Dans les grands dossiers brûlants (littéralement…) du monde, l’Europe est la grande absente. Normal, les institutions sont en vacances. Mais le monde n’attend pas que les responsables européens se soient reposés.

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Pourquoi l’Europe pèse-t-elle si peu sur l’échiquier politique mondial ? Après tout, avec ses 500 millions d’habitants, l’Union Européenne compte 200 millions d’habitants de plus que les Etats-Unis qui, eux, dominent clairement la politique mondiale. En même temps, l’Europe est la grande absente dans tous les sujets d’actualité – surtout en été, lorsque les institutions européennes cessent d’exister parce que tout le monde est en vacances à la mer ou à la montagne. Difficile d’imaginer les USA ou la Chine cesser leur fonctionnement pendant les deux mois d’été, pour que les dirigeants puissent se la couler douce allongés sur un transat.

On pourrait presque croire que l’ambition européenne de peser sur la politique internationale a disparu. En « fermant la boutique » pendant deux mois en été, les institutions européennes sortent des grands dossiers de ce monde, sur lesquels elles ne pèsent de toute manière que peu, à cause de l’impossibilité de trouver des positions partagées entre 27 (ou 28) Etats-membres. Donc, puisqu’on n’arrive pas à se mettre d’accord, autant partir en vacances et laisser le monde suivre son cours.

Le 24 juin 2016, lorsque le résultat du référendum britannique sur le Brexit avait été annoncé, tout le monde était choqué et la quasi-totalité des responsables politiques européens annonçaient l’élaboration d’un « nouveau projet européen auquel les Britanniques pourraient adhérer, eux aussi ». Sauf que personne n’a pris le soin de s’y atteler et depuis, nous avons perdu plus de 3 ans. Pendant que tout le monde convient que le système intergouvernemental et à l’unanimité ne pouvait fonctionner à l’époque où l’Europe institutionnalisée était composée de 5 pays, personne n’ose s’attaquer à cette Union des 27 (28) qui elle, ne fonctionne plus.

L’unanimité, l’Union Européenne n’y arrive plus que sur des sujets d’une importance mineure, mais sur les grands dossiers de notre époque, il est impossible de mettre d’accord 27 (28) pays qui poursuivent tous leurs propres intérêts. Seul un changement du « règlement intérieur » des institutions européennes pourrait changer cela, mais en votant le 26 mai dernier pour ceux qui nous ont conduits dans ce gouffre, nous autres électeurs et électrices ont empêché nous-mêmes la modernisation de ces institutions. Ce ne sera pas une Ursula Von der Leyen, fidèle disciple d’Angela Merkel, qui déclenchera un projet de réformes des institutions.

Mais l’analyse de cette situation n’est pas nouvelle. On sait que le salut ne viendra pas de ces institutions, dont la mission principale consiste aujourd’hui à s’auto-administrer et à faire profil bas dès lors qu’un sujet important se dessine. A quoi servent alors les innombrables « think tank », souvent financés avec de l’argent public ? Pourquoi donc personne ne travaille sur des modèles des futures institutions européennes ?

Juste une idée – on pourrait abolir la Commission Européenne et même le Conseil Européen, en réorganisant la seule institution européenne démocratiquement élue : le Parlement Européen. Celui-ci pourrait, comme tous les parlements au monde, élire en son sein un gouvernement, qui définirait les grandes lignes de la politique européenne. Un tel parlement, comme tous les parlements (démocratiques) du monde, voterait ses textes à la majorité. Voilà un « projet » d’une grande simplicité qui permettrait de rendre l’Union Européenne plus démocratique, moins onéreuse et plus efficace. Evidemment, les grands spécialistes et juristes devraient peaufiner une telle idée qui n’est qu’une idée. Considérant que nos grandes écoles et universités forment tous les ans des experts en Sciences Politiques, il doit bien y avoir quelqu’un qui aurait une idée sur la réforme des institutions qui se paralysent mutuellement, qui définissent la politique de ce continent derrière des portes fermées et systématiquement dans l’intérêt du Big Business. Il faut se mettre au travail au lieu de profiter des deux mois d’été pour bronzer sur la plage !

Si l’Europe est aujourd’hui tellement faible, c’est parce que nous la maintenons dans cet état de faiblesse. Nos élus européens attendent quoi (en dehors de la fin des vacances…)? Le monde n’attend pas, il est en pleine mutation et actuellement, les cartes sont redistribuées. Il est ahurissant que l’Union Européenne ne soit pas assise à la table des grands pour avoir aussi quelques cartes en main. Mais non, nos responsables sont en vacances. Et nous avec eux. (Selon "Euro-journalist")