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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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28 décembre 2021

Découverte archéologique en Autriche

Des archéologues ont découvert un bol en or, extrêmement rare, datant de plus de 3 000 ans

autriche

Lors de fouilles menées en Autriche, des archéologues ont retrouvé un bol en or, vieux de trois millénaires. Il s'agit de l'une des plus importantes découvertes dans le pays. Précisions.

Alors qu’ils creusaient les sols d’un site, sur lequel doit bientôt voir le jour une nouvelle ligne de chemin de fer en Autriche, des archéologues ont fait une découverte incroyable !

Un magnifique bol en or, orné d’un motif solaire, a ainsi été découvert lors de ces fouilles menées sur la commune d’Ebreichsdorf, située à une trentaine de kilomètres au sud de Vienne.

Rarissime, l’objet, qui date de 3 000 ans environ, est le premier du genre à être retrouvé en Autriche.

Composé à 90 % d’or (le reste est en cuivre et en argent), le récipient mesure 20 centimètres de diamètre pour 5 centimètres de haut.

Le site archéologique de la trouvaille fut jadis une colonie de l’âge de bronze tardif, laquelle aurait été occupée entre 1 300 et 1 000 avant J-C par une centaine de personnes, référencées comme membres de la civilisation des champs d’urne.

Sur place, les archéologues ont également découvert près de 500 objets en bronze, dont des épingles, des poignards mais aussi des céramiques ou encore des ossements d’animaux.

L’emplacement, près d’un cours d’eau, laisse supposer que l’endroit revêtait une importance rituelle particulière aux yeux des habitants, selon les scientifiques.

Selon le directeur des fouilles, l’archéologue polonais Michal Sip, il s’agit de l’une des plus importantes découvertes archéologiques de ces dernières décennies, en Autriche.

« J’ai travaillé sur plusieurs continents, notamment en Égypte et au Guatemala, mais je n’avais jamais rien découvert de similaire », a-t-il ainsi déclaré, estimant que seule une trentaine de bols de ce type ont été découverts en Europe jusqu’à présent.

Ce bol devrait bientôt être exposé au Musée d'histoire de l’art de Vienne.

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27 décembre 2021

Bora Bora : un milliardaire américain crée le scandale ...

--- en privant d'eau douce des familles locales

boraboraSur l’île de Bora Bora en Polynésie française, plusieurs familles sont privées d'eau douce depuis 3 mois. En cause : les travaux de réalisation d'une lagune à proximité par la SCI Bora Yes, propriété d'un milliardaire américain. Le chantier aurait endommagé la lentille d'eau douce qui alimente les habitations. Reportage de notre partenaire TNTV.

Sur l’un des motu (îlot entourant l’île principale) de Bora Bora, des familles sont dépourvues d’eau depuis plusieurs mois déjà. Le responsable selon elles : un milliardaire propriétaire d’une partie du motu qui réalise des travaux d’aménagement d’une lagune. Un « caprice » qui a du mal à passer pour les familles car le chantier aurait endommagé la lentille d’eau douce qui alimente leurs habitations, rendant l’eau salée et impropre à la consommation.

Pour Me Thibault Millet, l’un des avocats des familles, le constat est révoltant : « on voit que c’est simplement un caprice de milliardaire parce qu’il ne se satisfait pas du lagon de Bora Bora qui est magnifique. Il veut en plus une petite lagune qui rentre dans son motu. On a vraiment une sensation de dégoût. On parle d’une lentille d’eau qui aurait pu durer probablement des centaines d’années encore. On parle de millions de m3 d’eau douce qui viennent d’être définitivement gâchés ».

Un sentiment de travail bâclé que partage Me Edouard Varrod, l’autre avocat engagé par les familles : « avant même de commencer des travaux, normalement, on est censé faire une étude sur l’impact que vont avoir les travaux sur l’environnement et notamment sur la lentille d’eau douce. Bien évidemment, ça n’a pas été fait dans ce cas-là ». 

Mais face à un milliardaire aux moyens conséquents, difficile pour la petite population du motu aux moyens restreints d’entamer des actions judiciaires. Les familles envisagent de récolter des fonds en passant par la création d’une association. « On va d’abord commencer par se poser la question d’une expertise judiciaire pour déterminer clairement les causes et le fonctionnement de cette salinisation de l’eau et comment on pourrait améliorer les choses à l’avenir, et envisager aussi surtout l’urgence : aujourd’hui, on se retrouve avec une population du motu qui n’a plus d’eau douce », détaille Me Millet. « Il y a une situation pour cette population qui est nombreuse et pour laquelle il va falloir envisager par exemple la mise en place de cuves de récupération d’eau de pluie pour faire face à l’urgence dans les mois qui vont venir en attendant la résolution du problème ».

Pour autant, les familles sont confiantes. L’annulation du permis de construire de la villa de luxe Aquamaris pourrait jouer en leur faveur dans cette affaire… Ce projet touristique de luxe a été freiné fin novembre, après une requête déposée au tribunal administratif par son voisin la société Tahiti Beachcomber. L’hôtelier soutient notamment que les travaux, dont ceux en vue de la réalisation d’une lagune, auront un impact sur l’exploitation de son établissement.(extrait de la presse - Tahiti.fr).

Mais que pèse donc Macron face à un milliardaire américain ? Il paraît pourtant que Bora Bora est un territoire français !!!

26 décembre 2021

A Maisonsgoutte, les économies restent au chaud dans les bas de laine

Même au conseil municipal on compte les sous !

basDécidément, le président de la CEA a semble-t-il été bien reçu lors de sa tournée dans les communes alsaciennes ... sauf à Maisonsgoutte. Et même la fusion des deux départements alsaciens au niveau des "brigades vertes" n'y a rien fait. Alors, après une bonne année de discussions, et même des déplacements en personne de notre très efficace et convaincant Frédéric Bierry et de son alliée la maire de Steige, le conseil municipal de Maisonsgoutte refuse d'ouvrir son "bas de laine" pour adhérer au syndicat des gardes-champêtres (brigades vertes)

- Extrait des délibérations du conseil municipal de Maisonsgoutte :

MeisengottLe débat a certes élé houleux, en atteste le résultat du vote (6 pour, 9 contre). Mais en touchant aux sous, même le maire peut être mis en minorité dans cette commune si originale.

En attendant, motards et conducteurs de puissants 4x4, braconniers, voleurs de bois de chauffage et chapardeurs divers sauront dans quelle commune ils vont pouvoir exercer leurs talents en toute impunité.

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25 décembre 2021

Sourire à Noël, malgré la pandémie

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24 décembre 2021

Auroville, cité utopique de l'Inde

Lutte contre un projet de déforestation

auroville_1La population de la cité utopique d’Auroville se révolte depuis dix jours contre un projet de déforestation, ordonné par le gouvernement. Cette ville du sud du pays a été fondée en 1968 avec pour objectif de créer une communauté du futur, et d'établir une nouvelle harmonie avec l’environnement. Elle jouit maintenant d’une forêt très riche.

Les bulldozers avancent dans le cœur de la forêt d’Auroville, et des dizaines de résidents, indiens comme occidentaux, se placent sur leur chemin. Ils s’opposent à la coupe de dizaines d’arbres, qui doit permettre la création d’une route circulaire dans Auroville. Mais ils sont violemment repoussés par des hommes de main et les arbres tombent.

La nouvelle administratrice de la cité, nommée par New Delhi, affirme que ce tracé respecte les plans initiaux de la ville. Mais les résidents soutiennent qu’il faut les adapter et faire passer la route par une zone non boisée. C’est ce qu’explique cet Aurovilien qui souhaite rester anonyme par peur de représailles : « À Auroville, on a une biodiversité absolument étonnante. Et c'est vraiment la richesse d'Auroville d'avoir pu pendant 50 ans développer ces forêts. En termes de CO2, l'Inde étant très polluante, je pense qu'elle devrait protéger ses forêts plutôt que de les détruire. Pour nous, c'est absolument indispensable de garder ce trésor biologique de forêts, d'animaux sauvages qui sont revenus ici ».

Le tribunal environnemental régional, saisi par des résidents, vient de reconnaître le risque potentiel de cette déforestation. Les juges ont empêché toute nouvelle coupe d’arbre, jusqu’à vendredi prochain. Et demandé aux autorités de prouver que ces travaux sont légaux et justifiés. (de Sébastien Farcis, RFI)

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23 décembre 2021

Vaccin gaspillé !

Le Paraguay doit jeter plus de 22 000 doses de vaccin périmées

paraguay_1Malgré un taux de vaccination encore très faible, le petit pays d’Amérique du Sud n’a pu éviter la destruction d’un stock de plus de 22 000 doses du vaccin d’AstraZeneca, dont la date de péremption était dépassée. Une crainte vis-à-vis de ce vaccin en particulier serait la cause de ce gaspillage.

Le mercredi 1er décembre, le gouvernement paraguayen a dû se résoudre à détruire 22 530 doses du vaccin d’AstraZeneca contre la covid-19, alors même que le pays est encore loin d’atteindre ses objectifs en matière de vaccination de la population.

22 décembre 2021

Chine, Corée du Nord... le Japon vise un budget de défense record

Le budget de la défense du Japon pour l'exercice 2021/22 pourrait atteindre un nouveau record annuel d'environ 6.100 milliards de yens (47,5 milliards d'euros), soit un bond de 15% sur un an. La situation sécuritaire de la région se détériore en effet "à une rapidité inédite", entre les provocations de la Corée du Nord et les tensions avec la Chine !

japonTensions avec la Chine, la Corée du Nord... Le Japon fourbit ses armes. Tokyo vise un budget additionnel record pour la défense. Le ministère japonais de la Défense a annoncé qu'il allait solliciter un budget additionnel record de 773,8 milliards de yens (6 milliards d'euros) pour l'exercice 2021/22 afin d'accélérer ses achats d'équipements militaires dans un contexte géopolitique régional très tendu. Les tensions avec la Chine et les risques posés par la Corée du Nord rendent la situation sécuritaire régionale "de plus en plus grave" et celle-ci se détériore "à une rapidité inédite", selon le ministère.

Si cette requête aboutit, le budget nippon de la défense pour l'exercice 2021/22, entamé le 1er avril dernier et s'achevant le 31 mars prochain, atteindra un nouveau record annuel d'environ 6.100 milliards de yens (47,5 milliards d'euros), soit un bond de 15% sur un an. Le budget additionnel doit couvrir les frais d'achat de missiles d'interception et de défense antiaérienne, des avions patrouilleurs, des hélicoptères ou encore des torpilles sous-marines. Certaines de ses dépenses avaient été initialement prévues pour l'exercice suivant 2022/23.

Dans son dernier "livre blanc" annuel sur la défense, paru en juillet, le Japon avait souligné que les tensions sino-américaines autour de Taïwan posaient une menace de plus en plus pressante pour la stabilité régionale. La Chine considère Taïwan comme une province rebelle vouée à revenir à terme dans son giron, et a accru sa pression diplomatique, militaire et économique sur l'île ces derniers temps.

Washington a vivement réagi dernièrement aux actions de Pékin visant Taïwan, mettant le Japon dans une position encombrante, étant donné que les Etats-Unis et la Chine sont ses deux principaux partenaires commerciaux. Tokyo proteste aussi régulièrement contre la présence accrue de navires chinois autour des îles inhabitées Senkaku, administrées par le Japon mais revendiquées par Pékin, qui les appelle Diaoyu.

La Corée du Nord et sa puissance nucléaire pose une autre menace sérieuse pour l'archipel nippon. Pyongyang a repris ces derniers mois ses tests de missiles balistiques. Le nouveau Premier ministre japonais Fumio Kishida, arrivé au pouvoir en octobre, a fait de l'augmentation des moyens de défense du Japon l'une de ses priorités.

De par sa Constitution pacifiste depuis l'après-guerre, le Japon ne peut théoriquement pas se doter d'armes offensives, et une règle tacite veut que ses dépenses militaires ne dépassent pas 1% de son PIB annuel. Le Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice), dont M. Kishida est le chef, veut repousser à long terme ce plafond au-delà de 2% du PIB. (selon "Capital")

21 décembre 2021

Trahison pour quelques vaccins ?

Après avoir rompu avec Taïwan au profit de la Chine, le Nicaragua reçoit des vaccins Sinopharm

nicaraguaLa nouvelle alliance entre la Chine et le Nicaragua porte ses fruits. La délégation nicaraguayenne a déjà reçu 200.000 doses de vaccins anti-Covid chinois. Au total, cette dernière devrait en 1 million d'ici la fin de semaine.

Le Nicaragua a reçu, ce dimanche 12 décembre, 200.000 doses de vaccin anti-Covid chinois Sinopharm, trois jours après que Managua a rompu ses relations avec Taïwan et les a rétablies avec Pékin, s'attirant les critiques des Etats-Unis. La délégation nicaraguayenne qui s'était rendue en Chine pour formaliser les relations avec Pékin, dirigée par Rafael et Laureano Ortega, fils du président Daniel Ortega, est arrivée à Managua à bord d'un avion d'Air China, ont rapporté les médias officiels.

Il a ajouté que 800.000 autres doses de Sinopharm devraient arriver dans les prochains jours. Laureano Ortega a déclaré qu'au cours de sa visite en Chine, il avait discuté d'éventuels projets de coopération et rencontré les autorités chargées du commerce et de la coopération. Ce revirement diplomatique intervient dans un contexte de tension croissante entre la Chine et les Etats-Unis au sujet de Taïwan.

Le gouvernement Ortega dans le viseur de Washington

Depuis ce samedi 11 décembre, Taïwan est encore plus isolé depuis la perte de l'un de ses rares soutiens diplomatiques : le Nicaragua. Cette île indépendante depuis 1949, résiste à Pékin qui la revendique comme faisant partie de son territoire. Ce revirement de situation fait également suite au renforcement par Washington des sanctions en matière d'immigration et des sanctions économiques à l'encontre des responsables du gouvernement Ortega, réélu en novembre pour un quatrième mandat à la tête du Nicaragua, alors que la plupart de ses rivaux sont emprisonnés. (selon "Capital")

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20 décembre 2021

Sénégal, Burkina Faso : manifestations

Pourquoi la jeunesse clame : « France, dégage ! »

s_n_galÀ Ouagadougou, à Saint-Louis, à Dakar... se déroulent des manifestations anti-françaises de plus en plus violentes. Derrière, une poussée décoloniale, anti-impérialiste, détournée en partie au profit de rivalités politiques.

Saint-Louis, la grande ville à l’architecture coloniale du nord du Sénégal, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, a retrouvé un peu de sa superbe en ce mois de novembre. Élections municipales obligent – elles auront lieu à la fin janvier 2022 –, des équipes de nettoyeurs s’activent pour balayer les rues et ôter une partie des déchets en plastique qui ont envahi l’agglomération, s’accrochant partout aux arbres, aux filets de pêche, débordant du fleuve Sénégal qui se jette dans l’océan Atlantique.

La vaste plage qui longe le cimetière musulman offre le même spectacle de décharge à ciel ouvert, avec au loin les piroguiers qui font vivre le quartier surpeuplé de Guet Ndar, majoritairement composé de la communauté de pêcheurs lébous. En face, le mythique hôtel de la Poste où séjournait Jean Mermoz, figure de l’aventure de l’Aéropostale. Et, enjambant le fleuve, l’immense pont Faidherbe, inauguré en octobre 1897 par le ministre français des Colonies André Lebon et baptisé en l’honneur de Louis Faidherbe, administrateur colonial de la ville et acteur majeur de la conquête du pays par les troupes françaises.

La rage contre Paris plonge ses racines dans l’humiliation d’une « décolonisation » perçue comme inachevée.

En plein centre-ville, une statue à l’effigie du pacificateur sanglant de l’Algérie témoigne encore d’un « Sénégal reconnaissant », alors qu’une campagne animée par un collectif d’associations françaises et sénégalaises réclame la chute de ce symbole – comme de débaptiser ou faire tomber rues et monuments l’honorant en France.

Soixante ans après l’indépendance et le départ du dernier administrateur colonial, la jeunesse sénégalaise est saisie par une intense poussée « décoloniale » et par une rancœur croissante envers l’influence prêtée aux décideurs parisiens dans les affaires du pays. Un collectif baptisé France dégage multiplie les actions coups de poing. Son principal animateur, l’activiste Guy Marius Sagna, a effectué plusieurs mois de prison, accusé notamment d’organiser des rassemblements non autorisés et de diffuser de « fausses nouvelles »

Populisme

Mais c’est surtout Ousmane Sonko, étoile montante de la politique sénégalaise très populaire auprès de cette même jeunesse, qui s’est imposé comme l’opposant numéro un du président Macky Sall en portant ce combat contre la politique africaine de la France. Lors de la dernière campagne présidentielle de 2019, où il s’est hissé à la troisième place, le populiste n’a cessé de pointer le pillage des ressources pétrolières et gazières par des entreprises françaises, Total en tête. Le principal gisement, situé en face du cimetière de Saint-Louis, à cheval sur les eaux mauritaniennes, devrait produire ses premiers mètres cubes de GNL (gaz naturel liquéfié) à l’horizon 2023 et constituer une rente colossale pour le pays.

Contrairement aux affirmations d’Ousmane Sonko, ce sont en réalité des sociétés anglo-saxonnes – dont Kosmos Energy pour le gisement de Saint-Louis – qui ont raflé l’essentiel du magot pétrolier et gazier. Lors des émeutes qui ont secoué Dakar en mars 2021, consécutives à l’arrestation de ce même Ousmane Sonko, accusé d’un viol sous la menace d’une arme dans un salon de massage, ce sont pourtant des symboles de cette mainmise française supposée (stations Total, supermarchés Auchan, boutiques Orange) qui ont été pris pour cible.

Des rumeurs se propagent à toute allure : l’armée française, déployée dans le cadre de l’opération « Barkhane », ne combattrait pas les « terroristes » mais les protégerait.

« La compagnie nationale de télécom Sonatel a été rachetée par Orange, et cela, les gens ne le supportent pas. Il est tout à fait anormal que des entreprises aussi stratégiques ne restent pas aux mains d’un opérateur public », estime Mary Teuw Niane, qui se présente à la mairie de Saint-Louis contre Amadou Mansour Faye, l’actuel édile et beau-frère du président Macky Sall. En tête des sondages confidentiels réalisés en septembre dernier, Mary Teuw Niane entend bien redonner à sa ville son histoire sénégalaise et il milite pour débaptiser le pont Faidherbe comme pour remiser la statue éponyme dans un musée.

Mais la rage contre la politique française plonge ses racines bien au-delà des frontières de Saint-Louis et du Sénégal, dans la violence, l’humiliation du processus colonial, d’une « décolonisation » perçue comme inachevée. Elle provient aussi de l’environnement immédiat et de ce Sahel gangrené par les groupes armés se revendiquant du djihad et où des cellules « terroristes » sont identifiées et surveillées jusqu’à Kédougou, près de la frontière malienne. De Bamako à Niamey, en passant par Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, la rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre. L’armée française, dont près de 5 000 hommes sont déployés dans le cadre de l’opération « Barkhane », non seulement ne combat pas les « terroristes » mais leur livre des armes, les protège, les renseigne, voire assassine elle-même les populations locales.

Sous la coupe du FMI

Quelques jours seulement après l’attaque d’un détachement de gendarmerie à Inata, dans le Soum, qui a fait 53 morts, le 16 novembre, parmi les militaires burkinabés, les manifestations de colère se sont multipliées. Elles ont été jusqu’à bloquer un convoi français d’une soixantaine de poids lourds, escortés par une centaine de soldats en direction du Niger. Ce convoi a été immobilisé par des habitants exaspérés, exigeant d’inspecter le contenu du véhicule censé contenir des armes destinées aux groupes djihadistes. Ayant finalement réussi à franchir la frontière nigérienne, la colonne a encore dû s’arrêter à une trentaine de kilomètres dans la localité de Téra, où étaient dressées là aussi des barricades. Les force de l’ordre nigériennes et les militaires français, selon plusieurs témoignages recueillis sur place, n’ont pas hésité à user de leurs armes contre la foule, faisant 2 morts et 18 blessés chez les manifestants.

Norbert Ouangré, secrétaire général adjoint de la CGT-B, principale centrale syndicale du Burkina Faso, tient cependant à distinguer cette vague « anti-française », dénoncée avec force par l’Élysée, d’une colère « anti-impérialiste » parfaitement justifiée. « Nous faisons face à un pouvoir néocolonial », estime-t-il : « La France a pris le soin de maintenir sur nous un certain contrôle, sur la vie économique comme sur les questions militaires où nous avons encore des officiers français qui conseillent notre armée. Et quand les responsables du Fonds monétaire international viennent, on sent que ce sont eux les véritables propriétaires du pays. C’est eux qui nous dictent ce que nous devons faire, quel budget consacrer à l’éducation, etc. Et si nous n’obéissons pas, nous n’obtenons pas les lignes de crédit. C’est un sentiment anti-impérialiste car personne ne s’en prend aux Français en tant que tels, avec qui nous avons des liens profonds d’amitié. Et c’est ce même impérialisme qui, en réalité, nous exploite, le peuple français comme le burkinabé. » (selon "L'Humanité")

19 décembre 2021

Quelques anciens Pères Noël de la vallée

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