mercredi 14 février 2018

Poutine lance un ultimatum à la France de mettre fin au franc CFA dans les 6 mois !

Macron pleure : c'était mon copain, c'était mon ami ...

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Depuis un certain moment, le débat sur le franc CFA et sur la coopération financière avec la France se fait plus ample dans certains pays africains. Et Poutine en profite pour mettre de l'huile sur le feu, son but inavoué étant de remplacer le franc (et donc aussi l'Euro) par la rouble et s'introduire ainsi en Afrique aux côtés de son allié chinois déjà bien implanté.

La Russie a donné un ultimatum à la France pour mettre fin au système monétaire qu’elle impose à ses ex-colonies en Afrique ou bien elle devra faire face à de graves conséquences. 

Selon certaines sources, il y a eu des discussions entre le ministre russe de l’économie et des finances et son homologue français. sur la question , la fin de la monnaie coloniale le FCFA imposé par la France à certains pays africains. Les Russes ne considèrent pas cette monnaie comme une bonne chose pour l’Afrique car elle constitue un obstacle au développement. Ces sources ont également rapporté que le ministre russe de l’économie a donné à son homologue français un ultimatum de 6 mois pour mettre fin à cette monnaie afin que les pays africains concernés puissent se développer. Dans la cas contraire, il y aura des sanctions économiques russes et une interdiction d’importation de produits français. Un "blocus continental" digne de Bonaparte ? on aura tout vu. "Nous ne pouvons pas rester et voir comment les pays africains retardés, sont dans une misère profonde à cause d’une monnaie qu’ils ne veulent pas. La colonisation est la finit. il est temps pour les pays africains d’avoir leur pleine indépendance et de prendre le contrôle" a t’il dit. Le niveau de paupérisation de ces populations s’en va grandissant. on constate que les populations vivent mieux au Ghana et au Nigéria que celles des pays de la zone franc. Il faut aussi remarquer que la majorité des pays de la zone franc occupe les vingt dernières places du classement de l’IDH 2015.

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Tous les arguments sont bons. Le ministre de Poutine oublie même que le Nigeria est de plus en plus sous la coupe des terroristes de Boko Haram.

Et pendant ce temps, notre jeune président Macron (effectivement encore un peu jeune en politique) reçoit en grande pompe Poutine dans le fastueux palais de Versailles réservé en principe aux "amis". Quant à ce qui se trame en Afrique, qui est loin d'offrir l'indépendance aux Africains, il n'en pipe mot. Au contraire, il se rapproche des Russes en Syrie et en Irak. Bref, il donne les verges pour se faire battre. Adieu la françafrique, vive la russafrique. La guerre colonialiste continue. 

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vendredi 9 février 2018

Macron au Sénégal : les juteuses affaires du patronat français

Macron donne 47 milliards Cfa et reçoit 300 milliards Cfa

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On en sait un peu plus sur les retombées financières de la visite de 48 heures du président français Emmanuel Macron au Sénégal. Une visite très fructueuse pour les entreprises françaises qui raflent au total, des contrats estimés à plus de 300 milliards de francs Cfa, alors que les subventions octroyées par la France au Sénégal, cumulées, ne dépassent pas 47 milliards de Francs Cfa.

Que gagne le Sénégal dans le cadre de cette coopération avec la France ? Les détails en chiffres : 15 millions d’euros (9,8 milliards de FCfa) pour stopper l’avancée de la mer à Saint-Louis, 25 millions d’euros (16 milliards de FCfa) pour rénover le patrimoine de la vieille ville et ancienne capitale du Sénégal. 12 millions d’euros (7 milliards Cfa) pour la construction de 17 collèges dans la capitale sénégalaise, 41 millions d’euros (20,99) milliards Cfa pour booster les politiques publiques en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement, un cumul de 47,09 milliards de FCfa que la France a injectés au Sénégal en termes de retombées de la visite de Macron, d’une part. Et d’autre part, ce sont plus de 300 milliards de FCfa de contrats commerciaux qu’engrangent les entreprises françaises.

Vox Populi, dans ses colonnes, rappelle que l’un des contrats gagnés par la France concerne l’achat par le Sénégal pour 112 milliards de FCfa, de deux Airbus 330-900 neo. Il y a également le contrat relatif à l’entretien du Train express régional (Ter) pour plus de 100 milliards de francs Cfa. Un Ter pour lequel l’Agence française de développement (Afd) a contribué pour plus de 200 milliards de FCFa (à rembourser par le Sénégal), sur un coût de plus de 568 milliards de francs Cfa qui reviennent au patronat et à l'Etat français (Alstom, Sncf, Ratp).

Et qui a perdu ? Le salarié sénégalais payé au rabais et le salarié français qui voit son emploi délocalisé s'envoler !

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samedi 3 février 2018

Tunisie - Sénégal : Macron joue du pipeau !

Rencontres pas dues au hasard !

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C'est ce que l'on appelle un coup de com' réalisé dans les règles de l'art. Lors de son déplacement à Clermont-Ferrand le 25 janvier dernier, la route du chef de l'Etat a croisée celle de Maha, jeune femme d'origine tunisienne.

Après un bref échange, Emmanuel Macron convie - sous l'œil attentif des caméras - son interlocutrice à l'accompagner pour sa visite d'Etat en Tunisie, programmée fin janvier. Et Emmanuel Macron a tenu parole, comme en témoignent les images postées sur son compte Facebook mercredi 31 janvier. 

Seulement, d'après le HuffPost, quelques éléments laissent à penser que cette rencontre n'est pas due au hasard. En effet, la jeune invitée est connue pour son engagement militant, notamment lors du printemps arabe. Le quaotidien Le Monde lui avait d'ailleurs consacré un portrait en 2011. Autre indice troublant repéré par le HuffPost : Maha Issaoui a participé sur Facebook au "Tour de France de l'égalité" organisé par la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa, deux semaines avant de croiser la route du président dans les rues de Clermont-Ferrand. Contacté par le site d'information, l'Élysée s'est néanmoins défendu de toute "mise en scène", évoquant un simple "hasard"... qui fait bien les choses ?

Autre hasard ! Arrivé au Sénégal, il y rencontre la chanteuse milliardaire Rihanna, venue des Barbades, qu'il fréquente ainsi pour la troisième fois en quelques mois. Pense-t-il déjà à remplacer maman ?

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rihanna

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mercredi 31 janvier 2018

Cacao : le travail des enfants

Tous les enfants aiment-ils le Nutella ?

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Oui, sûrement...sauf ceux qui sont réduits en esclavage pour le produire. Nous sommes en 2016 et pour accroître ses bénéfices, Ferrero -- le géant du chocolat propriétaire de Nutella -- va jusqu'à tirer profit de l'asservissement de pauvres enfants. Arrachés à leurs familles et vendus aux plus offrants dans le pire des cas, ces enfants travaillent gratuitement dans des conditions extrêmement dangereuses. Le plaisir que nous prenons à déguster les tablettes de chocolat Ferrero a un prix : celui de leurs vies. Si plusieurs entreprises ont déjà pris des mesures pour lutter contre ce fléau, Ferrero ne semble pas s’émouvoir du sort de ces jeunes enfants. Il en sera ainsi tant que ses énormes bénéfices ne seront pas menacés.

Ferrero possède 8,8% du marché mondial du cacao. Avec les quatre autres plus grands groupes du monde, ils se partagent jusqu’à 100 milliards de dollars par an. C’est énorme! Mais au lieu de se servir de cet argent pour payer convenablement les producteurs locaux, Ferrero s’en met plein les poches.

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Au lieu d'aller à l'école et de profiter de leur enfance, nombre d'enfants travaillent dans les plantations de cacao où il doivent manipuler des machettes et appliquer des produits chimiques qui dégradent leur santé. Pire: des trafiquants vont même jusqu'à arracher certains enfants à leurs familles et à les réduire en esclavage. Le travail forcé des enfants est l’une des conséquences les plus graves générées par la filière du cacao.  Ils sont 2,1 millions d'enfants à y travailler -- en Afrique de l'Ouest -- selon le Département étasuniens du Travail. Pour sensibiliser les consommateurs, une ONG étasunienne - Green America - propose chaque année un classement des efforts fournis par les 6 plus grandes marques de chocolat pour régler ce problème. En 2016, l’entreprise Ferrero était encore la dernière de la classe…

Interpellée il y a plusieurs mois sur le sujet, l’entreprise Nestlé s’était engagée à prendre des mesures fermes contre le travail des enfants sur ses plantations de cacao. Au tour de Ferrero !

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lundi 29 janvier 2018

Centrafrique, des militaires français au dessus des lois ?

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Dans sa chronique, l'écrivain et journaliste Thomas Dietrich, originaire d'Altkirch (Haut-Rhin), spécialiste de l'Afrique,  revient sur le bilan peu glorieux de la France en Centrafrique. A l'occasion de l'affaire de viols d'enfants centrafricains par des militaires français, pour lesquels trois juges d’instruction ont rendu un non-lieu, il profite pour donner son point de vue sur la politique française en Afrique.

L'analyse sans concession de Thomas Dietrich

"Au plus fort de la crise centrafricaine et de l’opération Sangaris (2500 soldats hexagonaux déployés dans ce pays), des enfants furent présumés victimes d’abus sexuels de la part de militaires français, en échange de rations de nourritures ou de quelques centaines de Francs CFA. Il fallut les révélations d’un journal étranger, le britannique Guardian, pour qu’une enquête soit ouverte à Paris, puis close le 15 janvier 2018, comme si rien ne devait venir altérer l’image d’Epinal d’une France protectrice d’une de ses anciennes colonies, la République Centrafricaine.

Chemins de traverse

Le plus surprenant dans ce chapitre judiciaire, c’est qu’en rendant ce non-lieu, les magistrats ne sont même pas persuadés de l’innocence des militaires incriminés. « Il ne peut être affirmé à l’issue de l’information qu’aucun abus sexuel n’a été commis », a souligné le parquet. Mais si les chemins de traverses de la procédure lui permettent de classer l’affaire sans trancher sur le fond, personne ne pourra remettre sérieusement en cause le témoignage accablant de dizaines d’enfants centrafricains, victimes des pires sévices par des soldats censés les protéger. Et de là à penser qu’une fois de plus, la justice française s’est rendue complice des agissements douteux de l’Etat français en Afrique, il n’y a qu’un pas.

 

bokassa

Déjà, la colonisation en RCA avait atteint des sommets de monstruosité, des dizaines de milliers de pauvres hères étant réduits en esclavage, forcés de récolter le coton ou le latex servant à fabriquer le caoutchouc. Le roman "Batouala" de René Maran, prix Goncourt 1921, se fait le témoin fidèle des exactions des colons sur une population démunie. Après l’indépendance accordée en 1960, la France ne renonça pas à son emprise sur ce pays. Du soleil des indépendances, la Centrafrique fut transportée au cœur des ténèbres de la « Françafrique ». Valery Giscard d’Estaing cautionna et finança les extravagances de Jean-Bédel Bokassa, un ancien soldat de la Coloniale qui se prenait pour Napoléon Ier, allant jusqu’à reproduire le couronnement du vainqueur d’Austerlitz dans la moiteur de Bangui. De 1981 à 1993, le président André Kolingba ne prenait aucune décision sans en référer au colonel français Mansion, qui occupait un bureau voisin du sien à la Présidence (tout en travaillant pour la DGSE). En 2003, Jacques Chirac donna son feu vert au renversement d’Ange-Félix Patassé et à son remplacement, avec l’aide du Tchad, par son ancien chef d’état-major, François Bozizé.

L’on pourrait croire que ces dernières années et notamment depuis le déclenchement de la guerre civile en 2012, le rôle de la France a été plus positif en Centrafrique. La vérité communément admise par l’opinion est celle serinée à tout bout de champ par l’ancien président François Hollande, et volontiers reprise par les médias. La France ne serait intervenue en Centrafrique que pour « sauver des vies humaines », pour « éviter un drame humanitaire ». Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, avait même affirmé en novembre 2013 que la Centrafrique « était au bord du génocide » entre chrétiens et musulmans et que la déclenchement d’une opération militaire était nécessaire pour mettre fin à cette folie meurtrière.

Sauf que la lecture interconfessionnelle du conflit centrafricain ne résiste pas à l’épreuve des faits ; pas plus que le mythe qui voudrait que la France soit un deus ex machina venu sauver les Centrafricains de leurs propres turpitudes. Au contraire, les décisions de François Hollande et de son indispensable ministre de la défense Jean-Yves Le Drian ont contribué à précipiter ce grand pays d’un peu moins de 5 millions d’habitants dans d’insondables abîmes.

Revenons en 2012

En 2012, François Bozizé était alors au pouvoir depuis près de 10 ans. J’ai bien connu la Centrafrique de ces années-là, pour avoir longtemps séjourné à Bangui entre 2009 et 2011. La capitale était tranquille, les salaires de la fonction publique régulièrement payés ; sauf que le régime devenait de plus en plus autoritaire, suite à des élections législatives boycottées qui avaient donné 100 % des sièges au parti au pouvoir, le KNK (Kwa na Kwa). Le président en place songeait à faire modifier la constitution pour pouvoir se représenter. Au nord et à l’est, des rébellions faisaient entendre leurs bruits de bottes. Surtout, François Bozizé avait maille à partir avec à peu près tout le monde. Nicolas Sarkozy avait peu apprécié ses ruses et sa cupidité dans l’affaire de l’exploitation du gisement d’uranium de Bakouma par Areva. Et le Tchad, son voisin et protecteur, venait de retirer ses soldats de la garde personnelle du président centrafricain.

 

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Il y avait de multiples raisons à ce revirement d’Idriss Deby, au pouvoir depuis 1990 à Ndjamena. Des commerçants tchadiens avaient été victimes d’une émeute au PK5 (quartier à majorité musulmane de Bangui), au mois de juin 2011, et Deby avait peu apprécié que le pouvoir centrafricain ne vole pas à leur secours. Mais surtout, le président tchadien avait des visées hégémoniques sur la Centrafrique. Après avoir défait sa propre rébellion en 2010 et profitant de la place vacante laissée par la mort de Kadhafi, Deby s’était vu comme le nouveau maître de l’Afrique, ou tout du moins de l’Afrique centrale. Il entendait faire main basse sur ce pays frontalier qu’il considère comme « la 24ème région du Tchad » ; et tirer profit des immenses richesses de son sous-sol, uranium, or, diamants, manganèse, coltan mais aussi pétrole. En effet, les champs pétrolifères de Doba, au sud du Tchad, ne se révélaient pas aussi riches que prévus et Idriss Deby lorgnait sur le gisement de Boromata, au nord-est de la Centrafrique, dans une préfecture de Bamingui-Bangoran frontalière du territoire tchadien.

Le pacte avec le diable...Déby

Un événement allait précipiter la réalisation du plan de Deby et convaincre définitivement ses alliés français d’y participer. Fin 2012, à plusieurs milliers de kilomètres à l’ouest, au Mali, les djihadistes d’AQMI (Al-Qaeda au Maghreb Islamique) se mirent en marche vers la capitale Bamako. François Hollande ne pouvait faire autrement qu’engager ses troupes pour contrer la menace terroriste. Et pour ne pas risquer la vie de trop de militaires français sur le théâtre des opérations, il avait besoin de l’appui de l’armée tchadienne, dont les soldats sont réputés (à juste titre) pour être les meilleurs d’Afrique.

Lors d’une rencontre à l’Elysée avec Deby le 5 décembre 2012, le pacte fut scellé. Le Tchad enverrait des supplétifs affronter AQMI dans le désert malien, et en échange, la France donnait sa bénédiction à Idriss Deby pour renverser François Bozizé. Il faut dire que ce dernier n’avait jamais retrouvé grâce aux yeux de Paris, qui souhaitait depuis longtemps son remplacement par un dirigeant plus docile.

Quelques jours à peine après l’entrevue de l’Elysée, une rébellion apparut comme par enchantement aux marches de la Centrafrique, dans la région dite des « trois frontières ». Elle s’était baptisée « Seleka », ce qui veut dire alliance en langue nationale sango. Téléguidée depuis Ndjamena, armée par le régime du pays du Toumaï (les véhicules de la Seleka étaient des 4x4 de la gendarmerie tchadienne hâtivement maquillés), elle était majoritairement composée de mercenaires tchadiens et soudanais. Bénéficiant de la débâcle de l’armée centrafricaine (FACA), elle fondit sur Bangui et ne se heurta qu’à la résistance d’un contingent sud-africain, appelé à la rescousse par François Bozizé. Une fois les sud-africains défaits avec le concours des hélicoptères de l’armée tchadienne, la Seleka pénétra dans la capitale le 24 mars 2013. Ces mercenaires étaient si peu coutumiers de Bangui, qu’ils confondirent l’hôpital de l’Amitié, construit par la coopération chinoise, avec la Présidence et entreprirent de l’assiéger.

Place à l'Etat Séléka

A cette époque, la France possédait environ 300 soldats sur place, dans le cadre de l’opération Boali. Lors de la déferlante de la Séléka, elle resta armes au pied. Pire, durant toute l’avancée de cette horde de mercenaires, elle fournit de précieux renseignements à la partie tchadienne sur l’état et les mouvements de l’armée centrafricaine en déroute. Bien sûr, les services tchadiens s’empressaient de transmettre les informations à la Seleka ; ce que la France ne pouvait ignorer.

Une fois au pouvoir, l’Etat-Seleka, avec à sa tête Michel Djotodia, fut traité avec beaucoup d’égards par l’Elysée. Les autorités hexagonales fermèrent de longs mois les yeux sur les exactions des différentes factions de la Seleka, et notamment celle du plus puissant d’entre tous, Nourredine Adam, Ministre de la sécurité publique et homme-lige de Deby en Centrafrique. C’est notamment à cause de l’arrivée de la Seleka que le tissu social centrafricain se déchira. Avant 2012, les musulmans (environ 15 % de la population) et les chrétiens (85 %) avaient de tous temps vécus en bonne harmonie. Les mariages mixtes étaient fréquents et aucun pogrom à caractère religieux n’était à déplorer. Sauf les violences de « l’Alliance » dirigées quasi-exclusivement contre des chrétiens entraînèrent une réaction de ces derniers. Instrumentalisés par François Bozizé depuis son exil camerounais puis ougandais, ils se constituèrent en milices, les anti-balakas, qui à son tour s’en prirent aux musulmans. Néanmoins, ces bandes armées ne s’attaquèrent pas uniquement aux combattants de la Seleka, mais aussi aux centrafricains de confession musulmane qui avaient toujours vécu à leurs côtés, en paix. Ce regrettable amalgame entraîna une escalade de violence, qui contraignit la France à déclencher l’opération Sangaris au mois de décembre 2013.

 

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Contrairement aux dires de Hollande, l’opération Sangaris est loin d’avoir relevé la Centrafrique. L’armée française n’a nullement désarmé les milices armées, Seleka ou anti-balaka. Elle en aurait eu les moyens pourtant, forte de ses 2500 hommes. Mais, a contrario, elle a entretenu des liens troubles avec ces bandes armées qui font régner la terreur partout dans le pays. Après leur éviction du pouvoir au début 2014, les principales composantes de la Seleka se sont repliées dans le nord-est, où elles contrôlent les villes de Birao, Ndélé ou encore Bria et prospèrent jusqu’à l’heure actuelle, sans que les français n’y trouvent rien à redire. Quant aux anti-balaka, les militaires hexagonaux ont souvent été accusés d’entretenir avec ces bandes armées des liens de connivence. A Bangui même, lors d’attaques de quartiers musulmans par les anti-balaka en 2014, les soldats français sont restés passifs, rappelant au monde le terrible souvenir de l’inaction des grandes puissances lors du génocide rwandais.

Aujourd’hui, alors que l’opération Sangaris s’est piteusement achevée en 2016, l’ancien colonisateur est vu par la grande majorité des Centrafricains comme étant l’une des causes principales de leur malheur. D’autant que le comportement de certains officiels français au pays de Bokassa fut loin d’être exemplaire ; en plus des suspicions de viols d’enfants, l’opinion centrafricaine peine à oublier les frasques de l’ambassadeur Charles Malinas, en poste de 2013 à 2016, qui est suspecté d’avoir vendu des visas pour la France à des salafistes radicalisés. Une enquête a d’ailleurs été ouverte contre lui par l’inspection générale du Quai d’Orsay, et l’ambassadeur a été rappelé de son nouveau poste à Prague.

La Centrafrique de 2018 rappelle étrangement la République Démocratique du Congo (RDC) de la fin des années 90, après la chute de Mobutu. Un pays complétement démembré, dépossédé de sa souveraineté nationale au profit de puissances étrangères. La France a réduit sa présence à une centaine de militaires en poste à Bangui, mais un centre d’écoutes est installé au sous-sol de l’Ambassade et permet d’écouter, de manière totalement illégale, l’ensemble de la classe politique centrafricaine.

Prédateurs et trafiquants

Le Tchad reste bien évidemment présent, continuant tout comme le Soudan à soutenir les ex-Seleka, désormais regroupés dans le FPRC (Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique). Les troupes de Nourredine Adam campent d’ailleurs très régulièrement à l’intérieur du territoire tchadien. Le chef rebelle et ancien garde du corps de l’émir d’Abou Dabi se rend tous les quatre matins à Ndjamena, quand il ne visite pas le chef de Boko Haram, avec lequel le Tchad est accusé de jouer double jeu.

Des divisions au sein des ex-Seleka apparaissent, sur fond de rivalités pour le contrôle des matières premières. Dernier épisode en date : l’affrontement entre Nourredine Adam et Ali Darassa, le seigneur de guerre qui contrôle Bambari. Car ces milices tirent des revenus conséquents de la vente de diamants, d’or ou encore du racket des commerçants qui s’en vont vendre leurs bambous ou leurs cafés au Soudan.

Les forces de la MINUSCA (Mission des Nations Unies en Centrafrique), composées de 11 200 soldats issus de 10 pays, n’agissent pas différemment. Comme en RDC, les troupes onusiennes ne protègent pas les populations civiles mais s’ingénient plutôt à piller les richesses locales et à tisser des liens avec les milices, le plus souvent en fonction de leur appartenance religieuse. Les casques bleus originaires du Congo-Brazzaville sont par exemple accusés d’organiser le pillage du bois précieux des forêts de la Lobaye (sud de la RCA), et de soutenir certains groupes affiliés aux anti-balaka. Denis Sassou-Nguesso, le leader congolais, possède en outre une influence non-négligeable à Bangui, le président de l’Assemblée nationale Abdou-Karim Meckassoua étant l’un de ses protégés. Enfin, à l’est, dans les préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou, un contingent de l’armée ougandaise vient tout juste de se retirer après 10 ans passés à traquer l’insaisissable Joseph Kony, le leader d’une Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui continue à terroriser les populations.

Noirceur désespérante

Les Centrafricains semblent comme interdits de présider aux destinées de leur propre pays. Le Président en exercice Touadéra n’a pas les moyens d’action que la légitimité populaire et son honnêteté avérée devraient lui conférer. Peut-être que le plus urgent serait de rendre à la Centrafrique une armée nationale digne de ce nom, des FACA capables de vaincre les seigneurs de guerre, ce que ni la France ni la MINUSCA n’ont pu ou n’ont voulu faire. A ce titre, la livraison d’armes aux FACA par les russes est une nouvelle à saluer, même si celles-ci proviennent de l’arsenal de l’autocrate Poutine. Car ce n’est que en ramenant la sécurité qu’une réconciliation de tous les Centrafricains sera possible, qu’ils soient chrétiens, musulmans, ex-Seleka, anti-Balaka ou même éleveurs peuls mbororo. Et que ce pays du cœur de l’Afrique pourra se remettre sur les rails du développement, fidèle à la devise de leur père fondateur Barthélémy Boganda, « Nourrir - Vêtir – Guérir – Instruire – Loger »."

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dimanche 28 janvier 2018

Plainte de Bolloré au tribunal de grande instance de Paris (suite)

C'est la Société camerounaise de palmeraies, SOCAPALM, avec siège au Luxembourg, qui a porté plainte contre plusieurs journaux français dont Médiapart, l'Obs et Le Point.

Deux ONG, SHERPA et REACT sont également poursuivis.

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La SOCAPALM, la plus grande entreprise de production d'huile de palme du Cameroun, poursuit ces médias pour diffamation.

Dans des reportages publiés en 2015 par ces médias, des villageois camerounais accusent l'entreprise d'avoir accaparé leurs terres.

La SOCAPALM est une filiale du groupe luxembourgeois SOCFIN, dont l'industriel français VINCENT BOLLORE détient 40% du capital.

Selon le journal Médiapart, 6 000 villageois camerounais se mobilisent depuis une dizaine d'années contre, l'accaparement par la SOCAPALM de 40 000 hectares de terres leur appartenant.

La SOCAPALM, réfute formellement les accusations de vol de terres, et parle de diffamation.

La première journée d'audience a été consacrée à l'audition des témoins des deux parties.

Le procès s'est achevé ce vendredi. La SOCAPALM demande un euro de dommages et intérêts aux médias et aux ONG accusés, ainsi que la publication du jugement dans les journaux concernés. Le jugement est mis en délibéré.

La position d'Edwy Plenel, de Mediapart 

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"L'objectif c'est de nous empêcher de dire ce que les populations concernées au Cameroun, au Nigéria, en Côte d’Ivoire ou au Libéria disent sur les pratiques du groupe Bolloré via une entreprise basée au Luxembourg. Une holding, Socfin, dont il possède 39 %. Nous sommes simplement poursuivis pour avoir fait état de la déclaration de ces populations, de ces collectifs regroupés dans une association, une ONG qui s’appelle ReAct et qui parle d’accaparement aveugle des terres qui ne laisse aux riverains aucun espace vital, de faiblesse des compensations accordées aux populations riveraines, de mauvais traitements des populations par des escouades de gendarmes, et ainsi de suite… Tout ça, c’est simplement un communiqué qui a été remis en mains propres à Monsieur Bolloré devant le groupe Bolloré en 2013. A ce moment-là, Monsieur Bolloré n’a rien trouvé de diffamatoire et il n’a pas poursuivi. Simplement, nous en avons refait état et ces populations, comme des syndicats. Et là, tout d’un coup, Monsieur Bolloré s’est réveillé sur un nouvel article de 2015 et il nous poursuit. Simplement pour nous empêcher de faire état de cet intérêt public. C’est ce que nous avons appelé avec nos avocats et tous les médias concernés des procédures bâillon".

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mercredi 24 janvier 2018

Nicolas Sarkozy de retour en Côte d’Ivoire

Que cachent toutes ces visites éclair de Nicolas Sarkozy ?

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Nicolas Sarkozy a effectué une visite à Kigali (Rwanda) le 15 janvier 2018 avant de gagner Abidjan le lendemain. Ces visites express de l’ancien président dans la capitale soulèvent bien des interrogations. Serait-il devenu le nouveau ministre des affaires étrangères de Macron ? Le Drian a-t-il été viré ? Ou veut-il saboter la politique de Macron au moment où ce dernier réunit des chefs d'entreprise à Versailles ?

On sait que l’ancien chef d’État français Nicolas Sarkozy entretient un lien de confiance avec le président Alassane Ouattara. Il est régulièrement venu en Côte d'Ivoire depuis l'accession de ce dernier au pouvoir et a même décroché d'importants contrats pour certains industriels français.

L’ex-président français a même été coopté par le Chef d'État ivoirien pour le renforcement de la coopération entre Abidjan et Doha (capitale du Qatar). Et lors de la crise postélectorale de 2011, l'ancien locataire de l'Élysée avait fait intervenir les troupes françaises de l'opération Licorne (destinées à protéger les expatriés européens) en soutien aux forces pro-Ouattara pour déloger le président Laurent Gbagbo. Voir donc l'ex-président régulièrement aux côtés du président ivoirien passe mal aux yeux de l'opposition ivoirienne et des milieux politiques français.

Mardi 16 janvier 2018, Nicolas Sarkozy a effectué une visite éclair à Abidjan. Le jet privé à bord duquel il voyageait a atterri dans la capitale ivoirienne très tôt dans la matinée. Il a eu un tête-à-tête à la présidence avec son ami Alassane Ouattara avant d’être rejoint par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le ministre de la Défense Hamed Bakayoko et Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence.

Si l’on ignore concrètement l’objectif de cette rencontre, il apparaît qu’elle avait pour but de connecter les chefs d'entreprises français aux dirigeants ivoiriens pour la signature de contrats d'affaires. À noter que la veille, Nicolas Sarkozy avait rencontré le Président Paul Kagamé à Kigali (Rwanda). Il était accompagné d’une forte délégation d’hommes d’affaires français, dont Cyrille Bolloré, fils de l'industriel français bien connu (le grand à droite sur la photo). Bolloré ! Voilà un nom français qui revenait souvent en Côte d'Ivoire au temps de Sarkozy président, remplacé par Bouygues -semble-t-il- sous l'ère Macron. Et si cette visite était tout simplement un épisode de la guerre franco-française pour contrer Bouygues qui vient de remporter, avec l'appui de Macron, le juteux marché pour la construction du métro d'Abidjan ?

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vendredi 19 janvier 2018

Hygiène alimentaire en Afrique

Il n'y a pas que Lactalis ! En Côte d'Ivoire: du papier carton présent dans la pâte d'arachide dans les marchés.

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jeudi 18 janvier 2018

Afrika - "Pas des pays de merde, Mr. Trump"

Ingrid Peters - Afrika - ZDF-Hitparade -

Ingrid Peters - Afrika 2005

Ingrid Peters - "Afrika" live bei ZDF *Molly ILD*

AFRIKA gesungen von INGRID PETERS

Afrika

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mercredi 17 janvier 2018

Video des lycéennes de Chibok

«Nous ne reviendrons pas», affirment des lycéennes de Chibok enlevées par Boko Haram.

bokoharam

« Nous sommes les filles de Chibok (…) Par la grâce de Dieu, nous ne vous reviendrons pas ». Dans une vidéo diffusée ce lundi par le groupe djihadiste nigerian Boko Haram, 14 présumées lycéennes de Chibok (nord-est), dont l'enlèvement de masse il y a quatre ans avait déclenché l'indignation du monde entier, déclarent refuser de rentrer chez elles.

Dans cette vidéo de 21 minutes une des jeunes filles s’exprime au nom du groupe tandis que trois d’entre elles tiennent des nourrissons dans leurs bras.

C’est la première vidéo de ce genre depuis le mois de mai, lorsqu’une jeune femme affirmant être une des 219 lycéennes enlevées en avril 2014 dans l’Etat du Borno, était apparue brandissant une arme et refusant elle aussi de rentrer chez elle. 

Lavage de cerveau et menaces

Aucun élément n’indique quand et où ce message a été enregistré, ni si les personnes présentes sont sous la contrainte. Mais la plupart d’entre elles, vêtues de longs hijabs bleu ou noir, affichent des visages fermés, les yeux baissés vers le sol, évitant de regarder la caméra. Le "lavage de cerveau" et "les menaces" des geôliers semblent évidentes.

« Nous plaignons les autres filles de Chibok qui ont choisi de retourner au Nigeria. Dieu vous a bénies et vous a amenées au + Califat + (…) mais à la place, vous avez choisi de retourner dans la mécréance », poursuit-elle à propos de ses camarades ayant réussi à s’échapper au moment de l’enlèvement. 

boko

La jeune fille, qui alterne entre le haoussa et le langage local chibok, s’adresse aussi à leurs parents : « Vous devez vous repentir (…) les flammes de l’enfer sont votre destin si vous ne vous repentez pas, car Allah nous a créés pour que nous l’adorions ». Bref, un discours idéologique forcé et appris par coeur.

Elle remercie également le chef du groupe djihadiste, « notre père Abubakar Shekau, qui nous a mariées. Nous vivons dans le confort (…) Abubakar Shekau est notre chef ». Donné plusieurs fois pour mort par les autorités nigérianes, Shekau apparait lui aussi sur la vidéo, tirant avec une mitrailleuse lourde avant de délivrer un sermon décousu d’environ 13 minutes, affirmant que les filles ont « compris la folie » de l’éducation laïque.

« Allah nous ordonne soit de retenir prisonnier, de libérer sans condition ou d’échanger les otages que nous capturons (…) celles qui préfèrent rester des infidèles et retourner chez leurs parents, nous leur permettons de partir, selon ce qu’Allah nous commande », ajoute le chef djihadiste avant de s’en prendre au président Muhammadu Buhari et aux autres chefs d’Etats de la région.

After four years, Boko Haram video shows supposed Chibok girls

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