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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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14 septembre 2020

Le plan de relance enchante le patronat, pas les syndicats de salariés

Salué par les représentants du patronat, décrié par plusieurs organisations de salariés, le plan de relance présenté par le Premier ministre ce jeudi fait la part belle aux entreprises. Mieux que du grain à moudre, les milliards viendront renforcer leurs trésoreries pour les deux années à venir. Sans obligation de contreparties environnementales ou en matière d’emplois.

Castex

Pas réellement de surprise lors de l’annonce des mesures du plan de relance, appelé maintenant France Relance par exécutif, lors de la conférence de presse de Jean Castex, jeudi 3 septembre à 13 h. La plupart des dispositifs étaient déjà connus depuis quelques jours. Le montant du plan est bien de 100 milliards d’euros sur deux ans, s’ajoutant aux 470 milliards déjà injectés depuis le début de la crise du coronavirus. Comme prévu, l’enveloppe est répartie en trois grands chantiers. La compétitivité des entreprises pour un montant de 35 milliards d’euros, la transition écologique pour 30 milliards supplémentaires et la cohésion sociale et territoriale pour 35 derniers milliards.

« Le plan France Relance n’est pas un cadeau fait aux entreprises, c’est un cadeau fait à la France pour lutter contre le chômage. » C’est la formule choisie ce matin par Jean Castex dans la matinale de RTL pour se défendre des critiques à l’égard de son plan. Pour autant, une grande part des 100 milliards d’euros de l’État ira, sous une forme ou une autre, dans la trésorerie des entreprises. Le gouvernement espère en procédant de la sorte relancer la machine, sauvegarder des emplois et même en créer 160 000. Bien peu finalement face aux 600 000 à un million de destructions d’emplois attendus d’ici la fin de l’année.

« L’idéologie du pouvoir n’a pas changé : il faut aider les “riches” pour faire ruisseler sur nos têtes les miettes de leurs profits », tacle l’Union syndicale Solidaires. De l’autre côté de la lutte des classes : « un plan équilibré », « un message très fort et positif » et « un pacte de confiance entre le gouvernement, les acteurs économiques et la société tout entière » pour le président du Medef Anjou qui a promptement réagi au discours de Jean Castex. De son côté, François Asselin, le président de la CPME, s’est dit globalement satisfait, tout en restant vigilant sur la mise en œuvre du plan pour les petites et moyennes entreprises.

Le marché libre, mais subventionné !

 En tout cas, la relance passera par le secteur privé. De l'université d'été du Medef à la conférence de presse d’aujourd’hui, l’exécutif n’a eu de cesse de déclarer sa flamme et réaffirmer sa confiance auprès de patrons choyés pour faire face à la crise. Une confiance qui se retrouve dans les choix du plan de relance. Ainsi, un tiers des 100 milliards d’euros sont officiellement destinés à la compétitivité des entreprises. Sur ces 35 milliards, 20 serviront à baisser les « impôts de production » sur deux années. Onze milliards viendront renforcer le Plan d’investissement d’avenir (PIA) qui a déjà consacré 57 milliards à des projets innovants depuis 2010, dont une grande partie dans le numérique et le secteur privé. Le restant étant consacré au renforcement des fonds propres des entreprises – comprendre leur trésorerie – pour 3 milliards, et à l’investissement industriel pour un dernier milliard.

Mais sur les 65 milliards consacrés à la transition écologique et à la cohésion sociale et territoriale, une partie non négligeable finira encore dans les escarcelles des entreprises. En toute logique, toute relance et injection de fonds par l’État dans une économie fondée sur le marché et dominée par le secteur privé profite aux entreprises. Par exemple, les 6,7 milliards pour la rénovation énergétique des passoires thermiques permettront au secteur du BTP de se refaire une santé. Mais le gouvernement va plus loin. Par exemple, la décarbonisation d’entreprises polluantes sera prise en charge, au moins en partie, par l’argent public. Enfin, certaines des mesures présentées comme relevant de la cohésion sociale sont encore des cadeaux au patronat.

« C’est d’abord des milliards pour les entreprises », s’agaçait Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, ce matin sur France 2, à propos des 6,7 milliards en faveur de l’emploi des jeunes, intégré au plan de relance. Ici, les entreprises qui emploieront des salariés de moins de 26 ans recevront 4000 € d’aides directes. De plus, le coût d’un apprenti sera essentiellement à la charge de l’État : 5000 € pour un mineur, 8000 € pour un majeur. Du travail quasiment gratuit offert aux employeurs. Par contre, dans le volet cohésion sociale, la totalité des aides sociales est plafonnée à 800 millions d’euros, et la lutte contre la pauvreté récupère 200 millions, soit 0,2 % de la totalité du montant du plan de relance.

Pas de contreparties

« Les aides publiques massives, directes et indirectes […] doivent être soumises à la condition de l’interdiction à la fois des licenciements et du versement de dividendes et contrôlées en conséquence », réclamait le syndicat Force ouvrière dans une déclaration la veille du dévoilement officiel du plan gouvernemental. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas été entendu. Une absence de contrainte que regrette aussi le leader de la CGT qui interrogeait ce matin : « À quoi sert l’argent des contribuables qui est donné aux entreprises ? […] Les milliards donnés à Renault et Air France ont servi à supprimer des emplois. » Un avis également partagé par Greenpeace sur des « cadeaux » faits aux entreprises « sans condition écologique et sociale contraignante ».

« Le gouvernement change, mais le logiciel ne change pas », déplore Véronique Martin. Si la membre du bureau exécutif de la CGT dit ne pas être hostile en soi à « des aides aux entreprises pour que l’économie reprenne », elle insiste sur la nécessité de conditionner ces milliards donnés « au maintien ou à la création d’emplois » et sur le besoin de contrôle par les ministères en charge. Enfin, elle constate « qu’il n’y a rien pour les salariés y compris en termes de revalorisations ». Même pour celles et ceux en première et seconde ligne pendant la crise sanitaire au printemps. À contre-courant, la CFDT salue elle « des orientations qui restent à confirmer ». Satisfecit pour la centrale cédétiste qui souligne les mesures en faveur des jeunes tout en regrettant des manques pour les plus précaires : « il ne faut pas laisser les plus précaires basculer dans la grande pauvreté »

À défaut d’obligations, le gouvernement a préféré la confiance et l’incitation plutôt que la contrainte pour le monde de l’entreprise. Jean Castex en a même fait une « doctrine » : ni fiscalité punitive ni écologie punitive. (selon "Rapports de force", le quotidien des mouvements sociaux)

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13 septembre 2020

Navalny, jouet de Poutine, Macron et Merkel

Alexeï Navalny, est, à en croire les médias qui décidément sont un problème démocratique central de notre société tant ils diffusent des fake news qu'ils prétendent cyniquement combattre, le principal opposant à Vladimir Poutine, président de la Russie.

ivan_le_terrible

Qu'un agent stipendié de l'impérialisme étasunien soit le principal opposant de Poutine est simplement un mensonge imbécile. Ce type trimbale tant de casseroles ( son mouvement Da! est financé par les Etats-Unis, il a étudié à Yale grâce à un réseau étasunien d'influence, il flirte avec l'extrême-droite raciste etc) qu'on peut penser qu'il est valorisé par le pouvoir russe pour discréditer toute l'opposition à Poutine.

Rappelons que la principale force d'opposition à Poutine est le Parti Communiste de la Fédération de Russie, mais il faut croire que les résultats des élections sont inconnues des médias de nos milliardaires et de l'Etat macronien.

navalny

Quant à "l'empoisonnement" du héros des médias occidentaux Dieu seul sait ce qu'il en est car le personnage est suffisamment plongé dans toutes sortes de magouilles qu'il peut être ciblé par bien du beau monde. Que le président Poutine soit derrière cette affaire est simplement ridicule : on n'assassine pas quelqu'un d'aussi utile. Mais bien entendu nos médias n'en n'ont que faire, la diabolisation de Poutine (un rude concurrent pour nos maîtres) est une vieille histoire, aussi véridique que les armes de destruction massive de Saddam,  l'armée irakienne comme 4e armée du monde, le charnier de Timisoara provoqué par un autre diable, Ceaucescu, ou les pleurs de la l'infirmière koweïtienne (imaginaire car elle était en fait la fille de l'Ambassadeur du Koweït à Washington) qui dénonçait l'assassinat des bébés par la soldatesque irakienne (alors qu'elle racontait une fake news fabriquée par une agence de com. sur ordre de la CIA). 

Faire la liste des mensonges d'Etat et des médias-mensonges serait trop long et fastidieux. Et ils s'étonnent après ça que la confiance des citoyens à leur égard soit proche de zéro.

Enfin comment ne pas être ému aux larmes en voyant Macron et Merkel, soulevés par une Sainte indignation par les méfaits du (Ras)Poutine du Kremlin, proposer de recevoir Navalny dans leurs pays respectifs où il pourrait se réfugier de la vindicte de Vladimir-le-Terrible.

Il ont simplement oublié qu'ils ont refusé d'accorder l'asile à Julian Assange dont le seul crime est d'avoir informé le monde des crimes des gouvernements et en particulier de l'Exécutif des Etats-Unis. Deux poids, deux mesures. Mais il serait naïf de la part des progressistes d'attendre autre chose de cette pègre. En revanche il est de notre devoir de rappeler quelques vérités, avec nos tout petits moyens, à nos concitoyens. (selon Antoine Manessis, "NBH, le nouveau blog historique")

12 septembre 2020

Macron, grand maître d'Afrique

Et si Ouattara et Macron avaient parlé de financement de la Présidentielle en Côte d’Ivoire

1599377457_ado_macron2_696x485Quel sujet a pu être au centre des discussions entre Alassane Ouattara et Emmanuel Macron, qui vaille, en ces temps de coronavirus, que le Président ivoirien fasse un déplacement jusqu’à Paris, pour rencontrer son homologue français ? Une question qui ne pouvait être abordée au téléphone !

Dès l’instant qu’ils ont tenu secret leurs échanges, toutes les supputations sont permises. Car, visiblement, même les services secrets français et ivoiriens ne pourront jamais savoir de quoi ont parlé Macron et Ouattara. Car, il ne fallait surtout pas en parler même en visioconférence. C’est évident qu’il ne fallait laisser aucune trace. Même dans la cours de l’Elysée, car ils ont réussi à tout étouffer sous leur masque anti-Coronavirus. A remarquer que les deux dirigeants n’ont pas manqué de se toucher. D’après ce qui se dit, le virus peut vivre des heures sur certaines matières. Bref.

Le débat n’est pas là. Qu’est-ce qui peut valoir à Emmanuel Macron de prendre le risque de recevoir chez lui un visiteur, avec tous les dangers que cela comporte, en ces temps de forte pandémie ? Un tête-à-tête seul à seul ! Que cache Emmanuel Macron aux Français ? Dans la même veine, que cache Alassane Ouattara aux Ivoiriens ? Que cachent ces deux chefs d’Etat au monde entier ? Ont-ils parlé Mali ou ont-ils traité de la Côte d’Ivoire ?

A cet instant précis, Macron et Ouattara ne peuvent pas se rencontrer sans parler Côte d’Ivoire. Justement, en Côte d’Ivoire démarrera bientôt la campagne électorale pour la Présidentielle du 31 octobre prochain à laquelle Alassane Ouattara va prendre part, par force. Une campagne qui avait été budgétisée avec des fonds, sans doute conséquents que Ouattara pense devoir gérer lui-même, à défaut de pouvoir compter sur Amadou Gon Coulibaly, son ancien candidat pour ce scrutin présidentiel, emporté par la grande faucheuse.

Et si Ouattara et Macron avaient parlé de financement de la campagne présidentielle ivoirienne ? L’exemple du Sénégal, avec notamment le financement de la campagne présidentielle de 2019 donne matière à réflexion. Ce n’est un secret pour personne que financer une campagne présidentielle requiert beaucoup de moyens. En 2012, il a été prêté au Sénégalais Macky Sall d’avoir été financé par des fonds russes, issus du scandale de l’IAAF. En 2019, cette question n’a pas été posée, car Macky Sall était Président et avait entre les mains toutes les cartes pour financer sa campagne électorale.

Avec tout ce que cela comporte comme mystère, un parallèle peut être fait entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Fin 2017, année pré-électorale au Sénégal, Emmanuel Macron et Macky Sall trouvent un accord pour la construction d’un métro devant relier Dakar à Diamniadio. Pour une distance de 35 km, ce métro, appelé TER (Train Express régional) dont le coût est estimé à plus d’1,5 milliard d’euros (1 000 milliards FCFA), devait être opérationnel depuis 2019. A ce jour, il n’a pas fait un kilomètre de rail pour transporter des passagers. Les Sénégalais ont toutefois trouvé ce coût faramineux, pour un projet élaboré à la veille d’une année électorale.

En 2017, Emmanuel Macron n’était pas qu’au Sénégal. Il était aussi en Côte d’Ivoire pour inaugurer le lancement des travaux de construction du métro d’Abidjan. Il n’y a pas eu d’accord. Peut-être que rien ne pressait. Il aura fallu attendre octobre 2019 pour que l’Etat ivoirien et la société de BTP trouvent un terrain d’entente sur le coût final du métro. Là aussi, d’un montant total d’un milliard et demi d’euros, à peu près comme pour le Sénégal, et financé intégralement par un prêt de Paris.

Si pour le Sénégal, le métro était prévu sur 35 km, en Côte d’Ivoire, il devra relier le village d’Anyama situé au nord d’Abidjan à l’aéroport qui est situé au Sud, sur une distance de 37 km. Le spécialiste des transports, Barthélémy Kouamé, a estimé que cet axe reliant le nord au sud d’Abidjan est mal choisi. Pour lui, cet itinéraire ne répond pas aux besoins de la plupart des Abidjanais. Ce sera, en effet, un axe loin des habitations et le problème d’embouteillage ne sera pas résolu pour autant. Mais Ouattara a fermé les yeux et les oreilles.

Même réaction au niveau du Sénégal où la société civile a dénoncé cet ouvrage « inutile et coûteux », qui ne vient pas à son heure. Les populations ont beau dénoncer l’ouvrage en Côte d’Ivoire, l’inauguration et le lancement officiel des travaux du métro d’Abidjan ont eu lieu, le samedi 21 décembre 2019. A un mois du début de la campagne électorale en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara et Macron défient le coronavirus et les règles de transparence en matière de gestion d’un Etat pour un tête-à-tête seul à seul.

Le jeu doit bien en valoir la chandelle. et dès lors, on peut se permettre de tout imaginer. Car, il y a un an, il était question de gros sous à Abidjan. Un véritable butin de guerre. Electorale pour ne pas dire de campagne ?  Mystère. En attendant la Présidentielle française.

11 septembre 2020

Le combat Poutine - Navalny

Qui a donné l’ordre d’empoisonner l’opposant russe le plus efficace ? Vladimir Poutine ? Oui et non. C’est sans doute au plus niveau que quelque chose s’est mis en mouvement en haut du mécanisme de l’appareil d’Etat, durant ces semaines de protestation massive chez le voisin bélarusse contre le « père et maître » Loukachenka. Dans le ” système Poutine “. Portons-y un peu notre loupe.

Poutine

Nous avons déjà parlé de personnages très haut placés qui avaient des raisons d’en vouloir à Alexei Navalny : Tchaika ; Dimitri Medvedev ; l’espèce de Raspoutine moderne qu’est Evgueni Prigogine (mais Raspoutine, précisément, a fait l’objet d’une intoxication à l’arsenic !),… Mais la manière dont Navalny a été empoisonné (puisque c’est le cas) et surtout, la substance toxique dont il semble s’agir supposent une proximité immédiate avec les services secrets militaires, nommément le GRU.

Une autre hypothèse a été soulevée ; elle est peu vraisemblable : coupables, les dirigeants de cette Sibérie où Navalny s’était rendu avant de s’écrouler dans l’avion du retour, chefs du parti Russie unie ? Ils ont fait l’objet d’une investigation serrée de la part de Navalny, et ils n’ont pas quitté d’une semelle de botte rouge ce dernier lors de sa dernière visite à Novosibirsk, à Khabarovsk et Tomsk. Mais ces gouverneurs ou leurs services de sécurité n’oseraient jamais prendre une telle initiative.

Personnellement, et de manière assez étrange, Poutine semble ne pas se sentir menacé dans son pouvoir. Il ne nomme pas même Navalny par son nom, et l’appelle : « le Patient »… Comme beaucoup de néo-rois, il flotte dans une sorte d’aura qui lui fait croire à sa stabilité politique imperturbable. Mais son entourage, lui, n’y croit pas, et il est assez évident qu’il voyait en Navalny une menace : c’est leur métier. On pense au fameux chef du FSB, le général Alexandre Bortnikov ; et/ou au non moins fameux Nikolaï Patrouchev, chef du Conseil de Sécurité. Et au directeur du Service de renseignements extérieurs, Sergueï Narychkine.

L’ordre d’empoisonner Navalny a nécessairement dû être donné d’en haut, pense-t-on. Poutine a si bien verrouillé l’appareil d’Etat qu’une décision indépendante est en soi impensable ; elle l’eût été moins voici une dizaine d’années. Mais on n’imagine pas non plus que l’instigateur a demandé l’autorisation au néo-Tsar : prudent malgré les apparences, il ne l’aurait pas accordée.

On se trouve donc peut-être dans une situation typique de ce genre de situation – et de beaucoup de polars politiques : des super-flics politiques zélés se disent : bon, il faut que je le fasse, c’est pour son bien ! Fier de moi ! Je suis le plus dévoué et le plus désintéressé ; et que deviendrait le Chef sans moi…

Quant au produit utilisé, les experts (discrets) de la Bundeswehr, de l’ Organization for the Prohibition of the Chemical Weapon et le centre de recherches britannique mobilisé lors de l’Affaire Skripal en 2018, Porton Down, s’accordent sur sa nature. Pour les toxicologues, le symptômes observés lors de plusieurs affaires d’empoisonnement russe présentent des similitudes plus que frappantes. Le conjoint d’une Pussy Riot l’an dernier, qui a survécu de justesse : Verzilov, qui a vu les images de Navalny à Omsk, s’est mis très vite en contact avec Volkov, le collaborateur de l’opposant, pour témoigner et apporter son aide ; un fabricant d’armes bulgare en 2015, Emilian Gebrev, qu’on a aussi consulté à la Charité cette semaine ; l’ex-agent Sergueï Skripal et sa fille,… Et à Salisbury et Londres, on a retrouvé assez rapidement la trace d’un agent du GRU, les services secrets militaires russes.

Ces produits bloquent une enzyme précise dans le système nerveux, d’une manière commune à des poisons du même groupe : le fameux sarin, quelques autres moins connus, et… le novitchok de Salisbury (Affaire Skripal). Symptômes : larmes et salive abondantes, relâchement musculaire, ralentissement du rythme cardiaque. Ces poisons agissent par inhalation, ingestion ou, comme à Salisbury il y a 2 ans, contact (Skripal, ex-agent double, et sa fille ont été intoxiqués ainsi, en touchant une poignée de porte).

L’empoisonnement est plus rapide qu’un procès, même en Russie poutinienne, et il est psychologiquement efficace, puisqu’il offre à tous le spectacle horrible d’un opposant qui se déglingue : alors, pourquoi s’en priver ? Et l’entourage de Poutine s’est aperçu de l’efficacité ed l’action d’Alexei Navalny contre un dirigeant dont la popularité baisse fortement depuis 4 ans. De même que celle de Loukachenka, son gourou en politique. Tomberont-ils de la même manière ? (selon "Euro-journalists" - Marc Chaudeur)

10 septembre 2020

Urbeis

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9 septembre 2020

MoDem : hold-up chez LaREM

"Décisions prises de Paris", "bien-pensance" : trois députés supplémentaires quittent LREM

ANL'hémorragie se poursuit dans le groupe parlementaire, qui continue de perdre des membres au profit du MoDem.

La République En Marche continue de perdre des éléments à l'Assemblée nationale. Les députés Christophe Blanchet (Calvados), Perrine Goulet (Nièvre) et Blandine Brocard (Rhône) ont annoncé lundi 7 septembre rejoindre le groupe MoDem, quelques semaines après les appels du pied du président du groupe centriste dans l'hémicycle, Patrick Mignola.

"Je reste clairement dans la majorité présidentielle en me retrouvant dans ce groupe mais j'effectue un pas de côté pour mieux avancer", écrit le député dans un communiqué. Il assure rester "loyal au président de la République" et "cohérent avec (s)on engagement politique depuis (s)es plus jeunes années en tant que militant UDF puis MoDem". "Je ne peux que constater que nous avons parfois fait preuve de manque d'explication dans nos réformes, que les territoires ne sont pas assez écoutés, et que trop de décisions sont prises de Paris", a déclaré Perrine Goulet dans une vidéo, où elle annonce son changement de groupe.

Blandine Brocard a elle aussi confirmé son départ pour le groupe MoDem, tout en soulignant qu'elle "restait dans la grande famille de la majorité présidentielle". Le groupe LREM n'a pas réussi une "ouverture à toutes les idées d'où qu'elle viennent", et a "facilement tendance à dériver vers une sorte de bien-pensance", a-t-elle déclaré, en affirmant "se retrouver davantage" dans le MoDem.

Bref, une petite tempête dans un grand verre d'eau. Irait-on en 2022 vers une primaire à droite Macron-Bayrou ? Qui sait ?

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8 septembre 2020

Qui Berlusconi a-t-il contaminé ?

Une filière de milliardaires ?

berlusconi

L’ex-président du conseil italien Silvio Berlusconi aurait quitté Milan sur les conseils des médecins pour se réfugier chez sa fille, dans les Alpes-Maritimes, à Mougins. L’Italie était un temps le pays européen le plus durement touché par la pandémie de coronavirus et il s'avère aujourd'hui que le leader de Forza Italia, âgé de 83 ans, a été atteint du covid-19 et a même été hospitalisé à Milan. Selon certains communiqués, il souffrirait des poumons.

Logiquement, les autorités françaises auraient dû s'informer des rencontres faites par cette personnalité lors de son séjour dans l'arrière-pays de Cannes. Si la démarche a été faite, elle est en réalité restée très discrète.

On sait pourtant que l'un de ses voisins n'est autre que le richissime président de Côte d'Ivoire Alassane Ouattara et son épouse franco-libanaise Dominique Nouvian, qui possèdent une dizaine d'avions et quelques hélicoptères. On pourrait d'ailleurs se poser la question si le virus ne circule pas déjà du côté d'Abidjan, surtout après le décès rapide du premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Mais l'information restera un mystère, surtout que Ouattara profite de se déclarer de façon anticonstitutionnelle candidat à un troisième mandat présidentiel en lieu et place du défunt.

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N'oublions pas que parmi les amis de Berlusconi dans l'arrière pays cannois figure le clan des magnats du pétrole Al-Thani, propriétaire par ailleurs du Paris-Saint-Germain finaliste de la coupe d'Europe (et perdant) face au Bayern Münich. Aussi, ne sommes-nous pas surpris d'apprendre que certains joueurs (dont Neymar et M'Bappé) sont atteints du coronavirus. On peut donc se poser aussi la question de la fatigue de certains joueurs lors du match à Lisbonne.

Et le préfet des Alpes Maritimes, sur les conseils avisés de Macron, Castex et Darmanin, va-t-il ordonner le dépistage systématique des milliardaires dans son département ?

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Résidence de Berlusconi à Mougins (06)

7 septembre 2020

Parc de Sainte-Croix

Ils n’ont pas vu la mer, mais ils ont vu des loups !

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Ils n’ont pas vu la mer, mais ils ont vu des loups, des ours, des lémuriens et des vautours. 2 200 enfants issus des sept fédérations du Secours populaire du Grand Est ont visité au cours du mois d’août le Parc animalier de Sainte-Croix , à Rhodes.

Chaque mercredi, des centaines d’enfants ont été accueillies gratuitement avec leurs familles sur le site dédié à la biodiversité et à la sensibilisation à la préservation des espèces sauvages. Même si l’opération n’a pas eu l’ampleur habituelle des autres années, la présidente du Secours populaire de Moselle, Marie-Françoise Thull , est satisfaite d’avoir pu offrir aux familles les plus fragiles ces journées de vacances. « Le Secours populaire s’adapte toujours, souligne-t-elle. La crise sanitaire a été doublée d’une crise sociale. Mais durant le confinement nous sommes restés ouverts pour accompagner les familles et les recevoir. Certaines sont venues car elles n’avaient plus rien, plus de travail, plus d’argent. Elles se retrouvaient complètement démunies, c’était très dur ».

Pour le parc animalier, la demande du Secours populaire a été l’occasion de s’adresser à des publics d’habitude moins captifs. « Donc c’est à nous de les remercier de nous avoir sollicités, d’autant plus que c’est aussi une forme de soutien à la relance de l’activité », a estimé Pierre Singer, directeur de Sainte-Croix.

Les oubliés des vacances

Les bénévoles de toutes les fédérations se sont mobilisés pour organiser chaque semaine les déplacements vers le Parc de Sainte-Croix, pour permettre ces moments de bonheur en famille. « C’est un peu la journée des oubliés des vacances , relève Marie-Françoise Thull. Même si nous avons été obligés de limiter le nombre, poursuivre cette opération est un signe très important car nous nous sommes rendus compte que ces familles n’avaient jamais l’occasion de partir ensemble, les parents avec leurs enfants. C’est un bonheur démultiplié pour les enfants qui ont des choses à raconter, c’est très important surtout juste avant la rentrée des classes. »

À Rhodes, ces familles se sont mêlées aux visiteurs traditionnels du parc, sans distinction. Marie-Françoise Thull l’a observé : « Il y a eu un sentiment de liberté, sans la crainte d’être stigmatisé. D’ailleurs, elles nous ont oubliés dès l’entrée pour profiter du parc ! » - Olivier Simon (Le Quotidien luxembourgeois) 

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6 septembre 2020

Guêpes et frelons : « Cet été est exceptionnel » dans le Grand Est

« Quand beaucoup de guêpes volent comme ça, il y a forcément un nid pas loin » : dans le Bas-Rhin comme ailleurs en France, les destructions de nids de guêpes et de frelons se multiplient, les professionnels n’hésitant pas à parler d’une année « record ».

gu_tesAprès la destruction d’un nid sous la toiture d’un immeuble, puis d’un deuxième à l’entrée d’une aire de jeux pour enfants, il est à peine 10h lorsque David Oliveira Texeira fonce vers sa troisième intervention de la journée, dans une maison de la banlieue sud de Strasbourg. En ville ou à la campagne, chez des particuliers ou dans les entreprises, guêpes et frelons prolifèrent. « Cet été est exceptionnel », juge le chef d’équipe de la société DMKExperts.

Mais l’entreprise a constaté un phénomène similaire dans bien d’autre régions en France. A l’échelle du Bas-Rhin, les chiffres qu’elle avance sont autant de « records » : 300% d’augmentation de l’activité de destruction de nids de guêpes et de frelons, une centaine d’appels par jour contre une trentaine en pleine saison les années précédentes, une cinquantaine d’interventions quotidiennes…

Confrontés à l’explosion du nombre de sollicitations, les pompiers du Bas-Rhin facturent depuis le printemps 2019 la destruction de nids, activité devenue chronophage, pour « se recentrer sur leurs missions prioritaires ». Selon David Oliveira Texeira, la prolifération d’hyménoptères (guêpes, abeilles, frelons et bourdons) s’explique notamment par la météo des derniers mois. Avec un hiver et un printemps doux, même les insectes les plus faibles ont survécu. Outre les conditions climatiques, « il est aussi possible que les guêpes viennent chercher de la nourriture chez les hommes », ne disposant plus des ressources nutritives nécessaires dans la nature.

« Ils se sont donné le mot, quelqu’un vient les attaquer »

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« Ça vous empoisonne la vie ce genre de chose », soufflent Raphaële et Fabien. Sous la toiture de leur maison de trois étages à Illkirch-Graffenstaden, au sud de Strasbourg, le couple pense avoir identifié la présence d’un nid entre deux cheminées, pariant plutôt sur des frelons que sur des guêpes. Les insectes pénètrent depuis une dizaine de jours jusque dans une chambre et la salle de bain. Équipé de la tête aux pieds d’une combinaison bleue, une grille devant le visage et un pulvérisateur blanc dans une main, David Oliveira Texeira s’extrait de la fenêtre de toit et escalade la toiture. « C’est un nid de frelons européens », confirme le technicien, perché à plusieurs mètres du sol. A peine a-t-il bougé une tuile, qu’un nuage d’une centaine d’insectes s’élève dans les airs, l’encerclant. « Ils se sont donné le mot, quelqu’un vient les attaquer », observe sereinement le technicien depuis l’arête du toit. En réaction, les ouvrières sortent défendre leur nid, qui, en pleine saison, peut contenir jusqu’à un millier d’individus et atteindre plus d’un mètre de long.

Souvent confondu avec la guêpe, le frelon se distingue par sa taille moyenne, atteignant 30 millimètres, et seul son abdomen est bariolé de jaune et de noir. Depuis le jardin, Fabien appelle sa femme pour qu’elle assiste également à l’intervention, « impressionné ». La procédure est immuable : insérer la buse du pulvérisateur dans un espace qui permettra à la poudre insecticide – conçue à partir d’une plante à fleurs blanches, le pyrèthre – de rendre le nid inactif. Puis les frelons qui bourdonnent autour du professionnel achèveront eux-même le travail. « En rentrant, ils vont emmener de la poudre directement à l’intérieur du nid », l’objectif final étant de tuer la reine, pour éviter qu’elle n’en construise un autre ailleurs et continue de pondre. Après quelques pulvérisations, David Oliveira Texeira annonce la bonne nouvelle : « Le nid est traité ! » Mais « il faudra penser à fermer toutes les fenêtres de ce côté pendant 48 heures » pour éviter que les derniers survivants, particulièrement agressifs, n’entrent dans la maison, prévient-il. (selon Le Quotidien du Luxembourg et AFP)

5 septembre 2020

Soudan : accord de paix historique avec quatre mouvements rebelles

Un accord de paix historique a été paraphé lundi par les autorités soudanaises de transition et plusieurs mouvements rebelles, afin de mettre un terme à 17 années de conflits qui ont fait des centaines de milliers de morts, en particulier au Darfour (ouest).

soudanAprès des mois de négociations, cet accord a été paraphé en deux temps lors d’une cérémonie à Juba, au Soudan du Sud: d’abord par les mouvements rebelles du Darfour, où la guerre débutée en 2003 a fait –surtout au cours des premières années– au moins 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés selon l’ONU. Puis par le mouvement rebelle du Kordofan-Sud et du Nil bleu, où la guerre a affecté un million de personnes.

« Nous savons que nous allons affronter quelques problèmes lorsque nous allons commencer à procéder (à la mise en oeuvre de l’accord) sur le terrain, mais nous avons cette volonté politique », a réagi Fayçal Mohamed Saleh, porte-parole du gouvernement, en marge de la cérémonie.

« Nous pensons que nous avons commencé la réelle transformation du Soudan d’une dictature vers une démocratie (…) parce que nous sommes désormais rejoints par les mouvements armés de gens de toutes les régions du Soudan », a-t-il poursuivi.

Premier succès

Pour célébrer le premier succès dont ils peuvent se targuer depuis la chute de l’autocrate Omar el-Béchir au printemps 2019, ces dirigeants soudanais s’étaient déplacés en nombre à Juba. Plusieurs pays étrangers étaient également présents.

Entre le passage de chaque groupe de signataires, un chanteur accompagné d’un orchestre a entonné des chants traditionnels.

Pour les autorités soudanaises, c’est en uniforme militaire que Mohamed Hamdan Daglo, vice-président du Conseil souverain et accusé d’avoir commis des « atrocités » au Darfour, a signé l’accord.

Encore plus symbolique: les ennemis d’hier, M. Daglo et les chefs des mouvements rebelles, regroupés au sein du Front révolutionnaire soudanais (FRS) se sont serré la main et ont même initié quelques pas de danse.

Le FRS est constitué de quatre mouvements de guérilla ayant combattu au Darfour, ainsi que dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil Bleu, au sud.

L’accord a également été paraphé, en tant que témoin, par le président du Soudan du Sud, Salva Kiir.

M. Kiir avait pris place à la tribune aux côtés du général Abdel Fattah al-Burhane, qui préside le Conseil souverain, et du Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok.

D’autres accords portant sur le développement du pays ont été paraphés avec des responsables politiques et tribaux de plusieurs régions.

Désormais, pour le chef rebelle du Mouvement pour la Justice et l’Egalité Gibril Ibrahim, « le principal défi » est aussi « de mettre en application cet accord et de pouvoir le financer ».

Long chemin

« Il pose les fondations d’une paix durable et de la stabilité au Darfour et dans les autres régions minées par les conflits », a de son côté réagi dans un communiqué la « Troïka » (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Norvège).

Cela est « fondamental pour la transition démocratique soudanaise », ont ajouté ces trois pays, en référence au processus en cours au Soudan depuis la chute du régime de Béchir au printemps 2019.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué l’accord. Il « félicite le peuple soudanais pour cette réalisation historique et les parties aux négociations pour leur volonté politique et leur détermination à oeuvrer en faveur de l’objectif commun de la paix », a indiqué un communiqué de ses services.

Ces négociations de paix étaient la priorité du nouveau gouvernement de Khartoum. Plusieurs autres pays, comme l’Arabie et le Qatar, se sont félicités de l’accord, tout comme l’Union européenne.

Mais un long chemin reste à parcourir, d’autant que deux groupes étaient absents lundi: le Mouvement de Libération du Soudan (MLS) d’Abdelwahid Nour et le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLA-N) d’Abdelaziz al-Hilu.

M. Hamdok leur a lancé un appel: « la majorité des problèmes ont été discutés dans ces négociations et vous devez rejoindre ce processus pour que nous ayons une paix globale ».

Mais c’est aussi aux réfugiés et aux déplacés qu’il s’est adressé. « C’est votre paix. L’accord signifie que vous devez retourner dans vos villages et y vivre en paix », a-t-il dit.

Un an aura été nécessaire pour arriver à cet accord, tant était profonde la méfiance et les dossiers ardus.

Plusieurs accords de paix avaient échoué, notamment en 2006 et en 2010.

Les rebelles et le gouvernement ont paraphé au total huit protocoles constituant l’accord de paix: sécurité, propriété foncière, justice transitionnelle, réparations et compensations, développement du secteur nomade et pastoral, partage des richesses, partage du pouvoir et retour des réfugiés et des déplacés.

L’accord stipule que les mouvements armés devront à terme être démantelés et que leurs combattants devront rejoindre l’armée régulière, qui sera réorganisée pour être représentative de toutes les composantes du peuple soudanais. (selon AFP)

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