vendredi 27 mars 2020

Coronavirus : état d’urgence en Côte d’Ivoire

En vue de lutter plus efficacement contre le coronavirus, les autorités ivoiriennes ont décidé d’instaurer un couvre-feu qui tend vers un confinement progressif dans un contexte général marqué par la montée de la maladie dans le pays.

abidjan

Pays de 26 millions d’habitants, la Côte d’Ivoire a enregistré officiellement 25 cas de Covid-19, et aucun décès selon le dernier bilan publié dimanche. Pour mieux se protéger contre de nouvelles infections, la Côte d’Ivoire pris un certain nombre de mesures dont la fermeture de ses frontières depuis le lundi 23 mars à minuit. Tous les établissements scolaires avaient été fermés la semaine dernière et tous les événements sportifs et culturels suspendus, ainsi que les cultes religieux.

A ces mesures s’ajoute désormais un couvre-feu dans un contexte où le chef de l’Etat Alassane Ouattara a décidé d’instaurer l’Etat d’urgence. « Face à la progression de la pandémie (…), je déclare l’état d’urgence sur toute l’étendue du territoire (…), l’instauration d’un couvre-feu de 21h à 5h du matin à partir du 24 mars (…), le confinement progressif des populations par aire géographique en fonction de l’évolution de la pandémie » a-t-il précisé lors d’une allocution télévisée lundi.

Parmi les autres mesures prises, le président a annoncé la fermeture de tous les maquis et bars à partir de minuit ce lundi et la régulation des transports interurbains avec « l’interdiction des déplacements non autorisés entre Abidjan et l’intérieur du pays ». Le président Alassane Ouattara qui a également annoncé un plan de riposte national d’un montant de 95,8 milliards de francs CFA contre l’épidémie n’a pas précisé la durée de ces nouvelles mesures.

« Dans cette lutte contre la propagation du Covid-19, notre principal ennemi sera l’indiscipline et le non-respect des consignes de prévention », a souligné le président. Son appel aux ivoiriens pour « l’union sacrée » afin de vaincre la maladie semble doublé d’un appel au civisme à travers le respect scrupuleux des mesures instaurées pour le bien-être des populations.

Ebony T. Christian (dans "Eburnie today")

Posté par jl boehler à 03:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

dimanche 8 mars 2020

Coronavirus et fake news

Beaucoup de bruit pour pas grand'chose...

coro

Un virus parti de Chine et qui envahit le monde entier ! On croit rêver, surtout lorsqu'on voit les explications à géométrie variable d'un continent à l'autre. Larticle ci-dessous, paru en Côte d'Ivoire dans "Eburnie.today", est édifiant !

Au moment où les cas de coronavirus augmentent dans le monde entier et notamment en Afrique, une vague de fake news accompagne l’épidémie. La Côte d’Ivoire n’échappe pas à la peur du nouveau virus et à la rumeur qui se repend comme une traînée de poudre.

A ce jour, 33 des 47 pays en Afrique subsaharienne disposent d’installations, d’équipements et de réactifs de test pour détecter le coronavirus contre deux seulement au mois de janvier. C’est une avancé notable en matière de protection et de prévention de la maladie. Mais l’autre épidémie qui risque de créer plus de panique que la maladie elle-même est celle des fake news autour du coronavirus. Une infodémie scrutée par Eburnie Today sur les réseaux sociaux et notamment les audios et messages WhatsApp sans fondements scientifiques et largement relayés. Voici les quatre (4) idées reçues et/ou fausses sur la maladie qui circulent le plus.

1 – Le coronavirus (Covid-19) n’infecte par les noirs et les africains

 FAUX : le coronavirus Covid-19 n’est en rien une maladie raciste comme certains veulent le faire croire. Des messages indiquant que la mélanine de la peau des africains est l’élément qui les protège de la maladie font leur bonhomme de chemin sur les réseaux sociaux mais ne sont pas scientifiquement prouvés. La maladie touche toutes les races et tous les continents. La preuve qu’un africain et/ou un noir peut être infecté par la maladie est le cas du jeune étudiant camerounais, Kem Senoua, touché par la maladie en Chine et dont le témoignage a été relayé par plusieurs médias. Être noir et africain n’est pas une prévention contre la maladie. Seul le respect des règles de prévention édictées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) peuvent vous protéger et non la couleur de votre peau.

 2 – « Tous les médicaments du paludisme » soignent le coronavirus

FAUX : tous les médicaments antipaludiques ne sont pas cités dans le traitement des coronavirus. Seule la chloroquine a été ouvertement indiqué comme un antipaludique efficace dans le traitement du Covid-19 chinois. La chloroquine est active in vitro contre les coronavirus selon une recherche des scientifiques chinois publiée dans la revue BioScience Trends et menée dans une dizaine d’hôpitaux chinois depuis le début de l’épidémie de Covid-2019.  « Les résultats obtenus sur une centaine de patients ont démontré que le phosphate de chloroquine était plus efficace que les autres traitements », expliquent les scientifiques dans l’étude d’origine.

 3 – Tous ceux qui ont été infectés par le coronavirus sont morts

FAUX : toutes les personnes infectées par le coronavirus n’ont pas perdu la vie. Le nombre de cas du Covid-19 dans le monde s’élevait à plus de 100 000 selon l’Université Johns Hopkins, qui consolide les données de diverses autorités sanitaires nationales et régionales à travers le monde. On note également plus de 3 400 décès, dans 85 pays et territoires, la Chine étant le pays le plus touché, de très loin avec 3 000 morts (chiffres au moment de la publication de l’article le 06 mars 2019). Des personnes infectées par le virus ont pu être soignées et ont pu regagner leurs domiciles et sont au nombre de 55 753 toujours selon l'outil de suivi en temps réel de l’Université Johns Hopkins. Par exemple en France l’un des patients guéris aurait été traité avec le remdesivir (Gilead), un antiviral jugé prometteur. « Une petite molécule capable de gagner l’ensemble des compartiments de l’organisme et dont on sait qu’elle diffuse parfaitement dans les poumons, organe cible de la maladie » a déclaré le Pr Denis Malvy, responsable de l’unité une maladies tropicales et du voyageur du CHU Pellegrin (Bordeaux).

Selon les statistiques du Centre chinois de prévention des maladies, le Covid-19 fait plus de victimes chez les personnes âgées dans la fourchette des 50 ans et plus. Mais au-delà de l’âge, les personnes les plus exposées sont celles qui souffraient déjà de maladie chroniques comme le diabète, des maladies cardio-vasculaires, des maladies respiratoires ou l’hypertension. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime le taux de mortalité de la maladie entre 3 à 4% en se basant sur le nombre de cas confirmés.

 4 – Il y a un vaccin contre le coronavirus Covid-19 mais trop cher pour les africains

FAUX : il n’y a pas encore de vaccin contre le coronavirus Covid-19. Comme les maladies virales, le traitement actuel est avant tout un traitement symptomatique (traitements qui permettent de lutter contre ses symptômes). L’urgence sanitaire que représente le Covid-19 impose à la communauté scientifique une course au vaccin. Plusieurs vaccins sont à l’essai dont un aux USA avec des essais cliniques qui débuteront en avril 2020 et un en France (Institut Pasteur) devrait être testé en septembre 2020. Le laboratoire Migal en Israël indique aussi que ses équipes travaillent depuis quatre ans sur un vaccin sur le  coronavirus de la broncite infectieuse aviaire, qui a une grande similarité génétique avec le Covid-19 humain. Cependant les experts les plus optimistes estiment qu’il faudra entre 12 et 24 mois pour qu’un vaccin efficace soit sur le marché.

 5 – Il y a eu un cas de coronavirus en Côte d’Ivoire

 FAUX : il n’y a pas eu de cas de coronavirus en Côte d’Ivoire mais un cas suspect. Il y a une différence. La femme de 34 ans arrivée de Chine présentait des symptômes de la grippe et a été isolée pour observation. Après les tests médicaux d’usage, elle a été autorisée à regagner son domicile puisqu’elle n’était pas porteuse du virus mortel. C’est le cas de rappeler qu’il ne faut pas considérer toute grippe, éternuement et forte fièvre comme une infection au coronavirus. L’idéal en cas de symptômes de la grippe ou de doute sur son état de santé est de se rendre dans un centre hospitalier. Pour se protéger contre le coronavirus, l’OMS à publier des mesures d'hygiène à respecter.(Ebony T. Christian, Anderson Diédri & Traoré Bakhary, journalistes à "Eburnie.today")

Posté par jl boehler à 00:21 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

mardi 3 mars 2020

Energies renouvelables en Afrique

L’Allemagne accompagne la Côte d’Ivoire

_nergie

L’Allemagne a décidé d’accompagner la Côte d’Ivoire afin qu’elle parvienne à doubler sa production d’énergie renouvelable d’ici dix ans. Un accord en ce sens a été signé jeudi entre les deux pays.

L’accord conclu entre l’Allemagne et la Côte d’Ivoire stipule que la banque publique allemande KfW – organe financier de la première économie de l’Union Européenne – va financer à hauteur de 6,5 millions de dollars US (près de 4 milliards de F CFA), une augmentation de la participation de la Côte d’Ivoire au capital de l’Agence pour l’assurance du Commerce en Afrique (ACA), dont une des missions est d’attirer des investissements en énergies renouvelables.

L’ACA est une institution panafricaine qui contribue à l’amélioration du climat d’investissement dans de nombreux pays africains en réduisant considérablement les risques liés à l’investissement en Afrique. En 2019, l’ACA a assuré 71 millions de dollars US (43 milliards de F CFA) d’investissements privés et vise à tripler ce montant d’ici 2025 pour atteindre 220 millions de dollars US.

Les entreprises allemandes sont déjà actives en Côte d’Ivoire dans le domaine des énergies renouvelables. Le 4 février dernier, elles ont présenté à Abidjan des solutions photovoltaïques pour l’approvisionnement énergétique en Côte d’Ivoire, tablant sur  des partenariats d’affaires. L’Allemagne est le principal bailleur de fonds de la construction de la première centrale solaire – d’un coût prévu de 38 millions d’euros – en Côte d’Ivoire.

D’une puissance de 37,5 MWc (mégawatt-crête, la puissance électrique maximale), la centrale solaire de Boundiali (Nord) va bénéficier d’un financement de 27 millions d’euros par la KfW  et d’une contribution de 9,7 millions d’euros de l’Union Européenne. La Côte d’Ivoire a produit 2.229 mégawatts d’électricité en 2019 et devrait doubler sa production d’ici 2030. La fourniture d’électricité est actuellement largement assurée par l’énergie thermique et les barrages hydro-électriques. Le gouvernement ambitionne de faire du pays le hub énergétique de la sous-région à l’horizon 2030 avec un mix énergétique de 42% d’énergies renouvelables.

Traoré Bakary (Eburnie today)

Posté par jl boehler à 00:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

jeudi 27 février 2020

Un couple franco-belge arrêté à Abidjan condamné en Belgique

Criminels en Belgique, gérants de société en Afrique !

Fin de parcours pour l’un des couples criminels les plus recherché d’Europe. Hilde Van Acker (56 ans) et Jean-Claude Lacote (53 ans), arrêtés à Abidjan en novembre après une cavale de plus de vingt ans, et qui figuraient sur la liste des ‘Most wanted Europe’ d’Europol ont été condamnés.

assasins

Le couple avait déjà été condamné à la prison à perpétuité et était en cavale depuis vingt-trois ans. La Belge et le Franco-ivoirien avait été reconnus coupables du meurtre d’un Britannique Marcus John Mitchell en 1996 sur la côte belge. Le meurtre que la presse a qualifié d’opération à connotation mafieuse avait fait grand bruit à l’époque quand la victime avait été retrouvée avec deux balles dans la tête au mois de mai 1996 dans la station balnéaire du Coq (près d'Ostende).

Arrivé en Belgique depuis la Côte d’Ivoire mercredi, le couple a été écroué. La presse belge a relayé l’information du retour du ‘couple diabolique’ par un vol de nuit en provenance d’Abidjan. Leur arrestation s'est faite dans un contexte d'une campagne de recherche de grande échelle lancée par l’agence européenne de police, Europol. Les visages des criminels en fuite ont été partagés sur un site web avec une possibilité pour les internautes d’aider à les identifier. C’est ainsi que la gendarmerie ivoirienne a pu procéder à l’arrestation de Jean-Claude Lacote qui gérait une petite compagnie aérienne à Abidjan.

Anderson Diédri (selon "Eburnie today")

Posté par jl boehler à 02:22 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

samedi 15 février 2020

Fuite du cajou ivoirien vers les pays voisins

La Côte d’Ivoire, leader mondial du cajou est victime d’une fuite de son produit vers les pays voisins comme le cacao. Cette situation constitue une menace sur la filière.

noix_de_cajou_2_750x430

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de noix de cajou dénonce la contrebande de sa production vers les pays voisins, notamment le Ghana. La situation a été largement exposée vendredi à l’ouverture de la campagne 2020. Adama Coulibaly, le directeur du Conseil coton-anacarde (CCA), qui gère la filière, a confirmé qu’une « bonne partie de la production passe par les frontières ».

« Ces deux dernières années, le phénomène de la fuite de la production a pris de l’ampleur et commence à menacer la filière », a souligné le directeur du CCA qui estime entre 150.000 et 200.000 tonnes la production perdue chaque année. Preuve de cette activité illégale et contre-productive pour la Côte d’Ivoire, la campagne 2018/2019 de cajou s’est soldée par une production de 634.000 tonnes, contre 761.000 précédemment. On observe donc une baisse de 17%.

La baisse de la production la plus importante a été signalée dans la région du Gontouno. L’importante zone de production proche de la frontière du Ghana, a vu sa production chuter de 136.000 à 17.000 tonnes en moins de cinq ans. La proximité avec le Ghana en fait une zone de fuite intense du cajou ivoirien. Le ministre de l’Agriculture, Kobenan Kouassi Adjoumani précise que face à cette activité illégale qui met en péril toute la filière, le gouvernement veut chasser « ces commerçants véreux qui travaillent contre l’intérêt du pays ».

La fuite du cajou ivoirien représente un manque à gagner annuel de plus 17 milliards de F CFA de recettes fiscales. Face à cette situation, la Côte d’Ivoire annonce la mise en place d’une « stratégie de lutte contre ces personnes mafieuses devant aboutir jusqu’au retrait de leurs agréments d’exportateur » a martelé le ministre de l’agriculture. (Anderson Diédri, "Eburnie today")

Posté par jl boehler à 05:51 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 5 février 2020

Football africain : ces faux intermédiaires sportifs, vrais esclavagistes

En Côte d’Ivoire, de nombreux jeunes rêvent d’un destin de footballeur professionnel dans des clubs côtés d’Europe. Cette quête conduit bon nombre à transiter par l’Afrique du Nord, la Tunisie notamment. Pour atteindre cet objectif, les joueurs ont recours à des intermédiaires. Des personnes supposées mieux informées, ayant de bons contacts pour les aider à réaliser leur rêve.  Mais dans bien des cas, le rêve se transforme très vite en cauchemar.

ivoire

Ange T*, footballeur ivoirien évoluant en Tunisie depuis quelques années connait bien le sujet. Il recueille souvent, chez lui à Tunis, des Ivoiriens en détresse. Ils sont des jeunes qui atterrissent d’Abidjan dans l’espoir de signer pour un club de football. Puis, très vite, se rendent compte qu’ils ont été dupés.

« Mon propre ami d’enfance s’est laissé embourber. Heureusement qu’il a pu signer dans mon club. Nous sommes toujours ensemble aujourd’hui. A l’époque je ne vivais pas seul et je n’avais pas encore signé dans un club. Je lui parlais des réalités d’ici. Mais, incrédule, il est venu en Tunisie. C’est sur les réseaux sociaux que j’ai su qu’il est là. Après une certaine période, il me téléphone effectivement. Et dit attendre de signer dans un club qui doit le recruter. Cela m’a tout de suite paru suspect. En principe, si on doit signer en venant d’Abidjan, on n’attend pas. D’Abidjan, on doit se retrouver automatiquement dans le club. En plus, ce n’était pas une période de test. Ce n’était pas le mercato », se souvient Ange T.

Les soupçons se confirment. L’ami d’enfance se retrouve parqué dans un studio avec d’autres jeunes à la merci d’un faux intermédiaire sportif.  Ce dernier garde même par devers lui, l’argent de poche de « ses protégés ». Ange T ne se souvient plus de la somme exacte. Mais il affirme que le faux manager dévalise les joueurs.  Il est vu comme un tuteur. Et ce qu’il demande est exécuté

Des travaux pénibles pour survivre

Le manager fait croire à ces footballeurs que le club les intégrera, mais dans quelques mois.  Il leur dit de patienterSans argent, comment vont-ils survivre ?

« Il leur a donc dit de travailler en attendant pour avoir de l’argent. Or, ici, ce sont des travaux pénibles. Quand on travaille, on ne peut pas jouer au football. Ce sont des travaux qui donnent des courbatures. Et qui affaiblissent.  Les managers fuient et laissent les joueurs à leur sort.  Ceux qui ne fuient pas vous obligent à travailler dur. On retrouve alors des joueurs ivoiriens dans la maçonnerie et ils sont moins payés qu’un maçon en Côte d’Ivoire. Quand ils commencent ce travail, ils perdent leurs compétences en football car il est difficile de s’entraîner et travailler dur en même temps. Ceux qui s’en sortent ne sont pas nombreux ».

Avec Ange T., l’on apprend que ce phénomène est récurrent. Même si des statistiques ne sont pas disponibles. Ces prétendus intermédiaires sportifs ou encore managers de joueurs, on les retrouve en Tunisie, dans diverses communautés. Qu’il s’agisse de tunisiens ou de sub-sahariens. L’imposture prend différentes formes. Certains envoient les joueurs de la Côte d’Ivoire et les logent. Ils réservent l’appartement juste pour dix jours à l’insu du joueur.  Ce dernier croit être logé pour un bon moment.  Après dix jours, le bailleur réclame le paiement du loyer au jeune footballeur. Et à ce moment, le manager a déjà changé de numéro de téléphone. Les menaces pleuvent sur le seul joueur. L’infortuné est obligé d’appeler des connaissances en Tunisie ou encore sa famille restée en Côte d’Ivoire pour envoyer de l’argent. Ou encore, il travaille pour compenser le loyer. C’est le début de l’engrenage.

ivoire1

L’Aouina et L’Ariana, ces quartiers cités

L’Aouina et l’Ariana sont les deux quartiers le plus cités comme hébergeant ce phénomène. Ces deux quartiers sont réputés peuplés, de plus de sub-sahariens dont la plupart des jeunes, y sont venus en principe dans l’optique de signer avec un club de football.  En réalité, ils n’ont généralement aucun contrat. Certains n’ont ni joué au football sur place, ni passé de test depuis. La stratégie des esclavagistes inclue les réseaux sociaux. Lorsqu’un jeune joueur de peau noire signe un contrat, ils se prennent en photo avec lui et publient ces images sur les réseaux sociaux. Même quand il ne s’agit pas de joueurs qu’ils encadrent, de quoi   tromper la vigilance de leur cible.

Le joueur en plein de rêve, resté en Côte d’Ivoire ignore tout de cette supercherie.  Aidé par sa famille, il peut envoyer de l’argent à l’un de ces prétendus intermédiaires, dans l’espoir de se faire recruter dans un club. Parfois, ces faux managers, prennent des sommes allant de 1000 à 3000 euros pour un test. Soit entre 650 mille et 1,950 million de F CFA.  « Ce qui n’est pas juste.  Ils sont sans pitié », commente Ange T.

« En principe, on ne devrait pas donner de l’argent à un manager pour passer de test de recrutement », confie Ange T. « Si un club veut un joueur, c’est le club qui met tout en œuvre pour avoir le joueur. Donc, le club paie le billet d’avion, le séjour du joueur etc. le club adresse un courrier à la fédération s’il s’agit d’un joueur professionnel évoluant dans un club. En aucune façon, un joueur qui est convoqué par un club pour faire un test, doit payer de l’argent. Au contraire. Donc, quand vous avez affaire à une personne qui vous demande de l’argent pour aller faire un test, vous devez vous en méfier. C’est à 99% une arnaque », met-il en garde.

ivoire2

Un secteur verrouillé à double tour

En plus, en Tunisie, il est difficile pour un non national d’accéder au championnat. Il n’est par exemple pas permis aux étrangers de jouer en deuxième ou en troisième division. En tant que joueur étranger, vous pouvez jouer uniquement en première. Or, de leur côté, les clubs de la première division sont soumis à un quota de recrutement. C’est peu dire à quel point le secteur du foot est verrouillé dans ce pays. Une information généralement méconnue des joueurs à qui, des faux-monnayeurs promettent monts et merveilles.

Le premier jour déjà, à l’aéroport, le malheureux joueur subit des tracasseries. On sait bien qu’il est venu du pays avec de l’argent. Le faux manager se fait accompagner d’un tunisien pour aller le chercher à sa descente d’avion. Le Tunisien lui est présenté comme un président de club. Ou encore une personne introduite dans les grands clubs du monde. L’objectif est de vous mettre en confiance pour mieux vous escroquer. « Quand le joueur ivoirien voit une personne de race blanche, il mord à l’hameçon. Mais ce sera la seule fois pour lui de voir ce Tunisien, dit président de club. Il ne vous donnera pas son contact », affirme Ange T.

Depuis janvier 2018 jusqu’à décembre 2019, Terre d’Asile Tunisie (TAT), section tunisienne de France terre d’asile a reçu 16 personnes dont 5 mineurs non accompagnés.  Ils avaient entre 14 et 33 ans et tous étaient de nationalité ivoirienne. « Nous accueillons depuis 2014 dans notre permanence d’aide sociale et juridique des migrants de jeunes ivoiriens footballeurs qui sont venus en Tunisie grâce à un intermédiaire dans le but de jouer au football. Ils sont victimes de réseaux d’escroquerie et se retrouvent démunis, en situation irrégulière et bloqués en Tunisie, et viennent donc faire appel à nous pour les aider », indique pour sa part, Wiem Bouhdid, la coordinatrice du pôle protection de Terre d’Asile Tunisie.

« Nous apportons une assistance sociale et juridique à ces jeunes qui nous demandent de l’aide en matière d’hébergement, de régularisation de leur séjour, d’exonération des pénalités ou encore d’aide au retour volontaire ou d’accès aux soins », précise-t-elle.

Par exemple, en 2019, Terre d’Asile Tunisie (TAT) a reçu 3 footballeurs mineurs non accompagnés, arnaqués et esseulés sur le territoire tunisien. Ils ont sollicité TAT pour une assistance d’hébergement et d’aide financière. « Après l’entretien et la détection de leurs besoins, nous les avons signalés au Délégué à la Protection de l’Enfance puis accompagné durant toute la procédure avec le Juge des Enfants. Le Délégué à la Protection de l’Enfance nous a confié l’autorisation de les héberger dans un centre d’encadrement et d’orientation sociale (centres d’hébergement étatique).  Comme ils souhaitent bénéficier de l’aide au retour volontaire, nous les avons orientés vers l’OIM. Ils sont également accompagnés pour l’accès aux soins et la délivrance de kits hygiène », témoigne la coordinatrice du pôle protection de TAT.

Terre d’Asile Tunisie alerte depuis 2016 sur ce phénomène, notamment via ses études comme « Portraits de migrants ».  Ce qui permet de mettre en lumière la situation irrégulière de ces footballeurs et attire l’attention.

ivoire3

 Le combat contre le phénomène

Retour en Côte d’Ivoire avec M. N’DRI Hervé, président de l’ONG LISAD, une organisation spécialisée dans la lutte contre l’immigration illégale. Il a fait de la lutte contre la traite des footballeurs un sujet majeur pour son organisation. Selon lui, « l’une des difficultés majeures au retour en Côte d’Ivoire, une fois que le jeune est sur le sol tunisien et qu’on s’aperçoit qu’en réalité il s’agit d’une escroquerie, c’est cette affaire de pénalité qui existe en Tunisie ». Et il explique, « comme vous le savez, entre la Côte d’Ivoire et la Tunisie, il n’y a pas de visa. C’est une bonne chose. Mais c’est aussi une facilité utilisée par ses faussaires.

En tant qu’ivoirien, quand on va en Tunisie, on a quatre-vingt-dix jours avant d’avoir besoin de titre de séjour. Donc, ces soi-disant agents de joueur, envoient les jeunes et disparaissent au bout de quelques jours. Les problèmes commencent lorsque la période où tu peux rester sans titre de séjour passe. Parfois, il y en a même qui ne savent pas qu’ils sont en situation irrégulière. Ils se retrouvent donc avec plusieurs mois de pénalité à payer. Quand ils finissent par approcher les ONG, on se rend compte qu’ils sont là depuis un long moment et pour quitter le pays, il faut d’abord payer les pénalités à l’Etat tunisien, qui peuvent monter jusqu’à 3000 dinars (650 000 F CFA) ».

Pour lutter contre le phénomène, son ONG mise sur la sensibilisation et l’information, « parce que le sujet est un peu délicat. Vous avez des parents qui sont prêts à tout pour voir leur enfant devenir footballeur professionnel. Donc parfois, il faut donner la bonne information à ces parents. Vous en avez qui, même en ayant l’information, sont disposés à le faire parce que disent-ils, chacun à sa chance. Ce n’est pas parce que c’est arrivé à un tel enfant, que ça va arriver à leur enfant aussi. Ceux-là, il faut beaucoup de sensibilisation. Et c’est ce que nous faisons au quotidien depuis que nous existons ».

Il annonce même des sensibilisations dans des clubs de football de quartier, surtout dans la commune de Yopougon, la plus grande de la capitale ivoirienne. « Le phénomène existe », affirme de son côté Bakayoko Ahmed de l’ONG ivoirienne SOS exclusion. Il est le   chargé de mission du projet Renforcement des capacités des organisations de la société civile pour mieux lutter contre la traite des êtres humains en Afrique dénommé projet Recolteha. «Nombreux jeunes footballeurs qui partent à qui on promet des lendemains meilleurs se retrouvent potentielles victimes de traite. Nous avons pris à bras le corps ce phénomène en sensibilisant et en renforçant les capacités des organisations de la société civile et des médias. Pour mieux lutter contre le phénomène, il faut le connaitre », prévient M. Bakayoko. SOS Exclusion a édité une brochure adaptée aux réalités ivoiriennes afin de sensibiliser davantage l’opinion.

Dans les cercles des intermédiaires à Abidjan, le sujet est connu. Mais en parler ouvertement ? La loi du silence semble prévaloir.  Tout en confirmant le trafic puis la traite de jeunes footballeurs de la Côte d’Ivoire vers la Tunisie, un intermédiaire sportif interrogé requiert l’anonymat. « Il y a de mauvaises graines dans tous les domaines. C’est bien dommage », regrette-t-il, mais l’en dira pas plus.

ivoire4

La nouvelle directive FIFA pointée du doigt

Approuvé par le comité exécutif de la FIFA  le 21 mars 2014 et entré en vigueur depuis le 1er avril 2015, le nouveau règlement sur la collaboration avec les intermédiaires semble être un facteur facilitant le phénomène de faux intermédiaire sportif. Des spécialistes du milieu travaillant à la ligue professionnelle de football, qui indiquent ne pas parler au nom de la ligue mais à titre personnel, dénoncent la directive. « Ce règlement de la FIFA a eu une conséquence négative sur le fonctionnement de cette activité. Avant 2015, pour être agent de joueur, il y avait un concours. C’est à l’issu de ce concours que ceux qui sont reçus obtiennent une licence qui leur permet d’exercer. Maintenant, la FIFA dit tout le monde peut être intermédiaire. Il faut juste faire une déclaration auprès de la fédération. Une déclaration qui n’est même pas obligatoire. Ensuite vous pouvez exercer sans aucun problème. La fédération a donc arrêté d’organiser le concours. Aujourd’hui on ne sait plus exactement combien d’intermédiaire sportif existe en Côte d’Ivoire », grogne-t-on. Néanmoins, la liste des agents de joueur ayant une licence auprès de la fédération est disponible sur son site internet. Selon cette liste disponible sur le site de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), l’on compte 36 agents de joueur agrées auprès de la fédération ivoirienne de football. « Attention, cela ne veut pas dire que ceux qui ne figurent pas sur cette liste ne sont pas des agents. Si c’était avant 2014, oui. Mais maintenant, non » ; insiste ces deux connaisseurs du milieu.

Des autorités sportives dépassées par les événements

« Pour nous, cette question dépasse la question du football. Il s’agit d’un sujet de société. Quand une personne convainc un père de famille ou un enfant qu’il peut l’envoyer à l’étranger pour qu’il devienne footballeur professionnel. Et qu’ensuite ces personnes font leur passeport, et se retrouvent à l’aéroport pour prendre un vol direction la Tunisie par exemple, c’est un voyageur comme un autre. Nous ne pouvons intervenir que quand nous sommes informés », note un responsable de la Fédération Ivoirienne de Football.

Il poursuit « Et là encore, même si la fédération est informée et que les personnes, c’est-à-dire, les parents disent qu’ils sont d’accord pour que leur enfant parte faire un test en Tunisie, que peut-on faire en réalité ? » Une question rhétorique à laquelle il répond froidement : « absolument rien. La loi est claire, le règlement FIFA est simple ». Il se tait un instant puis enchaîne, « ce n’est pas comme si on ne le sait pas. Il y a des bruits qui courent et nous sommes témoins directs des conséquences. J’ai personnellement contribué à l’achat du billet d’avion d’un jeune pour qu’il regagne Abidjan. Et, au-delà de la Tunisie, il y a de nombreux jeunes dans cette même situation en Europe, notamment en France. Ceux que j’ai rencontré lors d’un passage en tant que reporter sportif et qui sont venus me voir pour leur trouver des contacts, parce que je connais le milieu du football, dorment sous les ponts la nuit et la journée, au milieu de deux entraînements, font de petits boulots pour survivre. C’est dramatique mais, c’est la réalité, on n’y peut grand-chose. La FIFA a ouvert une vanne, et bien entendu, cela a sans doute permis de résoudre des problèmes. Mais elle en a créé bien d’autre, surtout dans les pays comme chez nous. Et, c’est peut-être dur à entendre, c’est même à contre cœur que je le dis, mais on n’y peut rien en tant que ligue de football ou fédération, ça nous dépasse et je ne suis pas fiers de le dire. C’est un phénomène qui échappe complètement à notre contrôle en tant qu’autorité sportive ».

Il explique néanmoins « les précautions drastiques » que prend la fédération lorsqu’elle est saisie, « en revanche quand un club nous écrit ou nous sollicite pour avoir l’accord de la fédération parce qu’un club en Europe ou ailleurs veut un de ses joueurs, la fédération prend toutes les garanties possibles. On demande même au club demandeur d’envoyer le courrier par la poste ou par DHL donc le courrier physique d’invitation. C’est après toutes ces vérifications que la fédération donne la lettre de sortir et transmet un courrier à l’ambassade du pays en question en Côte d’Ivoire, pour que le visa soit facilement accordé parce qu’il y a une collaboration dans ce sens. Mais quand c’est en dehors du cadre normal, ce n’est plus une affaire de football. Ceux sont des voyageurs lambda qui vont en voyage. Et là, ce n’est pas le boulot de la fédération mais d’autres services de l’administration », se désengage l’interlocuteur.

ivoire5

 Les actions du comité de lutte contre la traite des personnes

Au Comité national de lutte contre la traite des personnes, la réponse est plutôt globale.  « La question de la traite des ivoiriens en Tunisie est abordée de façon globale mais pas en particulier pour les jeunes du football. Elle est abordée pour tous ces jeunes qui sont en transit en Tunisie pour traverser la méditerranée.  Et ceux qui y vont pour un bien-être.  Ceux qui y sont bloqués et deviennent des victimes de traite », précise   Mme Yapo, secrétaire exécutive du comité.

La Côte d’Ivoire est partie prenante d’engagements internationaux contre la traite des personnes.  Un plan d’actions est mis en place contre le fléau. Dans cette dynamique, le Comité national dont Mme Yapo assure le secrétariat exécutif, a scellé un partenariat avec sa jumelle tunisienne, appelée l’Instance Nationale de Lutte Contre la Traite des Personnes. « Quand l’instance tunisienne réussit à identifier la personne, elle est d’office exonérée de pénalités. Quand la victime décide de rentrer, l’OIM qui est notre partenaire technique se charge de faciliter le retour de la personne. Vous verrez que des retours de migrants en Côte d’Ivoire sont organisés assez souvent. Ils viennent, de la Tunisie, du Maroc etc. Pour la dignité humaine, on ne divulgue pas certaines informations car c’est une situation dégradante ». Par ailleurs, les victimes, une fois rentrées, sont priées de porter plainte contre leurs exploiteurs pour réparation. En effet, l’une des missions de l’Unité de lutte contre la criminalité transfrontalière (UCT) est la répression.

Malgré ces actions, les esclavagistes continuent de duper. Ils sont difficiles à appréhender parce qu’ils opèrent avec une certaine habilité. Plusieurs rêves d’évoluer dans le haut niveau du football se voient ainsi brisés.  La vigilance est donc requise. Par ailleurs, il est souhaitable que la FIFA assainisse le milieu des intermédiaires, véritable passoire du trafic et de la traite de footballeurs.

Nesmon De Laure  et Traoré Bakary, journalistes pour "Eburnie today"

NB : Ange T* : nom d’emprunt

(Investigation réalisée avec l’appui de France Terre d’Asile dans le cadre du projet Recolteha)

Posté par jl boehler à 04:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

lundi 27 janvier 2020

Corps d’un adolescent dans le train d’atterrissage d’un vol Abidjan-Paris

Les autorités ivoiriennes prennent de curieuses mesures !

Les populations qui sont situées sur l’emprise de l’aéroport d’Abidjan ont commencé à être délogées par les autorités ivoiriennes conformément à l’intention du gouvernement ivoirien de créer un périmètre de sécurité long de 200 mètres autour de l’aéroport.

abidjan1

Jeudi matin très tôt, les bulldozers sont entrés en action autour de l’aéroport d’Abidjan. Ce départ forcé est motivé par la découverte du corps d’un adolescent dans le train d’atterrissage d’un vol Air France Abidjan-Paris. Les autorités ont décidé de sécuriser les alentours de l’aéroport sur une zone de 200m lors d’une opération en deux phases. La première sera un déguerpissements suivi de la destruction des habitations et commerce sur 50 mètres puis une deuxième phase de 150 mètres

Les habitants qui logent dans les alentours de l’aéroport sont bien souvent des familles qui ont été déjà délogées dans certains quartiers précaires d’Abidjan. Pris de cours, elles ne savent pas où aller. Elles dénoncent le caractère inhumain de l’opération estimant n’avoir pas été averties à temps. De nombreuses familles n’ont pu sauver que leurs vêtements, les ustensiles et le petit mobilier. Les plus téméraires ont retiré portes, fenêtres et même toitures espérant s’en servir plus tard.

Traoré Bakhary, journaliste à "Eburnie today"

abidjan2

Posté par jl boehler à 00:58 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 11 janvier 2020

Côte d'Ivoire : le camp Ouattara dans le viseur de la CPI

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, assure qu’elle poursuit les enquêtes en Côte d’Ivoire contre les deux protagonistes du conflit post-électoral ivoirien. Des procédures qui pourraient cette fois-ci viser le camp du président Alassane Ouattara, après les procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé.

Fatou_Bensouda_750x430

Alors que l’ancien président Laurent Gbagbo et son ex-ministre Charles Blé Goudé ont été acquittés par les juges de la Cour pénale internationale (CPI), la procureure de l’institution judiciaire basée à La Haye (Pays-Bas), ne lâche pas de lest. Fatou Bensouda veut aller jusqu’au bout dans les crimes contre l’humanité commis lors de la crise post-électorale du 2010-2011 en Côte d’Ivoire. Dans un entretien accordé à France 24 et diffusé mardi 17 décembre 2019, la procureure gambienne a affirmé que son bureau s’attèle à faire la lumière sur tous les crimes commis.

« Les enquêtes se poursuivent. Encore une fois, je souhaite dire les choses clairement. D’emblée, j’ai toujours dit que les deux parties au conflit feraient l’objet d’une enquête et je tiens à respecter cet engagement. Cette enquête est en cours. Le moment n’est pas venu maintenant de révéler publiquement les résultats de ces enquêtes. Mais le moment venu je le ferai. Une chose est certaine et je puis vous en assurer : les enquêtes sont en cours et elles progressent », a assuré Fatou Bensouda.

Et cette fois-ci, elle entend viser les personnes dans le camp du président ivoirien Alassane Ouattara susceptibles d’avoir perpétré des atrocités, puisqu’elle n’a cessé de répéter qu’après ce qu’elle a appelé « Côte d’Ivoire I » qui a concerné le camp Gbagbo, elle lancera « Côte d’Ivoire II », sous-entendu l’autre partie au conflit ivoirien. Les procédures concernant le camp Gbagbo ayant abouti au procès conjoint du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) et de l’ex-leader des jeunes patriotes, exceptée Simone Gbagbo que les autorités ivoiriennes ont refusé jusque-là de transférer à La Haye (en dépit du mandat d’arrêt de la Cour), estimant que la justice ivoirienne est apte à juger tous les crimes commis pendant la crise post-électorale.

D’ailleurs, le président Alassane Ouattara n’a cassé de le répéter : plus aucun ivoirien n’ira à la CPI, malgré les insistances de l’institution judiciaire onusienne qui rappelle invariablement à la Côte d’Ivoire son obligation de coopérer en tant qu’Etat-partie au Statut de Rome. Une question fondamentale se pose donc : quelle suite sera donnée aux procédures si Fatou Bensouda lance des mandats d’arrêt contre des personnes soupçonnées de crimes dans le camp Ouattara ? (selon Anderson Diédri, "Eburnie today")

Posté par jl boehler à 00:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 24 décembre 2019

Bribri et Manu en Afrique

En France, la grève fait rage, sans trêve pour les fêtes de fin d'année. Même si Manu vient d'annoncer le renoncement à sa propre retraite, et si Bribri va devoir subvenir à ses besoins après leur départ de l'Elysée.

Pendant que son fêtard insouciant de mari bringuait avec les militaires du campement de Port-Bouët en Côte d'Ivoire, Bribri visitait un hôpital "mère-enfant" dans la banlieue abidjanaise, à Bingerville, en compagnie de la première dame ivoirienne, la très française Dominique Nouvian-Ouattara, qui possède un hôtel particulier à Paris, et une très belle résidence secondaire à Mougins (06). Elle compte venir s'installer dans ce beau coin d'Afrique avec son petit garçon, dès la fin de leur mandat présidentiel. Ils y retrouveront leurs amis Rothschild (chasseurs d'éléphants), Bouygues, ou les millionnaires Bolloré, Bouygues, Vinci, et ne seront donc pas dépaysés.

Evidemment, il faudra faire vite, car la Françafrique et le franc cfa vont disparaître, pour laisser la place aux technocrates russes et aux nouveaux capitalistes chinois. Bribri devrait même insister pour que Manu démissionne de suite, même si cela risque d'attrister quelques marcheurs bien de chez nous.

bribri3

bribri7

bribri1

bribri4

bribri5

bribri

Posté par jl boehler à 00:08 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

lundi 23 décembre 2019

Macron en Côte d'Ivoire

Un meeting de l’opposition interdit pendant la présence du président français !

macron1

Le meeting de l’opposition ivoirienne, qui devait se dérouler samedi, lors de la visite du président français Emmanuel Macron, a été interdit par les autorités ivoiriennes.

La mairie de Yopougon – quartier réputé acquis à la cause de l’opposition ivoirienne – a pris un arrêté « interdisant toutes manifestations publiques pouvant entraîner des mouvements de foule sur les espaces ouverts de la commune ». L’arrêté signé du maire Gilbert Koné Kafana (du parti au pouvoir) dont Ebunie Today a eu copie précise que cette interdiction s’étend « du 16 décembre 2019 au 5 janvier 2020 » ; période durant laquelle le président français séjournera en Côte d’Ivoire.

Emmanuel Macron doit se rendre en Côte d’Ivoire du 20 au 22 décembre, pour célébrer les fêtes de fin d’année en compagnie des forces françaises stationnées dans le pays et renforcer les relations bilatérales.

La décision du maire vient contrecarrer les plans des deux coalitions d’opposition, la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (CRDP) et Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) qui avaient appelé à un meeting commun sur la grande place FICGAYO de Yopougon. La mairie avait déjà refusé une première date pour ce meeting, le 14 décembre, expliquant que la place était déjà prise par une autre manifestation.

Pour un cadre du Front populaire ivoirien le parti au pouvoir veut fermer la bouche à tout opposant à l’occasion de l’arrivée de M. Macron, réfutant la logique d’un quelconque trouble à l’ordre public mais évoquant bien plus une manœuvre politicienne visant à museler.

La CRDP a été lancé à l’initiative du premier parti d’opposition ivoirien, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), dirigé par l’ex-président Henri Konan Bédié. EDS est proche du FPI, l’autre grand parti d’opposition de l’ex-président Laurent Gbagbo. (Anderson Diédri, blogueur à "Eburnie today")

Posté par jl boehler à 02:02 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,