Frauke Petry subit exactement le sort qu’elle avait réservé au fondateur du parti « AfD » Bernd Lucke – elle s’est faite désavouer. Maintenant, elle déclare prendre sa retraite.

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Lorsque l’extrême-droite ne sait pas si elle doit adopter des positions d’extrême-droite ou d’ultra-droite, elle a un problème. Et ce genre de problème est généralement l’occasion pour les extrémistes parmi les extrémistes de tenter un « putsch ». Frauke Petry , la chef de l’AfD, avait réussi le sien lorsqu’elle avait éjecté de son parti, le fondateur de l’AfD, Bernd Lucke. Mais sa joie n’était pas de longue durée – maintenant, ce sont les ultra-extrémistes qui ont eu raison d’elle. Dans la course à la nomination pour les élections législatives au mois de septembre, Frauke Petry s’avoue vaincue et ne sera pas candidate, « ni à titre individuel, ni dans une équipe de candidats ». Comment doit-on comprendre cette évolution ?

Frauke Petry, c’était la « Marine Le Pen allemande ». Tristement célèbre pour des propositions comme celle de tirer sur des réfugiés qui tenteraient de franchir clandestinement la frontière allemande, le reste de son parti estimait qu’elle n’était pas assez radicalement à l’extrême-droite. Ce sont les vieux hommes du parti, souvent avec un passé dans le parti NPD, qui prennent maintenant les commandes.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, mais l‘extrême-droite allemande glisse encore davantage vers la droite, se rapprochant ainsi de mouvements comme la « Pegida » qui porte la violence xénophobe dans les rues allemandes. Si Frauke Perty avait récemment essayé d’imiter sa collègue française en tentant de dédiaboliser son parti, cette nouvelle orientation n’était pas du goût des vieux hommes du parti qui eux, défendent des positions ouvertement antisémites, xénophobes et « völkisch », utilisant sciemment une terminologie des nazis, cherchant des votes parmi cette frange de la population qui rêve toujours d’un « Reich » de 1000 ans.

Au niveau électoral, le retrait frustré de Frauke Petry risque d’affaiblir davantage ce parti qui, après un essor fulgurant, commence déjà à s’effriter. Désormais, ce ne seront plus que les électeurs à tendance néo-nazi qui voteront pour l’AfD et les « électeurs de protestation », nombreux, se rabattront certainement sur des partis de la droite bourgeoise.

Dès qu’il faut discuter contenus, l’extrême-droite a un vrai problème. Fort en slogans, l’AfD peine à présenter un programme politique digne de ce nom – mais pour les électeurs, il ne suffit plus d’être simplement contre tout. L’AfD, c’est le parti qui est contre le monde politique, contre les étrangers, contre les médias, contre l’Europe, mais comme dans d’autres pays, ces extrémistes n’ont aucune idée comment diriger un pays.

Après le mauvais score de l’ami néerlandais de Frauke Petry, Geerd Wilders, et après le mauvais score aux élections régionales en Sarre, l’AfD a perdu sa dynamique. C’est rassurant que ce parti s’auto-dévore, car les électeurs n’apprécient pas ce genre de manque d’orientation politique. Maintenant que les vieux qui rêvent d’un 4e Reich prennent les commandes, l’AfD s’auto-disqualifie aux yeux des électeurs et ceci est donc une bonne nouvelle. Il faut croire que sur l’échiquier politique en Allemagne, il n’y a pas vraiment de la place pour des formations qui défendent des idées proche des néonazis. Tant mieux ! (selon "Eurojournalist")