jeudi 29 avril 2021

Comptes contre la politique française au Sahel

Le Premier président de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici, qui ne passe pas pour un grand spécialiste de l’Afrique, vient d’adresser une lettre au Premier ministre, Jean Castex, qui résume les travaux des magistrats sur la politique française au Sahel et qui n’est pas franchement tendre. 

comptes

Est ce le signe qu’un véritable hallali pourrait débuter contre la politique d’Emmanuel Macron au Sahel? Même la vénérable Cour des comptes de la rue Cambon et son très prudent président, Pierre Moscovici, mettent à nu dans leurs travaux les échecs flagrants de la présence militaire française

En préambule de cette lettre, Pierre Moscovoci rappelle les objectifs des magistrats de la Cour des Comptes. « En 2009, la France a adopté une stratégie pour le Sahel, qu’elle a révisée en 2014 et en 2016 après son intervention militaire au Mali. L’Union européenne l’a suivie en adoptant en 2011 une stratégie « intégrée » pour le Sahel. Dans l’un et l’autre cadre, ont été définies des priorités dont la Cour a cherché à s’assurer qu’elles s’étaient effectivement traduites dans les faits, sept ans après le début de l’opération Serval ».

Rien de très fracassant, même si le soudain intérêt des magistrats pour le continent africain n’est pas leur marque de fabrique. Plus surprenante est la sévère conclusion des travaux de la Cour.des Comptes résumée par Pierre Moscovici  « Les travaux de la Cour l’amènent à conclure que ces priorités n’ont été qu’en partie suivies d’effet, que la connaissance et le suivi de l’aide comportent des lacunes et que la coordination des actions de sécurité et de développement de la France dans la région doit être renforcée ». Dans le langage policé d’un Moscovici s’adressant au Premier ministre, l’évocation « de lacunes » correspond à une sévère critique de la politique suivie. 

Les dépenses de développement négligées

Dans l’espace sahélien, « l’une des régions du monde les plus déshéritées », rappelle la Cour,  la priorité affichée en faveur de l’aide au développement n’est pas surprenante, notent les magistrats. Sauf que cet objectif  » a tardé à se traduire dans les faits ». Or entre 2012 et 2018, les dépenses dans les pays du G5 Sahel ont plus que doublé, passant de de 580 M€ à 1,35 milliard d’euros, dont près de 60 % de dépenses militaires.

Les dépenses de l’aide publique au développement en revanche n’ont pas suivi la progression des crédits de la Défense. Les cinq Etats sahéliens représentaient en 2018 10 % de l’Aide au développement en Afrique, des proportions inchangées par rapport à 2013. Le plus grave, notent nos experts de la rue Cambon, est que l’administration française ne dispose pas de tableaux de bord par région et par pays qui permettraient de mieux cibler les dépenses dans ces pays.

Coût annuel : 1 milliard !

Surprise, les magistrats de la rue Cambon n’hésitent pas, depuis Paris, à évaluer le bilan sécuritaire de la présence française. Le 11 janvier 2013, rappellent-ils, l’opération Serval visait à arrêter la progression, vers le sud du Mali, de bandes armées djihadistes. Le 1er août 2014, l’opération Barkhane prenait le relais, notamment dans la région dite des trois frontières, une  priorité accentuée lors du sommet de Pau, le 13 janvier 2020. Du coup, entre 2014 et 2020, le nombre des militaires français présents est passé de 4 000 à 5 100. Or, selon ces experts, le résultat sur le terrain ne serait pas à la hauteur des objectifs: : « L’extension du périmètre d’intervention de l’armée française, ainsi que la diversification des objectifs ont rendu incertains les critères qui permettront de dire qu’un terme satisfaisant de l’opération, pour la France et pour les Etats du G5 Sahel, aura été atteint ».

« Il n’y a pas de sécurité pérenne sans développement économique, social et institutionnel ». Pierre Moscovici, premier président de la cour des Comptes

En règle générale, les magistrats de la Cour des Comptes, pas franchement keynésiens, ne manquent pas une occasion de dénoncer les dérives des dépenses publiques en France. Avec les « Opérations Extérieures » de l’armée en Afrique,  ces tètes d’oeufont trouvé une formidable confirmation de leurs craintes. Le montant annuel de dépenses liées aux opérations militaires dans la bande saharo-sahélienne est aujourd’hui de l’ordre d’1 milliard d’euros. Ce n’est pas rien !

Un nécessaire recadrage

Quant à la supposée coopération avec le reste de l’Europe, véritable élément de langage d’Emmanuel Macron et de sa ministre des Armées,  Florence Parly, qui voient là un moyen privilégié de réduire les couts de l’intervention au Sahel, elle en prend un sérieux coup. « Par rapport à l’Allemagne et au Royaume-Uni, note Pierre Moscovici dans sa lettre à Jean Castex, la France a tardé à définir ses règles d’intervention dans les pays en crise au titre de la stabilisation, et à s’en donner les moyens ». D’où effectivement une certaine inertie des « alliés » européens à rejoindre la France dans le bourbier sahélien.   

Un audit, concluent nos magistrats, devrait être effectué afin de préciser les critères de réussite de l’opération conduite par la France et ses partenaires au Sahel. « Il n’y a pas de sécurité pérenne sans développement économique, social et institutionnel. Dans les espaces du Sahel où les services rendus aux populations sont faibles, l’action militaire contre les groupes armés ne suffira pas à garantir à elle seule les conditions d’une vie digne et d’une activité pérenne ; les complémentarités entre actions militaires et civiles d’aide à la stabilisation et au développement doivent donc être recherchées et se traduire dans l’organisation de la réponse française ».

Dans un langage convenu, les propositions faites à Jean Castex, Premier ministre, sonnent comme un véritable rappel à l’ordre. Quelle mouche a piqué Pierre Moscovici, connu pour son opportunisme légendaire, qui lui a valu une des plus belles carrières de ces dernières années à l’ombre de l’État? (selon Nicolas Beau, "Mondafrique")

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samedi 27 mars 2021

Congo-Brazzaville et le sentiment « anti-français »

Alimenté par Macron !

congoAlors que la diplomatie française ne se remet toujours pas de l’explosion du sentiment « anti-français » qui a embrasé le Sénégal, il y a quelques jours, Paris s’apprête-t-elle à avaliser des élections fantoches organisées par certains des régimes les plus caricaturaux de son ancien pré carré ? Tout l’indique pour les scrutins en préparation au Tchad et à Djibouti en avril, et dès ce dimanche au Congo Brazzaville. Survie rappelle que le soutien de l’État français à ces dictatures alimente le sentiment « anti-français » sur le continent africain. 

Ce dimanche 21 mars au Congo-Brazzaville, le dictateur-candidat Denis Sassou N’Guesso, au pouvoir depuis  1979 se présente à une élection présidentielle qui semble jouée d’avance. La campagne électorale a été une nouvelle fois rythmée par les arrestations d’opposants et de défenseurs des droits de l’Homme. Dernier en date, jeudi 11 mars dernier, Alexandre Ibacka Dzabana, coordonnateur de la Plateforme congolaise des ONG des droits humains et de la démocratie, membre de la coalition Tournons La Page Congo, qui a été arrêté à son domicile, à Brazzaville. Poil à gratter du régime congolais, cette coalition d’ONG milite pour la transparence du scrutin en sensibilisant les citoyens sur les enjeux du vote et en formant des  observateurs électoraux. Si la diplomatie française demeure discrète sur ce contexte électoral, c’est que le régime de Denis Sassou N’Guesso peut compter sur le soutien sans faille de Paris.

Celui-ci se matérialise notamment par une étroite coopération militaire, maintenue malgré la grossière modification de la Constitution permettant depuis 2015 à Sassou N’Guesso de rester au pouvoir sans limitation de mandats, et la répression sanglante des manifestations populaires s’opposant à ce projet. En 2017, la France se targuait par exemple de disposer d’un « conseiller spécial » auprès du ministre de la Défense. Pas plus tard que le mois dernier, les autorités françaises indiquaient fournir un « appui au commandement et à l’organisation interarmées, en fournissant conseil et ingénierie de formation aux plus hauts niveaux de l’état-major général (CEMG) » congolais, et  de former « plusieurs dizaines d’hommes et de femmes de la Force publique congolaise »

Par ailleurs, dans un pays quasiment en cessation de paiement, le soutien économique de la France reste déterminant pour le maintien au pouvoir de Sassou N’Guesso. La France est ainsi un des principaux investisseurs au Congo et se targue d’être le premier donateur d’aide publique au développement bilatérale. Dans le même temps, l’exploitation pétrolière bat son plein : il y a dix-huit mois, le pays annonçait la découverte d’un gisement onshore qui pourrait faire quadrupler la production nationale, assurer de juteux bénéfices à Total, déjà à la fête dans le pays, et fournir de nouvelles ressources à la présidence à vie de Sassou N’Guesso.

Pour Patrice Garesio, co-président de l’association Survie, « tant que la France apportera son soutien à de tels régimes, à travers une étroite coopération militaire, policière et économique, il ne faut pas s’étonner de voir fleurir un peu partout un « sentiment anti-français ». Il s’agit en réalité d’un rejet de la Françafrique, conforté par la politique actuelle d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. (selon "Afrik.com")

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dimanche 21 mars 2021

2022: Anne Hidalgo lance sa plateforme

La maire PS de Paris Anne Hidalgo, possible candidate à l'élection présidentielle, lance mercredi lors d'une visite à Douai sa plateforme de réflexion "Idées en commun" dans "la perspective de 2022", explique-t-elle à La Voix du Nord.

hidalgo"Il faut construire une alternative basée sur une conjugaison de l'écologie et du social, et sur une revitalisation de la démocratie", explique Anne Hidalgo, soutenue dans cette démarche par les élus socialistes Martine Aubry, maire de Lille, François Rebsamen, maire de Dijon, Johanna Rolland, maire de Nantes, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et Carole Delga, présidente de la région Occitanie, mais aussi l'économiste Gaël Giraud ou le paléoclimatologue Jean Jouzel.

Anne Hidalgo, qui ne s'est pas officiellement déclarée candidate à la présidentielle, a dit début mars qu'elle se positionnerait probablement "à l'automne". "Mon rôle est d'être celle qui apporte l'énergie pour se réunir. En toute humilité", dit-elle à La Voix du Nord.

La maire de Paris, dont les relations avec ses alliés écologistes se sont régulièrement tendues depuis sa réélection en 2020, comme lors du dernier conseil de Paris sur le déploiement de la 5G dans la capitale, appelle les autres partis de gauche "à agir ensemble, pacifiquement" pour éviter que la gauche ne soit une nouvelle fois absente au deuxième tour.

Les partis de gauche sont pour l'heure en ordre très dispersé: samedi, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel s'est dit candidat à l'investiture de son parti, alors que Jean-Luc Mélenchon est déjà candidat pour les Insoumis et que les Verts se préparent à une primaire en septembre.

"On est face à un double risque: celui de l'extrême droite et celui de l'urgence climatique", prévient Mme Hidalgo pour qui Emmanuel Macron "n'apparaît plus comme un rempart face au Rassemblement national".

Dans le Nord, Anne Hidalgo doit notamment visiter une cité minière rénovée dans le cadre du programme ERBM (Engagement pour le renouveau du bassin minier), un centre social, la ville de Douai en compagnie du maire PS Frédéric Chéreau, ainsi que l'usine Ingersoll Rand, un fabricant d'équipements industriels. (selon AFP)

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dimanche 7 mars 2021

Dissolution de Génération identitaire

Le groupe d'extrême droite Génération identitaire, proche du Rassemblement national, a été dissous mercredi en Conseil des ministres, après des années de polémiques et d'actions musclées notamment contre l'immigration et l'islam, "des menaces" qu'il appelle à combattre.

identitairesLa procédure avait été lancée mi-février par Gérald Darmanin, après une énième action, fin janvier, de l'association contre des migrants dans les Pyrénées. Action qui avait "scandalisé" le ministre et donné lieu à une enquête préliminaire pour provocation à la haine raciale.

Aussitôt, le RN avait dénoncé une procédure "politique" et "une dangereuse atteinte aux libertés fondamentales". Dans la foulée, Génération identitaire avait organisé le 20 février à Paris une manifestation pour protester contre sa dissolution annoncée.

Clément Martin, un des porte-parole de l'association dont le siège est à Lyon, a prévenu que GI allait déposer un recours "pour excès de pouvoir" devant le Conseil d'Etat. "Sur l’aspect purement juridique, nous sommes plutôt confiants. La question est de savoir si le Conseil d’Etat va faire de la politique ou va faire du droit", a-t-il dit à l'AFP. Il a évoqué également un "référé suspension" et le dépôt de deux QPC (questions prioritaires de constitutionnalité).

Le ministre de l'Intérieur a annoncé la dissolution mercredi du mouvement dans un tweet, faisant valoir que Génération identitaire "incit(ait) à la discrimination, à la haine et à la violence".

"Autant qu’un crime politique contre la démocratie, une faute morale contre le peuple français", a réagi sur Twitter Gilles-William Goldnadel, un des avocats de GI, tandis que Philippe Olivier, conseiller de Marine Le Pen, a estimé dans un tweet que "cette dissolution arbitraire sign(ait) l'asservissement de la France aux mots d'ordre mondialistes". 

Pour sa part, SOS racisme s'est "félicité", dans un communiqué, de la décision du Conseil des ministres.

"Milice privée"

Le décret de dissolution pointe du doigt les incitations "à la violence envers des individus en raison de leur origine, de leur race et de leur religion". "Par sa forme et son organisation militaires", GI "peut être regardée comme présentant le caractère d'une milice privée", y justifie M. Darmanin.

Le décret fait également état des "liens avec des groupuscules d'ultradroite dont (GI) reçoit un soutien logistique et qui défendent une idéologie appelant à la discrimination, à la violence ou à la haine au nom de théories racialistes ou suprémacistes".

Il y est encore noté que l'association a reçu des dons de Bredon Tarrant, le tueur des mosquées de Christchurch (Nouvelle-Zélande) où il avait assassiné 51 personnes en mars 2019.

Lors de son audition, en avril 2019, par la commission d'enquête parlementaire sur les groupuscules d'extrême droite, l'ancien directeur de Tracfin (organisme public chargé de l'action contre les circuits financiers clandestins) Bruno Dalles avait affirmé que Brendon Tarrant était "membre bienfaiteur" de GI.

"Par cette décision, nous mettons fin aux activités parfois violentes d'un groupe qui avait depuis fort longtemps coupé les ponts avec la République", a fait valoir le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, en rendant compte des travaux du Conseil des ministres. "Génération identitaire ne défendait plus des idées, il était le bras armé de l'extrémisme et la xénophobie", a-t-il ajouté.

Créée en 2012, l'association qui revendique 2.800 adhérents, présente "l'immigration et l'islam comme des menaces que les Français doivent combattre" et entretient "délibérément la confusion entre musulmans, immigrants et islamistes ou terroristes", selon le ministère de l'Intérieur.

Il rappelle que son "acte fondateur" avait été l'occupation spectaculaire du toit d'une mosquée en construction à Poitiers en 2017, accompagnée de slogans hostiles aux musulmans. Cinq militants de GI ont été d'abord condamnés en 2017 mais relaxés en juin 2020 en appel pour ces faits, jugés prescrits.

En 2019, GI avait occupé le toit de la caisse d'allocations familiales de Bobigny et déployé une banderole "De l'argent pour les Français, pas pour les étrangers". Pour ces faits, 19 militants ont été condamnés en mars 2020 à des peines d'un à trois mois de prison avec sursis.

A l'actif également de l'association, l'agression de supporters turcs lors de l'Euro 2016 de football en France.

La dissolution de Génération identitaire intervient alors que le ministère de l'Intérieur a obtenu, ces derniers mois, celle de trois associations proches de la mouvance islamiste (CCIF, BarakaCity, et le collectif Cheikh Yassine) dans le sillage de l'assassinat de Samuel Paty en octobre 2020, et de celle du groupe ultranationaliste turc des "Loups gris".

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mercredi 3 mars 2021

Orphelin de Trump, Bolsonaro vise un second mandat au Brésil

Pour ne pas déplaire au lobby des camionneurs qui lui est favorable, le président brésilien a limogé le patron de la compagnie Petrobras, faisant plonger la bourse de Sâo Paolo. Une crise qui préfigure une campagne électorale dure à dix-huit mois du scrutin présidentiel. Dans notre empressement à tourner la page de Donald Trump aux États-Unis, on en oublierait presque celui qui prenait plaisir à se voir décrire comme le « Trump des tropiques » : Jaïr Bolsonaro.

br_silComme Trump, le président brésilien gouverne à l’instinct, ce qui le conduit parfois à provoquer des catastrophes par inadvertance. La dernière concerne l’entreprise Petrobras, la compagnie pétrolière nationale, véritable État dans l’État dont les scandales de corruption avaient entraîné la chute de l’ancienne présidente Dilma Roussef.

Bolsonaro a limogé l’homme qui avait remis Petrobras en ordre de marche, Roberto Castello Branco, remplacé par un général à la retraite sans expérience du secteur pétrolier. Aussitôt, l’action à la bourse de Sâo Paolo a perdu 20% de sa valeur, entraînant le marché brésilien dans sa chute, signe d’une perte de confiance brutale. En partie contrôlée par l’État, Petrobras est non seulement la plus grande entreprise du Brésil, mais aussi d’Amérique latine.

La direction de Petrobras avait décidé d’augmenter le prix des carburants à la pompe, relayant ainsi la hausse du prix du baril sur le marché international. Cette mesure avait provoqué la colère de la corporation des camionneurs, qui menaçait de bloquer l’économie, comme elle l’a déjà fait par le passé. Les camionneurs sont acquis à Bolsonaro, et il n’était pas question de se les mettre à dos.

Éviter de peser sur le pouvoir d’achat des Brésiliens pourrait se justifier en période de difficultés dues à la pandémie ; mais le mois dernier, Jaïr Bolsonaro a supprimé les aides « spécial-Covid » à près de 70 millions de Brésiliens les plus démunis, en affirmant haut et fort que « les caisses sont vides ». Un mois plus tard, elles ne sont pas si vides qu’il ne peut pas satisfaire un lobby de ses partisans les plus bruyants. Sans doute n’avait-il pas anticipé la réaction en chaîne dans les milieux économiques.

Mais Bolsonaro a aussi des arrière-pensées électorales : il a déjà les yeux rivés sur sa réélection, dans dix-huit mois. Ce Président d’extrême droite a une cote de popularité au plus bas depuis son élection en 2018, à 31% de soutiens, selon un sondage de janvier, contre 40% ayant une mauvaise image de lui.

Pas de quoi le décourager, ni même renoncer à son déni de la gravité de la pandémie alors que le Brésil a le deuxième plus grand nombre de victimes du covid-19 après les États-Unis, avec près de 250.000 morts ; déni, aussi, du dérèglement climatique qu’illustre sa politique très critiquée en forêt amazonienne.

Son discours populiste, son éloge de l’ordre militaire, le soutien des puissantes églises évangéliques, et surtout l’absence à ce stade de rival politique qui s’impose, lui laissent espérer un second mandat. 

Mais dans l’opposition, beaucoup redoutent qu’à l’image de son mentor Donald Trump, il conteste le résultat s’il devait lui être hostile et tente de rester au pouvoir par la force. Les institutions brésiliennes risquent d’être moins résistantes que celles des États-Unis.

La période jusqu’à l’élection sera donc tendue au Brésil, l’affaire Petrobras n’en est qu’un avant-goût.

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samedi 27 février 2021

Laissez les frontières ouvertes ! (Au moins, pour le virus…)

Les différentes stratégies du gouvernement français ne semblent pas fonctionner.

kehl Chaque semaine, lorsque les Castex, Macron ou Véran se présentent devant les médias, ils sont contents. Tout est encourageant, nous sommes les champions. Et puisque nous sommes tellement champions, on se fiche des chiffres catastrophiques et on se vante de mieux gérer la situation que « les autres ». Mais visiblement, on a du mal à lire et à comprendre les chiffres à Paris – les chiffres sont inquiétants et ce n’est pas le comportement auto-satisfait des gouvernants qui y changera quelque chose. Mais actuellement, tout le monde est fatigué de s’occuper de la santé publique : maintenant, on mise tout sur l’économie.

Deux informations du week-end retiennent l’attention. D’une part, la France et la Grande Bretagne allègent les mesures sanitaires à la frontière franco-britannique, histoire de fluidifier la circulation des camions qui s’entassent devant les postes de frontière britanniques, puisque les Britanniques, saouls de leur « libération du joug européen » avaient tout simplement « oublié » de se préparer au Brexit tant réclamé. Mais bon, ils n’avaient que 4,5 ans pour se préparer…

A partir de maintenant, la circulation entre la Grande Bretagne et la France, deux des pays européens présentant le plus fort taux d’incidence, sera facilitée. Une bonne nouvelle pour les chauffeurs de camions, pour les sociétés de transport et – pour le virus qui pourra ainsi continuer à circuler assez librement entre l’île britannique et le continent européen. Les routiers qui passeront moins de 48 heures en Grande Bretagne ne devront plus, à leur retour, présenter un test Covid-19. Une très bonne mesure pour assurer que le variant détecté en premier en Grande Bretagne, ne reste pas enfermé au Royaume Uni. Et puisqu’il est beaucoup plus virulent que d’autres variants, il fallait quand même en assurer une circulation plus juste aussi en France et ailleurs en Europe.

On préfère donc d’assurer la circulation du virus aux bouchons devant la frontière britannique. Dont acte. On y repensera lorsque nos gouvernants s’auto-féliciteront la prochaine fois pour leur gestion exemplaire, beaucoup plus performante qu’ailleurs.

Mais ailleurs, on suit également l’évolution en France, surtout dans le département Moselle où on atteint aujourd’hui un taux d’incidence de presque 300. Maintenant, on y craint que l’Institut Robert Koch puisse classer la Moselle au niveau 2 (« zone à risque à haute incidence ») ou au niveau 3 (« zone à risque à forte présence de variants »). Cela impliquerait des contrôles beaucoup plus sévères à la frontière et de nouvelles obligations pour les travailleurs et travailleuses frontaliers, notamment l’obligation de présenter un test actuel à chaque passage de la frontière. Mais là, une « conscience européenne » se réveille dans la Grande Région.

Mais il n’y a que peu de chances à ce que la France puisse trouver un accord avec l’Allemagne à l’instar de celui avec la Grande Bretagne. L’Allemagne où le taux d’incidence au niveau national se situe actuellement à 60 (!), n’aura pas trop envie de s’organiser pour permettre une circulation maximale du virus et de ses variants. Inquiet, le ministre des affaires étrangères luxembourgeois Jean Asselborn a lancé un appel émouvant – « Laissez la frontière ouverte ! ». Mais il ne faut pas se tromper – ce n’est pas l’Espace Schengen qui intéresse le Luxembourg, mais uniquement son économie.

« Nous devons tout faire pour que les travailleurs frontaliers puissent arriver à leur lieu de travail et ce, sans encombre », a martelé Asselborn, sans pour autant cacher son véritable intérêt. « 60% des salariés dans nos hôpitaux, EHPADs et autres structures de soins à la personne, sont des frontaliers. Si ces frontaliers ne pourront plus circuler librement, notre système de santé risque de collapser. » Tous les jours, 100 000 Français, 50 000 Allemands et 50 000 Belges vont travailler au Luxembourg. Pour sauver l’économie luxembourgeois, on accepte donc la circulation du virus.

En regardant les deux infos ensemble, on constate que désormais, la voie est libre entre la Grande Bretagne et le Luxembourg – puisque les routiers ayant séjourné moins de 48 en Grande Bretagne, ne seront même plus testés.

Nous sommes aujourd’hui à des années-lumière d’une stratégie européenne – mais ce « tricotage national » ne permettra pas de combattre ce virus. Au bout d’une année de vie avec ce virus, avec ses conséquences sociales, sanitaires et économiques, chaque état continue à ne regarder que son nombril. Avec de telles approches, une seule chose est certaine – ce virus avec ses variants restera encore très longtemps avec nous. Mais puisque nos responsables sont tellement contents de leur travail… (selon "Eurojournalis")

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mercredi 17 février 2021

Angela Merkel perd la main

Ah, le fédéralisme allemand – la chancelière n’arrive pas à imposer une stratégie anti-Covid fédérale face aux puissants ministres-présidents. Résultat : un chaos sans nom…

AngelaLe fédéralisme, c’est une très bonne chose. En temps normal. Actuellement, pendant la crise pandémique, le fédéralisme allemand pose un réel problème. Car de nombreux sujets relèvent de la compétence suprême des Länder, dont l’éducation. Pour imposer une stratégie nationale, Angela Merkel aurait dû invalider, au moins temporairement, ce principe fédéral, chose qui aurait été immédiatement contestée devant les tribunaux. Du coup, le gouvernement allemand peine à décréter des mesures au niveau national et le résultat en est une cacophonie qui fait que plus personne ne comprend la situation actuelle.

16 Länder, 16 stratégies différentes. Les Länder font ce qu’ils veulent, sans trop se soucier des autres. La question de la réouverture des crèches et des écoles est gérée différemment dans tous les Länder, tout comme la question de l’ouverture des magasins. Depuis la dernière rencontre entre Angela Merkel et les ministre-présidents, ces derniers annoncent chacun ses propres plans – ce qui posera de plus en plus de problèmes. Là où les magasins restent encore fermés, les gens se rendront dans le Land voisin où, éventuellement, les magasins sont ouverts. Les enfants du même âge ne rentreront pas au même moment à l’école : les uns reprennent encore au mois de février, d’autres au mois de mars, les uns en présentiel réduit, les autres en télé-enseignement et la situation s’échappe de plus en plus à tout contrôle national.

Idem en ce qui concerne le prolongement des mesures sanitaires, fixé maintenant au 7 mars. La chancelière, très inquiète par la propagation rapide de différents variants du virus en Allemagne, voulait imposer un prolongement jusqu’au 15 mars – mais les ministre-présidents n’ont pas suivi. Ce qui complique la situation davantage, ce sont les importantes élections régionales dans plusieurs Länder au mois de mars – du coup, les gouvernements sortants hésitent à imposer des mesures sanitaires, mais ils veulent, au contraire, briller en allégeant le plus rapidement possible les mesures. Histoire de pouvoir dire : « regardez, on fait tout pour que vous puissiez à nouveau vivre normalement. » Même si cette attitude risque de replonger les Länder dans la « troisième vague » que craint le gouvernement.

En temps normal, le fédéralisme allemand est une excellente forme d’organisation administrative. Ce système représente le contraire d’un état centralisé et permet, pour la plupart des sujets, une gestion proche des réalités du terrain. Mais dans cette crise sanitaire, ce même fédéralisme transforme le gouvernement fédéral en une sorte de tigre sans dents. Angela Merkel ne peut pas décider grande chose, son ministre de la santé Jens Spahn doit se limiter à formuler des « recommandations » qui sont suivies ou pas.

Mais la baisse que l’on observe actuellement dans plusieurs pays, n’est qu’une prise de vue instantanée. Beaucoup dépendra maintenant des différents variants qui circulent dans tous nos pays et dont on ignore encore beaucoup. Certains variants se propagent trois fois plus vite que le virus d’origine, mais ne mènent pas souvent à des maladies très graves ; d’autres se transmettent plus lentement, mais semblent déjà être immunisés contre les vaccins et sur d’autres, on ignore encore tout. Dans une situation aussi tendue, il serait souhaitable si le gouvernement pouvait décider des mesures, sans que les ministre-présidents puissent les invalider à souhait.

Considérant l’impossibilité de mettre d’accord 16 ministre-présidents et une chancelière, on comprend aussi l’incapacité de développer une perspective européenne. Car au niveau européen, c’est le même problème. Tout le monde parle de la nécessité de combattre la pandémie à l’échelle européenne avec une stratégie concertée, mais aucun pays n’entreprend de sérieux efforts pour lancer une telle approche.

Il ne faudra, malheureusement, pas compter sur les institutions européennes pour prendre une telle initiative européenne. La Commission est trop occupée à satisfaire les marchés financiers et les intérêts de l’industrie pharmaceutique, le Parlement Européen ne dispose pas des compétences pour lancer une approche européenne et au Conseil Européen, les chefs d’état et des gouvernements ne défendent que leurs intérêts nationaux.

Lorsque cette pandémie sera un jour maîtrisée, il faudra revoir le fonctionnement de nos systèmes politiques et administratifs – car en l’état, tous les systèmes touchent à leurs limites. Mais est-ce que ceux qui portent la responsabilité pour ces systèmes, auront la grandeur d’âme de révolutionner des systèmes dont ils profitent à titre personnel ? Il faut malheureusement craindre que le monde politique et administratif s’accrochera jusqu’au dernier moment à ces systèmes qui sont en train de démontrer leur manque d’efficacité. (selon Eurojournalist)

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jeudi 28 janvier 2021

Reconnu innocent, et pourtant...

Scandale: Alassane Ouattara voudrait assigner Laurent Gbagbo à résidence privée à Mama à son retour en Côte d’Ivoire

gbagbo3Selon des informations dignes de foi, Alassane Ouattara qui a brigué en toute illégalité un 3e mandat anticonstitutionnel sans avoir été élu par le peuple de Côte d’Ivoire, voudrait assigner le président Laurent Gbagbo à résidence privée dans son village natal de Mama (Gagnoa) à son retour en Côte d’Ivoire, et lui interdire tout déplacement notamment à Abidjan, la capitale où pourtant vivent son épouse Simone Gbagbo et ses enfants.

Ce serait l'une des conditions qu’il pose à son retour en Côte d’Ivoire.

Une autre condition serait de lui interdire de faire de la politique une fois rentré, autrement dit le contraindre à une retraite politique anticipée.

En contre-partie, il abandonnerait sa condamnation à 20 ans de prison dans l’affaire du casse de la BCEAO par la justice ivoirienne sans même avoir été convoqué au procès.
Son premier ministre Hamed Bakayoko était porteur de ces propositions indécentes lors de sa recente visite privée en France où il s’est entretenu au téléphone avec Laurent Gbagbo, selon nos informations.

Il lui aurait même proposé d’appeler Alassane Ouattara comme signe de dégel politique entre les deux hommes.
Refus catégorique du président du front populaire ivoirien sur toute la ligne.

Laurent Gbagbo aurait tenu un langage de fermeté à son interlocuteur, lui faisant savoir que jamais il ne marchanderait sa liberté et son retour en Côte d’Ivoire son pays natal, ce qui est un droit et non une quelconque faveur de qui que ce soit.

Concernant sa condamnation à 20 ans de prison en Côte d’Ivoire, il l’a rejetée catégoriquement car il a été blanchi de toutes les charges même les plus fantaisistes par la cour pénale internationale. Il entend maintenant jouir pleinement de sa liberté.

On comprend alors pourquoi, alors qu’il avait annoncé son retour en décembre 2020 en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo n’a toujours pas foulé la terre de ses ancêtres. Il fait comme on le voit, l’objet d’un chantage incroyable de la part d’Alassane Ouattara, qui manifestement a une peur bleue de son retour.

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mardi 12 janvier 2021

Voilà où mène le populisme

Après 4 ans de « fake news » de Donald Trump, les Etats-Unis ont perdu la tête. Le pays mettra longtemps pour digérer cette attaque sur la démocratie. Et cela peut arriver chez nous aussi.

congr_s« Stand back, stand by », avait lancé Donald Trump en direction des ultra-nationalistes violents, « reculez pour l’instant, mais tenez-vous prêts » et ses disciples l’ont écouté. Il s’en est fallu de peu pour que les « trumpistes » s’emparent du Congrès, des bulletins de vote, de l’élection présidentielle. La composition du groupe de manifestants à Washington fait forcément penser aux « Querdenker » en Allemagne et aux « Gilets jaunes » en France – c’est l’insurrection des couches de la société qui actuellement, sont à deux doigts de tomber dans la nouvelle précarité engendrée par la crise sanitaire. Le phénomène n’est pas un phénomène américain, mais mondial. Partout, les gens commencent à ne plus respecter les institutions démocratiques et s’attaquent ouvertement à tout ce qui représente l’état. Ce sont les populistes-nationalistes qui en portent l’entière responsabilité pour cette éruption d’une « colère populaire », qui n’en est pas une, mais le résultat d’une manipulation par justement ces populistes.

Aux Etats-Unis, c’est Donald Trump qui devra répondre de cette insurrection et surtout, de tout ce qui a mené à cette escalade de la violence. Le fait qu’il continue encore aujourd’hui de raconter qu’il ait gagné cette élection qu’il a perdu avec une différence de 7 millions de voix, a pris chez les esprits simples qui croient tout ce qu’il dit. Dans cette frange de la population, on se fiche du fait qu’aucun cas de fraude électorale n’a été constaté par les tribunaux américains, même pas par les tribunaux acquis à la cause de Trump et des Républicains. Mais le populisme fonctionne ainsi – il faut manipuler ceux qui sont faciles à manipuler. Et depuis la nuit des temps, ça fonctionne.

Hier soir, les « Querdenker » allemands et les « gilets jaunes » français ont du se délecter devant la télévision. Quelques semaines après que des « Querdenker » allemands, aussi fous et agressifs que les « trumpistes », avaient tenté de s’introduire dans le parlement allemand à Berlin, ces images ont certainement donné des idées aux extrémistes européens. « Si eux peuvent le faire aux Etats-Unis, pourquoi on ne le fait pas chez nous ? », ont du penser les extrémistes européens. Il faudra sans doute s’attendre à une montée de la violence également chez nous.

Nous sommes au carrefour des époques. « L’ancien monde », que ce soit aux Etats-Unis, en Allemagne, en Grande Bretagne ou en France, est toujours en place et ne comprend pas que seules, des changements majeurs pourront sauver les systèmes en place, une sorte de « révolution d’en-haut », mais à vrai dire, le personnel politique actuel manque tellement de carrure et de visions qu’il est exclu que ces changements soient initiés par le personnel en place et ce, malheureusement dans tous les pays. Par conséquent, les changements viendront d’en bas, de la part de groupes et personnes qu’on a vu hier à Washington et que l’on voit tous les week-ends à Paris ou à Berlin.

La réponse « militaire » qui est la seule réponse des gouvernements en place, ne pourra pas pacifier les sociétés en colère, au contraire. Ni aux Etats-Unis, ni en France, ni en Allemagne. Les « bobos de gauche » dans leurs F4 spacieux dans les quartiers huppés qui stimulent ces affrontements en les applaudissant des deux mains, devraient se taire – ils feront partie de ceux que les meutes en colère n’épargneront pas non plus.

Mais comment sortir d’une telle crise extraordinaire ? Est-ce qu’il n’est pas déjà trop tard pour un dialogue sociétal ? La balle est dans le camp des responsables et ceci est autant valable pour les gouvernements nationaux que pour les institutions européennes. Depuis des années, on nous promet des réformes, « un nouveau projet européen », des sociétés qui « mettent l’être humain au centre de leur action », mais dans les faits, la politique se limite aujourd’hui surtout à créer des conditions favorables pour les « marchés financiers » qui eux, tireront leur épingle du jeu, quoi qu’il arrive. Ceux qui resteront en rade, sont ceux qu’on a vus hier à Washington et que l’on voit les week-ends à Paris, Berlin et d’autres grandes villes. Avec ce qui se dessine actuellement, le « Kärcher » ne suffira pas – soit, on démarre maintenant des réformes raisonnables, soit, les changements auront lieu dans la violence. Pour faire ce choix, il ne reste que peu de temps. (selon "Eurojournalist")

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vendredi 8 janvier 2021

Avec la CEA, les batailles régionales et cantonales sont lancées

Charles Sitzenstuhl, pris entre deux feux LR

CEAIl faallait s'y attendre ! La bataille pour les élections de juin 2021 a bien commencé, notamment la bataille interne aux LR de part et d'autre de l'ex-frontière entre Bas-Rhin et Haut-Rhin, le "Landgraben".

Et le jeune élu régional LR l'a immédiatement senti et pris position dans un communiqué plus ou moins vaseux à la presse. Vaseux, oui, car il ne contient aucune proposition nouvelle, même pas pour la RN59 dont on ne sait toujours pas si la déviation de Châtenois sera à  deux ou quatre voies ! Bref, juste un texte de propagande interne aux LR pour s'attribuer des candidatures à venir ! On aurait pu s'attendre à autre chose de la part d'un jeune loup aux dents soi-disant acérées, mais en réalité encore bien inconnu sur son territoire électoral où il n'a encore rien prouvé.

Ainsi, il parle d'un projet commun pour l'Alsace, mais on ne sait pas lequel. Il parle d'illusions perdues et on se demande bien lesquelles. Il veut aller de l'avant, mais vers où ? Il énumère juste quelques têtes de chapitre sans en détailler le contenu. Et cela devrait donner un rôle déterminant à l'Alsace Centrale ? celle qui n'a plus aucun élu de poids depuis des décennies, ni au niveau départemental, ni au niveau régional et même pas au niveau sénatorial.  Et il s'imagine que rappeler la notion de berceau de l'humanisme rhénan (ce qui reste à prouver) suffira pour le faire réélire ? Peut-être ... Dans le Val de Villé il existe un chemin des ânes très connu. Sitzenstuhl va-t-il en faire son trajet de pélerinage ?

Prolonger ce chemin jusqu'à Sélestat où passe déjà la route de pélerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle,  mettrait le Centre-Alsace à la croisée d'un chemin est-ouest et d'un autre nord-sud, ce serait certainement déjà un progrès... La réélection du célèbre Charles Sitzenstuhl, devenu un conseiller de poids, pourrait se faire à ce prix. Et d'un coup de baguettre magique, ce brave LR sarkozyste sera devenu un courageux militant macroniste. Alors, en marche !

_nes

Posté par jl boehler à 05:37 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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