mercredi 17 octobre 2018

Organisation internationale de la francophonie

La rwandaise Louise Mushikiwabo élue secrétaire générale

louise_jeanA Erevan en Arménie, sous les yeux du président français Macron, Louise Mushikiwabo, une Rwandaise est élue aux commandes de la Francophonie. Cette diplomate éprouvée, dont la famille a été tuée dans le génocide de 1994, était favorite.

Diplomate éprouvée qui sait se montrer accommodante, Louise Mushikiwabo, 57 ans, reste une femme de fer qui, depuis neuf ans, porte la politique extérieure du président rwandais. « Elle sait arrondir les angles de Paul Kagame », remarque un vieux routier des sommets africains. Sur le fond, en revanche, elle ne transige pas. Celle qui vient d’être élue par consensus, comme le veut la tradition, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), vendredi 12 octobre, est la deuxième femme à occuper ce poste après sa prédécesseure Michaëlle Jean, diplomate canadienne d’origine haïtienne ; et, surtout, la première Africaine. C’était la raison principale du soutien de la France et de l’Union africaine (UA), qui ont entraîné l’écrasante majorité des 54 Etats membres de plein droit de l’OIF, disposant du droit de vote.

Dès l’annonce officielle de sa candidature depuis l’Elysée, le 23 mai, à l’occasion d’une rencontre entre Emmanuel Macron et Paul Kagame, Louise Mushikiwabo était donnée largement favorite grâce à ce double parrainage. Son habilité et ses réseaux ont fait le reste.

La vie de Louise Mushikiwabo est marquée par toutes les tragédies qui ont secoué le Rwanda le demi-siècle passé. Elle naît en 1961 dans une famille de petits propriétaires terriens, au moment même où commencent les persécutions à l’égard des Tutsi. Elle n’en réussit pas moins à passer le bac et devenir professeure d’anglais. Grâce à une bourse, elle part ensuite en 1986 aux Etats-Unis pour faire des études d’interprétariat. Un exil qui lui sauve la vie.

La plupart des membres de sa famille n’ont pas réussi à échapper, en 1994, aux machettes et aux balles des extrémistes hutu. Son frère Landoald Ndasingwa, grande figure de l’opposition libérale, fut l’une des premières victimes du génocide. « C’est une survivante, elle en a l’efficacité et la détermination », souligne une universitaire qui la connaît bien. Le génocide n’a cessé de la hanter. Avec Jack Kramer, journaliste et ancien marine, elle y a consacré un ample récit, Rwanda Means the Universe : A Native’s Memoir of Blood and Bloodlines, publié en 2006.

En 2008, Louise Mushikiwabo décide finalement de revenir au pays. Après un bref passage en Tunisie comme directrice de la communication de la Banque africaine de développement, elle intègre le gouvernement rwandais, comme ministre de la communication puis comme chef de la diplomatie de Paul Kagame. Fidèle parmi les fidèles de l’homme fort de Kigali même si elle n’a jamais été membre du Front patriotique rwandais, le parti-Etat régnant sans partage, elle serait l’une des rares à bénéficier de sa totale confiance. D’aucuns voient même en elle une possible successeure si le maître du pays – qui selon la Constitution amendée à sa main peut rester au pouvoir jusqu’en 2034 – décidait de se mettre en retrait.

Au sein même de l’OIF, les réticences vis-à-vis de la future nouvelle secrétaire générale restent fortes, notamment parmi les hauts fonctionnaires de l’organisation. « Jamais je n’ai été aussi inquiet sur l’avenir la francophonie », soupire l’un d’eux. Certes, comme le répète volontiers l’Elysée pour justifier son choix, « il s’agit d’élire une personne et non un pays ». Mais Louise Mushikiwabo, en portant depuis des années la politique extérieure rwandaise, est totalement identifiée à un régime défiant nombre des principes fondateurs de la francophonie.

Le pouvoir de Kigali n’est en effet guère un exemple en matière de défense des droits fondamentaux de ses citoyens. Les opposants sont traqués, arrêtés, voire exécutés à l’étranger. Mi-septembre, quelque 2 000 prisonniers politiques, dont la célèbre opposante Victoire Ingabire, ont été libérés par anticipation – un geste avant le sommet de la francophonie. « Toutes ces notions de démocratie et de droits humains, ce n’est pas toujours très clair et très précis », se justifiait encore en août Louise Mushikiwabo, interrogée par l’AFP, rappelant « qu’elle ne croit pas aux donneurs de leçons » en matière de démocratie. Depuis, elle a un peu mieux rodé son discours, ce qui ne signifie pas qu’elle ait changé d’opinion.

Le régime rwandais ne s’est pas illustré non plus, ces dernières années, par la défense de la langue française. Il n’a cessé, au contraire, de prendre ses distances, en mettant fin à l’enseignement du français dans les écoles et en adoptant l’anglais comme langue nationale. Si elle manie un français parfait, Louise Mushikiwabo assure qu’il n’y a pas de contradiction entre la francophonie et ce choix de privilégier l’anglais. « C’est aujourd’hui la langue de la Silicon Valley, de la technologie, de la recherche, des réseaux sociaux. C’est une réalité et, par ailleurs, l’essentiel de l’activité économique du Rwanda se fait avec l’Afrique de l’Est », explique-t-elle au Monde. Une vision en accord avec celle du président français, qui se pose en héraut d’une « francophonie ouverte » aussi bien aux langues locales qu’à l’anglais. (selon "Ivoirebusiness.net")

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jeudi 7 juin 2018

FIFA : bientôt la coupe du monde en Russie

Des "affaires" resurgissent ... en Afrique ! 

fifa0Et pour une fois, ce n'est ni le Canard Enchaîné ni Médiapart qui les dévoilent, mais un journal satirique ivoirien "L'Eléphant Déchaîné".

fifaLa révolte gronde dans certains pays éliminés, notamment la traditionnellement qualifiée Côte d'Ivoire de Didier Drogba. De quoi s'agit-il ? De règlements non respectés ? De "dessous de tables" insuffisants des états ? ou des  fédérations nationales ? Ce sont bien sûr les "déçus" qui dévoilent les manoeuvres. Ci-dessous le dossier complet publié par "l'Eléphant déchaîné".

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vendredi 4 mai 2018

Sarkozy et Ouattara, les ambassadeurs de Bolloré au Rwanda ?

Un vrai carrousel de rencontres dites d'amitié

Nicoloas_Sarkozy_et_Paul_Kagam__au_Rwanda

Le 15 janvier dernier, Nicolas Sarkozy effectuait un voyage au Rwanda en compagnie d'hommes d'affaires français identifiés clairement comme membres du groupe Vivendi-Bolloré. D'ailleurs le nouveau "mis en examen" y était représenté par son propre fils Cyrille.

Et cette visite s'est terminée par "un saut de puce" à Abidjan, capitale de Sarkozie en Afrique occidentale. Evidemment, l'effet du pur hasard... Pourtant, à Kigali, les discussions ont tourné autour des opportunités d'investissements français dans plusieurs secteurs économiques où le pays recèle d'importantes potentialités, notamment dans les infrastructures, la logistique, mais aussi le tourisme d'affaires et l'hôtellerie. De quoi intéresser très fortement Bolloré, notamment en matière de routes et chemins de fer. Ne vient-il pas de décrocher le marché des voies de chemin de fer Abidjan - Ouagadougou et Ouagadougou - Lomé !

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Et Ouattara dans cette affaire ? Il se doit évidemment servir de guide pour expliquer à Kagamé le bien-fondé de la démarche de Sarkozy, l'homme qui passe la plupart de ses réveillons de Nouvel An à Assinie ou à Mougins. Le tout bien sûr, pour les intérêts supérieurs de Bolloré.

Et les affaires sont les affaires, qu'importent les pratiques pour arriver au pouvoir dans son pays. Et celui qui a sur sa conscience le massacre de Duékoué dans l'ouest ivoirien est sans-gêne pour aller se recueillir sur les tombes des victimes du génocide rwandais de 1995. Les peuples et leur souffrances, ce n'est pas l'affaire des dirigeants. Juste utilisés, même à titre posthume, dans l'intérêt très financier de quelques-uns. La honte !

Posté par jl boehler à 01:36 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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