Corruption au Parlement européen : le Qatar impliqué
Magouilles !
« Environ 600.000 euros en liquide » saisis, six interpellations et quatre personnes écrouées parmi lesquelles la vice-présidente Eva Kaili, l’affaire des parlementaires corrompus par le Qatar ébranle les institutions européennes.
Scandale au sommet du Parlement européen. Depuis vendredi, une affaire de corruption ébranle les institutions européennes, après des perquisitions menées aux domiciles de parlementaires et six arrestations dont un ancien élu italien et la vice-présidente grecque du Parlement, la socialiste Eva Kaili. Ces derniers sont soupçonnés d’avoir favorisé le Qatar dans les décisions de l’UE, en échange de gros versements financiers. 20 Minutes vous résume ce que l’on sait sur cette enquête.
Que s’est-il passé vendredi en Belgique ?
Dans le cadre d’une enquête menée par un juge financier belge, six personnes ont été interpellées vendredi, parmi lesquelles la vice-présidente du Parlement européen, Eva Kaili. Quasiment toutes sont soupçonnées de « corruption » et de « blanchiment d’argent » en bande organisée au profit d’un « pays du Golfe ». Selon les révélations du journal belge "Le Soir , ce pays en question serait le Qatar, actuel organisateur de la Coupe du monde de football. Ces personnalités, ayant « une position politique et/ou stratégique significative » au sein du Parlement, sont suspectées d’avoir favorisé le Qatar dans les décisions économiques et politiques européennes.
Le matin même, 16 perquisitions avaient été menées par la police dans diverses communes de la capitale belge et ont permis la saisie d'« environ 600.000 euros en liquide », ainsi que « du matériel informatique et des téléphones portables » dont les contenus sont en cours d’analyse. Une source judiciaire a confirmé que des « sacs de billets » ont été découverts dans l’appartement d’Eva Kaili. Son propre père a lui-même été inquiété dans l’enquête, surpris en train de transporter une grosse somme en liquide « dans une valise », d’après le journal belge L’Echo.
Qui sont les principaux suspects ?
Il s’agit d’Eva Kaili, une eurodéputée du parti socialiste grecque (Pasok-Kinal). L’ex-présentatrice télé de 44 ans siège au Parlement européen depuis 2014 sous la bannière du groupe Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S & D). Elle a été élue en janvier 2022 à l’une des vice-présidences du Parlement. Début novembre, elle s’était rendue au Qatar, où elle avait salué, en présence du ministre qatari du Travail, les réformes de l’émirat dans ce secteur. Quelques jours après son retour, elle qualifiait le petit état pétrolier de « chef de file en matière de droits du travail ». Ironie du sort, elle regrettait que certains « harcèlent [les Qatariens] et accusent tous ceux qui leur parlent (…) de corruption ». (selon "20 minutes")













