mercredi 9 août 2017

Vol d'armes, à répétition

Et ça continue ...

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En Côte d'Ivoire, depuis un certain temps, les mutineries et les attaques de dépôts  d'armes se reproduisent, parfois de façon très sympathique. 

Ainsi, il était 22 heures, ce 5 août, quand plus d’une vingtaine de véhicules (4×4) vitres teintées ont fait leur entrée dans la paisible ville d’ Adzopé. Les individus garent leurs véhicules devant un maquis, entrent et consomment joyeusement et en quantité avant de s’attaquer à d’autres cibles.

Le commissaire de police alerté vient sur les lieux pour essayer de comprendre qui sont ces joyeux lurons et apprécier la situation. Mal lui en prit car, après une discussion avec les types des 4×4, ce commissaire est bousculé, soulevé puis jeté dans un des véhicules, direction le commissariat où il est ligoté avec ses collègues. Les armes sont récupérées.

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Les hommes de cette colonne de 4×4 se dirigent vers un gérant de dépôt de boissons et prennent son téléphone pour qu’il ne puisse alerter personne.

Le champ est désormais libre, il est plus de minuit, toutes les pharmacies sont cassées. La station Olybia n’est pas épargnée. Des magasins pillés, des véhicules et des armes emportés. Les individus ont fait savoir au gérant du dépôt de boissons qu’ils ne s’en prennent aucunement à la population. À environ 3 heures trente, après plus de cinq heures d'amusements, les hommes quittent la ville tranquillement à bord de leurs véhicules 4×4.

Les autorités commenteront cette seconde attaque d’ Adzopé : "C’est un simple braquage !" Et pourquoi pas : "C'est un banal exercice" ? Curieuse cette nouvelle manie d’attaquer les commissariats de police et de gendarmerie, avant de dévaliser soit les agences du Trésor, soit d’autres magasins !! Peut-être des braquages émergents ? en tous cas très consensuels ! Et bientôt, ces armes gentiment volées après avoir été fournies gratuitement par le tandem Macron - Le Drian, vont-elles se retourner contre nos militaires encore toujours stationnés à Abidjan ?

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On peut d'ailleurs se demander si dans ce pays il ne se prépare pas une nouvelle guerre civile. 

Divorce entre Guillaume Soro et Alassane Ouattara

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samedi 29 juillet 2017

Inondations en Afrique

Les sinistrés d'Abidjan se sentent oubliés

abidjanDepuis le début de la saison pluvieuse, au moins vingt personnes sont mortes en Côte d'Ivoire du fait d'inondations ou de glissements de terrain. Dans certaines communes d'Abidjan, les habitants des quartiers sinistrés vivent dans la crainte de nouvelles pluies diluviennes, parfois sans solution de relogement malgré les promesses d'aide financière. Reportage à la cité Coprim, à Yopougon.

Don Paul Kohou regarde avec crainte l’imposante fissure qui strie depuis peu les murs de sa chambre. Si une partie de sa maison, nichée au bord du canal de terre de la cité Coprim à Yopougon, tient encore en partie debout, ce n’est plus le cas de celle de son voisin. Après des pluies diluviennes, une partie de l’immeuble d’à côté s’est brutalement effondrée dans le canal, le 25 mai dernier, entraînant dans sa chute une partie de sa petite villa.

Depuis le début de la saison pluvieuse, le fonctionnaire de 59 ans a vu des pans entiers de deux autres immeubles se fracasser dans le canal, qui a aussi englouti six autres villas basses. Malgré les impressionnants dégâts, Don Paul Kohou « remercie Dieu » : jusqu’à présent, les dommages ne sont que matériels. Seule une femme a été légèrement blessée. Elle était chez elle lorsque sa maison s’est effondrée après un énième glissement de terrain.

Contraints de dormir ailleurs

Dans cette partie de la cité Coprim, l’absence de victimes s’explique d’abord par les réflexes développés par ses habitants. De mémoire de riverain, le premier éboulement remonte à juin 2015. Depuis, à chaque pluie, les occupants des 48 habitations nichées en bordure de canal ont donc pris l’habitude de s’éloigner de leurs maisons par peur de nouveaux glissements de terrain. « Nous ne pouvons pas prendre le risque de dormir chez nous lorsqu’il pleut, nous avons peur que tout s’effondre. Nous sommes contraints de dormir à l’extérieur, en face, ou chez ceux qui peuvent nous accueillir », s’indigne Rigobert Blaka, dont la maison penche désormais dangereusement vers le canal.

La plupart des riverains en veulent à la mairie de Yopougon. Ils assurent que la commune leur avait annoncé en décembre 2015 la réfection tant attendue du canal. Car il y a encore une dizaine d’années, le fossé de terre avait l’envergure d’un petit caniveau que les riverains pouvaient enjamber d’un simple saut. Mais la vigueur des dernières saisons pluvieuses, couplée à la construction d’ouvrages ne laissant pas l’eau s’écouler, ont considérablement creusé le lit de la rigole.

La mairie pointée du doigt

Faute de travaux, le petit canal s’est depuis transformé en un ravin de plus de dix mètres de large par endroit. « Si des travaux avaient été faits pour l’aménager et le consolider, il n’y aurait jamais eu ces glissements de terrain et nos maisons n’auraient pas été mises en danger », déplore Don Paul Kohou, devenu le porte-voix de l’association informelle des habitants de la cité.

Des critiques que balaie la mairie de Yopougon. « La mairie n’a ni les moyens, ni les prérogatives pour effectuer ces travaux, qui relèvent de la compétence de l’État », assure Yaya Coulibaly, directeur de cabinet du maire de la commune, Gilbert Koné Kafana. « Chaque année, le maire demande aux personnes vivant dans des zones à risque de quitter les lieux », tient-il également à préciser.

Reste que les habitants, dont les économies d’une vie ont pour la plupart été investies dans ces maisons, n’ont pas les moyens de se reloger. « On nous dit de quitter les lieux, mais nous n’avons pas les moyens de partir : les logements sont trop chers à Abidjan pour que nous nous logions ailleurs », rétorque Don Paul Kohou.

« Nous vivons dans nos maisons la mort dans l’âme »

Des sinistrés que les autorités se sont pourtant engagées à aider. Le 14 juin dernier, une délégation ministérielle est venue promettre des travaux, ainsi qu’une enveloppe financière aux riverains. « Les propriétaires des 48 villas se sont ensuite vus proposer 300 000 Francs CFA [457 euros] pour se reloger provisoirement. Mais pour l’instant nous sommes seulement six riverains à avoir reçu l’argent. Quarante-deux autres attendent toujours. Le dossier traîne, et nous ne savons toujours pas quand commenceront les travaux », déplore Don Paul Kohou, qui fait partie des six premiers bénéficiaires.

En attendant, le canal continue de s’élargir, creusé par les eaux usées et les ordures qui s’y accumulent. Un quatrième immeuble, toujours habité, menace désormais de s’effondrer. « On évoque l’incivisme et l’inconscience des personnes qui continuent de vivre dans les zones dangereuses, mais comment ceux qui n’ont pas l’argent pourraient-ils faire pour en partir ? », s’indigne Don Paul Kohou. Avant de lâcher, amer : « Nous vivons dans nos maisons la mort dans l’âme. » (selon Claire Rinfroy, "Jeune Afrique")

NB : Lors de son voyage à Paris et Berlin, le président Ouattara a sollicité à Strabourg l'aide de l'Europe. Qu'est devenue cette aide ?

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lundi 24 juillet 2017

Représentation féminine chez Macron ?

Les ministres-femmes sont-elles les bonnes à tout faire du président ?

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Lors de l'épisode Villiers-Macron, la ministre avait complètement disparu des radars. Pourtant, c’est elle qui aurait dû porter le clash budgétaire avec Villiers. En tant qu’ancienne secrétaire d’Etat au Budget, responsable des Armées, elle a laissé s’installer un duel président-chef d’état-major, elle était complètement ailleurs. Son rôle, Emmanuel Macron l’a d'ailleurs réaffirmé mercredi en affirmant que François Lecointre "n’aura non pas un budget à défendre, car c’est le rôle de la ministre des Armées, il aura des troupes à défendre, des opérations à mener". Et pourtant, bien présente à Istres, Jupiter ne l'a pas laissé apparaître à une quelconque prise de vue lors de son discours aux militaires. Serait-elle là comme "éventuel fusible" ou comme "bonne à tout faire, notamment cirer les bottes" ? A chacune et chacun de juger. Elle a quand même eu le droit d'annoncer le nom du successeur du démissionnaire Villiers, à savoir le général Lecointre.  Mais on a bien compris qu'elle ne faisait que répéter le nom "soufflé par le chef". 

Et Laura Flessel ?

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Ancienne escrimeuse, ministre des sports, à quoi sert-elle ? En ces temps de vacances, elle est en Afrique, très exactement à Abidjan.

 

Ce vendredi s'est ouvert la 8e édition des Jeux de la Francophonie qui se tiendra du 21 au 30 juillet 2017, en Côte d’Ivoire. Cette huitième édition ambitionne de s’inscrire dans un projet de développement et de renforcement de cohésion nationale pour la Côte d’Ivoire, un voeu pieu alors que les militaires rebelles continuent de faire régulièrement parler les armes ces dernières semaines. Macron avait promis à son homologue ivoirien Ouattara d'être présent. Mais les militaires français et les mutins ivoiriens en ont décidé autrement. Les jeux de la francophonie, vous connaissez ? Pas un media français n'en parle. Alors Laura Flessel suffira ! Elle assistera à l’ouverture et accompagnera les premiers pas de la délégation tricolore, décision du chef ! 
Elle profitera de son déplacement pour poursuivre ses échanges avec ses homologues internationaux et les présidents de fédérations afin de poursuivre le développement du réseau d’influence de la France à l’international a-t-elle déclaré. Il faut bien dire quelque chose ! Laura est une bonne palliative du chef, qui lui s'intéresse beaucoup plus au très médiatique Tour de France. Passer à la télé française, c'est plus important ! Et après tout, le chef ira à Assinie (résidence côtière du président Ouattara en Côte d'Ivoire) pour le réveillon de Nouvel An ... en compagnie de l'habitué Nicolas Sarkozy ?
Marlène Sciappa, punie ?

 

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Secrétaire d'Etat à l'égalité hommes/femmes, elle semble avoir une langue qui fourche souvent. Ainsi, elle a annoncé au Sénat que  "les subventions aux associations ne baisseraient pas d'un euro". Oui mais voilà, elles auraient diminué de 25% ! Elle a certes essayé par la suite de noyer le poisson en disant que la baisse se fera sur les budgets de fonctionnement, et pas sur les subventions des associations. Mais les responsables d'associations n'ont pas été dupes et restent très fâchés. Voilà qui n'a pas dû plaire au chef qui 'aime guère la contradiction. 

Et voilà qu'elle dérape encore à propos des chiffres des viols et se fait recadrer par l'Insee. Alors que la secrétaire d'État rencontrait la délégation aux Droits des femmes du Sénat jeudi 20 juillet, elle s'est permis de faire un raccourci sur les agressions sexuelles, révèle Le Lab d'Europe 1. Elle a affirmé tout de go que les viols étaient plus fréquents dans le nord que dans le sud. Selon Le Lab, Marlène Schiappa se sert d'une enquête de l'Insee de 2014 qui fait état de "576 plaintes dans le Nord, dix en Corse dont une sur voie publique". Attention, Marlène, le chef va se fâcher !

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jeudi 20 juillet 2017

Armes offertes, puis volées

Un grand merci, messieurs Macron et Le Drian

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Dès la mi-mai, l'ancien ministre de la défense socialiste, nouveau ministre LREM Jean-Yves Le Drian (le plus rapidement opérationnel) faisait don gratuitement de matériel militaire, d'armes, de véhicules et même d'hélicoptères de combat au gouvernement ivoirien, alors que le président de ce pays Alassane Ouattara était le premier à être reçu par Macron à l'Elysée. Sans compter que dans ce pays que l'armée française était sensée quitter à la fin de l'opération Licorne, less effectifs ont été renforcés, sous prétexte que l'aéroport de Port-Bouët (Abidjan) devait servir de base arrière pour l'envoi de troupes et de matériel vers le Mali-Nord.

La bonne blague ! Voici que cette nuit du 19 au 20 juillet, des tirs ont empêché les abidjanais de dormir, des hommes masqués ont envahi deux casernes d'Abidjan, dans les quartiers de Yopougon et de Cocody, et ont "embarqué" des véhicules, des armes et des munitions. Et ce n'est pas la première fois que cela arrive dans ce pays, où les mutineries sont nombreuses et où le terrorisme a déjà fait bien des victimes.

Alors que ce matériel tombe forcément "en de bonnes mains", Macron annonce une réduction de 850 millions d'€ du budget militaire, limoge l'un des meilleurs généraux ! C'est vrai, il utilise la meilleure méthode pour éradiquer le monde du terrorisme qui le ronge. Avec du matériel vétuste par les réductions militaires, nos soldats vont-ils devoir se battre contre des bandes armées de bon matériel français ? Messieurs Macron et Le Drian, un grand merci, que vos consciences reposent en paix !

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jeudi 13 juillet 2017

Guillaume Soro, le nouvel ami africain de Macron

Soro, chargé d'instruire Ferrand ?

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La République "En Marche" vient de tenir son premier grand congrès. Alors c'est normal, on invite des personnalités étrangères amies ... comme Guillaume Soro, président de l'assemblée nationale de Côte d'Ivoire.

On sait le poids que peut avoir la France sur la nomination ... pardon, l'élection (ma langue a fourché) des chefs d'Etat africains. Voyez la place prise par Sarkozy en 2011 pour le "couronnement" d'un certain Alassane Ouattara. Et il se dit que Guillaume Soro ambitionne la présidence dans son pays à l'horizon 2020. Ne vient-il pas, comme Macron, de créer son propre parti !

On pensait malgré tout ce genre de pratique terminée. Il semble qu'il n'en est rien. Mais que penser lorsqu'on sait que Guillaume Soro est impliqué dans de nombreuses affaires, y compris en France où un juge d'instruction l'attend toujours pour l'entendre dans des affaires d'enlèvement, de séquestration ou d'esclavagisme. Excusez du peu. Mais voyez la video ci-dessous ! Mieux qu'un long discours !

Mais peut-être a-t-il été invité par certains responsables LREM pour qu'il leur explique comment échapper à la justice ?

Quand le parti d'Emmanuel Macron adoube Guillaume Soro...

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jeudi 6 juillet 2017

Affaire Kieffer : vers de nouvelles pistes ?

Un rôle joué par la Guinée-Bissau ?

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Cinq pages de révélations surprenantes, et ce n'est pas fini ! Les prochains numéros de "L'éléphant déchaîné" nous réservent encore des surprises. Jusqu'à maintenant, tout le monde s'était accordé sur le fait que l'enlèvement et l'assassinat  de Guy-André Kieffer était lié à la corruption ambiante dans la filière café-cacao. Oui mais voilà ! De nouvelles pistes sont évoquées (au moins quatre) dont la plus importante est la Guinée-Bissau. D'ailleurs, "l'éléphant déchaîné" arrive à la conclusion :  "Enfin Guy André Kieffer (GAK) travaillait sur le paiement des salaires, par le régime Gbagbo, à hauteur de 1,5 milliard de FCFA, des fonctionnaires de la Guinée Bissau, en mars 2004. « L’Eléphant» est en mesure d’affirmer aujourd’hui que c’est cette dernière enquête dont beaucoup de confrères ont déjà parlé, qui a emporté le journaliste." Une sombre histoire de 18 millions de dollars, donnés par un pays exsangue à un pays voisin, pour payer les salaires de ses fonctionnaires. On croit rêver. Et celle-ci arrive le jour où Dominique de Villepin, ministre des affaires étrangères, délègue à Abidjan ses deux "spécialistes" de l'Afrique, Nathalie Delapalme et Bruno Joubert. Curieux, au point qu'on se demande si cette affaire n'est pas franco-française, et n'aurait rien à voir avec la Côte d'Ivoire. A ce titre, il serait intéressant de savoir d'où venaient ces 18 millions de dollars : de l'Etat français ? du trafic d'armes ? ou d'autres filières encore ?

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La thèse de l'assassinat commandité par Simone Gbagbo est de plus en plus mise à mal. Quand bien même aujourd'hui, pour des raisons d'opportunité le régime Ouattara la maintient derrière les barreaux. Il est vrai que le beau-frère de la première dame, Michel Legré, qui devait rencontrer Kieffer le jour de son enlèvement est aujourd'hui décédé et ne témoignera plus. L'article de "l'éléphant déchaîné" conclut par ailleurs : "Pourquoi avec toutes les informations très précises et très rapidement obtenues, les autorités françaises, notamment celles du Quai d’Orsay, ont-elles fait preuve d’une incroyable mollesse dans le traitement du dossier de la disparition de Guy André Kieffer?" Plus d'éclaircissements dans un prochain numéro.

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samedi 1 juillet 2017

Brouteurs.com

La troisième saison de "Brouteurs.com" arrivera en novembre sur la télévision ivoirienne et sur TV5Monde.

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Le destin du réalisateur est lié à celui des brouteurs. En 1998, alors qu'internet en était encore à ses balbutiements en Afrique, Alain Guikou, qui n'imaginait pas alors faire du cinéma, tenait un des premiers cybercafés d'Abidjan, à Yopougon, un des deux grands quartiers populaires de la capitale économique ivoirienne.

"J'avais un client particulier qui passait sa journée à envoyer des mails, à passer des coups de téléphone. Il me faisait la recette quotidienne", raconte-t-il. L'homme était en réalité un brouteur, un cyber-escroc à la sauce ivoirienne.

"Il voulait absolument pouvoir venir 24/24h, 7/7j. Il m'a même offert 500.000 F CFA par mois (760 euros)", une somme importante pour le pays.

Selon Alain Guikou, ce "client" coule désormais des jours heureux en Europe, où il a disparu après avoir fait fortune en délestant des "pigeons" de leur argent...

Le phénomène s'est amplifié dans les années 2000 pour devenir une sorte de spécialité ivoirienne, même si le Nigeria et le Cameroun ont aussi leurs cyber-aigrefins.

Propositions de mariages, d'investissements, usurpations d'identité, fraudes à la carte bancaire, fausses factures, affaires louches... Les arnaqueurs, souvent qualifiés d'arnacoeurs, rivalisent d'imagination pour leurs escroqueries. Des scénarios qui constituent autant d'épisodes de Brouteurs.com.

"C'est un peu comme quand Al Pacino rencontrait les mafieux de New-York pour s'en inspirer. Les mecs étaient fiers de lui raconter leurs histoires. Ici aussi, ils sont fiers de me raconter ce qu'ils font", assure ce fan des films de mafia, qui raconte qu'aujourd'hui certains "sont prêts à (le) payer pour apparaître" dans la série.

Le parc Banco vendu à prix d'or 

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Après le succès d'une première série policière (Signature, 2007), l'autodidacte Alain Guikou débute en 2010 le tournage des 26 premiers épisodes de "Brouteurs.com" avec des budgets maigrelets, qui s'étoffent avec le succès.

"On m'a même raconté qu'au Canada, la diaspora africaine se rassemble pour regarder la série", assure l'un des acteurs de la série, Franck Vléhi.

Avant d'incarner Géraud, l'escroc en chef, Franck Vléhi a rencontré un des brouteurs mythiques du pays dont la légende veut qu'il ait vendu le Banco, le parc national protégé situé dans Abidjan, à un Qatari pour "8 milliards de F CFA" (12,2 millions d'euros) !"

"Je voulais comprendre leur psychologie", affirme l'acteur. "Il m'a dit : +quand tu pars à la pêche et que tu veux pêcher un tilapia, un ver de terre suffit. Mais quand tu veux pêcher un requin, il faut carrément le capitaine (gros poisson des eaux africaines) !+"

"Arrivée en jet privé au Qatar, vêtu de blanc ! Suite dans un hôtel de luxe... Il (le brouteur) s'est fait passer pour un riche héritier ivoirien" faisant du business.

Dans la série, Géraud escroque dès la saison 1 un riche Saoudien de 400 millions de F CFA (610 00 euros).

Honte, ruine, suicide

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L'actrice Aurélie Eliam, qui tient le rôle du lieutenant de police Cynthia, a elle-même eu à souffrir des brouteurs.

En 2008, des arnaqueurs se sont servis d'anciennes photos d'elle posant comme mannequin pour "appâter" des amoureux argentés.

"Un monsieur a failli porter plainte contre moi auprès d'Interpol... Je me suis aperçue qu'on parlait de moi sur un forum: +Aurélie Eliam, actrice et arnaqueuse+ On disait que j'avais volé plusieurs milliers d'euros", explique-t-elle.

On voit souvent les arnaques comme "une histoire marrante", souligne Alain Guikou qui rappelle toutefois les conséquences tragiques pour les victimes, de la honte à la ruine et même parfois au suicide.

"Un jour, je me suis retrouvé au maquis (restaurant populaire) avec un brouteur qui s'esclaffait à propos d'un pigeon qu'il avait au téléphone: +Ecoute ça, le Mugu (victime) est en train de pleurer !", raconte le réalisateur.

En braquant les projecteurs sur ces arnaques, la série a eu un effet collatéral: certains brouteurs craignent désormais de se faire démasquer.

"Quand j'étais en vacances à Washington DC", raconte ainsi Franck Vléhi, "un mec" l'ayant reconnu lui a glissé à l'oreille: "+Maintenant arrêtez de dévoiler nos plans ! ça nous tue et ça tue notre business !+"

 selon AFP

 

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jeudi 29 juin 2017

Disparition de Guy-André Kieffer : une affaire enfin relancée ?

Qui a intérêt à cacher quoi ?

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Guy-André Kieffer est l’aîné d’une fratrie de trois garçons issu d’une famille alsacienne, avec un père ingénieur dans le nucléaire et une mère au foyer. Dans les années 1970, il part au Québec et y devient attaché parlementaire d’un député canadien. Il se marie, a un enfant et acquiert la double nationalité franco-canadienne puis divorce à deux reprises. Il revient en France pour passer son diplôme de journaliste, retourne au Canada où il rencontre sa future épouse, Osange Silou-Kieffer, journaliste guadeloupéenne, en 1979, celle-ci le décrivant comme "plutôt trotskiste et idéaliste".

Journaliste économique, il travaille d'abord à Libération. Il rejoint ensuite, dès sa création en 1984, le quotidien La Tribune, créé par quatre journalistes économiques du quotidien Le Monde. Il y reste 18 ans. Guy-André Kieffer s'intéresse au monde des affaires dans le domaine des matières premières.

En 2002, il part pour la Côte d'Ivoire, où le président Laurent Gbagbo lui commande un audit sur la filière cacao. Cet audit met rapidement en lumière des malversations.

Il élargit le champ de ses investigations au financement des ventes d'armes en Côte d'Ivoire. Il publie de nombreux articles critiques concernant l'économie de le Côte d'Ivoire, dans la presse ivoirienne (sous différents pseudonymes) et dans La Lettre du Continent, publiée en France.

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Disparu le 16 avril 2004, il aurait été enlevé sur le parking d'un supermarché d'Abidjan, alors qu'il avait rendez-vous avec Michel Legré le beau-frère de la première dame Simone Gbagbo. Par la suite il aurait été assassiné. Son corps n'a jamais été retrouvé, ses geôliers et ses assassins jamais arrêtés, ni même identifiés sérieusement.

En 2015, la garde des sceaux Christiane Taubira s'était rendue à Abidjan. Malgré toutes les promesses de collaboration du président Alassane Ouattara, les portes se sont fermées rapidement devant elles, notamment celles de la MACA (prison d'Abidjan).

Qui a donc intérêt à cacher quoi ? Peut-être le saurons-nous grâce à des journalistes d'investigation ivoiriens du journal satirique "L'éléphant déchaîné", équivalent de notre "Canard enchaîné". 

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dimanche 18 juin 2017

Ouattara, président de Côte d'Ivoire, devant les députés européens

 Une semaine européenne du chef d'Etat le plus riche d'Afrique

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Alassane Dramane Ouattara (ADO pour les intimes) vient de faire le tour de l'Europe : Paris pour y rencontrer le nouveau président Macron, Berlin pour participer au G20, Strasbourg pour s'exhiber au Parlement Européen. On peut se demander ce qu'il est venu faire. Son discours devant les députés européens est explicite :

1) Une aide militaire renforcée. Son pays est menacé par le terrorisme, semble-t-il. En réalité, son pays est miné par les mutineries qui menacent son pouvoir. Il faut absolument que l'armée française, voire les armées européennes, l'aident pour éviter un éventuel coup d'Etat. Après tout, Sarkozy l'avait déjà aidé à conquérir le pouvoir en 2011.

2) Une coopération pour un meilleur développement économique. Oui mais pour le bénéfice de qui ? Des Bouygues, Bolloré, Vinci and co, ou de la population ivoirienne qui vit dans la misère et le chômage ? Cela reste à voir. Lui qui évoque les inondations et le réchauffement climatique uniquement pour toucher un plus gros pécule qu'il ira faire fructifier dans une banque suisse, ce qu'attestent ses nombreux déplacements à Zürich ou à Genève. Lui qui ignore ce que corruption veut dire ?

3) La lutte contre l'immigration clandestine. Il évoque les dangers de la traversée de la Méditerranée. Il oublie simplement que tous ceux qui vivent dans la misère le lui doivent, alors même qu'il promet "l'émergence" de son pays avant 2020. Et que tous ceux qui quittent son pays l'ont fait pour fuir la guerre et le font pour chercher un monde meilleur.

4) Et comme gages, il atteste depuis 2011 d'une réconciliation nationale réussie. Sans blagues ! Alors que les opposants sont régulièrement emprisonnés, que les droits de l'homme sont bafoués. Mais pourquoi donc de nombreux ivoiriens réfugiés au Sénégal et au Ghana refusent-ils de rentrer chez eux ?

Et justement, pendant qu'il prononce ses très conventionnés discours à Paris, Berlin et Strasbourg, son peuple manifeste dans plusieurs villes, notamment à Abidjan ! Les paroles sont une chose, les réalités une autre !

Film Complet

Les marches de la colère en Côte d'Ivoire

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mercredi 14 juin 2017

Que devient l'ex-futur tramway de Bamako ?

Françafrique : quand c'est fini, ça recommence !

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A Strasbourg, tout le monde se souvient de l'affaire du tramway mort-né de Bamako qui devait être l'affaire du siècle pour Lohr et Alstom, grâce au maire Roland Ries conseillé par l'expert en affaires africaines Michel Rocard, aujourd'hui décédé. C'est donc son ami Alain Juppé, maire de Bordeaux, qui avait relancé l'affaire en présentant ce tramway sur pneumatique à son homologue abidjanais Beugré Mambè.

Oui, mais voilà ! Le président Alassane Ouattara a d'autres soucis : des mutineries dans les casernes ivoiriennes menacent de plus en plus le trône de ce petit potentat africain. Il vient en fait en ce jour d'élections législatives (meilleur jour pour que les journalistes français aient d'autres chats à fouetter) pour demander et obtenir (au nom de l'hypocrite motif de lutte contre le djihadisme) des renforts de troupes françaises susceptibles de l'aider à garder son pouvoir.

D'ailleurs Macron et Ouattara s'entendent bien et se promettent deux rendez-vous, l'un en juillet-août lorsque ce chef d'Etat africain, plus souvent en France qu'à Abidjan où les habitants vivent dans la misère et sous les inondations, recevra la famille Macron dans sa somptueuse propriété de Mougins (06), et l'autre fin novembre en Côte d'Ivoire dans la non moins somptueuse propriété d'Assinie par laquelle passe régulièrement l'ex-président Sarkozy pour fêter les réveillons de nouvel an, et où plus récemment un premier ministre nommé Manuel Valls a aussi passé quelques nuitées.

Et les bons comptes faisant les bons amis, Emmanuel Macron a proposé au président ivoirien d'acheter à Bouygues un métro pour sa capitale Abidjan. Au grand dam de Juppé et Beugré ? ou en complément, ce qui permettrait à Abidjan d'avoir un meilleur équipement en transports collectifs que Paris ou Londres ? On ne risque rien de dire que le tram d'Alstom/Lohr est proche d'un enterrement de première classe. Et en bon banquier rothschildien, Macron impose son prix !

Un article paru dans "l'Eléphant déchaîné" n° 552 du 13/06/2017, journal satirique de Côte d'Ivoire, équivalent de notre Canard national

beugreHistorique du tramway de Bamako selon "L'éléphant déchaîné"

mambe

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