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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER
8 décembre 2023

Bide : la Nouvelle-Zélande ne séduit plus les ultrariches

Lancé voilà six mois, le nouveau “visa doré” néo-zélandais destiné aux étrangers fortunés ne fait pas recette. C’est un revers sérieux pour le pays, considéré comme l’un des plus sûrs du monde et qui avait vu sa cote de popularité monter en flèche durant la pandémie.

nouvelle_z_landeC’est un flop retentissant : le visa doré lancé en septembre dernier par le gouvernement de Jacinda Arden n’a suscité que 14 demandes en six mois ! Un chiffre à comparer avec les 492 candidatures totalisées par le précédent programme du même genre. “Les ultrariches semblent se désintéresser de la Nouvelle-Zélande”, diagnostique Bloomberg.

Il faut dire que cette nouvelle version du visa doré néo-zélandais est nettement plus élitiste que l’ancienne. La mise à jour concerne à la fois le montant du ticket d’entrée et le type d’investissement exigé. Pour décrocher la résidence permanente chez les Kiwis grâce à sa fortune, il en coûte désormais au minimum 5 millions de dollars néo-zélandais (2,8 millions d’euros) en investissements directs ou bien 15 millions de dollars (8,6 millions d’euros) investis en actions. Auparavant, 3 millions de dollars placés (sans risque) dans l’immobilier suffisaient pour bénéficier du même statut.

La barre a peut-être été placée un peu haut, suggère Marcus Beveridge, à la tête d’un cabinet d’avocats d’Auckland qui conseille les immigrants. Les dix premiers candidats n’ont rapporté au total que 111 millions de dollars néo-zélandais – une misère. L’ancien programme permettait quant à lui d’injecter chaque année 1 milliard de dollars dans l’économie.

Les visas dorés : un casse-tête pour les gouvernements

Mais réviser les critères d’attribution de la résidence permanente était devenu une nécessité, notamment à cause du tollé provoqué par l’affaire Peter Thiel. Après avoir passé seulement une douzaine de jours dans le pays, le richissime cofondateur de PayPal avait réussi à décrocher la nationalité néo-zélandaise, statut qui lui avait permis par la suite d’acquérir une somptueuse propriété sans avoir à solliciter l’autorisation du bureau des investissements étrangers (Overseas Investment Office).

“Dans le monde entier, les gouvernements sont confrontés à un casse-tête : ils convoitent l’argent des investisseurs étrangers, mais lancer des visas spécialement destinés à ce public présente des risques, surtout quand le coût du logement se met à flamber pour les locaux”, analyse Bloomberg.

La pandémie a d’abord dopé l’intérêt pour les visas dorés, “mais trois ans après la mise à l’arrêt de pans entiers de l’économie mondiale les réactions négatives se multiplient”, constate le média américain. Le Royaume-Uni, l’Irlande et le Portugal ont ainsi préféré mettre un terme à leurs propres programmes de visas dorés à cause des soupçons de fraude et surtout parce que partout les riches acheteurs étrangers ont fait grimper les prix de l’immobilier.

Quant à la Nouvelle-Zélande, son succès pour tenir à distance le virus du Covid dans les premiers temps de la crise sanitaire a d’abord conforté son image de pays refuge. Mais au sein du marché hautement concurrentiel des visas dorés, elle a désormais des rivaux de poids dans la zone Asie-Pacifique : l’Indonésie, le Cambodge, la Malaisie, Singapour ou encore la Thaïlande. “Dotés de centres urbains plus importants ou plus proches des marchés asiatiques, ces pays ont de quoi séduire les investisseurs”, souligne Timothy Fadgen. Ce spécialiste des relations internationales à l’Université d’Auckland soupçonne que “le moment où la Nouvelle-Zélande pouvait faire figure de refuge ultime” est peut-être passé. (selon "Courrier international")

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