samedi 17 novembre 2018

Au Rwanda, les opposants vont en prison !

22 ans de prison requis contre l'opposante Diane Rwigara

rwandaLe parquet rwandais a requis mercredi 22 ans de prison contre l'opposante Diane Rwigara, accusée d'incitation à l'insurrection et de falsification de documents, lors d'un procès tenu en une seule journée à Kigali, a constaté un journaliste de l'AFP.

Diane Rwigara, 37 ans, avait tenté en vain de participer à l'élection présidentielle de 2017 contre le président sortant Paul Kagame, dont elle est devenue l'une des principales voix critiques.

"Nous requérons que Diane Rwigara soit emprisonnée 15 ans pour incitation à l'insurrection et sept ans pour falsification de documents", a déclaré un représentant de l'accusation.

Le parquet a également demandé 22 ans de réclusion contre Adeline Rwigara, "pour incitation à l'insurrection et promotion du sectarisme", dans un pays encore hanté par le génocide de 1994, qui fit plus de 800.000 morts essentiellement parmi la minorité tutsi.

Le verdict est attendu le 6 décembre et sera rendu par une formation de trois juges.

Diane Rwigara, sa mère et sa soeur Anne, avaient été arrêtées et emprisonnées en septembre 2017. Diane et sa mère ont été remises en liberté sous caution début octobre. La soeur avait recouvré la liberté un an auparavant, les charges pesant contre elle ayant été abandonnées.

Depuis son arrestation, Diane Rwigara dénonce des poursuites montées de toutes pièces et liées à son engagement politique, notamment sa tentative de se présenter à la présidentielle d'août 2017. La commission électorale avait invalidé sa candidature, arguant de plusieurs signatures falsifiées selon elle dans son dossier.

"Si vous osez critiquer le gouvernement, voilà ce qui arrive : vous vous faites arrêter, emprisonner ou vous perdez la vie. Je m'attendais à une forme de riposte", avait-elle déclaré lors d'un entretien à l'AFP en fin de semaine dernière.

Le rejet de la candidature de Mme Rwigara par la Commission électorale avait été critiquée par des gouvernements occidentaux et des groupes de défense des droits de l'homme.

M. Kagame, crédité de l'important développement d'un pays exsangue au sortir du génocide de 1994, est régulièrement accusé de bafouer la liberté d'expression et de museler toute opposition.

Il a été réélu le 4 août 2017 pour un nouveau mandat de sept ans avec près de 99% des voix, ce qui prouve un bon fonctionnement de la démocratie dans ce pays. Une réforme de la Constitution adoptée par référendum fin 2015 lui permet de potentiellement diriger le pays jusqu'en 2034.

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jeudi 15 novembre 2018

Compteurs Linky : la pacotille arrive toujours en Afrique

Pourquoi la Côte d'Ivoire a besoin de "compteurs électriques intelligents"

abidjanL'affaire remonte au 25 avril 2016 ! Le président Ouattara a pris du retard dans la mise en route de l'émergence de son pays en 2020 ! Alors, le lancement par le MEDEF du club "Abidjan ville durable" est une opportunité ! Et la réunion de lancement du club a été un véritable succès. En effet, 20 entreprises se sont mobilisées autour du projet. La réunion plénière du 10 juin 2016 a entériné le nom du club « Abidjan ville durable » et déterminé son fonctionnement en cinq commissions : état des lieux, vision et stratégie, mise en oeuvre, promotion, internationalisation. Et surtout, parmi les 20 entreprises se trouvent les plus implantées en Côte d'Ivoire : Bolloré Logistics, Schneider Electric International, Vinci énergies, Bouygues, Total, EDF. Pour Ouattara, l'affaire est donc jouable. 

Le président Alassane Ouattara, dans ses promesses, avait mis l'accent sur l'électrification du pays. Et, justement, EDF a du matériel disponible et l'intention d'investir dans des domaines intéressants pour la Côte d'Ivoire.  

Première action envisagée : une centrale biomasse de 46 mégawatts est déjà à l'étude. Si le dossier est mené à bon port, il s'agira de la plus grande installation biomasse en Afrique de l'Ouest (plus grande que Nachtigal au Cameroun), avec une production annuelle de 337 gigawatts/heure. Près de 1300 emplois pourraient être générés, dont plus de 1100 liés à la filière d'approvisionnement. Oui, mais financés par qui ?

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Deuxième action : l'électrification du monde rural. Là EDF crée une société autonome nommée ZECI (Zola EDF Côte d'Ivoire). Comme en France, EDF répartit ses compétences : la production d'énergie pour elle, la fourniture pour des sous-traitants. ZECI vendra des kits, comprenant un panneau solaire permettant aux ruraux un minimum de courant hors réseau, de quoi faire fonctionner quelques lampes, une télévision ou une radio. Pour des appareils électro-ménagers ce sera insuffisant, et il faudra trouver des modèles plus chers. Souvent hors de prix pour le commun des ivoiriens. Mais admettons, l'émergence est en marche.

La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé, via un communiqué signé le 15 juin 2018, qu’elle fournira une “garantie partielle de crédit” à Zola EDF Côte d’Ivoire (ZECI) pour l’aider à mobiliser un prêt en monnaie locale de 15,75 milliards de FCFA (environ 24 millions d’euros). Le prêt sera arrangé par la Société Générale de Banque en Côte d’Ivoire (SGBCI) et Crédit Agricole Corporate and Investment Bank (Crédit Agricole CIB), pour permettre à ZECI d’acquérir des systèmes solaires domestiques (SSD) et de les distribuer à environ 100 000 ménages supplémentaires résidant dans les zones rurales de Côte d’Ivoire, d’ici à 2020.

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Troisième action : la remise en état des réseaux en ville, qui passe par la pose de nouveaux compteurs. L'action sera menée par la CIE (compagnie ivoirienne d'électricité). Et l'action va être menée de pair avec le remplacement des compteurs en France. Et là, pas de mystère ! on fait comme en Europe : on pose les nouveaux compteurs Linky ... à quelques différences de publicité près. Ainsi, on ne parle plus de compteurs Linky, mais de compteurs "intelligents" ou de "cybercompteurs". En Côte d'Ivoire, où selon EDF l'arnaque est reine, on vante les bienfaits de tels compteurs : contrôle à distance, et surtout lutte contre la fraude. Fraude de qui ? des "brouteurs" ivoiriens ? ou d'EDF et CIE ?

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Car ce que EDF ne dit pas, c'est les inconvénients de ces compteurs ! Augmentation de la toxicité par les ondes électromagnétiques ! Augmentation des fréquences des coupures d'électricité (disjoncteurs qui sautent !), des pannes ! et même des incendies ! Augmentation du montant des factures de 25% à 50% dûe au renforcement de la puissance qui passe de 6KVA à 9 KVA (pour éviter soi-disant les coupures de courant trop intempestives), de la facturation de l' "énergie apparente" (imaginez que vous consommez un verre de bière et que le barman vous demande un prix pour la bière et un surplus à payer pour la mousse). On comprend pourquoi ni EDF, ni CIE n'informent les ivoiriens. Et pourtant la CIE a déjà installé 400.000 compteurs et compte continuer jusqu'en 2020.

En Europe, les consommateurs sont devenus méfiants, et beaucoup refusent ces nouvelles installations, alors EDF tente de liquider sa camelote en Afrique (Côte d'Ivoire, Ghana, Togo, Maghreb, ...) et en Amérique du Sud (Chili, Argentine, ...).Les vieilles casseroles qui formaient au temps de l'esclavage les cadeaux de pacotille (du commerce triangulaire) pour les roitelets des tribus africaines, sont remplacées par des produits électriques défectueux, avec la complicité des chefs de gouvernements locaux dont bon nombre placent leur fortune en Europe dans des paradis fiscaux.

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Mais en Côte d'Ivoire, pas plus qu'ailleurs, on n'accepte plus. De nombreux "clients" refusent l'installation de nouveaux compteurs Linky (mot "interdit") même si la CIE prétend les installer "gratuitement". Même si selon la CIE, cette opération vise à moderniser le parc de compteurs d’énergie et mettre à la disposition de sa clientèle de nouveaux services pour un meilleur suivi dans la consommation d’électricité, même si le wifi intégré laisse rêveur, même si la CIE se défend de toute surfacturation, de nombreux ivoiriens y voient une arnaque. A juste titre...

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samedi 27 octobre 2018

En Afrique, la peur de la Chine est réelle !

Panique générale à Conakry (Guinée)

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En Guinée, un vent de panique a soufflé, jeudi 25 octobre 2018. En cause, des bateaux de pêche, au nombre de huit, appartenaient à une société de pêche artisanale chinoise, qui, dans une manœuvre de rapprocher leur collecte des revendeuses que les bateaux, se sont rapprochés des côtes. Ce qui a occasionné une panique de la population locale qui, aussitôt a cru à une invasion de rebelles. Pire, certains étaient convaincus que ces bateaux étaient là pour renverser le Président Alpha Condé.

Selon le ministère guinéen des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Economie maritime, ces bateaux, qui dans la nuit du 24 au 25 octobre, ont mouillé au large du port de Kassogna, dans la Préfecture de Coyah, pour débarquer leur prise, effectuaient une pêche illégale. D’autant que, insiste l’autorité, leur zone d’activité, Dubreka, était interdite  de toutes activités de pêche. Et le ministre Fréderic Loua de hausser le ton : « Nous allons procéder à  l’arraisonnement de ces  bateaux. Ces bateaux étrangers ne vont plus pêcher en Guinée ».

Alertées, les forces de défense guinéennes, qui se préparaient à une riposte à la mesure de l’attaque, se sont déployées dans les zones névralgiques du pays. Sauf que c’était une fausse alerte, comme l’indique un communiqué du ministère, qui a révélé « la présence de six (06) navires de pêche artisanale avancés, dont trois (03) avaient débarqué déjà leur contenu dans un camion frigo qui a été immédiatement arraisonné (…)».

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mardi 23 octobre 2018

Nigeria : Boko Haram exécute les travailleuses humanitaires

Les djihadistes de Boko Haram, alliés de l’État islamique, ont tué une deuxième travailleuse humanitaire kidnappée dans le nord-est du Nigeria, a annoncé lundi le gouvernement, un mois après le meurtre d’une de ses collègues. Trois travailleuses humanitaires avaient été kidnappées lors d’un raid organisé par Boko Haram dans la ville reculée de Rann, dans l’État de Borno, le 1er mars, tuant trois autres travailleurs humanitaires et huit soldats nigérians.

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Le ministre de l’Information nigérian, Lai Mohammed, a qualifié le meurtre de «ignoble, inhumain et impie» et s’est engagé à demander la libération de deux femmes encore emprisonnées, une travailleuse humanitaire et une fillette de 15 ans.

La province de l’État islamique d’Afrique de l’Ouest (ISWAP), une faction de Boko Haram, a expliqué pourquoi elle avait exécuté Hauwa Leman, une travailleuse humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Les terroristes ont également promis de garder Leah Sharibu, l’écolière de Dapchi, comme « une esclave pour la vie« .

Dans une courte vidéo, l'otage Hauwa Leman a été forcée de s’agenouiller, les mains attachées dans un hijab blanc portant le symbole de la crête, puis abattue à bout portant.

Dans une brève déclaration, l’ISWAP a déclaré: «Nous avons tenu notre parole, comme nous l’avons dit, en tuant une autre travailleuse humanitaire, Hauwa Leman, qui collabore avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et a été enlevée lors d’une descente. une base militaire à Rann, Kala Balge, en mars 2018.

Saifura et Hauwa ont été tuées parce qu’elles sont considérées comme des Murtads (apostats) par le groupe, parce qu’elles étaient autrefois des musulmans qui ont abandonné leur islam, au moment où elles ont choisi de travailler avec la Croix-Rouge, a déclaré le groupe terroriste. « Si nous les voyons, nous tuerons les apostats parmi eux, hommes ou femmes, et choisirons de tuer ou de garder les infidèles comme esclaves, hommes ou femmes. »

« Il est très malheureux d’en arriver là. Avant et après la date limite fixée par ses ravisseurs, le gouvernement fédéral a fait tout ce qu’un gouvernement responsable devrait faire pour sauver le travailleur humanitaire », a déclaré le ministre de l’Information, Lai Mohammed. « Comme nous le faisons depuis l’enlèvement de ces jeunes femmes, nous avons maintenu la voie des négociations ouverte tout au long. Dans toutes les négociations, nous avons agi dans le meilleur intérêt des femmes et du pays dans son ensemble. »

Peut-on vraiment négogier avec des terroristes ?

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vendredi 19 octobre 2018

Les universités africaines de plus en plus séduisantes

Alors que l’Afrique gagne, petit à petit, depuis plusieurs années, son statut de continent d’avenir, les grandes écoles et les universités locales en profitent également.

afrique

De plus en plus compétitives, elles séduisent de plus en plus d’étudiants qui sont attirés par leurs différents avantages. En plus, cette amélioration des universités africaines permet enfin au continent de retenir sur place ses meilleurs talents.

Des cours harmonisés avec les pays du Nord

Le renforcement des universités africaines est passé par un lent processus d’harmonisation des cours dispensés sur le continent avec ceux dispensés dans les pays du Nord. L’objectif était d’offrir des cursus d’aussi bonne qualité que ceux proposés dans les autres pays pour attirer des élèves étrangers, mais aussi pour mieux former les citoyens de ces pays africains.

Cette harmonisation des cours permet aussi de renforcer les liens avec les pays du Nord ainsi que les occasions de collaboration. Sans conteste, l’accueil d’étudiants étrangers et un excellent moyen de renforcer ses liens avec leurs pays d’origine, mais aussi d’attirer les talents de ces pays. Effectivement, de nombreux élèves choisissent de retourner vivre dans le pays où ils ont étudié pour quelques années.

La formation des jeunes Africains

L’avenir de l’Afrique dépend principalement de la formation des jeunes Africains. Le plus grand malheur de ce continent a toujours été de ne pas avoir les moyens de prendre en main l’exploitation de ses propres richesses. Depuis quelques décennies, notamment avec l’apparition d’Internet, des nouvelles méthodes d’apprentissage, comme Superprof, et l’amélioration des universités, l’Afrique prend son destin en main.

De même, l’amélioration des offres de formation sur le continent permet d’éviter un phénomène qui a toujours coûté cher à l’Afrique : la fuite des cerveaux. Faute de moyens disponibles, la plupart des membres de l’élite intellectuelle africaine quittait son pays de naissance pour se rendre dans les pays du Nord afin d’y trouver de meilleurs moyens de mener à bien ses recherches ou d’exercer son métier. 

De nombreux étudiants étrangers sont séduits

Comme nous le disions, les directeurs et présidents d’universités et de grandes écoles africaines ont bien compris qu’ils devaient harmoniser le contenu de l’enseignement pour séduire les étudiants issus des pays du Nord. Cependant, ils ont également compris un des atouts majeurs de l’Afrique : le bas coût de la vie.

En effet, dans l’état actuel des choses, étudier en Afrique représente des économies considérables pour un étudiant américain ou européen qui n’aurait pas eu d’autres choix que de s’endetter pour accéder à une école privée dans son pays. En Afrique, les études coûtent beaucoup moins cher, mais la vie sur place également. (selon "Afrik.com")

 Coopération universitaire : le hub éducatif de Yamoussoukro

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mercredi 17 octobre 2018

Organisation internationale de la francophonie

La rwandaise Louise Mushikiwabo élue secrétaire générale

louise_jeanA Erevan en Arménie, sous les yeux du président français Macron, Louise Mushikiwabo, une Rwandaise est élue aux commandes de la Francophonie. Cette diplomate éprouvée, dont la famille a été tuée dans le génocide de 1994, était favorite.

Diplomate éprouvée qui sait se montrer accommodante, Louise Mushikiwabo, 57 ans, reste une femme de fer qui, depuis neuf ans, porte la politique extérieure du président rwandais. « Elle sait arrondir les angles de Paul Kagame », remarque un vieux routier des sommets africains. Sur le fond, en revanche, elle ne transige pas. Celle qui vient d’être élue par consensus, comme le veut la tradition, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), vendredi 12 octobre, est la deuxième femme à occuper ce poste après sa prédécesseure Michaëlle Jean, diplomate canadienne d’origine haïtienne ; et, surtout, la première Africaine. C’était la raison principale du soutien de la France et de l’Union africaine (UA), qui ont entraîné l’écrasante majorité des 54 Etats membres de plein droit de l’OIF, disposant du droit de vote.

Dès l’annonce officielle de sa candidature depuis l’Elysée, le 23 mai, à l’occasion d’une rencontre entre Emmanuel Macron et Paul Kagame, Louise Mushikiwabo était donnée largement favorite grâce à ce double parrainage. Son habilité et ses réseaux ont fait le reste.

La vie de Louise Mushikiwabo est marquée par toutes les tragédies qui ont secoué le Rwanda le demi-siècle passé. Elle naît en 1961 dans une famille de petits propriétaires terriens, au moment même où commencent les persécutions à l’égard des Tutsi. Elle n’en réussit pas moins à passer le bac et devenir professeure d’anglais. Grâce à une bourse, elle part ensuite en 1986 aux Etats-Unis pour faire des études d’interprétariat. Un exil qui lui sauve la vie.

La plupart des membres de sa famille n’ont pas réussi à échapper, en 1994, aux machettes et aux balles des extrémistes hutu. Son frère Landoald Ndasingwa, grande figure de l’opposition libérale, fut l’une des premières victimes du génocide. « C’est une survivante, elle en a l’efficacité et la détermination », souligne une universitaire qui la connaît bien. Le génocide n’a cessé de la hanter. Avec Jack Kramer, journaliste et ancien marine, elle y a consacré un ample récit, Rwanda Means the Universe : A Native’s Memoir of Blood and Bloodlines, publié en 2006.

En 2008, Louise Mushikiwabo décide finalement de revenir au pays. Après un bref passage en Tunisie comme directrice de la communication de la Banque africaine de développement, elle intègre le gouvernement rwandais, comme ministre de la communication puis comme chef de la diplomatie de Paul Kagame. Fidèle parmi les fidèles de l’homme fort de Kigali même si elle n’a jamais été membre du Front patriotique rwandais, le parti-Etat régnant sans partage, elle serait l’une des rares à bénéficier de sa totale confiance. D’aucuns voient même en elle une possible successeure si le maître du pays – qui selon la Constitution amendée à sa main peut rester au pouvoir jusqu’en 2034 – décidait de se mettre en retrait.

Au sein même de l’OIF, les réticences vis-à-vis de la future nouvelle secrétaire générale restent fortes, notamment parmi les hauts fonctionnaires de l’organisation. « Jamais je n’ai été aussi inquiet sur l’avenir la francophonie », soupire l’un d’eux. Certes, comme le répète volontiers l’Elysée pour justifier son choix, « il s’agit d’élire une personne et non un pays ». Mais Louise Mushikiwabo, en portant depuis des années la politique extérieure rwandaise, est totalement identifiée à un régime défiant nombre des principes fondateurs de la francophonie.

Le pouvoir de Kigali n’est en effet guère un exemple en matière de défense des droits fondamentaux de ses citoyens. Les opposants sont traqués, arrêtés, voire exécutés à l’étranger. Mi-septembre, quelque 2 000 prisonniers politiques, dont la célèbre opposante Victoire Ingabire, ont été libérés par anticipation – un geste avant le sommet de la francophonie. « Toutes ces notions de démocratie et de droits humains, ce n’est pas toujours très clair et très précis », se justifiait encore en août Louise Mushikiwabo, interrogée par l’AFP, rappelant « qu’elle ne croit pas aux donneurs de leçons » en matière de démocratie. Depuis, elle a un peu mieux rodé son discours, ce qui ne signifie pas qu’elle ait changé d’opinion.

Le régime rwandais ne s’est pas illustré non plus, ces dernières années, par la défense de la langue française. Il n’a cessé, au contraire, de prendre ses distances, en mettant fin à l’enseignement du français dans les écoles et en adoptant l’anglais comme langue nationale. Si elle manie un français parfait, Louise Mushikiwabo assure qu’il n’y a pas de contradiction entre la francophonie et ce choix de privilégier l’anglais. « C’est aujourd’hui la langue de la Silicon Valley, de la technologie, de la recherche, des réseaux sociaux. C’est une réalité et, par ailleurs, l’essentiel de l’activité économique du Rwanda se fait avec l’Afrique de l’Est », explique-t-elle au Monde. Une vision en accord avec celle du président français, qui se pose en héraut d’une « francophonie ouverte » aussi bien aux langues locales qu’à l’anglais. (selon "Ivoirebusiness.net")

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lundi 8 octobre 2018

Côte d'Ivoire : Des planteurs d'hévéas bloquent la route à Dabou

Ils réclament leur argent à un soi-disant «ami» du chef de l'État

ci1De plus en plus souvent, les routes africaines sont bloquées, même en Côte d'Ivoire, l'un des pays soi-disant les plus développés du continent. Cette fois, ce sont les planteurs d'hévéas qui réclament leur argent à Lohouess Vincent Essoh, patron de l'entreprise de transformation de caoutchouc ITCA située dans le village de Boubouri. La route a été bloquée pendant plusieurs heures par ces planteurs qui se définissent comme des apporteurs d'affaire à l'entreprise ITCA.

800 millions de francs CFA (environ 1.219.512 euros), c'est la somme que réclament les grévistes.Selon nos informations, depuis 4 mois, le patron de l'usine devait verser cette somme aux différents apporteurs d'affaire et planteurs d'hévéas. Ces manifestants disent être prêt à aller jusqu'au bout pour que leur argent soit donné par Vincent Essoh Louess par ailleurs responsable du parti politique RHDP unifié à Dabou.

"On a livré du caoutchouc à l'usine. Depuis 4 mois, les gens ne veulent pas nous donner notre argent. On a même saisi le préfet. Jusqu'à aujourd'hui, monsieur Vincent Essoh Louess ne veut pas nous payer notre argent. Il refuse de nous payer. Nous avons des informations de source sûre que notre argent a été remis à ce monsieur. Ce monsieur nous prend pour des animaux. Nous réclamons notre argent à ce monsieur", explique le porte-parole des grévistes, planteur et apporteur d'affaires.

La tentative de négociation entamée par les agents de la police s'est soldée par un échec. Les grévistes ne comptent pas quitter la rue tant que Vincent Essoh Louess ne vient pas donner leur argent. Ils entendent aller faire un sit-in au Plateau (centre administratif d'Abidjan) pour protester vigoureusement afin que leur argent soit payé.

"Ce monsieur nous tue à petit feu. Il se dit être l'ami personnel du président de la République. Et il se base sur ses relations avec Alassane Ouattara pour ne pas payer notre argent. Je ne peux pas comprendre qu'un ancien ministre peut être mauvais à ce point. On ne peut pas scolariser nos enfants parce que ce monsieur a bloqué notre argent", déclare une manifestante 

L'ancien ministre Vincent Essoh Louess, patron de l'entreprise ITCA, affirme qu'il n'a rien à se reprocher, il accuse son partenaire majoritaire. L'ancien ministre voit en cette manifestation des mains obscures de ses adversaires politiques. Et que les salariés soient pris en otages, voilà qui ne le chagrine guère.

- selon Jean Chrésus, journaliste ivoirien

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mardi 2 octobre 2018

Des militaires qui se croient en pays conquis

Sénégal : Un militaire français arrêté à Dakar

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Un militaire français en service à Dakar a été arrêté par des gendarmes sénégalais accompagnés de leurs collègues français. Il est accusé d’avoir agressé un jeune sénégalais dans la nuit du 16 septembre dans une boite de nuit dakaroise. Sa victime, le jeune Sénégalais, est toujours dans le coma. 

Dans la nuit du 16 Septembre 2018, cinq militaires français en civil ont eu une empoignade avec des jeunes sénégalais dans un restaurant au quartier les Almadies de Dakar. L’un de ces derniers prit plusieurs coups sur la tête avec une arme qui a été décrite comme un « poing américain ». Oumar Watt , le jeune homme en question, âgé de 31 ans est actuellement dans le coma . Il est atteint « de multiples contusions cérébrales, bi-frontales, temporales gauches et diencéphaliques », selon ses proches. 

Oumar et quatre de ses amis dont deux jeunes filles profitaient tranquillement de leur fin de soirée dans le Club restaurant. C’est dans ces conditions qu’ils ont ont été interrompus par un groupe de cinq militaires français en civil, qui ont commencé à taquiner les jeunes filles. L’un des sénégalais protesta alors en leur demandant d’arrêter de tourmenter sa « sœur ».

Les militaires étant en état d’ébriété, une bagarre éclate rapidement entre les deux groupes. Oumar se met entre les principaux concernés afin de les séparer, mais il reçut un coup sur la nuque de la part d’un des militaires. Les cinq français avaient été placés en garde-à-vue mais ils seront libérés dans la journée.

Cependant, pas de quoi rehausser l'estime des troupes françaises et de la France auprès de la population locale, tout comme pas de quoi intéresser la presse française, alors que l'affaire a fait la "une" de la presse francophone de l'Afrique de l'Ouest.

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dimanche 16 septembre 2018

Cameroun : Boko Haram mène la vie dure aux éleveurs

La Banque mondiale vient de dévoiler un rapport sur l’ampleur des ravages causés par les membres de la secte islamiste nigériane Boko Haram, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, dans laquelle ces terroristes sévissent avec une violence plus accrue depuis l’année 2013.

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En effet, dans un rapport intitulé «briser les obstacles au commerce agricole régional en Afrique centrale», cette institution de Bretton Woods, révèle que depuis 2013, Boko Haram a volé aux éleveurs de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, un volume de bétail d’une valeur globale atteignant 3 milliards de francs Cfa (6 millions de dollars).

Concrètement, apprend-on, sur une période de 5 ans, ce sont environ 17 000 têtes de bovins et des milliers d’ovins et de caprins, qui ont été emportés par des membres de cette secte islamiste, au cours de leurs attaques meurtrières dans les villages de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun.

Au demeurant, cette estimation n’est que partielle, puisque les exactions de Boko Haram sur le secteur de l’élevage ne se sont pas limitées aux vols du bétail. Leurs attaques ont également eu des effets néfastes sur le fonctionnement des marchés du bétail, la prise en charge sanitaire des bêtes, ou encore le fonctionnement de l’activité d’élevage dans son ensemble.

Selon un rapport du ministère camerounais de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), le secteur de l’élevage a payé le plus lourd tribut de la guerre contre Boko Haram, avec des pertes estimées à 54,8 milliards de francs Cfa au total, soit environ 65% des pertes globales. Ces pertes, apprend-on, sont consécutives, souligne le rapport, «aux vols, rapts, tueries d’animaux, etc., aux maladies animales et à la baisse de la valeur commerciale des animaux».

Il est à rappeler que Boko Haram est un mouvement insurrectionnel et terroriste d’idéologie salafiste djihadiste, originaire du nord-est du Nigeria et ayant pour objectif d’instaurer un califat et d’appliquer la charia.

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lundi 10 septembre 2018

Massacre d’éléphants sans précédent au Botswana

Les braconniers ont tué au moins 87 éléphants au cours des derniers mois au Botswana, alerte l’organisme de protection de la nature "Elephants Without Borders". Les carcasses d’éléphants ont été repérées autour du delta de l’Okavango, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, dans le district de Ngamiland au Botswana, a indiqué l’organisation sur sa page Facebook.

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Michael Chase, directeur de l’association Elephants Without Borders, a déclaré au New York Times qu’il avait dénombré 48 éléphants d’Afrique morts (Loxodonta africana) lors d’un survol aérien en août, dénonçant une frénésie de braconnage. « Nous avons commencé le sondage le 10 juillet et nous avons dénombré 90 carcasses d’éléphants depuis le début de l’enquête », a déclaré Chase à l’Agence France-Presse (AFP). « Chaque jour, nous comptons des nouveaux éléphants morts ».
Tous les quatre ans, Elephants Without Borders et le gouvernement du Botswana mènent conjointement des relevés aériens, lors de la saison sèche, sur la population d’éléphants et d’autres espèces sauvages dans le pays. Cette année, le gouvernement du Botswana a de nouveau chargé l’organisation de mener une enquête aérienne dans le nord du pays, couvrant le district de Chobe, Okavango, Ngamiland et North Central. Étant donné que le relevé aérien actuel n’est que mi-parcours, Chase et d’autres défenseurs de l’environnement craignent que le nombre final d’éléphants braconnés soit beaucoup plus élevé. Le gouvernement du Botswana a cependant réfuté les affirmations de l’ONG et a qualifié les chiffres de «non fondés» dans un communiqué publié sur Twitter. «À aucun moment au cours des derniers mois ou récemment, 87 ou 90 éléphants n’ont été tués au cours d’un incident dans n’importe quel endroit du Botswana», indique le communiqué.
Le gouvernement a ajouté que Elephants Without Borders avait déclaré avoir dénombré 53 carcasses d’éléphants au cours de son enquête. « Sur les 53 carcasses mentionnées, une mission de vérification entre juillet et août a établi que la majorité n’était pas braconnée mais plutôt morte de causes naturelles ».
Chase maintient ses chiffres. « Je suis un scientifique objectif, sans agenda politique. Je suis triste que notre gouvernement ait réagi de cette façon. » Il précise qu’il y a un emplacement GPS pour chacune des 87 carcasses et que plusieurs témoins les ont vu. Chaque vol a quatre personnes, dont un employé du gouvernement, et les enregistrements vocaux des vols confirmeront ces résultats, explique Chase.
Le Botswana compte environ 130 000 éléphants et est considéré comme le dernier bastion des éléphants en Afrique. (selon "Afrik.com")

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