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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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6 février 2022

Agriculture et forêt : parents pauvres de Villé

Dans le bulletin municipal de Villé (n° 26 de janvier 2006) je signais un article concernant l'agriculture à Villé.

A noter que la commission Agriculture-Forêt (dont j'étais le président) a initié la création de la C.C.A.F. (commission communale d'aménagement foncier) placée sous la présidence d'un juge du tribunal de Sélestat et du maire de Villé. Cette commission s'est réunie l'une ou l'autre fois, a même réalisé une sortie sur le terrain, s'est déclarée compétente pour l'entretien des chemins ruraux... puis plus rien. Le maire de Villé n'a plus jamais réuni la commission qui pourtant, n'ayant pas été dissoute, existe toujours. Et ceci malgré mes courriers en tant que représentant des propriétaires forestiers dans cette commission !

vill_3Quant aux chemins ruraux, ils sont restés en l'état et certains sont même devenus impraticacles favorisant ainsi l'extension des friches agricoles et forestières (Sonnenbach, Gänslach, Wirbelspach entre autres). Rappelons à ce sujet que le droit local Alsace-Moselle désigne les propriétaires riverains pour entretenir les chemins, sauf si la commune ne reverse pas à ces propriétaires le produit de la chasse (bail). Villé est dans cette exception, et la commune se doit donc d'entretenir les chemins, ce qui est hélas rarement le cas.

Agriculture

Un rappel (DNA du 1/10/2014)

DNA

Et un rappel (journal "L'Alsace" du 22 juillet 2015) :

alsace1

alsace2

alsace3Et aujourd'hui l'affaire des chemins ruraux n'est toujours pas réglée ! la commune encaisse les recettes des locations de chasse, mais n'entretient toujours pas les chemins ! Et dans deux ans, au renouvellement des baux de chasse, que se passera-t-il ? L'affaire de l'entretien des chemins ruraux sera-t-elle réglée, ou des citoyens villois porteront-ils l'affaire devant les tribunaux le moment venu ? ou refuseront-ils de laisser à la municipalité la part du produit de la chasse qui leur revient ? A l'heure actuelle, tout reste possible.

a9Chemin barré pendant plus d'un an !

a3Chemin communal du Wirbelspach : mais où est-il ?

a4Des barrières naturelles naturelles de plus en plus fréquentes !

a5Chemin alluvionné !

a6Ce qui reste d'un chemin, en cas de forte pluie... emprunté par des truites vagabondes ?

a7On peut heureusement retrouver le tracé des chemins grâce à l'ancienne signalisation du Club Vosgien !

interditEt quand un chemin est praticable, on l'interdit (histoire de prévoir des compétences pour les futures "brigades vertes" ?)

 

Et tout ça, c'est sur des chemins communaux de Villé, figurant comme tels au cadastre, dont l'entretien revient à la municipalité qui encaisse les baux de chasse !

Villois, exploitez vos forêts tout en achetant votre bois de chauffage !

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5 février 2022

La privatisation de l’électricité nuit à votre facture

historique

"Le CSE Central d’EDF vous alerte sur le lien entre l’augmentation des prix de l’électricité et la privatisation du secteur de l’énergie. La baisse générale des prix promise par l’ouverture à la concurrence n’a jamais eu lieu. Entre 2006 et 2020, les tarifs de l’électricité ont augmenté de 60% (source : INSEE). Depuis 2004, l’État détruit le service public en organisant sa privatisation : séparation d’EDF et GDF, ouverture du capital, ouverture à la concurrence. Une première victoire dans la bataille contre le projet Hercule a été remportée mais l’année 2022 sera une année déterminante, les Français devront faire des choix structurants pour leur avenir." (Communiqué CGT) 

Signer la pétition : Energie Publique

* Bientôt sur ce blog : Privatisation sans concurrence à Villé : un cas unique en France ? quel impact  sur l'évolution des prix ? où sont les responsabilités ?

4 février 2022

Chili : des apiculteurs font manifester leurs abeilles

Les manifestants sont venus avec une soixantaine de ruches en bois. Elles ont été ouvertes devant le palais gouvernemental.

chili4Manifester contre la sécheresse. À Santiago au Chili, les apiculteurs sont en colère. Alors qu’une vague de chaleur fait rage dans le pays, une poignée d’entre eux a décidé de se réunir devant le plais gouvernemental de La Moneda.

Pour se faire entendre, les manifestants ne sont pas venus seuls. Équipés de leur dispositif de protection, ils ont placé une soixantaine de ruches en bois devant le palais. Elles contenaient environ 10.000 abeilles.

Nous avons manifesté à cause de la sécheresse, la sécheresse dans la commune de Colina où les abeilles meurent. Les abeilles sont importantes dans le monde entier. Il n’y aurait pas de vie si les abeilles mouraient. C’est ce que nous voulions souligner avec notre manifestation culturelle”, précise le manifestant et l’apiculteur José Iturra à Reuters. La vague de chaleur touche la nourriture des abeilles, à savoir les fleurs et les cultures. Les apiculteurs souhaitent recevoir un soutien de la part du gouvernement pour les aider à faire face à cette météo difficile.

Sept policiers ont été piqués alors qu’ils tentaient de retirer les ruches positionnées par les manifestants. Quatre apiculteurs ont été placés en détention à la suite du rassemblement. (selon "Huffpost")

chili

3 février 2022

1901 - Svante August Arrhenius prédit le réchauffement climatique

Le Suédois Svante August Arrhenius, prix Nobel de chimie en 1903, a calculé plusieurs années auparavant que l'utilisation généralisée du pétrole allait provoquer un réchauffement mondial de 5°. Par la suite, d'autres scientifiques pronostiquent le doublement du nombre des particules de CO2 contenues dans l'air, ce qui entrainera une augmentation de la température terrestre de l'ordre de 3,5° et une montée notable du niveau des océans...

svanteAu lendemain de la 2nde guerre mondiale, l'armée américaine commence à craindre que la fonte de la banquise en Alaska n'expose les USA à un débarquement de l'Armée Rouge...

Elle verse alors d'importants fonds à des chercheurs pour qu'ils calculent la vitesse du réchauffement en Arctique.

Au début des années 1960, la compagnie pétrolière Exxon recrute à son tour des scientifiques et les charge d'étudier les conséquences de l'évolution du climat terrestre...

Le département recherche d'Exxon transmet le fruit de ses recherches à son employeur et lui conseille d'abandonner au plus vite le pétrole et le charbon, faute de quoi la planète connaitra une catastrophe climatique au cours des 50 prochaines années !

En 1968, en France, le département de l'aménagement du territoire réunit des hauts fonctionnaires, des scientifiques, des responsables d'EDF et ceux du pétrolier Elf pour un séminaire de travail dont l'objet porte sur l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère et sur la modification du climat pour les 50 prochaines années. En 1971, le géographe français François Durand-Daste annonce aux dirigeants de Total que le réchauffement et la fonte des calottes glaciaires sont prévisibles.

A la fin des années 1980, le président Georges Bush étudie l'éventualité d'engager l'économie des USA sur la voie d'un abandon progressif du pétrole et du charbon... mais il abandonne assez vite cette idée.(blog "La marmite du 20ème siècle")

2 février 2022

Zürich : les chauffeurs Uber ne sont pas indépendants

Une instance cantonale a donné tort à la multinationale californienne en raison d'une «relation de subordination marquée». Cette dernière va déposer un recours.

z_richNon, les chauffeurs Uber ne sont pas des indépendants en Suisse non plus. C’est le Tribunal des assurances sociales du canton de Zurich qui l’a affirmé: «L’activité d’un conducteur typique, pour laquelle il a utilisé l’application Uber, doit être qualifiée de dépendante», a considéré l’instance dans un jugement prononcé juste avant Noël et dont la Neue Zürcher Zeitung a fait le compte rendu dans son édition de jeudi.

Uber se décrit comme une plateforme mettant en relation des clients et des chauffeurs, qui, eux-mêmes décident seuls quand ils travaillent. Elle estime donc que ces derniers ne peuvent pas être considérés comme des employés, même si cette notion a été contestée dans de nombreux pays. La société californienne, présente en Suisse depuis 2013, considère donc qu’elle n’a pas à leur payer de cotisations sociales ou à compenser des vacances.

Mais le service des assurances sociales zurichois a vu les choses différemment et a conclu en 2019 que les chauffeurs – en particulier les non-professionnels de la catégorie UberPOP, qui n’existe plus aujourd’hui – devaient être considérés comme des salariés d’une filiale hollandaise d’Uber. Il a ainsi exigé une contribution aux assurances sociales, y compris les intérêts pour arriérés, de 5,2 millions de francs pour l’année 2014, rappelle le quotidien zurichois.

Relation de subordination

Une décision qu’Uber a contesté, d’où l’intervention du Tribunal des assurances sociales, qui statuait le même jour sur plusieurs autres recours cette fois contre la Suva pour les mêmes raisons. Dans tous ces cas, ce dernier a reconnu que pris individuellement, plusieurs arguments parlent en faveur d’un statut d’indépendant. Mais la cour estime qu’il existe une «relation de subordination marquée» entre les conducteurs et l’entreprise. Les chauffeurs dépendent en grande partie d’Uber, ne prennent que peu de décisions eux-mêmes et aux yeux du public, ils n’agissent ni en leur nom, ni à leur propre compte, interprète le quotidien. Que la catégorie UberPOP n’existe plus n’a pas d’importance pour les juges dont le verdict s’applique aux conducteurs typiques. Leur nombre est estimé à 3200 en Suisse.

Le tribunal n’a en revanche pas déterminé si les conducteurs étaient salariés d’Uber Suisse ou de la filiale hollandaise. Il a également renvoyé le service des assurances sociales à ses calculs, jugeant le montant de 5,2 millions mal documenté. Cité par la NZZ, un porte-parole d’Uber a souligné que la «décision ignore le fait qu’une majorité de chauffeurs veulent rester indépendants». L’entreprise va faire recours.

Plusieurs procédures en cours

C’est une autre bataille juridique que perd Uber en Suisse, après celle de 2020 à Genève concernant son service de livraison de repas, Uber Eats. Dans ce canton, les livreurs doivent être considérés comme des salariés et être soumis au salaire minimum. Une décision, assure la multinationale, qui a eu des effets négatifs, dont «une réduction à hauteur de 30% des commandes pour les restaurants en seulement trois semaines». Après cette décision, comme après plusieurs autres concernant des chauffeurs, Uber a fait recours devant le Tribunal fédéral.

Dans un communiqué diffusé jeudi en fin de journée, Unia a salué la décision du Tribunal des assurances sociales de Zurich qui cette décision qui «a valeur de signal pour l’ensemble de l’économie de plateforme». D'après les calculs du syndicat, «Uber doit plusieurs centaines de millions de francs à ses milliers de chauffeurs et chauffeuses en Suisse pour la période de 2013 à 2021». (selon "Le temps")

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1 février 2022

Rwanda : déstabiliser le Congo pour mieux le piller

Le Rwanda est souvent affiché comme un modèle de développement pour l’Afrique, mais la face sombre du régime est moins connue. Le régime de Paul Kagamé a mis fin au génocide des Tutsis en vainquant le gouvernement rwandais et les extrémistes hutus durant la guerre civile de 1994. Deux ans plus tard, l’armée de Paul Kagamé envahit l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et y exporte le conflit. L’armée rwandaise, appuyée par ses supplétifs congolais, a commis des crimes de masse et a pillé les riches mines de la région, contribuant au décollage économique du Rwanda et à la déstabilisation, jusqu’aujourd’hui, des Kivus. Retour sur l’histoire des guerres du Congo.

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Lors de son dernier séjour à Paris en mai 2021, le président rwandais Paul Kagamé fut interrogé par France 24 sur les déclarations du docteur congolais et prix Nobel de la paix 2018 Denis Mukwege, auditionné à l’Assemblée nationale française quelques jours plus tôt. Le Dr Mukwege plaide pour une meilleure reconnaissance des crimes de masse commis en RDC et pour la création d’un tribunal pénal international visant à établir les responsabilités pénales de leurs auteurs.

Le Rwanda, un modèle ?

rwanda4Devant les journalistes français, Paul Kagamé accuse le prix Nobel d’être « un outil des forces qu’on n’aperçoit pas » et affirme qu’« il n’y a pas eu de crimes » dans l’Est de la RDC. L’agacement affiché par le président rwandais montre à quel point la démarche de reconnaissance et de justice pour les victimes des crimes graves commis en RDC dérange dans son pays. L’élite politico-militaire rwandaise, et en premier lieu le chef de l’État, n’est pourtant pas étrangère aux désastres sécuritaires et économiques que connaît la région depuis 1996.

Le régime de Kagamé est régulièrement affiché par les médias internationaux comme un modèle pour l’Afrique en termes de développement, d’égalité femmes/hommes, d’innovation technologique ou de protection de l’environnement. Il symboliserait l’« afro-optimisme », cet espoir de développement pour le continent. Mais ces succès ne peuvent occulter la face sombre de ce régime : celui-ci tire pleinement profit de la déliquescence de l’État congolais et de l’état de guerre permanente qui frappe l’Est de la RDC depuis vingt-cinq ans.

La communauté internationale, se reprochant son inaction lors du génocide des Tutsis du Rwanda en 1994, a toujours traité Paul Kagamé avec beaucoup d’égards. Celui-ci en tire un soutien diplomatique et des financements internationaux, malgré l’exploitation illégale des richissimes mines du Kivu et les crimes que commettent ses troupes dans cette région, qui ne sont que rarement dénoncés dans la presse. Cette immunité politique et diplomatique ne doit pourtant pas l’exonérer de la responsabilité des crimes commis par ses forces. Elle est une entrave à la pacification de la région des Grands Lacs.

Le droit à la justice des millions de citoyens congolais et de réfugiés rwandais, déplacés et massacrés depuis 1996, peine à être reconnu. L’accès à ce droit devrait pourtant leur être facilité après la publication du rapport Duclert et du rapport Muse, reconnaissant le rôle de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda. Ces deux événements sont intimement liés : la guerre civile rwandaise et le génocide des Tutsis sont le point de départ des conflits qui frappent encore aujourd’hui l’Est de la RDC. Fermer les yeux sur ces pillages et ces crimes revient à consacrer l’impunité de leurs auteurs et accepter leur perpétuation. Seule la justice transitionnelle peut aboutir à la réconciliation et au retour de la paix dans la région.

1996, le conflit rwandais s’exporte en RDC

En 1994, la guerre civile rwandaise, le génocide des Tutsis et le déplacement des populations hutu rwandaises vers la RDC conduit à l’exportation du conflit vers le pays voisin. L’épicentre du conflit se déporte alors vers le Nord-Kivu et le Sud-Kivu voisins. Après le génocide et la victoire du Front patriotique rwandais (FPR) – parti politique constitué par les Tutsis réfugiés en Ouganda à la suite de plusieurs vagues de persécutions par le pouvoir hutu depuis 1959 –, plus d’un million de Hutus fuient vers l’Est de la RDC. Il s’agit de civils tous âges confondus qui craignent des représailles de la part du FPR ou de civils tutsis, mais aussi des cadres de l’organisation génocidaire : d’anciens militaires des Forces armées rwandaises (FAR), des gendarmes et des miliciens Interahamwe.

Ces différentes forces prennent rapidement le contrôle des camps de réfugiés situés à proximité des villes de Goma et de Bukavu pour se réorganiser dans le but de ré-envahir le Rwanda, renverser le FPR et « finir le travail », c’est-à-dire exterminer les survivants Tutsis. Profitant de la déliquescence de l’État congolais et de l’isolement diplomatique du président Mobutu Sese Seko, lâché par les États-Unis, les autorités rwandaises décident, en novembre 1996, d’envahir l’Est de la RDC pour neutraliser les anciens militaires rwandais et les miliciens Interahamwe. C’est le début de la première guerre du Congo.

La première guerre du Congo fut menée pendant six mois par l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) dirigée par Laurent-Désiré Kabila, opposant historique à Mobutu. L’AFDL est largement soutenue par le FPR – lequel a demandé à plusieurs reprises, en vain, au gouvernement congolais de renvoyer les réfugiés rwandais au pays pour juger les criminels –, mais aussi par le Burundi et l’Ouganda, chacun ayant ses propres intérêts sécuritaires et économiques. Ces opérations, visant à neutraliser les extrémistes hutus, aboutissent à des massacres de Rwandais, Congolais et Burundais innocents, soupçonnés, sur la simple base de leur appartenance ethnique, de soutenir les extrémistes. Non contente de rapatrier de force au Rwanda plusieurs centaines de milliers de Rwandais hutus et de pourchasser les fuyards jusqu’au cœur de la forêt congolaise, la coalition composée par l’AFDL, le FPR et leurs alliés prennent Kinshasa, renversent un Mobutu malade et placent Laurent-Désiré Kabila à la tête de l’État.

En réalité, de nombreux cadres de l’AFDL étaient des membres du FPR. Au point que, après la chute de Mobutu de nombreux civils rwandais intègrent les hautes sphères du pouvoir politique à Kinshasa tandis que l’armée congolaise passe sous le contrôle du général rwandais James Kabarebe, devenu chef d’état-major. Mais Laurent-Désiré Kabila, qui s’était appuyé sur le FPR pour arriver au pouvoir, se retourne subitement contre lui en juillet 1998, en relevant Kabarebe de ses fonctions et en expulsant les militaires rwandais.

La deuxième guerre du Congo

La réaction rwandaise ne se fait pas attendre : dès août 1998, le FPR s’associe aux rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), envahit une nouvelle fois la RDC et prend le contrôle de nombreuses villes du Kivu, de la province orientale et du Nord-Katanga. L’armée rwandaise en profite pour organiser le pillage des mines, tandis que les crimes commis contre les populations congolaises se multiplient. Le 24 août, en représailles après une embuscade, le FPR et le RCD massacrent plus d’un millier de personnes à Mwanga, dans le Sud-Kivu, et commettent des exactions particulièrement sordides : viols et mutilations des parties génitales, jet d’enfants et de bébés dans des latrines. Ces crimes n’ont pas cessé après le retrait des forces rwandaises et la fin de la deuxième guerre du Congo, en 2003.

Les massacres commis par les le FPR et l’AFDL ont pris une proportion telle que certains observateurs ainsi que le rapport Mapping, publié par le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme en 2010, ont pu évoquer l’hypothèse d’un génocide commis contre les hutus rwandais et congolais [1].

L’hypothèse d’un second génocide perpétré par le FPR contre les Hutus réfugiés en RDC est écartée par la communauté des chercheurs. Il n’en reste pas moins que des massacres à grande échelle et des tortures particulièrement cruelles ont été perpétrés par le FPR et l’AFDL. De nombreux crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ont été commis. Le rapport Mapping relate des cas de massacres au marteau, d’enrôlements massifs et forcés d’enfants soldats, d’incendie de villages, de viols ou de mutilations. Les victimes sont rwandaises et congolaises.

Aujourd’hui, des chercheurs tels que Roland Pourtier ou Gérard Prunier, estiment qu’il y a eu entre 3 et 5 millions de morts en RDC durant la période 1996-2003, soit lors des deux guerres du Congo. Il est nécessaire de rappeler qu’un génocide se définit comme la destruction systématique de tout ou partie d’un peuple. Le critère est donc qualitatif, et non quantitatif. Un nombre de morts, aussi élevé soit-il, ne suffit pas à qualifier des crimes de génocide. D’autre part, la majorité des morts durant ces deux guerres n’ont pas été tué lors de combats ou de massacres, mais sont morts de privations et de maladie, dues aux désordres engendrés par les conflits. Enfin, le gouvernement rwandais a réalisé plusieurs rapatriements de Hutus réfugiés en RDC. Mais ceux qui ont fui vers la forêt ont été pourchassés et massacrés de manière systématique.

Les chiffres sur les morts ont fait l’objet de vives polémiques, car ils sont un fort enjeu politique. L’Est du Congo est une région montagneuse et forestière, où il y a très peu d’infrastructures, il est donc particulièrement difficile d’avancer un nombre de morts des suites du conflit, d’autant plus que les enquêtes disponibles ont été réalisées plusieurs années après. Il n’existe que des estimations : l’ONG américaine International Rescue Committee (IRC) a avancé le chiffre de 4 millions de morts, repris notamment par Pourtier [2]. C’est en surfant sur cette polémique que Paul Kagamé peut nier les crimes de son armée sur le sol congolais.

Si le rapport Mapping, publié en 2010, s’est limité à documenter et à tenter de qualifier les crimes commis avant 2003, c’est en raison de l’espoir de paix suscité cette année-là. En effet, après avoir signé un accord de retrait des troupes rwandaises (le 30 juillet 2002, à Pretoria) et des troupes Ougandaises (le 6 septembre 2002, à Luanda), les autorités Congolaises signent avec les rébellions Congolaises l’« Accord global et inclusif de Pretoria », le 17 décembre 2002, ratifié par toutes les parties prenantes le 1er avril 2003.

Après la deuxième guerre du Congo, la déstabilisation perdure

La mise en place officielle, le 30 juin 2003, des institutions de transition regroupant tous les belligérants devait signer la fin des hostilités et le lancement du processus de démocratisation. Ce processus a abouti à l’adoption d’une nouvelle constitution et à l’organisation d’élections générales en 2006. Les différents groupes armés rebelles, comme le RCD et le MLC, se constituent alors en partis politiques et leurs troupes sont intégrées aux forces armées congolaises, ce qui fut une réussite relative du processus de démocratisation. Les incursions rwandaises directes ou par milices interposées n’ont pas cessé pour autant.

Que ce soit en soutien au Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du chef de guerre Laurent Nkunda en 2008 ou au Mouvement du 23 mars (M23) en 2012, le Rwanda a continué d’apporter un appui de taille à des mouvements rebelles qui déstabilisent la RDC et y commettent des crimes contre la population [3]. Alors que le gouvernement rwandais s’était engagé à Nairobi le 9 novembre 2007 à « prendre toutes les mesures nécessaires pour sécuriser sa frontière, empêcher l’entrée ou la sortie de membres de tout groupe armé et empêcher que toute forme de soutien – militaire, matériel ou humain – soit fourni à aucun groupe armé en RDC [4] », il a activement participé au recrutement de soldats – dont des enfants – à la fourniture de matériel militaire et a envoyé des officiers et des unités des Forces de défense rwandaises (RDF) en RDC, selon un rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC et un rapport d’Human Rights Watch [5].

Malgré le départ du président Joseph Kabila et le réchauffement diplomatique entre le Rwanda et la RDC sous la houlette du président Félix Tshisekedi, les incursions illégales de l’armée Rwandaise sur le sol Congolais se poursuivent. Dans son rapport publié en février 2021, le Kivu Security Tracker (KST) [6] souligne que l’ingérence des puissances régionales dans l’Est du Congo s’est accrue ces dernières années, « en particulier dans des zones sensibles telles que les Hauts Plateaux du Sud-Kivu [7] ». Le groupe d’experts des Nations unies chargé de veiller au respect de l’embargo sur les armes en RDC fait le même constat : dans son rapport publié en 2020, il prouve la présence active de l’armée Rwandaise dans les territoires de Nyiragongo, Masisi et Rutshuru (province du Nord-Kivu) entre fin 2019 et octobre 2020, malgré les dénégations de Kagame [8].

Le pillage des mines congolaises

Le Rwanda et toutes les autres parties prenantes aux conflits armés qui secouent la RDC depuis trois décennies ont toujours évoqué des considérations politiques, ethniques et surtout sécuritaires pour justifier les interventions militaires répétées et le soutien aux milices locales. Pourtant, l’Est de la RDC est une des régions minières les plus riches du monde, on y trouve notamment d’immenses réserves de coltan, mais aussi de l’or et d’autres métaux précieux ou des terres rares, utilisées dans les technologies numériques.

Si, durant la première guerre du Congo (1996-1997), on ne note pas de pillage des ressources minières par le Rwanda – celui-ci poursuivant essentiellement un objectif sécuritaire –, il n’en est pas de même lors de la deuxième guerre (1998-2003). En effet, on observe depuis 1998 trois activités illégales pratiquées par le Rwanda sur le territoire congolais : le pillage systématique des mines, l’exploitation minière directe et l’imposition de taxes sur les activités minières. Selon le chercheur Pierre Jacquemot, « pour les nouveaux potentats, la persistance de l’insécurité devint le moyen principal d’enrichissement » et ces guerres furent « le début de la mainmise des lobbies militaro-commerciaux rwandais et ougandais sur les ressources naturelles des zones qu’ils contrôlaient [9]. »

Qu’il s’agisse de minerais, de produits agricoles et forestiers, de l’argent ou du bétail, les militaires rwandais et leurs alliés ont organisé, coordonné, encouragé et mené des activités de pillage systématique dans les zones sous leur contrôle en RDC. Par exemple, dans le secteur minier, l’armée rwandaise et ses alliés ont, en 1998, pillé un stock de sept ans de coltan appartenant à la Société minière et industrielle du Kivu (Sominki). Il a fallu près d’un mois aux rwandais pour transporter le précieux minerais jusqu’à Kigali !

Autre exemple, dans le secteur financier : les mêmes protagonistes ont attaqué les banques locales, pillé et emporté l’argent. En 1999, l’équivalent de 1 à 8 millions de dollars ont été volés à la banque de Kisangani, amené sous escorte militaire à l’Hôtel Palma Beach de la même ville avant d’être acheminé par avion à Kigali, en passant par Goma.

Au-delà des pillages, l’armée rwandaise s’est livrée à l’exploitation directe des ressources minières sur le territoire Congolais qu’elle contrôlait. L’extraction des ressources naturelles était tellement intense que le Rwanda importait de la main-d’œuvre : il utilisait des prisonniers rwandais pour extraire le coltan et, en contrepartie, leur octroyait une réduction de peine ou un versement. En mars 2001, ils étaient plus de 1 500 prisonniers rwandais à extraire le coltan à Numbi (territoire de Kalehe) sous la surveillance des forces rwandaises. L’importance de la main-d’œuvre employée donne une idée de la quantité de minerai extrait et volé. L’enquête de l’ONU a également prouvé que Rwanda Metals, tenue par le FPR, et parmi d’autres entreprises publiques ou proches du gouvernement rwandais, a exploité le coltan en RDC [10].

Les statistiques officielles de l’État rwandais mènent aux mêmes conclusions. Le Rwanda produisait 54 tonnes de coltan en 1995, soit avant les incursions de son armée. En 1999, la production passe à… 224 tonnes [11]. Même chose pour la cassitérite : la production passe de 247 tonnes en 1995 à 437 tonnes en 2000. Cette tendance s’observe aussi dans les exportations rwandaises de diamant. Elles passent de 13 000 carats (d’une valeur de 720 000 dollars) en 1997 à 30 500 carats (d’une valeur de 1,8 millions de dollars) en 2000 [12]. Ceci alors que le Rwanda ne possède pas de gisements significatifs de ces minerais [13].

Cette exploitation illégale s’est poursuivie même après le retrait officiel des troupes rwandaises en 2003. En plus de l’extraction illégale par les groupes armés soutenus par le Rwanda, notamment le CNDP et le M23, un réseau de contrebande de minerais congolais a proliféré au profit du Rwanda et au mépris du devoir de diligence et de traçabilité imposés par la loi Dodd Frank américaine, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Union européenne. L’agence écofin signale même que « le Rwanda est devenu entre 2013 et 2014 le premier exportateur mondial de coltan [14] ». Ces exportations, à quoi s’ajoute la perception de taxes et impôts transitant via les rebelles du RCD-Goma, ont fortement contribué à l’essor économique du pays.

Le régime de Paul Kagamé a su adapter sa politique étrangère et sa stratégie d’exploitation du Congo oriental face à ses homologues successifs, de Laurent-Désiré Kabila à Félix Tshisekedi, en passant par Joseph Kabila. En témoignent les accords signés en juin 2021 sur l’or. Kagamé a su profiter de la volonté du président Tshisekedi de renouer des relations avec lui pour « réguler » ce secteur… et aboutir à ce que l’or congolais soit transformé dans une fonderie rwandaise. Ainsi, la prédation pourra perdurer légalement. (selon Bienvenu Matumo et Stewart Muhindo, journalistes)

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31 janvier 2022

"Ils n'ont rien à nous imposer !"

De plus en plus de Finlandais favorables à une adhésion à l'OTAN face à la pression russe

helsinki

Alors que rien n'indique une désescalade de la crise ukrainienne, l'inquiétude monte en Finlande, pays frontalier avec la Russie. À Helsinki, les habitants se méfient.

Les Finlandais observent la situation en Ukraine avec beaucoup d'attention. Et pour cause, c'est le  pays d’Europe avec la plus grande frontière terrestre avec la Russie (1.300 km). Et malgré une rencontre entre le chef de la diplomatie américaine et son homologue russe à Genève, vendredi 21 janvier, une attaque russe est possible "à tout moment", selon Washington.

Ce qui ne manque pas d'inquiéter la Finlande, où le débat sur une éventuelle adhésion à l'OTAN est désormais relancé, comme l'explique le directeur pour les études avancées de l'Université d'Helsinki : "Bien sûr que ça change la donne ! Les médias, par exemple, s'en servent pour faire les gros titres, explique Tuomas Forsberg, et puis les politiques qui sont en faveur d'une adhésion de la Finlande à l'OTAN saisissent toutes les occasions pour dire que c'est le moment, qu'il est presque déjà trop tard."

Selon le chercheur, de plus en plus de Finlandais y sont favorables, même s'ils restent minoritaires. Ils sont environ 30% pour l'instant. "Le vrai changement concerne ceux qui sont opposés. Pour la première fois, ils sont moins de 50%", affirme Tuomas Forsberg. 

Une défiance grandissante envers la Russie 

En Finlande, on ne digère toujours pas la volonté russe de stopper l'élargissement de l'alliance atlantique. Dans les rues d'Helsinki, il est désormais courant d'entendre des habitants exprimer une certaine défiance vis-à-vis de la Russie. "Personnellement, je suis pour que la Finlande rejoigne l'OTAN, affirme un habitant, comme une réponse à la pression de la Russie pour leur montrer qu'ils n'ont rien à nous imposer ici en Finlande !" 

Au-delà de cette question sur l'OTAN, la menace militaire à la frontière finlandaise est désormais abordée. "Je ne pense pas qu'il y ait une réelle menace à l'heure actuelle mais c'est une possibilité. Si quelqu'un commet une erreur, ça peut très vite arriver", avance un Finlandais. "J'espère vraiment que ça n'arrivera pas et je pense au fond de mon cœur que ça n'arrivera pas", tempère une habitante d'Helsinki avant d'ajouter : "Mais si vous regardez l'histoire de la Finlande et de la Russie. Et à vrai dire, l'histoire en général, on ne sait jamais."

À ce sujet, la première ministre finlandaise, Sanna Marin, a récemment rappelé que la Finlande, ancienne province russe, avait "appris du passé". Façon de dire que son pays n'a pas oublié les deux guerres qui l'ont opposée à l'Union soviétique depuis son indépendance, en 1917. (selon "Franceinfo")

30 janvier 2022

Histoire de deux élus de la vallée de Villé

En juin 2001, j'avais fait paraître dans le bulletin municipal n° 2 l'histoire de deux élus qui méritent d'être connus. Aussi je publie encore une fois ci-dessous. J'avais proposé en tant que conseiller municipal de nommer la place du collège "place Nicolas Bansept". Sans grand succès encore 20 ans plus tard, malgré l'approbation unanime du conseil municipal.

Elus

29 janvier 2022

Philippines: Twitter suspend des comptes soutenant Marcos Junior

Twitter a annoncé la suspension de centaines de comptes qui seraient liés à des partisans de Ferdinand Marcos Junior, candidat à l'élection présidentielle aux Philippines, et ont enfreint les règles de la plateforme américaine en matière de manipulation et de spam.

twitterLa candidature du fils et homonyme de l'ancien dictateur du pays est soutenue par une campagne massive sur les réseaux sociaux visant à le faire élire en mai, alors que son clan cherche un retour en politique.

Twitter explique avoir examiné des comptes et mots-dièse identifiés dans un article publié mardi par le site d'information philippin Rappler.

Plus de 300 comptes ont été supprimés "pour avoir enfreint la politique de notre plateforme en matière de manipulation et de spam", précise le réseau social dans un communiqué transmis à l'AFP samedi. La plupart avaient été supprimés avant la publication de l'article de Rappler et une enquête est en cours, ajoute-t-il.

Les Philippins sont parmi les plus grands utilisateurs de médias sociaux au monde et le pays est devenu un champ de bataille clé pour les fausses informations.

"Avec le scrutin philippin de mai, nous restons vigilants pour identifier et éliminer les campagnes d'information suspectes ciblant les conversations électorales", assure Twitter.

Le porte-parole de Marcos Jr, Vic Rodriguez, a déclaré qu'il n'existait "aucune certitude" que tous les comptes suspendus appartenaient à des partisans du candidat.

Une victoire électorale de Marcos Jr marquerait l'ultime retour politique de la famille, en exil aux États-Unis après la chute humiliante de son patriarche en 1986.

Marcos Sr et son épouse Imelda avaient été accusés de corruption massive lorsqu'ils étaient au pouvoir.

De récents sondages donnent une forte avance à Marcos Jr sur sa principale rivale, la vice-présidente sortante Leni Robredo.

Selon Rappler,les partisans de Marcos Jr "cherchent à dominer Twitter" et un grand nombre des comptes sur lesquels le site a enquêté ont été créés à peu près au moment de l'annonce de sa candidature en octobre.

Ces comptes véhiculaient l'idée que les Marcos étaient des "victimes" de la révolte de 1986 et que leur retour au palais présidentiel de Malacanang était "attendu depuis longtemps", selon le site.

Le partage de contenus politiques sur un compte ou l'incitation à le faire via des mots-dièse est autorisé, "sauf si les comptes sont faux, rémunérés ou automatisés, ce dont nous n'avons pas clairement la preuve dans ce cas", indique Twitter.

Lundi, le géant américain a annoncé étendre au Brésil, à l'Espagne et aux Philippines un dispositif test pour permettre aux utilisateurs de signaler des contenus trompeurs.(selon "Notre temps")

28 janvier 2022

Mars 1962, le drame de la fusillade de la rue d'Isly à Alger

Le 26 mars 1962, des dizaines de partisans de l'Algérie française étaient tués par l'armée rue d'Isly à Alger, un drame aux circonstances obscures, que le président Macron a évoqué mercredi dans le cadre d'un geste mémoriel envers les rapatriés.

AlgerLa fusillade de la rue d'Isly dura plus de dix minutes et fit 49 morts, tous civils, parmi les manifestants, selon le bilan officiel, plutôt 60 à 80 selon des historiens ou des médecins, et de nombreux blessés. L'événement marqua le début de l'exode massif des Français d'Algérie, communément appelés les "pieds-noirs".

Alors que le cessez-le-feu ouvrant la voie à l'indépendance de l'Algérie a été proclamé le 18 mars, plusieurs milliers de partisans de l'Algérie française sont appelés par l'OAS (Organisation armée secrète) à se diriger le 26 mars vers le quartier de Bab-el-Oued, refuge de membres de l'OAS, afin de forcer les barrages installés par l'armée française après plusieurs meurtres de jeunes du contingent par cette organisation.

Ils sont invités à s'y rendre "sans armes" et "drapeau en tête", alors que la manifestation est interdite par le préfet. A partir de là, différentes versions circuleront : selon l'une d'elles, contestée notamment par des familles des victimes, ce sont des tirs visant les militaires depuis une fenêtre ou un toit rue d'Isly, qui enclenchent en retour la fusillade paniquée vers la foule des tirailleurs gardant le barrage.

Cette version est également contestée par des parlementaires français, dont Eric Ciotti ou Valérie Boyer, qui présentèrent en 2019 une proposition de loi demandant "reconnaissance de la Nation des massacres de la rue d'Isly".

"Sans sommation, à 14h50, la troupe du 4e régiment de tirailleurs ouvrit le feu, s’acharnant sur ceux qui s'étaient jetés à terre afin de se protéger. La version officielle dira que des coups de feu avaient été tirés d'un toit vers les militaires. Mais ceux‑ci, au lieu de riposter vers le toit où devrait se trouver le prétendu tireur, ont tiré à l’arme automatique dans la foule, frappant dans le dos des manifestants qui tentaient vainement de s'enfuir", pouvait-on lire dans leur exposé des motifs.

"Il est grand temps aujourd'hui que l'Etat français rompe définitivement avec le silence et reconnaisse officiellement les crimes commis le 26 mars 1962 lors de cette manifestation pacifique", poursuivait l'exposé des motifs, en demandant "que l'ensemble des archives soit ouvert" et le massacre reconnu.

Des historiens souligneront de leur côté la fatigue et l'inexpérience des troupes placées à cet endroit. Après les tirs, la panique saisit la foule : "Ces 10 minutes de fusillade ont été suivies de 30 minutes d'affolement, de désarroi, dans le tintamarre crispant des sirènes et des klaxons, voitures de pompiers, camions, ambulances, des voitures civiles sillonnaient la ville, transportant le plus rapidement possible les blessés", écrit l'AFP ce jour-là.

En 2010, le gouvernement français décida d'inscrire les noms des victimes de la rue d'Isly sur le Mémorial de la guerre d'Algérie à Paris, mais l'Etat français n'avait jamais reconnu de responsabilité dans ces événements. (selon GEO avec AFP)

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