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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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23 août 2024

Inde : la condition des femmes

Le viol suivi du meurtre d'une interne en médecine, survenu le 9 août dans un hôpital public à Calcutta, a suscité une vague d'indignation partout dans le pays. Un sombre événement qui jette une lumière crue sur la fréquence des agressions sexuelles en Inde.

 

 

L'affaire aurait pu n'être qu'un tragique fait divers, mais elle a déclenché un véritable séisme dans la société indienne. Près de deux semaines après le viol et le meurtre d'une interne en médecine de 31 ans dans un hôpital de Calcutta, la Cour suprême, qui s'est elle-même saisie du dossier, a dénoncé ce mardi un crime « horrible » et « épouvantable », soulevant l'épineuse question de la fréquence des agressions sexuelles en Inde.

 

« Alors que de plus en plus de femmes rejoignent le marché du travail, la nation ne peut pas attendre un autre viol pour que les choses changent sur le terrain », a déclaré le président de la Cour, D. Y. Chandrachud. Si la police a arrêté un suspect qui travaillait dans le même hôpital que la victime, la famille de cette dernière soupçonne un viol collectif, pratique qui n'a rien de rare dans la société indienne.

 

Culture du viol

 

En 2018, la Fondation Thomson Reuters attribuait à l'Inde le titre peu enviable de « pays le plus dangereux pour les femmes ». La situation ne s'est guère améliorée, dans un Etat où le taux de criminalité envers celles-ci a augmenté de 50 % au cours de la dernière décennie. En 2022, on comptait près de 90 signalements de viols par jour.

 

Un nombre relativement faible si on le rapporte à la taille de la population indienne (1,4 milliard d'habitants) et si on le compare aux 250 viols commis chaque jour en France. Mais il reste très éloigné de la réalité, dans la mesure où la pression sociale incite la plupart des victimes à ne pas porter plainte. En 2016, 79 % des Indiennes déclaraient avoir subi au moins une agression sexuelle.

 

En cause, « les attitudes et préjugés patriarcaux bien ancrés » dans la société indienne, qui exposent en particulier les femmes « aux violences sexuelles et non sexuelles », selon la Cour suprême. « Les proches des patients sont plus susceptibles de s'en prendre au personnel médical féminin », poursuit-elle. L'usage de la violence est banalisé jusqu'au sein du foyer, puisque 65 % des Indiens estiment normal de battre leur femme « dans certains cas », en particulier si elle sort sans permission (39 %), qu'elle néglige les tâches ménagères (35 %) ou qu'elle ne fait pas bien la cuisine (29 %).

 

« Trop c'est trop »

 

L'affaire de Calcutta, tel un électrochoc, a déclenché une vague de manifestations à l'initiative des médecins et des professionnels de santé, bientôt rejoints par des dizaines de milliers d'Indiens. Partie de Calcutta, la contestation s'est rapidement propagée à l'ensemble du pays. « Trop c'est trop », pouvait-on lire sur les pancartes brandies par des médecins à l'occasion d'un rassemblement qui avait lieu samedi à New Delhi.

La vague d'indignation dépasse la condition des médecins. « Si les femmes ne peuvent pas aller travailler et que les conditions ne sont pas sûres, nous leur refusons l'égalité », a reconnu DY Chandrachud, représentant de la plus haute juridiction du pays.

 

Laxisme des autorités

 

En 2012, le viol et le meurtre d'une étudiante en médecine dans un autobus à New Delhi avaient déjà suscité une vive émotion dans le pays, incitant le gouvernement à faire voter, un an plus tard, une loi criminalisant le viol et musclant les sanctions pénales contre les agresseurs.

Néanmoins, le texte peine à être appliqué, en particulier au premier échelon, celui des policiers. En mai 2022, dans l'Etat d'Uttar Pradesh (au nord), une jeune fille de 13 ans, issue de la caste la plus inférieure, était venue porter plainte au commissariat pour avoir été contrainte pendant plusieurs jours à des viols collectifs par quatre hommes. Le policier chargé de la déposition lui avait alors fait subir une nouvelle agression sexuelle. (selon "Les échos")

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22 août 2024

Le chasseur : un rôle de sentinelle de la nature

La chasse est une activité qui se perpétue depuis la nuit des temps. Impliqués dans le rôle de régulation des populations de grand gibier, les chasseurs remplissent aussi le rôle de protecteurs de la nature. Claude Nussli, à la tête d'une société de chasse connaît tous les rouages de cette activité si souvent décriée.

 

 

Accompagné d'un jeune étudiant en géographie et aménagement du territoire, (initié à l’activité par son père et son grand-père qui a rejoint l’association il y a 4 ans), Claude Nussli parle de sa passion mais aussi de sa mission, essentielle, de sentinelle de la nature. « C’est essentiel de communiquer, insiste le président de la Société de chasse basée à Marlenheim. Nous devons démocratiser la chasse, la faire connaître car il y a une méconnaissance du grand public par rapport à la chasse. »

 

« Depuis toujours, notre but est d’associer des gens qui connaissent le secteur et qui sont sur place. On compte dans nos rangs des ouvriers, un jeune étudiant, c’est très important de faire un mélange de la société. La chasse n’est pas un problème d’argent, mais plus un souci de convivialité et d’investissement sur le terrain. »

 

S’il avoue avoir pris un peu de recul sur le territoire – « je ne sors plus qu’une ou deux fois par mois » – Claude Nussli s’occupe de la partie administrative en relation avec les différents organismes qui gèrent la chasse. « Nous avons signé une charte avec les communes. Elle expose les principes d’une chasse durable et sa contribution à la conservation de la biodiversité. C’est une nécessité aussi pour rester en bonne relation avec les citoyens et les municipalités. »

 

Le chasseur est aussi aux avant-postes des évolutions de la faune sauvage. Avec comme partenaires, les agriculteurs. « Le but a toujours été d’associer l’agriculteur à la chasse ainsi qu’à l’aménagement du territoire. De nos jours, les animaux vivent dans un environnement qui a beaucoup changé, on doit trouver des solutions pour qu’ils se sentent à l’aise et puissent se reproduire », souligne Claude Nussli, qui insiste : « On ne tue pas pour tuer, on reste à l’écoute pour réguler les populations, notamment le grand gibier qui cause des dégâts aux cultures » (...)

 

Claude Nussli le rappelle, la chasse doit faire face à plusieurs défis : régulation des populations de grand gibier, lutte contre l’érosion de la biodiversité et la dégradation des habitats, partage de la nature et maintien du rôle de sentinelle sanitaire sur la faune sauvage. « Mais c’est aussi le plaisir d’observer le gibier et de se retrouver pour un moment convivial ». (selon DNA)

21 août 2024

Absence de gouvernement et impasse budgétaire

L’absence de gouvernement empêche la préparation du projet de budget pour 2025, d’ordinaire bouclé pour l’essentiel à la fin de l’été. Ce qui ne va pas sans risques sur les marchés financiers.

 

 

Tout va bien. La France n’a pas de gouvernement, pas de ministre du Budget, sinon démissionnaire, mais le projet de budget 2025 sera prêt en temps et en heure, affirme le pouvoir. Livré le premier mardi d’octobre à l’Assemblée nationale, comme l’impose la loi, donc présenté en conseil des ministres le mercredi précédent, le 25 septembre. Et transmis une semaine auparavant au conseil d’État et au Haut conseil des finances publiques.

 

Tout va bien ? « C’est le grand cafouillage ! », proteste le sénateur (LR, Meurthe-et-Moselle) Jean-François Husson, rapporteur général de la commission des finances. Les ministères n’avaient pas encore reçu vendredi du Premier ministre les « lettres plafonds » envoyées d’ordinaire mi-juillet, qui fixent leur enveloppe budgétaire. Le ministre de l’Économie dit pourtant avoir transmis tout début août à Matignon ses propositions, avec des réductions « significatives » (mais non précisées) de crédits. Mais quand Bruno Le Maire soigne sa posture de ministre rigoureux, Gabriel Attal se ménage des marges de manœuvre à négocier avec les socialistes.

 

Un projet très politique

 

Car le président de la République imagine clairement utiliser le projet de budget comme plateforme de sa majorité introuvable. Cela explique la grande prudence du ministre du Budget Thomas Cazenave, qui annonçait mercredi le gel de 10 milliards d’euros de crédits, précisant ne pas vouloir préempter « les arbitrages finaux qui seront rendus par le prochain gouvernement ».

 

« Jouer la montre est catastrophique, insiste Jean-François Husson. Plus le président attend, plus il crée un risque de tensions politiques, budgétaires, financières. » Déjà la semaine dernière, le président de l’U2P Michel Picon nous disait combien l’incertitude politique pèse sur l’activité des entreprises. Tension également du côté des marchés, qui commencent à douter du sérieux de la France – ils l’expriment à travers le « spread », l’écart entre les taux de rendement des dettes allemandes et françaises, à un niveau élevé depuis les législatives.

 

Le maillon faible

 

C’est que la situation financière de la France n’est pas bonne. Sa dette est la plus élevée de la zone euro après la Grèce et l’Italie, et son déficit budgétaire est attendu à (au moins) 5,1 % cette année. Placée par la commission européenne sous procédure pour déficit excessif, le France affiche l’objectif d’un déficit ramené l’année prochaine à 4,1 % - une baisse qui relèverait déjà de la gageure avec une majorité stable…

 

« Il n’y a pas lieu de paniquer aujourd’hui, veut rassurer un très haut fonctionnaire. La France est solide, elle peut rembourser sa dette. Le risque peut venir de l’environnement : en cas de crise, les marchés cherchent le maillon faible. Et dans la zone euro ce n’est plus l’Italie, c’est la France, à cause de son instabilité politique. » (selon DNA).

 

Question : Sans budget, les Français devront-ils payer des impôts ? Une solution unique pour faire remonter Macron dans les sondages ?

20 août 2024

Une fillette de 10 ans trouve des empreintes de dinosaures datant de 200 millions d’années

À la recherche de fossiles, Tegan, 10 ans, a finalement découvert d’impressionnantes empreintes de pas de dinosaures sur une plage du pays de Galles, au Royaume-Uni.

Une simple balade qui s’est transformée en découverte historique. En se promenant sur une plage au Royaume-Uni, une fille de 10 ans a découvert, par hasard, des empreintes de dinosaures vieilles de plusieurs centaines de millions d’années, raconte la BBC.

Tegan, 10 ans, a fait cette surprenante découverte sur une plage de Penarth, dans le comté de Glamorgan, dans le pays de Galles. Venue à la recherche de fossiles, en compagnie de sa mère, l’écolière a finalement repéré cinq empreintes de pas, qui seraient des empreintes de camelotia, un type de dinosaure découvert au Royaume-Uni et âgé d’environ 201 à 205 millions d’années.

« Nous étions simplement en train de chercher ce que nous pouvions trouver, mais nous ne pensions pas que nous trouverions quoi que ce soit », témoigne Tegan auprès de la BBC. « Nous avons découvert qu’il s’agissait de gros trous qui ressemblaient à des empreintes de dinosaures, alors maman a pris quelques photos, a envoyé un e-mail au musée et il s’agissait d’un dinosaure à long cou. »

Une espèce peu connue

Un verdict confirmé par Cindy Howells, une paléontologue du musée de Cardiff, spécialiste de ce type de dinosaures repérés au Royaume-Uni. « Nous avons cinq empreintes de pas et nous parlons d’environ un demi-mètre à trois quarts de mètre entre chacune », développe-t-elle auprès de la chaîne britannique.

« S’il s’agissait de trous aléatoires, nous serions prudents, mais comme nous avons un pied gauche, un pied droit, puis un gauche et un autre droit… Il y a une distance constante entre eux », ajoute l’experte, qui compte écrire un rapport sur cette découverte d’empreintes pour avoir l’avis d’autres paléontologues confirmés.

Moins connus que les tricératops ou les T-rex, les camelotia était des dinosaures herbivores, qui marchaient sur leurs pattes avant et leurs membres arrière, précise la BBC. « Un camelotia mesurait environ 3 m (10 pieds) de haut, 4 à 5 m (13 à 16 pieds) de long » et était doté « d’un cou relativement long, d’une longue queue et marchait sur deux pattes, mais il pouvait marcher à quatre pattes pour chercher de la nourriture », ajoute Cindy Howells. (selon "Le parisien")

 

19 août 2024

"Voilà comment avoir 20 sur 20 en dictée"

L'astuce infaillible d'une prof de français

 

D'après l'enseignante, cette technique est facilement applicable et permet d'éviter toutes les fautes.

 

 

C'est l'épreuve emblématique de l'enseignement du français : la dictée. Synonyme de rigueur et de maîtrise de la langue, elle demande aux élèves une orthographe impeccable et une grammaire sans faille. Pourtant, depuis plusieurs années, les résultats à cette épreuve déclinent. C'est notamment ce qu'a montré une enquête publiée en décembre 2022 par la Depp, le service statistique du ministère de l'Éducation nationale. En 34 ans, le nombre d'erreurs sur une même dictée réalisée par des élèves de CM2 est passé de 10,7 à 19,4.

 

Pour aider les élèves à briller dans cet exercice, Le Figaro Étudiant a demandé à Eléa Laine, professeure de lettres au collège Saint-Jacques à Fournes-en-Weppes (59) à partir de la rentrée 2024, de partager ses astuces. La première recommandation de la professeure est l'entraînement régulier. "Plus on répète et plus ça devient facile", insiste-t-elle d'emblée. Pour s'exercer quotidiennement à la dictée, Eléa Laine conseille le site Dictaly, qui propose des dictées sur différentes thématiques, avec le corrigé et les explications. "Elles sont pré-enregistrées, ce qui permet de s'entraîner n'importe quand, développe-t-elle. En plus, le format numérique ajoute un côté ludique."

 

La prof de lettres rappelle aussi l'importance de l'écoute attentive en classe. "Faire l'effort de suivre et de comprendre le cours aide considérablement à progresser en dictée", insiste-t-elle. Pour améliorer son niveau, elle conseille aux élèves de s'initier en parallèle à la lecture, si ce n'est pas déjà le cas. "Pendant la lecture, la mémoire visuelle enregistre les mots et les constructions de phrases, ce qui aide aussi beaucoup pour l'exercice de la dictée. Les meilleurs élèves que j'ai sont ceux qui lisent beaucoup", assure-t-elle.

 

Bien sûr, la prof souligne le rôle essentiel que joue la relecture dans une dictée. "C'est un point qu'on répète très souvent, mais se relire est obligatoire pour réfléchir à ce qu'on a écrit et gommer les erreurs. Surtout que tout le monde est capable de le faire", précise-t-elle. La relecture aide aussi à développer des automatismes, le point essentiel pour réussir, selon Eléa Laine. "En dictée, dès qu'on commence à penser à l'orthographe, à la grammaire, on perd le fil et cela devient impossible d'obtenir une bonne note. Pour que cela n'arrive pas, il faut développer des automatismes afin de diminuer la surcharge cognitive, développe la professeure. Pour cela, il faut identifier ses lacunes de manière méthodique lors de la relecture". Elle conseille d'utiliser des ouvrages classiques, comme le Bled, une référence ancienne mais incontournable selon elle. "Il permet de réviser étape par étape. D'abord la syntaxe de la phrase, puis les fonctions des mots, les accords et, enfin, les verbes et les noms, détaille Eléa Laine. En faisant ce travail à chaque relecture, le cerveau va transformer les différentes règles d'orthographe et de grammaire en automatismes. Et après, bonjour le 20 sur 20 en dictée !" (selon )

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18 août 2024

La glace d’un lac jurassien exportée jusqu’à Alger au XIXe siècle

Dans le Haut-Bugey, région de l’Ain au sud du massif du Jura, les vestiges singuliers d’un site né au XIXe siècle témoignent d’une activité aujourd’hui oubliée : la production de glace naturelle. Celle-ci a pourtant connu une expansion importante, étant commercialisée jusqu’à l’autre rive de la Méditerranée, en Algérie. Retour sur une aventure technique et humaine, intimement liée au souffle de la Révolution industrielle.

 

Les glacières de Sylans forment aujourd’hui un site à l’atmosphère presque romantique : au bord d’un charmant petit lac du Haut-Bugey, dans l’Ain, plusieurs grands bâtiments en ruines, en partie recouverts par la végétation, sont nichés sans tapage au pied d’un relief abrupt. Malgré leur âge vénérable et un long abandon, ils tiennent tête au passage du temps et suscitent la curiosité des touristes de passage. Clou de ce spectacle discret : une véritable cathédrale industrielle de près de 150 mètres de longueur, un peu inattendue dans une région connue pour ses montagnes calmes et ses forêts épaisses, éloignée des grandes agglomérations.

 

Une idée audacieuse

 

Pour comprendre la présence de cet ensemble, il faut s’intéresser à l’ambition étonnante d’un entrepreneur du XIXe siècle, Joachim Moinat, né en 1830 à Cerdon, un village du Bugey. Alors qu’il mène, sous le Second Empire, une carrière de tenancier de café, une idée se précise dans son esprit : et s’il produisait localement la glace utilisée pour rafraîchir ses boissons – et celles de bien d’autres établissements ? Le lac de Sylans, à seulement quelques kilomètres de son enseigne de Nantua, offre d’excellentes conditions pour concrétiser ce rêve : des eaux pures, assez peu profondes et fréquemment soumises à des hivers rigoureux, l’existence d’une gare pas trop éloignée pour transporter la future production et une main d’œuvre rurale en quête de rémunérations complémentaires une fois les travaux des champs terminés.

 

C’est décidé : à la fin des années 1860, Joachim se lance ! Un premier bâtiment en bois est construit et l’activité – d’abord à une échelle artisanale – se développe en quelques années. Des extensions supplémentaires du réseau de chemin de fer, alors en pleine explosion, favorisent encore l’expansion du site : la production est bientôt exportée à longue distance, y compris jusqu’en Algérie, où l’on peut déguster ses breuvages agrémentés d’un peu de fraîcheur jurassienne. « Au XIXe siècle, grâce à des conditions bien plus rapides de transport, permettant de limiter la fonte, il était devenu possible d’acheminer de la glace très loin, explique Nicole Collet, auteur d’un ouvrage sur le site de Sylans. Par exemple, sur dix tonnes envoyées vers Paris, environ huit arrivaient à destination – la perte étant à la charge de l’acheteur. »

 

Un surnom évocateur : les « Sibériens »

 

Sauf lorsque les hivers sont trop chauds, quelque 300 personnes sont recrutées chaque année aux glacières de Sylans. Le travail y est pour le moins ardu : « Sous des températures oscillant souvent entre -20 et 0°C, il fallait d’abord enlever la neige sur la surface glacée du lac. L’épaisseur de cette ‘banquise’ devait être d’au moins 15 cm pour supporter le poids d’un cheval, nécessaire afin de tracter une charrue spéciale, détaille Nicole Collet. Un damier était ainsi tracé et l’on retirait des bandes de glace, ensuite transportées pour être stockées dans les bâtiments des glacières, à l’aide de grandes rampes et, plus tard, de dragues. C’était très physique et les ‘services’ des employés s’étendaient sur douze heures – avec seulement une vraie pause d’une heure pour un repas. Ils étaient parfois surnommés ‘les Sibériens’. »

 

En 1884, Joachim Moinat vend son entreprise à la Société des glacières de Paris – dès lors, il ne travaille plus longtemps à Sylans et meurt, à 60 ans, à l’aube des années 1890. Le site, maintenant plus industriel qu’artisanal, connaît encore des améliorations et des extensions. Une main d’œuvre un peu moins importante, en revanche, est nécessaire.

 

Une activité condamnée

 

La fin de la Belle Époque marque un bouleversement : l’exploitation de la glace naturelle devient moins pertinente. Grâce à de nouvelles techniques et à la diffusion progressive de l’alimentation électrique, la production de glace artificielle, nettement moins chère, prend le dessus. Les glacières de Sylans vivent leurs dernières « récoltes » au tournant de la Première Guerre mondiale – des hivers trop chauds puis le départ des hommes au combat assènent les derniers coups à une activité de toute façon condamnée.

 

 

Dès lors, la Société des glacières de Paris délaisse le site, dont la propriété passe aux communes locales, puis à un investisseur privé. La création d’un hôtel de bord de lac est un temps envisagée, mais jamais concrétisée. Pendant plusieurs décennies, les fiers bâtiments industriels, soumis aux aléas du climat et à des pillages de matériaux, se transforment en ruines. « Ce n’est qu’assez récemment que les glacières de Sylans ont de nouveau intéressé, raconte encore Nicole Collet, qui a beaucoup contribué à attirer l’attention sur ce lieu à l’abandon, en partie gagné par la forêt. Des acteurs publics ont décidé d’agir : ils s’en sont portés acquéreurs et ont travaillé à le remettre en valeur. C’était important, je crois, car c’est, semble-t-il, un vestige unique en Europe. Il témoigne d’une activité qui n’aura existé qu’environ un demi-siècle, mais qui correspond à la vision d’un homme, Joachim Moinat, et nous dit beaucoup du développement de l’industrie au XIXe siècle. Je serais très heureuse que des chercheurs s’intéressent à leur tour aux glacières de Sylans ! » (selon "Historia")

17 août 2024

La ligne Paris - Strasbourg - Berlin fermée pour travaux

Inaugurée il y a moins d'un an, la liaison Paris-Berlin qui passe par Strasbourg est déjà arrêtée pour cause de travaux. Ces derniers devraient prendre fin le 26 octobre 2024.

 

Tout juste inaugurée en décembre 2023, la liaison ferroviaire de nuit Paris-Berlin via Strasbourg doit déjà être interrompue. A partir du lundi 12 août et jusqu’à fin octobre, le train de nuit ne circulera pas.

 

Bien que le train de nuit ne soit plus disponible, il sera tout de même possible de faire le trajet de jour avec d’autres compagnies (notamment via des TGV et l’ICE allemand).

 

La SNCF, en la personne d’Olivier Génevaux, affirme comprendre la « gêne occasionnée » pour les voyageurs, mais rappelle que cette interruption était prévue de longue date et qu’aucun billet n’a été vendu. « Tout cela a été anticipé. Nous avons cherché une alternative, mais rien ne convenait. »

 

 

13 août 2024

En Italie, des radars hors de contrôle

Si la France dénombre quelque 4 000 radars routiers, ce chiffre semble dérisoire comparé au total comptabilisé de l’autre côté des Alpes. En Italie, environ 11 000 radars ne cessent de délivrer des amendes, tant et si bien que le gouvernement a décidé d’intervenir, explique le magazine italien “Panorama”.

 

 

Ah, les Italiens, ce peuple de saints et de poètes… Si durement malmené par les radars ! Qu’ils soient placés le long des routes de grandes villes ou dans des petits villages, ces appareils de contrôle gâchent depuis des années les déplacements et le sommeil de millions d’automobilistes à force d’abus, d’erreurs et de manipulations. L’association de consommateurs italienne Codacons a engagé un combat épique contre ce qu’elle considère comme des “guichets automatiques déguisés des municipalités”.

 

Néanmoins, la récente réforme de la politique de contrôle routier approuvée à la fin mai à l’initiative du ministre des Infrastructures et des Transports, Matteo Salvini, promet de remettre enfin de l’ordre dans cette véritable jungle. Un univers où chaque municipalité, telle un vieux tricheur à la table de jeu, est libre d’édicter ses propres règles en toute impunité.

12 août 2024

Marathon aux JO de Paris 2024

Hassan Chahdi n’a été prévenu que vendredi soir qu’il allait courir samedi

 

Ce samedi 10 août au matin, Hassan Chahdi était sur la ligne de départ du marathon des Jeux Olympiques. La veille, à la même heure, il n’avait aucune idée que cela arriverait.

 

 

Il y a des jours où il ne faut pas être en mode avion. Vendredi 9 août, le marathonien français Hassan Chahdi était en voiture pour aller chercher sa fille quand son téléphone a sonné pour lui proposer de participer aux Jeux Olympiques. Un appel improbable, pour celui qui n’avait initialement pas été sélectionné.

 

« J’ai eu le coup de fil de Romain Barras (responsable de l’équipe de France d’athlétisme, NDLR) à 17 heures pour me dire qu’il y avait un forfait. Il me demandait quand je pouvais monter sur Paris » a-t-il raconté à l’AFP, expliquant qu’on lui avait proposé de courir le lendemain à 8 heures du matin. Une situation pour le moins atypique.

 

Hassan Chahdi, 20e du marathon des JO

 

Si il ne s’attendait pas à participer, c’est parce que sa préparation avait été compliquée. Finaliste et premier Français lors des Mondiaux de 2023, Chahdi bénéficiait d’un statut prioritaire pour la sélection olympique à condition qu’il réalise le temps imposé par la fédération avant la fin du mois de janvier 2024. Or, une blessure en début d’hiver l’en avait empêché.

 

Pour s’assurer une place aux Jeux Olympiques, il lui fallait donc battre le record de France lors du marathon de Londres au mois d’avril. Un pré-requis qu’il n’a pas pu remplir, terminant la course avec le cinquième temps sur les six Français sélectionnables… Pour trois places aux Jeux.

 

C’est donc Morhad Amdouni, Mehdi Frère et Nicolas Navarro qui ont été sélectionnés. Hassan Chahdi, quant à lui, a été nommé deuxième remplaçant derrière Félix Bour. Après l’annonce du remplacement de Frère par Bour, Chahdi a continué à s’entraîner sans trop de certitudes.

 

« J’y ai cru honnêtement, j’étais parti en stage à Font-Romeu, je suis redescendu mercredi », a détaillé Chahdi. « Mais je n’ai pas eu de nouvelle de la fédération, aucun coup de fil pendant toute cette période... Je voyais les athlètes au village olympique, à la conférence de presse, je sentais que ça me passait [sous] le nez. »

 

Jusqu’à vendredi, où le recordman de France Morhad Amdouni a déclaré forfait « suite à une blessure au mollet droit survenue lors de son dernier entraînement », d’après la fédération française d’Athlétisme. Hassan Chahdi est donc arrivé à Paris à 22 heures, pour un coucher à minuit et un départ à 8 heures ce samedi 10 août au matin. Deux heures, dix minutes et neuf secondes plus tard, il est arrivé sur la ligne d’arrivée en vingtième position de la course. (selon le "Huffpost")

11 août 2024

Disparition de Lina : un vêtement fantôme

La disparition de Lina, 15 ans, dans le Bas-Rhin, reste non élucidée. Les gendarmes sur l’affaire ont cru un moment détenir un vêtement de l’adolescente et de ce fait, avoir résolu l’enquête.

 

 

En quelques jours, l’affaire s’est accélérée. Depuis 10 mois, des dizaines de gendarmes sont mobilisés pour retrouver la trace de Lina, 15 ans, disparue le 23 septembre 2023 sur une départementale du Bas-Rhin. Afin de mettre toutes les chances de leur côté, les enquêteurs n’ont écarté aucune piste. Si l’une d’entre elles à mener à une voiture volée et à Samuel G., principal suspect, d’autres ont “détruit” la vie de plusieurs personnes.

 

En quelques jours, l’affaire s’est accélérée. Depuis 10 mois, des dizaines de gendarmes sont mobilisés pour retrouver la trace de Lina, 15 ans, disparue le 23 septembre 2023 sur une départementale du Bas-Rhin. Afin de mettre toutes les chances de leur côté, les enquêteurs n’ont écarté aucune piste. Si l’une d’entre elles à mener à une voiture volée et à Samuel G., principal suspect, d’autres ont “détruit” la vie de plusieurs personnes.

 

Pour retrouver Lina, rien n’a été laissé au hasard. Les enquêteurs ont passé au peigne fin la zone de la disparition de l’adolescente. Ils ont également procédé à des interrogatoires et à des perquisitions au domicile des habitants de Saint-Blaise-la-Roche et de Plaine, village où vivent la jeune fille et sa mère. Lors d’une de ses perquisitions, la découverte d’un vêtement a chamboulé l’enquête.

 

Disparition de Lina, 15 ans : cette famille de Plaine visée par les enquêteurs

 

Pour les gendarmes en charge de l’enquête, résoudre l’affaire de la disparition de Lina est leur priorité. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, quitte à bouleverser la vie des habitants. C’est ce qui est arrivé à cette famille de Plaine. Interrogé par Le Nouveau détective, le 7 août dernier, le père de famille est revenu sur cette soirée où tout a basculé pour lui, sa femme et leurs 6 enfants.

 

Il explique qu’un soir en rentrant chez lui, il est tombé nez à nez avec des “voitures de gendarmerie banalisée et une camionnette d'investigation criminelle”. Les enquêteurs lui expliquent qu’ils s’intéressent à son fils, dont le téléphone portable a borné près du lieu de la disparition de Lina. Après avoir fouillé la voiture de son fils, ils sont entrés dans leur maison et ont mis la main sur un vêtement bien particulier.

 

Lina bientôt retrouvée dans le Bas-Rhin ? Ce vêtement similaire à celui de la jeune fille découvert dans un grenier

 

Ils ont fouillé la voiture, puis la maison du sol au plafond. Toute la famille a eu droit à un test salivaire et des prises d'empreinte”, rapport le père de famille et voisin de Lina et sa mère. Mais c’est dans le grenier qu’une gendarme a découvert une doudoune blanche, similaire à celle portée par l’adolescente le jour de sa disparition.

 

(La gendarme) a dû penser qu'elle avait touché le jackpot”, lance l’habitant de Plaine, toujours autant agacé, et d’ajouter : “On a eu beau lui expliquer que c'était la vieille doudoune de notre fille, elle l'a emportée pour analyse”. “On ne nous l'a jamais rendue d'ailleurs”, regrette-t-il encore aujourd’hui. Dorénavant, la famille vit recluse chez elle, craignant les regards de leurs voisins.

 

Disparition de Lina dans le Bas-Rhin : une famille "détruite"

 

Les investigations à son domicile et les soupçons qui ont pesé sur sa famille, ont eu un terrible impact sur le père de famille. “Dans un village comme le nôtre, ça a été terrible. Les gens nous montrent du doigt, je n'osais plus sortir…”, confie-t-il. “Même nos rapports familiaux se sont détériorés. On a payé le prix fort, psychologiquement et moralement. M*rde quoi ! La vérité, c'est que cette affaire nous détruit” affirme le père de famille, qui ne veut pas en rester là. En effet, il compte bien régler cette affaire devant la justice.

 

"J'en veux surtout au procureur qui a lancé toutes ces procédures contre des gens comme moi pour amuser la galerie ! On n'a même pas eu d'excuse. Quand tout cela sera terminé, je compte bien porter plainte. Contre le procureur s'il le faut”, a-t-il lancé. Pour l’heure, le père de famille, comme tous les Français, attend que l’enquête sur la disparition de Lina soit résolue. Après des fouilles intenses dans la vallée de la Bruche, zone où Lina aurait pu être enlevée, ce vendredi 9 août a sonné l’arrêt des battues. Un nouveau coup dur pour les proches de la jeune fille. (selon "Marie-France")

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