jeudi 29 avril 2021

Comptes contre la politique française au Sahel

Le Premier président de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici, qui ne passe pas pour un grand spécialiste de l’Afrique, vient d’adresser une lettre au Premier ministre, Jean Castex, qui résume les travaux des magistrats sur la politique française au Sahel et qui n’est pas franchement tendre. 

comptes

Est ce le signe qu’un véritable hallali pourrait débuter contre la politique d’Emmanuel Macron au Sahel? Même la vénérable Cour des comptes de la rue Cambon et son très prudent président, Pierre Moscovici, mettent à nu dans leurs travaux les échecs flagrants de la présence militaire française

En préambule de cette lettre, Pierre Moscovoci rappelle les objectifs des magistrats de la Cour des Comptes. « En 2009, la France a adopté une stratégie pour le Sahel, qu’elle a révisée en 2014 et en 2016 après son intervention militaire au Mali. L’Union européenne l’a suivie en adoptant en 2011 une stratégie « intégrée » pour le Sahel. Dans l’un et l’autre cadre, ont été définies des priorités dont la Cour a cherché à s’assurer qu’elles s’étaient effectivement traduites dans les faits, sept ans après le début de l’opération Serval ».

Rien de très fracassant, même si le soudain intérêt des magistrats pour le continent africain n’est pas leur marque de fabrique. Plus surprenante est la sévère conclusion des travaux de la Cour.des Comptes résumée par Pierre Moscovici  « Les travaux de la Cour l’amènent à conclure que ces priorités n’ont été qu’en partie suivies d’effet, que la connaissance et le suivi de l’aide comportent des lacunes et que la coordination des actions de sécurité et de développement de la France dans la région doit être renforcée ». Dans le langage policé d’un Moscovici s’adressant au Premier ministre, l’évocation « de lacunes » correspond à une sévère critique de la politique suivie. 

Les dépenses de développement négligées

Dans l’espace sahélien, « l’une des régions du monde les plus déshéritées », rappelle la Cour,  la priorité affichée en faveur de l’aide au développement n’est pas surprenante, notent les magistrats. Sauf que cet objectif  » a tardé à se traduire dans les faits ». Or entre 2012 et 2018, les dépenses dans les pays du G5 Sahel ont plus que doublé, passant de de 580 M€ à 1,35 milliard d’euros, dont près de 60 % de dépenses militaires.

Les dépenses de l’aide publique au développement en revanche n’ont pas suivi la progression des crédits de la Défense. Les cinq Etats sahéliens représentaient en 2018 10 % de l’Aide au développement en Afrique, des proportions inchangées par rapport à 2013. Le plus grave, notent nos experts de la rue Cambon, est que l’administration française ne dispose pas de tableaux de bord par région et par pays qui permettraient de mieux cibler les dépenses dans ces pays.

Coût annuel : 1 milliard !

Surprise, les magistrats de la rue Cambon n’hésitent pas, depuis Paris, à évaluer le bilan sécuritaire de la présence française. Le 11 janvier 2013, rappellent-ils, l’opération Serval visait à arrêter la progression, vers le sud du Mali, de bandes armées djihadistes. Le 1er août 2014, l’opération Barkhane prenait le relais, notamment dans la région dite des trois frontières, une  priorité accentuée lors du sommet de Pau, le 13 janvier 2020. Du coup, entre 2014 et 2020, le nombre des militaires français présents est passé de 4 000 à 5 100. Or, selon ces experts, le résultat sur le terrain ne serait pas à la hauteur des objectifs: : « L’extension du périmètre d’intervention de l’armée française, ainsi que la diversification des objectifs ont rendu incertains les critères qui permettront de dire qu’un terme satisfaisant de l’opération, pour la France et pour les Etats du G5 Sahel, aura été atteint ».

« Il n’y a pas de sécurité pérenne sans développement économique, social et institutionnel ». Pierre Moscovici, premier président de la cour des Comptes

En règle générale, les magistrats de la Cour des Comptes, pas franchement keynésiens, ne manquent pas une occasion de dénoncer les dérives des dépenses publiques en France. Avec les « Opérations Extérieures » de l’armée en Afrique,  ces tètes d’oeufont trouvé une formidable confirmation de leurs craintes. Le montant annuel de dépenses liées aux opérations militaires dans la bande saharo-sahélienne est aujourd’hui de l’ordre d’1 milliard d’euros. Ce n’est pas rien !

Un nécessaire recadrage

Quant à la supposée coopération avec le reste de l’Europe, véritable élément de langage d’Emmanuel Macron et de sa ministre des Armées,  Florence Parly, qui voient là un moyen privilégié de réduire les couts de l’intervention au Sahel, elle en prend un sérieux coup. « Par rapport à l’Allemagne et au Royaume-Uni, note Pierre Moscovici dans sa lettre à Jean Castex, la France a tardé à définir ses règles d’intervention dans les pays en crise au titre de la stabilisation, et à s’en donner les moyens ». D’où effectivement une certaine inertie des « alliés » européens à rejoindre la France dans le bourbier sahélien.   

Un audit, concluent nos magistrats, devrait être effectué afin de préciser les critères de réussite de l’opération conduite par la France et ses partenaires au Sahel. « Il n’y a pas de sécurité pérenne sans développement économique, social et institutionnel. Dans les espaces du Sahel où les services rendus aux populations sont faibles, l’action militaire contre les groupes armés ne suffira pas à garantir à elle seule les conditions d’une vie digne et d’une activité pérenne ; les complémentarités entre actions militaires et civiles d’aide à la stabilisation et au développement doivent donc être recherchées et se traduire dans l’organisation de la réponse française ».

Dans un langage convenu, les propositions faites à Jean Castex, Premier ministre, sonnent comme un véritable rappel à l’ordre. Quelle mouche a piqué Pierre Moscovici, connu pour son opportunisme légendaire, qui lui a valu une des plus belles carrières de ces dernières années à l’ombre de l’État? (selon Nicolas Beau, "Mondafrique")

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lundi 5 avril 2021

Raoult « banni » en France et honoré au Sénégal

Le médecin français Didier Raoult, en visite à Dakar, a été reçu par le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, et par le chef de l’Etat du Sénégal, Macky Sall, qui l’a l’élevé à la dignité de commandeur dans l’ordre national du Lion.

didier_raoult_decore_par_macky_sallBanni en France où il est traité de charlatan par nombre de ses pairs, le Professeur Didier Raoult a été honoré au Sénégal, où il séjourne depuis quelques jours. La blouse blanche a été reçue, mardi par le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, et par le chef de l’Etat du Sénégal, Macky Sall, qui l’a honoré en l’élevant à la dignité de commandeur dans l’ordre national du Lion

Selon les autorités sénégalaises, la visite de Didier Raoult à Dakar s’inscrit dans le cadre de ses recherches sur l’émergence des variants du Covid-19. Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a précisé que durant son séjour au Sénégal, le Professeur va « échanger avec les chercheurs sénégalais sur la riposte contre la pandémie » de Coronavirus.

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a ajouté que les échanges du Professeur de médecine né à Dakar au Sénégal, âgé de 69 ans, spécialiste des maladies infectieuses, qui dirige l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille, avec les autorités sénégalaises portent « également sur le transfert de technologies en matière de recherche ».

Il faut relever que l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille collabore, dans le domaine de la recherche sur le Covid-19, avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD), un organisme français représenté au Sénégal. C’est également un partenaire de l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (IRESSEF), dirigé par le professeur Souleymane Mboup et basé à Diamniadio, (30km de Dakar).

Didier Raoult, qui enseigne à la faculté des sciences médicales et paramédicales de Marseille, a été mondialement connu, lorsque son équipe a proposé un traitement contre le dévastateur Covid-19, à base d’hydroxychloroquine et d’azithromycine, qui, même s’il a suscité la controverse dans le monde de la recherche, semble être le seul traitement qui, en Afrique, comme en Europe, est utilisé pour soigner les malades de Coronavirus qui guérissent dans le monde, par dizaines de milliers, chaque jour.

Il ne pouvait donc pas être à Villé pour l'inauguration du vaccinodrome jeudi dernier.

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samedi 27 mars 2021

Congo-Brazzaville et le sentiment « anti-français »

Alimenté par Macron !

congoAlors que la diplomatie française ne se remet toujours pas de l’explosion du sentiment « anti-français » qui a embrasé le Sénégal, il y a quelques jours, Paris s’apprête-t-elle à avaliser des élections fantoches organisées par certains des régimes les plus caricaturaux de son ancien pré carré ? Tout l’indique pour les scrutins en préparation au Tchad et à Djibouti en avril, et dès ce dimanche au Congo Brazzaville. Survie rappelle que le soutien de l’État français à ces dictatures alimente le sentiment « anti-français » sur le continent africain. 

Ce dimanche 21 mars au Congo-Brazzaville, le dictateur-candidat Denis Sassou N’Guesso, au pouvoir depuis  1979 se présente à une élection présidentielle qui semble jouée d’avance. La campagne électorale a été une nouvelle fois rythmée par les arrestations d’opposants et de défenseurs des droits de l’Homme. Dernier en date, jeudi 11 mars dernier, Alexandre Ibacka Dzabana, coordonnateur de la Plateforme congolaise des ONG des droits humains et de la démocratie, membre de la coalition Tournons La Page Congo, qui a été arrêté à son domicile, à Brazzaville. Poil à gratter du régime congolais, cette coalition d’ONG milite pour la transparence du scrutin en sensibilisant les citoyens sur les enjeux du vote et en formant des  observateurs électoraux. Si la diplomatie française demeure discrète sur ce contexte électoral, c’est que le régime de Denis Sassou N’Guesso peut compter sur le soutien sans faille de Paris.

Celui-ci se matérialise notamment par une étroite coopération militaire, maintenue malgré la grossière modification de la Constitution permettant depuis 2015 à Sassou N’Guesso de rester au pouvoir sans limitation de mandats, et la répression sanglante des manifestations populaires s’opposant à ce projet. En 2017, la France se targuait par exemple de disposer d’un « conseiller spécial » auprès du ministre de la Défense. Pas plus tard que le mois dernier, les autorités françaises indiquaient fournir un « appui au commandement et à l’organisation interarmées, en fournissant conseil et ingénierie de formation aux plus hauts niveaux de l’état-major général (CEMG) » congolais, et  de former « plusieurs dizaines d’hommes et de femmes de la Force publique congolaise »

Par ailleurs, dans un pays quasiment en cessation de paiement, le soutien économique de la France reste déterminant pour le maintien au pouvoir de Sassou N’Guesso. La France est ainsi un des principaux investisseurs au Congo et se targue d’être le premier donateur d’aide publique au développement bilatérale. Dans le même temps, l’exploitation pétrolière bat son plein : il y a dix-huit mois, le pays annonçait la découverte d’un gisement onshore qui pourrait faire quadrupler la production nationale, assurer de juteux bénéfices à Total, déjà à la fête dans le pays, et fournir de nouvelles ressources à la présidence à vie de Sassou N’Guesso.

Pour Patrice Garesio, co-président de l’association Survie, « tant que la France apportera son soutien à de tels régimes, à travers une étroite coopération militaire, policière et économique, il ne faut pas s’étonner de voir fleurir un peu partout un « sentiment anti-français ». Il s’agit en réalité d’un rejet de la Françafrique, conforté par la politique actuelle d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. (selon "Afrik.com")

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mercredi 17 mars 2021

L'histoire tragique de réfugiés éthiopiens

Désemparés d'avoir abandonné leur maison, culpabilisés d'avoir perdu des membres de leur famille dans leur fuite, horrifiés par les images de mort qui passent en boucle dans leur tête, des réfugiés éthiopiens errent dans le camp d'Oum Raquba, érigé au Soudan.

ethiopieVêtue d'une robe bleue et coiffée d'un foulard blanc, assise par terre, Ganet Gazerdier se retrouve seule car les bombardements dans la région éthiopienne du Tigré ont non seulement détruit sa maison à Humera mais également pulvérisé sa famille.

"J'habitais avec mes trois filles. Quand les obus ont commencé à pleuvoir sur notre demeure, paniquées, elles ont fui dans l'obscurité et je ne les ai pas retrouvées", explique cette femme de 75 ans.

Ganet s'est ensuite jointe à l'afflux de réfugiés. "J'ai rencontré des amis qui fuyaient et je les ai suivis", raconte-t-elle.

- "Corps putréfiés" -

Sur la route, "j'ai vu des corps démembrés par les explosions, et d'autres putréfiés, par terre, tués à coup de couteau", poursuit-elle. Elle arrête des réfugiés pour leur dire son histoire, mais personne n'y prête attention car chacun vit avec son propre malheur.

"J'ai une autre fille qui vit à Khartoum mais je ne connais pas son adresse, comment pourrais-je la retrouver dans cette grande ville ?", marmonne-t-elle.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a lancé il y a 13 jours une offensive militaire contre la région dissidente du Tigré, qui a déjà fait des centaines de morts et poussé des milliers de personnes à fuir vers le Soudan.

Une "crise humanitaire à grande échelle" est en train de se développer à la frontière soudano-éthiopienne, s'est alarmée mardi l'ONU.

D'après un porte-parole de l'agence onusienne chargée des réfugiés, 4.000 personnes traversent la frontière avec le Soudan tous les jours depuis le 10 novembre.

Selon Gerdo Burhan, 24 ans, malheur aux jeunes tigréens qui tombent aux mains des soldats éthiopiens. Ils le paient cher. "Ils vous demandent, l'arme pointée sur vous, si vous appartenez à l'armée tigréenne. A la moindre hésitation, vous êtes morts. Ils vous abattent sur-le-champ et laissent le corps dans la rue", assure-t-il.

Dire que vous êtes un civil ne vous tire pas pour autant d'affaires. "Ils vous battent, parfois à mort, ou ils vous emmènent vers une destination inconnue et je doute qu'on en revienne vivant", ajoute-t-il.

"C'est la terreur", lâche Gerdo qui a réussi à fuir mais a perdu son père, sa mère et ses deux sœurs en route. "Je ne sais même pas s'ils sont encore en vie".

Face à l'afflux des réfugiés, les autorités soudanaises ont décidé de rouvrir le camp d'Oum Raquba (est), situé à 80 km de la frontière avec l'Ethiopie. Fermé il y a 20 ans, ce camp avait servi de refuge à de nombreux Ethiopiens fuyant alors la famine.

- Culpabilité -

Aujourd'hui, les ouvriers s'y activent car il devrait abriter à terme 25.000 réfugiés, environ 10 fois plus que ce qu'il accueille actuellement.

Pour les réfugiés, passé le bref moment de soulagement d'avoir évité la mort, c'est la culpabilité qui l'emporte, accentuée par l'incertitude sur le sort d'être chers qu'on a abandonnés.

En échappant aux soldats, Messah Geidi a perdu sa femme et son fils de quatre ans, et il ne se le pardonne pas. "Je ne sais pas où ils sont et même s'ils sont encore en vie. J'ai fui car à Mai-Kadra, l'armée égorgeait les jeunes gens comme des moutons".

Selon Amnesty International, un "massacre" a "probablement" fait des centaines de victimes civiles à Mai-Kadra, dans le sud-ouest de l'Ethiopie. Il pourrait constituer un "crime de guerre" selon l'ONU.

Dans le camp d'Oum Raquba, Takli Burhano, 32 ans, raconte avoir échappé de peu à la mort. Arrêté à Mai-Kadra, il dit avoir été frappé pendant de longues heures puis les militaires ont décidé de l'exécuter. "Un soldat s'est alors approché de son chef et lui a dit +vous ne pouvez pas faire ça: c'était mon professeur+. Il m'a sauvé la vie". (selon AFP)

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lundi 15 février 2021

Djibouti : les jeunes lieutenants français à l'Ecole du désert

Accroupis sur le sol rocailleux à la tombée du jour, de jeunes officiers d'infanterie reprennent leur souffle en attendant les ordres. Cette nuit sera leur dernière à l'Ecole du désert, après deux semaines harassantes dans les collines arides du sud de Djibouti.

djibouti"Ce matin on s'est levé à 3h30. Mais ces derniers jours on était en véhicule, ça permet de récupérer un peu", raconte le lieutenant Bastien en engloutissant une ration militaire, visage couvert de sable, dos calé contre son gilet pare-balles.

Vers 20h00, les ordres sont lus à la lumière des lampes frontales. Au matin, la compagnie devra s'emparer d'un des ponts enjambant la voie de chemin de fer Djibouti-Addis Abeba, après avoir reconnu le terrain et collecté du renseignement sur les positions adverses. La nuit sera courte pour les chefs de section, désignés à tour de rôle parmi les lieutenants.

"La mission des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, c'est de former de futurs officiers, avec une partie académique importante. Notre mission, c'est de former des chefs capables de commander au combat d'emblée", explique le commandant Gregory, de l'Ecole d'infanterie de Draguignan, où les lieutenants suivent leur dernière année de formation avant de rejoindre un régiment.

En fin d'année sonne pour ces fantassins l'heure de l'entraînement au combat interarmes dans cette zone désertique à 6.000 km de Paris, où le thermomètre tutoie souvent les 50 degrés et qui offre à la France un terrain d'exercice unique. Au programme : 15 jours et nuits de manoeuvres mêlant progression à pied, blindés, hélicoptères, artillerie...

"Ici, on voit bien que l'infanterie est un pion parmi d'autres, l'aspect interarmes complexifie beaucoup les choses, on doit gérer la radio, le génie, la cavalerie...", explique le lieutenant Quentin.

L'entraînement comprend aussi un aspect interallié, "caractéristique du travail des armées françaises en opérations extérieures", fait valoir le commandant Gregory: des militaires américains et djiboutiens participent à l'exercice.

Haute intensité

Cette année, le scénario a évolué. Exit l'affrontement asymétrique contre un ennemi militairement plus faible, sur le modèle du conflit mené par la France au Sahel: pour cette édition 2021, les deux camps sont dotés de moyens équivalents. Objectif: se préparer aux conflits de "haute intensité", une menace prise très au sérieux par l'état-major.
"Le temps de grimper une colline, une Gazelle (hélicoptère d'attaque, ndr) était en face de nous, c'était impressionnant", raconte le lieutenant Estelle, 28 ans, diplômée de pharmacie reconvertie dans l'armée, seule femme de sa promotion.

Après un départ au clair de lune, la colonne de VAB (véhicules de l'avant blindé) et de camions s'ébranle vers une zone montagneuse. Premier arrêt pour observer le paysage vallonné depuis les hauteurs. 

"On a repéré 3 VAB à 1.500 mètres en contrebas. Avec les Américains on va faire des bonds successifs en nous appuyant à tour de rôle", détaille le lieutenant Donatien, 25 ans, carte topographique en main, à couvert avec un camarade djiboutien derrière des amas de roche.

Soudain, les tirs claquent. L'équipe de tête est prise à partie. "En position, en position!" crie un lieutenant en ordonnant à ses hommes de se déployer le long la ligne de crête.

Dans le ciel, deux Mirage 2000 surgissent et survolent la vallée à basse altitude dans un bruit fracassant. Un "show of force" destiné à sidérer l'adversaire.

"Pour beaucoup d'entre nous, c'est le premier déploiement en Afrique avec l'armée. Il y a beaucoup de moyens, on touche vraiment ce qu'on va faire en opérations", souligne le lieutenant Jules, 25 ans. Tous ont en tête l'opération  Barkhane, qui mobilise plus de 5.000 Français au Sahel.

Arbitrage des instructeurs: l'échange de tirs a fait trois "blessés" au sein de la section. Les hommes font mine d'administrer les soins d'urgence: pression sur la plaie, pose de garrot, piqûre de morphine. Le VAB sanitaire arrive rapidement pour les évacuer.

"Prenez leur tête entre les mains, parlez-leur", glisse le capitaine Vianney en observant la scène, tristement familière pour ce légionnaire rompu aux théâtres d'opérations.

"Pour un chef de section, c'est assez traumatisant d'avoir des blessés et des morts, mais il doit aussi éviter le sur-accident et poursuivre la manoeuvre", recommande-t-il à la trentaine de lieutenants assemblés pour un "debrief". "On doit sentir la voix du chef qui rassure et rappelle la mission". (selon "Tahiti infos")

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vendredi 12 février 2021

Arrestations et répression au Tchad

Quand Macron soutient les dictateurs !

tchadSamedi 6 février 2021, de fortes mobilisations contre la présidence à vie du Maréchal Idriss Déby, investi par son parti pour la présidentielle d’avril, ont eu lieu à Ndjamena, réprimées, comme les précédentes, par les forces de sécurité. Une semaine avant le sommet du G5 Sahel à N’Djamena qui aura lieu en présence du président français Emmanuel Macron, Survie demande à la diplomatie française de condamner cette répression et ces arrestations.

De nombreux manifestant.es ont été arrêté.es : parmi eux, Mahamat Nour Ibedou, secrétaire général de la Convention Tchadienne de Défense des Droits Humains, et Fatimé Soumaïla, trésorière du parti Les Transformateurs.

Par ailleurs, plusieurs manifestant.e.s, dont le leader du parti des Transformateurs, Succès Masra, ont dû se réfugier à l’ambassade des USA, encerclé.e.s par les forces de l’ordre. Selon la police, les manifestant.e.s s’en seraient pris aux forces de sécurité de l’ambassade américaine…qui, en réalité, ont donné refuge à des manifestants sous les gaz lacrymogènes.

Quasiment 13 ans jour pour jour après la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, cette répression vise à empêcher la convergence des luttes entre société civile et opposition politique, à l’approche de l’élection présidentielle d’avril.

Pour Patrice Garesio, coprésident de Survie : « La France a une responsabilité particulière : soutien historique de Idriss Déby, elle en a fait un allié incontournable de son implantation militaire dans le Sahel qui, au nom d’une prétendue stabilité, permet le maintien d’un pouvoir autoritaire. Prompte à donner des leçons de démocratie à la Russie de Poutine ou à la Turquie d’Erdogan, la France ferme les yeux quand il s’agit des dictateurs de son pré carré africain. »

Au nom de la lutte contre le djihadisme, la France soutient un régime autoritaire qui terrorise sa population et les militant.e.s des droits humains, le récent don de 9 blindés de la France à l’armée tchadienne en est le dernier fait visible. Le choix de N’Djamena comme QG de Barkhane et la présence de coopérants militaires auprès de Déby depuis qu’il est au pouvoir montrent les liens organiques qui attachent la dictature de Deby à l’Etat Français. (Source ONG SURVIE)

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mardi 9 février 2021

Attaques pirates dans le Golfe de Guinée

Le Golfe de Guinée est depuis quelques années le théâtre de spectaculaires attaques de pirates sur des navires marchands, attaques soldées par des enlèvements pour demande de rançon et parfois des meurtres. Face à la recrudescence du phénomène, le gouvernement libérien dont l’un des navires a récemment subi une attaque, appelle à une coopération plus forte et à des actions plus percutantes pour  mettre un terme à l’action de ces flibustiers modernes.  

liberiaCes dernières années, les cas de pirateries, d’enlèvements de marins aux larges des côtes d‘Afrique de l’Ouest connaissent une hausse vertigineuse. Selon le Bureau International maritime (BIM), rien que dans le Golfe de Guinée, ces enlèvements ont grimpé de 50% en 2019, et représentent plus de 90% du total des cas signalés dans le monde. En effet, le Golfe de Guinée, qui s’étend sur 5.700 kilomètres, des côtes du Sénégal au nord à celles de l’Angola au sud, en passant par celles du Nigeria – deux pays pétroliers –, est devenu ces dernières années le nouvel épicentre de la piraterie mondiale. Devant le golfe d’Aden, au large de la Somalie.

Outre la perturbation des routes maritimes internationales, ces attaques coûtent des milliards de dollars annuellement à l’économie mondiale.

Ces actes de piraterie qui continuent de plus belle, inquiètent au plus haut point les autorités de la région. Celles du Libéria sont montées au créneau après l’attaque meurtrière contre le porte-conteneurs sous pavillon libérien, le MOZART. Attaque qui a entraîné la mort d’un marin et l’enlèvement de 15 autres le samedi 23 janvier, à environ 100 miles nautiques, aux larges de Sao Tomé et Principe.

Le Bureau International Maritime (BIM) appelle de tout temps à une coopération plus accrue contre la piraterie. Un appel réitéré par Monrovia qui indique que «ce problème de piraterie dans le Golfe de Guinée ne fait que s’aggraver. En tant que pays africain et État maritime de premier plan, nous devons prendre des mesures plus importantes pour faire face à cette menace de manière pratique et efficace.

La vie des gens de mer qui font du commerce dans nos eaux et qui font notre commerce en dépend, a plaidé le commissaire Lenn Eugene Nagbe, Chef de la direction de l’Autorité maritime du Libéria (LiMA). Il appelle à cet effet à une étroite collaboration entre les Etats côtiers et portuaires, les armateurs et toutes les parties prenantes afin d’adopter une approche plus forte pour réduire l’escalade du problème de la piraterie dans le Golfe de Guinée. (selon "Afriquinfo")

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jeudi 21 janvier 2021

Ouganda: Yoweri Museveni, l’ex-guérilléro devenu président inamovible

Le président ougandais Yoweri Museveni, qui vient de remporter un sixième mandat controversé, s’est mué au fil de ses 35 années à la tête de ce pays d’Afrique de l’Est en un dirigeant ne montrant aucun signe de vouloir passer la main.

ougandaRéélu samedi avec 58,64% des voix, M. Museveni a de nouveau illustré cette volonté lors d’un scrutin sous haute surveillance, durant lequel il a fait suspendre l’accès à internet et aux réseaux sociaux.

Après son accession au pouvoir en 1986, l’ex-guérillero brocardait les dirigeants africains « qui veulent rester trop longtemps au pouvoir« .

Aujourd’hui, le dirigeant, officiellement âgé de 76 ans, est devenu l’indéboulonnable chef d’Etat qu’il critiquait plus jeune. Sur le continent, seuls Teodoro Obiang Nguema en Guinée Equatoriale et Paul Biya au Cameroun ont passé plus de temps au pouvoir sans discontinuité.

L’homme aux allures de grand-père affable, volontiers théâtral, cache sous son chapeau de safari sa ruse militaire et une ambition politique impitoyable.

En 35 ans de règne, « M7 » (son surnom) a étouffé l’opposition et fusionné l’Etat et son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM), de manière si aboutie que toute tentative de défier son pouvoir semble vaine.

Sa réélection semblait jouée d’avance, malgré l’opposition nouvelle de Bobi Wine, un ex-chanteur de ragga de 38 ans populaire auprès de la jeunesse urbaine, dans ce pays où trois quarts des Ougandais ont moins de 30 ans et ont toujours connu le même président.

Le septuagénaire aime faire des pompes devant ses partisans, pour entretenir l’image d’un dirigeant énergique capable de « garantir votre avenir« , son slogan de campagne.

Une devise plus sibylline que les précédentes – Museveni « pour toujours« , « Mon pays, mon président » -,  avec lesquelles il suggérait son intention de diriger l’Ouganda jusqu’à sa mort.

Ancien combattant de la guérilla mozambicaine, nourri par l’énergie anti-colonialiste de l’université de Dar es-Salaam (Tanzanie), il sera un des artisans de la chute du dictateur sanguinaire Idi Amin Dada en 1979.

L’ex-guérillero reprendra ensuite le maquis pour renverser le régime répressif de Milton Obote quelques années plus tard.

Mais la plupart des Ougandais sont désormais trop jeunes pour apprécier la relative stabilité apportée par M. Museveni à l’époque.

L’ancien marxiste a d’abord séduit la communauté internationale, grâce à une mue éclair en chantre du capitalisme, la croissance rapide de l’Ouganda et sa lutte contre la pandémie de VIH-sida.

Le chef d’Etat, qui n’évoque jamais sa succession, a fait modifier deux fois la constitution pour supprimer les limites d’âge et de mandats présidentiels.

« Messie » inamovible

ouganda3« Il ne partira pas avant d’avoir rempli sa mission: libérer l’Ouganda et l’Afrique« , résume Moses Kisha, chercheur en sciences politiques aux Etats-Unis. « C’est bien sûr une vision illusoire et délirante, mais il se perçoit comme une sorte de messie. »

Fils d’éleveurs, le président a déjà envisagé de retourner auprès de ses vaches en cas de défaite, mais il se dépeint surtout en fermier consciencieux. « Comment pourrais-je quitter une bananeraie que j’ai plantée et qui commence à donner ses fruits?« , lançait-il en 2016.

Le « vieil homme qui a sauvé le pays » manque rarement une occasion de conter sa légende, lui qui fut capable de créer une armée avec au départ seulement 27 fusils, aux côtés du futur leader Rwandais Paul Kagame.

Fin tacticien, M. Museveni s’est élevé au rang d’acteur régional incontournable. Son armée, accusée de crimes de guerre en République Démocratique du Congo, sait aussi occuper des rôles clés, comme en Somalie où les troupes ougandaises luttent depuis 2007 contre les insurgés shebab, affiliés à Al-Qaïda.

La corruption endémique de son régime, les violations récurrentes des droits de l’Homme et une loi anti-homosexuels adoptée en 2014 ont toutefois refroidi ses alliés occidentaux, Washington en tête.

« Museveni était brutal dès le départ et a toujours mené un jeu de dupes avec la communauté internationale pour s’assurer son soutien« , affirme à l’AFP Helen Epstein, spécialiste de la relation entre les Etats-Unis et l’Ouganda.

Le président, qui a conclu des accords ou écrasé une quinzaine de mouvements rebelles, dont la terrible Armée de résistance du seigneur (LRA), a toujours mal supporté la contestation. Il a même un temps interdit le multipartisme.

Son glissement autoritaire s’aggrave, selon M. Kisha. Pour se maintenir, « il se repose de plus en plus sur l’argent et la force. »

Systématiquement réélu au premier tour lors d’élections entachées d’irrégularités et de violence, M. Museveni a méthodiquement étouffé les ambitions de Kizza Besigye, son ancien docteur dans le maquis, lors des quatre derniers scrutins.

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mercredi 20 janvier 2021

Il a neigé au Sahara

En Algérie, près de la commune d’Aïn Sefra, une légère couche de neige s’est déposée sur les dunes du désert du Sahara le 13 janvier. Un phénomène rare, qui ne se serait produit que trois autres fois en 42 ans sur cette commune.

saharaÀ Aïn Sefra, dans la province de Naâma en Algérie, les dunes du désert du Sahara se sont parées d’une légère couche de neige le 13 janvier. Un phénomène rare qui ne s’était produit que trois fois en 42 ans dans cette ville, selon Sky News.

Une température de -3 °C le 13 janvier

Après 1979, 2017 et 2018, des flocons sont ainsi tombés une nouvelle fois sur les dunes de la « porte du Sahara ».

Le 13 janvier, la température était de -3 °C, tandis que la température moyenne dans la région en janvier est 14 °C. La commune est située à environ 1 000 mètres d’altitude et est également entourée par les montagnes de l’Atlas.

sahara1

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samedi 16 janvier 2021

Vaccin Covid-19

Non, le vaccin Covid-19 n’a pas pour effet secondaire le grossissement du pénis

vaccinA peine lancée, la campagne de vaccination contre la Covid19 doit faire face à des rumeurs et fausses informations en tout genre. La dernière en date, une capture provenant d’un site satirique et qui indique un grossissement du pénis comme effet secondaire du vaccin.

Elle circule tant dans les groupes WhatsApp que ceux sur Facebook. Comme on peut lire sur cette capture, le titre est captivant, « un grossissement du pénis parmi les effets secondaires du vaccin Covid-19 ». Un titre accrocheur qui n’a pas manqué d’attirer les curieux de tous bords. Plus de trente mille vues en sept jours.

Mais d’où vient cette information ?

Dans les réactions à ce post facebook, un internaute s’intérroge sur la source de l’information. En réponse, un autre lui partage ce lien. L’information vient donc du site science info. Avec ce slogan : Toute l’info scientifique qu’il vous faut, le site présente toutes les caractéristiques d’un site d’information normale avec différentes rubriques.

Voilà, le où les auteurs du site l’on si bien dit, « il suffit d’être un peu curieux […]. Tout est faux sur ce site ». Le vaccin contre la Covid-19 n’a donc pas d’effets secondaires entraînant le grossissement du pénis.

D’autant qu’il n’y a pas qu’un seul vaccin. A ce jour, il y a au moins cinq vaccins contre la Covid-19 disponibles. Le Pfizer/BioNTech des laboratoires Pfizer et BioNTech, le vaccin du laboratoire Moderna, le vaccin développé par le laboratoire chinois Sinopharm, celui développé grâce à la collaboration entre le groupe pharmaceutique AstraZeneca et l’Université d’Oxford. Il y a aussi Sputnik V, le vaccin annoncé par la Russie.

S’il est vrai qu’il y a pour l’instant très peu d’informations disponibles sur les effets secondaires de tous ces vaccins, quelques informations sont disponibles sur les effets secondaires du vaccin Pfizer/BioNTech. Les laboratoires ont même rendu l'information publique ainsi que les détails concernant les effets secondaires connus de leur vaccin.

Autorisé par l’organisation Mondiale de la Santé (OMS) ce vaccin Pfizer/BioNTech semble prendre le pas sur les autres. Il est en cours de déploiement dans plusieurs pays d’Europe et devrait être le vaccin déployé bientôt dans les pays d’Afrique. (selon "Science-info")

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