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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER
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30 novembre 2024

Italie : grève nationale pour dénoncer le budget de 2025

Fermetures d’écoles, services de santé ralentis, transports en communs perturbés, annulations de vols... Ce vendredi, la grève générale en Italie a secoué le pays.

 

 

Dans plusieurs villes comme Rome, Naples, Milan ou encore Palerme, des milliers de personnes ont manifesté en faveur du pouvoir d’achat et contre le budget “de rigueur” du gouvernement pour 2025.

 

Les principaux syndicats du pays, la CGIL et l’UIL, ont appelé à un mouvement social pour dénoncer le projet de budget 2025 du gouvernement de Giorgia Meloni.

 

Ils s’opposent aux baisses de dépenses dans les services publics et la sécurité sociale, et réclament une revalorisation des salaires et des retraites.
 

Tout comme la France, l’Italie est sous pression de l’UE pour réduire sa dette publique excessive, 3 000 milliards pour Rome, 3 228,4 milliards d’euros pour Paris, d’après la dernière publication de l’INSEE du 27 septembre 2024 (soit 112 % du PIB).

 

Le gouvernement de Giorgia Meloni s’est engagé à ramener le déficit public à 2,8 % du PIB en 2026, ce qui est en dessous du plafond de 3 % fixé par le pacte de stabilité européen.

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29 novembre 2024

Déclaré mort par erreur, il se bat pour retrouver ses droits

C’est un parcours du combattant dont cet habitant de Wickerschwihr, dans la région colmarienne, se serait bien passé. Déclaré décédé par la Sécurité sociale en même temps que son épouse, il a toutes les peines du monde à faire reconnaître à nouveau son existence.

 

Cette histoire pourrait faire sourire si elle ne trouvait pas son origine dans un événement tragique. Le 12 septembre dernier, Maurice Schaffhauser, 67 ans, a la douleur de perdre son épouse Yvette. Comme souvent en pareil cas, il est assisté par l’entreprise de pompes funèbres pour effectuer les premières démarches. Tout se passe normalement jusqu’à cet appel étrange, voire surréaliste, deux semaines plus tard : « C’était la caisse de retraite de ma femme, raconte-t-il. La dame au téléphone m’annonce que je suis “présumé décédé”. Comme je n’y comprenais rien, j’ai passé le téléphone à mon fils. Là, elle lui demande si je suis bien vivant… »

 

Un « certificat de vie » en mairie

 

La caisse de retraite l’oriente vers la CPAM… qui rejette la faute sur l’hôpital. « On me dit que l’acte de décès avait été mal rédigé et qu’il était à mon nom. C’est faux, il était correct. » En même temps, le retraité s’aperçoit à la pharmacie que sa carte vitale ne fonctionne plus. « Avec mon fils nous décidons de nous déplacer à la CPAM, pensant que cette grossière erreur serait vite rectifiée. » Ce ne sera pas le cas. « Lorsque nous expliquons la situation au guichet, on nous appelle le chef de service. Celui-ci nous assure que le problème sera réglé en urgence. Deux mois après, je n’ai toujours pas ma carte vitale… »

 

Pour prouver son existence, Maurice Schaffhauser doit faire établir un “certificat de vie” en mairie. « Heureusement, le maire de Wickerschwihr m’a aidé, je n’ai eu besoin que de ma carte d’identité pour avoir ce certificat. Ensuite, j’ai dû refaire toutes les démarches déjà entreprises après le décès de mon épouse… mais dans l’autre sens, pour prouver que j’étais vivant ! J’ai envoyé le certificat à tous les organismes et à ma banque, pour éviter un effet boule de neige. »

 

Le retraité ne compte plus les heures passées au téléphone à essayer d’avoir un interlocuteur à la Sécurité sociale. « Ces tracasseries administratives en plus du décès m’ont détruit moralement. Je suis suivi psychologiquement et sous antidépresseurs. L’administration française est quand même formidable… »


« Ah c’est vous, le présumé décédé ? »

 

Lors d’une nouvelle visite à la CPAM, il est accueilli par un « Ah, c’est vous le présumé décédé ? » Et l’expression apparaît également sur un courrier qui lui est adressé : « Ma psy m’a dit que c’était inhumain. »

 

Entre-temps, Maurice Schaffhauser reçoit des décomptes de dépassements d’honoraires. « Ils me déclarent décédé mais pour payer les factures je suis bien vivant…, ironise-t-il. Pendant cette période j’ai fait l’avance de tous les frais. »


Des excuses de la CPAM

 

Fin octobre, le retraité reçoit enfin les papiers à renvoyer pour obtenir une nouvelle carte vitale. Il dispose désormais d’une attestation, mais pas encore de la carte plastifiée. « Je surveille ma boîte aux lettres tous les jours, se désole-t-il. Et je ne suis toujours pas remboursé des frais engagés en septembre octobre. » Sur l’origine de l’erreur, il n’en sait pas plus : « Mon épouse et moi nous avions des adresses mails similaires, avec le prénom Yvette. Ont-ils effacé les deux adresses d’un coup, et par conséquent nos deux dossiers ? » Mystère.

 

Du côté de la CPAM, on verrait plutôt un bug informatique : « Il ne s’agit sans doute pas d’une erreur humaine, nous explique-t-on. Nos outils lisent automatiquement les déclarations et préremplissent les documents. Il y a sans doute eu un grain de sable dans la machine. Les droits de M. Schaffhauser ont été rétablis en onze jours ouvrés après que le litige a été signalé à notre direction nationale, est-il encore précisé. Il a fallu que les organismes tiers fassent des vérifications. »

 

La direction haut-rhinoise s’apprête à présenter ses excuses officielles : « Nous sommes sincèrement désolés, nous allons faire un courrier à ce monsieur ». La carte vitale, elle, devrait arriver pour Noël.(selon les DNA)

27 novembre 2024

Avant l’arrivée de Trump, l’Italie inonde les États-Unis de parmesan

Inquiets des nouveaux tarifs douaniers promis par Donald Trump, les producteurs italiens de fromages, d’huile d’olive ou encore de vins se hâtent d’envoyer leurs produits de l’autre côté de l’Atlantique. Le journal britannique “Financial Times” raconte cette course contre la montre qui agite la Botte avant la prise de fonction du nouveau président américain.

Vous reprendrez bien un peu de fromage ? Depuis plusieurs semaines, c’est une course contre la montre qui s’est engagée en Italie. Producteurs d’huile d’olive, de vin et surtout de parmesan s’affairent pour envoyer un maximum de marchandises de l’autre côté de l’Atlantique avant la prise de fonction de Donald Trump, prévue le 20 janvier 2025. Ils craignent ce que le président élu le 5 novembre n’a cessé de défendre au cours de sa campagne : des droits de douane allant de 10 à 20 % sur tous les produits étrangers importés aux États-Unis.

Une menace qui a pris encore un peu plus d’épaisseur lundi 25 novembre. Donald Trump a expliqué que, dès son premier jour à la tête du pays, des taxes douanières atteignant les 25 % seraient appliquées aux produits entrant aux États-Unis en provenance du Mexique et du Canada. Pour la Chine, il a annoncé une augmentation des taxes douanières de 10 %, venant s’ajouter à celles déjà existantes.

 

25 novembre 2024

Quand une usine ferme ...

Le Val de Villé a l'habitude des usines qui ferment, certaines (comme les FTV Villé) restant à l'état de friches depuis plus d'un quart de siècle. Ce n'est pas un signe de développement de la vallée, bien au contraire.

 

Egelhof ferme une entreprise alors qu'elle a bénéficié d'aides de l'Etat français, et s'installe en Chine, en Inde, en Pologne. Quel dédain envers ses salariés et les habitants du secteur !

 

 

24 novembre 2024

Allemagne : vers une récession de 0,2% en 2024

En attente des futures élections législatives du 23 janvier 2025, le gouvernement allemand a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour 2024. Il table désormais sur une récession de 0,2%. Avant une possible reprise en 2025.

 

Une deuxième année dans le rouge

 

Le ministre fédéral de l’Économie, Robert Habeck, a présenté cette semaine à Berlin les prévisions de croissance du gouvernement allemand. Et contrairement à ses anticipations positives faites en avril dernier, la reprise n’a pas eu lieu et l’économie d’outre-Rhin reste encalminée. L’Allemagne espère renouer avec la croissance à partir de 2025. Mais pour 2024, il prévoit une nouvelle récession de 0,2% du PIB, après celle de 0,3% enregistrée en 2023.

 

En début d’année, les prévisions tablaient plutôt sur une reprise timide en 2024, avec une croissance de l’ordre de 0,3% de PIB. Mais l’investissement, la consommation, la production et, plus globalement, le climat des affaires, n’ont pas permis le retournement espéré. Les causes de ce ralentissement sont en partie structurelles, selon le gouvernement. Les problèmes démographiques et la dégradation de la compétitivité de l’Allemagne se sont ajoutés à certains facteurs conjoncturels comme la morosité des consommateurs, le manque de dynamisme de la demande étrangère et le niveau élevé des taux d’intérêt, frein à l’investissement

 

Un rebond attendu pour 2025

 

Certains signaux positifs permettent toutefois d’espérer une reprise cet hiver et l’année prochaine. D’abord une possible reprise de la consommation, poussée par les fortes hausses de salaires décidées ces derniers mois et par la stabilisation de l’inflation. Elle devrait atteindre 2,2% sur l’ensemble de l’année 2024. Ensuite, une meilleure conjoncture économique internationale, ce qui devrait permettre de redynamiser l’investissement et les exportations.

 

Le gouvernement allemand a par ailleurs adopté une vaste initiative pour la croissance forte de 130 mesures : incitations à l’investissement, baisse de la taxe sur l’électricité pour les entreprises, incitations à l’emploi des seniors, assouplissements pour le recrutement de main-d’œuvre étrangère, allègements fiscaux pour les particuliers, etc. Il prévoit aussi d’investir 100 milliards d’euros pour renforcer sa compétitivité industrielle. Objectif, renouer avec une croissance de 1,1% de PIB en 2025 et de 1,6% en 2026. Ces projections devront évidemment être actualisées en février prochain, après les résultats des prochaines élections législatives.

 
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22 novembre 2024

Biden et Trump veulent démanteler Google…

Le gouvernement américain demande à un juge d’ordonner la vente de Chrome, le navigateur de Google estimé à plusieurs milliards de dollars. Vers la fin d’un monopole pour le géant du Web ?

 

 

Un cadeau d’adieu. Alors que l’administration Biden quittera la Maison-Blanche début janvier, le département de la Justice tire une dernière cartouche contre un monopole de la tech. En l’occurrence, Google : le gouvernement vient de demander à un juge d’ordonner la vente du navigateur Chrome, pour une somme qui pourrait atteindre 20 milliards de dollars. Sous le coup d’une procédure ouverte en 2020, sous l’administration Trump, Google est accusé de pratiques anticoncurrentielles en raison de son monopole écrasant sur la recherche en ligne et de l’installation par défaut de son moteur sur certains smartphones, en échange de juteux contrats négociés avec Apple ou Samsung.

 

Ce démantèlement a-t-il une chance d’aller à son terme ? Difficile à dire, la firme de Mountain View pratiquant un art consommé des manœuvres dilatoires et ayant d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel, si besoin, de la décision à venir. Surtout, il faudra surveiller la position de la future administration Trump concernant la régulation des géants du numérique. Son candidat très controversé à la Justice, Matt Gaetz, a bien appelé à « démanteler les Big Tech », mais ses motivations sont moins liées à l’économie qu’à la bataille culturelle dans laquelle il est engagé.

 

Pour les néoréactionnaires à la droite du président élu, les grandes plateformes sont en effet avant tout des ennemis idéologiques à abattre. C’est aussi la position de Brendan Carr, le nouveau patron de la Federal Communications Commission (FCC), l’autorité de régulation des télécoms. Contributeur du Projet 2025, cette feuille de route pour une révolution conservatrice rédigée par l’influente Heritage Foundation, il a d’ores et déjà annoncé vouloir « démanteler le cartel de la censure, imposé par Facebook, Google, Apple et Microsoft ». (selon "Télérama")

20 novembre 2024

La NASA pourrait avoir tué des formes de vie sur Mars par inadvertance

Un astrobiologiste suggère que les expériences menées dans les années 1970 sur la planète rouge ont eu des effets destructeurs.

 

 

Jusqu'à présent, aucune exploration de la planète Mars n'a réussi à prouver formellement qu'elle abrite une forme de vie. Cependant, dans les années 1970, le programme américain Viking de la NASA –le premier à avoir fait atterrir des sondes sur Mars– était proche du but, mais les méthodes utilisées pourraient bien avoir été contre-productives.

 

C'est en tout cas ce qu'avance l'astrobiologiste Dirk Schulze-Makuch, de l'Université technique de Berlin en Allemagne, selon le média ScienceAlert. Dans une chronique publiée sur Big Think en juin 2023 et dans un texte paru dans Nature Astronomy en septembre 2024, il émet l'hypothèse que les recherches de vie microbienne sur Mars à l'époque étaient destructrices –s'il s'avère que Mars abrite bien la vie.

 

Lors de leur atterrissage sur la planète rouge en 1976, les deux sondes Viking avaient une liste d'objectifs. L'un d'eux consistait à réaliser une série d'expériences destinées à tester le sol martien à la recherche de biosignatures, c'est-à-dire de traces de molécules indiquant la présence d'une forme de vie. L'une de ces expériences utilisait un appareil de chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS), qui a permis de détecter des composés organiques chlorés.

 

À l'époque, ce résultat avait été interprété comme une contamination par des produits de nettoyage humains. Cependant, nous savons maintenant que les composés organiques chlorés sont originaires de Mars, même si l'on ignore encore s'ils sont produits par des processus biologiques ou non biologiques. L'appareil de GC-MS devait chauffer les échantillons pour séparer les différents matériaux qu'ils contenaient. Une analyse ultérieure a révélé que cela aurait pu brûler les substances organiques que les chercheurs espéraient trouver.

 

Des expériences inadaptées

Dirk Schulze-Makuch suggère également que d'autres expériences auraient pu détruire des preuves, à savoir «l'expérience de libération marquée» et «l'expérience de libération pyrolytique». Ces dernières impliquaient d'infuser des échantillons martiens avec de l'eau, puis de tester les résultats pour trouver des preuves de métabolisme pour la première et de photosynthèse pour la seconde.

 

Rétrospectivement, les expériences de lâcher d'eau étaient probablement mal conçues. Notamment parce qu'à l'époque, nous pensions que la vie sur Mars pouvait être comme la vie sur Terre et donc prospérer en présence d'eau. Nous avons découvert plus tard qu'elle pouvait se développer dans des conditions très sèches.

 

«Demandons-nous maintenant ce qui se passerait si on versait de l'eau sur ces microbes adaptés à la sécheresse, interroge Schulze-Makuch dans sa chronique. Cela pourrait-il les submerger? En termes techniques, nous dirions que nous les hyperhydratons, mais en termes simples, cela reviendrait plutôt à les noyer.» Et d'appeler à y retourner: «Près de cinquante ans après les expériences biologiques Viking, il est temps de lancer une autre mission de détection de vie, maintenant que nous avons une bien meilleure compréhension de l'environnement martien.» (selon "Slate")

 

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19 novembre 2024

30ème anniversaire du génocide des Tutsis !

 

Aucune journée ne passe en ce moment sans qu'on célèbre la libération  de  notre pays ! On en oublie le massacre  des Tutsis dont la France serait reconnue comme l'un des responsables (même le président Macron l'a reconnu), et dont c'est le 30ème anniversaire cette année.

 

 

Témoignage : « J’ai survécu au génocide des Tutsis »

 

Il y a 30 ans, au Rwanda, le massacre perpétré par les Hutus a fait 800 000 morts.Des chercheurs français ont pointé, dans un rapport publié ce vendredi 26 mars, les "responsabilités lourdes et accablantes" de la France, qui s'est massivement impliquée au Rwanda à partir des années 90, et "alignée" sur le régime hutu du pays, dans le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. Jeanne Uwimbabazi a alors 16 ans. Elle perd ses parents, deux sœurs et sa nièce.

 

« J’ai pris conscience du danger d’être tutsi au Rwanda dès 1990. J’avais 12 ans. Cette année-là, après avoir subi une attaque du Front patriotique rwandais (le FPR, créé par des exilés tutsis) depuis l’Ouganda, le régime du président Juvénal Habyarimana s’est durci. Au même moment est né Kangura, une revue extrémiste qui n’hésitait plus à désigner les Tutsis comme des traîtres à abattre. Je me souviens qu’il y avait des dessins de machettes. Nous nous savions détestés depuis longtemps mais, cette fois, les Hutus extrémistes ne s’en cachaient plus. Nous avons donc commencé à raser les murs. Avec la création de la Coalition pour la défense de la République et de la démocratie (CDR) [ à l’idéologie ouvertement raciste, ndlr] en 1992, les choses ont empiré. « Les serpents, vous allez retourner dans votre trou », m’a lancé un jour un garçon de mon lycée. Nous sentions que quelque chose se préparait, et en même temps nous ne voulions pas y croire. Nous nous disions que si nous ne nous faisions pas remarquer, on nous laisserait tranquilles. Le contexte est resté ainsi, extrêmement tendu, jusqu’au soir du 6 avril 1994.

 

Les Interahamwe, milices d’extrémistes hutus

 

Nous étions en vacances et nous nous apprêtions à célébrer le baptême de ma nièce, Ornella, âgée de 11 mois. Vers 22 h 30, notre garde est venu nous avertir qu’on venait de tirer sur l’avion du président et que des Interahamwe (milices d’extrémistes hutus) commençaient à tuer des gens. Le lendemain, ma mère, mes sœurs et moi sommes allées nous réfugier chez notre tante qui habitait la maison voisine. Son mari et mon père sont restés devant chez nous, pour monter la garde. Des Interahamwe, qui passaient sur la route à pied avec des fusils, des grenades et des machettes, leur ont dit « après, c’est votre tour ». Nous sommes retournées à la maison un peu plus tard. Après le déjeuner, des militaires accompagnés d’Interahamwe sont arrivés. Ils ont ordonné à mon père d’ouvrir le portail et ils lui ont tiré une balle dans la tête. Je me suis enfuie avec ma mère, mes sœurs, ma tante et mes cousins. En courant, nous nous sommes perdus de vue. Je ne savais plus où aller. J’ai demandé à des gens qui étaient devant leur maison de me cacher. Ils ont refusé. Finalement, une femme a accepté de me laisser entrer chez elle, en souvenir d’un service que ma mère lui avait rendu.

 

Des militaires sont venus la voir. « On sait que tu caches la fille de Bucyana », lui ont-ils dit. Ce à quoi elle a répondu : « Non, je ne pourrais pas cacher la fille de l’ennemi. » Ils sont partis, mais je ne pouvais pas rester là. La femme m’a donné des pagnes pour me couvrir puis je suis allée me réfugier dans le jardin d’une autre maison. Je pensais alors que toute ma famille avait été tuée. Je n’avais plus aucun repère, je vivais minute par minute. J’ai finalement décidé de me rendre à l’Ecole technique officielle (ETO) où je savais qu’il y avait des Casques bleus de l’ONU. Sur place, j’ai retrouvé des voisins, des amis de mon père. Les classes étaient remplies de blessés. Dans la cour, les personnes qui n’avaient pas pu rentrer faute de place s’amassaient. J’y ai aperçu plus tard ma mère, une de mes sœurs et mes cousins mais je ne pouvais pas aller les voir. On nous criait dessus, c’était le chaos. Le 11 avril, les militaires de l’ONU ont commencé à charger leurs camions. Ils avaient reçu l’ordre d’évacuer les Européens qui avaient trouvé refuge à l’ETO puis de partir. Ils allaient nous laisser là, sans protection ! Des réfugiés ont essayé de s’interposer, ils criaient. Les militaires ont tiré en l’air pour les faire reculer. Quand ils sont partis, nous savions tous que c’était fini.

 

Les Tutsis sont massacrés par les militaires des Forces armées rwandaises

 

Peu après leur départ, des militaires des Forces armées rwandaises ont encerclé l’école. Ils nous ont fait marcher puis nous ont rassemblés au centre d’un grand terrain, qui formait un creux. Eux sont restés sur le talus, en hauteur. Après s’être assurés qu’il n’y avait plus de Hutus dans le groupe, ils ont commencé à lancer des grenades et à tirer des coups de fusil sur la foule. Ils ont ensuite dit aux Interahamwe qu’ils pouvaient finir le travail à la machette. Je n’avais aucune blessure, mais j’étais couverte de sang. Quand ils m’ont soulevée, j’ai fait la morte. Ils m’ont laissée. La nuit tombait, ils ont décidé de revenir le lendemain. Partout, des gens gémissaient, demandaient de l’aide, à boire. J’ai retrouvé des camarades de mon quartier et d’autres que je ne connaissais pas et nous avons marché dans la nuit. Au lever du jour, nous nous sommes cachés dans un champ de bananiers. Des femmes qui passaient par là avec leurs enfants nous ont aperçus. On a fait semblant d’être morts.

 

Mais quelques minutes plus tard, elles sont revenues avec des hommes. Ils nous ont donné des coups de machette. J’en ai reçu derrière la tête puis ils m’ont sectionné les deux tendons d’Achille. Un petit garçon de 4 ans de notre groupe les a suppliés de l’épargner. Ils l’ont tué. Nous n’avons émis aucun son, comme si notre mort était une issue logique. La nuit est tombée, nos bourreaux sont partis en disant qu’ils reviendraient le lendemain pour nous enterrer.

 

 

Sauvée par un militaire du Front patriotique rwandais (FPR)

 

 

Avec les survivants, j’ai essayé de me déplacer, en rampant. Au matin, nous avons entendu des bruits de pas puis des gens qui creusaient des trous. J’ai senti quelqu’un qui touchait ma joue, j’étais terrifiée. Lorsqu’il m’a ouvert un œil, j’ai vu que c’était un militaire du FPR ! Ils se sont occupés de moi, m’ont mise en sécurité, donné des vêtements propres, aidée à manger et prodigué les premiers soins. Dans un hôtel de Kigali transformé en camp de fortune, j’ai retrouvé mes cousins. Plus tard, lorsque nous avons été transférés au quartier général du FPR, j’ai retroAuvé une de mes sœurs, puis mon frère qui était au Burundi. »

 

 

6 avril – 19 juillet 1994 : les cent jours d’un massacre planifié

 

 

Le 6 avril 1994, l’avion du président hutu Juvénal Habyarimana est abattu par des tirs de missile. Les extrémistes hutus s’en servent comme prétexte pour mettre en application leur projet génocidaire planifié de longue date. Ils exhortent les Hutus à se venger en exterminant les Tutsis. Dès le lendemain, la folie meurtrière s’empare de la capitale, Kigali, puis de l’ensemble du pays. En cent jours, plus de 800000 hommes, femmes et enfants tutsis, mais aussi hutus modérés, vont être méthodiquement massacrés à la machette par les militaires des Forces armées rwandaises et une partie de la population civile hutu. C’est l’avancée des troupes du Front patriotique rwandais (FPR) qui mettra fin au génocide en juillet 1994. (selon "ça m'intéresse")

 

 

18 novembre 2024

Bientôt une ministre en prison ?

- extrait des DNA de ce jour.

15 novembre 2024

Centres du Climont et du Kreuzweg : six mises en examen pour des violences volontaire

 

La procédure judiciaire concernant des violences commises à l’encontre de jeunes placés dans les centres éducatifs renforcés du Climont et du Kreuzweg se termine. Avec à la clé, six mises en examen, uniquement des éducateurs ou personnel assimilé.

 

 

L’information judiciaire ouverte en 2020 suite à des dénonciations de maltraitances sur des jeunes placés dans les centres éducatifs renforcés du Kreuzweg à Breitenbach et du Climont à Urbeis est en passe d’être close. Avec, au final, six mises en examen, uniquement des éducateurs ou faisant fonction, uniquement des hommes, poursuivis pour des violences volontaires. Début 2023, la procureure de Colmar de l’époque en annonçait déjà quatre pour « violences dans un établissement d’enseignement ou d’éducation par une personne chargée de mission de service public », deux circonstances aggravantes.

 

L’Arsea et la PJJ blanchies

 

La Justice aurait donc écarté toute responsabilité de l’Arsea, l’institution qui gère ces deux lieux, et de la PJJ, Protection judiciaire de la jeunesse, malgré leur mise en cause par les “lanceurs d’alerte” qui assuraient les avoir informés des problèmes, mais ne pas avoir été « entendus ». Sauf changement de dernière minute, elle donnerait raison au directeur général de l’Arsea, René Bandol, qui affirmait dans nos colonnes , le 30 octobre 2022 : « Il n’y a pas de violence institutionnelle, mais des dérapages individuels. Je n’étais au courant de rien avant les articles de presse. »

 

Car c’est dans la presse qu’éclate l’affaire ( L’Obs , L’Alsace et les DNA du 12 mars 2020 ) avec reproduction de photos, messages WhatsApp, vidéos attestant du climat de violence qui régnait dans les deux CER. Ce sont des séances de judo où les éducateurs règlent leurs comptes avec des jeunes ; des propos racistes ; des rituels humiliant s ; des coups dont se vantent les adultes. L’Alsace /les DNA avaient obtenu le témoignage de plusieurs adolescents placés dans ces centres. Les parents de trois jeunes avaient fini par porter plainte pour des faits de 2016-2017 et 2019.

 

Cette longue instruction, entravée par la période du covid et les mutations de magistrats en charge du dossier, devrait donc se conclure par un procès en chambre correctionnelle. (selon les DNA)

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