De Berlin à Yopougon-Abidjan !
Une histoire qui commence le 9 novembre 1989, avec la chute du Mur de Berlin. Un jeune reporter franco-ivoirien Phillippe-Alain Lacôte y commence sa carrière pour le compte de Radio-FMR, une radio associative, spécialiste de musique rock, qui a son siège à Toulouse. Et c'est dans ce cadre que ce jeune reporter couvrira, selon ses propres dires, la chute du Mur de Berlin. Il y interviewera plusieurs personnalités françaises du monde politique. Nous avons recherché ces personnalités françaises, qui n'étaient autres que Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé, Alain Madelin et Jean-Jacques Peretti ! Photos à l'appui ! Seulement voilà, les cinq larrons ne fournissent pas les mêmes versions. François Fillon déclare avoir croisé Nicolas Sarkozy vers 23 h, être parti vers Chek Point Charly pour y rencontrer Ulysse Gosset de TF1... qui était au même moment en poste à Moscou ! Peretti prétend avoir été en compagnie de Juppé et Sarkozy. Quant à Juppé, après avoir livré quatre versions différentes, il déclare finalement qu'il ne se souvient plus très bien. Finalement, on apprendra par "le Monde" que ces gens n'étaient pas à Berlin le 9 novembre, mais le 16 ! Le RPR, devenu aujourd'hui l'UMP, n'était pas présent à la chute du mur ! Quant à François Mitterrand, il restait très méfiant par rapport aux évènements qui secouaient l'Allemagne de l'Est, et le PS n'y avait envoyé personne. Alors notre jeune reporter franco-ivoirien, qui a-t-il rencontré ? Ou a-t-il été convaincu de confirmer les mensonges de tout ce beau monde ?
On pourrait oublier cette affaire si Philippe-Alain Lacôte, devenu metteur en scène, présent au dernier Festival de Cannes, n'était à nouveau impliqué dans ce qui peut apparaître comme une belle magouille de Côte d'Ivoire. Et comme titre le journal "Oeil d'Afrique" ne s'agirait-il pas de "fabrication de fausses preuves contre Gbagbo au siège du FPI à Yopougon" ? ce Gbagbo, interné sans grandes preuves contre lui à la Cour Pénale Internationale de La Haye, et qui représenterait un danger aux élections de 2015 pour le président-candidat Ouattara. Bien sûr, Lacôte dément, présente ses excuses au FPI (le parti de Gbagbo), et prétend n'avoir voulu tourner qu'un film. Mais les journalistes d' "Oeil d'Afrique" partis enquêter sur place constatent que le siège est occupé par des FRCI (forces républicaines de Côte d'Ivoire) , que les passages des personnes dans le périmètre sont strictement contrôlées par des gendarmes. Il paraît selon le personnel interrogé qu'on tourne un film intitulé "Run". On apprend aussi que le film est financé par la France (oui, mais par qui en France, puisque la Côte d'Ivoire ne figure plus dans les 17 pays africains bénéficiant de l'aide française ?)
Quant à la réponse de la direction FPI elle est catégorique : surprise et ignorance de cette initiative. La seule question à se poser reste donc : "La CPI de La Haye trouvant les preuves contre Gbagbo insuffisantes, ne serait-on pas en train d'en créer des nouvelles ?" L'histoire de Berlin tend à prouver que l'état-major UMP, qui a tout intérêt à ce que la vérité ivoirienne ne sorte pas (n'est-ce pas Mme Alliot-Marie ?) et Lacôte se connaissaient.


























