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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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16 février 2022

Scandales en Ehpad

Plusieurs enquêtes ont effectivement montré que certains groupes pratiquent des tarifs abusifs pour leurs résidents. Ainsi l'Ehpad de Neuilly-sur-Seine, dépendant du groupe Orpéa, demande pour une chambre d'entrée de gamme un montant mensuel de 6500 €. 

Alors, vous qui êtes bons en calcul, quel est le tarif mensuel appliqué dans l'EHPAD du dessin ? Le personnel présent ( 1 aide soignante) ainsi que les conditions d'accueil des résidents vous semblent-ils satisfaisants ? Enfin, si vous en avez l'âge, aimeriez-vous figurer parmi ces résidents ?

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15 février 2022

Brigade verte à la MJC

La presse locale nous a appris il y a quelques jours l'installation provisoire de la brigade verte à  Villé, au centre d'hébergement de la MJC.

MJVCe centre est le fleuron d'une MJC qui fonctionne à merveille pour l'ensemble de la vallée. Cette structure avait été construite en son temps grâce aux interventions au niveau de l'Etat du ministre de la Culture Jack Lang et de son directeur de cabinet sélestadien Gilbert Estève, ainsi que du député vosgien Christian Pierret. Ce centre accueillait régulièrement des groupes venus dans la vallée à des fins associatives, culturelles ou sportives.

On peut se demander ce qui a pris nos élus pour louer ce bâtiment à des brigades vertes. Quel intérêt ? alors que non loin de là dort l'ancienne gendarmerie gérée semble-t-il par une agence immobilère du Ried, alors que suite à des bisbilles politiciennes le bâtiment a échappé à toute tentative d'achat à travers une agence de la vallée. Et faut-il rapppeler qu'en son temps ces bâtiments ont été proposés à la municipalité de Villé à l'euro symbolique. Mais c'était trop cher, plus cher même que la villa Mathis ou les anciennes FTV, paraît-il.

Et pourquoi ne pas proposer les vestiaires du stade de football, le plus beau de la vallée, mais qui n'accueille plus aucune équipe.

Et ce point concernant le bâtiment de la MJC, a-t-il seulement été délibéré à la comcom (propriétaire des locaux) ou ailleurs ?

Villé et sa vallée est pleine de locaux vides pouvant convenir. Même le maire de Maisonsgoutte avait proposé des locaux dans son village. C'est donc un comble ! surtout lorsqu'on sait que dans ce coin d'Alsace, le provisoire devient facilement définitif ! Quant à nos élus villois et autres, chapeau pour leur vision pour l'avenir de la vallée : cela fait bien longtemps qu'on parle des brigades vertes sans qu'aucun responsable politique ne se soit soucié de leur hébergement !

gendarmerieL'ancienne gendarmerie, aujourd'hui à l'abandon, ne pouvait-elle servir aux brigades vertes ?

14 février 2022

Racisme au Brésil

La mort d'un Congolais à Rio rappelle les difficultés des migrants africains

br_silDans ce pays de plus de 212 millions d'habitants, les immigrés africains sont relativement peu mais subissent racisme et xénophobie au même titre que les Brésiliens noirs.

Des centaines de personnes ont manifesté le 5 février au Brésil pour demander justice pour un jeune Congolais de 24 ans battu à mort le 24 janvier sur une plage de Rio de Janeiro. Si l'immigration africaine reste à la marge dans ce pays de plus de 200 millions d'habitants, ce drame relance le débat sur le racisme au Brésil.

Arborant des pancartes avec son portrait et des slogans contre le racisme et la xénophobie, plusieurs centaines de manifestants, parmi lesquels des membres de la communauté congolaise, se sont rassemblés autour du bar de plage où Moïse Kabagambe était employé. Le jeune homme y a été lynché par cinq hommes. Selon sa famille, il était venu réclamer un arriéré de salaire de 200 reais (une trentaine d'euros) au gérant du bar.

br_sil1Des manifestations ont également eu lieu à Sao Paulo, Brasilia, Salvador de Bahia et Belo Horizonte, relate l'AFP. Trois personnes impliquées dans le passage à tabac fatal ont été arrêtées, selon la police brésilienne. La mort de Moïse Kabagambe a provoqué une vague d'indignation sur les réseaux sociaux. De nombreux artistes et sportifs ont réclamé justice pour le jeune homme, parmi lesquels le footballeur Gabriel Barbosa ou le chanteur Caetano Veloso.

Un "boom migratoire"

Fuyant avec ses deux frères les violences en Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo, Moïse Kabagambe avait été accueilli à son arrivée au Brésil en 2011 par l'ONG catholique Caritas. Tous trois avaient obtenu le statut de réfugié, précise "La Croix"

"Entre 2010 et 2018, le nombre de demandes d'asile déposées au Brésil a été multiplié par 80. Ce 'boom migratoire' est sans précédent, non seulement par son importance, mais surtout en raison de la variété des pays d'origine des migrants : Amérique du Sud, Caraïbes, Afrique, Europe et même Asie", précisait le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) en 2019. Ainsi, 70 000 Africains, principalement issus de l'ouest du continent, ont rejoint le Brésil pendant cette période. Le ministère de la Justice brésilien estime que les réfugiés congolais sont au nombre de 1 798.

"Une fois que vous entrez dans le pays et que vous faites votre demande d'asile, vous avez les mêmes droits que tout Brésilien", indiquait en 2015 le professeur Duval Fernandes, dans  "Le Point". Mais aujourd'hui, dans un contexte économique plombé notamment par la crise sanitaire, selon "Les Echos", trouver un travail devient plus difficile pour les migrants.

Un contexte de violence raciste

Ce meurtre "ne peut être considéré isolément du contexte dans lequel vivent et passent des milliers de jeunes hommes et femmes noirs tués ces derniers temps", a déclaré Zanoni Demettino Castro. Le responsable de la Pastorale afro-brésilienne de la Conférence épiscopale, repris par l"agence Fides, précise que "sur les 34 918 morts violentes de jeunes signalées à la fin de 2021, 80% étaient des jeunes Noirs"

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"Il s'agit de la mort d'un étranger qui était notre frère, parce qu'il était noir. Nous sommes ici pour montrer notre résistance, pour montrer que nous ne laisserons pas impuni ce qui s'est passé."

Bruna Lira, une étudiante de 19 ans à l'AFP

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Le Brésil "n'accorde de la valeur qu'aux étrangers aux yeux clairs et qui parlent anglais. Si c'est un Noir qui est venu d'Afrique pour essayer de grandir ici, il n'a aucune valeur", a déclaré à l'AFP Douglas Alencar, le coordinateur à Rio de Janeiro de l'Ipad, un institut militant pour la défense de la démocratie.

Au-delà d'un phénomène lié au boom migratoire, le racisme est fortement ancré au Brésil. Et la mort d'un homme noir roué de coups par des vigiles blancs d'un supermarché à Porto Alegre avait déjà mis le feu aux poudres dans le pays. A l'époque, l'Organisation des nations unies avait demandé une enquête indépendante et dénoncé un "racisme structurel" au Brésil. ('selon "Franceinfo.Afrique")

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13 février 2022

Les « pièges à vététistes » se multiplient sur les chemins

En quatre mois, deux de ces actes irresponsables ont conduit à des blessures en Alsace.

vtt1Il va mieux aujourd’hui mais s’en souviendra encore longtemps. Fin septembre, un jeune vététiste de 18 ans avait été grièvement blessé dans le Haut-Rhin. La faute à une chute provoquée par… une planche cloutée. Soit le même dispositif qui a été retrouvé, non sans douleur par une promeneuse à Gries (Bas-Rhin).

Les forêts alsaciennes seraient-elles devenues dangereuses ? « Il y a eu des signalements ces derniers mois mais ces pièges restent des exceptions », nuance Cédric Ficht, directeur de l’agence de l’Office national des forêts (ONF) à Schirmeck (Bas-Rhin). « L’an dernier, sur toute la France, nous avons fait remonter six cas », prolonge Ludovic Lechner, référent de la Mountain Bickers Foundation (MBF) pour le massif des Vosges.

Les VTT tolérés mais pas autorisés

vttLes deux l’assurent, ce phénomène « dangereux et irresponsable » est « en accélération » ces derniers mois. Depuis, notamment, que se mettre au vert est redevenu tendance pour de nombreux Français, lassés des confinements. Le massif des Vosges n’a pas échappé à ce nouvel afflux de population. « Nous sommes sur un territoire très densément peuplé où, à un moment de l’année, jusqu’à 2,5 millions peuvent avoir envie de consommer la pleine nature », résume le président du Club vosgien dans le Haut-Rhin Joseph Peter. « Or c’est un espace où il y a des libertés mais aussi des règles ».

Que certains, à pied ou non, ne respectent pas toujours. « Il y a de plus en plus de gens qui se croisent donc plus en plus de potentielles situations de conflits », reprend Cédric Ficht en témoignant de scènes tendues entre randonneurs et autres usagers de la forêt. Comme avec les cyclistes, eux aussi bien plus nombreux qu’avant grâce au développement de l’assistance électrique au pédalage.

« On est aussi mal vu car beaucoup de gens croient que le VTT est systématiquement interdit sur les sentiers, alors que ce n’est pas le cas », rebondit Ludovic Lechner, de la MBF. « Le code forestier ne le mentionne pas donc on a le droit d’y aller. » Un point sur lequel l’ONF n’est visiblement pas d’accord. « Il est écrit que tous les véhicules sont interdits. Le VTT en est un, non motorisé », précise le directeur de l’agence de Schirmeck. « Mais c’est vrai qu’un tribunal n’a jamais tranché la question. En attendant, nous appliquons une notion de tolérance. Mais elle peut être révoquée localement et les piétons seront toujours prioritaires. »

Des pièges mis par des chasseurs ?

vtt3Revient alors une question : qui pose ces fameux pièges et pourquoi ? En 2015, un homme avait été condamné dans l’Hérault à 9 mois de prison, dont un mois ferme, pour avoir multiplié les obstacles à l’encontre des vététistes. Planches à clous, pieux plantés dans la terre, etc. « A l’origine, c’était souvent pour lutter contre les motos tout-terrain. Des gens en avaient marre du bruit », rappelle Cédric Ficht. « Aujourd’hui, c’est plus flou. »

Les deux enquêtes ouvertes en Alsace n’ont, pour l’instant, pas permis de trouver des responsables. « Certains accusent les chasseurs mais pas moi, il n’y a pas de preuve », indique le vététiste, conscient que la majorité des obstacles sont destinés aux pratiquants des deux roues, motorisés ou non. Surtout quand il s’agit de fils tendus à 1,50 m du sol, voire de barbelés… Les deux ont déjà été vus dans la région. (selon "20 minutes")

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12 février 2022

Elections : l'Espagne rurale se rebiffe

Dans l'Espagne rurale, des plateformes électorales s'organisent pour revendiquer le désenclavement et mieux lutter contre la brèche numérique. Les candidats des petites listes locales espèrent créer la surprise aux élections régionales de Castille-et-León ce dimanche.

espagne« Ce n'est pas parce qu'on est moins nombreux qu'on a moins de droits », lit-on sur l'affiche placardée à l'entrée du bar de Duruelo, 190 habitants, dans la province de Ségovie. Ici comme ailleurs en Castille-et-León, la révolte gronde. Les villages de l'Espagne dépeuplée se rebiffent, décidés à lutter contre l'oubli et les a priori des citadins. Ils comptent se faire entendre ce dimanche, aux élections régionales où ils seront présents à travers une série de candidatures locales.

Les sondages situent le Parti populaire et les socialistes du PSOE loin devant, et annoncent la forte avancée de Vox à l'extrême droite. Mais les enquêtes signalent aussi une percée inattendue des mouvements locaux.

« Ce n'est pas juste des vaches »

« Nous allons montrer que le milieu rural, ce n'est pas juste des vaches », affirme Angel Ceña, le candidat de la liste baptisée Soria Ya, qui se bat pour le désenclavement de cette province du nord. L'important, selon lui, c'est d'obtenir des infrastructures, de maintenir des écoles et des services publics de proximité, ainsi que de lutter contre la brèche numérique en faisant arriver la fibre optique dans les villages. Il peste contre tous ces politiciens en campagne qui viennent faire une photo au milieu des vaches et s'en vont.

C'est contre cela, justement, que sont nées les mobilisations de cette Espagne de l'intérieur qui souffre de l'exode rural. « Avant, les gens quittaient les villages parce qu'il n'y avait pas l'électricité ni l'eau courante. Maintenant ils vont partir parce qu'ils n'ont pas accès à Netflix et qu'il n'y a pas de réseau suffisant pour pouvoir télétravailler ou construire de nouveaux projets. »

Pour Angel Ceña ce n'est pas une fatalité, mais la conséquence d'une gestion territoriale ratée et jamais corrigée. « Dans les années cinquante, l'idée avait été de dédier nos provinces à l'agriculture et à l'élevage, pendant que les industries locales se rapprochaient des villes pour bénéficier des services. » Sauf qu'avec la mécanisation, le secteur agricole n'a plus eu besoin d'autant de bras et les gens sont partis. « Aujourd'hui, on constate que seuls les villages qui ont maintenu des activités différentes ont réussi à garder leur population. »« 

Lutter contre les inerties

espagne1Après des décennies de promesses sans suite de la part des élus, les plateformes locales de cette « Espagne vidée » ont décidé de prendre les choses en main et d'entrer en politique. « C'est une question de justice, nous voulons donner voix à une population qui occupe 70 % du territoire espagnol, affirme Angel Ceña, le candidat de Soria Ya. Nous ne sommes ni de droite ni de gauche, mais transversaux, pour lutter contre les inerties et apporter des propositions constructives au futur gouvernement régional. »

Le désert d'aujourd'hui est le fruit d'un modèle qui encourageait activement les départs, raconte aussi Tomás Guitarte, qui a ouvert la voie, en 2019, en se faisant élire député pour Teruel Existe, un mouvement citoyen né dans une des provinces les plus isolées de la région de Castille-La Manche : « Quand on était gamins, le progrès était de partir. On nous disait qu'il fallait bien travailler à l'école pour pouvoir ensuite émigrer le plus formé possible vers la ville », raconte-t-il.

Inverser le mouvement

Le défi est maintenant d'inverser le mouvement. Encourager les entrepreneurs locaux, attirer de nouveaux habitants et éviter que les seuls investissements qui se profilent soient des élevages industriels qui ne respectent pas les normes environnementales. « Aujourd'hui, avec une bonne connexion Internet, on peut vivre au village et travailler pour une compagnie de centres commerciaux à Londres ou ailleurs. La pandémie a montré qu'on pouvait casser les distances… à condition que l'Etat nous en donne les moyens », affirme le député de Teruel Existe.

Pour exemple, il cite le cas de Torumas, une entreprise d'une centaine de salariés, spécialisée dans la machinerie de stockage et de découpe de verre, qui est installée dans le village de Rubielos de Mora, non loin de Teruel. Très développée à l'international, elle a vu ses projets d'expansion freinés, faute d'accès à une bonne connexion à Internet. Elle se trouvait sur le point de déménager face à cette situation intenable quand la fibre optique est enfin arrivée, en novembre dernier, après des années de retard. Il s'en est fallu de peu pour que parte l'entreprise avec tous les emplois associés.

- Selon Cécile Thibaud (Correspondante à Madrid - Les Echos)

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11 février 2022

Mexique, le chantier pharaonique du train Maya

"Le train ne passera plus par là !", exulte Guadalupe. "Nous avons perdu, adieu à la modernité", déplore son voisin Ruben. Projet pharaonique à 10 milliards de dollars, la construction d'un train touristique Maya divise les communautés pauvres du sud-est du Mexique.

mayasIl y a ceux qui sont contre le méga-chantier du président Andres Manuel Lopez Obrador, lancé pour développer la péninsule du Yucatan et connecter les plages de Cancun et Tulum aux sites archéologiques maya de Chichén Itzá et Palenque.

C'est le cas de Guadalupe Caceres, 64 ans, qui a saisi la justice pour que le tracé épargne sa maison à Campeche, ville coloniale fortifiée construite sur le golfe du Mexique. Et elle a déjà gagné, avant toute sentence définitive. Le train ne passera plus au centre mais à la périphérie de Campeche, l'une des 21 futures gares.

"Nous avons tordu le bras au gouvernement", se félicite Guadalupe sous les arbres fruitiers de son patio. "Le train n'a rien de maya, au contraire, c'est un projet ethnocide et écocide", ajoute-t-elle en reprenant l'argumentaire des adversaires du projet, principalement des défenseurs des communautés indigènes et des écologistes.

A l'inverse, Ruben Angulo, 49 ans, espère bénéficier de l'un des 500.000 emplois promis par le gouvernement.

"Un acte de justice"

Le train Maya est un "acte de justice", a proclamé le président Lopez Obrador au lancement des travaux dès son arrivée au pouvoir en décembre 2018. Sur près de 1.500 km, le train doit traverser cinq états (Chiapas, Tabasco, Campeche, Yucatan, Quintana Roo) où la moitié des quelque 13 millions d'habitants vit sous le seuil de pauvreté.

Le train doit circuler à partir de 2023 sur un premier tronçon à l'entrée de la péninsule, entre Palenque (Chiapas) et Escarcega (Campeche), sur environ 200 km. On annonce des pointes à 160 km/heure. Mais une partie des habitants de la région refuse que le président de la gauche nationaliste, lui-même originaire du Tabasco, ne fasse leur bonheur contre leur gré.

A 200 km de Campeche, à l'intérieur des terres à travers un paysage de forêts, quelque 500 paysans retiennent à Candelaria la pelleteuse d'un sous-traitant du Fonds national de développement du tourisme (Fonatur), l'organisme public en charge des travaux.

Ils exigent des indemnisations car le train va couper leur village en deux. "Tant qu'ils ne trouvent pas une solution, on ne laissera pas faire les travaux!", prévient Eréndira Ocaña, 30 ans.

Le rejet du train mobilise également l'ex-guérilla zapatiste de l'EZLN, pour qui le méga-projet représente une menace vitale pour les peuples et la nature. Le tracé ne passe pas par San Cristobal de las Casas, au Chiapas, le fief des héritiers du sous-commandant Marcos.

La guérilla contre le train ne se livre plus les armes à la main comme en 1994, mais devant les tribunaux, à coups d'"amparos" (saisine de la justice contre des décisions du gouvernement). Au total 25 recours ont été déposés, dont un contre les résultats d'une "consultation citoyenne" menée en décembre 2019 par les autorités. Plus de 90% des communautés indigènes consultées avaient dit oui au projet. Le référendum avait été critiqué par les Nations unies pour son manque d'impartialité, ne répondant pas aux normes internationales.

L'armée à la rescousse

Face à cette guérilla judiciaire, le président Lopez Obrador a déclaré en novembre que son méga-chantier relevait de la "sécurité nationale" pour que ses adversaires "ne puissent pas l'arrêter".

Le président avait déjà chargé l'armée mexicaine de superviser les travaux du train, dont les wagons (42 au total) sont fabriqués par le consortium franco-canadien Alstom-Bombardier. Lors d'un voyage de presse fin novembre, le Fonatur s'est défendu de toute atteinte à l'environnement: à 40%, le train va être construits sur les rails déjà en place d'une ancienne voie ferrée.

Fonatur prévoit aussi l'extension de la plus grande réserve mexicaine de forêt tropicale, Calakmul, de 730.000 a 1,2 million d'hectares. Dans l'esprit de ses concepteurs, le train prolonge le développement de Cancun et Tulum, qui attendent cette année 12 millions de visiteurs. D'après ceux qui vantent le projet, le tourisme sera moins tourné vers les grands hôtels, et davantage vers l'environnement et l'intégration des communautés.

Fin octobre, Fonatur a diffusé un sondage auprès de 804 habitants des cinq états de la région montrant que 88% d'entre eux ont une bonne opinion du projet.

A Pixoyal, près de Campeche, Guadalupe Pérez, 32 ans, a touché le gros lot. Elle sera relogée dans une des maisons que le gouvernement a livré à des centaines de familles. A Candelaria, le chauffeur de taxi Cutberto Garcia, 49 ans, espère lui être indemnisé pour sa modeste maison, dont il n'a aucun acte de propriété. "Il était temps qu'ils nous sortent un bon projet". (selon "GEO")

10 février 2022

Archéologie dans les vestiges d'un camp de la mort en Pologne

Des archéologues ont retrouvé trois pendentifs au cours de fouilles menées dans le camp d'extermination de Sobibór en Pologne. Les bijoux, dont un est apparu dans une pièce près des chambres à gaz, montrent des représentations de Moïse et des Tables de la Loi.

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Quatre-vingts ans après, de macabres témoignages des activités des camps de la mort continuent de refaire surface. Depuis une dizaines d'années, des archéologues mènent des fouilles approfondies dans le camp de concentration de Sobibór situé au sud-est de la Pologne et elles ont livré de nouvelles découvertes.

Dans un récent communiqué, l'Autorité des antiquités israéliennes (IAA) qui participent aux recherches a annoncé la mise au jour de trois pendentifs en métal. Bien que différents, les bijoux présentent tous des représentations de Moïse portant les Tables de la Loi sur une face et une prière juive, "Chema Israël", inscrite à la main sur l'autre face.

"L'aspect personnel et humain de la découverte de ces pendentifs est glaçant", a expliqué dans le communiqué Eli Eskozido, directeur de l'Autorité des antiquités israéliennes. L'un des trois pendentifs est apparu dans les restes d'un bâtiment où les victimes se déshabillaient avant d'être conduites vers les chambres à gaz.

De nombreux autres objets dont des épingles à cheveux ont été trouvés sur le sol du même bâtiment. Un deuxième pendentif a été découvert dans une pièce similaire au sein du camp II tandis que le troisième, où seule la face avec la prière est encore visible, est apparu à proximité d'une fosse commune.

Originaires d'Ukraine, de Pologne et de Tchécoslovaquie

Construit en mars 1942, le camp d'extermination de Sobibór était isolé mais situé à proximité d'une voie ferrée qui permettait d'y conduire les Juifs et les prisonniers capturés en Pologne et dans d'autres zones occupées de l'Union soviétique. Selon une estimation, quelque 250.000 Juifs y auraient été assassinés jusqu'à sa fermeture en octobre 1943.

Au vu des caractéristiques des pendentifs, les archéologues suggèrent qu'ils appartenaient à des individus originaires de Lviv en Ukraine, de Pologne et de Tchécoslovaquie. Mais difficile d'en savoir plus sur leur identité. "On sait peu de choses sur l'histoire derrière ces pendentifs, ce qui est bouleversant", a souligné Yoram Haimi, archéologue de l'IAA qui co-dirige les fouilles.

"Il a été possible d'identifier une sorte de tradition ou de mode parmi les communautés juives d'Europe de l'Est avec de tels pendentifs", a-t-il ajouté. "Mais étaient-ils distribués par les communautés juives locales ou plutôt produits sur commande individuelle ? Les recherches sont en cours et nous invitons le public à nous fournir des informations à leur sujet".

Fermé après une révolte

Le camp de Sobibór a connu le 14 octobre 1943 une importante révolte durant laquelle près de 300 prisonniers ont réussi à s'échapper du centre en faisant une brèche dans les barbelés. Plus de 150 d'entre eux sont re-capturés et fusillés par les nazis et seuls une cinquantaine survivent à la fuite. Parmi eux, Semion Rosenfeld, un soldat juif né en Ukraine et mort en 2019 à Tel-Aviv. (selon "GEO")

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9 février 2022

La Roumanie, nouveau théâtre d'opération de l'armée française?

L'escalade des tensions entre la France et le Mali pose la question de l'après Sahel. Un déploiement en Roumanie, dans le cadre de l'Otan, est envisagé.

roumanieLes relations diplomatiques entre la France et le Mali empirent de jour en jour. Nouvel épisode ce lundi 31 janvier: la décision de la junte malienne d'expulser l'ambassadeur de France au Mali, qui pose de plus en plus la question d’un retrait total de l’armée française, engagée au Sahel depuis 2013.

Après la fermeture de trois bases au Nord du Mali, l’opération Barkhane est censée réduire ses effectifs, de plus de 5.000 hommes l’été dernier à 2.500 d’ici 2023. Sauf si les choses s’accélèrent d’ici-là. Pour l’armée de Terre, pas question de parler “d’échec” pour autant, après neuf ans sur place.

Malgré les tensions politiques, rien ne bouge pour l’instant sur le terrain, selon le chef d’état-major de l’armée de terre française (CEMAT), Pierre Schill, interrogé sur la question lundi 31 janvier lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes de défense (AJD), à laquelle a assisté Le HuffPost.

La question du Sahel est éminemment politique, a-t-il prudemment commenté. Mais au quotidien, nos unités sur le terrain continuent d’être engagés avec les bataillons maliens, les forces de Takuba de même. Le rôle des armées sera de répondre aux impératifs politiques et de permettre les solutions qui seront décidées...

La Roumanie, nouveau théâtre d’opération

Si, pour lui, la réduction des effectifs militaires français au Sahel est “relative”, elle donnerait éventuellement la possibilité de réengager des forces sur “d’autres théâtres”. “Nous sommes peut-être à l’orée de déployer un bataillon en Roumanie”, a-t-il rappelé.

Lors de ses voeux aux armées le 19 janvier, dans le camp d’Oberhoffen, Emmanuel Macron avait assuré que la France était prête à prendre “ses responsabilités dans le cadre d’une opération (alliée, NDLR) de type EFP si elle était décidée”.

Les missions EFP, pour enhanced forward presence, sont déployées dans les trois pays Baltes et en Pologne pour renforcer les capacités de défense de l’Otan sur le flanc est de l’Europe, face à la Russie.

La Roumanie, pays frontalier de l’Ukraine qui a un accès à la mer Noire, se trouve ”à l’épicentre des tensions” avec la Russie et doit être “réassuré”, avait estimé samedi 29 janvier sur France Inter la ministre française des armées Florence Parly, évoquant la possibilité d’y envoyer “plusieurs centaines” de soldats. 

Il y a environ 100.000 hommes des forces russes à la frontière ukrainienne, rappelle Pierre Schill. Si la décision était prise, ces forces sont au moins capables de prendre des gages territoriaux, c’est clair.” Une offensive éventuelle, qui dépendra de “l’intention” de la Russie.(selon "Huffpost")

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8 février 2022

Pluton : planète ou non ?

Selon une récente étude américaine, Pluton serait bel et bien une planète et les autorités astronomiques mondiales devraient la réintégrer au système solaire, au même titre que Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune.

plutonPlanète ou pas planète ? Découverte en 1930, Pluton a été considérée pendant plus de 75 ans comme la neuvième planète du système solaire. Mais en 2006, ce corps céleste a été rétrogradé au rang de "planète naine" par l'Union Astronomique Internationale, l'autorité reconnue pour la dénomination des corps célestes.

Au début du XXe siècle, la découverte de plus en plus d'astres autour du Soleil a en effet conduit l'UAI à modifier sa définition de « planète ». Cette dernière doit donc être sphérique, tourner autour d'une étoile, et ne pas partager son champ gravitationnel avec d'autres objets en orbite. Pour les deux premiers critères, pas de souci pour Pluton. En revanche, l'astre n'a pas nettoyé son champ gravitationnel et partage son orbite avec de nombreux autres corps, appelés « plutinos », qu'elle n'a pas éliminé. D'où sa rétrogradation en 2006.

Une définition de « planète » incorrecte, selon l'étude

Mais une étude menée par des chercheurs américains à paraître dans le numéro de mars de la revue scientifique Icarus remet en cause la définition de l'Union astronomique internationale, estimant qu'elle se base sur « un concept populaire de planète qui contredit les nouvelles connaissances scientifiques ».

Selon les auteurs de l'étude, la découverte à la fin du XXe et au début du XXIe siècle de plusieurs objets comme la planète naine Eris qui répondent à l'ancienne définition de « planète » a poussé l'UIA à changer ses critères. Les chercheurs soutiennent ainsi que la définition actuelle d'une « planète » se base plus sur du folklore et de l'astrologie que sur la science, laissant croire que la Terre et ses huit voisines sont « spéciales » au lieu d'intégrer de nouvelles planètes dans le système solaire.

L'étude, qui passe au crible 500 ans de littérature sur les planètes depuis le XVIe siècle, conclut ainsi qu'il convient de « revoir la définition non-scientifique et arrêter d'enseigner de l'histoire révisionniste » qui a chassé Pluton de la liste des planètes du système solaire. Les chercheurs soutiennent en effet qu'une planète ne devrait pas obligatoirement avoir nettoyé son champ gravitationnel, mais être considéré comme n'importe quel corps spatial géologiquement actif dans l'espace.

150 planètes dans notre système solaire ?

D'après la définition apportée par les chercheurs dans Icarus, il y aurait ainsi dans notre système solaire « plus de 150 planètes », dont Pluton, selon Philip Metzger, principal auteur de l'étude et physicien à l'Université de Floride. Pour cause : des dizaines et des dizaines de lunes, de Titan à Europe en passant par la Lune elle-même, sont selon cette définition considérées comme des planètes puisqu’elles sont géologiquement actives, tout comme Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune.

Les scientifiques appellent donc à revoir la définition, en tenant compte  non pas de l'orbite des corps célestes, mais de leur composition et de leur formation. « La littérature montre que les astronomes ont toujours compris qu'un satellite d'une planète était lui aussi une planète », avancent-ils.

Un éternel débat

Depuis sa reclassification en « planète naine » par l'Union astronomique internationale, le statut de Pluton a continué de faire débat ces quinze dernières années. En 2019, même le chef de la Nasa, Jim Bridenstine, a déclaré qu'à ses yeux, Pluton était une planète. Un peu avant, en 2018, des scientifiques avaient également demandé dans une étude à ce que soit considéré comme une planète tout objet suffisamment grand pour prendre la forme d'une sphère.

Certains scientifiques opposés à l'idée de refaire de Pluton une planète estiment quant à eux que si les chercheurs aux États-Unis ou même la Nasa arguent que l'astre en est une, c'est parce que Pluton est en réalité la seule « planète » découverte par un scientifique américain.

7 février 2022

Plus de 200 nouvelles espèces découvertes dans la région du Mekong

Un poisson des cavernes incolore, un serpent irisé ou encore une grenouille cornue ont, entre autres nouvelles espèces, été découvertes.

mekongDes scientifiques ont découvert plus de 200 nouvelles espèces dans la région du Grand Mékong en 2020  en dépit du réchauffement climatique et de l'exploitation forestière. Parmi ces découvertes figurent un nouveau primate, un poisson des cavernes incolore et un serpent irisé dont les écailles, étonnantes, ne se chevauchent pas.

Au total 224 nouvelles espèces de plantes et d'animaux vertébrés ont été récensées dans la région - qui comprend la Birmanie, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam - indique le WWF dans son rapport "New Species Discoveries".

Plus de 3000 nouvelles espèces découvertes depuis 1997

Des images du singe Langur de Popa, qui tire son nom du volcan éteint du Mont Popa, situé dans le centre de la Birmanie, ont été prises. Ce primate est cependant menacé par la chasse, l'exploitation forestière et la perte d'habitat. Selon des estimations, seuls 200 à 250 individus subsistent au total.  

Au Vietnam, les chercheurs ont découvert, à plus de 2000 mètres d'altitude, la grenouille cornue du Mont Ky Quan San, aux couleurs vives.La région du Grand Mékong est un haut lieu de la biodiversité, grâce à ses paysages variés: on y trouve la jungle, la montagne, ou encore des formations karstiques. Elle recèle certaines des espèces les plus impressionnantes - et les plus menacées - du monde, notamment le tigre, l'éléphant d'Asie et le poisson-chat géant du Mékong.

Le WWF souligne que le rythme auquel sont découvertes de nouvelles espèces - plus de 3000 depuis 1997 - prouve l'importance de préserver les écosystèmes fragiles de la région. (selon BFM-TV)

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