samedi 14 septembre 2019

Assurances obsèques

"60 millions de consommateurs" épingle le "business de la mort"

cercueilL'association dénonce également le business de la crémation, avec notamment la récupération et la revente des métaux des prothèses qui ne brûlent pas.

"Plus on vit longtemps, plus on a de risques de cotiser à fonds perdus". C'est la conclusion de l'étude de l'association 60 millions de consommateurs, publiée jeudi 5 septembre.

Elle dénonce les "placements ruineux" que constituent les contrats d'assurance obsèques souscrits afin d'obtenir un capital pour financer ses funérailles.
60 millions de consommateurs a ainsi passé au crible onze contrats d'assurances vendus par les principaux acteurs du marché.

Quel que soit le montant des versements, la personne reçoit le capital choisi à la signature du contrat. Résultat: les cotisations dépassent largement la prime reçue. En moyenne un souscripteur de 62 ans verse ainsi 5.385 euros sur vingt ans pour récolter à peine plus de 4.000 euros.

"Plus on vit longtemps, plus on a de risques de cotiser à fonds perdus", résume 60 millions de consommateurs, à l'heure où les frais d'obsèques ont augmenté de plus de 8% en trois ans. L'association pointe également des "frais de gestion très gonflés" et des délais de versement qui peuvent parfois atteindre un mois, après réception de multiples pièces justificatives.

"Ce sont parfois des personnes pas forcément riches qui font ça pour éviter à leurs familles d'avancer les frais mais en réalité la famille doit les avancer car elle doit d'abord présenter une liste de justificatifs longue comme le bras", s'indigne Christelle Pangrazzi, rédactrice en chef adjointe de ce hors-série de 60 millions de consommateurs.

Dans un numéro largement consacré au "business de la mort", l'association épingle également le manque d'éthique autour des crémations. Les matériaux précieux issus des prothèses, dents ou stérilets qui ne brûlent pas, sont par exemple collectés par des entreprises de recyclage puis revendus à diverses entreprises pour être réutilisés.

Les pompes funèbres également épinglées

Deux sociétés, la française EMC et surtout le néerlandais OrthoMetals se partagent ce business. EMC évalue à entre 500.000 et 700.000 euros les 10 à 12 tonnes de métaux récupérés chaque année sur laquelle l'entreprise prélève 20% avant de rétrocéder le reste aux crématoriums qui peuvent utiliser la somme comme bon leur semble. 

Les pompes funèbres entrent enfin elles aussi dans le collimateur de l'association, cette fois pour l'opacité de certains devis. De nombreuses prestations non obligatoires sont présentées comme "courantes" poussant ainsi les familles à y souscrire. Selon un arrêté de 2010, les prestations obligatoires pour une inhumation restent minimes : un véhicule agréé pour le transport du corps, un cercueil de 22 millimètres d'épaisseur avec une garniture étanche et quatre poignées ainsi que les opérations nécessaires pour l'enterrement.(selon Orange/AFP)

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mardi 10 septembre 2019

Vivre à Mayotte

29% de la population vit dans un logement sans eau courante.

mayottePrès d’un tiers de la population de Mayotte (81.000 habitants) vit dans un logement qui n’a pas accès à l’eau courante, selon une enquête Insee sur l’évolution des conditions de logement à Mayotte, faisant suite au dernier recensement de 2017. 

"Cette proportion est deux fois plus importante qu’en Guyane et cela représente 81.000 habitants", a déclaré Jamel Mekkaoui, directeur de l'antenne de l'Insee du 101e département français. 
Toutefois, la situation s’est considérablement améliorée. En 1997, 80% des logements n’avaient pas l'eau courante. Entre 2007 et 2012, le nombre de logements sans eau courante a baissé de moitié, mais il est reparti à la hausse entre 2012 et 2017 avec la hausse des constructions des bangas (cases) en tôle. 
Ces constructions en tôle forment aujourd'hui 38% du parc immobilier mahorais. Et elles sont habitées dans 65 % des cas par des étrangers. Un peu plus de la moitié des bangas est dépourvue d’eau courante contre seulement 12% des logements en dur. 
Sur les 18.300 ménages qui ne bénéficient pas d’eau courante dans leur logement, 7.900 ont malgré tout un robinet dans leur cour et 3.700 font appel à la solidarité des voisins, parents ou tiers.  
"Il y a 1.600 ménages qui s’approvisionnent dans une rivière ou dans un ruisseau. Cela représente une hausse de 37% entre 2012 et 2017 et c’est en lien avec la forte immigration récente", explique M. Mekkaoui.  
"Les risques sanitaires associés à ce type d’approvisionnement (maladies hydriques, telles que la gastro-entérite ou la diarrhée) peuvent toucher 7.300 habitants, dont 1.450 enfants de moins de 5 ans. Et dans le même temps, on observe une augmentation de 54% d’approvisionnement aux bornes-fontaines. Cela touche 3.000 ménages dont 1.000 dans les communes de Mamoudzou, Koungou et Dembeni, là où il y a le plus de bangas en tôle", explique Jamel Mekkaoui. 
Le confort sanitaire de base est peu répandu dans l’habitat mahorais. Dans 60% des cas, il manque au moins l'eau courante ou les toilettes ou la douche à l’intérieur du logement. Ce taux monte à 95% pour les bangas en tôle, contre 37% pour l’habitat en dur. "Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d'eau du tout. Souvent, il y a des toilettes ou un robinet dans la cour, mais ils sont partagés avec plusieurs habitations", précise Jamel Mekkaoui.(selon AFP)

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mardi 27 août 2019

La France arrête et expulse un journaliste de Radio-Dreyeckland

Castaner se permet tout : après une première expulsion illégale, nouvelle arrestation du journaliste allemand Lukas S.

radio

La coopération entre les services secrets allemands et français porte ses fruits – la France a procédé à l’arrestation de plusieurs personnes allemandes soupçonnées de vouloir manifester contre le G7. Y compris et à nouveau le journaliste Lukas S.de Fribourg-en-Brisgau.

Oui mais voilà : après le jugement du Tribunal Administratif de Paris qui avait non seulement déclaré cette arrestation et cette expulsion illégales, mais qui avait condamné la France à verser 1000 € de dommages et intérêts à ce journaliste allemand, ce dernier est retourné en France lundi soir, après s’être assuré auprès des garde-frontières français qu’il était autorisé à retourner en France. Ce que les garde-frontières avaient « omis » de lui dire, c’est qu’une nouvelle instruction du Ministère de l’Intérieur le menaçait de 3 ans de prison s’il devait revenir en France avant la fin du sommet G7.

La semaine dernière, tandis qu’il se dirigeait vers le Sud-Ouest, la police l’a arrêté à Saint-Jean-de-Luz. Selon le député allemand Andrej Hunko, cette nouvelle attaque sur la liberté de la presse est le fruit d’une coopération entre les services secrets allemand et français – le Bundeskriminalamt / Verfassungsschutz (BKA) ont mis à la disposition de ses collègues français un fichier contenant les données personnelles de « personnes susceptibles de déranger ».

Le député Andrej Hunko avait soumis une question écrite au gouvernement pour savoir si cette arrestation s’était faite sur la base de ce fichier qui, lui, est fortement contesté, car il ne contient pas seulement les données privées de personnes qui se sont fait remarquer pour des infractions, mais également de personnes figurant dans leurs contacts, comme par exemple – des journalistes. La réponse du gouvernement allemand à la question du député était simple. « Oui ! Et les services français peuvent exploiter ce fichier jusqu’au 15 septembre » – comme si les services français allaient effacer ce fichier après cette date…

Pour le député Andrej Hunko, la mise à disposition de ce fichier constitue un scandale : « Les services secrets allemands échangent donc des données avec la France et créent une situation où, dans le cadre du sommet G7, des personnes sont poursuivies uniquement à cause de leurs opinions politiques. »

Ce qui est particulièrement perfide, c’est qu’au moment où les garde-frontières français avaient permis à Lukas S. de revenir en France, une nouvelle instruction du ministère de l’Intérieur le menaçait déjà de trois ans de prison « s’il entrait sur le territoire français avant la fin du sommet G7 et celle du sommet alternatif à Hendaye ». En clair – les autorités françaises l’ont laissé entrer en France dans l’unique but de pouvoir l’arrêter à nouveau. A croire que le jugement du Tribunal Administratif de Paris ne pèse pas lourd face à l’ intention des autorités de poursuivre tous ceux qui défendent d’autres positions que le gouvernement.

Les autorités françaises, elles, ont désigné cette nouvelle arrestation comme une « mesure administrative », ce qui est désormais possible dans le cadre de la nouvelle « loi anti-casseurs » qui permet la suppression de toute expression non souhaitée par le pouvoir en place. Elles ont procédé une évaluation de la possibilité d’expulser Lukas S. à nouveau, et cette « évaluation » s'est arrêtée lundi soir, à la fin du sommet G7 à Biarritz. Le journaliste a été libéré sans aucune poursuite à son encontre et sans aucune explication.

Il est ahurissant de constater que la coopération franco-allemande bat de l’aile lorsqu’il s’agit de mener une politique pour les citoyens et citoyennes, mais qu’elle fonctionne parfaitement lorsqu’il s’agit de faire taire des personnes qui font leur travail, même s'ils expriment des opinions politiques qui dérangent autant en France qu’en Allemagne. (Selon "Eurojournalist").

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mercredi 21 août 2019

La bonne vieille escroquerie au chèque ...

Une arnaque qui reprend de la vigueur

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A l'heure où la fraude numérique prospère, une arnaque bien moins sophistiquée revient à la mode, comme l'évoque le quotidien Le Parisien. Selon le rapport annuel de l'observatoire de la sécurité des moyens de paiement, le chèque "est le seul moyen de paiement à connaître une hausse des montants fraudés, lesquels atteignent 296 millions d'euros, soit une progression de 9%". Une pratique qui étonne, d'autant que le mode de paiement par chèque n'est que le quatrième moyen de paiement le plus utilisé. "C'est un type de fraude que l'on avait vu disparaître depuis une dizaine d'années et qui revient en force", explique au Parisien le porte-parole de l'association française des usagers de banque.

Les voleurs s'en donnent à cœur joie, en changeant le nom du bénéficiaire du chèque, en volant les chéquiers ou en fabriquant des moyens de paiement falsifiés. En cas de vol de chéquier, la victime va devoir demander une copie du chèque à son agence, mais aussi accomplir les démarches pour faire opposition sur son compte.

L'escroquerie au chèque représente 1 euro pour 3.500 euros réglés avec ce moyen de paiement. Les malfaiteurs sont attirés par la facilité des techniques utilisées pour perpétrer la fraude. La fraude à la carte bancaire est, elle, beaucoup plus complexe.

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lundi 5 août 2019

Guadeloupe : grève du personnel hospitalier

En soutien, des milliers de personnes dans la rue

guadeloupePlusieurs milliers de personnes ont défilé jeudi dans les rues de Pointe-à-Pitre, au départ du CHU, a constaté un journaliste de l’AFP, répondant  à un appel à la mobilisation générale lancé par une dizaine d’organisations syndicales pour soutenir le personnel en grève.

Victime d’un incendie majeur le 28 novembre 2017, le CHU de Guadeloupe fonctionne depuis de façon perturbée. Plusieurs services ont été délocalisés dans des locaux transitoires inadaptés, selon le personnel. Un mouvement de grève générale a débuté au CHU de Guadeloupe le 23 juillet, et même depuis le 10 juillet aux urgences et à la maternité, pour dénoncer le manque de moyens humains et matériels, ainsi que la vétusté et l’exiguïté des locaux. 

En conséquence, la majorité des services fonctionne en service minimum. 

Jeudi, le cortège est parti du CHU en direction du centre-ville de Pointe-à-Pitre et s’est ensuite rendu devant la sous-préfecture. La radio RCI a annoncé que 6.000 personnes avaient défilé d'après le décompte des syndicats. Le comptage des forces de l'ordre faisait état de 2.500 manifestants. 

En plus de l’Union des travailleurs de la santé (UTS) – une branche de l’Union générale des travailleurs guadeloupéens (UGTG) – et de la CGTG, qui sont mobilisés à l’hôpital, onze organisations syndicales avaient invité leurs membres à manifester. 

En soutien, un appel à la mobilisation avait aussi été lancé devant le centre hospitalier de Basse-Terre ce jeudi. 

Les différentes négociations entre la direction du CHU et les autorités sanitaires n'ont pas permis de parvenir à un accord jusqu'ici. Mercredi, le dialogue s'est même tendu après des menaces du directeur, Gérard Cotellon, d'assigner en justice les organisations syndicales qui bloqueraient l'entrée du site à partir de jeudi avec une astreinte quotidienne de 5.000 euros. 

Selon un sondage Qualistat réalisé en juillet 2019, 82 % de la population guadeloupéenne estime que ce mouvement social est justifié et 15% des sondés le juge injustifié. 

Les négociations doivent reprendre vendredi matin. Mercredi, M. Cotellon a annoncé qu'une aide de 20 millions d'euros accordée par l'État, initialement remboursable, ne sera finalement pas à rembourser. De même, l'assurance de 40 millions d'euros débloquée après l'incendie de 2017, initialement déductible des aides gouvernementales, ne sera pas déduite. 

Le CHU fait actuellement face à de grosses difficultés budgétaires, avec notamment une dette fournisseur de près de 49 millions d'euros.

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dimanche 4 août 2019

Quand la papauté chasse les pauvres

À Paris, le Vatican menace d'expulser une locataire ainsi que son frère et sa sœur handicapés

vaticanUne locataire, ainsi que son frère et sa soeur handicapés, risquent de se faire expulser de leur logement parisien à cause de loyers impayés depuis avril 2015. L'appartement en question appartient au Vatican.

Selon une information du Parisien, Pascale N., une locataire de 59 ans, est menacée d'expulsion, en compagnie de son frère et de sa sœur handicapés, tous deux à sa charge. Son appartement, situé au 41 avenue Bosquet (VIIe), est géré par la société Sopridex au nom de l'Etat souverain du Vatican. N'ayant pas payé ses loyers depuis avril 2015 (même si l'Etat français s'en est chargé à sa place), elle risque aujourd’hui l'expulsion.  

L'avocat de Pascale a assigné Sopridex ce lundi 29 juillet devant le juge de l'exécution (magistrat chargé notamment des expulsions),  dans l'espoir d'obtenir un nouveau délai.

Après leur départ forcé de Tunisie en 1961, les parents de Pascale se sont installés dans un 160 m² au premier étage de l'immeuble, tandis que les travaux n'étaient pas encore achevés. Pascale explique qu'elle a dû s'occuper de ses parents, puis qu'elle a été victime des aléas de la vie : elle a dû abandonner son travail de directrice commerciale. Elle ne payait donc plus son loyer depuis avril 2015. 

À présent , elle touche 1.198 euros par mois, tandis que le montant mensuel du loyer est de 3.700 euros. La dette locative dépasse les 110.000 euros. L'État français rembourse pourtant tous les loyers impayés au Vatican depuis avril 2017.

"Dès que j'ai été incapable de payer, j'ai entrepris les démarches pour un logement social adapté, j'ai même écrit au représentant du Vatican, et je continue à remuer ciel et terre », assure Pascale au Parisien. 

Cette dernière reproche à Sopridex de bloquer la situation: "Elle m'empêche d'avoir un plan de surendettement, or sans ce plan, aucun bailleur social n'acceptera notre dossier. On veut nous faire sortir de l'appartement mais on ne nous en donne pas les moyens !"

Me Baptiste de Monval, qui défend les intérêts de Pascale N., a expliqué de son côté que : "Le Vatican a contesté les mesures imposées par la commission de surendettement ce qui a pour conséquence directe de bloquer le relogement de Madame N. Pourtant, il continue de s'opposer aux demandes de délai à une mesure d'expulsion de ma cliente."

SDF, pour un logement adressez-vous au pape !

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mardi 16 juillet 2019

Montessori : un business nébuleux, mais lucratif !

Toujours pas très républicaine, cette école !

montessoriLe 28 mars 2018, je publiais sur ce blog un article concernant une éventuelle ouverture d'une école Montessori dans la vallée de Villé. Puis plus rien, aucune information d'ouverture à la rentrée scolaire 2018/2019. Voilà qui ne m'attriste guère, tant cette école privée n'avait rien de républicain et de démocratique (école payante d'environ 500 €/mois par élève, liée à un courant religieux proche de l'extrême-droite, encadrée par du personnel peu formé - voir dans la presse l'affaire de Issenheim).

Qu'à cela ne tienne ! Les écoles "Montessori" continuent à "se faire leur beurre" par la vente de leur matériel pédagogique : hochets, cloches musicales, puzzles, lotos, livres : tout y passe ! Et tant mieux si d'autres que les "Montessori" achètent ce matériel.  Les chaînes françaises Oxybul et La Grande Récré font la publicité, les éditions Larousse et Nathan proposent les modèles. 

Et tant pis si le matériel ne répond même plus aux besoins des pédagogies Freinet ou Schreiner auxquelles se réfèrent les Montessori. L'essentiel c'est qu'il plaise à l'achat aux parents et aux grands-parents. Et leur offre aurait doublé en trois ans. Et les experts en communication de ce fabuleux business savent y faire : ils associent la marque aux noms des plus célèbres innovateurs de la planète, Larry Page et Sergey Brin (Google), Jeff Bezos (Amazon), ou Jimmy Wales (Wikipedia). Et même le nom du champion suisse de  tennis Roger Federer est mis en avant (il aurait été un élève d'une école Montessori).

Parents qui comptiez dépenser 5 à 7000 € par an pour l'éducation de vos enfants, vous risquez de vous en sortir avec une ardoise de 10 à 12.000 €. Mais après tout, pour les plus riches ces sommes ne comptent pas.

Une école Montessori sans personnel qualifié ? et, aux dernières nouvelles, ... en liquidation judiciaire malgré des participations parentales de 400 €/mois (voir "L'Alsace" du 9/7/2019)

Montessori

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dimanche 7 juillet 2019

Suicides d'amérindiens en Guyane

Face à la vague de suicides dans la population amérindienne de Guyane, la ministre des Outre-mer a proposé jeudi de travailler avec "d'autres pays" qui ont eu à surmonter les mêmes crises. 

am_rindiensInterrogée par le sénateur guyanais Antoine Karam (LREM) sur l'action du gouvernement pour enrayer les suicides qui affectent la population amérindienne de Guyane, Annick Girardin a reconnu qu'ils étaient "25 fois plus nombreux que dans l'Hexagone. C'est un véritable drame", a-t-elle dit. 

Dix suicides ont été recensés depuis octobre, majoritairement chez des jeunes. La communauté amérindienne guyanaise a été frappée par plusieurs vagues de suicides ces dernières décennies, les plus récentes remontant à 2011 et 2015. 

Selon Mme Girardin, "les changements sociétaux qui bouleversent profondément et très rapidement, la société amérindienne sont très certainement aussi à l'origine d'une partie de ces gestes de désespoir". 

La ministre a souhaité "que nous puissions travailler avec d'autres pays qui, sur ces sujets ont largement avancé", citant le Canada. 

Alors que le sénateur Karam a rappelé la demande des populations amérindiennes de ratification de la convention 169 de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur le droit des peuples autochtones, la ministre a précisé que "notre droit national fait obstacle à la reconnaissance d'un droit particulier à des groupes spécifiques".  

Cette convention est le seul texte juridique international contraignant qui donne des droits aux peuples indigènes, notamment des droits sur leurs terres et en matière de respect de leurs culture, coutumes et spécificités, et des garanties de non discrimination. 

"Mais pour autant la France applique largement les grands principes de cette convention", a-t-elle assuré, soulignant que dans le cadre du plan d'urgence pour la Guyane, mis en place en avril 2017 après le mouvement social qui a paralysé le territoire, "il a été décidé le transfert de 400.000 hectares de foncier pour les populations amérindiennes".  

"Je veux qu'on puisse rapidement, avec les peuples autochtones, avec la collectivité, mettre en place ces transferts notamment avec la création d'un établissement public dédié", a-t-elle dit. 

"La question amérindienne fait pleinement partie, vous le savez, de l'identité guyanaise et il faut en être fier. La France a deux peuples premiers, il faut que nous puissions nous impliquer aux côtés de ces peuples premiers, de leur spécificité, du besoin d'accompagnement", a-t-elle insisté. (selon AFP)

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mercredi 19 juin 2019

Radio France : grève massive contre les suppressions de postes

Une grève lancée par l'intersyndicale de Radio France était massivement suivie mardi sur les antennes du groupe public, perturbant fortement leurs programmes, une mobilisation qui vise à contester un nouveau plan d'économies avec environ 300 suppressions de postes. 

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Dans un communiqué, le SNJ de Radio France a assuré que "plus des trois quarts des salariés ont cessé le travail aujourd'hui", estimant qu'ils avaient ainsi "massivement fait entendre leurs inquiétudes et leur rejet du projet stratégique présenté par la direction". 

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Selon le syndicat, qui avait appelé à une grève de 24 heures ce mardi aux côtés de la CFDT, la CGT, FO, Sud et l'Unsa, il n'y a eu "aucune émission matinale sur France Inter où près de 90% des journalistes ont cessé le travail", tandis que la matinale de franceinfo a été "très perturbée", de même que celles des 44 stations locales de France Bleu. 

Les autres activités du groupe étaient également affectés, avec "85% de choristes en grèves" et des services administratifs "fortement mobilisés", selon le SNJ. 
"En raison d'un appel à la grève (...) nous ne sommes pas en mesure de diffuser l'intégralité de nos programmes habituels. Nous vous prions de nous en excuser", annonçait une voix suave sur les antennes de Radio France qui diffusaient de la musique à la place des programmes. 
"Dangereux et destructeur"
Plusieurs centaines de personnes étaient réunies à la mi-journée dans la Maison ronde pour une assemblée générale. 

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Les salariés protestent contre le plan de 60 millions d'euros d'économies (d'ici à 2022) annoncé début juin par la présidente du groupe Sibyle Veil, suivant les recommandations de la Cour des comptes.  Le plan vise à anticiper la baisse de la contribution de l'Etat (moins 20 millions d'euros sur quatre ans) et la hausse des charges de personnel et prévoit d'investir davantage dans le numérique. 

Le plan "Radio France" 2022 prévoit une réorganisation des rythmes de travail, pour éviter le recours aux CDD. Il prévoit de supprimer 270 postes si les salariés acceptent de faire une croix sur des semaines de congés, ou 390 postes s'il n'y a pas d'accord avec les syndicats. 
Les syndicats demandent "le retrait de ce plan dangereux et destructeur" ainsi qu'un "effectif et des moyens nécessaires pour remplir nos missions de service public", alors que les radios publiques affichent d'excellentes audiences et que le groupe a retrouvé l'équilibre financier. 
Jeudi 13 juin, une réunion de "méthode" a échoué, les syndicats quittant la réunion. Avant de commencer à négocier, ils demandent des objectifs chiffrés, des budgets précis. 
Les syndicats s'appuient aussi sur le rapport d'un cabinet indépendant qui, mandaté par le comité social de Radio France, a qualifié les économies de "surdimensionnées": selon le cabinet Tandem, la hausse des charges de personnel sur les prochaines années a été surévaluée de 8,7 millions d'euros. Radio France pourrait ainsi s'épargner 118 suppressions de postes. (selon AFP)

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mardi 11 juin 2019

Sauver "Soir 3" !

France TV : nouvel appel à la grève le 13 juin

soir3Au lendemain d'un appel à un arrêt de travail lancé par trois syndicats de France Télévisions, quatre autres organisations ont appelé vendredi à une grève de 24 heures le 13 juin, pour combattre un projet de suppression de "Soir 3", journal télévisé emblématique de France 3. 

Après la CGT, FO et la CFDT, qui avaient déposé un préavis de grève jeudi, le SNJ, la CFE-CGC, Sud et l'UNSA ont à leur tour appelé les salariés du groupe public à un arrêt de travail le 13 juin, pour obtenir le retrait de ce projet, et défendre des revendications en matière d'emploi. 

Ces appels à la grève ciblent symboliquement le 13 juin, jour où France 2 diffusera une grande soirée spéciale pour célébrer les 70 ans du 1er journal télévisé français. Si les programmes du service public risquent d'être perturbés par ce mouvement social, cette soirée en revanche ne devrait pas en pâtir car elle sera enregistrée la veille. 

La direction du groupe avait présenté en mai aux syndicats un projet de création d'une nouvelle tranche d'information renforcée, de 21H00 à minuit, sur la chaîne franceinfo. C'est dans ce cadre que la direction du groupe envisage d'arrêter la diffusion de "Soir 3" à la rentrée. A la place, le groupe veut proposer, dans les nouvelles soirées de franceinfo, un journal de 30 minutes (comme "Soir 3"), à 23H00, confectionné par les équipes actuelles de "Soir 3" et la rédaction de la chaîne d'info. 

Pour le SNJ, la CFE-CGC, Sud et l'UNSA, "cette suppression est une insulte à tous ceux qui depuis des années sont les artisans de la réussite de cette édition. Comble du double jeu, la direction demande à ceux qui fabriquent le Soir 3 de le produire maintenant pour Franceinfo", expliquent ces organisations dans un communiqué commun. 

Ce projet est vivement combattu en interne et a également suscité des protestations à l'extérieur de France Télévisions, avec plusieurs pétitions (dont l'une a dépassé les 5.000 signatures) et la mobilisation de certains élus locaux et responsables politiques nationaux. 

Lancé en septembre 1978, "Soir 3" est présenté depuis 2016 par Francis Letellier en semaine et Sandrine Aramon le week-end. 

Un premier appel à la grève de 48 heures, en pleines élections européennes, avait déjà été lancé pour défendre le journal par trois autres syndicats (SNJ, CGC et UNSA). Les soirées électorales de France 2, France 3 et franceinfo avaient néanmoins pu être assurées, malgré des perturbations.(selon AFP et Tahiti.infos)

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