samedi 16 juillet 2022

49 soldats ivoiriens arrêtés à l’aéroport de Bamako

Affaire 49 soldats ivoiriens arrêtés à Bamako : « C’est une incompréhension malheureuse », explique un haut-gradé de l’armée ivoirienne.

bamakoLes soldats ivoiriens ont été arrêtés, ce dimanche 10 juillet 2022, en début d’après-midi, à l’aéroport de Bamako.

Depuis, les messages alarmistes et même complotistes circulent sur les réseaux sociaux, les présentant comme des mercenaires lourdement armés venus déstabiliser le pays. Ces soldats appartiennent en réalité à l’armée régulière ivoirienne, ils devaient sécuriser, selon l’armée ivoirienne, des sites de la Minusma, la Mission des Nations unies.

Ils appartiennent au 8e détachement du NSE, National Support Element. C’est un cadre de l’état-major ivoirien qui le précise : ces 49 soldats sont arrivés à Bamako dimanche à la mi-journée, à bord du même avion qui avait ramené à Abidjan, le matin même, le précédent détachement. Deux avions même, pour être précis, l’un transportant les hommes, l’autre le matériel.

« C’est une incompréhension malheureuse », explique ce haut-gradé de l’armée ivoirienne, qui assure que tout était en règle pour leur arrivée.

Selon l’armée ivoirienne, ce sont pourtant des problèmes administratifs qui sont invoqués par les autorités maliennes. « D’abord, ils ont dit que l’avion n’était pas sur la liste des appareils autorisés à atterrir. Ce problème a été vite levé, poursuit cette source, mais maintenant ils disent que nos soldats n’avaient pas de lettre de mission conforme. » 

Sollicités par RFI, ni l’armée malienne ni le ministère malien de la Défense n’ont souhaité répondre. Les 49 soldats ivoiriens ont passé la nuit en détention. Le problème n’est toujours pas réglé.

 Un précédent danois

Selon les explications de l’armée ivoirienne, ces soldats sont là dans le cadre de la contribution ivoirienne à la Minusma. Ils sont détachés auprès d’une entreprise privée, SAS, Sahel Aviation Service, elle-même sous-traitante de la mission onusienne. 

Dirigée par un Allemand, cette entreprise travaille habituellement dans la sous-région pour des ONG, des groupes miniers ou encore, donc, pour les Nations unies. 

C’est en tout cas ce que précise son site internet puisque, jointe par RFI, l’entreprise SAS a confirmé être mobilisée sur le cas des militaires ivoiriens, mais n’a souhaité apporter aucune précision.

Selon l’armée ivoirienne, les soldats arrêtés à Bamako sont censés sécuriser des sites de la Minusma, notamment à l’aéroport de Bamako, mais aussi dans des « entrepôts logistiques ». 

La Mission onusienne n’a, elle non plus, pas souhaité faire de commentaire à ce stade. 

Cette affaire rappelle celle des militaires danois : en janvier dernier, ils étaient arrivés au Mali dans le cadre de la force Takuba, en suivant les procédures habituelles. 

Les autorités maliennes avaient estimé que ces procédures ne suffisaient plus à garantir leur « consentement » et les avaient contraints à rentrer chez eux. (selon "Le cri d'Abidjan")

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mercredi 6 avril 2022

« Suspect 95 », le meilleur rappeur ivoirien

Plus connu sous le pseudo de « Suspect 95 », de son vrai nom Guy Ange Emmanuel, est un jeune rappeur ivoirien. Révolté dès le collège, il commence à écrire ses premiers textes. Son état d’esprit, c’est de chercher à faire la différence à chacune de ses sorties. Sans modestie, il se considère comme le meilleur rappeur ivoirien, même s’il reconnaît le talent des autres. À 26 ans, il connaît un succès fulgurant.

suspect95

S’inspirant beaucoup du rap américain, tout en écoutant des artistes tels que DJ Khaled, T-Pain, Ace Hood, mais aussi du rappeur ghanéen Sarkodie, le jeune Guy Ange Emmanuel alias « Suspect 95 » embrasse le monde de la musique assez jeune. Tout est parti d’une histoire de vengeance au Collège moderne de Cocody où il était élève, il y a quelques années. Il commence à écrire ses premiers textes en classe de 3ème.

« Au collège, il y avait une bande de types, des « voyous » qui faisaient leur loi. Ces gars-là écoutaient beaucoup de rap et un jour, l’un de mes meilleurs potes s’est ridiculisé en voulant faire une battle contre eux. Moi, ça m’a touché et j’ai commencé à gratter des textes pour ne pas nous ridiculiser. C’est comme ça que je me suis mis dans le rap… Je n’en suis jamais sorti », a révélé « Suspect 95 », qui est aujourd’hui une célébrité du rap dans son pays, la Côte d’Ivoire.

« Au lycée, on faisait des tournois de freestyles tous les vendredis. Moi, j’excellais tout le temps, je donnais tout et c’est comme ça que mon nom a commencé à tourner. Grâce au bouche à oreille, Bebi Philip a eu connaissance de ce que je faisais. C’est quelqu’un de très connu chez nous et il m’a dit simplement qu’il était prêt à me signer, à travailler avec moi. On a bossé des textes, en studio…», a expliqué l’artiste, qui a été obligé par sa maman d’arrêter un moment le rap, pour se concentrer sur ses études.

« Tout a commencé naturellement, j’ai même collaboré avec le groupe Kiff No Beat. Ensuite, j’ai fait une pause pour mon bac et après l’avoir obtenu, ça a marqué un tournant. Là, j’ai fait une vraie entrée dans le show-biz », précise-t-il. Lorsqu’il a obtenu son diplôme de baccalauréat, il a continué la musique parallèlement à ses études supérieures. Alors, « Suspect 95 » refait une chanson avec Bebi Philip, « Au nom de quel amour », qui a été très appréciée du public ivoirien. Par la suite, il enregistré son premier single solo, « Esseu C forcé ? ». Mais cela devenait trop compliqué de gérer ses cours et sa carrière musicale en même temps.

« Suspect 95 » décide finalement d’arrêter les études. En 2016, il se révèle avec la chanson « Enfant de boss c’est boss », produite par Stelair. Ce fut un succès auquel, lui-même ne s’attendait pas. Aujourd’hui, « Suspect 95 » se considère sans modestie, comme le meilleur rappeur ivoirien, c’est-à-dire la tête et la queue du rap « Made in Ivory Coast ». En 2020, il a d’ailleurs remporté le prix de « Meilleur artiste rap ivoire » et de « Meilleur clip vidéo de l’année ».

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lundi 10 janvier 2022

Agro-foresterie en Côte d'Ivoire

A Tiassalé, un poivre bio et d'exception !

c_te_1A Tiassalé, il est un poivre d'exception bio issu de l'agro-foresterie, la nouvelle tendance agricole en Côte d’Ivoire. Certains voient là le salut de ce qui reste des forêts dans ce pays. Où et comment cultiver en respectant et protégeant la forêt ? A Tiassalé, un homme s’est lancé il y a quelques années dans la culture de poivre bio. Un poivre de qualité qui, espère-t-il, pourra un jour rivaliser avec le mythique poivre de Penja au Cameroun.

« Nous sommes sur un site agro-écologique, avec beaucoup de grands arbres », nous explique Jean Eudes Kacou. Son histoire, c’est celle d’un retour à la terre. Après des longues études en France et en Chine, puis un travail en Côte d’Ivoire dans la distribution, il plaque tout et reprend la plantation familiale pour tout passer en bio et surtout se lancer dans une culture de niche : celle du poivre.

c_te_2Ici, le poivre côtoie les fruits et le cacao, le tout sur 10 hectares et on ne coupe pas les arbres ; certains ont près de 200 ans. « Ce qui m'a le plus motivé à changer, c'est que je ne trouvais pas de sens à utiliser tout ces produits pour désherber, pour pousser les plantes... alors je me suis renseigné et j'ai appris qu'on pouvait faire soi-même ses engrais, notamment en agro-foresterie : le cacao produit beaucoup de feuilles, ça fait notre compost. Les feuilles mortes, les branchages, les fruits aussi sont utilisés... Tout ça concourt à faire une économie fermée. » 

Sa marque Kapécé, se vend dans les épiceries fines d’Abidjan ou via le bouche à oreille à des clients qui viennent à Tiassalé pour acheter son poivre, en particulier son précieux poivre rouge. « On fait tout pour que notre terroir soit reconnu. Notre vocation c'est de hisser Kapécé de Tiassalé au rang de produit du terroir. »

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mercredi 8 décembre 2021

Heurts policiers-étudiants à Abidjan

Abidjan a connu des heures chaudes, ce lundi 6 décembre 2021. Policiers et étudiants s'affrontaient à coups de machettes et d'armes improvisées contre gaz lacrymogène.

abidjan1En cette fin d'année, la vie scolaire est rythmée par le fléau des congés anticipés. L'Agence ivoirienne de presse indiquait dans une dépêche que des cours ont effectivement été perturbés dans plusieurs localités ivoiriennes, notamment à Man (ouest), Dimbokro (centre) et Minignan (nord).

L'AIP informait par ailleurs des obsèques de Kouakou Raoul, élève de 15 ans en classe de 4ème au Lycée municipal d’Issia, qui est décédé dans la cour de l’établissement, vendredi 3 décembre 2021, après avoir reçu des coups de couteau en pleine poitrine.

C'est dans ce contexte déjà très tendu que policiers et étudiants se sont affrontés, ce lundi 6 décembre 2021, à quelques encablures de l'Université Félix Houphouët-Boigny. C'est ainsi que le rapporte l'ambassade américaine à Abidjan. « L'ambassade des États-Unis est au courant des manifestations étudiantes en cours à l'intersection du boulevard François Mitterrand et Avenue Grandes Écoles, à proximité de l'entrée principale de l'Académie de Police et de l'Université Félix Houphouët-Boigny. Des rapports font état d'un affrontement entre la police ivoirienne et une centaine d'étudiants armés de machettes et d'autres armes improvisées », a publié la mission diplomatique américaine.

Puis, d'ajouter : « À l'heure actuelle, on ne sait pas si les manifestations s'étendront à d'autres parties de la ville. Il est conseillé aux étrangers d'éviter la zone. Mesures à prendre : Évitez les zones et les routes touchées. Trouvez des itinéraires alternatifs vers votre destination. Gardez un profil bas. Surveiller les médias locaux et les agences gouvernementales. Soyez conscient de votre environnement. »

Mais évidemment, comme d'habitude, le gouvernement et la presse locale ne parlent de rien.

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lundi 29 novembre 2021

Péril djihadiste en Afrique de l’ouest

La Côte d’Ivoire mise sur la carte du multilatéralisme

c_te_d_ivoire_1Cible d’attaques armées sporadiques depuis deux ans, le nord de la Côte d’Ivoire, frontalier du Mali et du Burkina Faso, affronte une menace terroriste croissante face à laquelle les autorités prônent une réponse sécuritaire en collaboration avec les pays voisins.

A Tengrela, près de la frontière malienne, les ballets de véhicules militaires rythment désormais le quotidien des habitants. Depuis des menaces d’attaques jihadistes en 2020, directement adressées au bureau du préfet de région, une base militaire a été installée dans la ville. Une présence plutôt bien accueillie par la population.

« On est contents de voir les forces spéciales parmi nous, on sait qu’on est en sécurité », assure à l’AFP Zié Coulibaly, un chauffeur qui roule dans la zone.

« On est rassurés que les militaires soient là, si on peut en envoyer encore plus, on sera contents! », plaide Koné Zoumana président d’une coopérative d’orpaillage. Au sommet de l’Etat ivoirien, on le martèle: la situation dans le nord est sous contrôle.

« Les Ivoiriens peuvent être rassurés, les forces ont été accrues sur cette zone nord et tous les moyens de l’Etat sont mis à disposition pour sécuriser cette frontière nord », affirme le Premier ministre Patrick Achi. Plusieurs attaques contre l’armée ont toutefois secoué ces deux dernières années le nord-est du pays, vers la frontière du Burkina Faso, la plus meurtrière étant celle de Kafolo qui a coûté la vie à 14 soldats en juin 2020.

– Base arrière des jihadistes –

La région est attenante au parc de la Comoé, une forêt de 11.000 km² proche du Burkina Faso, qui sert de base arrière pour des groupes jihadistes, principalement liés à Al-Qaida, selon plusieurs sources sécuritaires. Et si la zone de Tengrela, proche de la frontière malienne, est sous étroite surveillance, elle est pour l’heure relativement épargnée par les attaques.

Le gouvernement ivoirien prend néanmoins la menace au sérieux et prône une collaboration renforcée avec ses voisins pour y faire face. « Aujourd’hui, le Burkina Faso et le Mali constituent l’épicentre de la menace terroriste qui descend vers la Côte d’Ivoire. Le gouvernement a tout intérêt à collaborer avec ces Etats », explique l’expert antiterroriste ivoirien Lassina Diarra.

Vendredi dernier, les chefs d’état-major de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédeao) se sont engagées à multiplier les opérations conjointes dans la région.

La Côte d’Ivoire en mène déjà certaines avec l’armée burkinabè et malienne et bénéficie en outre de l’aide de certains partenaires occidentaux. Les Etats-Unis ont par exemple débloqué 19,5 millions de dollars sur cinq ans pour le projet « Résilience pour la paix », visant à aider les communautés frontalières à lutter contre l’extrémisme, en particulier les jeunes.

Un Centre de formation de militaires, policiers, gendarmes et magistrats dans la lutte contre le « terrorisme » a été inauguré en juin à Jacqueville, près d’Abidjan, avec le soutien de la France.

La Côte d’Ivoire veut à tout prix éviter un scénario à la burkinabè où les groupes jihadistes ont gagné du terrain dans la plupart du territoire en quelques années, menant des attaques sanglantes presque chaque semaine contre civils et militaires.

-Objectif des jihadistes, le sud-

« L’objectif des terroristes est d’étendre leur hégémonie économique, culturelle et religieuse le plus possible vers le Sud », reconnaît Fidèle Sarassoro, directeur de Cabinet du président ivoirien.

Mais si la Côte d’Ivoire ne connaît pas le même niveau de violence que ses voisins, plusieurs experts mettent en garde contre l’implantation des groupes terroristes au sein des populations.

« La première forme de lutte, avant même la lutte militaire, c’est de faire en sorte que les populations sur votre sol ne s’associent pas à ce genre d’actes totalement inacceptables », concédait au début du mois le Premier ministre Patrick Achi.

« Les jihadistes proposent de fortes sommes d’argent à leurs nouvelles recrues. Confrontés au manque d’emploi et à la précarité, beaucoup de jeunes peuvent trouver dans le terrorisme jihadiste un emploi rémunérateur », pointent des travaux du Centre de recherche et d’action pour la paix (Cerap).

Alors existe t-il une réponse ivoirienne au-delà de la réponse sécuritaire? Le gouvernement assure mener des projets de développement dans le nord du pays, mais certains experts s’interrogent.

« L’Etat oppose une approche purement militaire qui ne permet pas de prendre en compte certaines dynamiques. Les groupes terroristes évoluent sur des dynamiques sociales, sur les carences structurelles de l’Etat avec des discours pouvant séduire des personnes en vue de leur recrutement », s’inquiète Lassina Diarra qui déplore également des actes de « racket » des forces de sécurité dans la région.

« Il faut d’autres approches pour éviter que le pays bascule comme ce que l’on a connu au Burkina Faso », conclut-il. (selon AFP).

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vendredi 26 novembre 2021

Côte d’Ivoire : la corruption des forces de l’ordre en procès

Le procès d’une quarantaine de policiers et gendarmes pour des faits de corruption s’ouvre vendredi au tribunal militaire d’Abidjan.

abidjan1Sept policiers et gendarmes comparaissent vendredi 5 novembre devant le tribunal militaire d’Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, pour « extorsion de fonds ». Au total, quarante-trois membres des forces de l’ordre sont appelés à prendre place dans le box des accusés ces prochaines semaines pour des faits de « racket ». Un nombre de procès inédit pour ce tribunal militaire qui jugeait en moyenne jusqu’ici chaque année une trentaine de cas de ce genre.

Cette subite profusion découle de l’opération « coup de poing » menée au sein des services publics par les autorités ivoiriennes. Première cible dans le viseur de l’ancien juge Epiphane Zoro Bi Ballo, ministre de la promotion de la bonne gouvernance, du renforcement des capacités et de la lutte contre la corruption : les contrôles routiers « payants » menés par les forces de l’ordre.

« Cette forme de harcèlement des transporteurs de marchandises a une incidence directe sur le coût de la vie et donc sur le quotidien de nos concitoyens », a-t-il expliqué au Monde Afrique, en allusion à l’inflation générée par ces pratiques sur le prix de certains produits vivriers.

Ces « arrangements financiers » sont le quotidien des Ivoiriens, à tel point que dans son enquête datée de 2019, le rapport Afrobaromètre (réseau panafricain indépendant) concluait que « la police est l’administration publique la plus impliquée dans la corruption en Côte d’Ivoire ».

Réalité vécue ou « ressenti collectif » ?

L’étude révélait également que plus de la moitié des personnes interrogées admettait avoir versé un pot-de-vin à un agent de police au cours des douze derniers mois afin « d’éviter des problèmes ». 42 % des sondés indiquaient avoir fait de même pour « obtenir une assistance » des forces de l’ordre au cours de la même période.

Selon l’indice de perception de la corruption établi par l’ONG Transparency International, la Côte d’Ivoire figurait en 2020 à la 104place sur 180 pays, une performance certes meilleure qu’il y a dix ans mais qui reste embarrassante pour l’une des principales puissances économiques d’Afrique de l’Ouest.

D’autant plus que dans son rapport, l’ONG indiquait que 40 % des Ivoiriens considéraient que la corruption avait empiré par rapport à l’année précédente. Qu’il s’agisse d’une réalité vécue ou d’un simple « ressenti collectif » – comme défend le ministre –, la corruption empoisonne la vie des Ivoiriens et ces données alarmantes expliquent en partie l’offensive, notamment médiatique, du pouvoir contre ce phénomène.

Le mal est profond : aucun secteur, même les plus essentiels comme la santé, l’éducation ou la justice, n’y échappe et les professionnels de ces milieux sont régulièrement accusés de s’enrichir au lieu d’assurer leur mission de service public. « La corruption est devenue la norme, notamment dans le secteur public où tous les services deviennent des marchandises ; cela encourage l’incompétence et l’irresponsabilité », prévient le sociologue Francis Akindès.

La « petite corruption du quotidien »

Sur les réseaux sociaux, on ne compte plus les témoignages d’étudiants en colère après avoir échoué à un concours faute d’avoir pu soudoyer leurs examinateurs. Mais si pour le chercheur, dénoncer la « petite corruption du quotidien » est essentiel, une lutte efficace contre ce phénomène qui « désorganise la société » nécessite de « s’attaquer aux intouchables qui se cachent derrière leur totem d’immunité ».

Cette critique de l’impunité des puissants est lancinante en Côte d’Ivoire, mais elle ne semble avoir été entendue par les autorités que dernièrement. Depuis le mois de juillet et le lancement de l’opération « mains propres », plusieurs directeurs généraux d’entreprises publiques et parapubliques ont été suspendus. Des audits ont été lancés pour identifier d’éventuels cas de détournement de fonds publics et d’enrichissement illicite. Une affaire que suivent de près les partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire.

« Les bonnes performances économiques du président Ouattara avaient jusque-là permis de masquer les problèmes majeurs de gouvernance, mais la dernière présidentielle a laissé des traces », analyse un diplomate en poste à Abidjan, en référence à l’élection d’octobre 2020, tenue dans un climat de tension et qui a vu le président être réélu pour un troisième mandat controversé.

Passé par les organisations internationales, le chef de l’Etat est conscient que les partenaires internationaux attachent désormais autant d’importance aux enjeux de gouvernance qu’au respect des règles démocratiques. « En s’attaquant bruyamment au phénomène de la corruption, il se rachète une image à peu de frais », commente le même diplomate.

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samedi 25 septembre 2021

Guinée : révolte à Conakry

Coup de tonnerre: Alassane Ouattara et Akufo-Addo échappent à un lynchage

alpha_cond_La mission de la CEDEAO dépêchée à Conakry en Guinée ces jours-ci a échappé à une humiliation et à un lynchage de la part de la population guinéenne, a appris un correspondant d'Ivoirebusiness.

Les jeunes massés tout le long du parcours de l'aéroport de Conakry, scandaient des slogans hostiles à Alassane Ouattara et à Nanan Akufo Addo, en brandissaient des pancartes sur lesquelles étaient marquées "CEDEAO voleurs", "CEDEAO zéro".

C'est sous haute escorte que la mission de la Cedeao est sortie de l'aéroport où elle avait été accueillie par le nouvel homme fort de la Guinée Mamady Doumbouya.

Pour les jeunes membres de plusieurs collectifs de la société civile, pas question de réinstaller Alpha Condé comme tentait de le faire la Cedeao, car c'est le peuple souverain qui a apporté son soutien à la junte militaire. Ils exigent d'ailleurs le retrait des sanctions prises contre la Guinée par la CEDEAO lors du sommet des chefs d’États tenu à Accra au Ghana. (Eric Lassale sur Ivoirebusiness.net)

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jeudi 26 août 2021

Fièvre Ebola en Côte d'Ivoire

Le ministère ivoirien de la Santé fait rectifier l'information de France 24

EbolaLa Côte d'Ivoire a connu son premier malade de la fièvre hémorragique à virus Ebola. Il s'agit d'une jeune Guinéenne qui est rentrée de sa Guinée natale. Mais depuis, c'est la guerre des chiffres entre les autorités ivoiriennes et les médias.

La jeune femme a aussitôt été placée en isolement au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Treichville pour sa prise en charge. De même, les services ministériels concernés se sont lancés à la recherche des présumés cas contact afin de contenir la maladie et éviter une propagation à l'échelle nationale.

En collaboration avec l’OMS, la Banque mondiale, l’Unicef, la Croix-Rouge, un plan de prévention et de riposte a été lancé, dès lundi, dans l'optique de réduire, autant que faire se peut, tout risque de contamination. 5 000 doses de vaccin ont pour ce faire été mises à disposition des autorités ivoiriennes pour procéder à la vaccination des groupes cibles.

« Il s'agit d'un cas isolé et importé », rassure le ministère dans son communiqué. Cependant, les informations qui fusent çà et là à propos des supposés cas contact sont de nature à inquiéter quelque peu les populations ivoiriennes, déjà tourmentées par la cherté de la vie et la résurgence de la pandémie de la Covid-19.

France 24 indiquait en effet sur son site que 49 personnes avaient été testées positives au virus Ebola. Faux, rétorque le ministère de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle. « L'information diffusée sur France 24 selon laquelle, la Côte d'Ivoire a notifié 49 cas positifs de la maladie à virus Ebola, n'est pas vraie », s’est voulu formel le ministère.

La chaîne française a donc rectifié l'info en déclarant : « En Côte d'Ivoire, quarante-neuf personnes ont été cas contact au virus Ebola », et non « cas positif comme précédemment annoncé ».

Le confrère précise par ailleurs que « ces personnes ont été en contact avec une jeune guinéenne qui avait quitté, par la route, Labé, en Guinée, la semaine dernière, pour se rendre dans la capitale économique ivoirienne, distante de 1 500 km ». Avant d'ajouter : « Quarante-neuf cas contacts sur le trajet ont été recensés et également dans les familles au point de départ à Labé. »

Sur sa plage Facebook, le ministère de la Santé précise que le ministre Pierre Dimba, dans un point de presse, donnera « les informations actualisées sur la situation de la maladie à virus Ebola en Côte d'Ivoire ».

Tout est bien qui finit bien, dira-t-on. Mais les ivoiriens attendent toutefois que le virus soit bouté hors de leur frontière, ce qui est loin d'être acquis. (selon AFP)

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samedi 29 mai 2021

Côte d’Ivoire : coupures d'eau et d'électricité

Un gros frein à l’économie nationale

abidjan

Depuis quelque temps, la Côte d’Ivoire vit au rythme des coupures intempestives d’électricité et d’eau. Aucun quartier d’Abidjan, aucune ville de l’intérieur ne sont épargnés. Une situation qui agit négativement l'économie nationale. Délestage ou rationnement, les ivoiriens découvrent la vie sans eau et électricité.

Plusieurs communes Abidjanaises sont victimes de cette situation. Dans la commune d’Abobo, une manifestation a été organisée pour dire le ras-le-bol face à face à l'absence d'un service de première nécessité. Dans certains quartiers de Yopougon, la pénurie d’eau est plus criant tant la qualité de ce qu'est fourni, sa qualité laisse à désirer.

Les répercussions de ce délestage perturbe le bon fonctionnement des activités économiques du pays. Le prix de certaines matières a commencé à prendre l’ascenseur. Des entreprises des zones industrielles connaissent déjà un ralentissement de leurs activités et il est à craindre des lendemains critiques si la situation demeure en l’état ou s’empire.

Mourir à petit feu

C’est le cas du marché d’Abobo où le prix des marchandises même ceux des produits de premières nécessités ont triplement augmenté. Interrogée, Dame Konaté nous donne des explications.

« En faite, tout devient difficile. Il n’y a pas d’eau ni d’électricité. Avant par exemple, nous attendions les camions de vivriers jusqu’à 23 heures voir minuit ou 1 heure du matin. Pour ensuite nous rendre au marché ici à 5 heures afin de pouvoir vendre comme il se doit. Mais maintenant à 20 heures déjà courant est coupé. On ne peut plus aller attendre le camion la nuit, au risque de s'exposer à des agressions possibles. D’ailleurs comment peut-on travailler dans le noir ? Tout cela a bouleversé le bon fonctionnement d'une économie. Il faut se réveiller à 5 heures pour aller à Adjamé où les camions déchargent et revenir au marché ici avec les embouteillages, il est déjà 8 heures ».

Et d’ajouter : « Il faut que le gouvernement pense à nous parce que vivre sans électricité et eau, c’est mourir à petit feu ».

Même son de cloche pour une dizaine de commerçants interrogés. Contrairement aux vendeuses de vivriers, les coiffeurs et coiffeuses estiment sentir plus le poids de cette situation qui les oblige parfois à passer toute une journée sans ouvrir leurs salons. 

On ne dit pas délestage mais rationnement

Assis à Angré, un quartier de la commune de Cocody, Yves Konan, la quarantaine révolue partage sa peine avec des amis. Pour lui, la coiffure étant son unique activité, il craint des jours pas du tout rose pour sa petite famille. 

« Voici mon petit salon de coiffure. Cela fait des semaines que l’électricité nous pose des vrais soucis. Les clients ont même peur de se faire coiffer de peur de se retrouver avec une partie de cheveux non-rasés. On nous dit de ne pas dire délestage, mais plutôt rationnement. Au lieu de trouver une solution, on préfère trouver un autre nom à cette situation qui met des milliers de personnes au chômage. Mon salon ne marche même plus depuis cette affaire de rationnement. Comment allons-nous vivre si ça continue ? C’est très difficile. À côté de cela, tu finis ton petit boulot, tu rentres et là encore, c’est catastrophique, il n’y a pas d’eau », a-t-il lancé.

Les explications sur la situation de délestage et de pénurie d’eau que vit le pays, entendues à la chaîne nationale, laissent songeur, et inquiètes. Selon les autorités, l'explication de la situation est simple. C'est le niveau d’eau dans les lacs des barrages hydroélectriques qui est à la base des difficultés d’approvisionnement en électricité que connait le pays.

Plus une goutte d'eau

Dans la commune de Yopougon plusieurs quartiers sont privés d'eau depuis quelques semaines voire même des mois. Plus aucune goutte d'eau ne sort des robinets. Ici et là, nous voyons des femmes avec des bassines d'eau sur la tête pour essayer d'avoir un peu d'eau pour les familles, des hommes, pousser des charrettes d'eau, des camions-citernes des agents des sapeurs-pompiers militaires.

Toute essoufflée avec une bassine d’eau sur la tête la jeune étudiante en ressources humaines et communication, Thérèse Tapé nous parle de leurs souffrances quotidiennes. « C’est comme ça ici et cela depuis un moment. Avant l’eau sortait la nuit. Mais maintenant il n'y a plus rien. Aujourd'hui, je profite de mon temps libre pour aller à la cherche l'eau. Avec la pénurie d'eau, nous subissons l'absence d'électricité. Ce qui joue vraiment sur la connexion internet et donc rend les choses plus pénibles. On espère que cette situation sera maîtrisée».

Au quartier Selmer, l’informaticien Traoré Abdoulaye affirme avoir fermé son cyber-café pour un temps. Cela, de peur de subir des courts-circuits. « J’ai fermé le cyber le temps que les choses aillent pour le mieux parce qu' on a l’impression d’être dans une salle de jeux de lumière. J’ai vraiment peur pour mes appareils donc le mieux c’est de fermer en attendant ».

Les promesses du barrage hydroélectrique

Ainsi va la vie en côte d'Ivoire. Pourtant, lors de l’inauguration du barrage hydroélectrique de Soubré, le plus grand d’Afrique, le discours était très rassurant. La promesse était claire. Plus rien ne sera comme avant et que le pays allait accroître la fourniture de l’électricité aux pays voisins frères.

Fort des barrages hydroélectriques existants et de quelques centrales thermiques, le pays n’a guère envisagé d'explorer d’autres horizons pour venir en complément de ce dont il dispose. L’énergie solaire reste à l’état embryonnaire, alors qu'elle aurait pu être un appoint important au moment où les barrages subissent les aléas climatiques. (Selon "Oeil d'Afrique")

abidjan_yopougon

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samedi 24 avril 2021

La Côte d'Ivoire, nouvelle cible djihadiste ?

La Côte d'Ivoire, cible récemment de deux attaques jihadistes dans le nord, illustre les ambitions des groupes islamistes armés basés au Sahel d’étendre leur champ d’action aux pays du Golfe de Guinée.

kafolo

C’était dans la nuit du 28 au 29 mars. Ce soir-là, des hommes armés ont attaqué deux positions de l'armée ivoirienne situées à la frontière avec le Burkina Faso. C'était dans les localités de Kafolo et Kolobougou. Ces attaques opérées de manière simultanée ont occasionné six morts et plusieurs blessés. Parmi les personnes tuées : trois soldats et trois assaillants. Un peu moins d’un an auparavant, le 11 juin 2020, un assaut djihadiste, le premier survenu en Côte d’Ivoire, a fait une dizaine de morts chez les militaires ivoiriens déjà à.…Kafolo.

La première de ces nouvelles attaques jihadistes en territoire ivoirien, a eu lieu dans cette même localité de Kafolo, près de la ville de Kong, dans le Nord-Ouest. L’attaque a eu lieu entre minuit et 1 heure du matin. Une soixantaine d’hommes lourdement armés, venus du Burkina Faso, ont alors ouvert le feu sur un poste avancé de l'armée, faisant deux soldats tués et quatre blessés.

Dans les combats, les assaillants perdront trois hommes. Quatre autres seront interpellés, selon l'Etat-major général des armées de Côte d'Ivoire, qui affirme que du matériel (armement, radio, munitions et motos) a été saisi.

L'armée régulière a, au bout d'une heure de combat intense, repoussé les assaillants. Ensuite, s'en est suivie une opération militaire de ratissage sur le terrain pour rechercher les assaillants en fuite ainsi que leurs éventuels complices.

La deuxième attaque est survenue à Kolobougou, à 60 Km au nord-ouest du département de Téhini, faisant frontière avec le Burkina Faso où un poste de la gendarmerie a été pris d’assaut.

Selon une note de l'Etat-major des armées de Côte d'Ivoire, « un gendarme ivoirien a été tué et un autre blessé ». Aucune victime cependant n'a été enregistrée du côté des auteurs de l'attaque sur ce poste-frontière.

L'assaut contre ce poste de gendarmerie à Kolobougou a eu lieu entre « 2 h et 3h du matin », a indiqué à APA une source locale, rapportant que « les populations actuellement sont gagnées par la frayeur et ne peuvent pas sereinement aller dans leurs champs et vaquer à leurs occupations ».

Les postes sont sous surveillance de l'armée ivoirienne dans la localité et la présence des militaires venus en renfort fait que les riverains ont un peu peur, poursuit cet habitant de la région qui a requis l'anonymat.

La Côte d'Ivoire dans le viseur des djihadistes

 

ATTAQUE

« Ces attaques dénotent du fait que la Côte d'Ivoire est clairement dans le projet expansionniste des groupes terroristes », analyse Lacina Diarra, spécialiste des questions de sécurité dans la région Sahel-Sahara. Les jihadistes « veulent se créer un sanctuaire au niveau de la zone frontalière entre le Burkina-Faso, le Mali et la Côte d'Ivoire », explique cet expert ivoirien, confortant une thèse soutenue récemment par le chef du renseignement extérieur français, Bernard Emié.

Lors d’une réunion consacrée au contre-terrorisme tenue début février sur la base aérienne d'Orléans, en France, le patron des 7.000 espions et analystes français de la DGSE avait prévenu qu’il fallait se préparer à la fois des attentats des grande ampleur et l'expansion jihadiste vers les pays du golfe comme la Guinée, la Côte d'Ivoire ou le Bénin.

Pour une grande partie des experts en sécurité, pour mieux se préparer à contrer une telle éventualité, le gouvernement ivoirien doit s'atteler rapidement « à casser la chaîne de recrutement, développer des stratégies transnationales tout en impliquant les communautés et la société civile ».

Opération « frontières étanches »

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Suite à la première attaque survenue l’année dernière à Kafolo, le gouvernement ivoirien a adopté un décret portant création d'une « Zone opérationnelle Nord » qui s’étend dans les régions situées sur les frontières entre la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.

Cette « Zone opérationnelle Nord » vise à passer de la phase de surveillance des frontières à une posture défensive avec une importante capacité de réversibilité en mission offensive en vue d'empêcher toute infiltration de ces groupes armés sur le sol ivoirien.

Avec un commandement unique pour les opérations militaires et celles relevant de la défense du territoire, l'Etat ivoirien veut permettre à l'ensemble des forces de défense et de sécurité d'avoir une rapide réactivité sur les missions au niveau des frontières.

 Visite aux troupes

Le chef d'Etat-major général des armées, le général de corps d'armée Lassina Doumbia, a d’ailleurs effectué, lundi 31 mars, une visite aux troupes, en compagnie du commandant supérieur de la gendarmerie, le général de corps d'armée Apalo Touré. « Je voudrais vous féliciter, vous dire nos encouragements, vous adresser nos condoléances et vous dire que vous avez été braves, au vu des circonstances et des efforts que vous avez faits, on ne peut que vous le reconnaître », a dit le général Lassina Doumbia à ses hommes, à Kafolo.

« À mon avis, de par mon expérience, en combat de nuit alors qu'on est surpris, perdre deux hommes, c'est que vous êtes bons (soldats), vous savez vous battre parce que la nuit, quand on voit quelqu'un passer, on ne sait pas si c'est son ami ou c'est son ennemi. Entre nous-mêmes, on peut s'allumer parce que c'est compliqué », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le commandement supérieur de la gendarmerie, a demandé aux soldats « d'avoir de la réaction », car « il faut être prêt à utiliser son arme », a-t-il martelé. (selon "Ivoire-soir")

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Posté par jl boehler à 03:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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