A Breitenbach, demain
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Selon les comparaisons internationales menées par l'OCDE, la France fait partie du quart des pays dont la durée de l'année scolaire est la plus courte, n'excédant pas 36 semaines, alors que la médiane est de 38 semaines –et qu'un tiers des pays se situent au-delà de 40 semaines). Seuls deux ont une année scolaire moins longue que celle de la France, soit 35 semaines.
Cela signifie-t-il que la France accorde bien plus de vacances l'été à ses élèves que les autres pays? En réalité, avec ses presque neuf semaines de congés estivaux, la France ne se situe que dans la moyenne. Pour l'enseignement primaire, la longueur des grandes vacances varie du simple au double: elle est de 13 ou 12 semaines pour 10 pays contre 6 semaines dans 5 pays.
La différence se joue donc sur les congés en cours d'année, les autres pays ayant rarement des petites vacances –comme on les appelle chez nous– qui dépassent la semaine. Une distribution qui s'est organisée au fil du XXe siècle. Si la durée totale des vacances n'a pas bougé depuis la fin de la IIIe République, le calendrier a quant à lui beaucoup changé.
Distinction sociale
Les vacances d'été sont-elles un héritage de la France agricole? La trace d'une époque où les enfants aidaient leur famille pour les moissons? En réalité, le tempo qui s'est finalement imposé est celui des établissements secondaires qui n'accueillaient pourtant sous la IIIe République que 2 ou 3% d'une classe d'âge.
Comme l'a bien montré l'historien Antoine Prost, les nobles ne devaient pas travailler: cela aurait été déroger à leur rang. D'où, le plus souvent, un mode de vie en alternance: en ville, dans leur hôtel particulier, à la mauvaise saison; à la campagne, dans leur château, durant la belle saison. À leur tour, nombre de bourgeois ont cherché à vivre noblement. Prendre des vacances, c'était montrer que l'on était au-dessus des travailleurs, que l'on se distinguait d'eux.
En définitive, au XIXe siècle, les enfants de la bourgeoisie et de l'aristocratie –qui étaient alors pratiquement les seuls à fréquenter les collèges et les lycées– rejoignaient leurs familles dans la deuxième moitié de l'été pour participer, non pas aux travaux des champs, mais aux réseaux de sociabilité qui se nouaient alors en particulier autour de la chasse (activité d'origine noble, privilège, même, sous l'Ancien Régime).
À partir de l'établissement de la IIIᵉ République, les grandes vacances de l'enseignement secondaire vont débuter de plus en plus tôt dans l'année, et durer plus longtemps. En 1875, il est décidé qu'elles commenceront désormais le 9 août; puis, à partir de 1891, le 1er août. En 1912, le début des grandes vacances est avancé au 14 juillet; mais elles durent toujours jusqu'au 1er octobre. On est donc passé de 1874 à 1912, d'un mois et demi de grandes vacances à deux mois et demi.
Arrivée des congés payés
Pour les écoles primaires (où vont alors la très grande majorité des jeunes Français·es), l'arrêté du 4 janvier 1894 fixe la durée des vacances à six semaines. Mais il contient un ajout qui a son importance: «Toutefois, la durée des vacances peut être portée à huit semaines, dans les écoles primaires élémentaires où sont organisées des classes de vacances.»
La prolongation de deux semaines va se faire pour différents motifs, et se généraliser. Elle est d'abord octroyée comme une récompense (pour les enseignant·es). L'arrêté du 27 juillet 1896 l'accorde au personnel «qui aura contribué au fonctionnement de cours réguliers d'adultes et d'adolescents». À la toute fin du XIXe siècle, un usage s'est créé: la durée normale des vacances est passée de six à huit semaines, comme le reconnaît l'arrêté du 21 juillet 1900.
En 1922, on ajoute quinze jours au mois et demi de vacances d'été. Elles vont du 1er août au 30 septembre. En 1938, elles sont alignées sur celles du secondaire et fixées du 15 juillet au 30 septembre. C'est le Front populaire. Les congés payés commencent souvent le 14 juillet. On institue donc des grandes vacances qui vont du 15 juillet au 30 septembre. «Il faut que les vacances des enfants et les congés des parents soient mis en harmonie», déclare Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale.
Zones de vacances
En 1959, les grandes vacances sont déplacées dans leur ensemble de deux semaines: elles commencent plus tôt, le 1er juillet, et finissent plus tôt, à la mi-septembre. Puisque le premier trimestre s'est allongé, il est décidé que quatre jours seront libérés à la Toussaint pour qu'il y ait une petite coupure.
Treize ans plus tard, en 1972, après les Jeux olympiques d'hiver de Grenoble, les vacances d'hiver sont instituées. Et, avec elles, le zonage (A, B, C) pour favoriser le développement du tourisme et la circulation lors des grandes transhumances afférentes.
À partir de là, on entre dans la problématique bien connue du 7+2 (7 semaines de classe suivies de 2 semaines de vacances, un rythme unanimement recommandé par les chronobiologistes), mais qui connaît bien des hauts et des bas.
Débat sur le calendrier
S'il faut allonger le nombre de semaines travaillées pour s'aligner sur la médiane des autres pays (qui s'élève, rappelons-le, à 38 semaines contre 36 pour la France), le mieux serait de ne pas toucher aux petites vacances de deux semaines mais de raccourcir les grandes vacances de deux semaines.
La France est actuellement –et de loin– le pays où le nombre de journées travaillées par an est le plus faible, en particulier pour les communes qui ont choisi la semaine scolaire de quatre jours (et non plus de quatre jours et demi), et cela peut être considéré comme un problème effectif.
Mais le sujet est très sensible, voire clivant. Les enseignant·es sont très réticent·es, et pour beaucoup très hostiles à une telle évolution, surtout s'il n'y a pas de contreparties –salariales ou autres. Les profs français·es font certes partie des profs qui ont le plus de vacances, mais font aussi partie des moins bien rémunéré·es.
Interrogé le 22 juillet 2017 par Le Journal du dimanche, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a répondu: «À chaque fois qu'on parle de l'enfant au XXIe siècle, on doit se poser la question des vacances d'été ou des vacances intermédiaires. C'est un sujet plus important que celui des rythmes hebdomadaires.» (selon "Slate")
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De nombreuses animations, notamment sportives, sont prévues samedi 31 août à Saulxures pour l’inauguration de la piste cyclable Vélo Bruche à partir de 10 h, près de la mairie.
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Pour fêter l’inauguration de la Vélo Bruche, la CEA, l’office de tourisme de Schirmeck, Alsace destination tourisme, la communauté de communes de la vallée de la Bruche et la commune de Saulxures ont mis tout en œuvre pour cette journée célébrant la petite reine.
« Venez à vélo ! Saulxures n’est qu’à 15 minutes depuis la gare de Saint-Blaise-la-Roche… Par la piste cyclable bien sûr », insistent les organisateurs. Leur slogan pour cette journée est d’ailleurs “Bruche à Vélo”. Les dialectophones auront sans doute saisi le jeu de mots, “T’as besoin d’un vélo ?”
En marge de l’inauguration officielle de la piste cyclable Strasbourg-Saâles, un grand nombre de producteurs, d’artisans de la vallée et environs, des professionnels du bien-être, de la prévention santé et routière seront à la disposition du public. 23 stands seront installés derrière la mairie de Saulxures.
Une bourse aux vélos ainsi qu’une vente de gâteaux au profit de la coopérative scolaire du RPI de Bourg-Bruche/Saulxures pour les mêmes bénéficiaires aura lieu de 10 h à 18 h.
Pour connaître le règlement et le fonctionnement de cette bourse (du dépôt à la restitution des vélos), il faut contacter l’office de tourisme de Schirmeck au 03 88 47 18 51.
Des stands de vente de matériel de sport d’occasion et de vente de légumes bio avec Emmaüs Mundo seront présents. Sans oublier la présence d’Hopla transition et une exposition de la LPO et de l’Office français de la biodiversité. Cadr 67 (autoréparation et gravure de vélo) TEC Moto en tant que conseiller et la sécurité routière seront également présents tout au long de la journée.
Marielle Charrier, en charge des activités physiques et sportives au sein de l’association du Vert-Galant, animera des ateliers de prévention santé. Un pumptrack avec parcours d’agilité, une course de petits bateaux et divers jeux compléteront cette journée. Les activités sont accessibles à tous et une petite restauration est prévue. (selon les DNA - vallée de la Bruche)
Le Smictom vient de communiquer ce mardi 27 août sur une découverte faite par les agents du centre de tri de Scherwiller le 12 août dernier.
Ceux-ci ont vu arriver une grenade sur le tapis de tri. Le centre a été immédiatement mis à l’arrêt et les gendarmes avertis aussitôt. Les militaires ont envoyé une photo aux démineurs et les spécialistes ont constaté l’absence de dispositif de mise à feu. La grenade n’était pas pourvue de cuillère et de détonateur.
L’engin a été évacué par les gendarmes. L’intervention a duré trois quarts d’heure. « Nous communiquons rarement sur ce type de fait. Ces dépôts, peu fréquents, sont issus d’une toute petite partie des usagers. Nous espérons que cette information puisse à nouveau sensibiliser nos usagers », indique Jean-Pierre Piela, président du Smictom d’Alsace. (selon les DNA)
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Au mariage de la Voie lactée avec Andromède, au moment où le prêtre demandera si «quelqu'un s'oppose à cette union», il y aura trois galaxies qui surgiront à la porte de l'église en criant NOOOOOOOOON!!!!… Ce n'est vraisemblablement pas comme ça que des chercheurs ont émis l'hypothèse selon laquelle ce rapprochement ne se fera pas, mais c'est l'idée, selon un article de Universe Today.
Des chercheurs de l'université d'Helsinki remettent en cause une certitude que la communauté scientifique avait acquise il y a plusieurs décennies à propos du fait que notre galaxie va se rapprocher inéluctablement de sa voisine Andromède au point de fusionner avec elle. Les responsables de cette méprise? Des corps aux masses pourtant considérables qui pourraient avoir été négligés dans les observations.
Voila un siècle qu'on a déterminé la véritable nature de celle qu'on appelait jusqu'ici la grande nébuleuse d'Andromède et dont on sait donc désormais que c'est la galaxie spirale la plus proche de la nôtre. Jusqu'ici, ces deux ensembles semblaient appelés à entrer en collision d'ici 4,7 milliards d'années, créant ainsi une nouvelle galaxie colossale, une géante elliptique.
Mais ces deux galaxies ne sont pas seules au monde et appartiennent, comme des galaxies plus petites, à un Groupe local qui compte soixante membres, chacun ayant ses caractéristiques gravitationnelles. Selon Till Sawala et son équipe, deux structures cosmiques sont à surveiller: le Grand Nuage de Magellan et la Galaxie du Triangle (M33).
Le problème à trois (ou quatre) corps
Pour prévoir les trajectoires de tout ce petit monde, les chercheurs ont exploité les données des télescopes spatiaux Hubble et Gaia et ont utilisé les estimations les plus récentes des masses de ces objets. Inclure M33 dans l'équation accélérerait la fusion, mais le Grand Nuage de Magellan aurait lui tendance à maintenir nos deux galaxies à distance. Celui-ci, considéré il y a encore peu comme une galaxie satellite de la nôtre, pourrait même nous percuter d'ici un peu plus de 2 milliards d'années, bien avant qu'on ait à s'inquiéter d'Andromède.
Selon les scénarios envisagés, la probabilité d'une collision entre la Voie lactée et Andromède dans les 10 milliards d'années à venir ne serait plus que de 50%. Une fusion de galaxies, à notre échelle, c'est un petit évènement, mais à l'échelle de l'univers, c'est assez commun; on soupçonne d'ailleurs Andromède d'être elle-même le résultat d'une union avec une autre galaxie, survenue il y a 2 ou 3 milliards d'années –mais c'est de l'histoire ancienne, n'en parlons plus.
La théorie de la collision demeure à ce jour celle qui est communément admise. Dans ce cas de figure, on a une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise, c'est que le système solaire a toutes les chances d'être éjecté de cette géante elliptique. La bonne, c'est que la Terre ne sera vraisemblablement plus habitable en raison d'une augmentation de la puissance du Soleil –nous ne serons donc plus là pour gérer cette réunification qui s'annonce mouvementée.
Ces petites complications gravitationnelles pourraient nous permettre de gagner un peu de temps pour décider quel serait le nom de cette super-galaxie. Pour rappel, les anglophones envisagent «Milkomeda», contraction de «Milky Way» et de «Andromeda» (ce qui en français deviendrait «Lactomède») et «Andromilka», plus respectueuse des tailles respectives des deux galaxies. On n'est pas pressé de trancher. (selon "Koril")
Premier producteur de cannabis selon l’ONU, le Maroc a adopté en 2021 une loi encadrant son usage industriel et médical. Cette grâce royale vise à faire du pays un acteur de premier plan sur ce marché en pleine expansion.
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Une nouvelle page s’ouvre pour les producteurs marocains du Rif. En marge d’une fête nationale, le roi Mohammed VI a décidé de gracier plus de 4 800 agriculteurs faisant l’objet de poursuites ou condamnés dans des affaires de culture illégale du cannabis, a annoncé le ministère de la Justice lundi soir. Le monarque «a bien voulu accorder sa grâce à 4 831 personnes condamnées, poursuivies ou recherchées dans des affaires liées à la culture du cannabis», a précisé le ministère dans un communiqué.
L’objectif de cette grâce est de permettre «aux bénéficiaires de s’intégrer dans la nouvelle stratégie» lancée après la légalisation partielle de la production de cannabis à des fins thérapeutiques. Le Maroc, premier producteur mondial de cannabis selon l’ONU, a adopté en 2021 une loi encadrant les usages industriel et médical du cannabis, autorisant sa culture et son exploitation dans trois provinces rurales déshéritées de la région du Rif, dans le Nord-Est.
Le royaume s’est fixé pour objectif de lutter ainsi contre le trafic de drogue, de se positionner sur le marché mondial du cannabis légal et de désenclaver économiquement le Rif, où la plante est cultivée depuis des siècles et faisait vivre entre 80 000 et 120 000 familles en 2019, selon des estimations officielles. Les mesures de grâce ne concernent que des cultivateurs, dont l’activité illégale était la plupart du temps tolérée, mais qui pouvaient faire l’objet de poursuites.
«C’est une initiative exceptionnelle qui va permettre à ces agriculteurs et leur famille de vivre dans la sérénité et la quiétude, et de participer à la nouvelle dynamique de la légalisation», a commenté pour l’AFP le directeur de l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (Anrac). Pour lui, «c’est aussi une étape importante sur la voie de l’élimination progressive de la culture illicite à travers la légalisation ou l’introduction de cultures alternatives». L’Anrac a été créée afin de structurer la filière légale à travers «l’industrialisation, la transformation, l’export du cannabis et l’importation de ses produits à des fins médicales, pharmaceutiques et industrielles», a rappelé le ministère de la Justice. L’agence a déjà délivré plus de 200 autorisations à des industriels pour la transformation, l’importation de semences et l’exportation.
Interrogé par le journal en ligne Hespress, proche du palais, le coordinateur du Collectif marocain pour l’usage médical et industriel du kif, Chakib Al Khayari, a salué un «tournant historique» qui «ouvre la voie à un essor socio-économique durable, avec des retombées qui s’étendront au-delà des frontières nationales», en particulier en Europe. Début juillet, le royaume a exporté pour la première fois du cannabis produit légalement sur son sol à destination de la Suisse. (selon "Libération")
Cette étrange période pendant laquelle la Libération a failli virer à la révolution.
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C'est un livre qui raconte ce que fut « la drôle de paix » des années qui ont suivi la libération de la France. Car, si après les horreurs et les tourments de l'occupation allemande, le pays avait retrouvé une liberté chèrement payée, il était dans un état de faillite économique et de dénuement proche de la disette. Après une épuration souvent aveugle, essentiellement menée par le Parti communiste (PC), il était confronté au risque extrême d'une guerre civile.
Antony Beevor et Artemis Cooper, deux historiens britanniques en couple à la ville, avaient déjà raconté cette période troublée des années 1945-1949 dans un récit paru en 2004. Dans leur nouveau livre, Paris libéré, Paris retrouvé (485 p., Calmann-Lévy, à paraître le 21 août), ils ont voulu l'enrichir de détails, de situations, de personnages qu'ils ont tous les deux de bonnes raisons de bien connaître.
Antony, parce qu'il est l'un des historiens les plus brillants et les plus prolifiques de la Seconde Guerre mondiale. Artemis Cooper parce qu'elle est la petite-fille de Duff Cooper, homme de confiance de Churchill, qui fut le premier ambassadeur britannique à Paris au lendemain de la libération et jusqu'en 1954. Elle a donc bénéficié, à travers les témoignages et les écrits de ses grands-parents des meilleures sources possibles d'observateurs particulièrement attentifs à la situation de la France de l'après-guerre.
Deux caractéristiques fortes de cette époque émanent de leur livre. D'abord la défiance réciproque et forcenée de Franklin D. Roosevelt et de Charles de Gaulle. Le 7 novembre 1942, le général français, apprenant que des soldats, fidèles à Vichy, s'opposent par les armes aux troupes américaines qui viennent de débarquer en Algérie, s'exclame : « J'espère qu'ils vont les jeter à la mer. On n'entre pas en France par effraction ! » Mot terrible qui illustre à quel point le chef de la France libre était soucieux jusqu'à l'excès de l'indépendance du pays.
Côté américain, l'animosité n'est pas moindre : pour diriger le gouvernement des lendemains de la Libération, ils avaient d'abord choisi François Darlan, puis après son assassinat, Henri Giraud. Ils sont alors furieux de se retrouver avec ce général qu'ils soupçonnent d'ambitions à la Franco. Pendant des mois, ils vont le lui faire payer. Ainsi, après avoir essayé d'empêcher le discours de Bayeux, fondement pour de Gaulle d'un pouvoir retrouvé, ils commencèrent par retarder de deux mois la reconnaissance officielle du gouvernement provisoire qu'il préside.
Pendant ce délai, à la grande fureur du général de Gaulle, les ambassadeurs américains, britanniques et soviétiques s'étaient installés à Paris sans rien demander à personne. Pour bien marquer la différence qu'il faisait entre Roosevelt et Churchill, de Gaulle bouda l'Américain et invita à dîner l'ambassadeur du Royaume-Uni le jour même de la reconnaissance de son gouvernement.
Outre une description riche en détails inédits et croustillants de ce que fut la renaissance de la vie culturelle à Paris autour de Jean-Paul Sartre, d'Aragon ou d'Elsa Triolet, le livre raconte surtout avec précision la manière dont la France a failli devenir un pays communiste. Le 26 août 1944, lorsque le général de Gaulle descend les Champs-Élysées au milieu d'une foule de plus d'un million de personnes, des cris de « vive Maurice » pour saluer Thorez, le chef du Parti communiste, alors réfugié à Moscou, tentent de couvrir les « vive de Gaulle » de la foule en liesse.
Dès le lendemain de la libération, le PC a en effet décidé de passer de la résistance à la révolution. Il est la force politique la plus puissante du pays. Grâce aux armes reçues au maquis, ses militants sont surarmés, ils ont noyauté les CRS, contrôlent de nombreuses organisations, de l'Union des femmes françaises aux Anciens combattants, et ont la main sur la plupart des grands syndicats regroupés au sein de la CGT.
Pourtant ils ne passeront pas à l'acte parce que Moscou a dit stop. Un soulèvement communiste en France provoquerait une rupture avec Washington. Or, Staline a besoin de la logistique américaine pour permettre à l'Armée rouge de continuer son offensive en Allemagne.
Les communistes changent alors de tactique et font de l'entrisme en participant, grâce à leur force électorale, aux gouvernements de la République. Avant qu'une fois de plus le Kominform, lors d'une réunion décisive en Pologne en septembre 1947, leur fasse savoir que leur tactique n'est pas la bonne. L'objectif premier est de désorganiser l'économie capitaliste et d'empêcher par tous les moyens l'aide américaine à la reconstruction de l'Europe.
Dès le mois de novembre 1947, le PC passe à l'action : des émeutes éclatent à Marseille pour réclamer des hausses de salaires. Des grèves insurrectionnelles suivent dans le bassin minier, puis dans la métallurgie tandis que les transports sont paralysés. Au milieu d'un hiver particulièrement rude, la France est totalement à l'arrêt, sans chauffage, sans approvisionnement, sans nourriture. Au bord de la guerre civile.
Si la France n'a pas basculé à ce moment-là, elle le doit d'abord à un homme, Jules Moch, ministre de l'Intérieur socialiste qui n'hésite pas à faire donner la troupe contre des grévistes prêts à tout. Une faute dramatique des insurgés va l'aider : ils sabotent la voie ferrée Paris-Lille pour empêcher des renforts de CRS de parvenir sur le terrain. Mais c'est l'express Paris-Tourcoing qui déraille. Bilan : 16 morts et trente blessés.
À la suite de cette catastrophe, l'opinion se retourne, même dans les familles des grévistes. L'arrivée, dans les semaines qui suivent, des premiers colis du plan Marshall, cette aide formidable des alliés américains pour aider l'Europe à se sortir de la misère, permettra, expliquent Antony Beevor et Artemis Cooper, d'écarter définitivement cette menace bien réelle à l'époque de voir la France basculer dans le camp communiste. (selon "Le point")
Après 25 ans à la mairie de Saâles, Jean Vogel poursuit aujourd’hui son parcours d’agriculteur et d’agronome et mène un travail sur les pratiques paysannes dans le massif.
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« Les blaireaux, il y en a de plus en plus, ils m’ont ravagé une cinquantaine de pieds cette année. J’ai mis des clôtures électriques. La nuit, je me lève pour les faire fuir. On a essayé aussi le piégeage, mais rien n’y fait. »
Jean Vogel est en pleine période de récolte des bluets et des muroises (mûres-framboises). Ses champs sont un Eden pour les mustélidés. Un couple de clients, des habitués, passe à l’improviste : « Il faudrait 15 kg de bluets pour vendredi. » L’agronome, paysan, écologiste et ancien marie de Saâles n’a guère le temps de s’ennuyer.
Après 25 ans de vie municipale dont la moitié marquée par un combat pour installer des éoliennes sur le plateau de Belfays, Jean Vogel a décidé de raccrocher les gants en 2020. « Pour être maire, il faut trois choses : une vision, aimer les gens et du courage », analyse-t-il.
Il aurait pu repartir. Être réélu sans problème, « mais j’étais arrivé au bout d’un cycle avec une fatigue certaine et des semaines de 80 heures. Honnêtement, s’il n’y avait pas eu le dossier des éoliennes qu’il fallait absolument faire aboutir, je m’en serais peut-être voulu d’avoir fait un quatrième mandat ».
Pour Jean Vogel, il devenait urgent de retrouver un rythme de vie moins frénétique et de se concentrer sur sa passion : l’agronomie. Son livre, L’appel de Saâles , signera la fin de ce chapitre politique comme un objet de transition, mais aussi de transmission.
Le récit de ces années à la mairie inspirera, en 2020, plus d’un candidat écolo aux municipales, « même si j’y égratignais un peu les écologistes ». Une page tournée.
Retour à la terre donc, même s’il ne l’a jamais quittée. « J’ai vu qu’au niveau agricole les gens ne travaillaient pas assez ensemble. Par exemple dans mon domaine, les petits fruits, j’ai lancé au niveau du massif vosgien un petit groupe technique, animé par une conseillère et à chaque fois, on est entre 10 et 40 aux réunions. On a fait aussi un groupe pour relancer la culture de la pomme de terre. Celle-ci a quasiment disparu au début des années 2000 car la PAC [politique agricole commune] interdisait les terres labourées et il y a eu aussi la tempête de 1999 après laquelle on a connu un développement exponentiel de la faune sauvage, notamment des sangliers. On a par exemple Vincent Peterschmitt à Bourg-Bruche qui pratique la rotation mennonite, avec une année d’avoine, une année de pommes de terre. C’est fantastique, vous verriez ses pommes de terre à côté des miennes », sourit-il.
Justement, là est le grand chantier engagé depuis plusieurs mois par Jean Vogel et son ami, le géographe strasbourgeois Jean-Luc Piermay. « Nous menons un travail sur l’histoire des pratiques paysannes dans le massif vosgien » avec l’idée d’interroger ces techniques parfois oubliées au regard des enjeux agricoles de demain.
« On a rassemblé tous les écrits de la Société d’émulation des Vosges depuis 1825, tout ce qu’avaient écrit les agronomes français depuis 1720. » Le duo planche sur les techniques mises en place par les mennonites ou celles d’irrigation.
« On a découvert, par exemple, qu’on irriguait en montagne non pas en été, mais quand il pleuvait le plus, c’est-à-dire entre octobre et avril, ce qui permettait aux paysans d’avoir des rendements extraordinairement élevés sans mettre un gramme de fumier sur leur terrain. Il y avait en montagne environ un hectare sur deux de prairie qui était irrigué. En fait, on pense que cette irrigation boostait la vie microbienne, avec un développement de bactéries qui sécrètent des acides. Et ces acides rendent assimilable pour les plantes une roche qui était totalement inassimilable précédemment. »
Sur le sujet, l’homme est comme les sources, intarissable. « Nous présenterons la première partie de ce travail lors d’une conférence durant le festival de géographie de Saint-Dié-des-Vosges et nous aimerions pouvoir le mettre à la portée de tous de façon dématérialisée peut-être avec les journaux du groupe Ebra [dont font partie les DNA et L’Alsace ] qui couvrent le massif. »
Mais la chaleur en cet après-midi d’été commence à baisser un peu. Pour Jean Vogel, c’est l’heure de mettre fin à l’interview et de retourner aux champs. Il lui faut ses 15 kg de bluets. (selon les DNA)
Le viol suivi du meurtre d'une interne en médecine, survenu le 9 août dans un hôpital public à Calcutta, a suscité une vague d'indignation partout dans le pays. Un sombre événement qui jette une lumière crue sur la fréquence des agressions sexuelles en Inde.
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L'affaire aurait pu n'être qu'un tragique fait divers, mais elle a déclenché un véritable séisme dans la société indienne. Près de deux semaines après le viol et le meurtre d'une interne en médecine de 31 ans dans un hôpital de Calcutta, la Cour suprême, qui s'est elle-même saisie du dossier, a dénoncé ce mardi un crime « horrible » et « épouvantable », soulevant l'épineuse question de la fréquence des agressions sexuelles en Inde.
« Alors que de plus en plus de femmes rejoignent le marché du travail, la nation ne peut pas attendre un autre viol pour que les choses changent sur le terrain », a déclaré le président de la Cour, D. Y. Chandrachud. Si la police a arrêté un suspect qui travaillait dans le même hôpital que la victime, la famille de cette dernière soupçonne un viol collectif, pratique qui n'a rien de rare dans la société indienne.
En 2018, la Fondation Thomson Reuters attribuait à l'Inde le titre peu enviable de « pays le plus dangereux pour les femmes ». La situation ne s'est guère améliorée, dans un Etat où le taux de criminalité envers celles-ci a augmenté de 50 % au cours de la dernière décennie. En 2022, on comptait près de 90 signalements de viols par jour.
Un nombre relativement faible si on le rapporte à la taille de la population indienne (1,4 milliard d'habitants) et si on le compare aux 250 viols commis chaque jour en France. Mais il reste très éloigné de la réalité, dans la mesure où la pression sociale incite la plupart des victimes à ne pas porter plainte. En 2016, 79 % des Indiennes déclaraient avoir subi au moins une agression sexuelle.
En cause, « les attitudes et préjugés patriarcaux bien ancrés » dans la société indienne, qui exposent en particulier les femmes « aux violences sexuelles et non sexuelles », selon la Cour suprême. « Les proches des patients sont plus susceptibles de s'en prendre au personnel médical féminin », poursuit-elle. L'usage de la violence est banalisé jusqu'au sein du foyer, puisque 65 % des Indiens estiment normal de battre leur femme « dans certains cas », en particulier si elle sort sans permission (39 %), qu'elle néglige les tâches ménagères (35 %) ou qu'elle ne fait pas bien la cuisine (29 %).
L'affaire de Calcutta, tel un électrochoc, a déclenché une vague de manifestations à l'initiative des médecins et des professionnels de santé, bientôt rejoints par des dizaines de milliers d'Indiens. Partie de Calcutta, la contestation s'est rapidement propagée à l'ensemble du pays. « Trop c'est trop », pouvait-on lire sur les pancartes brandies par des médecins à l'occasion d'un rassemblement qui avait lieu samedi à New Delhi.
La vague d'indignation dépasse la condition des médecins. « Si les femmes ne peuvent pas aller travailler et que les conditions ne sont pas sûres, nous leur refusons l'égalité », a reconnu DY Chandrachud, représentant de la plus haute juridiction du pays.
En 2012, le viol et le meurtre d'une étudiante en médecine dans un autobus à New Delhi avaient déjà suscité une vive émotion dans le pays, incitant le gouvernement à faire voter, un an plus tard, une loi criminalisant le viol et musclant les sanctions pénales contre les agresseurs.
Néanmoins, le texte peine à être appliqué, en particulier au premier échelon, celui des policiers. En mai 2022, dans l'Etat d'Uttar Pradesh (au nord), une jeune fille de 13 ans, issue de la caste la plus inférieure, était venue porter plainte au commissariat pour avoir été contrainte pendant plusieurs jours à des viols collectifs par quatre hommes. Le policier chargé de la déposition lui avait alors fait subir une nouvelle agression sexuelle. (selon "Les échos")
La chasse est une activité qui se perpétue depuis la nuit des temps. Impliqués dans le rôle de régulation des populations de grand gibier, les chasseurs remplissent aussi le rôle de protecteurs de la nature. Claude Nussli, à la tête d'une société de chasse connaît tous les rouages de cette activité si souvent décriée.
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Accompagné d'un jeune étudiant en géographie et aménagement du territoire, (initié à l’activité par son père et son grand-père qui a rejoint l’association il y a 4 ans), Claude Nussli parle de sa passion mais aussi de sa mission, essentielle, de sentinelle de la nature. « C’est essentiel de communiquer, insiste le président de la Société de chasse basée à Marlenheim. Nous devons démocratiser la chasse, la faire connaître car il y a une méconnaissance du grand public par rapport à la chasse. »
« Depuis toujours, notre but est d’associer des gens qui connaissent le secteur et qui sont sur place. On compte dans nos rangs des ouvriers, un jeune étudiant, c’est très important de faire un mélange de la société. La chasse n’est pas un problème d’argent, mais plus un souci de convivialité et d’investissement sur le terrain. »
S’il avoue avoir pris un peu de recul sur le territoire – « je ne sors plus qu’une ou deux fois par mois » – Claude Nussli s’occupe de la partie administrative en relation avec les différents organismes qui gèrent la chasse. « Nous avons signé une charte avec les communes. Elle expose les principes d’une chasse durable et sa contribution à la conservation de la biodiversité. C’est une nécessité aussi pour rester en bonne relation avec les citoyens et les municipalités. »
Le chasseur est aussi aux avant-postes des évolutions de la faune sauvage. Avec comme partenaires, les agriculteurs. « Le but a toujours été d’associer l’agriculteur à la chasse ainsi qu’à l’aménagement du territoire. De nos jours, les animaux vivent dans un environnement qui a beaucoup changé, on doit trouver des solutions pour qu’ils se sentent à l’aise et puissent se reproduire », souligne Claude Nussli, qui insiste : « On ne tue pas pour tuer, on reste à l’écoute pour réguler les populations, notamment le grand gibier qui cause des dégâts aux cultures » (...)
Claude Nussli le rappelle, la chasse doit faire face à plusieurs défis : régulation des populations de grand gibier, lutte contre l’érosion de la biodiversité et la dégradation des habitats, partage de la nature et maintien du rôle de sentinelle sanitaire sur la faune sauvage. « Mais c’est aussi le plaisir d’observer le gibier et de se retrouver pour un moment convivial ». (selon DNA)