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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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11 février 2021

La première guerre mondiale dans l'Outremer

22 septembre 1914 : le bombardement de Papeete

PapeeteDifficile d’imaginer que c’est à Papeete, bien loin du front européen de la Grande Guerre, qu’une des premières escarmouches navales s’est produite. Pour éviter un ravitaillement aux ennemis et protéger les Etablissements français d’Océanie, Papeete a subi le feu ennemi durant près de deux heures.

Quand on pense à la guerre de 14-18, on pense aux Poilus, aux tranchées. Aux grandes batailles en Europe. Mais la guerre a été mondiale et a même eu brièvement un écho ravageur jusqu’à Tahiti. La Polynésie française n’existait même pas alors, administrativement le territoire se dénommait alors les Etablissements Français d’Océanie (EFO). La Grande Guerre aurait pu épargner complètement ce coin de paradis, mais ce ne fut pas le cas. Dès août 1914, lorsque la guerre entre l’Allemagne et la France était déclarée, le commandant Maxime Destremau qui commandait les troupes locales à la tête de la canonnière La Zélée, basée à Papeete, entame des préparatifs pour défendre Tahiti. Il sait lui qu’une partie de la puissante flotte allemande est basée en Asie et que ces navires de guerre peuvent à tout moment passer dans les eaux françaises voire même menacer les EFO.

destremeauEn quelques semaines seulement, le commandant Destremau et ses hommes de La Zélée vont organiser avec le soutien de civils, la défense de Papeete contre une éventuelle attaque de la marine allemande basée dans le Pacifique. En stratège averti, il pense immédiatement que les navires allemands vont être tentés par une escale technique par besoin de ravitaillement en charbon à Papeete. Il faut à tout prix empêcher cela.

La suite de l’histoire lui donne raison. Le 22 septembre 1914, au petit matin, deux navires de guerre allemands se présentent à l’entrée du port : tout est prêt sur place pour saborder La Zélée de manière à bloquer la passe. Le scénario de défense mis au point par le commandant Maxime Destremau, incluant la mise à feu du stock de charbon, sur les quais fonctionne. Les navires allemands finissent par s’éloigner de l’île mais ouvrent le feu sur la ville. Les obus de canon pleuvent sur le centre ville. Le quartier du marché et les alentours de la cathédrale sont dévastés par les obus et les incendies qu’ils provoquent. On dénombre deux morts et plusieurs blessés. Ce bombardement presque inédit pour les habitants de Papeete sert de révélateur : de nombreux habitants vont ensuite s’engager dans cette guerre mondiale qui aurait pu leur rester étrangère.

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10 février 2021

Anciens mineurs de Lorraine

Le préjudice d’anxiété enfin reconnu

minesAu prix d’un long combat, plus de 700 anciens mineurs de charbon de Lorraine, ont obtenu vendredi de voir reconnu leur préjudice d’anxiété pour avoir été exposés à des substances toxiques, ouvrant ainsi une brèche pour d’autres travailleurs.

Saisie par 727 anciens mineurs, la chambre sociale de la Cour d’appel de Douai (nord) a alloué à chacun de ces anciens mineurs de Lorraine la somme de 10 000 euros en réparation. Notion longtemps réservée aux travailleurs de l’amiante, le préjudice d’anxiété permet l’indemnisation de personnes qui ne sont pas malades mais qui s’inquiètent de pouvoir le devenir à tout moment.

Dans ces arrêts, la Cour note l’exposition des mineurs à une série de substances nocives – poussières de bois, de charbon et de rochers, particules d’amiante, fumées de locomotive diesel, émanations de produits et de liquides toxiques – générant “un risque élevé de développer une pathologie grave”.

Elle estime que l’Agent judiciaire de l’État (AJE), intervenant à la suite de la liquidation de Charbonnages de France, ne justifie pas qu’aient été prises “toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs”.

Anxiété toujours présente dans les cités

Les mineurs du syndicat CFDT, qui avaient porté ce combat judiciaire en 2013 devant les prud’hommes de Forbach, se sont félicités “de ce dénouement heureux”. L’AJE a deux mois après la réception des arrêts pour se pourvoir en cassation s’il le souhaite.

Pour les mineurs lorrains, l’anxiété est aggravée par le fait que beaucoup vivent encore dans des cités minières, au contact les uns des autres, et voient leurs voisins tomber malades, frappés par des cancers du rein ou de la peau, des leucémies, des silicoses ou d’autres maladies respiratoires, soulignent leurs avocats.

Le marathon judiciaire des anciennes “gueules noires” de Lorraine, où la dernière mine a fermé en 2004, avait commencé en 2016 devant les prud’hommes. Face à la faiblesse des indemnisations allouées, il s’était poursuivi en appel où ils avaient été déboutés en 2017 de l’ensemble de leurs demandes. Mais deux ans plus tard, la Cour de cassation avait cassé ce jugement et, surtout, élargi à l’exposition à toute substance toxique le périmètre de ce préjudice auparavant réservé aux travailleurs de l’amiante. (selon "Le quotidien du Luxembourg")

9 février 2021

Attaques pirates dans le Golfe de Guinée

Le Golfe de Guinée est depuis quelques années le théâtre de spectaculaires attaques de pirates sur des navires marchands, attaques soldées par des enlèvements pour demande de rançon et parfois des meurtres. Face à la recrudescence du phénomène, le gouvernement libérien dont l’un des navires a récemment subi une attaque, appelle à une coopération plus forte et à des actions plus percutantes pour  mettre un terme à l’action de ces flibustiers modernes.  

liberiaCes dernières années, les cas de pirateries, d’enlèvements de marins aux larges des côtes d‘Afrique de l’Ouest connaissent une hausse vertigineuse. Selon le Bureau International maritime (BIM), rien que dans le Golfe de Guinée, ces enlèvements ont grimpé de 50% en 2019, et représentent plus de 90% du total des cas signalés dans le monde. En effet, le Golfe de Guinée, qui s’étend sur 5.700 kilomètres, des côtes du Sénégal au nord à celles de l’Angola au sud, en passant par celles du Nigeria – deux pays pétroliers –, est devenu ces dernières années le nouvel épicentre de la piraterie mondiale. Devant le golfe d’Aden, au large de la Somalie.

Outre la perturbation des routes maritimes internationales, ces attaques coûtent des milliards de dollars annuellement à l’économie mondiale.

Ces actes de piraterie qui continuent de plus belle, inquiètent au plus haut point les autorités de la région. Celles du Libéria sont montées au créneau après l’attaque meurtrière contre le porte-conteneurs sous pavillon libérien, le MOZART. Attaque qui a entraîné la mort d’un marin et l’enlèvement de 15 autres le samedi 23 janvier, à environ 100 miles nautiques, aux larges de Sao Tomé et Principe.

Le Bureau International Maritime (BIM) appelle de tout temps à une coopération plus accrue contre la piraterie. Un appel réitéré par Monrovia qui indique que «ce problème de piraterie dans le Golfe de Guinée ne fait que s’aggraver. En tant que pays africain et État maritime de premier plan, nous devons prendre des mesures plus importantes pour faire face à cette menace de manière pratique et efficace.

La vie des gens de mer qui font du commerce dans nos eaux et qui font notre commerce en dépend, a plaidé le commissaire Lenn Eugene Nagbe, Chef de la direction de l’Autorité maritime du Libéria (LiMA). Il appelle à cet effet à une étroite collaboration entre les Etats côtiers et portuaires, les armateurs et toutes les parties prenantes afin d’adopter une approche plus forte pour réduire l’escalade du problème de la piraterie dans le Golfe de Guinée. (selon "Afriquinfo")

8 février 2021

Après la Grande Guerre ...

Martinique et Guadeloupe ont failli être cédées aux Etats-Unis

guadeloupeA la fin de la Grande Guerre, la France a envisagé de céder les Antilles aux Etats-Unis contre l’effacement partiel de ses dettes contractées durant le conflit. Un épisode resté tabou.

Ce dimanche 9 février 1919, le théâtre municipal de Fort-de-France est bondé. Ils sont plusieurs centaines à assister à la réunion publique organisée par le Comité de défense de la population française de la Martinique. L’heure est grave. Depuis l’ouverture, le 18 janvier à Paris, de la conférence de la Paix au Quai d’Orsay, la plus ancienne des colonies françaises vit au rythme de l’arrivée de rumeurs insistantes selon lesquelles la France serait prête à vendre les Antilles aux Etats-Unis. Une transaction qui permettrait d’éponger une partie des énormes dettes contractées durant le conflit mondial et de venir en aide aux régions dévastées du nord et de l’est de la métropole.

Rumeur ou simple hypothèse ?

Le scénario d’une vente a bel et bien été étudié au plus haut niveau même si très peu de documents en font état. Seule, ou presque, la presse de l’époque a conservé la trace de ce qui fait figure de tabou de l’Histoire. Le secret est de mise car la question est extrêmement sensible : l’impôt du sang versé par les Antillais durant la Grande Guerre a considérablement renforcé l’attachement à la «mère patrie». Abandonner des anciens combattants serait aussi très mal vu en France…

En 1919, sur l’estrade du théâtre de Fort-de-France, les propos que tient Victor Sévère à la foule ulcérée ne sont guère rassurants. Le maire radical-socialiste de Fort-de-France énumère «les justes raisons que les Martiniquais peuvent avoir de craindre la cession aux Etats-Unis de leur île de cœur, de langue et de mœurs» (cité par Jacques Adélaïde-Merlande, Bulletin de la société d’histoire de la Guadeloupe, mai 2014).

A la tribune, un ancien combattant bardé de décorations rapportées des champs de bataille promet de renvoyer toutes ses médailles à Paris si le projet devenait un jour réalité. Très vite, le meeting tourne à la manifestation anti-américaine. Dans la salle, certains se souviennent qu’en mars 1916, les Etats-Unis n’avaient pas caché leur désir de profiter du contexte pour rafler leurs îles aux Français et aux Anglais. «A bas les Etats-Unis !» hurlent des participants, indignés par la perspective d’être un jour vendus comme du bétail.

Les protestations et les défilés de rues se multiplient

Le gouverneur de la Martinique, Camille Guy, tout comme le président du Conseil général, Gabriel Hayot, ont bien senti la panique s’emparer de la population et monter au fur et à mesure de la multiplication des articles de presse faisant état du possible abandon de l’île. Le 20 janvier 1919, le gouverneur a même alerté Paris, réclamant une déclaration officielle propre à calmer les esprits. En vain. Cette absence de réponse n’a fait que renforcer l’inquiétude… Des semaines durant – malgré le démenti gouvernemental qui finit par tomber sur le bureau de Camille Guy –, les protestations et les défilés de rues se multiplient. Une Ligue de défense de la nationalité française de la Martinique est constituée à la hâte. Elle adresse une lettre au président des Etats-Unis. La Ligue réclame que Woodrow Wilson, qui porte si haut le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, repousse «tout débat tendant à modifier l’état national de la Martinique en vertu du nouveau droit international» (cité par Léo Elisabeth, dans La Caraïbe et son histoire, éd. Ibis rouge, 2001).

Dans la foulée, une association patriotique voit le jour et se fixe pour mission de «montrer à la métropole notre degré de civilisation et d’assimilation avec la mère patrie». En coulisse, les francs-maçons, si puissants en Martinique, s’activent aussi. La loge Droit et Justice, qui milite pour l’assimilation (c’est-à-dire l’égalité totale entre colonisés et colonisateurs), alerte le très influent Grand Orient de France, dont les frères peuplent à Paris les allées du pouvoir tout autant que le gouvernement.

Une excellente affaire commerciale

 Aux Etats-Unis, la presse soutient bec et ongles l’idée d’un achat. Elle s’inscrit parfaitement dans la fameuse doctrine Monroe qui, depuis 1823, entend assurer la sécurité militaire tout autant que commerciale du pays. Washington, qui a déjà fait main basse sur Porto Rico et occupe Haïti, lorgne sur Fort-de-France, la ville portuaire la mieux équipée des Caraïbes. Les Américains savent aussi que l’acquisition des Antilles serait une excellente affaire. Grâce aux exportations exponentielles de sucre et de rhum durant toute la guerre, les îles connaissent en 1919 une santé économique florissante. En février 1920, un article du Chicago Tribune avance un nouvel argument : la vente des Antilles permettrait à la France, en pleine crise financière, de redresser la situation du franc face au dollar.

Dans les îles, l’émotion reprend de plus belle. Henry Bérenger, sénateur radical-socialiste de la Guadeloupe et président du Comité de défense des anciennes colonies, adresse une protestation au président du Conseil Alexandre Millerand. Alcide Delmont, le secrétaire général du Comité de défense des intérêts généraux de la Martinique, et Henry Lémery, un sénateur radical, ne sont pas en reste. Le 29 février, Millerand sort enfin de son silence et jure que «le gouvernement de la République n’a jamais envisagé pareille cession».

Face à la colère des Antillais, Poincaré doit démentir tout projet de cession

Pendant des mois, l’affaire connaît son lot de développements dans la presse américaine. Immanquablement, ils déclenchent des vagues d’indignation aux Antilles. En juin 1922, le gouvernement de Raymond Poincaré doit démentir avec vigueur tout projet de cession. Rien n’y fait. En janvier 1923, le Chicago Tribune – encore lui – révèle que le sénateur démocrate du Missouri James Reed travaille sur une proposition de rachat.

Le ministre des Colonies, le radical-socialiste Albert Sarraut, proteste officiellement. Le New York American réplique avec une arrogance inouïe : «Nous ne réclamons pas les vieux bouts de territoire de la France, mais nous voulons qu’elle cesse de dépenser notre argent pour se livrer à des diversions impérialistes.» La crise se prolonge jusqu’à fin août 1923.

Entre-temps, le sénateur Lémery tente le tout pour le tout. Il dépose une proposition de loi «tendant à transformer en départements français les colonies de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion». Une façon de sanctuariser les Antilles en les rendant inaliénables. Son initiative est un échec mais elle inspirera la loi de départementalisation qui sera finalement votée en 1946.

Aux Etats-Unis, l’achat des Antilles ne fait toutefois pas l’unanimité

Chez les républicains comme chez les démocrates, les élus sont divisés. Ceux qui sont favorables à l’opération ont néanmoins un soutien de poids, les prohibitionnistes, qui y voient surtout le moyen de mettre un terme à la contrebande d’alcool alimentée par les îles françaises ! En France, si les milieux d’affaires, la droite conservatrice ou encore l’écrivain Claude Farrère soutiennent la vente, le Cartel des gauches, au pouvoir à partir de 1924, s’y oppose. Le ministre Albert Sarraut multiplie les mesures de rétorsion symboliques : ainsi, en 1925, il interdit aux bâtiments de la marine américaine de mouiller aux Antilles. De même, une croisière aérienne organisée par le Chicago Tribune se voit notifier un refus de survol.

L’intérêt américain pour les Antilles s’atténue à partir de 1926. A cette date, les Etats-Unis reçoivent, en effet, l’assurance formelle du négociateur français sur les dettes de guerre – celui-ci n’est autre que le sénateur de la Guadeloupe Henry Bérenger – que la France honorera les 6,8 milliards de dollars de créances, étalées sur soixante-deux ans, prévues par le plan Dawes. Avec le krach boursier de 1929, l’achat des îles ne préoccupe plus l’Amérique. La République peut dès lors se préparer à célébrer, en 1935, le tricentenaire du rattachement des Antilles à la France. (selon "GEO")

7 février 2021

Pourquoi le ciel a-t-il paru orange ce samedi ?

Sirocco : Une couleur jaune inhabituelle dans le ciel

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C'est un ciel d'une couleur inhabituelle qui a surpris les Alsaciens ce samedi matin, comme les habitants d'une large partie de la France. Ces tons jaune/orangé sont liés à un phénomène météo dû à une tempête de sable dans le Sahara couplé à une remontée de sud.

Comme l'indique Keraunos, l'observatoire des orages et des tornades, "le ciel peut paraître bien ocre dans le sud ce matin. L'advection de sable venue d'Afrique est assez significative dans un flux de sud qui plonge très bas en latitude à l'avant d'un front froid ondulant".

En résumé, c'est un coup du sirocco : il y du sable en suspension dans l'atmosphère à haute altitude et c'est ce qui donne cette étrange couleur au ciel. C'est un phénomène courant pour le sud de la France, mais plus rare pour le nord.

La tempête de sable au nord-est du Maroc, avec des vents soufflant à plus de 100 km/h en altitude, et des températures localement proches de 27°C remonte vers la France offrant un spectacle météo particulier aux observateurs.

Des pluies chargées de particules de sable sont tombées en fin de journée, ce qui a sali les voitures et le mobilier urbain. Même Sébastien Loeb, de passage chez lui, s'est cru sur le "Dakar".

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6 février 2021

Haut-Rhin : les chasseurs s'opposent à la prolongation ... de la chasse

La préfecture du Haut-Rhin a ordonné par arrêté l'organisation de tirs de destruction de l'espèce cerf et daim. La fédération des chasseurs du département refuse et dénonce dans un communiqué une "véritable déclaration de guerre".

chasseDes chasseurs qui refusent de chasser... Dans le Haut-Rhin, la préfecture a ordonné par arrêté l'organisation de tirs de destruction de l'espèce cerf et daim jusqu'au 28 février inclus. Selon cet arrêté, ces animaux sont trop nombreux et causent d'importants dégâts. Contre toute attente, la fédération des chasseurs du Haut-Rhin refuse et dénonce dans un communiqué "une véritable déclaration de guerre".

La fédération dénonce un véritable abattage de masse

"La chasse s'est terminée le 1er février", explique Gilles Kaszuk le président de la fédération à France Bleu Alsace "nous estimons avoir rempli nos obligations de tirs. Maintenant laissons ces animaux tranquilles!". Selon Gilles Kascuk, ces animaux ont été suffisamment mis à l'épreuve cet hiver entre la chasse, la neige et les inondations, ils ont droit au repos. La fédération explique n'avoir pas été consultée et entend s'opposer à "un véritable abattage de masse."

5 février 2021

Grand Est : l’A31 première victime de la nouvelle collectivité d’Alsace ?

Ce pourrait être pour la Lorraine l’un des dommages collatéraux de la création de la Collectivité européenne d’Alsace. En obtenant de l’État le transfert de la gestion des autoroutes alsacienne, la CEA va pouvoir mettre en place une écotaxe qui pourrait entraîner un report de trafic vers… l’A31.

lorraineCe n’est pas la première conséquence qu’on imagine en pensant à la création de la toute nouvelle Collectivité européenne d’Alsace (CEA). Et pourtant… Ses dommages collatéraux pourraient se faire ressentir jusque sur le trafic d’une A31 qui n’en avait vraiment pas besoin. Plusieurs élus lorrains le craignent depuis près d’un an et demi. Car parmi les compétences récupérées par la nouvelle collectivité, l’État lui a transféré la gestion de 300 kilomètres de routes et autoroutes, dont l’A35 qui traverse l’Alsace du nord au sud. Les élus alsaciens y voient l’occasion d’y mettre en place une écotaxe, cette fameuse redevance poids lourds. Elle pourrait être au mieux source d’importants revenus pour leur collectivité. Et au pire dissuader certains routiers, ce qui permettrait aux Alsaciens d’alléger leurs autoroutes souvent saturées.

«Itinéraire bis de l’Alsace»

Problème : les transporteurs qui voudront se soustraire à cette taxe devraient se reporter sur les axes voisins. À commencer par l’A31, qui leur permettra d’effectuer au passage un plein d’essence à moindres frais. Deux sénateurs de Moselle et de Meurthe-et-Moselle, Jean-Marc Todeschini et Olivier Jacquin, rejoints par Jean-Marie Mizzon et même l’Alsacien Jacques Bigot, avaient été les premiers à mener la fronde. François Grosdidier l’avait aussi fait de son côté. Refusant que  la Lorraine et l’A31 ne deviennent l’itinéraire bis de l’Alsace», ils avaient réussi à faire passer au Sénat un sous-amendement étendant à la Moselle, la Meurthe-et-Moselle et les Vosges la possibilité de mettre en place cette taxe poids lourds sur le trafic marchandises étranger. Mais l’Assemblée nationale avait voté sa suppression deux mois plus tard.

«On continue à alerter»

En juillet 2019, Patrick Weiten, président du Département de Moselle et Mathieu Klein, alors président du Département de Meurthe-et-Moselle s’en étaient déjà émus, appelant Jean Rottner à se mobiliser pour que cette écotaxe soit régionale. «Elle n’a de sens qu’à cette échelle. La mobilité ne se joue pas à la seule dimension alsacienne. Le transit doit être examiné de manière globale et seul le Grand Est peut le faire», disait à l’époque le premier. «On nous avait promis que tout ceci serait examiné dans le cadre d’une grande loi Transports qu’on attend toujours», souffle Jean-Marc Todeschini, qui ne désarme pas pour autant : «Nous allons continuer à alerter sur ce point et nous saisirons la première occasion législative pour revenir dessus.» (selon Le Républicain lorrain)

4 février 2021

Pose de la fibre optique : quelle galère !

Un grand manque de sérieux

fibre5Décidément la pose de la fibre optique relève du folklore. Quelle histoire pour finalement tirer un cable et poser un boitier ! il y déjà, semble-t-il, des mésententes entre services. Ainsi, à Villé, une personne s'étant vue proposer un rendez-vous pour le vendredi 30 décembre 2020, s'étant vue rappeler ce rendez-vous à quatre reprises par SMS (y compris le matin même), et ayant attendu un technicien toute la journée, a entendu le téléphone sonner vers 17 h pour se faire signifier par le technicien qu'il ne viendra pas. Motif : sa direction lui a donné trois clients à visiter à la même heure.

Rendez-vous est à nouveau pris pour le 8 janvier 2021. Et là même scénario ! Le client devra  encore attendre. Finalement, il sera servi le 16 janvier, alors que 40 cm de neige s'étaient abattus sur la ville. Pour trouver un ancien boîtier en creusant, impeccable !

Mais ceci n'est rien à côté de ce qu'ont vécu d'autres comme ceux de Blienschwiller dont les déboires ont été relevés par la presse locale sous le titre :

Les fils de fibre optique dans les airs, les fourreaux souterrains oubliés

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fibre3À un endroit du village aussi, le câble tombé au sol sous le poids de la neige a été remis comme ils l’ont pu par des personnes du village, sur un poteau. 

3 février 2021

Pologne : manifestation contre la quasi-interdiction de l'IVG

«Mon corps, mon choix»

00002Plusieurs milliers de manifestants ont protesté de nouveau ce vendredi 29 janvier en Pologne contre la publication d'un arrêt promulguant la quasi-interdiction de l’avortement.

Depuis ce mercredi 27 janvier et la publication d’un arrêt contesté, toute interruption volontaire de grossesse (IVG) est interdite en Polognesauf en cas de viol, d'inceste ou lorsque la vie de la mère est en danger. Une décision qui a fait descendre des milliers de personnes dans la rue à Varsovie, la capitale, et d’autres villes du pays.

 « Mon corps, mon choix », « Je pense, j'éprouve, je décide », « La révolution, elle a un utérus », « Vous avez du sang sur vos mains », proclamaient les pancartes brandies lors de ce troisième jour de manifestation depuis la publication de l'arrêt du Tribunal constitutionnel au Journal officiel mercredi.

« Festival de la liberté »

Dans la foule, de nombreux manifestants portaient des masques ornés d'un éclair rouge, le symbole des militants pro-avortement. D’autres arboraient des foulards verts autour du cou, symbole des militants des droits à l'avortement en Argentine qui ont réussi à obtenir la légalisation de l'avortement dans leur pays le mois dernier.

Dans la capitale, la manifestation a abouti sans incident majeur. Elle s’est terminée devant la maison, protégée par un dispositif imposant de la police, de Jaroslaw Kaczynski, le chef du parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir, où un « festival de la liberté » fait de chants, danses et slogans a eu lieu.

Environ 200 000 IVG illégales ou faites à l'étranger chaque année

Aujourd'hui, la Pologne compte moins de 2 000 avortements légaux par an, selon les données officielles. Les organisations féministes estiment par ailleurs qu'environ 200 000 IVG sont réalisées illégalement ou à l'étranger chaque année.

De son côté, le gouvernement affirme que la nouvelle interdiction mettra fin aux « avortements eugéniques », faisant référence à l'avortement de fœtus diagnostiqués avec une trisomie 21. Un argument que dénonce nombre d'organisations de défense des droits de l'homme, estimant que cette mesure forcera plutôt les femmes à mener des grossesses non viables.

L'opposition entend malgré tout continuer à contester cette interdiction et obliger le Parlement à faire marche arrière. « Selon la législation polonaise, les citoyens, s’ils réunissent 100 000 signatures, peuvent soumettre une loi au Parlement. C’est quelque chose que nous voulons faire, explique Wanda Nowicka, élue au Parlement et membre du Parti de gauche au micro de notre correspondante à Varsovie Sarah BakaloglouAvec une initiative civique, le Parlement a l’obligation d’en discuter : c’est pour cela qu’on pense que c’est la manière de forcer ce gouvernement qui hait les femmes à discuter de la libéralisation de l'avortement au Parlement ». (Avec AFP)

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2 février 2021

Coup d'État en Birmanie

L'armée a arrêté la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi et le président du pays Win Myint. L'état d'urgence a été déclaré pour un an. 

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Les militaires ont pris le pouvoir en Birmanie. Aux premières heures de la matinée ce lundi, l'armée a placé la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kvi en détention ainsi que le président Win Myint, a confirmé un porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti fondé par la lauréate du prix Nobel 1991. 

L'armée birmane a proclamé lundi l'état d'urgence pour une période d'un an et nommé un général président par intérim. Cette décision est nécessaire pour préserver la "stabilité" de l'État, ont fait savoir les militaires dans une déclaration sur la chaîne de télévision de l'armée NAME. 

Depuis la victoire de son parti en 2015, la "Dame de Rangoon" assumait le rôle de "Conseillère d'État", un poste crée sur mesure qui lui assurait la direction de facto du gouvernement. Aung San Suu Kyi, très critiquée à l'international pour sa gestion de la crise des musulmans rohingyas- des centaines de milliers d'entre eux ont fui en 2017 les exactions de l'armée et se sont réfugiés au Bangladesh voisin - reste toujours adulée par une majorité de Birmans. Après son arrestation, elle a exhorté la population à "ne pas accepter" ce putsch militaire, d'après une lettre diffusée sur les réseaux sociaux par son parti. 

  • Comment en est-on arrivé là ?

Dans leurs déclarations, les militaires ont accusé la commission électorale de ne pas avoir remédié aux "énormes irrégularités" qui ont eu lieu, selon eux, lors des législatives de novembre - les deuxièmes depuis la fin de la dictature militaire en 2011 - remportées massivement par le parti d'Aung San Suu Kyi. La LND a remporté 83% des 476 sièges au Parlement, mais l'armée affirme avoir découvert plus de 10 millions de cas de fraude et demandé à la commission électorale de publier les listes pour vérification, ce que cette dernière n'a pas fait. 

La tension est montée crescendo ces dernières semaines. Mardi, un porte-parole de l'armée n'a pas exclu la possibilité d'un coup d'État. Les craintes avaient encore grandi mercredi après que le chef de l'armée, le général Min Aung Hlaing - sans doute l'homme le plus puissant de Birmanie - avait déclaré que la constitution pouvait être "révoquée" dans certaines circonstances. Ces mêmes craintes se sont concrétisées, tôt ce lundi, le jour même où les députés devaient revenir au Parlement pour la première fois depuis les élections générales de novembre.  

  • Que va-t-il se passer maintenant ?

L'armée a proclamé l'état d'urgence pour un an avec des généraux placés aux principaux postes. Myint Swe, qui dirigeait le puissant commandement militaire de Rangoon et actuel vice-président de Birmanie, devient président par intérim pour un an, un poste largement honorifique.  

Le contrôle "législatif, administratif et judiciaire" revient à Min Aung Hlaing, qui concentre désormais quasiment tous les pouvoirs.  

Une fois ce délai d'un an écoulé, l'armée a déjà promis de nouvelles élections. "Nous mettrons en place une véritable démocratie multipartite", ont déclaré les militaires dans un communiqué publié sur leur page Facebook, ajoutant que le pouvoir sera transféré après "la tenue d'élections générales libres et équitables". 

Ce lundi, les banques ont été temporairement fermées, après de grosses perturbations sur les télécommunications, portables et Internet, a relevé l'ONG spécialisée Netblocks.      

Ce putsch, vivement condamné par la communauté internationale, n'est pas une première : depuis son indépendance en 1948, la Birmanie a été gouvernée par des régimes militaires pendant près de cinquante ans. Deux coups d'État ont déjà eu lieu en 1962 et 1988. Débouchant, à deux reprises, sur l'abrogation de la constitution birmane. 

  • Que prévoit la Constitution de 2008, désormais menacée ?

La Constitution actuelle a été rédigée en 2008 par la junte, avant de céder progressivement le pouvoir aux civils trois ans plus tard. Elle accorde à l'armée le contrôle de trois grands ministères - l'Intérieur, la Défense et les Affaires frontalières - garantissant à l'institution d'avoir en partie la main sur la politique birmane. 

Ce texte est controversé, certains comme le politologue Khin Zaw Win la qualifiant même de "profondément impopulaire". Le gouvernement d'Aung San Suu Kyi a tenté de l'amender, sans grand succès. 

Les récents commentaires du général Min Aung Hlaing sur son abrogation seront suivis de près par les observateurs. Le texte contient également un article interdisant aux citoyens mariés à des étrangers de devenir président, ce qui, selon les analystes, a été écrit pour empêcher Aung San Suu Kyi, mariée à un Britannique aujourd'hui décédé, d'accéder au poste. 

L'armée avait tout fait pour empêcher la prix Nobel d'accéder au pouvoir, mais elle n'avait pas prévu cette faille, estime le politologue Soe Myint Aung. Les militaires étaient profondément mécontents d'avoir ainsi "perdu un contrôle significatif sur le processus politique", selon lui. 

  • Comment a réagi la communauté internationale ?

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a condamné "fermement" l'arrestation d'Aung San Suu Kyi par l'armée, tandis que le Conseil de sécurité devrait se réunir dans les prochains jours. Avec l'arrestation d'autres dirigeants politiques et "la déclaration du transfert de tous les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires aux militaires", "ces développements portent un coup dur aux réformes démocratiques en Birmanie", a ajouté Antonio Guterres dans un communiqué. 

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a également condamné "fermement" le coup d'État et appelé les militaires à libérer tous ceux qui ont été illégalement détenus lors de raids à travers le pays. Le résultat des élections doit être respecté et le processus démocratique doit être rétabli", a-t-il écrit sur Twitter. 

Dans la même lignée, la France appelle à ce que "le vote des Birmans soit respecté", a indiqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Atta. "Il y a eu des élections au mois de novembre dernier, Mme Aung San Suu Kyi a été élue et dans ces conditions nous appelons à ce que le résultat des urnes en Birmanie, le résultat du vote des Birmans, soit respecté", a-t-il déclaré sur Franceinfo, en précisant que Paris "discute avec ses partenaires dans le cadre des instances internationales" de la situation. 

Les États-Unis et l'Australie avaient été les premiers à réagir, appelant eux aussi à la libération immédiate des dirigeants de la LND et au rétablissement de la démocratie. "Les États-Unis s'opposent à toute tentative de modifier le résultat des récentes élections (...) et prendront des mesures contre les responsables", a averti la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, dans un communiqué. "Nous appelons les militaires à respecter l'État de droit, à résoudre les différends par des mécanismes légaux et à libérer immédiatement tous les dirigeants civils et autres personnes détenues illégalement", a fait valoir de son côté la ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne. 

Pékin, par la voix de Wang Wenbin, un porte-parole de la diplomatie chinoise, appelle pour sa part les acteurs politiques en Birmanie à "régler leurs différends" dans un cadre légal et constitutionnel.  

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