Henri Konan Bédié, ex-président de Côte d'Ivoire, aurait refusé de recevoir Sarkozy.

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Nicolas Sarkozy était annoncé à Daoukro en Côte d'Ivoire pour mener une médiation auprès d'Henri Konan Bédié, l'ancien président, afin de maintenir le contact avec Alassane Ouattara, président en exercice. Mais le président du PDCI aurait refusé de recevoir l'ex-président français lors de son séjour privé en Côte d'Ivoire, fin janvier. On a bien compris, le mandat présidentiel de Ouattara arrive à terme et Henri Konan Bédié risque d'être un sérieux concurrent pour le sortant qui, théoriquement selon la constitution ivoirienne, ne pourra pas se représenter. Mais c'est connu qu'en Afrique, une constitution c'est fait pour être contourné.

Le divorce est bel et bien consommé entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Et toutes les tentatives du président ivoirien pour ramener son ancien allié à la table de discussion sont jusque-là restées inopérantes.

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Le joker dont disposait le chef de l'Etat était l'intervention de son ami Nicolas Sarkozy auprès du président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) afin de le convaincre de revenir dans la majorité présidentielle.

Aussi, apprenons-nous que l'ancien locataire de l'Elysée était bel et bien à Abidjan, le 30 janvier dernier, pour un séjour privé. Quoi de plus normal de rencontrer un ami dont l'épouse, française, est une des généreuses donatrices du parti LR ? Alors, il a certes eu un tête-à-tête avec le Président Alassane Ouattara, dont rien n'a filtré.

Cependant, l'un des actionnaires du groupe hôtelier Accor voulait profiter de sa présence en terre ivoirienne pour rencontrer Henri Konan Bédié. Beau prétexte, mais ce dernier n'est pas dupe et lui a opposé une fin de non-recevoir. L'ancien président français est donc retourné en France sans avoir fait ce détour annoncé par Daoukro.

C'est dire que le leader du vieux parti semble totalement inflexible. La plupart des missions secrètes pour tenter une médiation entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara semblent avoir échoué. Le "Sphinx de Daoukro" s'est d'ailleurs engagé dans la formation d'une nouvelle plateforme de l'opposition.

Mais la question reste posée : de quel droit Sarkozy se mêle-t-il des affaires ivoiriennes ? Surtout que le prochain retour au pays de l'ex-président Gbagbo, chassé par la France de Sarkozy, innocenté par la CPI de La Haye, va encore compliquer la donne pour les élections de 2020 dans ce pays.