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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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27 janvier 2022

« Villes vertes » d'Allemagne

Une utopie proposait jadis de construire les villes à la campagne; en Allemagne, c'est la nature elle-même qui s'invite dans les cités de multiples façons : urbanisme vert, architecture durable, mobilités douces, gastronomie végétarienne ou végane… Bienvenue dans les « Green Cities » made in Germany !

fribourg1L'époque où l'on se précipitait pour avaler les kilomètres sans savourer son voyage est bel et bien révolue ! Vive l'ère du ralentissement et l'avènement des villes Cittaslow, qui donnent la priorité à la qualité de vie et au développement durable. Et, surtout, qui nous incitent à prendre le temps. En Allemagne, vingt et une métropoles ont rejoint ce réseau promouvant une autre manière de vivre les villes. L'occasion d'en découvrir certaines et d'en redécouvrir d'autres…

Ainsi, Berlin peut se targuer d'être pionnière en matière de culture écologique – le premier magasin bio y a ouvert en 1978, la capitale accueille une grande partie des mille restaurants végétariens ou végans du pays et est un haut lieu du shopping de seconde main tout comme de l'upcycling –, mais elle n'est pas la seule à se distinguer par ses innovations et par ses éco-hotspots que l'on peut visiter guidé par des Berlinois. Le Krämerbrücke offre un cadre singulier aux amateurs de shopping alternatif. Qu'il s'agisse de produits artisanaux et traditionnels ou de saveurs authentiques, on trouve forcément son bonheur sur le plus long pont habité d'Europe, encadré de verdure…
Les villes de demain… aujourd'hui

fribourgLa reconquête verte des villes passe par un urbanisme plus vertueux, dont les effets s'apprécient dès maintenant. Particulièrement en pointe sur le sujet, Fribourg-en-Brisgau, dans le Bade-Wurtemberg, peut se prévaloir de compter avec l'Héliotrope la première maison à énergie positive au monde ! Les quartiers Vauban et Rieselfeld sont eu aussi précurseurs dans leur approche écologique, on y trouve notamment de multiples installations photovoltaïques. Du côté de Wernigerode, en Saxe-Anhalt, les cours d'eau ont été aménagés afin que les truites puissent circuler librement. En plus des vergers urbains, les façades se couvrent de plantes et les transports en commun sont gratuits pour les touristes.

Hambourg se végétalise aussi en convertissant des toits de parking en potagers d'où l'on peut admirer l'architecture du néo-quartier écoresponsable de HafenCity. Il va sans dire que la ville figure dans le peloton de tête pour le shopping durable : outre de la mode équitable, on y trouve un grand choix de déco fabriquée avec du bois flotté ramassé dans le port. Enfin, Bremerhaven invite à la découverte de la maison du Climat, un musée où l'électricité provient de sources renouvelables et où l'on peut se rendre en toute sécurité à vélo. Car, naturellement, dans les Green Cities, de vastes réseaux de pistes cyclables relient très aisément les villes entre elles, mais les connectent aussi à la campagne environnante.

fribourg2

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26 janvier 2022

« Passeports dorés » au Vanuatu

La Commission européenne propose de suspendre l’accord d’exemption de visa entre l’UE et la république du Vanuatu (anciennement "Nouvelles Hébrides"). Passeports contre investissements : des risques accrus de blanchiment, corruption et fraude fiscale.

vanuatu1Le Vanuatu applique des programmes de citoyenneté par investissement (ou régimes de « passeports dorés »), en vertu desquels la nationalité vanuatuane est accordée à des ressortissants d’autres pays n’ayant aucun lien préalable avec l’archipel mélanésien. Ces programmes font l’objet d’une promotion commerciale affichant l’objectif d’accorder un accès sans visa à l’UE.
 
C’est dans ce contexte que, dès 2017, la Commission a commencé à enquêter sur ces programmes, dans le cadre desquels de nombreux passeports ont été délivrés, avec un taux de refus extrêmement faible : jusqu'en 2020, une seule demande avait été rejetée.
 
Suspectant des failles de sécurité sur ces programmes, la Commission avait obtenu du gouvernement vanuatuan plusieurs assurances concernant les procédures d’enquête de sécurité, parmi lesquelles des vérifications au sein des bases de données d’Interpol : or, il a été révélé en juillet 2019 que des demandeurs qui figuraient pourtant dans les bases de données de l’organisation de police internationale avaient obtenu la citoyenneté dans le cadre de ces programmes. Cela avait notamment été rendu possible grâce à la falsification de casiers judiciaires.
 
Un risque pour la sécurité intérieure de l’UE
 
Sur la base des informations reçues du Vanuatu, la Commission a conclu que ces programmes de citoyenneté destinés aux investisseurs présentaient de graves défaillances et failles de sécurité, susceptibles de créer un risque pour la sécurité intérieure de l’UE et ses États membres. Les explications fournies par le Vanuatu n’ont pas été jugées suffisantes pour dissiper les inquiétudes de la Commission, qui a considéré que l’examen des demandes relatives aux programmes de citoyenneté par investissement ne garantissait pas un niveau élevé de sécurité. Elle a ainsi retenu :

  • un délai moyen de traitement des demandes trop court pour permettre un examen approfondi ;
  • l’absence d’échange systématique d’informations avec le pays d’origine ou de résidence principale des demandeurs avant l’octroi de la citoyenneté ;
  • l’absence d’exigence de résidence ou présence physique au Vanuatu ;
  • l’absence d’obligation de se soumettre à un entretien sur place.

 
Le nombre particulièrement élevé de candidats retenus et le taux de rejet, très faible, ont également suscité l’inquiétude. Enfin, les programmes mis en place par le Vanuatu permettent aux ressortissants soumis à l’obligation de visa de contourner la procédure normale de visa Schengen et l’évaluation approfondie des risques individuels qu’elle comporte, ne garantissant pas, de fait, le niveau élevé de sécurité mentionné dans le rapport de la Commission de 2019 sur les programmes de citoyenneté et de résidence par investissement.
 
La Commission a donc proposé de suspendre partiellement l’accord relatif à l’exemption de visa de court séjour. Si le Conseil l'adopte, cette suspension partielle ne sera levée qu'une fois que l’UE aura estimé que les motifs de la suspension ont cessé d’exister, mais, si ces motifs persistent, le droit de l’UE prévoit la possibilité d’un transfert permanent sur la liste des pays soumis à l’obligation de visa.
 
Cette suspension devrait concerner tous les passeports ordinaires délivrés depuis le 25 mai 2015, date à laquelle le Vanuatu a commencé à délivrer un nombre important de passeports en échange d’investissements (selon "Walters Kluwer").

vanuatu

25 janvier 2022

Tensions entre Moscou et l'Otan

La Suède déploie des troupes sur l'île de Gotland

moscouDes militaires suédois et des blindés débarquant sur l'île de Gotland, la plus grande du pays. Stockholm déploie ses forces, une initiative inhabituelle en réponse à une montée de l'activité russe dans la région. Trois navires ont circulé cette semaine en mer Baltique traversant le détroit du Grand Belt au Danemark. La Suède dit prendre au sérieux les tensions entre Moscou et les Etats membres de l'OTAN.

"Les forces armées prennent les mesures nécessaires pour sauvegarder l'intégrité de la Suède et démontrer notre capacité à protéger la Suède et les intérêts suédois", a déclaré le ministre suédois de la Défense Peter Hultqvist dans un mail à l'AFP.

A l'issue d'une semaine de négociations, les deux parties n'ont pas désamorcé les tensions à la frontière entre la Russie et l'Ukraine. Kiev a a subi cette semaine une cyberattaque qui a paralysé plusieurs dizaines de sites internet gouvernementaux. L'attaque n'a pas été revendiquée, mais les regards se tournent vers la Russie.

"Nous pouvons clairement suivre leur signature. Ce sont des spécialistes russes qui effectuent ces actions... Je suis sûr à 99,9%" affirme Oleksiy Danilov, secrétaire du Conseil national de sécurité de l'Ukraine.

A l'origine des tensions : des chars et des dizaines de milliers de soldats russes massés à la frontière avec l'Ukraine au cours des dernières semaines, prélude selon l'Otan à une possible invasion.

Moscou dément préparer une offensive militaire et affirme qu'il s'agit d'une réponse à la présence croissante de l'Alliance atlantique dans sa sphère d'influence.

Voisins de la Russie, la Norvège, le Danemark et l'Islande --tous trois membres de l'Otan-- et la Suède et la Finlande --partenaires de l'Alliance atlantique sans en être membres-- coopèrent étroitement en matière de sécurité régionale.

Après la fin de la guerre froide, Stockholm a diminué ses dépenses militaires. Mais après l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, la Suède a renforcé ses capacités de défense.

La Suède, qui n'a livré aucune guerre depuis deux siècles, a rétabli en 2017 le service militaire obligatoire et rouvert sa garnison sur l'île de Gotland en janvier 2018.

L'île de Gotland est considérée comme stratégique car elle se trouve à environ 330 kilomètres de Kaliningrad, le quartier général de la flotte russe dans la mer Baltique. En 2019, la Suède y a déployé un système de défense antimissile sol-air. (selon "Euronews")

24 janvier 2022

Hôpital de Saint-Dié : la peur du covid

Des patients ont arrêté leurs soins, "c'est une catastrophe pour les diabétiques"

stdi_A l'hôpital de Saint-Dié (Vosges) les médecins sont confrontés à une nouvelle difficulté. La prise en charge des malades avec leurs peurs et leurs angoisses dues au Covid-19. Ils ne viennent plus en consultation. Avec des conséquences dramatiques pour les malades atteints de diabète.

Depuis l’apparition du coronavirus, il y a deux ans, les médecins de l’hôpital de Saint-Dié dans les Vosges sont confrontés à une nouvelle difficulté. La peur des patients de venir en consultation. Pascal Mattei est médecin-spécialiste du diabète. Dans son service, l'accueil des patients reste bien sûr une priorité. "C'est indispensable !".

Et pourtant lui aussi le constate, même s'il conseille en insistant à certains de ne pas attendre, la situation ne s'arrange pas du tout. "De nombreux malades sont en quelques sortes sortis du parcours classique des soins. Je pense beaucoup aux diabétiques. Ils ont tellement peur d'attraper le Covid à l’hôpital qu’ils ne viennent pas", explique Pascal Mattei. "Parfois ils sont vaccinés, parfois ils ne sont pas vaccinés. Ce matin par exemple, j’ai une patiente, vaccinée, qui devait impérativement venir. Il est 8h20 et elle vient d'annuler. Elle a peur. Elle me dit "je ne sors pas de chez moi j’ai peur d'attraper le Covid".  Des appels comme ça j'en reçois plusieurs par jour".

Le diabète une maladie chronique en augmentation

Le diabète est une maladie complexe. Sa prise en charge ne peut pas être approximative et irrégulière. "Alors vous allez dire que je ne pense qu'aux pieds ! Mais oui la première complication du diabète reste la gangrène et donc l’amputation. Et ça peut aller très très vite", dit-il.

La qualité des soins n'est pas en cause. Car déjà avant le Covid, c'est un sentiment spontané et anxieux que tout le monde ressent. L'appréhension d'arriver à l'hôpital, d’attendre dans une chambre. Le bruit, le va et vient. Le manque de sécurité. Et la pandémie n'a fait qu'aggraver cette situation. Les patients ne se sont pas sentis aussi fragiles depuis l'apparition de la l'épidémie. Pascal Mattei est inquiet. "Des patients atteints de pathologies chroniques repoussent leur consultation et on arrive à des situations très catastrophiques"

Dans les prochains mois ça va quand même être encore compliqué. Le personnel soignant le sait bien. Mais les prévisions du professeur Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur apporte un petit espoir. Lundi 17 janvier 2022 il a déclaré sur France Inter : "Le scénario du pire s’éloigne, la décrue a commencé, le pic des infections au Covid-19 a été passé".

Dans son petit bureau de l'hôpital de Saint-Dié, le Docteur Pascal Mattei espère réussir à convaincre tous ses patients de revenir pour leurs soins. "C’est sûr que nous sommes dans une zone géographique où il y a beaucoup de gens âgés qui ont peur de l’hôpital". (selon "Franceinfo")

23 janvier 2022

Il y a 120 ans au conseil municipal de Villé

En 1902, l'Alsace-Moselle était allemande. Les délibérations du conseil municipal ont donc été rédigées en allemand, en écriture gothique. Voici donc la traduction du compte-rendu d'une réunion du conseil municipal, que j'avais fait paraître au bulletin municipal n°9 de novembre 2002.

Il_y_a_120_ans

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22 janvier 2022

La Roumanie s’ouvre aux ouvriers asiatiques

Bucarest a quadruplé le nombre de visas de travail en un an, alors que quatre millions de Roumains sont partis en Europe de l’Ouest en quête de meilleurs salaires.

roumanieIl vient de terminer la dernière armature en fer, il ne reste plus qu’à tourner le béton. Aganad (qui n’a pas donné son nom) jette un dernier coup d’œil, puis balaie du regard la vue sur Bucarest depuis son chantier, situé au huitième étage du futur immeuble de bureaux, à l’ouest de la capitale roumaine. « Je travaille sur ce chantier depuis six mois et je m’y suis habitué, explique-t-il. Le plus dur, c’est le froid. Aujourd’hui il fait − 3 oC, chez moi on doit être à 30 oC et quelques. » Il aura parcouru plus de 9 000 kilomètres depuis Marawi, capitale de la province de Lanao del Sur, aux Philippines, jusqu’en Roumanie. Un voyage motivé par un emploi sur ce chantier où il touche 600 euros, soit cinq fois plus que le salaire qu’il aurait obtenu dans son pays.

Son nom, Aganad, « celui qui protège », semble avoir scellé son destin. Ce jeune homme de 29 ans vient en aide à ses parents, à ses grands-parents, à ses deux sœurs et à son frère restés au pays. Et, depuis qu’il vit en Roumanie, la vie des siens s’est améliorée grâce aux 200 euros qu’il parvient à leur envoyer chaque mois. « Peut-être qu’un jour je partirai travailler en Europe de l’Ouest, où les salaires sont plus élevés, mais, pour l’instant, je me débrouille bien en Roumanie, où le coût de la vie est plus bas et où on nous assure le logement, explique-t-il. J’ai un contrat de deux ans à Bucarest et je me suis habitué à cette ville. »

Forte pénurie

Les Roumains se sont habitués eux aussi au nombre croissant d’Asiatiques arrivés dans leur pays à la recherche d’un emploi bien rémunéré. « Au début, on les regardait un peu de travers, avoue Alin Chiriac, le collègue d’équipe d’Aganad. Ils ne parlaient pas le roumain et avaient d’autres habitudes que les nôtres. Mais maintenant ça va, ils se sont adaptés et ont appris à parler un peu le roumain. Et je dois reconnaître qu’ils travaillent plus que nous. Ils sont là pour gagner de l’argent, ils ne savent pas ce que c’est, les loisirs. » (selon "Le Monde")

21 janvier 2022

Iran : la nièce du Guide suprême Khamenei arrêtée et emprisonnée

Les motifs de son arrestation ne sont pas connus, mais selon des activistes, elle intervient quelques mois après une vidéo dans laquelle Farideh Moradkhani rend hommage à la veuve du shah d’Iran renversé en 1979.

khameneiLes détails ne sont pour l’instant pas nombreux. Farideh Moradkhani, la nièce du Guide suprême iranien Ali Khamenei, militante contre la peine de mort, a été arrêtée en Iran jeudi dernier par les forces de sécurité, a appris l’AFP auprès de son frère, Mahmoud Moradkhani, et d’activistes iraniens ce dimanche. « Nous sommes inquiets… Nous savons désormais qu’elle est à la prison d’Evin » à Téhéran, sous le contrôle des forces du ministère des Renseignements, a-t-il déclaré.

Farideh Moradkhani a été arrêtée alors qu’elle rentrait chez elle et sa maison a été perquisitionnée, selon Human Rights Activists News Agency (HRANA).

Hommage à la veuve du shah d’Iran

Les motifs de son arrestation n’étaient pas connus mais des activistes ont relevé qu’elle intervenait quelque mois après une vidéo dans laquelle Farideh Moraskhani saluait Farah Diba, la veuve du shah d’Iran renversé par la révolution islamique en 1979, pour ses 83 ans.

Farideh Moradkhani est la fille de la sœur d’Ali Khamenei, Badri, qui a fui avec sa famille dans les années 1980 en Irak. Le Guide suprême a également trois frères. (selon "Le Parisien")

20 janvier 2022

Tahiti : Les touristes asiatiques ont disparu

Deux ans que les lignes aériennes avec l’Asie sont fermées. Ce marché était pourtant en plein essor et la Polynésie misait dessus. Ça, c’était avant le Covid-19. Aujourd’hui, le secteur doit composer sans ces quelques milliers de visiteurs au fort pouvoir d’achat.

tahitiDes perles exceptionnelles qui peinent à trouver preneur et des bijouteries désespérément vides…Dans cette bijouterie de Papeete, ce sautoir exceptionnel en perles blanches de Tahiti, vendu 9,5 millions Fcp, aurait séduit une clientèle chinoise, assure la directrice commerciale. Mais les touristes asiatiques, grands amateurs de luxe, ont totalement disparu depuis deux ans.

« Ils sont prêts à payer le prix fort, il n’y a pas de problème, se souvient Robert Wan. « L'empereur de la perle » qui envisage aujourd’hui de ralentir sa production indique que " la clientèle chinoise, c’est la meilleure clientèle chez nous. Ils cherchent la qualité, des grosses perles et de belles couleurs. Ils sont très connaisseurs en perles ».  

En 2018 selon l’Institut de la Statistique de Polynésie Française, le marché asiatique ne représentait que 6,6 % des visiteurs, contre 48,4 % pour l’Europe et 28,3 % pour les Etats-Unis. Mais la Polynésie a misé sur ces touristes fortunés et potentiellement nombreux.

La fermeture des frontières chinoises et l’arrêt des vols entre Tahiti et le Japon ont définitivement asséché le marché, déjà en recul à partir de 2019, avant le Covid-19. « Cette baisse a beaucoup impacté les structures touristiques, déplore Brenda Liao. Selon la responsable vente et marketing Asie dans une agence de voyages " les agences de voyages, les hôteliers, les prestataires de services, les chauffeurs de bus ont été affectés, soit en restructuration, soit en perte d’emploi. » 

Pas de retours avant juillet 2022

Sans ligne directe avec le cœur de l’Asie, Air Tahiti Nui organisait un à deux vols charters avec la Chine chaque année, sans compter les deux rotations hebdomadaires avec le Japon. Aujourd’hui, ces destinations restent en attente de réouverture, pas prévue avant juillet 2022 et régulièrement repoussée.

« Pour l’industrie touristique, l’Asie est un marché qui représentait quand même un chiffre d’affaires de 6 milliards Fcp par an, avec une dominante Japon et la Chine qui commençait à démarrer, explique Michel Monvoisin, Pdg d’Air Tahiti Nui. Aujourd’hui, ces destinations ne sont pas fermées que pour Air Tahiti Nui, elles sont fermées pour l’ensemble des pays. Les compagnies aériennes ont donc des moyens qu’elles mettent sur des destinations ouvertes. La Polynésie prend sa part, puisque United Airlines passe de 2 à 5 rotations. Aujourd’hui, on stimule les marchés nord-américain et français. Se posera après une question de stratégie : est-ce qu’on met tous nos œufs dans le même panier ? Pour le moment, la question ne se pose pas. On a mis tous nos œufs dans le même panier, forcés et contraints, puisque ces destinations sont fermées. »  

En moyenne, 5 000 touristes asiatiques visitaient la Polynésie chaque année, friands de bungalows sur l’eau et de perles noires. (selon France.tv)

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19 janvier 2022

Tibet : la politique chinoise dans l'impasse ?

Succession du Dalaï-lama

dala__lamaConsidéré comme un « traître » à la patrie par les autorités de Pékin, le Dalaï-lama exilé en Inde incarne à la fois la résistance à l’oppression chinoise sur le Tibet et son particularisme religieux. Une confrontation entre Pékin et la communauté bouddhiste tibétaine sur la désignation de sa future réincarnation pourrait à nouveau aboutir à un drame humain et des tensions géopolitiques, comme pour le Panchen-lama en 1995.

 

« Qui est votre leader spirituel, est-ce le 14ème Dalaï-lama ? – C’est Xi Jinping », répond en souriant un moine tibétain à un journaliste autorisé à se rendre à Lhassa, capitale de la Région autonome spéciale (RAS) du Tibet, à l’occasion des 70 ans de l’annexion du Tibet par la Chine, en juin dernier. Dans chacun des monastères visités par le journaliste, aucun portrait de l’actuel Dalaï-lama, Tenzin Gyatso, n’est visible. Cette ancienne coutume largement répandue est désormais interdite par les autorités chinoises. À leur place, trône bien en vue le visage paisible du secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), Xi Jinping. Ces rares témoignages de la vie et des pratiques religieuses au Tibet, mis en scène par les autorités, illustrent la mainmise du pouvoir sur le bouddhisme tibétain et le traitement réservé à son leader spirituel.

« Le Tibet réintègre la Chine »
Le 14ème Dalaï-lama est le principal témoin de la politique religieuse menée par la Chine communiste au Tibet depuis son invasion militaire en 1950. Né en 1935 dans la région tibétaine de l’Amdo, actuelle province du Qinghai, il est reconnu à 2 ans comme la réincarnation du 13ème Dalaï-lama par les membres de la mission chargée d’identifier son successeur. Ceux-ci ont été guidés à son village grâce à des rites traditionnels tels que la divination et l’interprétation de signes surnaturels. À leur arrivée, l’enfant qui parlait pourtant le dialecte de l’Amdo se serait adressé aux membres de la mission dans la langue de Lhassa qu’utilisait le 13ème dalaï-lama. Il aurait ensuite su identifier des objets ayant appartenu à son prédécesseur. Conformément aux croyances bouddhiques tibétaines, ces différents signes étaient la preuve que le jeune enfant était bel et bien la réincarnation du Dalaï-lama, c’est-à-dire du bodhisattva de la compassion Avalokiteshvara, la figure spirituelle et politique la plus importante du bouddhisme tibétain. L’enfant est ensuite emmené à Lhassa pour y recevoir une éducation monastique.

À l’époque, le Tibet est un État indépendant de facto qui a rompu ses liens avec la Chine depuis 1912, suite à l’avènement de la République de Chine. En novembre 1950, alors que l’invasion du territoire tibétain par l’Armée populaire de libération (APL) a commencé depuis un mois, le Dalaï-lama est intronisé chef spirituel et temporel du Tibet et de son gouvernement. Après de longues négociations, ses représentants signent en 1951 un accord avec la Chine. Cet accord, dit en 17 points, stipule expressément que « le Tibet réintègre la Chine » et que ses affaires extérieures et militaires reviennent aux mains des Chinois. Il reconnaît également le particularisme religieux de la région et promet que « les autorités chinoises n’altéreront pas les statuts, fonctions, et pouvoirs reconnus au Dalaï-lama ». Conscientes de l’importance des institutions bouddhiques dans la société tibétaine, les autorités chinoises veulent montrer qu’elles respectent cette religion et son chef spirituel pour espérer un soutien des élites locales.

Cette relative protection des institutions bouddhistes tibétaines prend toutefois fin avec la réforme agraire qui s’attaque en 1958 aux privilèges fonciers des monastères. De nombreuses révoltes populaires sont matées dans le sang. Les moines et les maîtres spirituels réincarnés sont persécutés sous l’accusation d’avoir « exploité le peuple ». Face à une telle situation, le Dalaï-lama est contraint de s’exiler en Inde en 1959, où des dizaines de milliers de Tibétains le suivent pour s’installer à Dharamsala, nouveau siège de l’administration centrale tibétaine. À l’inverse, la situation de ceux qui sont restés au Tibet continue d'empirer, si bien que l’ONU dénonce à trois reprises la "violation persistante" des droits et libertés du peuple tibétain et de son particularisme religieux. Et ce, avant même la Révolution Culturelle (1966-1976), pire épisode de la persécution religieuse en Chine qui visa à « éradiquer toute forme de religion », selon le sinologue slovaque Martin Slobodnik*.
« Le plus jeune prisonnier politique au monde »
Après les atrocités de la période maoïste, le gouvernement chinois renoue le dialogue avec le Dalaï-lama et libère d’importantes figures religieuses qui participent alors à la revitalisation du bouddhisme tibétain. Parmi eux, figure le 10ème Panchen-lama, appartenant à la deuxième lignée de réincarnation la plus importante derrière le Dalaï-lama. Il est libéré en 1977 puis nommé à des fonctions publiques d’apparat, ce qui permettait aux autorités chinoises de mettre en avant sa loyauté et de légitimer leur politique d’intégration régionale. Sa mort soudaine en 1989 va mener à la recherche de l’une des premières réincarnations de haut rang ayant lieu depuis la Révolution Culturelle, qui a brutalement interrompu cette tradition essentielle au bouddhisme tibétain.
La tentative d’identification de son successeur quelques années plus tard témoigne du contrôle que la Chine continue d’exercer sur les institutions religieuses et de l’échec de sa politique auprès des Tibétains. En 1995, plusieurs enfants sont présélectionnés par une équipe chargée de trouver la nouvelle réincarnation du Panchen-lama. En contact avec cette équipe de moines, le Dalaï-lama reconnaît depuis l’exil le jeune Gedhun Choekyi Nyima comme nouvelle émanation du Panchen-lama. N’ayant eu son mot à dire sur cette décision, le gouvernement chinois s’y oppose en vertu d’un accord de 1793 signé à l’époque de la dynastie mandchoue des Qing. Selon ce vieil édit dépoussiéré par le régime chinois, les rites religieux imposent que la nomination soit officialisée lors d’un « tirage au sort dans l’urne d’or » au temple Jokhang à Lhassa. Or, le tirage au sort, opportunément organisé par les autorités communistes, aboutit à la désignation d’un autre enfant, Gyancain Norbu. En parallèle, l’enfant adoubé par le Dalaï-lama et l’ensemble de la communauté tibétaine est enlevé par les autorités chinoises. Âgé de six ans, il devient alors « le plus jeune prisonnier politique au monde » d’après Amnesty International. Vingt-sept ans plus tard, les appels réclamant sa libération n’ont toujours pas été entendus par Pékin, qui affirme sans jamais présenter la moindre preuve qu’il mènerait une "vie normale".
« Marionnette aux ordres du PCC »
Cette tragique configuration pourrait se répéter à l’occasion de la nomination du prochain Dalaï-lama. Car le Parti communiste entend bien avoir le dernier mot. L’Administration étatique des Affaires religieuses a pris les devants et promulgué en 2007 le premier document officiel déterminant en détail la procédure à suivre pour désigner une réincarnation : chaque étape du processus, de la présélection au tirage au sort final, doit être supervisée par les autorités et c’est au Conseil des Affaires d’État qu’il revient la charge d’approuver ou non la nomination des futurs Dalaï-lamas et Panchen-lamas. De plus, aucune ingérence de la part d’une organisation ou d’un individu étranger ne doit venir troubler la procédure, selon ce texte qui vise à demi-mot la communauté tibétaine en exil et son gouvernement.
Telle est la pire crainte du régime chinois : la reconnaissance d’un autre Dalaï-lama que celui du PCC par la communauté tibétaine. Or, c’est traditionnellement le Panchen-lama qui a la responsabilité d’identifier sa réincarnation. Cela expliquerait que « la vraie raison derrière l’enlèvement du 11ème Panchen-lama par le gouvernement chinois serait de s’assurer qu’il choisira lui-même le prochain Dalaï-lama », comme l’a déclaré le président du gouvernement tibétain en exil, Penpa Tsering, lors d’une conférence à Genève en novembre dernier.
Pour parer à cette éventualité, le Dalaï-lama, âgé de 86 ans, laisse planer le doute sur sa propre réincarnation. « Seule la personne qui se réincarne a l’autorité légitime pour déterminer [les modalités de sa] réincarnation », a-t-il estiméen 2011, avant d’ajouter qu’il pouvait si nécessaire mettre fin à son cycle de renaissance. « Si la question tibétaine n’est toujours pas résolue, le Dalaï-lama a annoncé que sa réincarnation verrait le jour en dehors de la Chine, peut-être en Inde », a précisé Dolma Tsering, une bouddhiste tibétaine exilée interrogée par Asialyst. Elle estime que « dans un cas similaire à celui du Panchen-lama où il y aurait deux enfants reconnus comme Dalaï-lama, les Tibétains et la communauté internationale n’accepteront pas celui qui a été choisi par le gouvernement chinois, tout comme ils l’ont fait avec l’actuel Panchen-lama. Celui-ci ne serait rien d’autre qu’une marionnette aux ordres du PCC. »
Cette ingérence de Pékin sur le processus de réincarnation et le sort qui serait réservé à un Dalaï-lama non reconnu par la Chine est également redoutée par la communauté internationale. En 2020, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a appelé au respect des pratiques religieuses en dehors de toute interférence politique. Les États-Unis sont allés encore plus loin en votant quelques mois plus tard la loi intitulée Tibetan Policy and Support Act. Ce texte prévoit d’éventuelles sanctions économiques et diplomatiques contre des responsables chinois s’ils désignaient par eux-mêmes le Dalaï-lama. « La question de sa succession n’est pas un sujet exclusivement propre au Tibet, il s’inscrit dans le cadre plus large de la politique internationale. Et cela, pour la raison que ses fidèles vivent au Tibet mais également dans le reste du monde », estime Dolma Tsering. Pessimiste, elle reconnaît qu’une confrontation entre les autorités chinoises et la communauté tibétaine exilée semble pour l’heure inévitable. Tout comme un retour probable des tensions entre la Chine et les États soucieux de la liberté de religion après la mort de l’actuel Dalaï-lama. (selon "Asyalist")
18 janvier 2022

Bolloré au Cameroun

Nouvel épisode judiciaire !

bollor_Nouvel épisode judiciaire en France dans l’une des affaires impliquant le groupe français Bolloré au Cameroun : 145 villageois de la région de Kribi, dans le sud du pays, ont saisi le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre, il y a quelques mois parce qu’ils s’estiment lésés par les plantations de palmiers à huile de Socapalm. L’enjeu du délibéré est de permettre à la justice d’établir la responsabilité de Bolloré sur les activités de cette filiale camerounaise de Socfin, la maison-mère commune.

Démontrer que les plantations camerounaises de Socapalm appartiennent au groupe français Bolloré ou que la relation commerciale est établie, via la maison-mère luxembourgeoise Socfin, c’est l’objectif de l’avocat des 145 villageois camerounais. Maître Feodor Rilov a demandé ces documents au groupe français, en vain. Le juge pourrait aujourd’hui contraindre Bolloré de les fournir.

« Première étape »

« C’est la première étape avant une action en responsabilité civile contre le groupe français », en vertu de la loi française de 2017, explique l’avocat des plaignants. Son but : obtenir de Bolloré des réparations financières pour les riverains des plantations qui disent subir « des préjudices au quotidien », comme la pollution des eaux. Voire même des réparations en nature, comme la restitution des terres où ils avaient leurs champs ou leurs sépultures.

Autres affaires

Cette affaire, lancée à la fin de l’année dernière, est distincte de celle initiée en 2019 par dix ONG françaises, dont Sherpa, qui avaient assigné Bolloré pour n’avoir pas respecté un contrat signé avec les villageois camerounais en 2013. Une affaire qui poursuit parallèlement son cours. Sans compter les affaires en cours au Togo et en Guinée...

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