Reçus à la mairie de Metz !

kurdes1Le Centre démocratique du peuple kurde organise son grand rassemblement annuel ce samedi 16 février à Strasbourg (DNA du 12 février). Trois groupes de marcheurs sont ainsi partis ces derniers jours de Mannheim, de Bâle et du Luxembourg pour converger vers la capitale alsacienne.

Vêtus de gilets jaunes fluorescents, ils ne font toutefois pas partie du mouvement populaire portant le même nom. En témoigne l’inscription « Liberté pour Öcalan » sur leurs gilets.

Mercredi matin aux alentours de 10h30, une centaine de manifestants kurdes est partie de Ban-Saint-Martin, pour rejoindre la mairie de Metz.

L’objectif de cette marche : « Attirer le regard des institutions européennes, et notamment celles qui s’occupent des droits de l’homme, sur la situation d’Abdullah Öcalan », explique Malika Voisin, une manifestante. Chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan est emprisonné depuis 1999 sur l’îlot-prison d’Imrali, en Turquie. Placé à l’isolement, ce dernier y purge une peine de prison à perpétuité. La lutte armée qu’il dirigeait contre la Turquie est en effet accusée d’être à l’origine de la mort de 40 000 personnes depuis les années 1980.  

Concernant les violences commises par le PKK, Malika Voisin répond : « Il y a des violences, il y a des discriminations à l’égard des Kurdes. Je l’ai vu, je l’ai vécu. Malheureusement, comme toutes les problématiques politiques, il y a des réponses qui sont violentes en face ».

En rang deux par deux, les marcheurs kurdes sont partis le 11 février de Luxembourg. Leur destination : Strasbourg, qu’ils rejoindront le 16 février prochain. Après une escale à Thionville et à Metz, ils passeront également par Nancy. En tout, près de 19 nationalités sont présentes pour cette grande marche.

La mairie a reçu la centaine de manifestants pour témoigner de sa solidarité. « Nous sommes solidaires de tous ceux qui luttent au nom de la liberté », justifie Nathalie De Oliveira, adjointe au Maire. « Nous ne sommes pas ignorants de la complexité de la cause kurde sur les territoires en conflit. Mais il est important pour nous de dire que parmi ces combattants de la liberté, il y a des personnes qui méritaient d’être accueillis en mairie », poursuit-elle.

Pas le même son de cloche à Cologne, Mannheim et Karlsruhe...

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D’après le site internet du Südwestrundfunk, la marche qui avait démarré samedi à Mannheim a été dissoute par la police mardi à Karlsruhe, car certains des quelque 90 manifestants scandaient à répétition des slogans pro-PKK. Or, le « Parti des travailleurs du Kurdistan » est considéré par l’Union européenne comme une organisation terroriste. Autre entorse aux règles de la manifestation : des tracts non signés ont été distribués. Les nombreuses exhortations de la police de cesser ces comportements ont été ignorées. C’est ainsi que les autorités ont décidé de faire dissoudre la marche. La police a relevé l’identité des participants et sommait les manifestants de se disperser. Certains d’entre eux s’opposaient alors violemment, blessant légèrement 21 fonctionnaires de police.

... ni en Alsace, où la police a usé de gaz lacrymogènes.

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À Guémar, ce mercredi en fin d’après-midi, vers 17 h, une rixe a éclaté, alors qu’un groupe d’une cinquantaine de militants kurdes marchaient pour la libération de leur leader Abdullah Öcalan.

Alors qu’ils se trouvaient au niveau du rond-point de la zone d’activités du Muehlbach entre Guémar et Bergheim, un homme est descendu de sa voiture, avec à la main un bâton ou un outil s’apparentant à une barre de fer. Il s’est approché des marcheurs et se serait adressé à eux sur un ton provocant, toujours d’après des témoins et les gendarmes, dont trois personnels du Psig (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) étaient présents pour sécuriser la manifestation.

Les militaires ont tenté d’éviter l’affrontement, mais une bagarre a éclaté sous leurs yeux entre plusieurs manifestants et le provocateur, qu’une connaissance aurait ensuite aidé à s’enfuir en voiture. Il était visiblement blessé, en particulier par des coups de poing et de pied. Des tuméfactions ont été observées chez quelques manifestants. Pour disperser les protagonistes, le Psig a fait usage de gaz lacrymogène.

Partis de Bâle voilà quelques jours et de Colmar hier matin, les militants kurdes ont fait étape à Sélestat hier soir, avant de poursuivre leur chemin jusqu’à Strasbourg, où ils seront sans doute plusieurs milliers à manifester samedi. 

La manifestation pourrait avoir plus d’ampleur que d’habitude, parce que Leyla Güven, députée turque HDP pro-kurde est en grève de la faim illimitée, toujours pour réclamer des meilleures conditions pour Öcalan. Son initiative a été suivie : « Aux quatre coins du Kurdistan et d’Europe, près de 300 personnes sont en grève de la faim illimitée », explique Hélène Erin, la porte-parole des Kurdes à Strasbourg.

Rappelons que le cortège partira samedi à 10 h des boulevards de Metz et de Lyon, près de la gare, pour rejoindre le parking des Vanneaux à la Meinau, où se tiendra un grand meeting.

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