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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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11 décembre 2024

Suisse : 200 frontaliers verbalisés par une règle méconnue

 

Plus de 200 automobilistes ont été contrôlés en excès de vitesse le 31 octobre dernier, à l’heure d’arrivée des travailleurs frontaliers, devant un panneau “douanes” qui, chez nos voisins, implique – sans l’afficher - une limitation à 20 km/h.

 

 

Le jeudi 31 octobre, la police cantonale jurassienne avait posé un radar mobile au niveau du poste de douane du hameau suisse de Lucelle, qui prolonge la commune française homonyme, la plus méridionale d’Alsace. Entre 5 h 50 et 9 h, heure de pointe des travailleurs frontaliers se rendant à leur travail, 234 véhicules ont été contrôlés et 211 dépassaient la vitesse autorisée, selon un bilan mensuel publié mi-novembre par les autorités et diffusé jeudi dernier par Radio Fréquence Jura.

 

Car à cet endroit, cette vitesse n’est pas de 50 km/h, comme l’indique, quelques dizaines de mètres en amont, la “limite générale” affichée au-dessus du panneau signalant l’entrée dans le hameau. Devant la douane, la limitation descend brusquement à 20 km/h, conformément à l’article 31 de l’ordonnance sur la signalisation routière du 5 septembre 1979.

 

Spécialité suisse

 

Cet article stipule qu’en Suisse, les automobilistes doivent s’arrêter lorsqu’ils s’approchent d’un bureau de douane et que « si les autorités douanières renoncent temporairement au contrôle douanier » – c’est-à-dire si « le douanier fait signe d’avancer ou le poste de douane est manifestement désaffecté ou exempt de tout contrôle » – , « les conducteurs franchiront l’aire de la douane à la vitesse de 20 km/h au plus ».

 

Le 31 octobre au matin, le poste de douane de Lucelle était désert. Mais combien d’Alsaciens, parmi les centaines qui passent là chaque matin, connaissent cette spécificité de la signalisation routière suisse ? Sur les 211 automobilistes en infraction, une centaine ont reçu une amende, d’un montant sévère. Une Alsacienne rapporte une amende de 250 francs, pour être passée à 38 km/h, vitesse ramenée à 33.

 

Un excès de plus de 15 km/h a été retenu pour 109 autres automobilistes, qui ont été convoqués par la justice. Or un dépassement “net” compris entre 21 et 24 km/h en ville est considéré comme une infraction « moyennement grave » et peut conduire, sans antécédent, à un retrait de permis d’un à deux mois. Dès 25 km/h, il s’agit d’une infraction grave et le retrait de permis peut aller de trois à six mois.

 

Des interdictions de circuler sur le territoire

 

Contacté, le service juridique de Mobilité Club France (ex-Automobile Club) rappelle que les forces de l’ordre suisses ne peuvent retirer le permis de conduire si celui-ci est français, mais qu’une interdiction de circuler sur le territoire peut être prononcée par la suite. Aucun point ne peut être retiré sur un permis français à l’étranger.

 

Dans ce territoire frontalier où les déplacements se font quasi-exclusivement en voiture, l’interdiction de circuler peut condamner au chômage temporaire. Le Comité de défense des travailleurs frontaliers (CDTF) du Haut-Rhin rapporte le témoignage d’un Alsacien employé à l’hôpital de Delémont qui risque de ne pas pouvoir se rendre à son travail durant trois mois – et donc de perdre son revenu pendant autant de temps. « C’est une bien trop lourde sanction pour une erreur dont il ne pouvait être conscient », estime le président du CDTF, Jean-Luc Johaneck, qui dénonce « un véritable guet-apens, bien prémédité ».

 

Il est clair que le lieu et l’heure n’avaient pas été choisis au hasard et le fait que les Français seraient les premiers concernés par ce contrôle ne pouvait être ignoré. « Les policiers n’ont pas agi dans le sens de la sensibilisation, mais dans le sens du tiroir-caisse », résume une autre victime alsacienne. Plutôt que de la pédagogie, les autorités jurassiennes ont visiblement voulu faire un exemple. (selon les DNA)

 

 

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9 décembre 2024

Grève à Tahiti : la galère des passagers à l’aéroport

Tahiti, le 7 décembre 2024 – Au deuxième jour de grève des pompiers aéroportuaires, les liaisons inter-îles restent fortement perturbées. De nombreux touristes et résidents sont confrontés à des annulations de vol. Plusieurs d’entre eux nous ont confié leur désarroi à l’aéroport de Tahiti-Faa’a.

 

 
Ce samedi, au deuxième jour de grève des pompiers aéroportuaires, tous les vols inter-îles opérés par Air Tahiti sont annulés, à l’exception des vols entre Tahiti, Bora Bora, Raiatea, Rangiroa, Rarotonga et Nukutepipi, avec des modifications d’horaires. La compagnie Air Moana est également impactée.
 
 
 

Plan B, comme bateau


De nombreux passagers se sont donc retrouvés cloués au sol, comme Gisèle et Jean-Pierre, qui ont découvert en arrivant à l’aéroport que leur vol vers Huahine était annulé. « On n’a reçu aucun mail, ni SMS ! C’est notre première fois en Polynésie et on a fait de gros efforts financiers pour venir rendre visite à notre fils, qu’on n’a pas vu depuis un an et demi… On a un planning très serré, vu qu’on a acheté un package avec les vols, les hôtels et les activités. On nous a conseillé de suivre les infos pour savoir quand va finir la grève, et de réserver un ferry pour dimanche matin », confient les deux touristes vendéens, dépités de commencer leur mois de vacances de cette manière.
 
 
 

Honeymooners « déçus »


Originaires de Californie, Eric et Amy se seraient eux aussi bien passé de cet imprévu pour leurs trois semaines de voyage de noces au Fenua : « Nous avions un vol pour Fakarava vendredi, et il a été annulé. Nous étions en route pour l’aéroport quand nous avons reçu le message. Nous essayons de savoir quand nous pourrons partir, mais on a très peu d’informations. Le plus tôt serait mardi, mais sans certitude. Nous n’avons rien de prévu à Tahiti et nous réservons notre chambre d’hôtel une nuit à la fois. Ce sont des frais en plus… On est très déçu ! ».

 

Renoncer aux Marquises


Les résidents ne sont pas épargnés. Albert est parvenu à s’enregistrer, mais ce sera pour rejoindre son domicile, à Taha’a. « Initialement, je devais aller passer un mois aux Marquises dans ma famille pour Noël. Je devais partir vendredi matin. Je préfère rentrer chez moi, pendant que je le peux encore, et parce que tout ce qu’on m’a proposé, c’est un billet pour les Marquises le 20 décembre… J’irai en juillet. Je ne suis pas fâché : je comprends la mobilisation », remarque le sculpteur.
 
 
 

L’impact sur le tourisme


La grève impacte également les professionnels du tourisme, comme Moerani, propriétaire de locations de vacances à Maupiti. « Il n’y a plus de vol depuis vendredi. Même si on est en basse saison, c’est très difficile pour les touristes qui doivent rejoindre Tahiti pour prendre un vol international ou se rendre sur une autre île. On les aide à trouver un bateau pour rejoindre Bora Bora, soit avec le Apetahi Express, soit avec des pêcheurs. C’était le cas vendredi pour un docteur, qui devait rentrer s’occuper de ses patients. On s’entraide entre professionnels », explique la jeune femme, qui ne cache pas son agacement. « On espère que ça ne va pas durer trop longtemps. Ce n’est pas très bon pour le tourisme, car ça impacte tout le monde. Pour certains, c’est le voyage de toute une vie ! C’est dommage pour la réputation de la Polynésie ».
 
 
 

« Pas de vol, pas de fleurs »


Au Fare Hei, la fréquentation est en baisse, mais la grève limite aussi les approvisionnements en matières premières pour la confection des couronnes. « On ne va pas pouvoir recevoir nos fleurs, qui arrivent de Maupiti et des Tuamotu. Pas de vol, pas de fleurs ! C’est embêtant, parce qu’on doit continuer à servir les vols internationaux et les commandes des particuliers », déplore Tepurotu Toofa, dont le stand, comme ceux de ses consœurs, n’est pas aussi garni que d’ordinaire. (selon "Tahiti-infos")
8 décembre 2024

Lâcher d’une femelle lynx en Forêt-Noire

Tout récemment, une femelle lynx a été lâchée dans le nord de la Forêt-Noire, vient de faire savoir le ministère de l’Agriculture du Bade-Wurtemberg. “Verena”, c’est le nom de l’animal, avait été préparée à son lâcher en Thuringe. Cette opération intervient un an après une première tentative de réintroduction d’une femelle qui avait finalement échoué car l’animal est mort en juillet d’une maladie virale. Selon le ministère, 18 lynx ont été repérés en Forêt-Noire, tous des mâles. Mais seulement deux d’entre eux sont durablement installés dans le nord du massif. Les autres spécimens ne restent pas, faute de trouver un partenaire femelle pour se reproduire. D’ici 2027, le Land du Bade-Wurtemberg a prévu de réintroduire jusqu’à dix lynx femelles dans tout le massif de la Forêt-Noire.

 

 

7 décembre 2024

Une manifestation « pour ne pas oublier Cécile », otage en Iran

Si rien ne bouge, Cécile Kohler, enseignante originaire de Soultz actuellement otage en Iran, passera bientôt son 3e  Noël derrière les barreaux de la prison d’Evin. « Pour éviter qu’on oublie Cécile », ses parents, Mireille et Pascal, et le comité de soutien Liberté pour Cécile ont organisé ce vendredi soir un nouveau rassemblement à Mulhouse pour demander inlassablement sa libération.

 

 

À l’heure où les Mulhousiens déambulaient insouciants dans les allées du marché de Noël, la juxtaposition du sapin lumineux de la place des Victoires et du portrait rieur de Cécile était saisissante. Autour, une trentaine de personnes mobilisées mais aussi des badauds qui s’interrogent ou qui se rappellent. « Ah oui, c’est la fille qui est otage… »

 

Inquiétude des proches

 

À défaut de mobiliser une large foule, le rassemblement rappelle les faits mais aussi l’inquiétude des proches et l’absence. « Rendez Cécile à la vie ! », lâche sa mère. Dans ce monde incertain, son père veut espérer que Cécile « passera Noël 2025 avec nous ». Le comité a aussi proposé aux passants d’écrire à Cécile. Rien de politique ou polémique, juste quelques mots pour l’aider à tenir (contact@libertepourcecile.com).

 

Si rien ne bouge, un nouveau rassemblement sera organisé à Mulhouse le vendredi 3 janvier, à 17 h 30. (selon les DNA)

4 décembre 2024

Minuscules trous noirs dans le système solaire

Microscopiques mais dotés d'une puissante force gravitationnelle, ces objets célestes ont la capacité de perturber les orbites des planètes et des satellites.

 

 

Qu'est-ce qui est tout petit, très lourd et pourrait bien traverser notre système solaire sans que l'on s'en aperçoive? Des trous noirs, oui, mais pas n'importe lesquels. Deux équipes de chercheurs essayent de prouver l'existence de versions miniatures et invisibles, appelées «trous noirs primordiaux». Ceux-ci existent-ils vraiment? Quels effets ont-ils sur les galaxies qu'ils traversent? Les résultats de deux études parues les 16 et 17 septembre dans la Physical Review D et relayés par le site Science News Explores tentent d'y répondre.

 

Bien qu'ils soient microscopiques, ces trous noirs auraient «la masse d'un astéroïde compressée dans un espace de la taille d'un atome d'hydrogène», explique le magazine en ligne. Ils auraient pu être formés aux origines de l'univers –d'où leur nom de «primordiaux»– et le seul moyen de les détecter, et donc de prouver que la théorie de leur existence est juste, serait d'observer leurs effets sur les planètes qui croisent leur chemin, ainsi que leur influence gravitationnelle sur nos satellites.

 

Si nous parvenions à confirmer la réalité de tels objets célestes, une énigme majeure pourrait être résolue dans la foulée, celle de la matière noire. Représentant 85% de la masse de l'univers, sa composition reste un mystère pour les scientifiques qui sont pourtant persuadés de son existence, notamment car ils ont pu observer la gravité qu'elle exerce sur les objets visibles. «Les chercheurs ont tenté sans succès de trouver des particules pour expliquer cette matière noire. Si de minuscules trous noirs errants sont repérés, cela pourrait éclairer sa nature», résume Science News Explore.

 

Petits mais costauds

 

Pour rappel, les trous noirs naissent généralement de l'effondrement d'une étoile en fin de vie qui se transforme en objet extrêmement compact. Leur champ gravitationnel est tel qu'ils aspirent tout ce qui passe à leur portée, matière comme rayonnements. Pour les chercheurs, les petits trous noirs primordiaux ont une genèse légèrement différente et se seraient formés dans l'univers «primitif», lorsque des fragments d'espace se seraient effondrés sur eux-mêmes.

 

Ils traverseraient de temps en temps notre système solaire –environ une fois par décennie– et le risque qu'un d'eux percute la Terre est infinitésimal. Cependant, cela ne signifie pas qu'une telle rencontre soit sans effet sur la planète. Sarah Geller, cosmologiste à l'université de Californie à Santa Cruz et coautrice d'une des deux études, explique: «La gravité incroyablement forte d'un trou noir primordial ferait vaciller la planète Mars dans son orbite autour du Soleil.» La chercheuse et son équipe prévoient de tester cette hypothèse à l'aide de modèles détaillés du système solaire.

 

Les planètes ne seraient pas les seules à être touchées par ces trous noirs. Imaginons qu'un tel objet s'approche de la Terre à une distance équivalente à celle qui nous sépare de la Lune. Il pourrait parfaitement altérer l'altitude de nos satellites. Pas au point de les dévier de leur orbite, mais assez pour que des équipes au sol s'en aperçoivent. C'est en tout cas ce qu'affirme Sébastien Clesse, professeur de physique théorique à l'Université libre de Bruxelles. «C'est très excitant de savoir ça, déclare-t-il. Nous disposons de sondes que nous pourrions utiliser pour détecter ces mini-trous noirs dans notre système solaire.»

 

Bien sûr, il faudrait d'abord éliminer d'autres suspects, comme le passage d'un astéroïde ou les vents solaires, qui pourraient avoir les mêmes effets sur l'orbite des planètes. Mais une fois ces cas de figure écartés, nous pourrions affirmer avoir été frôlés par des bébés trous noirs vieux comme l'univers, ce qui n'est pas rien. (selon "Korii")

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3 décembre 2024

Lémuriens et tortues à Madagascar

 

Plusieurs dizaines de lémuriens et plus de 900 tortues endémiques de Madagascar, qui avaient été trafiqués puis saisis en Thaïlande, vont être rapatriés cette semaine dans l'île-Etat de l'océan Indien, a confirmé dimanche son ministre de l'Environnement.

 

Seize de ces petits primates apeurés, au visage triangulaire et au regard saisissant, typiques de Madagascar, qui possède l'une des plus riches biodiversités au monde, comptant de nombreuses espèces endémiques, sont déjà arrivés dimanche dans des cages sur le tarmac de la capitale Antananarivo. Il s'agit de lemur catta, l'espèce la plus emblématique avec leurs longues queues annelées noir et blanc.

 

La plus grande opération contre le trafic d'espèces sauvages

 

Cette semaine, 31 lemurs fauves, aux yeux jaune ou orange, arriveront aussi sur l'île, pris en charge par des vétérinaires et mis en quarantaine avant d'être réintroduits « dans leurs habitats naturels », précise le communiqué du ministère. Ainsi que 914 tortues, de type radiées et araignées, saisies en mai par les autorités thaïlandaises, dans ce que les deux pays ont qualifié de plus grande opération jamais réalisée contre le trafic d'espèces sauvages.

 

Ce rapatriement « marque l'aboutissement des efforts considérables » menés par Madagascar pour « faire revenir ces espèces endémiques, classées en danger et en danger critique d'extinction », se félicite le gouvernement, qui se dit déterminé à lutter « contre la politique illicite des ressources naturelles ».

 

Une centaine d'espèces de lémuriens menacées

 

Les quatre espèces concernées sont considérées comme menacées, notamment par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

 

Bien que de nombreuses populations de flore et de faune soient relativement intactes à Madagascar, beaucoup d'espèces, dont plus de 100 espèces de lémuriens, sont menacées d'extinction, selon la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

 

La Thaïlande est une plaque tournante notoire pour le trafic d'espèces sauvages, généralement à destination de marchés importants comme le Vietnam ou la Chine. L'Asie du Sud-Est joue un rôle central dans le commerce illégal d'espèces endémiques de Madagascar, a noté un rapport de l'ONG Traffic de mars 2023, indiquant que les reptiles, amphibiens, et certaines plantes étaient aussi concernés. (selon DNA)

2 décembre 2024

Le Grand Hiver de 1709

Cet hiver impitoyable a arraché à la vie un grand nombre d'Européens et perturbé deux guerres majeures. Le froid extrême de cette année-là favorisa la propagation d'un virus dans toute l'Europe.

 

 

Il n'aura fallu qu'une seule nuit de l'année 1709 pour que le climat bascule. Le 5 janvier, les températures chutèrent, rien d'étonnant, a priori, aux premières heures de l'hiver en Europe, mais celui de 1709 n'avait rien d'une vague de froid ordinaire. Le lendemain, le soleil se leva sur un continent glacé de l'Italie à la Scandinavie et de l'Angleterre à la Russie, le surlendemain également, puis tous les jours pendant près de trois mois.

 

Le froid extrême provoqua des pénuries alimentaires qui entraînèrent la mort de centaines de milliers de personnes rien qu'en France. Il gela des lagons en Méditerranée et modifia le cours d'une guerre. Depuis une Angleterre grelottante, le philosophe William Derham écrivit : « De mémoire d'Homme, jamais nous n'avons connu d'hiver aussi rude. »

 

L'EXCEPTION FRANÇAISE

 

Le pays le plus touché par la terrible vague de froid fut sans nul doute la France. L'année 1709 avait déjà mal commencé. Les paysans français devaient composer avec de maigres récoltes, de lourds impôts et l'enrôlement pour la guerre de Succession d'Espagne. Les vagues de froid endurées à la fin de l'année 1708 n'étaient rien face à l'effondrement des températures de la nuit du 5 au 6 janvier. Les deux semaines suivantes, la neige tomba sur la France et les thermomètres affichèrent des températures avoisinant les -20 °C.

 

En l'absence de prévisions météorologiques, les autorités n'eurent pas le temps de se préparer à ce qui est désormais qualifié de Grand Hiver. Des milliers de personnes moururent d'hypothermie avant la prise de mesures visant à aider les citoyens. Autres victimes de ces conditions extrêmes : les animaux tués par le gel dans leurs enclos, étables ou poulaillers.

 

Sur l'ensemble du territoire français, les fleuves, les canaux et les ports furent figés par le gel et les routes bloquées par la neige. Dans le port de Marseille et à différents points du Rhône et de la Garonne, la glace supportait le poids des charrettes, ce qui situe son épaisseur autour de 28 cm. Dans les villes privées de provisions, des témoignages racontent que les habitants étaient forcés de brûler leur mobilier pour se réchauffer. À Paris, l'approvisionnement fut suspendu pendant trois mois.

 

Même les plus aisés qui se pensaient à l'abri de la disette avec leurs stocks de nourriture et de boissons réalisèrent bientôt que le froid les rendait inutilisables. Le pain, la viande et certaines boissons alcoolisées gelèrent tout simplement. Il ne resta de liquide que les spiritueux comme la vodka, le whisky ou le rhum. Le piège glacé du climat vint se refermer sur les pauvres comme sur les riches. Les vastes demeures de l'élite avec leurs grandes fenêtres, conçues pour impressionner mais sans aucune considération pratique, laissaient passer un air glacial.

 

À Versailles, Élisabeth-Charlotte de Bavière, duchesse d'Orléans et belle-sœur du roi Louis XIV, adressa ces quelques lignes à la duchesse Sophie de Hanovre : « Il fait un froid si affreux qu'on ne peut l'exprimer. Je suis assise devant un feu flamboyant, il y a un paravent devant ma porte, qui est fermée, afin que je puisse m'asseoir ici avec une fourrure autour du cou et les pieds dans une peau d'ours, mais je frissonne quand même et peine à tenir la plume. Je n'ai jamais connu un tel hiver, le vin gèle dans les bouteilles. »

 

UN BLANC MANTEAU

 

Dans le reste de l'Europe aussi apparurent les étranges conséquences du froid. De nombreux témoins racontèrent comment la chute soudaine de température fragilisa ce qui était pourtant perçu comme robuste. Les troncs d'arbre se brisaient avec fracas, comme si un bûcheron invisible s'affairait à les abattre. Dans les églises, les cloches se fendaient au lieu de résonner.

 

À Londres, où l'on parla plus tard de « Great Frost » (en français, le Grand Gel), la Tamise fut prise par les glaces. Les canaux et le port d'Amsterdam connurent un sort similaire. La mer Baltique se figea pendant quatre longs mois et les voyageurs, dit-on, la traversaient à pied ou à cheval depuis le Danemark pour rejoindre la Suède ou la Norvège. Le gel toucha la quasi-totalité des rivières de l'Europe du Nord et Centrale, même les sources chaudes d'Aix-la-Chapelle. Des chariots lourdement chargés se frayaient un chemin sur les lacs gelés de la Suisse et les loups rôdaient dans les villages à la recherche de quelque nourriture, jetant parfois leur dévolu sur les villageois morts de froid.

 

Dans l'Adriatique, une foule de navires furent piégés dans la glace et leurs équipages moururent de froid et de faim. À Venise, les habitants utilisaient des patins à glace au lieu des traditionnelles gondoles pour arpenter la ville. Rome et Florence furent coupées du monde par d'importantes chutes de neige. En Espagne, l'Èbre fut couvert de glace et même la douce Valence vit ses oliviers anéantis par le froid.

 

Ces conditions météorologiques extrêmes eurent aussi des répercussions en politique. Le conflit entre la France et la Grande-Bretagne dans la guerre de Succession d'Espagne fut suspendu jusqu'au retour des beaux jours. Plus important encore, les températures glaciales auraient en partie contribué à faire de la Russie une puissance régionale. En effet, alors que les historiens considèrent la victoire russe de Pierre Ier le Grand sur la Suède lors de la bataille de Poltava en juin 1709 comme une étape décisive de cette transition, celle-ci aurait été arrachée à une armée suédoise réduite et affaiblie par la mort d'un grand nombre de soldats en raison des conditions climatiques épouvantables.

 

LA FIÈVRE DU PRINTEMPS

 

Cependant, tout aussi épouvantables soient-elles, ces conditions glaciales n'étaient que le premier événement d'une série de fléaux à s'abattre sur l'Europe cette année-là. Les températures restèrent anormalement basses jusqu'au mois d'avril, mais une fois la neige et la glace fondues, elles laissèrent place à des inondations.

 

L'an 1709 vit également les maladies proliférer. Après l'émergence d'un virus à Rome, le froid et la faim du Grand Hiver en facilitèrent la propagation et entraînèrent une épidémie à l'échelle européenne en 1709 et 1710. Pour ne rien arranger, la peste frappa aussi cette année-là, venue de l'Empire ottoman via la Hongrie.

 

Mais de tous les maux dont souffrait l'Europe, la faim était, à bien des égards, le plus implacable. Les conséquences des pénuries alimentaires durèrent jusqu'à la fin de l'année 1710. Arbres fruitiers, céréales, vignes, légumes, volées et troupeaux, tout fut perdu et les récoltes de l'été suivant ne purent même pas être plantées. Face à cette situation, le prix des céréales atteignit des sommets en 1709, jusqu'à six fois le cours habituel.

 

En France, Louis XIV organisa des distributions de pain et obligea l'aristocratie à suivre son exemple. Il fut également tenté de répertorier l'ensemble des stocks de céréales afin d'empêcher la création de réserves en envoyant des inspecteurs veiller au bon respect des lois. Malgré son bon vouloir, de telles mesures étaient bien dérisoires face à l'atroce misère qui s'installait. S'en sont suivis des épisodes de violence dans lesquels les paysans réduits à la soupe de fougère formaient des bandes pour piller les boulangeries ou dévaliser les convois de céréales.

 

« Le Grand Hiver » et son macabre sillage eurent des conséquences tragiques pour des centaines de milliers de personnes. En France, la population connut un net déclin au cours des années 1709 et 1710 : 600 000 morts supplémentaires et un recul de 200 000 naissances par rapport à la moyenne annuelle de l'époque. Il n'en fallait pas plus pour achever une économie déjà chancelante.

 

UN DÉBAT ANIMÉ

 

Encore aujourd'hui, cette période détient le record de l'hiver européen le plus froid des 500 dernières années et occupe toujours l'esprit des climatologues. Diverses théories ont vu le jour pour tenter de l'expliquer.

 

Dans les années antérieures à la vague de froid, plusieurs volcans sont entrés en éruption autour de l'Europe, notamment le Teide sur les îles Canaries, le volcan de Santorin en Méditerranée et le Vésuve près de Naples. D'énormes volumes de poussière et de cendre ont envahi l'atmosphère et entravé le passage des rayons du Soleil.

 

L'année 1709 tombe également dans la période appelée minimum de Maunder (1645 - 1715) par les climatologues, époque à laquelle les émissions d'énergie solaire ont connu un affaiblissement considérable. Quant à savoir si la catastrophe hivernale subie par l'Europe en 1709 est bel et bien le fruit de ces différents facteurs, le débat a encore de beaux jours devant lui. (selon National Geografic)

 

 

30 novembre 2024

Italie : grève nationale pour dénoncer le budget de 2025

Fermetures d’écoles, services de santé ralentis, transports en communs perturbés, annulations de vols... Ce vendredi, la grève générale en Italie a secoué le pays.

 

 

Dans plusieurs villes comme Rome, Naples, Milan ou encore Palerme, des milliers de personnes ont manifesté en faveur du pouvoir d’achat et contre le budget “de rigueur” du gouvernement pour 2025.

 

Les principaux syndicats du pays, la CGIL et l’UIL, ont appelé à un mouvement social pour dénoncer le projet de budget 2025 du gouvernement de Giorgia Meloni.

 

Ils s’opposent aux baisses de dépenses dans les services publics et la sécurité sociale, et réclament une revalorisation des salaires et des retraites.
 

Tout comme la France, l’Italie est sous pression de l’UE pour réduire sa dette publique excessive, 3 000 milliards pour Rome, 3 228,4 milliards d’euros pour Paris, d’après la dernière publication de l’INSEE du 27 septembre 2024 (soit 112 % du PIB).

 

Le gouvernement de Giorgia Meloni s’est engagé à ramener le déficit public à 2,8 % du PIB en 2026, ce qui est en dessous du plafond de 3 % fixé par le pacte de stabilité européen.

29 novembre 2024

Déclaré mort par erreur, il se bat pour retrouver ses droits

C’est un parcours du combattant dont cet habitant de Wickerschwihr, dans la région colmarienne, se serait bien passé. Déclaré décédé par la Sécurité sociale en même temps que son épouse, il a toutes les peines du monde à faire reconnaître à nouveau son existence.

 

Cette histoire pourrait faire sourire si elle ne trouvait pas son origine dans un événement tragique. Le 12 septembre dernier, Maurice Schaffhauser, 67 ans, a la douleur de perdre son épouse Yvette. Comme souvent en pareil cas, il est assisté par l’entreprise de pompes funèbres pour effectuer les premières démarches. Tout se passe normalement jusqu’à cet appel étrange, voire surréaliste, deux semaines plus tard : « C’était la caisse de retraite de ma femme, raconte-t-il. La dame au téléphone m’annonce que je suis “présumé décédé”. Comme je n’y comprenais rien, j’ai passé le téléphone à mon fils. Là, elle lui demande si je suis bien vivant… »

 

Un « certificat de vie » en mairie

 

La caisse de retraite l’oriente vers la CPAM… qui rejette la faute sur l’hôpital. « On me dit que l’acte de décès avait été mal rédigé et qu’il était à mon nom. C’est faux, il était correct. » En même temps, le retraité s’aperçoit à la pharmacie que sa carte vitale ne fonctionne plus. « Avec mon fils nous décidons de nous déplacer à la CPAM, pensant que cette grossière erreur serait vite rectifiée. » Ce ne sera pas le cas. « Lorsque nous expliquons la situation au guichet, on nous appelle le chef de service. Celui-ci nous assure que le problème sera réglé en urgence. Deux mois après, je n’ai toujours pas ma carte vitale… »

 

Pour prouver son existence, Maurice Schaffhauser doit faire établir un “certificat de vie” en mairie. « Heureusement, le maire de Wickerschwihr m’a aidé, je n’ai eu besoin que de ma carte d’identité pour avoir ce certificat. Ensuite, j’ai dû refaire toutes les démarches déjà entreprises après le décès de mon épouse… mais dans l’autre sens, pour prouver que j’étais vivant ! J’ai envoyé le certificat à tous les organismes et à ma banque, pour éviter un effet boule de neige. »

 

Le retraité ne compte plus les heures passées au téléphone à essayer d’avoir un interlocuteur à la Sécurité sociale. « Ces tracasseries administratives en plus du décès m’ont détruit moralement. Je suis suivi psychologiquement et sous antidépresseurs. L’administration française est quand même formidable… »


« Ah c’est vous, le présumé décédé ? »

 

Lors d’une nouvelle visite à la CPAM, il est accueilli par un « Ah, c’est vous le présumé décédé ? » Et l’expression apparaît également sur un courrier qui lui est adressé : « Ma psy m’a dit que c’était inhumain. »

 

Entre-temps, Maurice Schaffhauser reçoit des décomptes de dépassements d’honoraires. « Ils me déclarent décédé mais pour payer les factures je suis bien vivant…, ironise-t-il. Pendant cette période j’ai fait l’avance de tous les frais. »


Des excuses de la CPAM

 

Fin octobre, le retraité reçoit enfin les papiers à renvoyer pour obtenir une nouvelle carte vitale. Il dispose désormais d’une attestation, mais pas encore de la carte plastifiée. « Je surveille ma boîte aux lettres tous les jours, se désole-t-il. Et je ne suis toujours pas remboursé des frais engagés en septembre octobre. » Sur l’origine de l’erreur, il n’en sait pas plus : « Mon épouse et moi nous avions des adresses mails similaires, avec le prénom Yvette. Ont-ils effacé les deux adresses d’un coup, et par conséquent nos deux dossiers ? » Mystère.

 

Du côté de la CPAM, on verrait plutôt un bug informatique : « Il ne s’agit sans doute pas d’une erreur humaine, nous explique-t-on. Nos outils lisent automatiquement les déclarations et préremplissent les documents. Il y a sans doute eu un grain de sable dans la machine. Les droits de M. Schaffhauser ont été rétablis en onze jours ouvrés après que le litige a été signalé à notre direction nationale, est-il encore précisé. Il a fallu que les organismes tiers fassent des vérifications. »

 

La direction haut-rhinoise s’apprête à présenter ses excuses officielles : « Nous sommes sincèrement désolés, nous allons faire un courrier à ce monsieur ». La carte vitale, elle, devrait arriver pour Noël.(selon les DNA)

27 novembre 2024

Avant l’arrivée de Trump, l’Italie inonde les États-Unis de parmesan

Inquiets des nouveaux tarifs douaniers promis par Donald Trump, les producteurs italiens de fromages, d’huile d’olive ou encore de vins se hâtent d’envoyer leurs produits de l’autre côté de l’Atlantique. Le journal britannique “Financial Times” raconte cette course contre la montre qui agite la Botte avant la prise de fonction du nouveau président américain.

Vous reprendrez bien un peu de fromage ? Depuis plusieurs semaines, c’est une course contre la montre qui s’est engagée en Italie. Producteurs d’huile d’olive, de vin et surtout de parmesan s’affairent pour envoyer un maximum de marchandises de l’autre côté de l’Atlantique avant la prise de fonction de Donald Trump, prévue le 20 janvier 2025. Ils craignent ce que le président élu le 5 novembre n’a cessé de défendre au cours de sa campagne : des droits de douane allant de 10 à 20 % sur tous les produits étrangers importés aux États-Unis.

Une menace qui a pris encore un peu plus d’épaisseur lundi 25 novembre. Donald Trump a expliqué que, dès son premier jour à la tête du pays, des taxes douanières atteignant les 25 % seraient appliquées aux produits entrant aux États-Unis en provenance du Mexique et du Canada. Pour la Chine, il a annoncé une augmentation des taxes douanières de 10 %, venant s’ajouter à celles déjà existantes.

 

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