Dernier quotidien des Antilles et de Guyane françaises, « France-Antilles » cesse de paraître. Le journal a été placé en liquidation judiciaire sans poursuite d'activité sur décision du tribunal mixte de commerce de Fort-de-France, en Martinique. Aucun repreneur n'est venu au secours du quotidien.

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« Chers lecteurs, vous avez peut-être entre vos mains la dernière édition de votre journal France-Antilles, créé en 1965 ». Les mots s'étalaient en Une du quotidien France-Antilles ce jeudi 30 janvier et la prophétie s'est réalisée.

La Martinique, la Guadeloupe et la Guyane deviennent les seules régions de France sans aucun journal papier quotidien.

« France-Antilles », en difficulté depuis plusieurs années, était en redressement depuis juin 2019. Le journal perdait entre 450 000 et 600 000 euros par mois, pour un chiffre d'affaires de 28 millions d'euros annuels. Les ventes étaient en baisse. Le journal tirait à 25 000 exemplaires par jour, un peu plus le samedi, jour de publication des avis de décès. Les recettes publicitaires étaient en berne. Les points de vente fermaient. Aux Antilles et en Guyane, la crise de la presse est encore plus violente qu'ailleurs.

« France-Antilles » avait été fondé par Robert Hersant, magnat des médias surnommé « le papivore », juste après une visite de Charles de Gaulle en Martinique, en 1964. Le pouvoir gaulliste en avait longtemps fait une arme de propagande outre-mer. Le journal s'était aussi fait une spécialité des sujets racoleurs. Mais même ses adversaires en étaient venus à le défendre, au nom du pluralisme. France Antilles employait 245 salariés. Seules les trois radios du groupe ont trouvé un repreneur. Le journal papier, lui, est bel et bien mort.