samedi 23 février 2019

Rochefort-en-Terre, village préféré des français en 2016, l'est-il encore en 2019 ?

Le maire poursuit son premier adjoint pour diffamation.

l_adjoint_s_exprimait_dans_un_magazine_parisien_qui_4385979_540x271pEn proie à une crise municipale, le maire de Rochefort-en-Terre (56) n’a pas pu faire condamner son premier adjoint pour diffamation, ni le magazine parisien qui relatait ses propos. Au contraire, c’est lui qui a été condamné.

Honneur ne rime pas toujours forcément avec bonheur ! Près de trois ans après avoir été élu « Village préféré des Français » (en 2016), dans le cadre d’une émission de télévision animée par Stéphane Bern sur France 2, la pittoresque commune de Rochefort-en-Terre (Morbihan) ne vit plus dans la même tranquillité. Car des conflits sont nés au sein du conseil municipal, au point que le maire Jean-François Humeau y a été mis en minorité et s’est vu retirer toutes ses délégations, sans pour autant démissionner. Et ce jeudi c’est devant le tribunal correctionnel de Vannes que cet édile poursuit son premier adjoint, Stéphane Combeau, pour diffamation. Il lui reproche des propos tenus à son égard dans un article d’un magazine parisien, paru le 27 juillet dernier, pour lesquels sont d’ailleurs aussi poursuivis le directeur de cette publication et la journaliste auteure de ces écrits.

« Je n’ai jamais tenu ces propos »

Cette dernière était venue à Rochefort-en-Terre pour s’intéresser à l’impact de cette émission télévisuelle et au conflit politique dans cette localité très touristique. « À cette occasion, le premier adjoint a tenu des propos très désagréables et mettant en cause l’honneur du maire. Je regrette aujourd’hui devant le tribunal que ce premier adjoint n’assume pas ses propos », souligne Me Cabioch, avocat du maire, qui réclame un euro symbolique pour le préjudice.

Car le premier adjoint a d’emblée affirmé aux juges : « Je n’ai jamais tenu ces propos ». Son défenseur Me Couespel rajoute, en demandant une amende de 5.000 € contre le maire. : « Il n’y a aucune preuve pour savoir qui aurait tenu ces propos puisque la journaliste dit avoir effacé son enregistrement audio ».

Les trois prévenus relaxés

Pour la défense de la journaliste, Me Fourlon précise : « Celle-ci n’a pas rapporté des propos diffamatoires mais l’opinion émise par le premier adjoint, dans le cadre d’une enquête sérieuse et contradictoire, dans le contexte politique de ce conflit. Un élu peut être l’objet de critiques sur ses fonctions et activités ».

Le tribunal décide de relaxer les trois prévenus et condamne le maire à verser un euro à son adjoint et 500 € à la journaliste et autant au directeur de la publication. (paru dans "Le Télégramme", quotidien du Morbihan)

Quant aux frais de justice et d'avocats, nous laisserons au maire de Villé, qui a une certaine expérience en la matière, le soin de les calculer.

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vendredi 22 février 2019

Autriche : ce demi-jour férié qui fait râler

Un pays qui instaure un demi-jour férié supplémentaire pour tous les salariés et suscite le mécontentement général ? Ça se passe en Autriche où la décision de faire du vendredi précédant le week-end de Pâques une journée à moitié chômée fait l'unanimité contre elle. 

vienneLe gouvernement autrichien pensait avoir trouvé un compromis acceptable pour se conformer à une récente décision de justice européenne le contraignant à réviser le régime du vendredi saint dans les entreprises : la journée de travail s'arrêtera désormais à 14h00, a décidé la coalition entre conservateurs et extrême-droite. 
Mais mercredi, au lendemain de l'annonce qui faisait les titres de la presse nationale, les critiques pleuvaient sur cette nouvelle organisation valable dès le 19 avril prochain. 
Les membres des Eglises évangéliques, qui jusqu'ici bénéficiaient de toute la journée fériée, jugent injuste la solution présentée ; le patronat la juge trop coûteuse tandis que les syndicats estiment que le gouvernement "se moque" des salariés. 
"Un jour férié qui commence à 14h00 un vendredi où de toute façon beaucoup de salariés finissent de travailler à la mi-journée est ridicule", a réagi Bernhard Achitz, membre du bureau de la Confédération autrichienne des syndicats (ÖGB). 
La journée de travail commençant généralement tôt en Autriche, beaucoup de salariés ont l'essentiel de leurs heures quotidiennes derrière eux lorsque sonne 14h00. A cela s'ajoute l'usage dans de nombreuses entreprises autrichiennes de terminer la semaine le vendredi en début d'après-midi. 
"Les commerces pourront-ils rester ouverts durant la demi-journée fériée ?", s'interrogeait le quotidien Die Presse, alors que le régime d'ouverture des magasins est étroitement encadré en Autriche. 
Les réseaux sociaux ont relayé les critiques sur un mode plus léger, certains ironisant sur un "vendredi à moitié saint", d'autres imaginant Jésus "mort de rire" devant le compromis trouvé. Le vendredi saint précédant le dimanche de Pâques marque pour les chrétiens le jour de la crucifixion et de la mort du Christ. 
Dans une décision rendue fin janvier, la Cour de justice de l'UE (CJUE) avait qualifié de discriminatoire la législation autrichienne prévalant jusqu'ici et réservant aux seuls membres de certaines églises chrétiennes l'octroi d'un jour férié à l'occasion du vendredi saint. Ce régime spécial ne bénéficiait qu'aux Eglises protestantes des confessions d'Augsbourg et helvétique, Eglise vieille-catholique et Eglise évangélique méthodiste.

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jeudi 21 février 2019

Villé : nouvelle démission au conseil municipal !

Les deux font la paire !

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Après la démission de la conseillère départementale de son poste de première adjointe, voilà qu'une nouvelle conseillère municipale de Villé démissionne. Contrairement à l'ex-adjointe, dont les raisons restent obscures, la nouvelle démissionnaire - ex-première dame de l'AS Villé 2010 - ne mâche pas ses mots et écrit à ses collègues : "Je vous informe qu'à la date du 18 février 2019, Monsieur le maire a reçu ma démission en tant que conseillère municipale. Je ne suis pas en adéquation avec la façon dont il gère son équipe, ses dossiers ainsi que ses priorités sans tenir compte des avis de ses colistiers. J'avoue que cette décision me trottait dans la tête depuis le merveilleux Noël 2015 de Villé ! J'espérais bêtement que les choses évolueraient... en vain."

Oui, mais voilà ! Depuis qu'elle a été élue conseillère, cette gente dame n'a jamais exprimé ses désaccords, ni en paroles, ni en votes. L'argument apparaît donc un peu léger.

Remarquons cependant que la parité hommes/femmes est rompue. Peut-être que le maire va tenir à la rétablir ... en démissionnant à son tour ? 

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mercredi 20 février 2019

Une maison nazie en toute impunité !

Keerbergen (Belgique) : toujours plus ostensible !

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Des aigles de la Wehrmacht. Les lettres "SS" visibles depuis la voie publique. "Mijn Kamp", traduction en néerlandais de "Mein Kampf" ("Mon combat" titre du livre d'Hitler) écrit sur la cheminée ainsi qu'une croix gammée. Sur la Varensweg, à Keerbergen dans le Brabant flamand, une maison affiche très clairement les orientations idéologiques de son propriétaire.

L'existence de cette "maison nazie" a été rendue publique en 2014 par le journal "La Capitale". Cinq ans après, malgré un procès-verbal dressé par la police locale pour apologie du régime national-socialiste, la décoration de cette demeure en briques rouges n'a toujours pas changé.

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Pire, comme a pu la constater la RTBF sur place, des éléments rappelant le régime allemand entre 1933 et 1945 ont été rajoutés. Toujours plus ostensibles! Comme ce totem effectuant le salut hitlérien à l'entrée, une étoile jaune comme celle que les Juifs devaient porter pendant l'occupation, d'autres croix gammées noires sur fond blanc et rouge pendues en hauteur sur les arbres du jardin...

Sur la voie latérale, on peut lire "Het adelaarnest", le nid d'aigle en français, la résidence alpine d'Adolf Hitler. Cette maison ne passe absolument pas inaperçue. Le propriétaire, Georges Boeckstaens, 76 ans, ancien caporal de l'armée, ne cache pas son admiration pour le Führer.

Joël Rubinfeld, président de la Ligue belge contre l'antisémitisme (LBCA), ne comprend pas l'impunité dont jouit Georges Boeckstaens. "Je suis très choqué que ces inscriptions soient là depuis autant d'années", soupire-t-il. "Malgré la médiatisation, on se rend compte que d'une part, ce propriétaire a pu constater qu'il y avait une totale impunité le concernant. Ensuite, depuis, la personne a rajouté des symboles. C'était déjà très choquant en 2014. Ça l'est encore plus en 2019. Nous attendons de la justice qu'elle applique la loi notamment celle contre le négationnisme et la promotion du régime nazi. Cette maison symbolise le Troisième Reich. Nous demandons que ces signes soient retirés de la façade et que le propriétaire soit tenu responsable de ses actes et qu'il encourt les peines prévues par la loi.

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mardi 19 février 2019

Guadeloupe : la folle ardoise laissée par une ancienne ministre de Balladur

Lucette Michaux-Chevry, ancienne ministre du gouvernement Balladur, souvent appelée "la dame de fer des Antilles" ou "la reine-mère de Guadeloupe", quitte la communauté d'agglomération Grand Sud Caraïbes avec une facture de 55 millions d'euros d'impayés.

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Elle abandonne la vie politique en laissant une comptabilité en piteux état. À 89 ans, Lucette Michaux-Chevry, qui doit comparaître en juin devant le tribunal correctionnel pour une affaire de favoritisme dans un dossier de transports publics, a démissionné de la présidence de la communauté d'agglomération grand Sud Caraïbes. Et la "dame de fer" de la Guadeloupe laisse derrière elle 55 millions d'euros de factures impayées, comme l'explique le quotidien Le Parisien. La dette de la communauté d'agglomération s'élève à près de 75 millions d'euros. Une situation alarmante pour une administration qui ne doit gérer "que" 80.000 habitants.

La masse salariale (environ 14 millions d'euros) pèse sur la santé financière de la structure, qui emploie 456 agents. Un document dressé par la direction générale des finances publiques conseille à la collectivité de "retrouver une sincérité budgétaire". Le nouveau président, qui sera élu en fin de semaine, devra de toute urgence adopter des mesures de redressement budgétaire, sous peine "d'impacter l'économie de la Guadeloupe toute entière", selon une source proche du dossier interrogée par Le Parisien.

L'ancienne ministre déléguée de l'Action humanitaire et des Droits de l'Homme sous le gouvernement Balladur de 1993 à 1995 a démissionné pour "protéger" sa famille. Et, si sa carrière politique semble désormais terminée, les procédures devant les tribunaux risquent encore de durer.

  • Ci-dessous : extrait du "Canard enchaîné".

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lundi 18 février 2019

En Guyane : la Montagne d'or

Le tribunal administratif annule l’arrêté préfectoral autorisant la Compagnie Montagne d’ Or à exploiter de l’or alluvionnaire.

guyaneRien à voir avec le projet de méga-mine industrielle, le 13 décembre 2017, Patrice Faure, le Préfet de Guyane avait autorisé CMO à ouvrir des travaux d'exploitation d'or alluvionnaire sur le territoire de la commune de Saint-Laurent du Maroni. Aujourd’hui la justice annule l’autorisation.
 La justice a donné raison à Guyane Nature Environnement et Maiouri Nature Guyane, deux associations de protection de l’environnement, qui avaient sollicité l'annulation de l'arrêté par lequel le préfet de la Guyane a autorisé la société Compagnie Minière Montagne d'Or (CMO) à ouvrir des travaux d'exploitation d'or alluvionnaire. Le jugement en date du 11 février 2019 a retenu deux motifs d’annulation.
D’une part : le tribunal a estimé que les travaux d'exploitation d'or alluvionnaire autorisés et le programme d’extraction industrielle envisagée dans le même secteur, connu sous le nom de projet « Montagne d’Or », situés à proximité immédiate l’un de l’autre, constituaient en fait un seul projet d’exploitation minière. Dans ce contexte, l’étude d’impact du programme d’exploitation alluvionnaire aurait dû comporter une appréciation des impacts de l’ensemble des travaux susceptibles d’affecter le secteur Montagne d’Or. Ainsi, le caractère partiel de l’étude d’impact n’a pas permis à l’autorité environnementale puis au préfet de la Guyane de disposer d’une vue précise et cohérente des enjeux et effets du projet dans son ensemble.
D’autre part : le tribunal, se fondant sur la jurisprudence de la cour de justice de l’Union européenne et du Conseil d’Etat, a jugé que l’autorité environnementale, en l’espèce un fonctionnaire de la direction de l’environnement, de l’aménagement du logement (DEAL) de Guyane, en charge de donner un avis sur le programme d'exploitation d'or alluvionnaire en cause, ne disposait pas de l’autonomie requise par rapport à Patrice Faure, préfet de la Guyane, signataire de l’arrêté en litige. (Source : Tribunal Administratif de Cayenne)

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dimanche 17 février 2019

Paul François, "porte-étendard" du combat contre Monsanto

Procès pour l'agriculteur !

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"Je me retrouve porte-étendard bien malgré moi": l'agriculteur Paul François fait face pour la quatrième fois à Monsanto devant la justice, mercredi, pour tenter de faire reconnaître la responsabilité de l'entreprise américaine dans son intoxication à un herbicide en 2004.

"On continuera (le combat) jusqu'au bout mais je suis fatigué", a déclaré mercredi le Charentais lors d'une conférence de presse à Lyon avant cette nouvelle audience devant la cour d'appel.  
Ce céréalier de Charente avait été intoxiqué en avril 2004 après avoir inhalé des vapeurs de Lasso, un herbicide de Monsanto. Après plusieurs malaises, M. François avait été longuement hospitalisé et frôlera même la mort. Il souffre toujours de graves troubles neurologiques. 
Une fois son mal reconnu comme maladie professionnelle, l'agriculteur s'est lancé en 2007 dans un combat judiciaire contre le géant américain, filiale de l'allemand Bayer depuis 2018. Il réclame "plus de un million d'euros" à Monsanto. 
M. François avait obtenu gain de cause en première instance et en appel. Mais l'affaire a été de nouveau renvoyée l'année dernière devant la cour d'appel par la Cour de cassation. 
Celle-ci a estimé nécessaire le réexamen de l'affaire en se basant non pas sur un fondement de droit commun - le "défaut d'information" - mais sur la responsabilité de produits défectueux. 
Pour la sociologue du travail Annie Thebaud-Mony, fervent soutien de l'agriculteur, "ce procès est une brèche dans l'impunité" des industriels qui saisissent les juridictions "indéfiniment", tandis que les juges ont "déjà dit que +Oui, Monsanto a intoxiqué Paul François+". 
La chercheuse à l'Inserm a également jugé "scandaleux" que "les industriels paient des scientifiques - ce qui fait la honte de la communauté scientifique - pour produire le doute là où il n'y en a plus" sur la dangerosité des pesticides. 
"Dire que les pesticides ne sont pas dangereux, c'est dire n'importe quoi et c'est faire de l'expérimentation humaine", a-t-elle fustigé. 
Interdit en France depuis novembre 2007, l'herbicide Lasso incriminé par M. François a été jugé dangereux et retiré du marché au Canada dès 1985, puis en 1992 en Belgique et au Royaume-Uni.

Manque de courage politique !

Le groupe Bayer s'est dit mardi "attaché à une juste compréhension des situations". 
"Nous souhaitons également rappeler que l’utilisation de produits phytosanitaires ne présente pas de risque pour la santé humaine lorsque ceux-ci sont utilisés dans les conditions d’emploi définies dans le cadre de leur autorisation de mise sur le marché", a poursuivi l'entreprise. 
Président de l'association Phyto-victimes, Paul François réclame la mise en place d'un fonds d'indemnisation pour les victimes de pesticides, voté à l'unanimité au Sénat mais qui n'a depuis pas été voté à l'Assemblée nationale, la ministre de la Santé Agnès Buzyn ayant "mis tout son poids" pour empêcher ce vote. 
"C'est scandaleux pour les milliers de personnes qui n'ont pas obtenu d'indemnisation, ça montre vraiment que le problème des pesticides n'est pas pris en compte", a dénoncé le céréalier. 
A la tête d'une exploitation de plus de 200 ha, M. François s'est converti en bio à partir de 2015, assurant dégager depuis "de la rentabilité", avoir maintenu un emploi et avoir "aussi repris (sa) liberté d'agriculteur". 
"Il ne s'agit pas de sortir des pesticides du jour au lendemain mais sortir sur les quinze prochaines années, c'est réalisable et c'est là que les politiques manquent de courage", a assuré le céréalier. 
S'agissant du glyphosate, autre herbicide commercialisé par Monsanto, le président Emmanuel Macron avait déclaré le 25 janvier lors d'un débat-citoyen dans la Drôme que la France ne parviendrait pas à se passer "à 100%" du glyphosate dans les trois ans comme il s'y est engagé. (selon AFP)

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samedi 16 février 2019

Côte d'Ivoire : de quoi se mêle Sarkozy ?

Henri Konan Bédié, ex-président de Côte d'Ivoire, aurait refusé de recevoir Sarkozy.

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Nicolas Sarkozy était annoncé à Daoukro en Côte d'Ivoire pour mener une médiation auprès d'Henri Konan Bédié, l'ancien président, afin de maintenir le contact avec Alassane Ouattara, président en exercice. Mais le président du PDCI aurait refusé de recevoir l'ex-président français lors de son séjour privé en Côte d'Ivoire, fin janvier. On a bien compris, le mandat présidentiel de Ouattara arrive à terme et Henri Konan Bédié risque d'être un sérieux concurrent pour le sortant qui, théoriquement selon la constitution ivoirienne, ne pourra pas se représenter. Mais c'est connu qu'en Afrique, une constitution c'est fait pour être contourné.

Le divorce est bel et bien consommé entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Et toutes les tentatives du président ivoirien pour ramener son ancien allié à la table de discussion sont jusque-là restées inopérantes.

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Le joker dont disposait le chef de l'Etat était l'intervention de son ami Nicolas Sarkozy auprès du président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) afin de le convaincre de revenir dans la majorité présidentielle.

Aussi, apprenons-nous que l'ancien locataire de l'Elysée était bel et bien à Abidjan, le 30 janvier dernier, pour un séjour privé. Quoi de plus normal de rencontrer un ami dont l'épouse, française, est une des généreuses donatrices du parti LR ? Alors, il a certes eu un tête-à-tête avec le Président Alassane Ouattara, dont rien n'a filtré.

Cependant, l'un des actionnaires du groupe hôtelier Accor voulait profiter de sa présence en terre ivoirienne pour rencontrer Henri Konan Bédié. Beau prétexte, mais ce dernier n'est pas dupe et lui a opposé une fin de non-recevoir. L'ancien président français est donc retourné en France sans avoir fait ce détour annoncé par Daoukro.

C'est dire que le leader du vieux parti semble totalement inflexible. La plupart des missions secrètes pour tenter une médiation entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara semblent avoir échoué. Le "Sphinx de Daoukro" s'est d'ailleurs engagé dans la formation d'une nouvelle plateforme de l'opposition.

Mais la question reste posée : de quel droit Sarkozy se mêle-t-il des affaires ivoiriennes ? Surtout que le prochain retour au pays de l'ex-président Gbagbo, chassé par la France de Sarkozy, innocenté par la CPI de La Haye, va encore compliquer la donne pour les élections de 2020 dans ce pays.

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vendredi 15 février 2019

La grande marche des Kurdes

Reçus à la mairie de Metz !

kurdes1Le Centre démocratique du peuple kurde organise son grand rassemblement annuel ce samedi 16 février à Strasbourg (DNA du 12 février). Trois groupes de marcheurs sont ainsi partis ces derniers jours de Mannheim, de Bâle et du Luxembourg pour converger vers la capitale alsacienne.

Vêtus de gilets jaunes fluorescents, ils ne font toutefois pas partie du mouvement populaire portant le même nom. En témoigne l’inscription « Liberté pour Öcalan » sur leurs gilets.

Mercredi matin aux alentours de 10h30, une centaine de manifestants kurdes est partie de Ban-Saint-Martin, pour rejoindre la mairie de Metz.

L’objectif de cette marche : « Attirer le regard des institutions européennes, et notamment celles qui s’occupent des droits de l’homme, sur la situation d’Abdullah Öcalan », explique Malika Voisin, une manifestante. Chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan est emprisonné depuis 1999 sur l’îlot-prison d’Imrali, en Turquie. Placé à l’isolement, ce dernier y purge une peine de prison à perpétuité. La lutte armée qu’il dirigeait contre la Turquie est en effet accusée d’être à l’origine de la mort de 40 000 personnes depuis les années 1980.  

Concernant les violences commises par le PKK, Malika Voisin répond : « Il y a des violences, il y a des discriminations à l’égard des Kurdes. Je l’ai vu, je l’ai vécu. Malheureusement, comme toutes les problématiques politiques, il y a des réponses qui sont violentes en face ».

En rang deux par deux, les marcheurs kurdes sont partis le 11 février de Luxembourg. Leur destination : Strasbourg, qu’ils rejoindront le 16 février prochain. Après une escale à Thionville et à Metz, ils passeront également par Nancy. En tout, près de 19 nationalités sont présentes pour cette grande marche.

La mairie a reçu la centaine de manifestants pour témoigner de sa solidarité. « Nous sommes solidaires de tous ceux qui luttent au nom de la liberté », justifie Nathalie De Oliveira, adjointe au Maire. « Nous ne sommes pas ignorants de la complexité de la cause kurde sur les territoires en conflit. Mais il est important pour nous de dire que parmi ces combattants de la liberté, il y a des personnes qui méritaient d’être accueillis en mairie », poursuit-elle.

Pas le même son de cloche à Cologne, Mannheim et Karlsruhe...

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D’après le site internet du Südwestrundfunk, la marche qui avait démarré samedi à Mannheim a été dissoute par la police mardi à Karlsruhe, car certains des quelque 90 manifestants scandaient à répétition des slogans pro-PKK. Or, le « Parti des travailleurs du Kurdistan » est considéré par l’Union européenne comme une organisation terroriste. Autre entorse aux règles de la manifestation : des tracts non signés ont été distribués. Les nombreuses exhortations de la police de cesser ces comportements ont été ignorées. C’est ainsi que les autorités ont décidé de faire dissoudre la marche. La police a relevé l’identité des participants et sommait les manifestants de se disperser. Certains d’entre eux s’opposaient alors violemment, blessant légèrement 21 fonctionnaires de police.

... ni en Alsace, où la police a usé de gaz lacrymogènes.

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À Guémar, ce mercredi en fin d’après-midi, vers 17 h, une rixe a éclaté, alors qu’un groupe d’une cinquantaine de militants kurdes marchaient pour la libération de leur leader Abdullah Öcalan.

Alors qu’ils se trouvaient au niveau du rond-point de la zone d’activités du Muehlbach entre Guémar et Bergheim, un homme est descendu de sa voiture, avec à la main un bâton ou un outil s’apparentant à une barre de fer. Il s’est approché des marcheurs et se serait adressé à eux sur un ton provocant, toujours d’après des témoins et les gendarmes, dont trois personnels du Psig (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) étaient présents pour sécuriser la manifestation.

Les militaires ont tenté d’éviter l’affrontement, mais une bagarre a éclaté sous leurs yeux entre plusieurs manifestants et le provocateur, qu’une connaissance aurait ensuite aidé à s’enfuir en voiture. Il était visiblement blessé, en particulier par des coups de poing et de pied. Des tuméfactions ont été observées chez quelques manifestants. Pour disperser les protagonistes, le Psig a fait usage de gaz lacrymogène.

Partis de Bâle voilà quelques jours et de Colmar hier matin, les militants kurdes ont fait étape à Sélestat hier soir, avant de poursuivre leur chemin jusqu’à Strasbourg, où ils seront sans doute plusieurs milliers à manifester samedi. 

La manifestation pourrait avoir plus d’ampleur que d’habitude, parce que Leyla Güven, députée turque HDP pro-kurde est en grève de la faim illimitée, toujours pour réclamer des meilleures conditions pour Öcalan. Son initiative a été suivie : « Aux quatre coins du Kurdistan et d’Europe, près de 300 personnes sont en grève de la faim illimitée », explique Hélène Erin, la porte-parole des Kurdes à Strasbourg.

Rappelons que le cortège partira samedi à 10 h des boulevards de Metz et de Lyon, près de la gare, pour rejoindre le parking des Vanneaux à la Meinau, où se tiendra un grand meeting.

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jeudi 14 février 2019

AFUA de Saint-Maurice : un nouveau "Schmissberg" ?

Juste avant le PLUi, que cache cette modification du PLU ?

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A Villé, tout le monde se rappelle de cette sombre "affaire du Schmissberg" qui a fait polémique il y a une quinzaine d'années, une AFUA (association foncière urbaine autorisée) qui n'a jamais vu le jour, qui a brassé beaucoup de vent, et qui resurgit à l'occasion du PLUi.

A Saint-Maurice, fief du président de notre comcom, les mêmes causes vont-elles provoquer les mêmes effets ? Toujours est-il qu'une procédure administrative d'enquête publique de modification du PLU a été lancée.

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aaa2Et déjà, les riverains s'inquiètent : en effet, il est question de démarrer un lotissement privé (AFUA) sur une surface de terres agricoles régulièrement entretenues (prés de fauche) de 2,52 hectares avec, à la clé, la construction de 25 maisons individuelles. Et on ne sait pas  quels sont les initiateurs privés de ce projet !

Les habitants de Saint-Maurice se posent aussi la question de la situation de l'habitat de la commune ou de savoir si les 25 parcelles trouveront acquéreurs. Et les infrastructures municipales supporteront l'ajout d'un tel quartier (voies d'accès, trottoirs, école, réseaux divers, etc...). Et qu'en est-il de la circulation, du bruit, de la pollution dans les petites rues d'accès au nouveau quartier ?

Les habitants concernés semblent prêts à créer un collectif pour s'opposer à ce projet qu'ils considèrent comme irraisonné.

Une AFUA: résumé en différents points !

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Ci-dessous : St-Maurice, la modification de zonage proposée.

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