lundi 10 février 2020

Un ver plat invasif prolifère en France

C'est un prédateur qui vit la nuit et qui se déplace très lentement, mais qui est en train d'envahir la France et l'Europe. Une espèce de ver plat venu d'Argentine qui constituerait une menace pour la biodiversité et qui a été signalée dans les trois quarts des jardins français.

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Ce ver mesure entre 5 et 10 cm, il est de couleur brune, il se déplace très lentement et son nom c'est « Obama nungara ». Il n'y aucun lien avec l'ancien président des États-Unis, mais cela signifie « plat comme une feuille » dans une langue amérindienne.

Ce ver est venu tout droit d'Argentine à cause du commerce de fleurs en pot. Désormais on en retrouve des milliards dans plus de 70 départements de France Métropolitaine.

Sa découverte, on la doit à un habitant du sud de la France. Il découvre dans son jardin un petit ver inconnu et envoie sa photo sur les réseaux spécialisés. Pendant 5 ans, des scientifiques de différents pays s'organisent et constatent sa propagation.

Le problème de cette nouvelle espèce est qu'elle mange les animaux du sol, les vers de terre, les escargots... Ce qui peut potentiellement mettre en péril la biodiversité.

Pour l'instant les spécialistes ne semblent pas avoir de moyen pour contrer sa propagation, car il est très compliqué de s'en débarrasser. (selon RFI)

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vendredi 7 février 2020

La perliculture empoisonnée par les microplastiques

L'Ifremer étudie depuis plus d'un an l'impact de la pollution aux microplastiques sur les huîtres perlières des Tuamotu avec le projet MICROLAG. Les premiers résultats sont très inquiétants : les lagons perlicoles des Tuamotu sont très touchés par cette nouvelle forme de pollution qui semble avoir un impact inquiétant sur nos huîtres.

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Après la crise du secteur de la perle dans la fin des années 90, de nombreuses fermes perlières ont été abandonnées, laissant derrière elles les vestiges de leur activité au fond des lagons. Ces structures abandonnées, en plus des bâtiments, sont quasi-exclusivement constituées de plastique. Sous l'effet de la chaleur, du soleil, des vagues et du vent, le plastique se dégrade, conduisant à la formation de fragments de plus petites tailles (moins de 5 mm) : on parle de micro- et nanoplastiques. Cette pollution est aggravée par la pollution plastique issue des activités courantes des populations locales (eaux usées émanant des machines à laver, consommation de matières plastiques diverses, etc.) qui finissent dans le lagon, mais également celle apportée par les courants depuis les grands pays pollueurs de la région (Amérique, Asie)...

Pour déterminer l'importance du phénomène et son impact éventuel sur l’huître perlière, l'Ifremer a lancé le projet MICROLAG (acronyme de MICROplatisques dans les LAGons) se déroulant sur une période de trois ans, dans lequel s'inscrit la thèse du doctorant Tony Gardon. Le jeune chercheur a présenté ses premiers résultats, après plus de deux ans de travail, lors des Conférences de la Recherche qui se sont déroulées jeudi dernier à l'Université. Il y a d'ailleurs remporté un prix de 200 000 francs financé par Europcar pour récompenser la qualité de ses recherches..

QUATRE LAGONS DES TUAMOTU ÉTUDIÉS

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Sur cette photo, les microplastiques trouvés dans un filtre de Tony Gardon lors d'un prélèvement de 150 m3 dans l'atoll de Ahe en 2018, une fois traité et filtré dans le laboratoire de l'Ifremer.

Tony Gardon a étudié quatre lagons perlicoles des Tuamotu. Des prélèvements d’eau ont été réalisés avec des filtres correspondant à la tailles des particules ingérées par l’huître perlière. Ces prélèvements d’eau ont été traités en dissociant les éléments organiques (petits poissons, copépodes, algues, etc.), la nourriture des huîtres, des particules plastiques.

Cette première étude a révélé des résultats très inquiétants : 5 à 8% de toutes les particules de cette taille seraient... du plastique (en détails, "les résultats en termes de concentrations sont de 2.5 à 4.5 particules plastiques par m3 dans les eaux de surface et près de 176 particules par m3 dans la colonne d’eau" explique Tony Gardon). C'est un niveau de pollution proche de celui constaté au large d'Israël, dans la mer méditerranée ! Et au moins 40% de ces plastiques sont les mêmes que ceux utilisés par l'industrie de la perliculture.

Pire, les huîtres perlières sont de grandes filtreuses d'eau. Elles absorbent l'eau, en retirent ce dont elles ont besoin pour se nourrir et recrachent le reste. Elles se retrouvent donc aujourd'hui à manger de plus en plus de plastiques.
DES GONADES TRANSFORMÉES EN GRUYÈRE PAR LES PLASTIQUE

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Pour tester l'effet de ces plastiques sur la santé de notre Pinctada margaritifera, Tony Gardon a mené une expérience avec des micro-billes de polystyrène (6 et 10 µm), très utilisées en laboratoire pour ces expériences. L'impact a été énorme sur les huîtres, surtout à hautes doses : baisse de l'assimilation des nutriments, dérèglements énergétiques chez l'animal, chute de la production de gamètes... "Les gonades deviennent comme un gruyère avec des petits trous, jusqu'à rendre l'huitre incapable de se reproduire" a présenté le doctorant devant un parterre de scientifiques aussi choqué que le public.

Ces premiers résultats ne sont bien sûr que préliminaires, et Tony Gardon a encore beaucoup de travail à effectuer dans les deux ans qui viennent pour bien cadrer le problème. Il est actuellement en train d‘exploiter les résultats d’une longue expérimentation de 5 mois visant à simuler le cycle de production d’une perle, mais cette fois en ayant exposé des huîtres à des conditions réelles c'est-à-dire avec des "microplastiques faits maison qui ressemblent beaucoup plus à ceux trouvés dans les lagons perlicoles". Ainsi, il pourra étudier l’impact des microplastiques sur la santé de l’huître perlière et la qualité de la perle produite dans des conditions réalistes pour appréhender cette menace émergente qui pèse sur la filière perlicole. Et il va enfin devoir s'attaquer à tout un autre pan du problème : les nanoplastiques, des particules de plastiques encore plus minuscules... Et probablement encore plus dangereuses. (selon "Tahiti infos")

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vendredi 31 janvier 2020

Bien-être animal

Paris et Berlin s’engagent à mettre fin au broyage des poussins

poussinsLes ministres français et allemand de l’agriculture et de l’Alimentation ont participé au séminaire de Berlin, lundi 13 janvier. Lors de cette rencontre, Didier Guillaume et Julia Klöckner ont affiché leur volonté de mettre fin au broyage de poussins mâles. Ils s’étaient déjà engagés, le 16 octobre 2019 lors du Conseil des ministres franco-allemand à Toulouse, à mettre un terme à cette pratique inacceptable du point de vue de la protection animaled’ici fin 2021.

Lors de ce séminaire, les deux ministres ont réuni les organisations professionnelles avicoles, les organismes de recherche, les entreprises, qui mettent les procédés sur le marché, les instituts techniques, et les associations de protection animale des deux pays, est-il indiqué dans un communiqué de presse. Un partenariat bilatéral a été formalisé, avec un cadre de travail sur 2020 et 2021 portant à la fois sur la recherche appliquée et l’innovation, et sur les développements industriels.

Une plate-forme d’échanges

Un consortium franco-allemand a été lancé, avec comme mission le partage des connaissances scientifiques et la mise en œuvre de méthodes alternatives dans la pratique. Plus concrètement, les deux ministres ont annoncé la création d’une plate-forme d’échanges, avec des réunions organisées en Allemagne et en France qui permettront de piloter et de suivre les actions engagées

Chaque année, 90 millions de poussins mâles sont éliminés en France et en Allemagne, car ils ne pondent pas et donnent peu de viande. Pour mettre fin à cette pratique, des alternatives sont étudiées. L’une d’elles consiste à identifier le sexe du poussin avant éclosion de l’œuf. Cette technique permettrait alors de détruire ou utiliser à d’autres fins les œufs mâles avant l’éclosion des poussins, indique l'association UFC-Que choisir. 

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jeudi 5 décembre 2019

Forte croissance du trafic de chimpanzés

Les chimpanzés sont des animaux protégés particulièrement ciblés par les trafiquants fauniques et leurs réseaux. Le trafic de cette espèce est particulièrement préoccupant en Côte d’Ivoire.

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Il y a de cela 29 ans, la Côte d’Ivoire comptait entre 8.000 et 12.000 chimpanzés. Selon les derniers chiffres officiels publiés dans la revue Current Biology datée d’Octobre 2008 (se basant sur un recensement des nids de chimpanzés entre juillet à décembre l’année précédente), 1.000 était alors le nombre de chimpanzés dans les parcs nationaux ivoiriens. Le parc de Taï dans l’ouest de la Côte d’Ivoire comptait à lui seul près de 500 individus. Ces chiffres datent d’il y a presque 10 ans et certaines ONG estiment que la population de chimpanzé dans le pays ne doit guère avoisiner le millier d’individus en raison d’un trafic intense. Les braconniers et autres revendeurs illégaux s’attaquent à l’espèce dès le berceau.

Les bébés et très jeunes chimpanzés sont les plus prisés par les acheteurs, généralement richissimes demandeurs originaires d’Asie du sud-est, du golfe persique, de la Chine, de l’Europe ou des Etats-Unis pour servir d’animal de compagnie. Pour un seul bébé chimpanzé capturé, une dizaine d’adultes sont tués. L’animal vivant en clan est très protecteur, prêt à tout pour protéger les jeunes du groupe. Les braconniers et les réseaux de revendeurs ont aussi pu asseoir un mécanisme sophistiqué de corruption d’agent de l’Etat. Faux documents administratifs, corruption de policiers et douaniers sont autant d’actes qui favorisent le trafic.

Pour preuve, des journalistes d’investigations de la BBC ont pu se procurer de faux permis d’exportation de chimpanzé contre la somme de 4.000 dollars l’unité ; soit 2.000.000 Fcfa en décembre 2016 à Abidjan lors d’une enquête-reportage sur le trafic du chimpanzé. Les trafiquants pillent le patrimoine et les ressources naturelles du pays, compromettant ainsi la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, et la transition vers des économies vertes.

Comment freiner ce trafic ?

Pour freine ce trafic, « il faut d’abord empêcher les gens d’acheter les chimpanzés » soutient Sarah Crawford, Directrice de Akatia, une ONG spécialisée dans la conservation du chimpanzé en Côte d’Ivoire. « Il faut qu’il soit toujours une amende pour toute personne trouvée avec un chimpanzé à la maison. Il faut également toujours poursuivre les trafiquants ». Des poursuites dont les autorités ivoiriennes assistées d’EAGLE-Côte d’Ivoire sont en train d’intensifier actuellement.

Dans la même veine de solutions, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) avait proposé certaines recommandations un rapport d’évaluation publié en 2013 car selon le PNUE, réussir la lutte contre le commerce illégal chimpanzés équivaut à enquêter d’une part sur les trafiquants et les acquéreurs internationaux de grands singes en raison de leur complicité dans le cadre d’activités de criminalité organisée transfrontalière. Et de d’autres part, améliorer la formation des officiers de polices, des agents des douanes et du corps judiciaire sur les problèmes liés au commerce illégal des grands singes, aux atteintes portées à l’environnement et au trafic d’espèces sauvages.

Aussi, il s’agit d’intégrer des mesures de lutte contre la corruption dans les initiatives d’application de la loi tout en mettant en place de nouveaux permis CITES (Convention Internationale sur le Commerce des Espèces Sauvages en voie d’extinction) et réviser les systèmes de rapports pour lutter contre la contrefaçon et la falsification, et lutter contre le commerce en mettant l’accent sur la législation et les sanctions dissuasives.

Vers une législation plus dissuasive

Le commerce illégal des espèces protégées ne faiblit pas, conscient des dangers qui guettent la faune et la flore ivoirienne du fait de l’accroissement du trafic lié aux espèces sauvages, la Côte d’Ivoire entame sa révolution au niveau de la loi sur la faunique puisque l’actuelle loi N°65-255 du 4 août 1965 relative à la protection de la faune et à l’exercice de la chasse, s’élève à seulement un an de prison. Les 8 et 9 août, le Ministère des Eaux et Forêts a initié un atelier national d’analyse et de validation des textes sur l’avant-projet de loi relative à la faune. Avec ses partenaires, ils se sont planchés sur la révision de la loi obsolète de ladite loi.

Si le projet de loi est adopté, un trafiquant de chimpanzé pourrait par exemple désormais être puni d’une peine d’emprisonnement allant de 10 à 20 ans et d’une amende de 10.000.000 à 100.000.000 francs CFA ou de l’une de deux peines, sans préjudice des dommages et intérêts, enfreint les dispositions de la présente loi et de ses textes d’application, concernant une espèce inscrite à l’annexe 1. Des peines qui correspondraient mieux à la hauteur des crimes fauniques selon les organisations de défenses des espèces protégées.

Elles espèrent de cette nouvelle loi, un moyen efficace pour réduire considérablement le trafic illégal des espèces protégées et par la même occasion mettre en mauvaise posture les trafiquants, mais surtout sauver le peu d’espèces protégées dont le pays regorge.  Les chimpanzés d’Afrique de l’Ouest sont parmi les plus menacés parmi la famille des grands singes. Et depuis 2016, ils sont classés en danger critique d’extinction par la CITES. (Source : EAGLE, Côte d'Ivoire)

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mercredi 27 novembre 2019

Compteur Linky : une octogénaire fait condamner EDF et Enedis

Une habitante d'Arras (Pas-de-Calais) vient de remporter une manche judiciaire dans son combat contre Enedis et EDF. L'octogénaire avait vu sa facture annuelle bondir de 100 à près de 500 euros après l’installation d’un compteur Linky à son domicile.

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Gilberte Morel, 85 ans, surnommée "Mamie Linky", a obtenu gain de cause vendredi devant le tribunal d'Arras dans le Pas-de-Calais.

Cette octogénaire avait attaqué EDF et Enedis devant la justice après l'installation d'un compteur connecté qui a multiplié par cinq sa facture annuelle d'électricité la faisant passer de 100 à près de 500 euros.

Vendredi, les deux entreprises ont été condamnées pour lui avoir coupé l'électricité car elle refusait de payer la facture astronomique et erronée une fois posé le compteur électrique controversé Linky, selon le jugement. 

"La hausse des consommations relevées juste après la pose du nouveau compteur conjuguée à leur baisse juste après l'intervention de la société Enedis démontre un problème de ce compteur", peut-on lire dans le jugement. 

Le compteur de cette habitante est remplacé par un compteur Linky fin février 2017. Huit mois plus tard, EDF lui facture 348 euros au titre de sa consommation électrique, ce qu'elle conteste, faisant valoir que le montant était "bien supérieur à la facturation habituelle" alors qu'elle n'a pas changé de mode de vie et règle 60 euros. 

Deux mois sans électricité !

EDF a fini par lui couper l'électricité pendant deux mois, entre septembre et novembre 2018. 

Le juge a estimé que les éléments du dossier attestent que selon l'ancien compteur, sa consommation était en moyenne de 6 kWh par mois de juin 2014 à février 2017 et que d'après le compteur Linky, elle était de 275 kWh par mois du 28 février 2017 au 28 avril 2018.  

Sur la période du 28 avril 2018, soit juste après une intervention d'Enedis mettant fin au problème, à fin août 2018, elle était au total de 36 kWh. 

Les compteurs connectés Linky suscitent chez certains des inquiétudes sur la vie privée et pour la santé en raison des ondes électromagnétiques qu'ils émettraient, ce que Linky réfute. (selon AFP)

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samedi 2 novembre 2019

Un trafiquant vietnamien d’espèces protégées condamné

Le trafiquant international vietnamien Tran Van Tu et ses complices ont été condamnés pour trafic d’espèces protégées. Ce verdict rendu ce vendredi 31 Mai émane du Tribunal de première instance (TPI) d’Abidjan Plateau.

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Tran Van Tu et ses autres complices ont écopé de la peine maximale prévue par la loi ivoirienne (N° 65-255 du 04 aout 1965) relative à la protection de la faune et à l’exercice de la chasse. Ils sont tombés dans les filets de la police dans le cadre d’une opération dénommée ‘Stop à l’ivoire’ lancée du 18 au 21 janvier puis les 21 mars 2018 par les autorités ivoiriennes avec l’assistance technique de EAGLE-Côte d’Ivoire et du grand réseau EAGLE international. Les trafiquants ont obtenu et gardé par devers eux – avec intention de revendre – 469,15 kg d’ivoire et 578 kg d’écailles de pangolins. L’objet de la saisie représente des parties d’espèces intégralement protégée par la loi faunique ivoirienne.

La structure du réseau criminel est composée de trois trafiquants asiatiques. Il s’agit de Tran Van Tu et Phung Tan Hung de nationalité vietnamienne qui sont à la tête du réseau et du français d’origine chinoise Zhang Fan Paul. Ils sont épaulés par le guinéen Koné Kabiné, le burkinabé Ouédraogo Moussa et l’ivoirien Vanié Bi Magloire Luc.

Le juge a suivi le réquisitoire de la procureure qui avait requis au cours de l’audience une peine exemplaire assortie d’amendes contre chacun des prévenus. Les prévenus ont été reconnus coupables pour infraction et complicité d’infraction à la législation relative à la protection de la faune et à l’exercice de la chasse. Ils écopent que de 12 mois de prison ferme qui est la peine maximum et assortie de 300.000 F CFA d’amende chacun comme prévue par les textes régissant la faune en ses articles 32 et 33.

Tran Van Tu et Zhang Fan Paul ont aussi été entendu pour d’autres faits retenus contre eux, notamment la détention illégale d’armes à feu de 6ème et 7ème catégories découvertes chez eux lors de leur arrestation. Notons que les trafiquants étaient incarcérés depuis leur arrestation à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA). Le réseau criminel de Tran van Tu est l’un des réseaux spécialisés du crime faunique le plus sophistiqué jamais démantelé en Côte d’Ivoire. (Ebony T. Christian – source EAGLE-Côte d’Ivoire)

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samedi 12 octobre 2019

Eau radioactive de Fukushima

Un casse-tête pour le monde nucléaire

fukushimaUn champ de gigantesques citernes, des hangars pleins de cuves et tuyauteries où bruissent des machines assourdissantes, des hommes en combinaisons de protection, casqués, masqués: cette image illustre le calvaire de la gestion de l'eau contaminée dont on ne sait que faire à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi.

Plus d'un million de tonnes d'eau est stockée dans l'enceinte de ce site ravagé par le tsunami de mars 2011.
Pomper, pomper, filtrer, filtrer et filtrer encore pour enlever autant que possible les éléments radioactifs de cette eau qui descend en permanence des montagnes ou provient du système de refroidissement, c'est le quotidien des travailleurs de "ichi-efu" (1F), surnom de la centrale.
Un mur d'enceinte souterrain en glace et d'autres techniques un peu folles ont permis de réduire de plus de moitié, à 150 tonnes, les quantités d'eau nouvellement contaminées chaque jour. 
Dans le hangar-usine où tourne le système de décontamination ALPS, c'est "zone Y", synonyme de danger: "les filtres de la machinerie contiennent les radionucléides, donc il faut être très protégé ici, tout comme dans les bâtiments des réacteurs", explique Katsutoshi Oyama, chargé de la gestion du risque chez Tepco.
L'eau, c'est un cauchemar: il y a déjà sur place un millier de futs d'une capacité unitaire allant jusqu’à 1.200 tonnes: ils ont pris la place de cerisiers qui égayaient le printemps.
"Nous allons en construire d'autres également sur le site jusqu'à fin 2020 et nous pensons que toutes les citernes seront pleines vers l'été 2022", indique Junichi Matsumoto, un responsable de l'entité de Tepco chargée du démantèlement.

"Sous contrôle"

Que faire ensuite de cette eau ? 
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pousse pour la dilution en mer, mais pour le moment, ce n'est pas faisable car, comme l'a reconnu Tepco, une grande partie est encore lourdement chargée en éléments radioactifs dangereux pour la chaîne alimentaire, dont du strontium 90.
"Les premières générations du système ALPS n'étaient pas assez performantes", précise un porte-parole de Tepco.
Et même si au bout de plusieurs passages prévus dans les filtres d'ALPS une soixantaine de radionucléides finissent par être supprimés, il en restera toujours un, le tritium.
Présent naturellement dans l'environnement, il l'est aussi sous forme artificielle depuis des décennies, car "l'industrie nucléaire (réacteurs, usines de traitement de combustibles irradiés) en rejette de façon localisée", selon l’Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). 
A la crainte de l'absence de transparence, s'ajoute à Fukushima le problème de la quantité énorme d'eau traitée.
Comme l'a rappelé à Tepco un journaliste sud-coréen lors de la visite du site, de l'eau radioactive avait été lâchée en mer juste après l'accident "sans demander l'avis des pays voisins".
"C'est exact: en avril 2011, dans l'urgence, nous avions évacué des eaux accumulées dans les installations sans en référer à la Corée du Sud ni aux autres, mais cette fois, l'Etat a l'intention de demander leur avis aux régions et pays concernés", a répondu M. Matsumoto. 

Un vrai débat

La décision n'est cependant pas pour demain, notamment en raison du risque politique très important à moins d'un an des jeux Olympiques de Tokyo, obtenus entre autre grâce à la l'affirmation du Premier ministre Shinzo Abe faite au Comité international olympique et restée dans les annales à propos de la pollution radioactive marine: "la situation est sous contrôle".
"Nous voulons étudier la manière de minimiser les dégâts dus à la mauvaise réputation de la région et des produits de Fukushima", précise un responsable du ministère de l'Industrie.
Pour les écologistes, la réponse est en revanche claire: le rejet dans l'océan, c'est "non".
"Tepco doit investir dans les meilleures technologies capables d'extraire de cette eau les radionucléides dangereux comme le strontium 90 et développer des moyens face au tritium", juge Shaun Burnie, spécialiste de l'énergie nucléaire au sein de l'organisme Greenpeace.
Tepco avait fait des propositions techniques pour supprimer le tritium mais elles ont été abandonnées pour des raisons financières.
"Rejet dans l'océan ? Je suis absolument contre", dit également Kyoichi Kamiyama, directeur du département radioactivité du Centre de recherche de la pêche et des milieux marins de la préfecture de Fukushima.
"Nous sommes peut-être à l'orée d'un vrai débat sur la meilleure option face à cette crise de l'eau", veut croire M. Burnie pour qui la solution est un stockage de long terme accompagné d'un traitement de purification renforcé. (selon AFP et Tahiti-info)

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lundi 7 octobre 2019

En Martinique, un port de plaisance construit en toute illégalité

Les dirigeants d'une société de carénage, le maire de la commune du Marin et l'ancien directeur de la mer ont été mis en examen par le parquet de Fort-de-France.

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Ce devait être à la base une aire de carénage par délégation de service public confiée à l’entreprise Carenantilles. La mairie du Marin, sous-préfecture du sud de la Martinique, avait en effet confié en 2014 à Jean-Louis Lucy de Fossarieu et son fils Arthur, patrons de Carenantilles, l’exploitation du centre de carénage local. Mais les Lucy de Fossarieu l’auraient transformé en rutilant port de plaisance, y ajoutant des pontons capables d’accueillir deux méga yachts et 70 bateaux, le tout… pour leur usage personnel. Le 20 septembre, Jean-Louis et Arthur Lucy de Fossarieu, le maire du Marin et ancien sénateur (Parti progressiste martiniquais, gauche) Rodolphe Désiré, ainsi que l’ancien directeur de la mer de Martinique, Michel Pelletier, ont été mis en examen.

«Favoritisme», «recel de favoritisme», «corruption active et passive», «concussion», «abus de biens sociaux», «travail dissimulé», «blanchiment de fraude fiscale», «exercice sans autorisation d’une activité nuisible à l’eau»…, pas moins de onze chefs d’accusation sont égrenés par le procureur de la République, Renaud Gaudeul, dans un communiqué diffusé le 23 septembre. Rodolphe Désiré et Arthur Lucy de Fossarieu ont été placés sous contrôle judiciaire, tandis que Jean-Louis Lucy de Fossarieu a été placé de détention provisoire.

Dénonciation anonyme

L’affaire débute en décembre 2018 par un courrier anonyme envoyé au parquet de Fort-de-France, dénonçant la construction illégale d’un port de plaisance sur la commune du Marin, au profit de l’entreprise Carenantilles. La missive pointe du doigt l’attribution de la délégation de service public, «obtenue dans des conditions illicites», précise le procureur de la République, «car ne respectant pas le principe d’égalité qui doit prévaloir entre les candidats». Puis, en 2017, la mairie aurait attribué un droit d’exploitation pour de nouveaux pontons, dont deux «servant de véritable port de plaisance sans aucun lien avec l’objet initial de la délégation de service public», le tout sans «aucune contrepartie fiscale». Jean-Louis Lucy de Fossarieu aurait obtenu des avantages «grâce à des contreparties offertes à diverses personnes».

Pour les magistrats, le chef d’entreprise aurait également régulièrement utilisé les fonds de ses deux sociétés à des fins personnelles, et notamment au profit de son fils Arthur, 30 ans, cogérant de la société Carenantilles. Ce dernier serait également «complice des faits de travail dissimulé», commis au sein de l’entreprise : les Lucy de Fossarieu auraient mis en place un système de travail occulte, puisque toutes les heures de travail des salariés n’étaient pas déclarées.

Direction de la mer corrompue?

Quant à l’ancien directeur de la mer, Michel Pelletier, il aurait été prévenu par un fonctionnaire des affaires maritimes, et «n’aurait pas réagi», selon nos confrères de Martinique 1re. Vivant désormais en Guyane, il est également soupçonné de corruption passive et de violation du secret de l’enquête. Militaire, il dépend d’une juridiction spécialisée : le parquet de Fort-de-France s’est donc dessaisi de son cas, au profit de celui de Cayenne.

Mercredi 25 septembre, les édiles martiniquais réunis par l’association des maires de Martinique ont exprimé leur soutien à Rodolphe Désiré, indiquant qu’il «avait fait de sa ville l’un des ports de plaisance les plus renommés et plus développés de la Caraïbe». Mais à quel prix? (De Léa Mormin-Chauvac dans "Libération")

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mardi 1 octobre 2019

Forêts d'Europe en danger

Plus de 40% des espèces d'arbres présents en Europe menacées d'extinction

arbres

Plus de 40% des espèces d'arbres présents en Europe sont menacées d'extinction, a alerté vendredi l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), un des principaux dangers étant l'introduction d'espèces envahissantes.

C'est la première fois que l'UICN, basée à Gland (Suisse), publie une "Liste rouge" des arbres européens. A cette occasion, l'organisation s'est penchée sur le sort des 454 espèces d'arbres présents sur le sol européen.

Certains d'entre eux poussent en Europe mais également ailleurs dans le monde. Parmi ces espèces, 42% sont considérées comme menacées et présentent donc un "risque élevé d'extinction", indique le rapport de l'UICN.

En ce qui concerne les espèces dites endémiques -- qui ne poussent qu'en Europe, 58% sont menacées et 15% sont en danger critique.

L'introduction d'espèces envahissantes, l'exploitation non durable des forêts et le développement urbain sont les principales menaces à l'origine du déclin des espèces d'arbres sur le sol européen.

Les maladies, la déforestation, l'élevage et la modification des écosystèmes, liés notamment aux incendies, sont autant d'autres dangers qui menacent les arbres en Europe.

"Il est alarmant de constater que plus de la moitié des espèces d'arbres endémiques d'Europe sont aujourd'hui menacées d'extinction", a déclaré Craig Hilton-Taylor, qui dirige l'unité en charge de l'élaboration de la "Liste rouge", cité dans un communiqué.

"Les arbres sont essentiels à la vie sur terre et les arbres européens dans toute leur diversité sont une source de nourriture et d'abri pour d'innombrables espèces animales telles que les oiseaux et les écureuils, et jouent un rôle économique clé", a-t-elle ajouté, appelant l'Union européenne à oeuvrer en faveur de leur survie.

Selon l'UICN, les sorbiers sont particulièrement en danger, les trois quarts des 170 espèces européennes de sorbiers étant considérées comme menacées.

Le marronnier d'Inde (marronier commun), attaqué par la mineuse du marronnier, un insecte ravageur venu des Balkans, est désormais considéré comme "vulnérable". (selon AFP)

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lundi 9 septembre 2019

Inondations en Afrique

Niamey désemparée face à la montée des eaux

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"Rien à faire: il est temps de vider les lieux!", juge Mamoudou Barkiré, un retraité en béquilles, impuissant devant l'avancée inexorable des eaux vers sa maison de terre dans le quartier Kirkissoye de Niamey.

Maisons effondrées, rizières et jardins envahis par les eaux... Plusieurs quartiers de la capitale nigérienne sont dévastés par les inondations provoquées par la crue exceptionnelle du fleuve Niger qui affectent l'ensemble du pays depuis juin.
Ces deux derniers jours, Mamoudou Barkiré a vainement tenté de combattre le fleuve en construisant des digues d'argile, en empilant des sacs de sable. La plupart de ses voisins ont déjà déserté les lieux depuis longtemps.
"Ma maigre pension de retraite me suffit à peine pour nourrir ma famille et voilà que je risque de perdre ma maison dans ces inondations", se lamente le vieil homme à la barbe blanche bien taillée et vêtu d'un djellaba. Des vieux matelas, des chaises, des vêtements, quelque vaisselle attendent dans un coin sec de la cour l'arrivée d'une charrette qui les transportera "vers un lieu plus sûr".
"Kirkissoye est subitement devenu un véritable marécage et la nuit c'est une cité fantôme", décrit Saouda Abdoulaye, une sinistrée de ce quartier, l'un plus touchés, reconnaissant avoir sous-estimé "les mises en garde des autorités".
Quelques enfants barbotent dans les eaux boueuses des ruelles. Des femmes téméraires font le ménage dans des cours de maisons aux murs déchirés et gorgées d'eau.
Une équipe de pompiers sillonne les zones affectées pour recenser les victimes et évaluer les dégâts. Ces crues sont provoquées par "les abondantes pluies" qui s'abattent sur le Niger et le Burkina Faso et par la rupture d'un barrage au Mali, a expliqué le gouverneur de Niamey, Assane Issaka Karanta.
Dès avant les inondations, il avait invité les habitants exposés "à ranger leurs bagages, à faire des réserves d'eau potable et de nourriture".
Mercredi, il a annoncé le "maintien" de "l'alerte rouge" lancée en début de semaine, au moment où les eaux ont atteint une hauteur de "638 centimètres", un seuil "jamais vu en plus de 50 ans".

Nuit blanche

La quasi-totalité du million et demi d'habitants de Niamey vivent sur les rives du fleuve et certains ont même construit leur maison dans son lit. Pour le moment "le pire est évité": les digues qui protègent la capitale sur une dizaine de km "tiennent bon", assure le maire de Niamey, Mouctar Mamoudou.
Par prudence, il a demandé aux résidents des zones inondées de gagner les sites gouvernementaux "aménagés".
Pourtant certains sont bien décidés à y rester pour défier les eaux.
"Dans tous les cas, on ne dort plus, si les eaux montent encore, on avisera", tranche Ali, membre d'une "brigade" qui "veille" sur les rivages où il vient de passer sa deuxième nuit blanche. 
"Nous avons creusé des canaux pour évacuer les eaux de la maison et nous avons dressé des remparts de sacs de sable pour protéger les murs qui risquent de tomber", explique un étudiant d'une vingtaine d'années résident à Saga, autre quartier touché.
Selon le ministre nigérien chargé de l'Action humanitaire, Lawan Magadji, les fortes pluies ont fait depuis juin 42 morts et 70.000 sinistrés, dont plus de 2.000 à Niamey.
Un paradoxe dans ce pays pauvre désertique et régulièrement confronté à des crises alimentaires en raison de la sécheresse. Même la très désertique région d'Agadez (nord) n'est pas épargnée: les intempéries y ont fait trois morts et 17.000 sinistrés, selon son gouverneur Sadou Soloké.
Seuls 25.000 sinistrés ont pu être assistés, a noté le ministre Magadji qui invite les humanitaires "à accroître leur aide".
Alors que la météorologie prévoit de nouvelles fortes précipitations jusqu'à la "mi-octobre", l'Organisation mondiale de la santé (OMS) craint "une épidémie de choléra". Cette maladie avait fait 73 morts en 2018 principalement dans la région de Maradi (sud-est), actuellement la plus touchée par les inondations.
En 2018, les fortes pluies avaient causé la mort de 52 personnes, fait plus de 200.000 sinistrés et détruit 170.000 maisons, selon l'ONU.
En 2012 elles avaient tué une centaine de personnes et fait quelque 500.000 sinistrés, provoquant des dégâts estimés à environ 148 millions d'euros, selon un bilan officiel. (selon AFP)

Posté par jl boehler à 07:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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