selon RFI)

Posté par jl boehler à 01:26 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 11 juillet 2018

Exportation d’animaux rares du Congo vers la Chine

Les gorilles de montagne et d’autres espèces menacées de la République démocratique du Congo risquent d’être capturés dans la nature afin d’être exportés vers les zoos chinois, affirment des associations.

gorille

Une lettre du ministre de l’Environnement de la RDC à une société chinoise, qui a été divulguée, fait apparemment référence à une demande d’exportation pour un certain nombre d’espèces rares. Les associations protectrices de la nature s’indignent.

Le courrier en cause fait référence à une demande pour une douzaine de gorilles de montagne, 16 chimpanzés pygmées ou « bonobos », 16 chimpanzés, huit lamantins africains et 20 okapis. Les animaux, qui appartiennent tous à des espèces menacées d’extinction, auraient été demandés pour le zoo de Taiyuan, dans la province septentrionale du Shanxi, et le zoo Anji Zhongnan dans l’est de la Chine.

La RDC n’a pas de programme de reproduction en captivité, il est donc entendu que tout accord nécessiterait que les animaux soient capturés dans la nature. Seuls 200 gorilles de montagne resteraient en RDC.

La lettre, datée du 8 juin 2018 et signée par la ministre congolaise de l’environnement, Amy Ambatobe Nyongolo, semble confirmer un accord pour l’exportation des animaux et précise qu’une équipe d’experts congolais devrait être hébergée en Chine pour assurer l’introduction et la conservation appropriées du diverses espèces aux deux zoos.

La réponse est adressée à Liu Min Heng, PDG de Tianjing Junheng International Trade Corporation Ltd, et cite un prétendu accord entre les zoos chinois et l’Institut au Congo pour la conservation de la nature (ICCN), le gardien de la faune et de la flore du pays.

Le courrier a été récupéré par Adams Cassinga, un journaliste d’investigation devenu environnementaliste et fondateur de l’organisation Conserv Congo. Il l’a mis en ligne et a lancé une pétition pour empêcher l’exportation des animaux.

Posté par jl boehler à 04:27 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 8 juillet 2018

La nourriture des Touareg

Tikomart : le beurre et le fromage sec des nomades du Mali et du Niger

touareg

Dans les régions habitées par les Kel Tamasheq et les Peulh se perpétue encore la production traditionnelle du tikomart, un fromage sec ancestral dont le rôle est, aujourd’hui encore, de conserver le lait, même par des températures élevées comme celles des régions désertiques, tout en permettant aux populations nomades de transporter des provisions alimentaires très nourrissantes lors de leurs longs déplacements et dans les périodes où les autres sources de nourriture se font rares à cause de la sécheresse.

Le lait (akh) joue un rôle essentiel chez les pasteurs touareg du Mali, car il nourrit, rafraîchit et guérit. Les produits laitiers comme le beurre fondu (widi) et le fromage sec sont également d’une grande importance dans leur culture gastronomique. Le tikomart est un fromage à base de lait de vache, de lait de chèvre ou d’un mélange des deux qui est tellement déshydraté qu’il ne peut plus être mâché. Seul un mortier et un pilon peuvent être utilisés pour le casser en morceaux afin qu’il puisse être mangé trempé dans du thé ou mélangé à de la bouillie de millet.

touareg4

Ce fromage est donc essentiellement utilisé comme assaisonnement. Un morceau d’estomac de chevreau séché fournit la présure pour cailler le lait, qui est placé dans une grande cuve en bois. À l’aide d’une grande louche, les femmes retirent le lait caillé et le placent sur un tapis pour égoutter. Ils façonnent les fromages à la main avant de les placer sur des tiges de fenouil sauvage pour les aromatiser.Tikomart est produit par les Touareg (ou Kel Tamahaq, « ceux qui parlent Tamahaq »), un peuple berbère africain qui vit nomade ou semi-nomade au Sahara désert et à qui le lait et les produits laitiers sont d’une importance énorme.

Au Mali, cette communauté est concentrée dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal. Le lait et les produits à base de lait comme le tikomart sont appréciés tant pour leur qualité nutritionnelle que pour leur valeur symbolique. La langue touareg a de nombreux adjectifs pour décrire les états du lait, qu’il soit frais, aigre, caillé ou dilué. Les bergers utilisent toute une gamme de techniques (comme la fabrication de fromages) pour s’assurer qu’ils conservent une quantité suffisante de lait pour la nourriture.

touareg2

touareg1

Posté par jl boehler à 01:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 6 juillet 2018

Des crocodiles oranges au Gabon

Ils vivent dans des grottes !

crocodiles

Les crocodiles oranges ont été découvert en 2008 au Gabon par l’archéologue Richard Oslisly. Leur couleur orange qui est unique pourrait s’expliquer par une dépigmentation dûe au manque de lumière et aux effets des excréments de chauves souris. « On pense que ces dizaines de crocodiles se seraient installés dans les grottes d’Abanda il y a environ 3000 ans »" explique le chercheur américain Matthew Shirley à l’AFP. Entrés alors qu’ils étaient encore petits, les crocodiles se seraient retrouvés bloqués et ont du se nourrir uniquement de chauves souris.

Des dizaines de crocodiles avec une coloration classique vivent dans des grottes voisines qui sont en lien avec la surface, et disposent donc de plus de lumière et d’une alimentation variée, explique Olivier Testa, alors que les crocodiles oranges sont dans des zones fermées.

Richard Oslisly souhaite que le site des grottes d’Abanda devienne un « sanctuaire protégé ». « Il reste encore beaucoup à découvrir dans les grottes d’Abanda », estime le géoarchéologue qui espère y développer le « tourisme scientifique ».

Posté par jl boehler à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,