vendredi 23 novembre 2007
Logements sociaux : une vieille histoire
Notre vallée a vu le développement industriel lié au textile dès la fin de la 1ère guerre mondiale. Les patrons ont fait construire d'abord des cités pour leurs ouvriers (rue de Neuve-Eglise, rue de Breitenau essentiellement). Ces cités, réservées aux ouvriers des F.T.V., comportaient des maisons bi-familles ou des appartements à loyers bas, déduits directement du salaire des ouvriers. Ce système a perduré à Villé, mais aussi dans les villages (Fouchy, Lalaye, Maisonsgoutte, etc...) jusqu'aux crises du textile commencées en 1956. Mais encore en 1970, un ouvrier des FTV pouvait obtenir un logement dans ces cités à 150 F de loyer mensuel, alors que le loyer moyen en ville pour un 4/5 pièces équivalent tournait autour de 1.200 à 1.500 F. Autant dire qu'il était pratiquement impossible à un ouvrier de se loger au centre-ville (les salaires mensuels dans les années 60 / 70 pour un ouvrier se situaient autour de 2.500 F/mois). Avec la disparition des FTV, les maisons de la "cité" ont toutes été rachetées par des particuliers. Les loyers élevés du bourg-centre ont entraîné une désertification du centre-ville, et il a fallu se lancer dans la construction de nouveaux logements sociaux (rue Sulzacker à Villé, Bassemberg, Steige, etc...) permettant aux jeunes couples surtout de trouver à se loger à un tarif abordable. L'emploi souvent retrouvé en dehors de la vallée (52 % des actifs travaillent en dehors de la vallée - chiffre donné dans l'étude "Hommes & Territoires") fragilise encore plus le budget familial par les frais de transport engendrés. D'où l'urgence ... Il est vrai que
la prolongation de la fermeture systématique d'emplois risque d'ici quelques années de poser le problème en termes de départ définitif d'une population active. Les logements sociaux ne doivent pas être des logements "à minima". Chacun a le droit d'être logé dans des conditions correctes. Les problèmes qui surgissent ne sont, contrairement à ce que l'on laisse souvent sous-entendre, non pas des problèmes de délinquance, de drogue ou de voisinage, mais d'inconvénients pour les locataires eux-mêmes. Un exemple : les enfants de la rue Sulzacker font ainsi tous les jours 7 à 8 km de marche à pied (4 x 2 km) pour se rendre à l'école : voilà un problème qui n'a jamais été pris en compte. Et pourtant qui devrait être facile à résoudre en leur mettant à disposition un des nombreux bus qui passent à proximité ! Mais veut-on s'y intéresser ? De façon plus générale, l'éloignement du bourg-centre représente aussi un handicap économique auquel personne n'avait pensé il y a 20
ans. Aujourd'hui, malheureusement, si l'on est conscient de la nécessité de logements sociaux, on réfléchit non pas en qualité de vie pour ses futurs habitants, mais en économie de projets, en nuisances pour les riverains, ou pire, en termes de spéculation et en éventuel impact sur les loyers du privé. Quant au repeuplement du bourg-centre, il faudra certainement passer par des aides à la réhabilitation accompagnées de conventionnement entraînant la limitation de certains loyers pratiqués. Sans compter que pour éviter de faire d'une grande partie de la population des "aidés", le meilleur moyen serait de revenir à plus d'emploi dans la vallée. On n'en est malheureusement pas là.
Commentaires
Bonne analyse
Bonne analyse, c'est vrai qu'à Villé les logements sont souvent trop chers ! C'est ceux qui restent vides ou occupés à défaut de mieux.
Certains ont peur des impayés, ce n'est pas en augmentant le loyer qu'ils en auront moins !
Revente ?
Il se raconte que le maire a refusé le permis de construire de la route d'Albé pour les logements sociaux et la comcom veut revendre le terrain à une agence immobilière de Sélestat, qui veut construire du locatif ? Si c'est vrai, qu'est-ce qu'on a gagné ?
Je n'en sais rien
Je n'ai rien entendu de cette affaire. Elle me semble un peu grosse. Je ne me prononcerai pas avant plus amples informations.
Patrons sociaux
Il est vrai qu'autrefois le patronat était plus social qu'aujourdhui où il y en a trop qui ne pensent qu'à s'enrichir en pressant les salarié comme des citrons, et quand il n'y a plus de jus, ils délocalisent.
Très intéressant
Très intéressant cet article !
Si Mr. le maire ne veut plus de logement sociaux, il faut qu'il baisse les prix du terrain de construction dans le lotissement, pour permetre aux jeunes de construire plus facilement !
Et s'il ne veut plus d'habitants dans sa commune, il faut qu'il le dises aussi !
Mise à l'écart
A Villé, la "mise à l'écart" est dûe surtout à la géographie. La cité + Sulzacker = très loin du centre ! Encore qu'aujourd'hui la situation est moins pire puisque la jonction avec "le beau Villé" est faite au Luttenbach. Mais il reste des "mentalités" , exemple : pourquoi ce beau sentier piétons et cyclistes n'est-il pas prolongé jusqu'au Sulzacker ? et ainsi, comme le souligne JLB, les enfants qu'on ne veut pas dans des bus, pourraient marcher loin de la route et de la circulation sur tout le parcourt vers l'école.
A Sandra
Je peux illustrer les propos de Sandra : j'ai cherché un appart' à Villé. Une agence m'a fait visiter dans un immeuble collectif d'une personne bien connue à Villé, paraît-il et qui aurait signé la pétition anti-logements sociaux. La cuisine : horrible ! des fils électriques pendants à nu partout ! du carrelage fissuré ! des sols usés recouverts partiellement pour cacher le pire ! Un 3 pièces pour 500 € + charges ! Ben voyons ! et 2 loyers de caution pour couvrir les éventuels dégâts : mais que pouvait-on encore casser ? et sans oublier les frais d'agence ... ! C'était au mois de juin ! Je viens de passer devant : l'appartement est toujours libre, je ne comprends pas pourquoi...?
Je voulais terminer...
Je ne comprends pas pourquoi le propriétaire s'obstine à vouloir louer un taudis au prix d'un palais !
Une honte !
Un maire qui refuse un permis pour des logements sociaux,
UNE HONTE !
Un villois indigné et furieux !
Rétrécis !
T'a rien compris, villois furax !
Il veut les rétrécir et les remplacer par des cabines téléphoniques.
Re : à Gilou
Tiens Gilou, la position de JLB que tu attendais ! tu ne réponds plus : donc elle te satisfait. Moi, oui en tous cas.
C'est vrai cette hausse ?
Un adjoint vient de me confier que le prix de l'are dans la tranche 2 vers Breitenau sera beaucoup plus élevé que dans la première. Est-ce vrai ? Si oui, pourquoi ?
Logements sociaux ?
Est-ce que cela a quelque chose à voir avec l'affaire des logements sociaux ?
Si on ne veut pas de logements sociaux, il faudrait au contraire encore baisser le prix des constructions, donc des terrains !
A moins que certains marchent dans des spéculations ?
Clair et net
C'est clair et net ! Si un adjoint, et je ne suis pas loin de le croire - puisque deux adjoints ont signé une pétition contre les logements sociaux - comme Bambou-la, que la spéculation et l'alliance avec les copains prévaut dans les démarches de certains.
C'est bien dommageable ! Et dans l'équipe du maire - du moins sur ce qu'il en reste - n'est-ce pas cet esprit qui domine ?
C'est pas eux qui décideront
De toutes façon ce n'est plus eux qui décideront, puisqu'ils ne se présentent plus ! Et ça ne se décidera pas avant les élections !











