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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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13 décembre 2020

Algérie : les plans de Tebboune faussés

Le nouveau chef de l’Etat algérien, Abdelmadjid Tebboune, arrivé au pouvoir il y a à peine un an, a vu ses plans complètement faussés. Explications.

alg_rieL’Algérie vit les heures les plus sombres de son histoire au sein du Palais. En cause, un Président dont nul ne sait ce qui lui est arrivé et où il se trouve réellement. Annoncé en Allemagne où il aurait été évacué suite à une contagion au Coronavirus, Abdelmadjid Tebboune ne donne plus aucun signe de vie. Moins d’un an après son accession au pouvoir, voilà que les plans de celui qui voulait changer le visage de l’Algérie sont complètement faussés.

En prenant le pouvoir en Algérie, Abdelmadjid Tebboune avait bel et bien un programme qu’il avait commencé à dérouler. La mise en place de sa stratégie avait été facilitée par la curieuse et brutale disparition, des suites d’une « crise cardiaque » de l’ex-faiseur de roi, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah. Quoiqu’on puisse lui reprocher, Salah imposait des limites en Algérie. Et voilà qu’il s’éclipsait à la venue de Tebboune au pouvoir. Le nouveau Président avait ainsi un grand boulevard tracé.

Le camp de son prédécesseur auquel il appartenait, pour ne pas dire il appartient, commence à trembler. Abdelmadjid Tebboune venait de lancer une traque sans pareil. La chasse à l’homme dans son propre camp pour désarmer les membres de son « club » qui pourraient compromettre ses plans. Le frère cadet de l’ancien Président Abdelaziz Bouteflika, dont Tebboune a été ministre pendant près de 20 ans, Saïd notamment, les anciens Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouvahia, jetés en prison. Pour au moins 10 ans.

Tebboune avait changé de visage. Il ne voulait pas être critiqué et devenait de plus en plus allergique à la contestation. Même le Hirak, qui avait pourtant facilité son accession au pouvoir, en participant activement au départ de Bouteflika, faisait l’objet d’une traque sans précédent. Ses membres bousculés, traqués et jetés en prison. La presse a aussi payé un lourd tribut de la volonté de puissance de Tebboune, en atteste le journaliste Khaled Drareni, jeté en prison pour deux ans, pour avoir couvert et relayé des manifestations en Algérie.

Visiblement, Abdelmadjid Tebboune avait ses plans. Et au rang de ceux-ci, mettre l’Algérie et les Algériens, connus pour leur sens de la contestation, à ses pieds. Et le tout nouveau chef de l’Etat, sûr de sa puissance, déroulait comme il le pensait, jusqu’à ce qu’un « étranger », qu’il n’attendait même pas, frappe à sa porte : le Coronavirus, qui lui aura causé tous ses maux, pour ne pas ainsi dire tous ses malheurs. Au point où la question de savoir si le chef de l’Etat algérien est oui ou non en vie se pose. (selon Afrik.com)

khaled

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12 décembre 2020

Encore une ex-ministre condamnée

Guadeloupe: Lucette Michaux-Chevry de nouveau condamnée en appel

L’ancienne ministre de Jacques Chirac a vu la cour d’appel confirmer une décision rendue en 2019, la condamnant à une peine de prison et une lourde amende.

lucetteLa cour d’appel de Basse-Terre, en Guadeloupe, a confirmé mardi une peine de deux ans de prison avec sursis et de 100.000€ d'amende à l'encontre de Lucette Michaux-Chevry, ancienne ministre de Jacques Chirac.

Le jugement en appel vient confirmer la décision rendue en première instance le 19 novembre 2019, déclarant coupable Mme Michaux-Chevry, ancienne présidente de la communauté d’agglomération Grand-Sud Caraïbes, aujourd’hui âgée de 91 ans.

Mme Michaux-Chevry est par ailleurs condamnée à cinq ans d’inéligibilité et à l’interdiction définitive d’exercer toute fonction publique.

Ce nouveau jugement sera publié dans les éditions de France-Antilles Guadeloupe, Martinique et Guyane. Selon les médias locaux, Mme Michaux-Chevry a annoncé son « intention de se pourvoir en cassation ».

michaux

11 décembre 2020

Réchauffement climatique

Novembre 2020, le plus chaud jamais enregistré dans le monde

52120312_39833711Novembre 2020 a été le mois de novembre le plus chaud jamais enregistré dans le monde, rapprochant encore un peu plus l'année 2020 du record de 2016, selon le service européen Copernicus sur le changement climatique.

La période de douze mois allant de décembre 2019 à novembre 2020 se situe à 1,28°C au-dessus des températures de l'ère préindustrielle, explique Copernicus dans son bilan climatique mensuel publié lundi. Alors que les années 2015 à 2020 sont les six les plus chaudes jamais enregistrées, ce chiffre rapproche dangereusement la planète du premier plafond de l'Accord de Paris qui fête ses cinq ans cette semaine.

Le pacte, conclu en 2015 par près de 200 Etats qui se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, vise à contenir le réchauffement nettement sous les +2°C, si possible à +1,5°C, pour limiter les impacts dévastateurs des tempêtes, sécheresses et autres canicules déjà à l'oeuvre.

Mais la planète gagne en moyenne 0,2°C par décennie depuis la fin des années 1970, insiste Copernicus. 

Le réchauffement atteint déjà environ 1,2°C et 2020 ne risque pas d'inverser la tendance.

L'Organisation météo mondiale (OMM) a ainsi annoncé mercredi que 2020 serait sur le podium des années les plus chaudes. Les données provisoires la place pour l'instant deuxième derrière 2016, mais l'écart étant faible, le classement pourrait changer.

En ajoutant les nouvelles données pour novembre, "2020 est désormais encore plus proche du record de 2016", a indiqué Copernicus lundi, estimant qu'elle pourrait finir sur la première marche, ex-aequo voire seule, à moins d'un changement de tendance toujours possible.

"Sonnettes d'alarme"

Sur novembre, au niveau mondial, la température a nettement dépassé (de 0,13°C) le précédent record détenu à égalité par novembre 2016 et novembre 2019, pour s'établir à +0,77°C au dessus de la température moyenne de la période 1981-2010.

"Ces records sont en ligne avec la tendance à long terme du réchauffement de la planète", a commenté Carlo Buontempo, directeur du service européen Copernicus sur le changement climatique, appelant les dirigeants à "voir ces records comme des sonnettes d'alarme et à chercher les meilleures façons de respecter les engagements de l'accord de Paris".

Les défenseurs du climat espèrent d'ailleurs que le sommet organisé samedi par l'ONU et le Royaume-Uni pour le 5e anniversaire de Paris sera l'occasion de relancer les ambitions de la lutte contre le réchauffement.

Les températures ont été particulièrement élevées ce mois de novembre en Sibérie, sur l'océan arctique, une partie de l'Europe du Nord et des Etats-Unis, l'Amérique latine, l'ouest de l'Antarctique. 

Et la banquise de l'arctique a été à son deuxième niveau le plus bas. Une situation "inquiétante et qui souligne l'importance d'une surveillance globale de l'Arctique, qui se réchauffe plus vite que le reste du monde", a souligné Carlo Buontempo.

Alors que l'été austral commence à peine, l'Australie a elle déjà connu une première canicule, avec 48°C enregistré à Andamooka en Australie-Méridionale, et de nouveaux incendies ravageant les forêts de Fraser Island, île de la côte est classée au patrimoine mondial.

Et l'Europe a connu son automne le plus doux jamais enregistré, avec une moyenne de 1,9°C au dessus de la période de référence, et 0,4°C au dessus du précédent record de l'automne 2006.

La base de données satellite de Copernicus pour l'observation des températures remonte à 1979, mais les données conventionnelles terrestres et d'autres agences ne montrent pas d'année plus chaude avant 1979, depuis l'ère préindustrielle.(selon Tahiti.info)

10 décembre 2020

Hong Kong renoue avec les restrictions

C'est parti pour la quatrième vague épidémique !

chine

Les autorités hongkongaises ont imposé lundi de nouvelles restrictions aux 7,5 millions d'habitants de l'ex-colonie britannique, et ce afin d'endiguer la progression d'une quatrième vague épidémique.
La région semi-autonome du sud de la Chine vit depuis le début de l'année au rythme de restrictions plus ou moins fortes, qui se sont avérées efficaces pour empêcher une flambée du nombre de cas de coronavirus.
La ville, qui du fait de sa densité ne craint rien de plus qu'une épidémie de grande ampleur, totalise depuis le début de l'année un peu plus de 6.000 cas de contamination, et 109 décès ont été formellement attribués au Covid-19.
Mais le nombre de nouveaux cas est repassé ces derniers jours au-delà des 100 par jour, en raison notamment d'un important foyer de contamination lié aux clubs de danse de salon de la ville.
D'où la décision de durcir les restrictions, à l'instar des mesures prises au printemps et à l'été lors des deuxième et troisième vagues épidémiques.
"Cette nouvelle vague de Covid-19 a frappé Hong Kong très rapidement", a déclaré aux journalistes la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam, en annonçant une batterie de restrictions qui entreront en vigueur mercredi.
Les 170.000 fonctionnaires hongkongais devront travailler de chez eux, à moins d'occuper des fonctions jugées essentielles, et Mme Lam a invité les entreprises privées à inciter leurs salariés à faire de même.
Les rassemblements en public ne pourront dépasser les deux personnes, contre quatre actuellement, et les restaurants ne pourront accueillir plus de deux personnes par table.
Ecoles, bars et discothèques avaient déjà reçu la consigne de fermer. Les nouvelles restrictions incluent désormais la plupart des salles de spectacle, de même que les clubs de karaoké et les parcs d'attraction.
Les autorités prévoient de relever les amendes infligées en cas de non respect des règles de distanciation sociale (actuellement 2.000 HKD soit 215 euros). Un numéro vert va être créé pour permettre aux habitants de dénoncer d'éventuelles infractions à ces règles.
La police devrait également rechercher de façon plus active les contrevenants. (selon AFP)
9 décembre 2020

Financements agricoles en outremer

La France obtient le maintien du budget agricole européen des Outremer

outremerL'enveloppe de 278 millions d'euros du budget agricole européen consacrée aux Outre-mer françaises va être maintenue dans le cadre de la prochaine politique agricole commune (PAC), a indiqué le ministère français de l'agriculture lundi.

"L'accord de principe obtenu vendredi, confirmé lundi par les Etats membres, assure le maintien à son niveau actuel de l'enveloppe du POSEI dont bénéficient les régions ultrapériphériques françaises", a indiqué le ministère dans un communiqué lundi soir.

Le "programme d'option spécifique à l'éloignement et à l'insularité" (POSEI) est la déclinaison du premier pilier de la Politique agricole commune (PAC) pour les neuf régions ultrapériphériques européennes, dont six sont françaises: la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion, Mayotte et Saint-Martin. Les trois autres sont les Açores et Madère (Portugal) et les îles Canaries (Espagne).

L'enveloppe annuelle pour la France pour ce programme s'élève à 278 millions d'euros, bénéficiant notamment à la filière canne à sucre à La Réunion et en Guadeloupe. 

"A l'heure où les défis que l'agriculture ultramarine doit relever sont plus que jamais prégnants avec la crise de la Covid, je me félicite de ce maintien du budget du POSEI, indispensable pour renforcer la résilience des exploitations agricoles dans les DOM et la souveraineté alimentaire dans ces territoires" a déclaré le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie.

Alors qu'elles ne représentent que 3,2% de la population nationale, ces régions recueillent près d'un cinquième des fonds européens structurels et d'investissement attribués à la France, soit 3,9 milliards d'euros pour la période 2007-2013 et 4,8 milliards pour 2014-2020.

La prochaine PAC entrera en vigueur au 1er janvier 2022 ou au 1er janvier 2023, selon l'avancée des négociations en cours. Pour l'année 2021, la PAC 2014-2020 a été prolongée d'un an, pour laisser le temps aux 27 Etats membres de se mettre d'accord sur le plus important budget européen, tout en menant à bien le Brexit.

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8 décembre 2020

Brésil : indignation après la mort d'un Noir roué de coups par des agents de sécurité

La mort d'un homme noir battu par des agents de sécurité blancs dans un supermarché du groupe Carrefour à Porto Alegre (sud) a déclenché une vague d'indignation au Brésil, qui célèbre ce vendredi la Journée de la conscience noire.

br_silUne vidéo enregistrée par un témoin, diffusée par les médias et sur les réseaux sociaux, montre le moment où Joao Alberto Silveira Freitas, 40 ans, est frappé de multiples coups de poing au visage par un des agents tandis que l'autre le maintenait.

Sur d'autres images on voit les secours effectuant un massage cardiaque à l'homme allongé devant une entrée du supermarché et qui est mort sur place.

Selon la police militaire, M. Freitas a menacé un employé du supermarché qui a appelé les agents de sécurité. 

Les deux agresseurs ont été arrêtés. L'un d'eux est un policier militaire qui travaille pour la compagnie de sécurité privée en dehors de ses heures de service.

La filiale brésilienne du groupe Carrefour a regretté la "mort brutale" de M. Freitas et a déclaré qu'elle prendrait "les mesures appropriées pour tenir responsables les personnes impliquées dans cette affaire criminelle".

Cet événement tragique a déclenché l'indignation sur les réseaux sociaux et sera au centre des rassemblements prévus pour ce vendredi à l'occasion de la Journée de la conscience noire, jour férié dans plusieurs Etats.

"Tous les jours, la structure raciste de ce pays nous apporte la brutalité comme seule règle", a écrit sur Twitter Raull Santiago, un militant des droits de l'homme très actif dans les favelas de Rio.

"On dirait qu'il n'y a pas d'issue. Même le jour de la conscience noire", se désolait Richarlison, l'attaquant métis de la Seleçao qui évolue à Everton (1ere division anglaise). "Ils ont tabassé à mort un homme noir devant les caméras. La violence et la haine ont perdu toute pudeur", a-t-il ajouté, égrainant les noms des Brésiliens Joao Pedro, 14 ans, et Evaldo Santos, un musicien de 51 ans, ainsi que celui de l'Américain George Floyd, faisant référence à d'autres hommes noirs morts des suites de violences policières.

Au Brésil, le dernier pays des Amériques à avoir aboli l'esclavage, en 1888, plus de la moitié des 212 millions d'habitants sont noirs ou métis.

Selon l'"Atlas de la violence" paru en août dernier, le nombre des meurtres de Noirs a augmenté de 11,5% entre 2008 et 2018, tandis que chez les non-Noirs il a diminué de 12,9%.

7 décembre 2020

Poissons migrateurs au Pays de Bade

Le retour des saumons dans les rivières de la Forêt-Noire

saumonIls sont de retour, et par centaines : les saumons. 200 d'entre eux ont été dénombrés près d'Iffezheim dans le Rhin, en route pour frayer dans leur rivière natale de la Forêt-Noire.

Plusieurs centaines de saumons sont de retour dans les rivières de la Forêt-Noire pour y frayer. Jusqu'au 1er novembre, 200 animaux nageant en amont de plusieurs rivières avaient été recensés, a annoncé vendredi à Stuttgart le ministre de l'agriculture Peter Hauk (CDU). C'est l'un des meilleurs résultats depuis que les enregistrements vidéo ont commencé à la passe à poissons de la centrale électrique du Rhin d'Iffezheim (district de Rastatt) il y a 20 ans.

Depuis 2001, le Baden-Württemberg soutient le développement des stocks de cette espèce de poisson particulièrement exigeante avec un "programme saumon". À cette fin, les saumons sont éclos et élevés dans des stations de reproduction, puis relâchés dans les affluents du Rhin supérieur. De là, les jeunes poissons doivent migrer vers l'Atlantique Nord. Ils reviennent pour frayer.

Selon M. Hauk, le retour des saumons dans leurs eaux d'origine est un signe "que nos mesures élaborées dans le cadre du programme sur les poissons migrateurs portent de plus en plus leurs fruits". Ainsi, le saumon du Rhin pourrait un jour être retrouvé en nombre impressionnant dans les eaux locales.

6 décembre 2020

Incroyable mais vrai !

Une malade d'Alzheimer verbalisée puis condamnée pour défaut d'attestation

attestLes attestations médicales et la demande de clémence du procureur n'y auront rien changé.

Une septuagénaire malade d'Alzheimer a été condamnée vendredi 4 décembre par le tribunal de police de Vesoul (Haute-Saône) pour un défaut d'attestation, rapporte l'Est Républicain.

L'histoire débute lors du premier confinement, le 28 avril, quand cette dame âgée de 73 ans sort de chez elle avec une attestation mal datée. Deux policières municipales de Luxeuil la contrôlent et, ne semblant pas s'apercevoir de l'état de santé de la septuagénaire, la verbalisent.

Sa fille, qui habite Paris lance alors une procédure de contestation auprès du Ministère public et fournit des attestations médicales. Elle contacte également le maire de Luxeuil, qui confirme la désorientation de sa mère et qui fait passer la consigne à la police municipale de ne plus la verbaliser. Parallèlement, la mère paie l'amende -majorée- de 166 euros.

Un peu plus tard, explique la fille, sa mère est convoquée au tribunal de simple police de Vesoul -probablement un effet automatique de la procédure de contestation. C'est la fille qui se rend, vendredi, à la convocation, sa mère étant incapable de s'expliquer. Les échanges avec la magistrate ne se passent pas bien, selon l'Est Républicain, qui évoque l'émotion et l'incompréhension de la fille. Mais si le représentant du Ministère public ne demande pas de poursuites, s'en remettant à la clémence du tribunal, ce dernier établit tout de même la culpabilité de la septuagénaire et ne prononce pas la relaxe. Il dispense toutefois la dame de peine et de frais de justice.

5 décembre 2020

Thaïlande : les manifestants ciblent la fortune royale

Plusieurs milliers de manifestants pro-démocratie thaïlandais ont demandé mercredi au roi d'abandonner son contrôle sur la fortune royale, évaluée à plusieurs dizaines de milliards de dollars, défiant les menaces de poursuites pour lèse-majesté brandies à l'encontre de plusieurs leaders du mouvement.

thailandeDouze de ses têtes d'affiche ont été convoquées par la police et risquent d'être mises en examen pour ce crime passible de 15 ans de prison, en vertu d'une loi qui n'avait plus été utilisée depuis près de trois ans.

Malgré les menaces judiciaires, des milliers de personnes sont descendues une nouvelle fois dans la rue, beaucoup arborant des petits canards en plastique jaune, symbole de la contestation.

Le lèse-majesté "ne va pas nous arrêter. Nous manifesterons jusqu'à ce qu'on obtienne gain de cause", a assuré à l'AFP Pi, une boulangère de 34 ans, avant que la foule ne se disperse dans le calme. 

Les protestataires demandent la démission du Premier ministre, le général Prayut Chan-O-Cha, au pouvoir depuis le coup d’État de 2014, une réécriture de la Constitution jugée trop favorable à l'armée ainsi qu'une réforme de la royauté avec notamment une plus grande transparence des finances royales.

Le roi Maha Vajiralongkorn doit céder le contrôle sur "chaque centime, chaque bath" de son immense fortune, "la réforme de la nation a commencé que vous le croyez ou non", ont lancé des leaders du mouvement dans des discours très virulents envers la monarchie. 
Ils avaient initialement prévu de marcher vers le Crown property bureau (CPB), qui gère la fortune royale.

Mais, pour éviter d'éventuels affrontements avec des ultra-royalistes qui voulaient également se réunir près du site, ils avaient finalement décidé de se rassembler devant les bureaux de la Siam Commercial Bank (SCB), première banque du pays, dont Maha Vajiralongkorn est devenu à titre personnel le premier actionnaire (23,53%).

Dizaines de milliards de dollars

Peu après son accession au trône, il s'est en effet fait transférer des parts de la SCB, détenues auparavant par le CPB. 

Il a aussi fait adopter une loi lui donnant un pouvoir total sur cette structure. Auparavant, le ministre des Finances siégeait au conseil, assurant un semblant de contrôle de la part du gouvernement. 

BTP, banque, chimie, assurances, immobilier : le CPB n’est pas tenu de publier ses chiffres, mais les analystes estiment qu’il administre entre 30 et 60 milliards de dollars d'actifs, ce qui fait de la monarchie thaïlandaise l’une des plus riches du monde.

"Nous ne savons pas comment tout cela est géré, comment le roi utilise ces fonds", a déploré Gail, consultant à Bangkok, estimant qu'il devrait vivre "très modestement" dans un pays frappé de plein fouet par la crise économique liée à la pandémie.

Après plus de quatre mois de rassemblements, la tension monte en Thaïlande.
La semaine dernière, la police a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes contre des protestataires et six personnes ont été blessées par des tirs dont l'origine reste indéterminée.

La riposte des autorités intervient aussi sur le front judiciaire. Selon l'association des avocats thaïlandais de défense des droits humains, au moins 174 personnes ont été mises en examen, dont au moins 46 sont poursuivies pour "sédition", un crime passible de sept ans de prison.

Nous soutenons "le droit des personnes à manifester pacifiquement, mais nous sommes de plus en plus préoccupés par les tentatives de saper l’état de droit", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement, Anucha Burapachaisri, avertissant que toutes les lois seraient appliquées.

Plusieurs dizaines d'ONG ont fait entendre leur voix pour protester contre le traitement de cette crise inédite dans le royaume où la monarchie a longtemps été un sujet totalement tabou.

"Personne ne devrait être arrêté ou emprisonné simplement pour avoir critiqué des responsables ou un régime politique", a réagi l'avocate libano-britannique des droits humains Amal Clooney.

Monté sur le trône en 2016, Rama X est une personnalité imprévisible et controversée, dont les très fréquents séjours en Allemagne ont soulevé des interrogations. 
De retour en Thaïlande depuis plusieurs semaines, il multiplie les messages d'"amour" aux Thaïlandais.  Sans blagues ?

4 décembre 2020

Côte d’Ivoire : Ouattara, un politicien hors pair ou un gros manipulateur ?

Malgré le boycott des élections d'une majorité des citoyens, Alassane Ouattara dans son discours à la nation a remercié les ivoiriens de l’avoir élu et a indiqué qu’il gouvernera pour tous les ivoiriens.

Alassane_Ouatara_Election_2020« Je continuerai d’être le Président de tous les Ivoiriens ; je continuerai de maintenir la paix et de poursuivre l’œuvre de cohésion sociale et de réconciliation », a indiqué le président Alassane Ouattara après avoir été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire lundi. « Je sais qu’ensemble, dans l’Union, la Discipline et le Travail, nous parviendrons à bâtir une Côte d’Ivoire plus solidaire, une Côte d’Ivoire Meilleure », a indiqué le président.

Ce discours du président Alassane Ouattara intervient alors que le pays est en proie à une crise politique qui fait des morts dans le pays. Le président a appelé à la paix et a assuré de sa disponibilité pour rencontrer le leader de l’opposition Henri Konan Bédié pour un « dialogue franc et sincère ». Cependant, une question reste posée. Depuis son arrivé au pouvoir pour la première fois en 2011, Alassane Ouattara a fait la promesse de construire une meilleure côte d’Ivoire et un pays réconcilié.

La politique de la bouche clouée

Bien des années plus tard, 10 ans passés, il semble que cette Côte d’Ivoire unie et réconciliée n’est toujours qu’un rêve et une promesse dans la bouche du politique qui en fait un cheval de bataille. On peut aisément constater aujourd’hui que les plaies ouvertes depuis 2010 sont restées ouvertes et le pays déchiré l’est tout comme les politiciens. En réalité, Ouattara et ses alliés ne vendaient qu’un simulacre de paix et de réconciliation au monde car la Côte d’Ivoire n’a toujours pas pansé ses blessures.

Tant que cette formule « paix et réconciliation pour une Côte d’Ivoire meilleure » restera à l’étape de promesse de campagne, le pays ne pourra plus connaitre la paix et la tranquillité à chaque joute électorale. Le seul qui peut arrêter la saignée est bien le président Alassane Ouattara en jouant un jeu franc avec les citoyens de Côte d’Ivoire. Il faut qu’Alassane Ouattara commence à réaliser ses promesses un de ces jours pour montrer sa bonne foi afin de donner l’exemple au peuple au lieu de faire les mêmes promesses chaque fois que la situation dérape, un comportement frisant la manipulation pure du peuple.

Si cette stratégie du président a toujours fonctionné depuis environ une dizaine d’années, c’est dire que les ivoiriens sont réellement en quête de paix et de réconciliation. La Côte d’Ivoire et en pleine stagnation sociale et rien ne bouge dans le sens de cette fameuse réconciliation qui semble n’être que des promesses en l’air d’un dirigeant apeuré de faire face à ses propres démons. Ce qui se passe aujourd’hui dans ce pays est exactement ce que Ouattara lui-même a fait pour venir au pouvoir (avec l’aide des armes). Il devrait bien comprendre désormais ceux qui le font maintenant, ayant expérimenté les deux bords, pour savoir comment gérer la crise.

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