Sofia a parcouru la moitié de la planète pour soigner son cancer

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Après un éprouvant voyage de plus de trente heures, Sofia, 53 ans, a été prise en charge par le centre Eugène-Marquis, à Rennes, pour traiter son cancer au cerveau. Une opération dans le cadre d’un accord de coopération entre le centre et les îles Wallis-et-Futuna.

Je vais mieux. Ici le personnel est particulièrement gentil et attentionné. Je sais que c’est une véritable chance pour moi, assure Sofia, 53 ans. Cette femme est née et vit à Futuna. Une des îles de l’archipel de Wallis-et-Futuna, dans l’océan Pacifique, et située à 16 230 km de la capitale bretonne.

Ce n’est pas une image quand la quinquagénaire dit qu’elle a traversé la moitié de la planète. Ça a été très long et très fatigant. On a dû passer par le Japon. Plus de trente heures de voyage raconte-t-elle. D’autant que sa santé est particulièrement fragile.

Traitement et rechute…

Un voyage qu’elle a effectué fin août, dans le cadre d’un accord de partenariat passé entre le centre Eugène-Marquis de Rennes et l’hôpital de Wallis-et-Futuna. En fait d’hôpital, plutôt un dispensaire vieillot et sous-équipé, très loin des standards hospitaliers de l’hexagone.

En 2007, j’ai appris que j’avais un cancer du sein, explique-t-elle. À plusieurs reprises, j’ai dû me rendre à Nouméa, à trois heures d’avion de chez moi, pour me faire soigner. Le traitement est efficace, mais elle rechute en 2017. De nouveau, elle doit se rendre dans la grande île voisine pour de nouvelles séances de chimiothérapie. Mais en janvier 2019, on a aussi découvert des cellules cancéreuses dans mon cerveau. Une pathologie qui dépasse les compétences médicales de sa région.

Partenariat avec le centre Eugène-Marquis

Elle entre alors en contact avec les Dr Marlène Knezynski et Olivier Riou. Un couple qui, après avoir travaillé à Saint-Pierre-et-Miquelon, s’est installé à Wallis-et-Futuna pour apporter leurs compétences médicales. Nous avions déjà établi des relations de travail avec ce couple de médecins lorsqu’ils étaient à Saint-Pierre-et-Miquelon, explique le Dr Marc Pracht, oncologue à Eugène Marquis. Ils nous ont donc contactés pour voir ce que l’on pouvait faire pour cette patiente en particulier et pour Wallis-et-Futuna plus globalement. L’idée étant d’établir un partenariat pour développer l’oncologie, qui est totalement absente des deux îles lointaines.

Appareil de radiothérapie de dernière génération

Sofia est donc venue, accompagnée de Koleti et Emanuelé, deux infirmiers de l’agence de santé de Wallis. Ils vont effectuer un stage d’immersion de trois semaines dans notre établissement et nous allons les former à la préparation de la chimiothérapie.

Est aussi prévue, à moyen terme, la mise en place de télémédecine. Le but étant de leur donner une certaine autonomie et d’éviter aux habitants de Wallis-et-Futuna de se déplacer à Nouméa. Un véritable enjeu de santé.

Quant à Sofia, elle a pu bénéficier du Cyberknife, implanté à Eugène-Marquis. Un appareil de radiothérapie ultra-perfectionné de dernière génération, adapté au traitement des tumeurs du cerveau. Elle a également fait l’objet d’une petite chirurgie du cerveau. Elle va aujourd’hui beaucoup mieux et on espère qu’elle pourra rentrer chez elle bientôt. En attendant, Sofia peut profiter de la présence de ses trois enfants, qui vivent à Rennes depuis des années. (Samuel Nohra, journaliste à Ouest-France)