samedi 27 août 2022

Assassinat d'un père de famille afghan à Colmar

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Depuis plus de huit jours, bien des rumeurs ont circulé à propos de cette affaire. Et la presse en a parlé tous les jours, au point que le procureur de la république a dû publier un communiqué officiel !

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dimanche 17 juillet 2022

50 ans de prison pour une fausse couche

Au Salvador, une jeune femme de 21 ans a été condamnée à 50 ans de prison pour avoir été victime d'une fausse couche.

salvadorUne terrible injustice. Lesly Ramirez, Salvadorienne âgée de 21 ans, vient d'être condamnée à une peine de 50 ans de prison. Son tort ? Avoir fait une fausse couche. Selon le tribunal, qui a rendu son verdict le 29 juin, Lesly aurait en réalité pratiqué un avortement, un acte toujours illégal au Salvador. La jeune femme a écopé de la peine maximale.

L'affaire a été révélée par le Collectif citoyen pour la dépénalisation de l'avortement. D'après lui, Lesly a accouché en juin 2020 sans s'en rendre compte, dans les latrines de sa maison. Son enfant n'a pas survécu.

La jeune femme vivait dans une situation d'extrême pauvreté, dans une zone rurale sans eau potable ni électricité. Au lieu de l'aider, sa famille a appelé la police. Lesly a tout de même été transportée à l'hôpital où elle a reçu des transfusions sanguines. Le Collectif précise qu'elle ne savait même pas qu'elle était enceinte. 

Le tribunal a condamné Lesly Ramirez pour homicide aggravé, jugeant qu'elle avait volontairement caché sa grossesse à sa famille et tué son bébé, relate le quotidien Le Monde. 

Ce n'est pas la première fois qu'une Salvadorienne est emprisonnée après une fausse couche. Ces urgences obstétriques sont souvent considérées comme des avortements par la justice, et requalifiées en homicide.
Le droit à l'avortement reste limité en Amérique latine. Le Guatemala, le Venezuela et le Paraguay ne l'autorisent qu'en cas de danger de mort pour la mère. Au Salvador, il est complètement interdit.(selon "C-news")

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mardi 28 juin 2022

Une infirmière suspendue car non vaccinée gagne son procès

Hélène A., infirmière à Ste-Marie-aux-Mines, avait été suspendue de ses fonctions car non vaccinée contre le Covid. Le tribunal administratif de Strasbourg vient de lui donner raison.

infirmi_reDans une décision rendue le 21 juin 2022, le tribunal administratif de Strasbourg a donné raison à Hélène A., une infirmière ayant été suspendue par son employeur car non vaccinée contre le Covid-19.

Privée de revenus

Hélène, aide médico-psychologique au sein de l’institution médico-social Les Tournesols, un établissement public installé à Sainte-Marie-aux-Mines et qui vient en aide aux personnes handicapées, avait été, sur décision de la direction, suspendue de ses fonctions à compter du 15 septembre 2021.

Pour être réintégrée, la direction lui demandait de fournir un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination.

La justice lui donne raison
Mais, et c’est là que le bât blesse : Hélène a été suspendue alors qu’elle était en arrêt maladie. Pour le dire autrement, la direction n’a pas attendu l’échéance de son arrêt pour la démettre de ses fonctions, ce qu’elle aurait dû faire, selon l’ordonnance du tribunal.

Dans sa décision, le tribunal « enjoint au directeur de l’institution médico-sociale Les Tournesols d’effectuer le versement des traitements de la requérante dans un délai de dix jours à compter de la notification du présent jugement et de la rétablir dans ses conditions d’ancienneté et de congés payés dans le délai d’un mois suivant la notification du présent jugement ».

« Cette décision rend possible l’espoir pour les infirmières dans la même situation »

« C’était une situation très difficile pour Hélène A., ça n’est que justice », réagit Me Tarek Koraitem, qui a assuré la défense de l’infirmière.« Le tribunal administratif applique la jurisprudence que nous avons impulsée, que j’ai contribué à impulser et cela rend possible l’espoir pour les autres infirmières qui seraient dans la même situation qu’elle », ajoute-t-il. (selon "Actu-Strasbourg")

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mardi 3 mai 2022

Honduras : l'ex-président Hernandez poursuivi pour trafic de drogue aux Etats-Unis

La Cour suprême (CSJ) de justice du Honduras a ordonné l'extradition de l'ex-président Juan Orlando Hernandez vers les Etats-Unis où il est poursuivi pour trafic de drogue. Il n'a désormais plus aucun recours.

hondurasLa chute a été brutale. A peine venait-il de céder le pouvoir, le 27 janvier dernier, à la nouvelle présidente de gauche Xiomara Castro, que le tout frais ex-chef de l'Etat (2014-2022) se retrouvait enchaîné aux poignets et aux chevilles lors de son arrestation le 15 février devant les caméras. 

Le 17 mars, un juge d'extradition de première instance avait accédé à la demande présentée par le tribunal du District Sud de New York d'extrader l'ex-président de droite de 53 ans pour avoir participé à une "conspiration (qui) a transporté plus de 500 tonnes de cocaïne aux Etats-Unis". Lundi, les membres de la Cour Suprême de Justice (CSJ) du Honduras réunis en assemblée plénière ont rejeté l'appel formulé par sa défense.  

"La décision du juge de première instance d'accorder l'extradition de Juan Orlando Hernandez est confirmée", a déclaré le porte-parole de la CSJ, Melvin Duarte. 

L'épouse de l'ex-chef de l'Etat, Ana Garcia, s'est rendue lundi avec quelques soutiens devant le palais de justice de Tegulcigalpa pour clamer son innocence et prier pour lui. "Si un citoyen est jugé, il doit l'être dans (son) pays", a-t-elle estimé.  

"Nous sommes prêts et confiants que nous serons en mesure de démontrer devant la justice américaine que ces accusations sont un complot de vengeance des narcotrafiquants honduriens" contre Hernández, a déclaré la famille de l'ancien président dans un communiqué.  Selon les procureurs américains chargés du dossier à New York, M. Hernandez est un "co-instigateur" du trafic et a fait du Honduras un "narco-Etat" en impliquant l'armée et la police dans le trafic de drogue à destination des Etats-Unis. 

L'ancien chef de l'Etat hondurien aurait en outre reçu des millions de dollars de diverses organisations de trafiquants de drogue du Honduras, du Mexique, et d'autres pays. 

En échange de ces pots de vin, Juan Orlando Hernandez, connu dans son pays sous les initiales JOH, a "protégé les narcotrafiquants des enquêtes, (évitant leur) arrestation et leur extradition", assurent les autorités américaines. 

En 2013, "Hernandez a accepté environ un million de dollars du narcotrafiquant Joaquin Guzman Loera, alias El Chapo", ajoutent-elles.

- "Complot" -

"Je suis innocent, je suis victime d'une vengeance et d'un complot", a écrit JOH dans une lettre manuscrite rédigée en prison, destinée aux membres de la CSJ avant leur décision définitive. 

Ces accusations sont selon lui une "vengeance des cartels", "un complot orchestré pour qu'aucun gouvernement ne leur résiste plus jamais".  

Mais pour le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, l'ancien chef d'Etat "a commis ou facilité des actes de corruption et de trafic de drogue" et a "utilisé les gains retirés des activités illicites pour (financer) des campagnes politiques". 

S'il est reconnu coupable il encourt la perpétuité, peine déjà prononcée contre son frère l'ex-député "Tony" Hernandez. Les procureurs de New York ont estimé que l'ancien président était impliqué dans le trafic de drogue pour lequel ce dernier a été condamné en mars 2021. 

Huit ans à la tête du Honduras, JOH s'est présenté pendant ses deux mandats comme le champion de la lutte contre le trafic de drogue. Washington l'avait d'abord distingué comme un allié dans ce combat et a été l'une des premières capitales à reconnaître sa réélection en 2017, alors que l'opposition dénonçait des fraudes sur fond de manifestations qui ont fait une trentaine de morts. 

"Je n'ai jamais pensé que cette lutte pour la paix pour nous, Honduriens, nous ferait voir comme un narco-État", a dit M. Hernandez dans sa lettre. "Je savais que ce combat ne serait pas facile, qu'il était très risqué". 

A présent, les autorités américaines peuvent à tout moment organiser le transfert de l'ex-président. (selon "L'express")

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mardi 22 février 2022

Haut-Rhin : les chasseurs déboutés par le tribunal administratif

Le schéma départemental annulé !

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L’information était passée sous les radars. Le 6 janvier, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé le schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC) du Haut-Rhin. Un jugement qui prendra effet le 31 décembre prochain. Aucun des acteurs concernés n’avait réagi à ce jour, ni la fédération départementale des chasseurs, ni les deux requérants, Alsace Nature et M. Raymond Blaise, président du groupement d’intérêt cynégétique n° 6 du Hohneck et administrateur auprès de sa fédération. Ce dernier, qui avait plaidé sans avocat, considère que ce SDGC « ne répondait pas à de nombreuses clauses du code de l’environnement mises en évidence par Alsace Nature et qu’il comportait une inacceptable ségrégation entre les chasseurs de plaine et les chasseurs de montagne avec des dispositions incohérentes ».

Le chasseur de la vallée de Munster estime que cette annulation complète, inédite en France, s’explique « par les nombreuses irrégularités qui ont été reconnues par les juges ». À la direction d’Alsace Nature, on attend que ce jugement permette d’ouvrir « un nouveau débat serein » ces prochains mois. C’est aussi la volonté de la fédération départementale.

Son président, M. Gilles Kaszuk, prend acte. « Nous sommes tenus de revoir notre copie, et c’est ce que nous allons faire ». (selon "L'Alsace" du 21/2/2022)

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mercredi 2 février 2022

Zürich : les chauffeurs Uber ne sont pas indépendants

Une instance cantonale a donné tort à la multinationale californienne en raison d'une «relation de subordination marquée». Cette dernière va déposer un recours.

z_richNon, les chauffeurs Uber ne sont pas des indépendants en Suisse non plus. C’est le Tribunal des assurances sociales du canton de Zurich qui l’a affirmé: «L’activité d’un conducteur typique, pour laquelle il a utilisé l’application Uber, doit être qualifiée de dépendante», a considéré l’instance dans un jugement prononcé juste avant Noël et dont la Neue Zürcher Zeitung a fait le compte rendu dans son édition de jeudi.

Uber se décrit comme une plateforme mettant en relation des clients et des chauffeurs, qui, eux-mêmes décident seuls quand ils travaillent. Elle estime donc que ces derniers ne peuvent pas être considérés comme des employés, même si cette notion a été contestée dans de nombreux pays. La société californienne, présente en Suisse depuis 2013, considère donc qu’elle n’a pas à leur payer de cotisations sociales ou à compenser des vacances.

Mais le service des assurances sociales zurichois a vu les choses différemment et a conclu en 2019 que les chauffeurs – en particulier les non-professionnels de la catégorie UberPOP, qui n’existe plus aujourd’hui – devaient être considérés comme des salariés d’une filiale hollandaise d’Uber. Il a ainsi exigé une contribution aux assurances sociales, y compris les intérêts pour arriérés, de 5,2 millions de francs pour l’année 2014, rappelle le quotidien zurichois.

Relation de subordination

Une décision qu’Uber a contesté, d’où l’intervention du Tribunal des assurances sociales, qui statuait le même jour sur plusieurs autres recours cette fois contre la Suva pour les mêmes raisons. Dans tous ces cas, ce dernier a reconnu que pris individuellement, plusieurs arguments parlent en faveur d’un statut d’indépendant. Mais la cour estime qu’il existe une «relation de subordination marquée» entre les conducteurs et l’entreprise. Les chauffeurs dépendent en grande partie d’Uber, ne prennent que peu de décisions eux-mêmes et aux yeux du public, ils n’agissent ni en leur nom, ni à leur propre compte, interprète le quotidien. Que la catégorie UberPOP n’existe plus n’a pas d’importance pour les juges dont le verdict s’applique aux conducteurs typiques. Leur nombre est estimé à 3200 en Suisse.

Le tribunal n’a en revanche pas déterminé si les conducteurs étaient salariés d’Uber Suisse ou de la filiale hollandaise. Il a également renvoyé le service des assurances sociales à ses calculs, jugeant le montant de 5,2 millions mal documenté. Cité par la NZZ, un porte-parole d’Uber a souligné que la «décision ignore le fait qu’une majorité de chauffeurs veulent rester indépendants». L’entreprise va faire recours.

Plusieurs procédures en cours

C’est une autre bataille juridique que perd Uber en Suisse, après celle de 2020 à Genève concernant son service de livraison de repas, Uber Eats. Dans ce canton, les livreurs doivent être considérés comme des salariés et être soumis au salaire minimum. Une décision, assure la multinationale, qui a eu des effets négatifs, dont «une réduction à hauteur de 30% des commandes pour les restaurants en seulement trois semaines». Après cette décision, comme après plusieurs autres concernant des chauffeurs, Uber a fait recours devant le Tribunal fédéral.

Dans un communiqué diffusé jeudi en fin de journée, Unia a salué la décision du Tribunal des assurances sociales de Zurich qui cette décision qui «a valeur de signal pour l’ensemble de l’économie de plateforme». D'après les calculs du syndicat, «Uber doit plusieurs centaines de millions de francs à ses milliers de chauffeurs et chauffeuses en Suisse pour la période de 2013 à 2021». (selon "Le temps")

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mardi 18 janvier 2022

Bolloré au Cameroun

Nouvel épisode judiciaire !

bollor_Nouvel épisode judiciaire en France dans l’une des affaires impliquant le groupe français Bolloré au Cameroun : 145 villageois de la région de Kribi, dans le sud du pays, ont saisi le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre, il y a quelques mois parce qu’ils s’estiment lésés par les plantations de palmiers à huile de Socapalm. L’enjeu du délibéré est de permettre à la justice d’établir la responsabilité de Bolloré sur les activités de cette filiale camerounaise de Socfin, la maison-mère commune.

Démontrer que les plantations camerounaises de Socapalm appartiennent au groupe français Bolloré ou que la relation commerciale est établie, via la maison-mère luxembourgeoise Socfin, c’est l’objectif de l’avocat des 145 villageois camerounais. Maître Feodor Rilov a demandé ces documents au groupe français, en vain. Le juge pourrait aujourd’hui contraindre Bolloré de les fournir.

« Première étape »

« C’est la première étape avant une action en responsabilité civile contre le groupe français », en vertu de la loi française de 2017, explique l’avocat des plaignants. Son but : obtenir de Bolloré des réparations financières pour les riverains des plantations qui disent subir « des préjudices au quotidien », comme la pollution des eaux. Voire même des réparations en nature, comme la restitution des terres où ils avaient leurs champs ou leurs sépultures.

Autres affaires

Cette affaire, lancée à la fin de l’année dernière, est distincte de celle initiée en 2019 par dix ONG françaises, dont Sherpa, qui avaient assigné Bolloré pour n’avoir pas respecté un contrat signé avec les villageois camerounais en 2013. Une affaire qui poursuit parallèlement son cours. Sans compter les affaires en cours au Togo et en Guinée...

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vendredi 26 novembre 2021

Côte d’Ivoire : la corruption des forces de l’ordre en procès

Le procès d’une quarantaine de policiers et gendarmes pour des faits de corruption s’ouvre vendredi au tribunal militaire d’Abidjan.

abidjan1Sept policiers et gendarmes comparaissent vendredi 5 novembre devant le tribunal militaire d’Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, pour « extorsion de fonds ». Au total, quarante-trois membres des forces de l’ordre sont appelés à prendre place dans le box des accusés ces prochaines semaines pour des faits de « racket ». Un nombre de procès inédit pour ce tribunal militaire qui jugeait en moyenne jusqu’ici chaque année une trentaine de cas de ce genre.

Cette subite profusion découle de l’opération « coup de poing » menée au sein des services publics par les autorités ivoiriennes. Première cible dans le viseur de l’ancien juge Epiphane Zoro Bi Ballo, ministre de la promotion de la bonne gouvernance, du renforcement des capacités et de la lutte contre la corruption : les contrôles routiers « payants » menés par les forces de l’ordre.

« Cette forme de harcèlement des transporteurs de marchandises a une incidence directe sur le coût de la vie et donc sur le quotidien de nos concitoyens », a-t-il expliqué au Monde Afrique, en allusion à l’inflation générée par ces pratiques sur le prix de certains produits vivriers.

Ces « arrangements financiers » sont le quotidien des Ivoiriens, à tel point que dans son enquête datée de 2019, le rapport Afrobaromètre (réseau panafricain indépendant) concluait que « la police est l’administration publique la plus impliquée dans la corruption en Côte d’Ivoire ».

Réalité vécue ou « ressenti collectif » ?

L’étude révélait également que plus de la moitié des personnes interrogées admettait avoir versé un pot-de-vin à un agent de police au cours des douze derniers mois afin « d’éviter des problèmes ». 42 % des sondés indiquaient avoir fait de même pour « obtenir une assistance » des forces de l’ordre au cours de la même période.

Selon l’indice de perception de la corruption établi par l’ONG Transparency International, la Côte d’Ivoire figurait en 2020 à la 104place sur 180 pays, une performance certes meilleure qu’il y a dix ans mais qui reste embarrassante pour l’une des principales puissances économiques d’Afrique de l’Ouest.

D’autant plus que dans son rapport, l’ONG indiquait que 40 % des Ivoiriens considéraient que la corruption avait empiré par rapport à l’année précédente. Qu’il s’agisse d’une réalité vécue ou d’un simple « ressenti collectif » – comme défend le ministre –, la corruption empoisonne la vie des Ivoiriens et ces données alarmantes expliquent en partie l’offensive, notamment médiatique, du pouvoir contre ce phénomène.

Le mal est profond : aucun secteur, même les plus essentiels comme la santé, l’éducation ou la justice, n’y échappe et les professionnels de ces milieux sont régulièrement accusés de s’enrichir au lieu d’assurer leur mission de service public. « La corruption est devenue la norme, notamment dans le secteur public où tous les services deviennent des marchandises ; cela encourage l’incompétence et l’irresponsabilité », prévient le sociologue Francis Akindès.

La « petite corruption du quotidien »

Sur les réseaux sociaux, on ne compte plus les témoignages d’étudiants en colère après avoir échoué à un concours faute d’avoir pu soudoyer leurs examinateurs. Mais si pour le chercheur, dénoncer la « petite corruption du quotidien » est essentiel, une lutte efficace contre ce phénomène qui « désorganise la société » nécessite de « s’attaquer aux intouchables qui se cachent derrière leur totem d’immunité ».

Cette critique de l’impunité des puissants est lancinante en Côte d’Ivoire, mais elle ne semble avoir été entendue par les autorités que dernièrement. Depuis le mois de juillet et le lancement de l’opération « mains propres », plusieurs directeurs généraux d’entreprises publiques et parapubliques ont été suspendus. Des audits ont été lancés pour identifier d’éventuels cas de détournement de fonds publics et d’enrichissement illicite. Une affaire que suivent de près les partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire.

« Les bonnes performances économiques du président Ouattara avaient jusque-là permis de masquer les problèmes majeurs de gouvernance, mais la dernière présidentielle a laissé des traces », analyse un diplomate en poste à Abidjan, en référence à l’élection d’octobre 2020, tenue dans un climat de tension et qui a vu le président être réélu pour un troisième mandat controversé.

Passé par les organisations internationales, le chef de l’Etat est conscient que les partenaires internationaux attachent désormais autant d’importance aux enjeux de gouvernance qu’au respect des règles démocratiques. « En s’attaquant bruyamment au phénomène de la corruption, il se rachète une image à peu de frais », commente le même diplomate.

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mercredi 10 novembre 2021

Abolition de la peine de mort en France

C’était il y a quarante ans. La loi abolissant la peine de mort en France a été promulguée le 9 octobre 1981, au terme d’un long combat incarné par Robert Badinter, l’ancien garde des Sceaux qui l’avait fait voter malgré une opinion publique défavorable.

abolition1Notre pays était le dernier membre de la Communauté économique européenne (ancêtre de l’Union européenne) à l’appliquer.

L’abolition de la peine de mort était une promesse de campagne du candidat socialiste à l’élection présidentielle, François Mitterrand, élu en 1981.

C’est au tout début du son premier mandat de Mitterrand, et à l’initiative de Robert Badinter qui aura passé sa vie à se battre pour que la justice française ne soit plus une justice qui tue que cette ablation fut votée

Quel que soit le crime d’une femme ou d’un homme, il n’en va pas à un état démocratique comme le nôtre, de lui prendre la vie. Cela est contraire aux droits humains, c’est pratiquer la vengeance, la loi du Talion (« Œil pour œil, dent pour dent »). Ce n’est pas ça rendre justice.

Le combat pour l’abolition universelle continue. N’oublions jamais l’engagement de François Mitterrand, porté par Robert Badinter sans oublier Jacques Chirac qui l’inscrivit dans la Constitution.

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lundi 1 novembre 2021

Dix ans de prison pour le meurtre d’une enfant yazidie

Une Allemande de 30 ans, ex-membre de l’Etat Islamique, a été reconnue coupable de «crime contre l’humanité ayant entraîné la mort» et d’appartenance à une organisation terroriste.

yazidiAccusée d’avoir laissé mourir de soif une fillette yazidie réduite en esclavage en Irak, une Allemande membre du groupe djihadiste EI a été condamnée lundi à dix ans de réclusion par un tribunal de Munich. Jennifer W., 30 ans, a notamment été reconnue coupable de «crime contre l’humanité ayant entraîné la mort» et d’appartenance à une organisation terroriste, dans l’un des premiers procès au monde à juger un crime de guerre contre les Yazidis, minorité kurdophone persécutée par les djihadistes.

Vêtue d’un pull noir, sa longue chevelure brune détachée, la jeune femme n’a pas réagi à l’annonce de sa condamnation, plus clémente que la réclusion à perpétuité réclamée par le parquet. «Vous deviez savoir dès le départ qu’une enfant enchaînée sous un soleil de plomb serait en danger de mort», lui a lancé lundi le président de la Cour, Reinhold Baier.

Mais les juges ont également reconnu que l’ex-jihadiste «ne disposait que de possibilités limitées pour mettre fin à l’asservissement» des victimes, selon un communiqué du tribunal.

Fillette «punie»

Cette Allemande originaire de Lohne, en Basse-Saxe (nord-ouest), avait gagné l’Irak en 2014 pour rejoindre «ses frères», comme elle l’a expliqué lors du procès entamé en avril 2019. Pendant plusieurs mois, elle y a patrouillé, armée, au sein de la police des mœurs à Falloujah et Mossoul. Cette force veillait notamment au respect des règles vestimentaires et de comportement édictées par les djihadistes.

À l’été 2015, elle et son mari d’alors, jugé à Francfort dans une procédure parallèle, ont acheté comme esclaves, parmi un groupe de prisonniers, une fillette de cinq ans et sa mère issues de la minorité yazidie. Témoin clé des procès de Munich et Francfort, la mère survivante, qui vit désormais cachée en Allemagne, a livré à la barre le récit des sévices subis.

Après de nombreuses maltraitances, la petite fille a été «punie» par le mari de l’accusée pour avoir uriné sur un matelas, puis attachée, par des températures autour de 50 °C, à une fenêtre à l’extérieur de la maison. La fillette est morte de soif tandis que sa mère était contrainte de rester au service du couple.

Pas d’explication sur sa radicalisation

Accusée d’avoir laissé faire sans intervenir, Jennifer W. a affirmé à l’audience avoir «eu peur» que son compagnon «ne (la) pousse ou l’enferme». Au cours du procès, la jeune femme n’a pas vraiment apporté d’explications sur son parcours de radicalisation.

Timide lors des premières audiences, elle s’est ensuite enhardie. «On va faire de moi un exemple pour tout ce qui s’est passé sous l’EI. Il est difficile d’imaginer que cela soit possible dans un État de droit», s’était-elle défendue, selon des propos cités par le journal Süddeutsche Zeitung.

Elle avait été arrêtée par les services de sécurité turcs en janvier 2016 à Ankara puis extradée vers l’Allemagne. Elle n’a été placée en détention qu’en juin 2018, après avoir été arrêtée en tentant de rejoindre de nouveau, avec sa fille de deux ans, les territoires que l’EI contrôlait encore en Syrie. Durant cette tentative, elle a raconté sa vie en Irak à son chauffeur, qui était en réalité un informateur du FBI la conduisant dans une voiture équipée de micros. Le parquet a utilisé ces enregistrements pour l’inculper.

Crimes commis sur les Yazidis

Ce procès est l’un des premiers concernant des crimes commis sur les Yazidis, minorité kurdophone du nord de l’Irak. En octobre 2020, une Germano-Tunisienne, épouse d’un djihadiste, avait été condamnée par un tribunal allemand à trois ans et demi de prison pour avoir notamment contribué à réduire à l’état d’esclave une jeune Yazidie lorsqu’elle séjournait en Syrie.

Deux autres Allemandes rapatriées depuis 2020 des territoires de l’EI sont soupçonnées de complicité de crimes contre l’humanité en lien avec les exactions commises contre la minorité yazidie.

Cette communauté ethno-religieuse yazidie a été particulièrement persécutée par les djihadistes, qui ont réduit ses femmes à l’esclavage sexuel, enrôlé de force des enfants-soldats et tué des hommes par centaines. (selon "Le Matin" - Suisse -)

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