jeudi 20 avril 2017

Franc CFA : quel avenir ?

"Le Franc malgré son nom est la monnaie des Africains" (Michel Sapin)

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Le ministre français de l’Economie Michel Sapin a refusé vendredi d’évoquer le débat sur le Franc CFA en Afrique, se retranchant derrière la souveraineté des Africains sur le sujet lors d’une réunion des ministres des Finances de la zone franc à Abidjan.

"Ce n’est pas un sujet que j’aborde car c’est un sujet qui appartient aux Africains. Le Franc malgré son nom est la monnaie des Africains, ce n’est plus la monnaie de la France, il a disparu en Europe. Sur toutes ces questions-là, c’est aux Africains de se prononcer et ce n’est pas à nous de le faire à leur place", a affirmé le ministre.

"Il y a un rôle institutionnel bien connu: nous sommes un élément de garantie de la monnaie mais, pour le reste, le rôle est avant tout d’écouter, de faciliter et d’appuyer lorsqu’il le faut", a-t-il précisé.
"La France est là en amie pour soutenir, aider des pays qui sont puissants, ont beaucoup d’avenir, mais qui doivent faire face à un certain nombre de difficultés", a-t-il ajouté alors que de nombreux pays de la zone CFA ont actuellement des problèmes budgétaires touchés par un ralentissement de l’activité et une baisse de certaines matières premières.
Le "CFA", utilisé par 15 pays francophones d’Afrique de l’ouest et du centre (155 millions d’habitants), est lié à l’euro par un système de parité fixe. Pour garantir cette parité, les Etats africains doivent déposer 50% de leurs réserves de change auprès du Trésor français.
La zone Franc comprend 14 pays d’Afrique subsaharienne (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Centrafrique et Tchad). Le quinzième membre est l’archipel des Comores.
Ce lien fort avec l’euro est considéré par beaucoup comme un gage de stabilité. Mais certains économistes, responsables africains et militants accusent le CFA de freiner le développement de l’Afrique et considèrent que ce lien avec l’ancienne puissance coloniale est une perte de souveraineté, les pays étant tributaires de la zone euro.
Paris s’est dit ouvert, à la mi-mars dernier, "à toutes les propositions" que les 15 pays de la zone franc pourraient formuler lors de la réunion d’Abidjan où il sera aussi question des programmes du FMI et l’accès des pays à des emprunts.
pgf/jlb

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lundi 10 avril 2017

Tout va bien sur le marché de l’emploi badois

Après les mois d’hiver, l’emploi reprend en ce début de printemps. Le taux de chômage dans l’Ortenau baisse de 0,2% pour se situer maintenant à 3,5%. Pas mal.

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Il est vrai, les deux, trois derniers mois, nous n’avions pas vraiment peur pour le marché de l’emploi outre-Rhin, même si le taux de chômage avait légèrement augmenté de quelques dixièmes de points. Et on avait raison de ne pas nous exciter – avec les beaux jours, ce taux de chômage redescend immédiatement pour se situer maintenant à 3,5%. On frôle à nouveau le plein emploi.

Toutefois, même si les chiffres sont excellents, ils ne le sont pas pour les 8508 hommes et femmes qui actuellement, cherchent un poste dans l’Ortenau. En même temps, dans la même région, 3718 postes sont à pourvoir, donc, tout chercheur d’emploi dans l’Ortenau a de réelles chances de trouver un nouveau poste. Souvent, il suffit de se lancer…

Et les professionnels de l’emploi attendent avec impatience l’ouverture de la saison dans le parc de loisirs EuroaPark, l’un des plus grands employeurs de la région. « Avec le début de la saison touristique, nous nous attendons à une nouvelle baisse du chômage », explique Elisabeth Giesen, directrice opérationnelle de l’Agence pour l’Emploi à Offenburg.

Et que veut dire cette évolution pour les Alsaciens à la recherche d’un emploi ? Le message est clair – avec 3718 postes qui attendent à être occupés, la situation reste inchangée pour les chercheurs d’emploi alsaciens. La meilleure adresse pour trouver un emploi en Pays de Bade, est et reste le « Centre de Placement Transfrontalier » dont les bureaux se trouvent dans le bâtiment de la gare de Kehl. Des conseillers bilingues vous y conseillent et peuvent souvent vous faire des propositions concrètes.

Allez, c’est le printemps – tentez votre chance de l’autre côté du Rhin ! (Selon "Euro-journalist")

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dimanche 20 novembre 2016

Les bus Macron, ça ne marche pas !

Vers une sortie de route !

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Vendue par l'ancien locataire de Bercy, désormais candidat à la présidentielle, comme la solution miracle à la mobilité et à la création d'emplois, la libéralisation des lignes de bus longue distance est un fiasco. 

L’opération communication autour des « cars Macron » a vraisemblablement échoué. Libéralisé par la loi portée par l’ancien ministre de l’Économie et adoptée le 6 août 2015 à coups de 49-3, le transport national de voyageurs par autocars a été vendu comme la solution miracle à la complémentarité des modes de transport (rail-route-aérien) permettant en outre de désenclaver les territoires et de garantir, à moindre coût, la mobilité pour tous. À la clé, promettait le 30 juin 2015, au Sénat, celui qui est désormais officiellement candidat à l’élection présidentielle (lire ci-contre), 22 000 créations d’emplois. Un chiffre avancé également par la commission d’études des effets de la loi Macron. Mais une fois passé l’enthousiasme des premières semaines, « la faillite économique, sociale et environnementale des cars Macron est patente » analyse Jérôme Vérité, secrétaire général de la CGT transports.

Le compteur des créations d’emplois affiche timidement 1 430 embauches. Et encore, ce chiffre inclut les 175 salariés aujourd’hui menacés de perdre leur emploi chez Megabus, qui est aux bords de la liquidation judiciaire. Sur les cinq opérateurs initiaux, seuls trois, Flixbus, Isilines et Ouibus, dont deux adossés à des groupes publics (Isilines à Transdev-Caisse des dépôts et Ouibus à la SNCF), se partagent désormais un marché chaotique, incapables de s’autoréguler et surtout en voie d’ultraconcentration autour de quelques lignes jugées rentables. Pour le reste, c’est la désertion. En septembre dernier, c’est Flixbus qui ouvre le bal en supprimant, sur la ligne Bordeaux-Lyon, les arrêts de Guéret (Creuse) et Montluçon (Allier). Si la direction de la start-up allemande argue de la baisse des réservations pour justifier ses coupes franches, elle prévoit surtout de concentrer son offre sur les lignes à très forte rentabilité. Quant à Ouibus (anciennement IDbus), filiale de la SNCF et concurrente directe du transport ferroviaire, son développement a fait perdre à l’opérateur public 250 millions d’euros sur la seule année 2015, révèle la CGT cheminots, laquelle, par ailleurs, rappelle que la SNCF a renfloué sa filiale privée de 50 millions d’euros sur la même année. Des pertes accumulées au détriment du service public. 

La facture risque d'être salée pour la SNCF

À pas de loup, Transdev prépare également son « repositionnement » sur ses offres Isilines. « La volonté de la direction, c’est de se concentrer sur certains horaires et certaines lignes, moins déficitaires que les autres », explique Jérôme Briot, membre CGT du comité de groupe européen de Transdev. « Car, à la vérité, poursuit-il, il n’existe aucune ligne véritablement rentable. » La guerre des prix que se livrent les trois derniers opérateurs de cars Macron en France a fait chuter le prix du trajet à 4 centimes d’euro du kilomètre en moyenne. « Et à ce tarif-là, il faut payer le car et son entretien, le conducteur et le carburant... C’est impossible de faire du bénéfice », reprend le syndicaliste. Pour Transdev, les pertes sont évaluées à une dizaine de millions d’euros par an.

Ironie de l’histoire, c’est Jean-Marc Janaillac, ancien président de Transdev (aujourd’hui à la tête d’Air France) et conseiller transport de François Hollande pendant la campagne de 2012, qui a « poussé à l’écriture de la loi Macron », rappelle Jérôme Briot. Sans doute y voyait-il le moyen d’étoffer son offre de transport routier de voyageurs, Transdev étant également à la tête d’Eurolines qui opère depuis des années sur les trajets internationaux en bus. Or, reprend le syndicaliste, en pariant sur les cars Macron, « Transdev et la SNCF ont encouragé la naissance d’un monstre, Flixbus, dont ils ne savent plus comment se débarrasser ». En Allemagne, où le secteur du transport en autocars est libéralisé depuis le 1er janvier 2013, la Deutsche Bahn s’était également positionnée. Mais l’opérateur ferroviaire public a fini par lâcher le marché sous le poids des pertes accumulées.

En somme, dans ce marché ultraconcurrentiel, seul Flixbus dégage des marges. Et pour cause. L’entreprise allemande, qui détient désormais 90 % du marché outre-Rhin, fait rouler pour son compte et sans scrupule des prestataires autocaristes comme Megabus. « Il y a fort à parier que ce que l’on nous a vendu comme l’ouverture totale d’un secteur à la concurrence, permettant de développer l’entrepreneuriat et de créer des emplois, se résume, in fine, à un quasi-monopole de Flixbus », résume Jérôme Vérité. Et pour les opérateurs historiques que sont Transdev et la SNCF, l’addition pourrait être extrêmement salée. Car « au-delà de l’exploitation des cars Macron, Flixbus pourrait tout à fait décider de se positionner sur les délégations de service public, aujourd’hui gérées par les opérateurs publics ou leurs filiales », souffle Jérôme Briot. Avec, en première ligne, l’immense marché du transport urbain.

La loi Macron, plébiscitée par les pourfendeurs du service public, est en passe de consacrer le trust privé d’une entreprise de droit étranger. « Et tout ceci, conclut Jérôme Briot, n’a été rendu possible que par des financements publics. Sans l’argent public jeté par Transdev et la SNCF dans la course folle à cette concurrence, jamais cette loi n’aurait été suivie d’effets. » Dix-huit mois après leur création, les fameux cars Macron auront réussi l’exploit de déstructurer entièrement un secteur, d’alimenter la fermeture de lignes et de dessertes ferroviaires, de réenclaver des territoires, le tout en créant une poignée d’emplois dont la plupart, note la CGT, sont en réalité des réorientations professionnelles.

A peine candidat, il traîne déjà un boulet !

La candidature de l’ancien ministre de l’économie a suscité de nombreuses réactions. « Macron, une candidature de plus pour le libéralisme. À quand une candidature unie de l’alternative à l’austérité ? Le temps presse. » a réagi Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Au gouvernement, le premier ministre, Manuel Valls, ne s’est pas fait attendre pour réagir, affirmant qu’il faut « une expérience qui a été éprouvée par le temps » pour gouverner et « refuser les aventures individuelles », sans nommer directement son ancien ministre. Arnaud Montebourg dénonce quant à lui « le candidat des médias », qui doit encore « démontrer qu’il a des propositions pour transformer le pays ». Du côté des candidats à la primaire de la droite, les mots ne sont pas tendres non plus. Alain Juppé invite à « ne pas être naïf » face à un candidat qui se présente en « chevalier blanc », alors qu’il « a totalement cautionné la politique économique menée depuis 2012 », quand François Fillon a la « conviction » que « les Français ne confieront pas leur destin à quelqu’un qui n’a aucune expérience et surtout qui n’a rien démontré ». (Selon "L'Humanité")

Bientôt sur ce blog : 

Comment la politique des bus Macron participe à la désertification de nos vallées !

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mardi 20 septembre 2016

Les Allemands manifestent contre le TAFTA

Pas de traités de libre-échange avec les Etats-Unis et le Canada !

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Les traités sur les libres échanges avec les Etats-Unis (TAFTA) et le Canada (CETA) ne cessent de susciter les critiques des Européens. En l’état, personne ne voudrait que ces traités soient signés, car ils donneraient quasiment les clés de l’économie et de la législation européennes aux Nord-Américains, en échange d’une vague promesse d’une croissance non-chiffrée et non garantie. Samedi, environ 320 000 manifestants se sont mobilisés dans 7 grandes villes allemandes pour dire « Non ! » à ces traités.

Malgré les récentes déclarations du vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel (« TAFTA est mort »), les négociations secrètes continuent à Bruxelles et la Commission Européenne n’a toujours pas renoncé à son plan de signer au moins le CETA sans l’aval des états-membres, arguant qu’il s’agit d’un traité européen qui ne nécessite pas le feu vert des états, tout en les engageant à fond.

Différents points clés dans ces traités sont inacceptables, comme la mise en œuvre d’organes d’arbitrage privés auxquels des entreprises nord-américaines pourraient faire appel s’il se sentent mal traités par un état européen et qui opéraient en dehors du système judiciaire européen – contre les décisions de ces organes d’arbitrage, aucun recours juridique ne serait possible. Autre point de critique, le nivellement vers le bas du droit de travail qui risque fort d’être adapté aux conditions américaines et qui sont largement plus défavorables aux salariés que le droit du travail européen. La possibilité accordée aux Américains d’intervenir en amont du processus législatif européen, s’ils estiment qu’une nouvelle loi européenne puisse leur être défavorable, est aussi incompréhensible que l’ouverture des marchés « sociaux » aux entreprises privées américaines – qui pourrait concurrencer des prestataires publics sur des services de santé par exemple, ce qui risque de se traduire par une baisse de l’accessibilité à ces services.

Etrange – la plupart des responsables politiques se sont exprimés contre le TAFTA et le CETA et pourtant, les négociations se poursuivent derrières les portes fermées à Bruxelles comme si rien n’était. Les Nord-Américains ont déjà fait savoir qu’ils ne cèderaient pas sur les points de critique formulés et il est toujours aussi difficile de comprendre les motivations des responsables européens de donner les clés de l’Europe aux grandes entreprises américaines en échange de rien.

Les grandes manifestations de samedi devraient rappeler aux responsables allemands que les gens ne veulent vraiment pas de ces traités. S’ils étaient déjà en place, Apple aurait pu traîner les états européens devant des cours d’arbitrage privés estimant d’avoir été traité de manière injuste en se faisant condamner à payer des impôts…

A Berlin, ils étaient 70 000, à Hambourg 65 000, à Cologne 55 000, à Francfort 50 000, à Stuttgart 40 000, à Munich 25 000 et à Leipzig 15 000, et les manifestations se sont déroulés calmement et sans affrontements avec les forces de l’ordre, ce qui souligne le sérieux des manifestants qui ne sont pas allés dans la rue pour « chercher la bagarre », mais pour exprimer une position politique. Reste la grande question : est-ce que les responsables les entendront ?

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lundi 9 mars 2015

Longuet s'intéresse à l'Afrique

 

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Décidément les retraités de la politique française investissent en Afrique, Après Jean-Louis Borloo qui veut électrifier l'Afrique, Gérard Longuet, ministre de la défense de Nicolas Sarkozy lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, a dirigé les opérations de l’armée française qui ont conduit en 2011 au bombardement du palais présidentiel et à l’arrestation de Laurent Gbagbo.

Quatre ans plus tard, l’ex-ministre a été reçu à Abidjan par le président Ouattara, cette fois-ci en qualité de président de Sea-Invest Africa, filiale du groupe belge Sea-Invest, spécialisé dans la gestion de terminaux portuaires.

M. Longuet qui est actuellement sénateur du département français de la Meuse, veut faire d’Abidjan la base de développement de ses affaires en Afrique de l’Ouest. Il annonce pour cela 335 millions d’euros d’investissements « dans le domaine des vracs et du général cargo, avec la manutention des fruits et légumes, le stockage, le transport et la logistique pétrolière. »

Pour mémoire, Ministre des Télécommunications en 1993, dans le gouvernement Balladur, Gérard Longuet avait introduit en France une troisième licence de téléphonie mobile remportée par le groupe Bouygues. (selon l'agence ECOFIN)

Pour mémoire, rappelons aussi son parcours politique exceptionnel qu'il n'a jamais renié :

  • 1964 : fondateur du mouvement "Occident" d'extrême-droite.
  • 1968 : adhère à "Ordre Nouveau", autre mouvement d'extrême droite.
  • 1972 : adhère au Front National, dont il écrit le premier programme économique.
  • 1978 : souhaitant une carrière politique, il adhère à un parti plus présentable, le Parti Républicain. 

M. Longuet, qui, malgré son apparent centrisme, a toujours gardé ses gènes d'extrême-droite, s’est également distingué en 2012 en répondant par un bras d’honneur à la demande algérienne d’une reconnaissance des crimes perpétrés par le colonialisme.

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vendredi 19 juillet 2013

Christine Lagarde vend la Roumanie !

roumaniesoldesPoste, fret, aéronautique, énergie, santé : dans tous les secteurs, la Roumanie brade. Des soldes imposés par le Fonds monétaire international pour rationnaliser l’économie du pays. «Il n’y aura bientôt plus grand chose de roumain en Roumanie», plaisante-t-on amèrement à Bucarest. Le pays est à vendre, ou du moins une dizaine de sociétés publiques, afin d’éponger les dettes. En 2009, frappée par la crise, la Roumanie emprunte 20 milliards d’euros au FMI, à Bruxelles et à la Banque mondiale pour ne pas couler. Sa croissance vient de chuter de 8,5 points et son déficit public culmine à 7,2% du PIB.

Pourtant, l’économie roumaine se portait plutôt bien quelques années auparavant, avec une croissance annuelle moyenne de 6,3% entre 2002 et 2008. La Roumanie préparait son entrée dans l’UE (devenue effective en 2007), tous les indicateurs étaient au vert. Le 1er juillet 2010, le président de centre-droit Traian Basescu est obligé de baisser les salaires des fonctionnaires de 25% et les retraites de 15%. La TVA passe de 19 à 24%. Environ 200 000 fonctionnaires sont remerciés les deux années qui suivent. Un véritable traitement de choc requis en contrepartie des 20 milliards d’euros d’aide. Outre cette politique d’austérité qui dure depuis trois ans, la troïka a imposé au pays de privatiser ses entreprises d’Etat pour attirer des capitaux et rendre ces sociétés profitables. «Inefficace», juge l’économiste roumain Ilie Serbanescu. « Ce sont des liquidations masquéesOn brade des entreprises déficitaires sous la pression du FMI ». 

85514905_oAinsi, la compagnie publique de fret ferroviaire CFR Marfa vient d’être rachetée par le Groupe Ferroviaire Roumain (GFR) pour 202 millions d’euros. Cependant, la valeur de CFR Marfa était estimée à 2 milliards d’euros il y a encore six ans. Dans le secteur du transport aérien, trois entreprises publiques endettées ou sur le déclin (IAR Ghimbav, Avioane Craiova et Romaero Băneasa) figurent aussi sur la liste des transactions. Le gouvernement roumain vendra aussi un quart de ses 96% de parts dans la compagnie nationale Tarom, membre de l'alliance SkyTeam.

Gaz, avions et nucléaire à vendre

Côté énergies, le gouvernement a proposé à la Bourse des paquets de 10 à 15 % de ses actions dans les sociétés d'État. Ces privatisations partielles concernent Transgaz (un transporteur de gaz), Romgaz (un producteur de gaz) et Hidroelectrica (un producteur d'hydroélectricité). Le gouvernement a aussi ouvert aussi 10% du capital-actions de Nuclearelectrica, la compagnie qui gère l'unique centrale nucléaire du pays. Une compagnie chinoise est intéressée.

Détenue à 75% par le gouvernement roumain, la Poste n’a pour l’instant pas trouvé d’acquéreur. Et pour cause, l’entreprise a accumulé plus de 120 millions d’euros de pertes ces quatre dernières années. Pour la rendre plus attractive, 3.650 salariés, soit 11% des effectifs, viennent d’être licenciés.

santeToutes privatisations confondues, les syndicats estiment que 17.000 emplois sont menacés à court terme. Déjà essorée par les mesures sur les salaires, la population encaisse aussi la hausse des prix du gaz et de l’électricité. La Roumanie s’est en effet engagée à libéraliser graduellement ces deux marchés, toujours pour se conformer aux attentes des institutions financières internationales. Un rattrapage des prix inévitable depuis l’entrée dans l’UE. « Vieil héritage du communisme, le gaz et l’électricité étaient encore vendus en dessous du prix de production », note Sandrine Levasseur, qui observe à l’OFCE la transition économique des pays d’Europe de l’Est. Tous ces changements ont fini par faire descendre les Roumains dans la rue en janvier 2012. Elément déclencheur, le projet du gouvernement de privatiser une partie du système de santé en faisant entrer quatre assureurs complémentaires privés sur le marché. Ce qui reviendrait donc à réduire le champ de la couverture médicale publique.

Les privatisations ont mauvaise presse en Roumanie. Après la chute du régime communiste de Nicolae Ceausescu en 1989, elles ont surtout profité à quelques hommes d'affaires corrompus qui se sont enrichis lors de la transition des années 1990. Le manque de transparence des transactions est toujours pointé du doigt aujourd’hui. Une opacité qui rend les investisseurs étrangers assez frileux. L'acquittement en décembre dernier de l’ancien Premier ministre Adrian Nastase a fourni une preuve supplémentaire de l'incapacité de l'Etat roumain à sanctionner les corrompus haut placés. Adrian Nastase avait été condamné en juin 2012 à deux ans de prison ferme pour avoir détourné plusieurs millions d'euros, en accordant sans appel d'offres un contrat de construction d'autoroute.

Les Roumains guettent le retour de la croissance

Les Roumains gardent aussi en tête le feuilleton rocambolesque autour de l’usine de produits chimiques Oltchim. Mise en vente l’été dernier à la demande du FMI, attribuée à un homme politique et magnat des médias pour 45 millions d’euros, l’entreprise a finalement été placée en liquidation volontaire car le repreneur n’avait pas les moyens de payer… «L’ouverture du capital a un côté violent pour les anciens communistes», analyse Sandrine Levasseur. Mais ça peut marcher selon elle. «La République tchèque a vendu des entreprises à des investisseurs étrangers à la fin des années 1990 et retrouvé la croissance en quelques années». Brutal, mais efficace, donc. Le changement de majorité en Roumanie n’a pas remis en cause les engagements du pays auprès des bailleurs de fonds, car le gouvernement a intérêt à se tenir à carreau pour débloquer d’autres aides. Depuis le prêt de 2009, le gouvernement a signé un deuxième accord de type préventif en 2011, soit un prêt de 5 milliards d'euros utilisables en cas d’urgence. Cela ne se voit pas encore au quotidien, mais la Roumanie sort doucement la tête de l’eau. «L'économie s'est stabilisée, même si la croissance est faible et qu'il faudra rester vigilant afin que la situation ne se détériore pas», déclarait fin juin Nemat Shafik, premier adjoint au directeur du FMI. Les prévisions affichent 1,6% de croissance pour 2013, après 0,9% en 2012 et 2,2 en 2011. Bien, mais pas top, nuance l’économiste Ilie Serbanescu: «La Roumanie est un pays émergent, il faut au moins 5 à 6% de croissance pour voir des effets sur les salaires».

Le FMI satisfait de la Roumanie

1dgLGouM7JbC_2tlCwOGcDl72eJkfbmt4t8yenImKBVaiQDB_Rd1H6kmuBWtceBJChristine Lagarde était à Bucarest les 15 et 16 juillet, pour sa première visite en tant que directrice générale du FMI. Le journaliste économique roumain Moise Guran voit cette visite d’un mauvais œil. «On se félicitera mutuellement et on remerciera le FMI d'avoir servi de ceinture de sécurité. Mais soyons honnêtes : la Roumanie a perdu quatre ans. Un accord du FMI est en réalité un blocage. Une période au cours de laquelle le gouvernement n'a fait qu'exécuter les décisions prises par quelques comptables obtus», écrit-il sur son blog. Il est encore un peu tôt pour dire si le FMI a réussi en Roumanie. En tout cas, l’institution aurait bien besoin d’un succès après les erreurs (reconnues) de son action en Grèce. Quant au gouvernement roumain, il espère être félicité pour ses efforts accomplis, en vue d’obtenir une nouvelle tranche de prêt pour 2013-2015. Il faudra pour cela continuer à vendre le pays.

(Lu dans Slate.fr)

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dimanche 30 décembre 2012

Quel salaire pour (bien) vivre en Chine ?

quel_salaire_pour_bien_vivre_en_chine_Alors que le coût de la vie augmente, combien faut-il désormais gagner pour vivre normalement en milieu urbain ? C’est la question que posait The Economic Weekly récemment.

Où vit-on le mieux en Chine ? Faut-il faire sa vie à Kunming (Yunnan) ou à Zhengzhou (Henan) – au risque de devoir rogner sur son niveau de vie – plutôt qu’à Pékin ou à Shanghai, villes où les carrières sont les plus prometteuses mais où la bataille de l’emploi est plus féroce ? Un choix qui hante nombre de jeunes diplômés chinois, de plus en plus confrontés au chômage (environ 12 à 13 % des 6 millions d’étudiants qui rentrent chaque année dans le marché du travail).

D’après les résultats d’un appel à témoignages, diffusé sur le web chinois, il faut au moins un salaire mensuel équivalent à 10000 yuans pour vivre normalement dans les mégapoles de la côte-est, et environ 8000 yuans dans les villes dites de second rang (Suzhou, Wenzhou, etc.). Des niveaux de rémunération qui prennent en compte, outre les frais de vie au quotidien, d’éventuels remboursements d’emprunts pour un foyer (achat d’un appartement, d’une voiture, etc.), une épargne-retraite et une bonne assurance santé.

Vaut-il mieux gagner 15000 RMB ou 5000 RMB ?

Pour autant, ce seul critère lié au niveau de salaire suffit-il à vivre bien en milieu urbain ? Une enquête menée par The Economic Weekly tend en effet à montrer, dixit,« qu’un jeune diplômé qui touche 15000 yuans par mois vit avec plus de contrariétés {liées au stress et au rythme de vie} qu’un autre qui en gagne 5000 ». Et de mettre en avant plusieurs témoignages de jeunes urbains qui viennent appuyer cette thèse.

Un certain Li Shang (27 ans) d’abord, consultant comptable à Pékin, qui justement perçoit un salaire 15000 yuans mais dit « sacrifier sa santé » à gagner cet argent. Il avoue avoir passé les trois-quarts de ses vacances à seulement récupérer du stress imposé au bureau. Et ne profite pas de son argent disponible. Il préfère – comme de nombreux Chinois inquiets de leur avenir ou non satisfaits de leur vie professionnelle – mettre (beaucoup) de l’argent de côté (près de 80 % de ce qu’il gagne !).

4672 Yuans en moyenne à Pékin

Yang Yang, citée par l’hebdomadaire, gagne 3000 yuans à Kunming. Elle vit encore chez ses parents – ce qui par conséquent lui économise un loyer – et à l’inverse de Li Zhang, avoue ne pas stresser pour son avenir et vivre confortablement. Elle pense sous peu acheter un logement pour lequel elle prévoit des mensualités de remboursement égales aux deux-tiers de ses revenus.

M. Cao quant à lui, installé Zhengzhou, avoue à The Economic Weekly, avoir du mal à joindre les deux bouts. Payé à la commission, il ne perçoit depuis août que 1750 yuans par mois, faute de commandes. Son épouse « gagne plus », dit-il « C’est pourquoi je me suis marié, seul c’est trop difficile {en Chine} ». Aller travailler à Pékin ou à Shanghai ? Cet homme y a déjà songé mais le coût de la vie sur place – notamment les frais d’éducation pour son enfant - est trop élevé. Impossible donc de bouger.

D’après le bureau national des statistiques, les salariés chinois les mieux rémunérés sont à Pékin (4672 yuans/mois de salaire net moyen – chiffres de 2011) et Shanghai (4331 yuans) contre moins de 3000 yuans pour un salarié du Henan, du Hunan, du Yunnan ou du Gansu. L’étude ne mentionne pas le salaire moyen dans le Guizhou, le Xinjiang et le Tibet, régions les plus à la traine économiquement.

 (Extrait de "Aujourd'hui la Chine")

* Conversion : 1 € = 8,2415 yuans - Ainsi le salaire moyen à Pékin est d'environ 560 € !

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vendredi 9 novembre 2012

Pêche en Afrique : la honte !

Un blog à suivre :

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L’accaparement des mers est un danger pour l’Afrique. Le Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation a mis en garde contre la surpêche le 30 octobre 2012. Ainsi Olivier De Schutter * recommande aux gouvernements du monde entier de cesser ces pratiques, qui épuisent les stocks halieutiques(1). L’Afrique, continent oublié par l’aquaculture, subit de plein fouet les effets de la surpêche. Contrairement à la situation en Europe, la consommation de poissons est relativement faible en Afrique : 9 kg contre 30 kg de poissons dans les zones industrialisées comme l’Europe. Il faut néanmoins se rendre compte que cette consommation constitue «la moitié des apports en protéines ».

Malheureusement, le rapport de l’ONU met en évidence le fait que la surpêche fait chuter considérablement l’accès des Africains aux produits issus de la mer. L’offre en produits marins par habitant a continué à décroître ces dernières années. Or, les « systèmes agricoles étant soumis à une pression croissante », les Africains sont de plus en plus nombreux à se tourner vers rivières et les océans pour subvenir à leurs besoins en protéines.

 On a en tête des images où des barques partent en quête de poissons dans les eaux africaines. Seulement la réalité est un peu différente : les flottes industrielles s’installent, pour une exploitation déjà deux fois trop importante, selon les estimations de l’ONU. Résultat : 500.000 personnes sur des chalutiers géants capturent le poissons que 12 millions de pêcheurs artisanaux pourraient attraper. 30 millions de tonnes de poissons sont ainsi récupérées, au détriment des pêcheurs locaux. Seule solution à court terme : développer l’aquaculture en Afrique, mais les conditions devraient être surveillées pour éviter les dérives.

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Selon Olivier De Schutter , des mesures urgentes sont à prendre par les gouvernements afin de protéger, soutenir et partager les bénéfices issus de la pêche. Il faut modifier les Accords de licence et d’accès : « Sans une action rapide pour sauver les eaux de pratiques intenables, les pêches ne pourront plus jouer leur rôle capital dans la garantie du droit à l’alimentation de millions de personnes ». Cet accès déséquilibré nuit réellement aux pêcheurs artisanaux, sans compter les actions illégales menées en parallèle : prises non signalées ou même pêche en eaux protégées. De Schutter appelle donc les gouvernements à développer leurs contrôles pour les rendre plus stricts.

Véritable défi pour les gouvernements, c’est pourtant la seule solution durable : trouver un équilibre et gérer conjointement les ressources halieutiques. Outre les mesures répressives à l’encontre des industries de pêche dans l’illégalité, il s’agirait donc de créer des zones de pêche uniquement artisanales. Il faudrait également renforcer les droits des travailleurs, sur les navires comme en local (soutenir les coopératives, par exemple).

 Carton rouge à la France et à l’Espagne

 L’Afrique est le seul continent touché pour le moment, mais d’autres endroits, comme les îles du Pacifique, pourraient suivre rapidement. Mais on est bien loin de prendre le chemin de la sagesse : l’Europe, sous la pression des gouvernements français et espagnols, vient de donner son accord pour accorder des subventions destinées à moderniser la flotte de pêche. Cette décision aveugle qui précipite la mort des océans, accélère la raréfaction des espèces comme les difficultés des pêcheurs Africains. Plutôt que d’aider l’aquaculture ou les économies d’énergies, comme le dit Greenpeace, « C’est comme si on payait quelqu’un [avec l'argent de nos impôts] pour vous voler ! » .

 On aura l’air malin avec nos navires ultra modernes quand il n’y aura plus de poisson ! La ministre de l’écologie a fait naufrage face au lobby de la pêche…

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dimanche 5 août 2012

La guerre du pétrole en Afrique

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mardi 28 juin 2011

Après la Françafrique, la Chinafrique

225715_205678612806395_126827920691465_567676_7256771_aAprès avoir été perçus commes les "sauveurs" de l'Afrique qu'ils ont arrosée d'argent sous forme de dons, de prêts à taux zéro et bien sûr de troc (par exemple au Congo: 6 milliards de dollars d'infrastructures médicales contre 10 millions de tonnes de cuivre et 400 000 tonnes de cobalt), les relations-sino-africaines commencent à se dégrader. 

C'est très intéressant à observer car l'Europe aussi, à commencer par la Grèce et le Portugal, bénéficiera de plus en plus de ces investissements et découvrira aussi le revers culturel de la médaille. Aujourd'hui la Chine importe 35% du pétrole africain et construit à tour de bras dans 35 pays de ce continent. Ainsi en Angola où j'ai vécu et travaillé, les Chinois (70 000!) ont indéniablement amélioré les équipements publics, construisant 4000 km de route, des banlieues résidentielles à perte de vue, un nouvel aéroport etc...

Mais les entreprises chinoises qui profitent de ces financement publics (via les banques) et mènent ces projets fonctionnent exactement comme en Chine sans s'adapter du tout au contexte local. Contrairement à ce qu'elles sont contraintes de faire en Europe (et qui les décourage d'y investir plus) elles ne respectent pas en Afrique les lois du travail et les règles de sécurité. Elles exportent leur "culture d'entreprise" fondée sur le rapport de force et aussi leurs ouvriers, 30% moins chers qu'en local.

16387393Dans les mines de Zambie, les salaires sont inférieurs à la moyenne et les équipements de sécurité dégradés. Des accidents graves se succèdent faute de ventilation des conduits. Impossible de négocier: les managers chinois ne parlent pas anglais (disent-ils). En octobre 2010, ils ont tiré sur des mineurs grévistes...gloups! En Afrique du Sud les industriels chinois ont considéré que le salaire minimum est trop élevé pour que leurs usines soient rentables. Elles peuvent compter sur une main d'oeuvre prête à tout pour avoir un emploi.

Or les entreprises chinoises créent peu d'emploi, ainsi le projet de restauration du chemin de fer angolais emploierait 160 chinois contre 60 Angolais, une proportion qui illustre bien le peu d'estime des Chinois pour la capacité de travail des Africains, et qui leur évite en outre l'effort de s'adapter à leurs valeurs, leurs comportements et de les former. Or cet effort les entreprises pétrolières opérant en Afrique sont forcées de le faire par les politiques de "localisation" de leur main d'oeuvre que leur imposent des Etats africains. Contraintes qui ne s'imposent pas aux Chinois... 

Le management interculturel n'intéressera pas les Chinois tant qu'ils seront ultra dominants dans le rapport de force, pourvoyeurs d'argent frais et de BTP à prix cassés. Et c'est la logique de l'Histoire, les entreprises occidentales n'ont commencé à intégrer la "dimension culturelle" que lorsqu'elles ont été obligées de prendre en considération les attentes de leurs partenaires et salariés des filiales étrangères (notamment Moyen-Orient, Chine et Inde), parce que ces dernières devenant "stratégiques" et que le rapport de force s'inversait.

Les Africains s'aperçoivent que parfois le "deal" n'est pas "fai
r" quand les hôpitaux se fissurent dès leur inauguration et que le goudron des routes est si fin qu'il ne résiste pas aux premières pluies.

Chloé Ascencio (Aujourd'hui la Chine)

lafarguecartechineafrique

Présence chinoise en Afrique

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