lundi 30 septembre 2019

Trump destitué ? Tu parles !

Une affaire montée de toutes pièces par Biden ou... Trump ?

trump

C’est avec bien des hésitations et des recommandations négatives que Nancy Pelosi, 78 ans, présidente de la Chambre des Représentants, a annoncé la procédure d’impeachment de Donald Trump. Celle-ci aboutira-t-elle ? Non, sans doute. Elle se heurte à la majorité républicaine du Sénat. Et aux doutes portant depuis bien longtemps sur l’intégrité de Joe Biden, futur candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis. Bonnet blanc et blanc bonnet ?

On peut affirmer d’ores et déjà que la réalité du coup de téléphone reproché à Trump ne fait aucun doute. Mais qu’en est-il du fond effectif de l’affaire ? Plusieurs éléments brûlants se présentent : le rôle que joue en réalité Hunter Biden, le fils du leader démocrate, et la personnalité à la fois typique et louche du patron de Hunter Biden, Mykolaj Zlotchevski.

Surprise : Hunter Biden faisait partie du conseil d’administration de la Burisma, une puissante compagnie gazière ukrainienne. Et dans la présentation dudit conseil d’administration, on voit aussi apparaître la photo et le personnage d’Aleksander Kwaśniewski, l’ancien président polonais (1995 à 2005) ! L’avocat de Trump, Rudolph Giuliani, affirme que c’est par l’entremise de Joe Biden que Viktor Chokin, procureur général d’Ukraine, a été limogé en 2016. Il faut préciser un fait, euh, étrange, en effet : sous la présidence d’Obama, Joe Biden était en charge des relations avec l’Ukraine, de 2008 à 2016. Curieux, non ? L’Ukraine intéresse décidément beaucoup la famille Biden.

Né en 1970, Hunter Biden, malgré sa carrure athlétique, est un homme fragile : toxicomane et alcoolique, dépressif depuis la mort de son frère en 2015, il n’a sans doute pas pris toutes les précautions qui s’imposent dans de telles activités et dans un tel milieu, hautement criminogène. Et indéniablement, il aime se servir de ses relations familiales : en témoigne son attitude en 2013 à Pékin, où accompagnant Obama durant son voyage, il a fait prévaloir son cher Papa pour booster ses affaires…

Mykola Zlotchevski, en effet, le patron de la Burisma, a émergé dans les années Janoukovitch, ce président hautement corrompu et pro-russe qui a été chassé du pouvoir en 2015, après la « Révolution de Majdan ». Zlotchevski, à cette époque, était devenu… ministre de l’Ecologie ! (rire jaune). Son ascension a été fulgurante : sa compagnie a profité de ce poste – et de la corruptibilité du gouvernement Janoukovitch – pour décrocher de nombreux contrats d’ exploitation, y compris à l’étranger. Le PDG de la Burisma est devenu alors l’un des hommes les plus riches d’Ukraine.

Après la « Révolution de Majdan », en 2014, le pouvoir change de mains à Kiev, et avec ce changement s’exprime la promesse de laver tout blanc l’économie du pays. Les fortunes louches des oligarques, et parmi elles, celle de Zlotchevski, sont sérieusement menacées. Il faut alors montrer auréole et patte blanche : et voilà que dans le conseil d’administration de la Burisma apparaissent Kwaśniewski et Hunter Biden, ce dernier au début de l’été 2015 – il y touche environ 50 000 dollars par mois.

Alors, Joe Biden a-t-il fait limoger le procureur général, Viktor Chokin, parce que ce dernier avait entamé une enquête, voire une procédure contre son fils ? La réponse penche vers le négatif : on n’a pas trouvé trace d’une telle démarche. Les responsables de l’AntAC, une ONG qui effectue un travail assez efficace (à son échelle) contre la corruption, l’affirment : malgré les promesses de Porochenko en 2014, trois procureurs successifs ont évité tout ennui au patron de Hunter Biden, Zlotchevski. Alors même que quatre affaires qui relevaient du pénal eussent mérité plus d’attention… C’est le cas de nombreuses personnalités importantes avant 2014, et qui ont réussi leur reconversion porochenkienne en 2015.

En quoi alors Hunter Biden serait-il impliqué dans le renvoi de Viktor Chokin, et dans la prospérité actuelle de Zlotchevski ? Trump et son avocat, Giuliani, ont la mémoire courte : il y a belle lurette que le limogeage de Chokin était réclamé par les Ukrainiens démocrates eux-mêmes, par les institutions européennes et par beaucoup de dirigeants américains !

Pour ce qui est de la démarche aux Etats-Unis, on sait que Nancy Pelosi a hésité très longtemps, en fine politique, avant de demander la mise en marche de la procédure. Elle sait bien que l’arme peut se retourner contre les membres du Parti démocrate : parce que personne n’est réellement propre, et parce que l’attention du public se fixe aujourd’hui sur Joe Biden. Au détriment d’une candidate potentielle infiniment meilleure que Biden : à savoir Elizabeth Warren, qui a fait ces derniers mois des discours étincelants.

Mais n’est-ce pas précisément ce que recherche Donald Trump ? En cristallisant l’attention des Américains sur un milliardaire douteux, il détourne leur regard d’une personnalité remarquable, appelée à un brillant avenir. Bonnet blanc et blanc bonnet, oui. (selon "Eurojournalists").

Posté par jl boehler à 00:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

jeudi 26 septembre 2019

Financement du terrorisme

Les USA ont fourni plus de 70 000 « pistes » à l’UE depuis 2016

UE

Les autorités américaines ont envoyé plus de 70 000 « pistes d’enquête » aux Etats membres de l’Union européenne et à Europol depuis 2016 dans le cadre du programme de surveillance du financement du terrorisme, souligne un rapport publié lundi.

Certaines ont été « déterminantes pour faire avancer les enquêtes liées à des attaques terroristes sur le sol de l’UE, y compris celles de Stockholm (7 avril 2017), Barcelone (17 août 2017) et Turku » (Finlande, 18 août 2017), a précisé la Commission européenne dans un communiqué. L’exécutif bruxellois s’est dit « satisfait » de la coopération de plus en plus grande entre l’UE et les Etats-Unis dans le cinquième rapport sur ce programme lancé en 2010.

Quelque 70 991 « pistes d’enquête » ont été fournies par les autorités américaines entre 2016 et 2018. Elles sont compilées dans les 292 réponses du Trésor américain aux 402 requêtes européennes. Le rapport fait également état de plus de 11 000 pistes envoyées spontanément par les autorités américaines.

Dans un document de travail publié par la Commission accompagnant le rapport, la liste des dossiers où la coopération a joué fait également mention de pistes procurées à l’enquête sur Mohamed Belkaid, tué dans une fusillade le 15 mars 2016 à Bruxelles trois jours avant l’arrestation de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos jihadistes qui ont attaqué Paris en novembre 2015. « Le TFTP (acronyme anglais du programme de surveillance du financement du terrorisme, ndlr) est un instrument clé pour fournir des informations dans les temps, précises et fiables, pour identifier et traquer les terroristes et leurs réseaux de soutien dans le monde », souligne encore la Commission.(selon AFP et Le quotidien luxembourgeois)

Posté par jl boehler à 02:52 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

jeudi 12 septembre 2019

Les petits cadeaux de Pyongyang

Il avait été libéré en mai 2018 en dépit d'une condamnation pour « espionnage » en Corée du Nord, mais l'affaire vient enfin d'être rendue publique : un Américain de 67 ans a reconnu qu'il avait bien été espion pour la CIA dans une interview à la télévision publique allemande.

espion

Il prenait des photos grâce un appareil miniature caché dans une montre : Kim Dong-chul, un Américain condamné pour « espionnage » en  Corée du Nord avant d'être libéré en 2018, affirme vendredi avoir été un espion de la CIA.

Agé de 67 ans, cet homme d'affaires et pasteur faisait partie des trois Américains libérés en mai 2018 par le régime nord-coréen, malgré une condamnation pour « espionnage » au profit de la Corée du Sud deux ans auparavant.

Recruté après la mort de Kim Jong-il

Les trois hommes avaient été libérés à l'approche de la rencontre historique entre Donald Trump et Kim Jong Un.Dans un entretien accordé à la télévision publique allemande NDR, diffusé en intégralité dimanche, Kim Dong-chul affirme avoir espionné à partir de 2011 pour le compte de la CIA.

« Après la mort de Kim Jong-il (en 2011), de nombreuses rumeurs ont circulé sur les successeurs possibles et sur l'évolution future du pays », explique Kim Dong-chul, selon des extraits transmis vendredi à la presse.

La CIA a dans ce contexte décidé de le recruter, alors qu'il vivait depuis 2001 à Rason, une zone économique spéciale nord-coréenne proche de la frontière avec la Chine et la Russie, et bénéficiait d'un permis pour se déplacer à l'étranger et en Corée du Nord.

Un appareil dissimulé dans son oreille

Il était même doté, selon lui, d'une montre-bracelet grâce à laquelle il pouvait discrètement prendre des photos. Il était aussi muni d'un appareil d'écoute de grande portée qu'il pouvait dissimuler dans son oreille. Kim Dong-chul, naturalisé Américain, affirme avoir ainsi photographié des navires militaires dont la CIA ne disposait que d'images satellites.

Il détient en outre toujours des clichés, qu'il a montrés aux journalistes de NDR, de barres de zinc d'une pureté proche de 100% provenant de stocks de l'ancienne Union soviétique, que des scientifiques du programme nucléaire nord-coréen lui auraient données en échange de pots-de-vin. « J'ai approché à la fois des militaires et des scientifiques qui, je le savais, avaient besoin d'argent », explique-t-il.

Une clé USB contenant des données liées au nucléaire

En octobre 2015, il est finalement arrêté. Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, il avait été interpellé au moment où il prenait possession d'une clé USB contenant des données liées au nucléaire et d'autres informations militaires.

Après six mois d'interrogatoires, il a été condamné à dix ans d'emprisonnement dans un camp de travail. Dans une vidéo réalisée par NDR, il montre plusieurs de ses doigts, endommagés d'après lui par des soldats qui les ont écrasés avec leurs bottes.

Kim Dong-chul et les deux autres Américains avaient été accueillis sur le tarmac par M. Trump, saluant le geste de « bonne volonté » du dirigeant nord-coréen.(selon AFP)

Posté par jl boehler à 03:34 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

dimanche 25 août 2019

Pacifique : Washington n'a plus la prééminence militaire

Les Etats-Unis n'ont plus la prééminence militaire dans le Pacifique et pourraient avoir de plus en plus de difficultés à défendre leurs alliés contre la Chine, dont l'influence est de plus en plus forte dans la zone, estime un centre de réflexion australien reconnu dans un rapport cinglant. 

PacifiqueDans cette analyse diffusée lundi, le Centre des études sur les Etats-Unis de l'Université de Sydney décrit l'armée américaine comme une "force en train de s'atrophier" dont les capacités sont "dangereusement dépassées" et "mal préparée" pour une confrontation avec la Chine. 

Si elle est correcte, cette évaluation a de lourdes implications pour de nombreux alliés des Etats-Unis, qu'il s'agisse de l'Australie, de Taïwan ou encore du Japon qui dépendent beaucoup des garanties américaines en matière de sécurité. 
L'arrivée de Donald Trump à la Maison blanche, avec son credo de "l'Amérique d'abord", a ajouté aux craintes d'un désengagement des Etats-Unis, qui seraient moins enclins à défendre leurs alliés dans l'hypothèse d'une agression de la Chine par exemple. 

Mais ce rapport laisse penser que, même s'ils souhaitaient intervenir, les Etats-Unis pourraient avoir du mal à le faire. Les auteurs de l'étude évoquent même une "insolvabilité stratégique" de Washington en avançant que des décennies de guerre et d'engagement au Proche et Moyen-Orient et de sous-investissement dans le Pacifique ont eu pour conséquence d'exposer les alliés des Etats-Unis en Océanie. 

"La Chine, en revanche, est de plus en plus capable de défier l'ordre régional par la force du fait de ses investissements de grande ampleur dans les systèmes militaires avancés", indiquent-ils. 

Sous la présidence de Xi Jinping, le budget officiel de la défense en Chine a progressé de près de 75% à 178 milliards de dollars. Un chiffre qui serait en dessous de la réalité. 

Pékin a notamment investi dans des systèmes de missiles balistiques de précision et dans des systèmes de contre-intervention qui compliqueraient la tâche pour les forces américaines qui tenteraient de rejoindre une zone contestée. 

A en croire cette étude, "presque toutes les bases américaines, alliées, les pistes d'atterrissage, les ports, les installations militaires du Pacifique Ouest" manquent d'infrastructures renforcées et sont menacées.  

Ces faiblesses font que la Chine pourrait s'emparer de territoires taïwanais, d'îles administrées par le Japon ou de zones de mer de Chine méridionale avant que les forces américaines n'aient le temps d'intervenir. 

Ces experts préconisent pour contrer la montée en puissance de la Chine le déploiement de missiles terrestres américains ainsi qu'un changement de rôle du Corps des marine et une réévaluation des stratégies de défense régionale impliquant le Japon et l'Australie. (selon AFP)

Posté par jl boehler à 03:33 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 17 juillet 2019

Que fait ce navire de guerre US à Abidjan ?

La Côte d'Ivoire va-t-elle déclarer la guerre aux Etats-Unis ?

c_te

Un navire de la marine américaine se trouve actuellement dans les eaux ivoiriennes, a annoncé l’ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire.

Que vient faire ce navire de guerre américain en Côte d’Ivoire? C’est la question que se posent les populations ivoiriennes en général, les journalistes de ce pays d’Afrique de l’ouest en particulier, eux qui ont été conviés à une visite à bord du navire en question. 

En tous les cas, selon une annonce officielle faite par l’ambassade des Etats-Unis en date du vendredi 12 juillet 2019, le « Usns Carson City », un navire de la marine américaine, est dans les eaux ivoiriennes. La représentation diplomatique a ajouté qu’elle organise une visite du bateau au Port autonome d’Abidjan à l’intention des journalistes. 

Cette visite sera une occasion d’en connaître davantage sur les motifs de la présence de cet appareil militaire américain sur le sol ivoirien, qui faut-il le rappeler, doit abriter l’académie antiterroriste dont la construction devrait démarrer très prochainement. Pour ce projet, la France a confirmé sa participation à hauteur de 18 millions d'€.

L'annonce de la participation française à ce projet a été faite au mois de mai dernier, en marge de la visite du ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner en Côte d'Ivoire. (selon Afrik.com)

Posté par jl boehler à 00:38 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

lundi 15 juillet 2019

Trump achète-t-il la Mongolie ?

Tensions en Asie : la Chine s'implante au Népal, les Etats-Unis en Mongolie

oulan_bator

La visite du conseiller américain à la sécurité nationale auprès du président des États-Unis, John Bolton, dans la capitale mongole a été marquée par le transfert démonstratif d’équipements militaires à l’armée locale. Car décidément, depuis l'arrivée au pouvoir de Trump, les lignes bougent en Asie, sans que l'on sache où tout cela va mener.

Selon les médias locaux, la partie mongole a reçu tout cela de Washington sans compensation et « dans le cadre de la coopération bilatérale en matière de défense ».

À cet égard, les autorités locales ont même organisé une cérémonie solennelle sur le territoire de l’unité d’armée n ° 15 des Forces armées mongoles avec la participation du ministre de la Défense Nyamagiin Enkhbold et de l’ambassadeur américain à Oulan Bator Michael Klechenski.

 

Le conseiller de Trump est arrivé en Mongolie le 1er juillet. Il s’est entretenu avec le chef de l’Etat, Haltmaagiin Battulga, assurant que Washington apprécie la contribution de l’armée mongole aux opérations de maintien de la paix, car l’administration américaine envisage une coopération militaire plus étroite avec Oulan-Bator. Tiens donc, l'effet du hasard ?

place_gengis_khan___oulan_bator

Posté par jl boehler à 03:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 17 mai 2019

Des néo-nazis dans l'armée américaine

Une armée américaine dans laquelle les néo-nazis s'infiltrent sans difficulté depuis que le manque d'hommes a poussé les recruteurs à revoir à la baisse leurs critères de sélection !

naziDes néo-nazis dans l’armée américaine ? Cela semble impossible… C’est pourtant bien le cas. D’ailleurs, si des néo-nazis ont intégré l’armée, les membres de gangs américains rejoignent également ses rangs. C’est en tout cas ce qu’affirme Matt Kennard, auteur d'un livre sur le sujet "Comment l'armée américaine a recruté des néo-nazis, des membres de gangs, et des criminels pour combattre dans la guerre contre le terrorisme". La présence de ces personnes pour le moins peu recommandables au sein des forces américaines s’explique par la difficulté des recruteurs à trouver de nouveaux soldats.

Depuis maintenant plus d’une dizaine d’années, les métiers de l’armée n’attirent plus les citoyens américains, et pour cause. La guerre contre le terrorisme n’a pas vraiment été soutenue par les Américains, puisque seuls deux tiers des citoyens estiment en effet qu’elle était nécessaire. Or les guerres menées par l’Administration Bush en Afghanistan et en Irak ont été très demandeuses d’hommes. Le problème : seul un Américain sur trois satisfaisait aux critères physiques et mentaux de recrutement de l'armée selon les standards opérés avant les attentats du 11 septembre. Autant dire que les recruteurs ont dû baisser leurs critères de sélection, une porte ouverte à l'arrivée des néo-nazis !

Les néo-nazis, qui aiment se battre et se plier à une discipline stricte, se fondent ainsi particulièrement bien au sein de l'armée. Beaucoup de groupes néo-nazis encouragent d’ailleurs même leurs membres à s'engager afin d'améliorer leurs techniques de combat et le maniement d'armes avant une éventuelle "guerre raciale".

Et même une fois qu’ils ont intégré l’armée, ces soldats néo-nazis ne cachent pas leurs idées. C’est notamment le cas de Forrest Foggarty qui a assuré devant la presse se battre au moins deux fois par mois avec d’autres soldats rien que parce qu’il est nazi. "Je suis complètement ouvert là-dessus", explique-t-il ainsi, ajoutant que lorsqu’il servait à Bagdad, "les gens savaient [qu’il était nazi], même les personnes haut placées". L’ancienne petite amie de Forrest Fogarty avait d’ailleurs envoyé à l’armée des photos de lui à des réunions du groupe National Alliance, l’une des plus importantes organisations néo-nazies aux Etats-Unis. Et lors d’une de ses permissions, Forrest Fogarty s’est même rendu à Dresde en Allemagne pour donner un concert devant 2 500 skinheads, tous frais payés par l’armée. Mais rien, l’armée n’a rien fait si ce n’est convoquer le soldat Fogarty devant un comité où sa seule défense a été de dire que son ex-petite amie n’était qu’une "connasse rancunière". Cela a suffi à l’armée qui a laissé Forrest Fogarty continuer de servir. Son cas est loin d’être isolé.

S’il est difficile de quantifier le nombre de néo-nazis au sein de l’armée américaine étant donné que les militaires les mettent dans le même sac que les membres de gangs, les associations pour la suprématie des blancs donnent leurs propres chiffres. Ainsi, le National Socialist Movement assure que 190 de ses membres ont intégré l’armée quand le groupe White Revolution en revendique 12. Quant au FBI, il a indiqué que 203 vétérans avaient provoqué des incidents liés à une idéologie néo-nazie. Les recruteurs font donc désormais preuve d’un vrai laxisme. Quand ils avaient pour ordre de refuser l'entrée à des Américains arborant par exemple le tatouage d'un groupe ou d'une association potentiellement dangereuse, les difficultés à trouver de nouveaux soldats pour la guerre en Irak les ont poussés à regarder de l'autre côté, à ignorer certains détails.

Matt Kennard  explique ainsi que les accusations contre les néo-nazis sont rarement prises au sérieux par le centre d'enquête de l'armée américaine. D'ailleurs, le nombre de renvois de soldats pour mauvaise conduite a baissé de façon considérable entre 1998 et 2006 de 2 560 à 1 435. Des normes laxistes qui ont également facilité l'entrée de personnes appartenant à divers gangs américains. Le sergent Jeffrey Stoleson, cite par Matt Kennard, estime même que les membres de gangs composent jusqu'à 10% du nombre total de soldats et se trouvent à tous les niveaux de l'armée. Et gare à ceux qui dénoncent des comportements douteux de ces nouveaux soldats, ils sont généralement mis de côté et qualifiés de "balance".

Matt Kennard explique par ailleurs que cette baisse des standards de recrutement de l'armée a exacerbé les défauts d'une institution pourtant déjà bien mise à mal. Ainsi, il n'y a que 500 psychologues pour une armée composée de plus d'un million de personnes. Or, selon les études, les soldats américains sont bien plus affectés par des troubles de stress post-traumatiques, qui désignent des troubles anxieux sévères qui se manifestent à la suite d'une expérience vécue comme traumatisante, que les soldats européens par exemple. Ainsi, le taux de soldats américains affectés par le syndrome de stress post-traumatique atteint 30% quand celui des Britanniques qui se sont battus en Irak s'élève à 4%, et celui des Allemands ayant servi en Afghanistan à 2%.

L'entrée de membres de gangs et de néo-nazis dans l'armée n'est pas le seul problème. Le taux de femmes soldats violées a grimpé en flèche. Une femme servant dans l'armée a en effet plus de chance d'être violée par un autre soldat que d'être tuée par un coup de feu ennemi. Autant dire que l'armée américaine a une nouvelle guerre à mener. Cette fois, c'est un ennemi intérieur qu'elle doit combattre, un ennemi qu’elle a elle-même laissé entrer.

nazi1

Posté par jl boehler à 00:16 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

dimanche 3 mars 2019

Leyla Mac Calla - The capitalist blues

Réussite totale !

Leyla_McCalla

L’américano-haïtienne Leyla Mc Calla vient de sortir son 3ème album, et c’est une réussite totale ! « Capitalist Blues » : le titre du disque donne le ton de l’album (Jazz Village/PIAS) :  la chanteuse y dénonce les injustices sociales et le monde moderne concurrentiel dans lequel nous vivons. La chanson au service d’un message politique, et la fierté du patrimoine chanté créole haïtien : Leyla Mc Calla reste plus que jamais fidèle à elle-même !

«J’ai le blues capitaliste/Je nage dans un océan peuplé de requins/Ils me disent ce que je dois faire/Pour laisser ma petite marque dans ce monde froid, si froid » : dès le premier titre, « Capitalist Blues » (chanté en anglais, et qui donne son titre à l’album), Leyla Mc Calla délivre son message. Et ce message, elle l’artiste comblée par le destin, jeune mère de famille installée à la Nouvelle-Orléans, est finalement le même que celui des chansons traditionnelles de Haïti, en créole, qu’elle nous livrait dans son album précédent, « A day for the hunter, a day for the prey » (2016) : ce monde est cruel et injuste, et les plus pauvres en payent toujours le prix fort.

« Mizè pas dous » : non la misère n’est pas douce, nous dit-elle dans cet autre titre du disque, en créole, tout comme dans « Lavi Vye Neg », autre chanson créole où elle évoque « La Terre Bénie » – nom que les Haïtiens donnent à leur patrie dans leurs chansons…

Pour ce troisième album, Leyla Mc Calla a abandonné le violoncelle avec lequel elle s’accompagnait précédemment, et elle a choisi comme partenaires musicaux un groupe célèbre à la Nouvelle Orléans, « King James and The Special Men », qui lui offrent ce son unique, totalement « jazz Nouvelle-Orléans », sur des textes qui restent toujours de sa composition, quand ils ne reprennent pas le répertoire traditionnel de Haïti.

Mais avec cet orchestre de jazz, Leyla Mc Calla explore aussi d’autres univers musicaux : « Money is king » (L’argent est roi) est composé sur un rythme de calypso des Caraïbes ; « Lavi Vye Neg » évoque les rythmes du Cap-Vert ; « Heavy as lead » (Lourd comme du plomb, chanson sur la pollution de la terre par le plomb) évoque l’univers du Gospel avec son accompagnement à l’orgue ; etc.

Leyla Mc Calla est devenue en quelques années une artiste indispensable sur la scène musicale mondiale. Indispensable car elle redonne leur fierté à ces millions d’hommes et de femmes de Haïti, aujourd’hui comme dans les siècles passés, qui sont ou furent victimes de la pauvreté, de l’injustice, et de la loi, historique et toujours actuelle, que les plus forts ont toujours raison, et que l’argent est roi – « Money is king ».

Mais ce message pour un monde où la valeur-argent ne domine pas tout, est aujourd’hui relayé, partout dans le monde, par des hommes et femmes, qui, sans être descendants d’esclaves comme la majorité des habitants de Haïti hier et aujourd’hui, revendiquent un monde moins matérialiste, et plus humain. On les appelle « altermondialistes », car ils rêvent, comme Leyla Mc Calla, d’un « autre monde », d’un monde meilleur…

Posté par jl boehler à 00:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 20 janvier 2019

Grève des enseignants de Los Angeles

Risque d'extension à l'ensemble des Etats-Unis 

usa

Plus de 30.000 enseignants du secteur public de Los Angeles ont cessé le travail pour réclamer une hausse de salaire et davantage de moyens pour leurs élèves, qui sont parfois plus de 40 par classe. Des revendications partagées par beaucoup de collègues à travers le pays.

Attentivement suivi par les enseignants d'autres Etats américains, qui pourraient en faire de même, ce mouvement de grève, le premier en trente ans, touche quelque 500.000 élèves au total, de l'école maternelle au lycée, dans l'un des plus importants districts scolaires du pays, qui s'étend sur plus de 1.800 km2. 
Même si les cours n'y seront pas nécessairement assurés, les quelque 1.240 établissements concernés devraient toutefois majoritairement rester ouverts grâce à des remplaçants, des personnels administratifs non concernés par la grève et des bénévoles. 
"Nous voici en ce jour pluvieux, dans l'un des pays les plus riches du monde, dans l'un des Etats les plus riches du pays, un Etat aussi bleu (couleur du parti démocrate, NDLR) que possible --et dans une ville qui regorge de millionnaires!-- avec des enseignants obligés de faire grève pour obtenir le minimum pour nos élèves", s'est exclamé Alex Caputo-Pearl, président du syndicat des enseignants de Los Angeles (UTLA), lors d'une conférence de presse. 
"Nous défendons l'essence même de l'éducation publique. La question est la suivante: est-ce que nous affamons nos écoles publiques de proximité pour aboutir à leur privatisation? Ou bien est-ce que nous investissons dans ces écoles, pour nos élèves et pour une ville en plein développement?", a-t-il ajouté.

 - Solidarité -

Cette grève survient après des mois d'intenses négociations entre le syndicat et les responsables du district scolaire. Mais le responsable du district, Austin Beutner, assure ne pas disposer des fonds nécessaires pour satisfaire toutes les revendications des grévistes, qui coûteraient selon lui quelque 3 milliards de dollars et mèneraient le district vers la faillite. 
"Nous restons déterminés à faire aboutir les négociations dès que possible", a déclaré M. Beutner à des journalistes. 
Le nouveau gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a déploré une "impasse qui perturbe les vies de bien trop d'enfants et de familles". "J'exhorte vivement toutes les parties à retourner à la table des négociations et à trouver un moyen d'aller de l'avant pour permettre le retour des enfants dans les classes et rassurer les parents", a-t-il dit dans un communiqué. 
Au printemps dernier, une grève lancée par les enseignants de l'Etat de Virginie occidentale, qui protestaient contre les bas salaires et des frais de santé croissants, avaient suscité un vif soutien de la part du public. Le mouvement des professeurs de Los Angeles pourrait lui aussi faire boule de neige. 
A Denver, dans le Colorado, le syndicat des enseignants a déjà menacé de se mettre en grève si un accord de revalorisation salariale n'était pas conclu d'ici la fin de la semaine. 
Dans tous les Etats-Unis, organisations d'enseignants, mais aussi parents d'élèves, ont manifesté leur solidarité avec leurs collègues de Los Angeles, en portant notamment des t-shirts rouges, la couleur adoptée l'an dernier par les profs en grève ("Red4Ed", littéralement "du rouge pour l'éducation"). 
L'action entamée lundi a également reçu le soutien de la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, candidate à l'investiture de son parti pour la prochaine élection présidentielle. 
Le syndicat UTLA et les enseignants du district de Los Angeles "se battent pour un meilleur salaire, des effectifs réduits dans les classes et des écoles mieux dotées pour nos enfants", a tweeté Mme Warren. 
"Lorsque nous faisons défaut à nos enseignants du public, nous faisons défaut à leurs élèves - et nous passons à côté de notre avenir", estime-t-elle.

Posté par jl boehler à 08:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 11 janvier 2019

La nouvelle star socialiste de New-York !

Alexandria, va-t-elle imposer l'ISF aux Etats-Unis ?

alexa4

Alexandria Ocasio-Cortez, benjamine du nouveau Congrès américain, est devenue en une semaine l’égerie de l’opposition à Donald Trump. L’élue démocrate de New York secoue la classe politique en proposant un impôt pour les riches.

Jeune, jolie, métissée, élégante à l’Américaine, à l’aise dans les médias… En trois jours, la représentante au Congrès de l’État de New York, Alexandria Ocasio-Cortez, 29 ans, alias AOC, est devenue la star de la politique américaine. Dans les journaux les plus sérieux, les chaînes d’informations et dans la presse people.

Comme Barack Obama en son temps, elle apporte de la nouveauté, du souffle, de l’audace. Son profil et son parcours atypique de serveuse puis animatrice sociale venue d’un milieu modeste (mère portoricaine, père ouvrier) détonnent autant que son discours et ses propositions.

Elle ose un impôt des riches

Elle représente le parti démocrate mais se revendique socialiste. Cette étiquette politique, Alexandria Ocasio-Cortez l’assume alors que l’adjectif socialiste a toujours éliminé les candidats démocrates lors des primaires pour la présidentielle aux États-Unis. Elle la met même en pratique en avançant l’idée de taxes très élevées pour les plus riches : « Plus vous grimpez vers le haut de l’échelle, plus vous devez contribuer ! Oui, les gens vont devoir commencer à payer leur juste contribution en impôts ».

Sur la base d’un système de taxation progressive des années 1960, elle a expliqué : « Votre taux d’imposition, disons, entre zéro et 75 000 dollars serait de 10% à 15%. Mais quand vous arrivez dans les sommets, à partir de 10 millions de dollars, on peut dire des taux d’imposition à 60 ou 70 % ». Aujourd’hui, le taux maximal d’imposition aux États-Unis s’établit à 37 %.

Défendre l’impôt sur la fortune en Amérique, c’est comme si en France, on supprimait le Smic. La proposition d’AOC n’a aucune chance d’aboutir. Mais les économistes les plus éminents, dont un prix Nobel, l’ont soutenue. Et des millions de « like » sur les réseaux sociaux ont appuyé son idée de créer ces « impôts des riches » pour financer la réduction des émissions de carbone à zéro en 2030. Révolutionnaire ? Radicale ? « Pas plus que Lincoln qui a aboli l’esclavage et que Roosevelt qui a créé la sécurité sociale. Si vous les appelez radicaux, je veux bien que vous m’appeliez ainsi », répond-elle avec aplomb.

Déjà un leader

Si la benjamine du Congrès séduit et crée l’événement, c’est aussi par son sens de la répartie. A un vétéran républicain du Congrès qui l’a qualifiée de « petite fille », elle a répondu : « Cet homme est un argument vivant pour taxer la misogynie à 100 % ». Applaudissements. Les mêmes Républicains ont tenté de la discréditer en diffusant un vidéo-clip sur laquelle on la voit danser de façon mi-désordonnée mi-suggestive quand elle était étudiante. AOC réplique sur Twitter par quelques pas de danse devant son nouveau bureau au Congrès. « Trump a un adversaire sur le réseau social », s’enflamme sa voisine de banc à Washington, même génération. En une semaine, elle est devenue la leader de l’aile gauche du parti et de cette vague de jeunes élus en novembre 2018. En attendant mieux ? Pas évident même si beaucoup d’observateurs estiment qu’un prochain président sera forcément « hispanique ». Son étiquette socialiste et son identité new-yorkaise sont des handicaps pour fédérer la gauche américaine et les soutiens traditionnels des démocrates - gros cabinets d’affaires, sociétés de courtage et syndicats des États ouvriers blancs du Nord (ces derniers ont néanmoins voté Trump en 2016). AOC devra cohabiter dans son camp avec « l’establishment » démocrate incarné par la présidente du Congrès, Nancy Pelosi, 78 ans. Seule certitude : cette voix décomplexée comptera. (selon AFP)

Posté par jl boehler à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,