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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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24 avril 2021

La Côte d'Ivoire, nouvelle cible djihadiste ?

La Côte d'Ivoire, cible récemment de deux attaques jihadistes dans le nord, illustre les ambitions des groupes islamistes armés basés au Sahel d’étendre leur champ d’action aux pays du Golfe de Guinée.

kafolo

C’était dans la nuit du 28 au 29 mars. Ce soir-là, des hommes armés ont attaqué deux positions de l'armée ivoirienne situées à la frontière avec le Burkina Faso. C'était dans les localités de Kafolo et Kolobougou. Ces attaques opérées de manière simultanée ont occasionné six morts et plusieurs blessés. Parmi les personnes tuées : trois soldats et trois assaillants. Un peu moins d’un an auparavant, le 11 juin 2020, un assaut djihadiste, le premier survenu en Côte d’Ivoire, a fait une dizaine de morts chez les militaires ivoiriens déjà à.…Kafolo.

La première de ces nouvelles attaques jihadistes en territoire ivoirien, a eu lieu dans cette même localité de Kafolo, près de la ville de Kong, dans le Nord-Ouest. L’attaque a eu lieu entre minuit et 1 heure du matin. Une soixantaine d’hommes lourdement armés, venus du Burkina Faso, ont alors ouvert le feu sur un poste avancé de l'armée, faisant deux soldats tués et quatre blessés.

Dans les combats, les assaillants perdront trois hommes. Quatre autres seront interpellés, selon l'Etat-major général des armées de Côte d'Ivoire, qui affirme que du matériel (armement, radio, munitions et motos) a été saisi.

L'armée régulière a, au bout d'une heure de combat intense, repoussé les assaillants. Ensuite, s'en est suivie une opération militaire de ratissage sur le terrain pour rechercher les assaillants en fuite ainsi que leurs éventuels complices.

La deuxième attaque est survenue à Kolobougou, à 60 Km au nord-ouest du département de Téhini, faisant frontière avec le Burkina Faso où un poste de la gendarmerie a été pris d’assaut.

Selon une note de l'Etat-major des armées de Côte d'Ivoire, « un gendarme ivoirien a été tué et un autre blessé ». Aucune victime cependant n'a été enregistrée du côté des auteurs de l'attaque sur ce poste-frontière.

L'assaut contre ce poste de gendarmerie à Kolobougou a eu lieu entre « 2 h et 3h du matin », a indiqué à APA une source locale, rapportant que « les populations actuellement sont gagnées par la frayeur et ne peuvent pas sereinement aller dans leurs champs et vaquer à leurs occupations ».

Les postes sont sous surveillance de l'armée ivoirienne dans la localité et la présence des militaires venus en renfort fait que les riverains ont un peu peur, poursuit cet habitant de la région qui a requis l'anonymat.

La Côte d'Ivoire dans le viseur des djihadistes

 

ATTAQUE

« Ces attaques dénotent du fait que la Côte d'Ivoire est clairement dans le projet expansionniste des groupes terroristes », analyse Lacina Diarra, spécialiste des questions de sécurité dans la région Sahel-Sahara. Les jihadistes « veulent se créer un sanctuaire au niveau de la zone frontalière entre le Burkina-Faso, le Mali et la Côte d'Ivoire », explique cet expert ivoirien, confortant une thèse soutenue récemment par le chef du renseignement extérieur français, Bernard Emié.

Lors d’une réunion consacrée au contre-terrorisme tenue début février sur la base aérienne d'Orléans, en France, le patron des 7.000 espions et analystes français de la DGSE avait prévenu qu’il fallait se préparer à la fois des attentats des grande ampleur et l'expansion jihadiste vers les pays du golfe comme la Guinée, la Côte d'Ivoire ou le Bénin.

Pour une grande partie des experts en sécurité, pour mieux se préparer à contrer une telle éventualité, le gouvernement ivoirien doit s'atteler rapidement « à casser la chaîne de recrutement, développer des stratégies transnationales tout en impliquant les communautés et la société civile ».

Opération « frontières étanches »

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Suite à la première attaque survenue l’année dernière à Kafolo, le gouvernement ivoirien a adopté un décret portant création d'une « Zone opérationnelle Nord » qui s’étend dans les régions situées sur les frontières entre la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.

Cette « Zone opérationnelle Nord » vise à passer de la phase de surveillance des frontières à une posture défensive avec une importante capacité de réversibilité en mission offensive en vue d'empêcher toute infiltration de ces groupes armés sur le sol ivoirien.

Avec un commandement unique pour les opérations militaires et celles relevant de la défense du territoire, l'Etat ivoirien veut permettre à l'ensemble des forces de défense et de sécurité d'avoir une rapide réactivité sur les missions au niveau des frontières.

 Visite aux troupes

Le chef d'Etat-major général des armées, le général de corps d'armée Lassina Doumbia, a d’ailleurs effectué, lundi 31 mars, une visite aux troupes, en compagnie du commandant supérieur de la gendarmerie, le général de corps d'armée Apalo Touré. « Je voudrais vous féliciter, vous dire nos encouragements, vous adresser nos condoléances et vous dire que vous avez été braves, au vu des circonstances et des efforts que vous avez faits, on ne peut que vous le reconnaître », a dit le général Lassina Doumbia à ses hommes, à Kafolo.

« À mon avis, de par mon expérience, en combat de nuit alors qu'on est surpris, perdre deux hommes, c'est que vous êtes bons (soldats), vous savez vous battre parce que la nuit, quand on voit quelqu'un passer, on ne sait pas si c'est son ami ou c'est son ennemi. Entre nous-mêmes, on peut s'allumer parce que c'est compliqué », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le commandement supérieur de la gendarmerie, a demandé aux soldats « d'avoir de la réaction », car « il faut être prêt à utiliser son arme », a-t-il martelé. (selon "Ivoire-soir")

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23 avril 2021

Covid-19 en Argentine

Manifestation contre la fermeture des écoles

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Des centaines de personnes sont descendues dans la rue à Buenos Aires pour protester contre les dernières mesures prises par le gouvernement pour freiner la seconde vague de la pandémie. Le Covid-19 a déjà fait plus 59 000 morts dans ce pays de 45 millions d’habitants. Plus que la restriction de circulation à partir de 20 heures, c’est la suspension des classes en présentiel pour les élèves de tous les niveaux qui a mobilisé les manifestants.

Autour de l’Obélisque, au centre de Buenos Aires, des familles, beaucoup d’enfants, une majorité de femmes. Et un seul message : non à la fermeture des écoles.

« Je suis une mère de cinq enfants, de niveaux primaire, secondaire et universitaire, nous explique Sofía, une enseignante de 53 ans. L’année dernière, ils ont tous travaillé en distanciel. Mais ce n’est pas la même chose que d’étudier en présentiel. Pour le plus jeune, qui a 13 ans, ça a été très dur, et s’il devait vivre une autre année comme ça, il la perdrait ! »

Les enfants de milieu défavorisé pénalisés

Laura, une restauratrice d’une quarantaine d’années, est préoccupée par la situation des enfants les plus défavorisés : « Je suis là pour l’éducation du pays. Je trouve atroce qu’on nous impose des restrictions, alors qu’il est prouvé qu’il y a peu de contagions à l’école. Je ne suis pas préoccupée pour mon fils, qui a son ordinateur et son accès Internet, mais pour beaucoup d’autres enfants qui n’ont pas cette chance. Les plus lésés sont ceux qui n’ont pas ces outils. Je suis vraiment indignée ! »

Les statistiques prouvent que l’école n’est pas un lieu privilégié de contagion. Mais les syndicats de l’éducation ont montré leur puissance en obtenant que le gouvernement prenne une mesure impopulaire, à six mois des élections parlementaires de moyen terme.

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22 avril 2021

Brexit : le Luxembourg a attiré 93 sociétés financières

Selon une étude, 10% des actifs des banques au Royaume-Uni ont été déplacés vers l’UE en raison du Brexit.

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 Les banques installées au Royaume-Uni ont décidé de déplacer 900 milliards de livres d’actifs vers l’UE en raison du Brexit, soit 10% de leur ensemble, et la City devrait continuer de souffrir, prévient vendredi le centre de recherche New Financial. «Nous pensons que c’est une sous-estimation. Nous sommes seulement à la fin de la première phase du Brexit», souligne-t-il dans son étude. «L’impact final devait être plus important, ce qui va réduire les rentrées fiscales au Royaume-Uni, l’influence en matière de réglementation et au bout du compte avoir des conséquences sur les emplois», ajoute le centre de recherche britannique. À ces 900 milliards de livres, s’ajoutent 100 milliards déplacés par les assureurs et les gérants d’actifs.

La sortie du marché effective unique le 1er janvier a mis fin au passeport financier qui permettait aux entreprises financières implantées au Royaume-Uni de proposer leur service dans l’UE. Londres et Bruxelles ont négocié un accord de libre-échange pour les biens, mais la finance doit se contenter pour l’heure d’une coopération a minima sur les questions réglementaires. Au total, 440 sociétés financières ont délocalisé une partie de leurs activités, déplacé des emplois ou établi des nouvelles entités dans l’UE. Il s’agit d’un chiffre bien plus élevé que l’estimation de mars 2019 quand New Financial avait identifié 269 entreprises concernées par le Brexit. L’étude montre que Dublin est le principal gagnant, puisque 135 sociétés ont choisi la capitale irlandaise, devant Paris (102), Luxembourg (93), Francfort (62) et Amsterdam (48). Mais sur le plus long terme, New Financial estime que Francfort sortira gagnant pour la taille des actifs déplacés, et Paris pour les emplois.

7 400 emplois créés dans l’UE

Certains groupes financiers ont pu en outre délocaliser des activités dans plusieurs villes. Dublin attire beaucoup de gérants d’actifs, les banques vont plus vers Francfort, et Amsterdam séduit les plateformes boursières et les courtiers. New Financial estime par ailleurs que le Brexit a entraîné à ce jour la création de 7 400 emplois dans l’UE, soit en raison de délocalisations du Royaume-Uni ou grâce à des embauches pour renforcer les équipes. Ces emplois sont l’œuvre que d’un très faible nombre d’entreprises, et comme dans le cas des actifs, le montant total devrait augmenter dans les prochaines années. L’étude note que l’enjeu n’est pas tant les déplacements d’emplois, que les créations de postes dans l’UE, qui auraient pu, sans le Brexit, être annoncées au Royaume-Uni.

Enfin, New Financial estime que, si la City perd de son rayonnement, Londres restera le premier centre financier européen pour quelque temps encore, les entreprises souhaitant maintenir autant d’activités qu’elles le peuvent dans la capitale britannique. Pour bâtir son rapport, le centre de recherche a travaillé à partir de communiqués officiels, d’informations de presse, d’études ou encore de documents gouvernementaux. (selon "Le Quotidien du Luxembourg")

21 avril 2021

Guyane : difficile combat contre le variant brésilien

Le variant brésilien ? "Aucune idée de ce que c'est, il n'y a que les scientifiques qui le savent", sourit Gui, Guyanais de 84 ans. Contrairement à la population, les autorités locales s'inquiètent, ont renforcé les restrictions et étendu la vaccination aux plus de 30 ans.

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En Guyane, département qui partage une frontière fluviale et terrestre de 730 kilomètres avec le Brésil, "Le variant P1, dit brésilien, représente aujourd'hui plus de 84% des prélèvements positifs", a indiqué cette semaine le préfet Thierry Queffelec.

Selon les autorités sanitaires, "la couverture vaccinale de 5,32% en Guyane reste trop limitée pour protéger le territoire", elles ont donc annoncé élargir la cible vaccinale aux personnes de plus de 30 ans, dans cette région où une personne sur deux a moins de 25 ans.

Pourtant, au centre de vaccination de l'Encre, le seul de Guyane, les patients venus recevoir leur injection ne semblent pas tous s'en inquiéter. 

Outre Gui, l'octogénaire, qui se dit, en souriant, pas du tout effrayé par le variant brésilien, Thomas, 32 ans, se montre tout aussi décontracté. Il espère même pouvoir voyager au Brésil bientôt grâce au vaccin. 

Le personnel de santé enchaîne les vaccins sans temps mort, "entre 60 et 100 piqûres par jour", précise l'un d'eux. Cependant, pas de bousculade, ni de file d'attente, les patients arrivent 15 minutes avant l'heure du rendez-vous, se font enregistrer et passent dans une des sept lignes de vaccination.

Hervé, 73 ans, est venu avant tout pour prémunir sa famille. En revanche, le variant l'inquiète un peu plus que les autres. "Nous sommes voisins du Brésil, où la contamination est énorme, il était nécessaire de me protéger à ce niveau-là", car il n'est pas serein: "nous n'avons pas de frontière", déplore-t-il, "on ne sait pas qui rentre et qui sort".

Contenir le variant

La suspension des liaisons aériennes entre la France et le Brésil a braqué les projecteurs sur la Guyane voisine. Mercredi, le ministère de l'Intérieur annonçait la mise en place de tests antigéniques à l'arrivée des vols en provenance de Cayenne, en plus du test PCR négatif et du motif impérieux obligatoire pour voyager. 

Le lendemain, la préfecture dévoilait un nouveau train de mesures : un couvre-feu du samedi 19H00 au lundi 05H00 dans huit communes, dont Cayenne et Kourou, un auto-test à réaliser à l'aéroport pour les voyageurs vers Paris, et un renforcement des contrôles à la frontière avec le Brésil.

A l'hôpital de Cayenne, le plan blanc a été déclenché mercredi, 18 des 23 lits de réanimation étant occupés, en majorité par des malades du Covid-19. La Guyane a connu une remontée fulgurante du taux d'incidence ces dernières semaines. Il culmine à 173 cas pour 100.000 habitants et atteint 200 à Cayenne et les communes limitrophes.

La prégnance du variant brésilien incite maintenant des personnes à se faire vacciner.

Fatoumata Traoré, infirmière au Centre Hospitalier de Cayenne, remarque que beaucoup d'institutrices viennent au centre de vaccinations. "Elles craignent d'être contaminées à la reprise des cours par des élèves qui seraient allés au Brésil pendant les vacances", explique-t-elle à l'AFP, "ces personnes n'étaient pas très motivées mais sont venues".

Le récent arrêt des liaisons aériennes entre la France et le Brésil ne concerne pas le département, car il n'y a plus de liaisons aériennes entre la Guyane et le Brésil depuis longtemps, l'unique compagnie assurant ces vols a quitté le territoire dès le premier confinement.

Mais si la frontière terrestre est fermée depuis plus d'un an, elle reste poreuse, des piroguiers parviennent à déjouer la surveillance sur le fleuve Oyapock. Le trafic des pirogues a diminué mais n'a pas cessé. En revanche, le prix de la traversée a augmenté. (selon "Tahiti.infos")

20 avril 2021

Les infos d'Amérique du Sud (Chili)

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19 avril 2021

Quatre régions, dont le Grand Est, commandent les premiers trains à hydrogène français

La SNCF a passé commande à Alstom, pour le compte des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie, des 12 premiers trains à hydrogène français, dont les premiers essais sont annoncés fin 2023.

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Ces trains bimodes, capables de rouler sous caténaires en traction électrique et en mode hydrogène, auront une autonomie allant jusqu’à 600 km sur les lignes non-électrifiées, sans polluer, ont indiqué les parties prenantes jeudi dans un communiqué.

Le président d’Alstom France Jean-Baptiste Eyméoud envisage “les premiers essais sur voie fin 2023, et a priori une mise en service commerciale en 2025”.

Le contrat s’élève pour Alstom à 190 millions d’euros pour 12 rames. Il prévoit la fourniture de trois trains à chacune des quatre régions pionnières, auxquels pourraient s’en ajouter deux en option pour le Grand Est.

Alstom va concrètement installer une chaîne de traction à hydrogène sur un modèle éprouvé dans les TER français (appelé Coradia Polyvalent par le constructeur national et Regiolis par la SNCF): longs de 72 mètres, ces trains de quatre voitures offriront 218 places assises “et les mêmes performances dynamiques et de confort que la version bimode électrique-diesel”, selon le communiqué.

Les régions –qui financent les trains– profitent d’un contrat-cadre existant depuis 2011 pour acheter des rames, via la SNCF.

Alstom fait figure de pionnier dans le train à hydrogène, avec une technologie mise au point dans son usine de Tarbes. Il a fait circuler ses premiers prototypes en Allemagne en 2018 et y est maintenant entré dans une phase industrielle, avec 41 commandes à ce jour.

Ces trains mélangent de l’hydrogène embarqué à bord et de l’oxygène présent dans l’air ambiant, grâce à une pile à combustible installée dans la toiture qui produit l’électricité nécessaire à la traction de la rame. Ils ne rejettent que de la vapeur d’eau.

“C’est une étape supplémentaire vers le +zéro émission+ dans le transport public ferroviaire”, a relevé Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs.

Près de 1.100 TER utilisent actuellement du diesel, dont la SNCF veut se débarrasser d’ici à 2035. La compagnie teste également diverses formules utilisant des batteries et des carburants “verts” comme le colza. (selon AFP)

18 avril 2021

Col d'Urbeis

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17 avril 2021

Algérie : manifester vous mène en prison

Ca craint pour les détenus du Hirak !

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Les nouveaux détenus du mouvement Hirak, arrêtés lors d’une marche de protestation, le vendredi 3 avril, en Algérie, sont à leur cinquième jour de grève de la faim, entamée depuis mercredi 7 avril, à la prison d’El Harrach (à Alger).

Vingt-trois détenus, écroués après une marche du mouvement anti-régime du Hirak, il y a une semaine à Alger, sont en grève de la faim depuis mercredi. c’est ce qu’a rapporté, samedi, une association de soutien aux prisonniers d’opinion. « Samedi 10 avril 2021, les 23 détenus sont au quatrième jour de grève de la faim à la prison d’El Harrach (à Alger), entamée depuis mercredi 7 avril », a précisé le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) sur sa page Facebook.

Ce dimanche, les détenus sont au cinquième jour de grève de la faim. Il s’agit selon le CNLD, d’une part, des détenus du tribunal de Bainem Bab El Oue, à savoir : Abdelhak Ben Rahmani dit « Merouane », Talhi Saïd dit « Zinou », Slimane Hocine, Abdelli Zouhir Abdeldjalil, Ahmed Betrouni, Walid Oudjit, Agoumadz Bachy, Menkhel Mohamed Lemine, Saleh Abdelhakim, Malek Abdelhalim.

Et d’autre part, des détenus du tribunal Sidi M’hamed, notamment Adel Bensaada, Ahmed Ouakli, Omar Lerari, Lotfi Bouguerra, Benameur Belkacem Rachid, Ali Senouci, Fatehi Diyaoui, Ahmed Lekhdari, Lounes Boutankikt, Zakaria Metidji, Taazibt Abdelkayoum, Aimad Guendoul, Mohamed Selmane. Ces détenus sont tous poursuivis pour « atteinte à l’unité nationale et attroupement non armé ». Une situation dénoncé pour les organisme de défense des droits de l’Homme.

Les autorités algériennes continuent de restreindre la liberté d’expression en Algérie en procédant à de multiples arrestations de journalistes, militants et voix critiques de régime algérien, relève l’ONG Amnesty International, dans son nouveau rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme dans le monde. Dans son rapport 2020-2021, l’ONG a évoqué les arrestations et les poursuites judiciaires contre les manifestants et les journalistes.

« Cette année encore, les autorités ont arrêté et poursuivi en justice les manifestantes pacifiques, les journalistes, les militantes et les citoyennes qui n’avaient fait qu’exercer pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, dans le cadre de mouvement de protestation de grande ampleur connu sous le nom du Hirak », a indiqué l’ONG dans son rapport. (selon "Afrik.com")

16 avril 2021

Bombardement de Bouaké en Côte d'Ivoire

Les politiques français à la barre

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Le procès du bombardement du camp militaire français de Bouaké en Côte d’Ivoire, en 2004, qui avait fait dix morts (neuf soldats français et un civil américain), entré dans sa troisième et dernière semaine devant la Cour d’assises de Paris, s'est terminé ce jeudi. Ont été entendus comme témoins les responsables politiques français de l’époque : le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et trois ministres.

C’est une affaire sur laquelle planent encore des zones d’ombre et le procès ne les a pas levés. En particulier sur un épisode survenu au Togo, dix jours après l'attaque. Un groupe d'hommes est arrêté, parmi lesquels, soupçonnent les Togolais, se trouvent les pilotes. À raison pour au moins l'un d'entre eux. Alertés, ni le ministère de l'Intérieur de Dominique de Villepin, ni la Défense de Michèle Alliot-Marie, ni les Affaires étrangères de Michel Barnier ne donnent suite, et les suspects sont libérés.
« Ils ont tout fait pour qu'on ne puisse pas arriver à tirer le fil »

bouak_4Pour Jean Balan, avocat de la majorité des parties civiles, cet épisode montre une entente au plus haut niveau pour que les pilotes échappent aux mains de la justice. C'est l'élément clé de sa thèse : le bombardement serait une « manipulation française qui a tourné à la bavure ». Il l'a redit il y a quelques mois sur l'antenne de RFI : « Les autorités françaises du gouvernement de l'époque ont absolument tout fait, de manière concertée, organisée, et c'est pas moi qui le dit, c'est la juge d'instruction, pour que l'enquête judiciaire ne puisse pas prospérer depuis 2004, et ça a continué par la suite. Ce que je démontre c'est qu'ils ont tout fait pour qu'on ne puisse pas arriver à tirer le fil»

Les autres avocats restent sur la version d’une responsabilité ivoirienne, mais sur cet épisode togolais, ils demandent la « vérité » aux ministres. Quoi qu’il en soit, dans son ordonnance de février 2016, la juge d'instruction Sabine Khéris a estimé que s’il n’existe pas « d'éléments permettant de mettre en cause les hautes autorités de l’État […] tout a été orchestré afin qu’il ne soit pas possible d’arrêter, d’interroger ou de juger les auteurs biélorusses du bombardement ».

Jusque-là, chacun s’est dédouané de toute responsabilité dans cet épisode. Le ministre togolais de l'Intérieur de l’époque, François Boko, qui avait lancé l'alerte, a témoigné la semaine dernière que ses interlocuteurs lui avaient déclaré « avoir reçu l’ordre de ne rien faire », et que « Paris n’était pas intéressé par ces Biélorusses ». De l’enquête et des audiences, il ressort qu'à Lomé, l’ambassadeur, les attachés Défense et Sécurité intérieure, comme l'agent des renseignements français ont effectivement dit avoir reçu pour consigne de « ne pas se mêler » de cette affaire, ou pas de consigne du tout.
« Tous les services concernés se renvoient la patate chaude »

Côté Paris, un ancien responsable du ministère de l’Intérieur a assumé avoir « donné consigne de ne pas intervenir directement dans l’enquête » arguant que « cela n’intéressait pas directement le ministère de l’Intérieur ». Une version reprise par le ministre de l’époque, Dominique de Villepin, à la télévision, en 2016 : « Une juge a enquêté pendant 12 ans sur une affaire qu'à aucun moment je n'étais amené à traiter pour une simple raison, c'est que j'étais ministre de l'Intérieur. Je lui ai répondu ce que je savais, c’est-à-dire pas grand-chose, c’est-à-dire, rien. » Conséquence : « J'ai l'impression que tous les services concernés se renvoient la patate chaude », a plusieurs fois fait remarquer le président à l'audience.

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Côté ministère de la Défense, l’ancien attaché à Lomé dit n’avoir reçu « aucune directive » de sa hiérarchie : « On n’avait pas les instructions pour se faire remettre ces hommes » a-t-il témoigné à la barre. Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, a expliqué qu’« il n’y avait pas de base légale pour arrêter les pilotes ». Une version que réfute son ancien conseiller juridique, David Sénat, qui sera également entendu cette semaine. En 2015, Il déclarait à RFI ne « jamais avoir été consulté sur l’existence ou non d’une telle base légale », assurait que la flagrance des faits aurait permis une saisie de la justice et un maintien en détention des pilotes. « La question à l’époque était donc d’ordre politique ou militaire, mais en aucun cas procédural », concluait-il.

Ce silence politique agace jusqu'aux anciens dirigeants militaires. Le général Henri Poncet, chef de la force Licorne, l'a dit à sa sortie du tribunal vendredi : « J'en veux un peu à ceux qui n'ont rien vu, ne se souviennent de rien, ne parlent pas. Les trois singes de la sagesse bouddhiste, mal interprétée d'ailleurs... Ce que je veux dire c'est qu'on a arrêté les mercenaires et que si on avait voulu tirer le fil de la pelote de laine... pour des raisons que je ne peux expliquer, ça n'a pas été fait. »

Les familles de victimes attendent les explications des politiques

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Ces anciens ministres, néanmoins, ne risquent rien. Ils sont de simples témoins. Leurs cas ont déjà été étudiés par la chambre des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR), cette institution d’exception issue du Parlement et seule habilitée à juger de possibles crimes et délits commis par des membres du gouvernement dans le cadre de leur fonction. Cette chambre a estimé en 2019 que l'« inaction » ne suffisait pas à justifier des poursuites et que les soupçons d'entrave aux investigations n'étaient pas étayés. Une décision qui avait provoqué la colère des parties civiles, dont maître Jean Balan, qui l’a jugée « absolument grotesque. Dire qu'il n'y a pas une action alors que tous les trois ont pris de manière concertée exactement la même décision et ont ordonné clairement aux services secrets et à tout le monde de ne pas s'occuper de l'affaire, de ne rien faire, vous appelez ça une inaction ? »

Les familles de victimes ont pu voir les responsables politiques se réfugier derrière cette procédure les dédouanant. L'hypocrisie ministérielle  a une fois de plus triomphé. (selon RFI)

* Dernière minute : Finalement, trois pilotes ont été condamnés à perpétuité par contumace (deux ivoiriens, un biélorusse). Un coup pour rien : l'un des ivoiriens est mort, les deux autres ne risquent pas l'extradition. C'était prévisible.

15 avril 2021

Les espoirs perdus de Recep Tayyip Erdoğan

Au pouvoir depuis 2014, le président turc Recep Tayyip Erdoğan commence à voir ses rêves de grandeur impérialiste s’envoler. Celui qui, jusqu’à présent, menait impunément une politique islamiste et nationaliste de répression violente, est la cible d’un nouveau mouvement d’opposition incarné par les femmes et les universitaires. Récit d’une nouvelle respiration démocratique dans une société turque de plus en plus clivée.

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Un sultan aux petits pieds – Dans cette prison à ciel ouvert qu’est la Turquie d’Erdoğan, les murs se fissurent. En pleine épidémie de Covid-19, la livre turque s’écroule, l’inflation monte en flèche et la hausse quotidienne des prix touche de plein fouet les ménages modestes. 13,9% de la population, au demeurant très jeune (les moins de 30 ans représentent 50% de la population), vivrait sous le seuil de pauvreté (Banque mondiale 2020) et le chômage fait plonger des familles dans la misère.

Un bilan catastrophique que le président turc ne veut pas voir. Se référant à son rêve de faire de son pays une théocratie nationaliste, il poursuit une folle course d’asservissement de son peuple. Il est l’homme au verbe fort, le donneur de leçons, qui insulte le président français Emmanuel Macron. Éternel provocateur, Erdoğan se croit grand ordonnateur de la politique en Méditerranée orientale, omettant de respecter le droit maritime en intimidant la Grèce et la République de Chypre.

Erdoğan a profité du coup d’État manqué du 15 juillet 2016, vrai ou faux coup d’État, pour renforcer son pouvoir dictatorial, en menant purges après purges pour tuer toute forme de contestation, d’opposition : un système à la « Ceausescu » s’inspirant autant de Nicolas que d’Elena.

Place aux jeunes – Aujourd’hui, la jeunesse turque prend la parole. Erdoğan a beau être le chantre de la privation des libertés, donc du droit de manifester, de penser aussi, les étudiants turcs, ainsi que leurs professeurs, s’opposent à sa folie destructrice. La colère gronde sur les campus, contre la mainmise du président turc sur les universités.

La célèbre université d’Istanbul Bogazici a été dotée d’un recteur, non pas élu par ses pairs, mais désigné par le président Erdoğan lui-même, car une nouvelle loi de nomination des recteurs apparaissait après le « vrai-faux » coup d’État manqué de 2016. Professeurs et étudiants manifestent tous les jours sur le campus contre le parachutage du nouveau recteur, Melih Bulu, un homme de l’AKP, on s’en doute. D’autres universités suivent ce mouvement contre, une nouvelle fois, une énième purge d’Erdoğan, cette fois dans les milieux universitaires et académiques. C’est une bonne chose de voir enfin une opposition renaître en Turquie, une bonne nouvelle que cette jeunesse née sous Erdoğan, et n’ayant connu que lui, sache dire non, avec la force non pas du désespoir, mais la volonté de vouloir enfin vivre libre dans son propre pays.

Les femmes aussi… – Les femmes turques descendent aussi dans la rue afin de manifester contre les violences conjugales et familiales. Maintenant que la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan est officiellement sortie de la Convention d’Istanbul, les violences à l’égard des femmes et la violence domestique ne feront que s’intensifier.

Elles prennent donc la rue, ne craignent pas la police comme les étudiants, et malgré l’interdiction de manifester le 8 mars dernier, Journée internationale des droits des femmes, venue du haut sommet du pouvoir, les femmes turques étaient unies dans la rue pour dire « assez ». Au sein même de l’AKP, des femmes font aussi entendre leurs voix. En presque deux décennies, 6732 femmes ont été assassinées en Turquie (chiffre officiel), mais à combien s’élèvent les assassinats de femmes turques passés sous silence ?

Et dire que les femmes turques avaient obtenu le droit de vote en 1934… Quel retournement de situation dramatique, quelle régression quand les violences faites aux femmes sont cachées, voire ignorées par le pouvoir en place aujourd’hui, car pour le président Erdoğan, une femme accomplie, est d’abord une mère. Tout est, hélas, dit. Le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe, dont la secrétaire générale est la croate Marija Pejčinović Burić, a signé officiellement la dérive du pouvoir turc…

Aujourd’hui en 2021, jeunes et femmes sont l’opposition naissante d’Erdoğan. Comment dans de telles conditions tyranniques et obscurantistes, la Turquie pourrait-t-elle maintenir son siège au sein du Conseil de l’Europe, qui défend les droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit ? '(selon Eurojournalist)

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