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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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27 avril 2020

Coronavirus : où est la solidarité européenne?

Dans le Bas-Rhin : 240 Moldaves bloqués sur une aire d’autoroute

moldavieFaute d’accord entre l’Allemagne et la République tchèque, trois cars transportant des travailleurs moldaves et leur famille se retrouvent bloqués sur l'aire d’autoroute à Brumath.

Coincés en France. En pleine épidémie du coronavirus, trois autocars transportant environ 240 personnes de nationalité moldave, majoritairement des hommes, sont bloqués, ce dimanche, sur l’aire d’autoroute de Brumath, dans le Bas-Rhin, dans le sens Strasbourg vers Paris.

Pas d’accord entre l’Allemagne et la République tchèque

Les voyageurs sont partis, samedi matin, de Paris pour retourner dans leur pays, mais ils n’ont pas eu l’autorisation de traverser la frontière. Selon les informations reçues, l’Allemagne, qui avait préalablement donné son accord, a décidé de faire marche arrière devant le refus de la République tchèque de permettre aux ressortissants moldaves de pénétrer dans le pays.

Les trois autocars ont dû faire demi-tour pour stationner sur l’aire d’autoroute de Brumath, dimanche matin. Les lieux ont été sécurisés par la gendarmerie, en attendant de trouver une solution diplomatique.

Aux dernières nouvelles, les bus retourneraient à Paris. Un avion pourrait en emmener 130 d'entre eux vers la Moldavie. Et les 110 autres ? Verront-ils leur galère continuer ? On peut le redouter.

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26 avril 2020

Après les propos de Trump

Explosion des appels concernant l'ingestion de désinfectant aux États-Unis

trump

La ligne d'urgence du Maryland, état du Nord-Est américain, et le centre antipoison de New York ont enregistré une hausse fulgurante des appels concernant l'ingestion de désinfectant, après que Donald Trump l’a présenté jeudi comme un "remède" possible contre le Covid-19.

Aux USA, pour certains américains, la parole du président Donald Trump peut faire parfois office de parole divine. Lorsque celui-ci déclare que des injections de désinfectant pourraient être un remède contre le Covid-19, les conséquences sont immédiates : la ligne d'urgence du Maryland (Nord-Est) ou encore le centre antipoison de New York ont notamment connu une hausse fulgurante des appels, rapporte la presse américaine.

Ainsi, des centaines de personnes se sont manifestées dans le Maryland pour en savoir plus sur les avantages de la consommation de désinfectant, en utilisant par exemple l'eau de Javel et autres détergents ménagers. De quoi pousser les autorités à envoyer une alerte d'urgence et à poster un tweet pour rappeler "qu'en aucun cas un produit désinfectant ne doit être administré dans le corps par injection, ingestion ou toute autre voie".

À New York, les autorités sanitaires ont également signalé avoir reçu un nombre "inhabituellement élevé" de personnes les contactant à la suite des allégations inexactes de Trump. Le centre antipoison de New York, qui est une sous-agence du département de la santé de la ville, a reçu 30 appels entre jeudi à 21h et vendredi à 15h, soit deux fois plus que d'habitude. Finalement, parmi les personnes qui ont contacté le centre antipoison, aucune n'est morte ou n'a eu besoin d'aller à l'hôpital.

"Je constate que le désinfectant élimine le virus en une minute. N'y aurait-il pas un moyen de faire quelque chose comme ça par injection à l'intérieur ou presque, comme un nettoyage ? Comme vous le voyez, il pénètre dans les poumons, il y fait énormément de choses, il serait donc intéressant de vérifier cela", avait déclaré Trump jeudi lors de la réunion d'information à la Maison Blanche.

Vendredi, le président américain était revenu sur ses propos, confiant qu'il était sarcastique en prônant l'injection de désinfectant. Avant de confirmer quelques minutes plus tard que l'idée était bien sérieuse et qu'il avait demandé à des experts du gouvernement de l'étudier.

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25 avril 2020

Un médecin de campagne au temps du Covid-19

On est dans le devoir, l’empathie et le soin” : médecin de campagne dans le sud de l’Alsace, Jérôme Ponton avale les kilomètres pour se rendre au chevet de ses patients contaminés par le coronavirus et assume “en première ligne” sa mission de soignant.

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Combinaison et masque FFP2 sur le visage, flacon de gel hydroalcoolique sur la table, le généraliste examine sa patiente : depuis une dizaine de jours, Yvette Forster, 72 ans, est dans la phase dure de la maladie. Ce mardi après-midi, le Dr Ponton s’est rendu à son domicile à Sondersdorf, village d’environ 300 âmes dans le Haut-Rhin, l’un des foyers majeurs du coronavirus en France. “Je suis fatiguée, j’ai perdu 6 kilos”, explique la retraitée, qui s’interroge : “ça dure longtemps cette maladie?” “Ça n’est pas établi mais ça va durer un petit peu encore”, lui répond doucement le médecin. “Le mot d’ordre, c’est le repos”, conseille-t-il encore, avant de prendre congé et poursuivre sa tournée.

Avec le confinement et des patients cloués au lit, “ces visites sont nécessaires”, explique ce jeune généraliste de 35 ans, installé depuis 2017 à Vieux-Ferrette, commune de 700 habitants où il exerce dans un cabinet avec deux autres médecins, dont sa compagne, et quatre infirmières. “Un retour aux sources” pour ce trentenaire formé à Strasbourg mais originaire d’Altkirch, capitale du Sundgau, zone rurale aux confins de l’Allemagne et de la Suisse. Avec une patientèle d’environ 3 000 personnes étalée sur une vingtaine de villages, des consultations en cabinet et des visites à domicile (une vingtaine par semaine), son cabinet ne chôme pas.

Une activité qui s’est intensifiée en mars avec “la vague” de patients Covid, contraignant les sept soignants de Vieux-Ferrette à restructurer leur activité. “Il y a eu un moment avec exclusivement des visites Covid”, explique le Dr Ponton. “Là, on recommence les visites chez des patients chroniques où on n’allait plus pour ne pas faire entrer le loup dans la bergerie…

Le Dr Ponton “m’a sauvé la vie

Après deux semaines d’hospitalisation à Altkirch, Michel Lorentz, 78 ans, a regagné dimanche son domicile de Winkel, à une dizaine de kilomètres de Vieux-Ferrette. “Content de vous revoir !”, lance le Dr Ponton au septuagénaire, très secoué par le coronavirus. “Il n’a pas été placé en réanimation, son cœur ne l’aurait pas supporté”, explique son épouse Agnès, 65 ans. Elle aussi a été contaminée, mais avec des symptômes plus légers. À la place, un protocole médicamenteux a été administré à son mari : “ça passait ou ça cassait…”, se souvient Agnès Lorentz, qui rend hommage aux personnels de l’hôpital Saint-Morand d’Altkirch, où des patients Covid ont été accueillis dès mi-mars pour désengorger celui de Mulhouse, alors submergé.

Christian Boesinger, 63 ans, a également été admis à Altkirch. Ce retraité de Linsdorf, à un quinzaine de kilomètres de Winkel, loue lui aussi les soins prodigués dans cet établissement où il est resté “une dizaine de jours”. “Pour nous généralistes en zone rurale, c’est hyper important d’avoir un centre hospitalier de référence”, souligne le Dr Ponton. À l’heure des restrictions budgétaires dans les hôpitaux, largement décriées par les soignants, il est “important de conserver” ces hôpitaux de proximité, insiste-t-il.

Il dit espérer que la crise du Covid “va faire bouger les choses” et permettre “aux médicaux de reprendre la main sur l’organisation des hôpitaux”, alors que la maternité d’Altkirch a fermé en novembre et que ses urgences sont aussi sur la sellette. Le Dr Ponton “m’a sauvé la vie” en sonnant l’alarme sur l’état de santé de Christian Boesinger lors d’une visite à domicile, assure le retraité. “S’il n’avait pas eu le réflexe de venir de sa propre initiative…”. “Peut-être qu’ici, on est un peu plus en première ligne qu’ailleurs”, analyse Jérôme Ponton. Pour autant, “on ne se sent pas des héros, on n’a pas le sentiment d’être en guerre”. Ce qui l’anime ? Certainement pas le “sacerdoce”, plutôt “la sensation de soigner”. “On est dans le devoir, l’empathie et dans le soin”, glisse-t-il, avant de s’engouffrer dans sa voiture et de partir pour son ultime visite de la journée. (selon AFP/Le Quotidien du Luxembourg)

24 avril 2020

Pas rasés de près...

...ils sont empêchés de travailler !

Une polémique pileuse. Douze sapeurs-pompiers professionnels, qui ne sont pas rasés de près, ont ou vont déposer plainte pour discrimination physique, car ils ne sont plus autorisés à travailler depuis le 6 avril dernier, rapporte France Bleu Lorraine Nord.

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La direction du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) estime ainsi qu'il n'est pas possible d'utiliser en toute sécurité un masque FFP2 si l'on porte une moustache ou un bouc. 25 pompiers sont au total concernés.

Mais Julien Aquilano, pompier professionnel à Metz et représentant du personnel à la CGT, affirme de son côté à nos confrères qu'il n'y a «aucun risque puisque le masque FFP2 est posé sur notre peau nue. J'ai même un collègue qui a contacté l'Agence régionale de santé, qui a répondu que le rasage était une préconisation, et non une obligation. Si même l'ARS nous donne raison, je ne vois pas pourquoi notre hiérarchie se donne le droit de nous interdire toute pilosité faciale». Certains pompiers, qui dénoncent «un abus de pouvoir» et «une atteinte à leur dignité» se sont aussi tournés vers le Défenseur des droits. (Vu dans "L'essentiel du Luxembourg")

23 avril 2020

Tchad : 44 membres de Boko Haram mystérieusement morts en prison

Selon une autopsie, ces djihadistes seraient morts après avoir consommé « une substance létale et iatrogène ».

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Faits prisonniers pendant la récente opération lancée par le Tchad contre Boko Haram, 44 membres du groupe djihadiste ont été retrouvés morts dans leur cellule jeudi matin à N'Djamena, a annoncé le procureur de la République.

« A la suite des combats dans le lac Tchad, 58 éléments de Boko Haram avaient été faits prisonniers et déférés à N'Djamena pour les besoins de l'enquête. Jeudi matin, leurs geôliers nous ont annoncé que 44 prisonniers avaient été retrouvés morts dans leur cellule », a déclaré à la télévision nationale Youssouf Tom, qui s'est rendu sur place.

« Nous avons enterré 40 corps et remis 4 corps au médecin légiste pour une autopsie », a-t-il précisé. « La conclusion de cette autopsie indique qu'il y a eu consommation d'une substance létale et iatrogène, ayant produit un trouble cardiaque chez les uns et une asphyxie sévère chez les autres », a ajouté le procureur. L'enquête va se poursuivre « pour déterminer la cause exacte de ce drame ».

Des prisonniers volontairement privés d'eau ?

« Les 58 prisonniers avaient été placés dans une unique cellule et n'ont pas reçu à manger ni à boire pendant deux jours », a affirmé une source sécuritaire sous le couvert de l'anonymat. « C'est horrible ce qu'il s'est passé ! », s'est exclamé Mahamat Nour Ahmed Ibedou, le secrétaire général de la convention tchadienne de défense des droits de l'homme (CTDDH).

Ce dernier accuse les responsables de la prison « d'avoir enfermé les prisonniers dans une petite cellule et de les avoir affamés puis privés d'eau pendant trois jours parce qu'ils sont accusés d'appartenir à Boko Haram ». Des accusations démenties formellement par le gouvernement : « Il n'y a pas eu de mauvais traitements », assure le ministre de la Justice du Tchad, Djimet Arabi, joint au téléphone depuis Libreville.

« On a retrouvé des substances toxiques dans leur estomac, est-ce un suicide collectif ou autre chose ? Nous cherchons encore les réponses », a-t-il ajouté, précisant que l'enquête allait se poursuivre. Un des prisonniers a été transféré jeudi matin à l'hôpital, mais il « va beaucoup mieux » et a finalement rejoint « les treize autres prisonniers encore en vie qui vont très bien », a assuré le ministre.

Un millier de djihadistes tués en une semaine

Ces prisonniers avaient été arrêtés lors de la vaste opération lancée par le président tchadien Idriss Déby Itno fin mars contre les groupes djihadistes qui multiplient les attaques sur le lac Tchad. Ils avaient été remis à la justice mercredi, avait annoncé le ministre tchadien de la justice Djimet Arabi. Ils devaient ensuite être auditionnés jeudi puis être jugés par une cour criminelle.

Baptisée Colère de Bohoma, l'opération militaire tchadienne, s'est déroulée du 31 mars au 8 avril. Selon l'armée, au moins 52 soldats tchadiens et 1 000 djihadistes ont trouvé la mort au cours de cette opération déclenchée pour venger l'armée tchadienne. Celle-ci avait été la cible d'une sanglante attaque le 23 mars d'éléments de Boko Haram contre l'une de ses bases, tuant une centaine de ses soldats. La pire défaite jamais enregistrée en moins de 24 heures par cette armée réputée comme la plus efficace de la région. (selon AFP N'Djaména)

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22 avril 2020

L'histoire de Joseph Meister

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21 avril 2020

Chine : à l'ombre du virus

Les sulfureux marchés de Wuhan rouvrent

wuhanLes marchés de rue ont rouvert à Wuhan, malgré une réputation sulfureuse qui leur vaut des appels à la fermeture depuis l'étranger, quatre mois après l'apparition du Covid-19 dans la cité du centre de la Chine.

L'épidémie, qui a tué plus de 125.000 personnes dans le monde, semble largement endiguée dans le pays après la mise sous cloche de Wuhan et de ses 11 millions d'habitants du 23 janvier au 8 avril.
De l'avis des experts, le nouveau coronavirus a fait son apparition fin 2019 dans un marché de la ville, où des animaux exotiques étaient vendus vivants. Le virus d'origine animale aurait pu y muter en se transmettant à l'homme.
Ce marché, du nom de Huanan, a été fermé le 1er janvier. Il est désormais caché derrière une longue palissade bleue.
Signe de l'inquiétude persistante qui règne à Wuhan une semaine après la levée du bouclage, des panneaux rappellent l'interdiction de la vente d'animaux sauvages et même de volaille vivante au marché Baishazhou, l'un des plus grands de la ville.
Dans les haut-parleurs, des messages proclament "la victoire" du pays contre le coronavirus.

"Protéger le monde"

Mais les affaires vont mal pour les commerçants, comme en témoignent les allées vides du marché, couvert d'un toit en tôle mais ouvert à tous les vents.
"Nous sommes maudits cette année, ça ne fait pas de doute", assure Mme Yang, une marchande d'épices. "Je n'ai jamais vu aussi peu de monde".
La commerçante, dont le chiffre d'affaires est en baisse d'un tiers par rapport à l'époque d'avant la quarantaine, s'insurge contre les critiques qui font des marchés de plein-air des foyers de maladies. "C'est une panique sans raison", affirme-t-elle à l'AFP.
Mme Yang a en réserve des flacons de désinfectant pour nettoyer son étalage plusieurs fois par jour, comme l'exige désormais la règlementation.
Dans trois marchés de la ville, une équipe de l'AFP a vu que des animaux vivants étaient toujours en vente: tortues, grenouilles, poissons ou crustacés, mais pas de volailles ou mammifères terrestres. 
A l'étranger, l'existence même de ces marchés inquiète, notamment en Australie, où le Premier ministre Scott Morrison a jugé leur réouverture "incompréhensible".
"Nous devons protéger le monde contre des sources potentielles d'épidémies par ce type de virus", a-t-il déclaré cette semaine à la télévision.
Aux Etats-Unis, le directeur du prestigieux Institut national des maladies infectieuses Anthony Fauci, a déclaré sur la chaîne Fox News que les marchés devraient être fermés "immédiatement". 

"Préjugés"

A Pékin, le quotidien nationaliste Global Times a volé mardi à la rescousse des marchés de rue, dénonçant des "préjugés" occidentaux et l'idée "ridicule" de les fermer.
Si l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé les Etats à interdire la vente d'animaux sauvages elle n'a en aucun cas plaidé pour la fermeture des marchés. 
A Wuhan, la plupart des commerçants interrogés par l'AFP assurent n'avoir jamais vendu d'animaux sauvages.
Mais au marché Tiansheng, deux vendeurs ont confié avoir dû cesser de vendre certaines espèces de grenouilles et de tortues à la suite du renforcement de la réglementation.  

Concurrence

Certains consommateurs assurent pour leur part rester fidèles aux bons vieux marché de rue.
"Leurs produits sont toujours frais", assure Mme Chen, 40 ans, qui dit apprécier aussi une marchandise "bonne et bon marché".
Les critiques sur le manque d'hygiène "sont tout simplement fausses", dit-elle.
Les Chinois plus jeunes tendent cependant à privilégier davantage les supermarchés. Selon une étude publiée l'an dernier par le cabinet iiMedia, la majorité de consommateurs disent désormais préférer le commerce en grandes surfaces.
"Il y a plus de choses en supermarché", justifie Jiang Yonghui, un Wuhanais âgé de 20 ans.

(selon Tahiti.infos)

20 avril 2020

Coronavirus: disparition en Espagne de l'écrivain chilien Luis Sepúlveda

Son nom est à ajouter à la liste des nombreuses victimes du Covid-19 en Espagne. L'écrivain chilien Luis Sepúlveda, 70 ans, avait été diagnostiqué positif fin février alors qu’il revenait de rencontres littéraires au Portugal. Hospitalisé à l’hôpital universitaire central des Asturies, à Oviedo, il est décédé ce 16 avril sur sa terre d'adoption.

chili3« Raconter, c'est résister », aimait à dire Luis Sepúlveda, qui avait fait sienne cette maxime d'un autre géant de la littérature latino-américaine, brésilien cette fois, João Guimarães Rosa. Un écrivain à l'unique roman, Diadorim, en contraste total avec l'œuvre foisonnante de Luis Sepúlveda.

Le coup de coeur du public français

Et il était sans doute l'écrivain latino-américain le plus lu en Europe. Son premier roman, Le vieux qui lisait des romans d'amour, publié en 1993, avait été un incroyable succès d'édition. « Sepúlveda était inconnu, même au Chili quand on a commencé à le publier, racontait son éditrice Anne-Marie Métailié. Et son succès, il le doit au public français, 36 000 avaient déjà été vendus quand le premier article sur lui a été publié ».

Les aventures de Antonio José Bolívar Proaño, le vieux qui lira des romans d'amour pour oublier la barbarie des hommes dans la jungle équatorienne, auprès des Indiens Shuars, où vécut un temps Luis Sepúlveda, a été traduit en plus de trente langues et fait connaître le Chilien dans le monde entier. En Italie, où les librairies réouvrent peu à peu depuis la mi-avril, Marilia Di Giovanni raconte à l'agence Agi que le premier livre qu'elle a vendu dans sa librairie de Syracuse e premier livre qu'elle a vendu est Le vieux qui lisait des romans d'amour", de Luis Sepulveda, l'écrivain chilien infecté par le coronavirus, raconte-t-elle à l'agence Agi...

Un écrivain voyageur

Les titres s'enchaînent, les succès et les prix aussi et certaines de ses oeuvres sont adaptées au cinéma. Avec un fil rouge. « Dans la littérature se reflète la position éthique de l'auteur, et je sais pour qui j'écris : l'immense foule des perdants », disait Luis Sepúlveda. Militant des jeunesses communistes, l'écrivain, né le 4 octobre 1949 à Ovalle, dans le nord du Chili, est emprisonné sous le régime de Pinochet et condamné à vingt-huit ans de prison.

Il passera deux ans et demi derrière les barreaux et sera libéré grâce à l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International, puis prend comme des milliers de Chiliens – après le coup d'État de 1973 – la route de l'exil. Luis Sepúlveda voyage à travers l'Amérique latine – Équateur, Pérou, Colombie et Nicaragua où il soutient la révolution sandiniste de 1979 – et finit par poser son sac en Allemagne – naturalisé Allemand, il n'a retrouvé qu'en 2017 sa nationalité chilienne – puis en France et enfin dans les Asturies, à Gijón, où il créera un salon de la littérature latino-américaine. Un écrivain voyageur familier aussi du Festival international des écrivains voyageurs organisé chaque année à Saint-Malo par Michel Le Bris.

« J'écris du côté gauche de la barricade »

Dénoncer les régimes autoritaires – La folie de Pinochet est un livre coup de poing –, donner la parole aux humbles, raconter et défendre la nature, autant de batailles au cœur de ses livres avec des personnages récurrents comme les baleines disparues du détroit de Magellan dans Le Monde du bout du monde ou L'histoire de la baleine blanche, son dernier livre paru chez Métailié qui mêle un conte traditionnel des peuples lafkenche du sud du Chili avec l'épopée de Moby Dick d'Herman Melville. Mais c'est la baleine qui raconte l'histoire, magique et triste !

Son oeuvre embrasse tous les publics, de 7 à 77 ans et mêle épopée - on y retrouve les accents de Francisco Coloane, autre conteur chilien-, fable politique et humour (parfois) noir comme dans L’ombre de ce que nous avons été, roman à tiroirs racontant les mésaventures de trois militants de gauche, trois pieds nickelés de retour dans leur pays après des années d'exil. « Je ne peux pas imaginer la littérature autrement que comme un acte de résistance contre tout ce que je trouve sale et injuste », disait Luis Sepúlveda. Résister toujours: l'écrivain avait soutenu les manifestations pour plus de justice sociale au Chili et, au micro d'Orlando Torricelli, de la rédaction en espagnol de RFI, avait demandé la démission du président Pinera.

Faire parler les baleines, les mouettes et les chats, rend le monde plus supportable. « Lire fait du bien », décidément. (de , journaliste à RFI)

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19 avril 2020

Le "renoncement aux soins" des Français inquiète

En pleine épidémie de Covid-19, beaucoup de Français ne se rendent plus dans les cabinets médicaux. La tendance, générale, se fait particulièrement sentir chez les spécialistes.

000C'est l'un des messages récurrents du ministère de la Santé : même en pleine crise de coronavirus, les malades doivent continuer à se faire soigner.

Malgré ces recommandations, les consultations ont baissé de 44% chez les médecins généralistes et de 71% chez les spécialistes depuis le début de la crise du coronavirus, selon des chiffres publiés jeudi 16 avril par la plateforme de prise de rendez-vous médicaux Doctolib. "La fréquentation des cabinets s'est effondrée depuis le début de l'épidémie", souligne Doctolib dans un communiqué, qui évoque "un phénomène massif de renoncement aux soins" depuis la mise en place du confinement.

Depuis le mois de janvier, le nombre de consultations dans les cabinets généralistes a ainsi reculé de 44%, selon des données internes de la plateforme médicale.

La baisse est encore plus forte chez les spécialistes (-71%), en particulier chez les chirurgiens dentistes (-95%), les masseurs-kinésithérapeutes (-96%) et les podologues (-96%). "Si la baisse d'activité chez les médecins s'explique clairement par l'hésitation à consulter dans la période, la situation observée chez les chirurgiens-dentistes, les masseurs-kinésithérapeutes et les podologues est différente: elle traduit la fermeture totale des cabinets", rappelle le communiqué.

Auditionné mercredi par la commission des affaires sociales du Sénat, le directeur de l'Assurance maladie Nicolas Revel a lui aussi fait état d'une forte baisse des consultations, de l'ordre de 40% pour les généralistes et de 50% pour les spécialistes. Face à cette situation, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé début avril avoir ouvert des négociations avec l'Assurance maladie pour permettre aux professionnels de santé libéraux de bénéficier d'"une compensation de perte de revenus".

Selon le patron de la Sécu, cet "accompagnement financier", toujours en cours de discussion, se fera "par voie d'ordonnance". Il dit par ailleurs espérer pouvoir "déclencher très rapidement un premier acompte, si possible fin avril, sinon tout début mai". (selon AFP)

18 avril 2020

Les hélicos de l’armée servent à transférer les malades

« Il est rare de mettre notre savoir-faire au profit direct de notre population. C’est une grande fierté », confie le lieutenant-colonel Raphaël, second du chef de corps du 1er Régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg.

h_licoDu 28 mars au 5 avril, son unité a transféré en Caïman, au départ de Moselle et d’Alsace, 48 patients atteints en réanimation. Au rythme effréné de trois vols par jour. Ce qui les a menés à Clermont-Ferrand, Grenoble ou Toulouse, mais aussi par-delà les frontières en Suisse, Allemagne et même Autriche. Le tout sans le moindre incident. Mais la prouesse est ailleurs. Dans la mise en œuvre en un temps record.

Travailler le maquettage

Déclenché le 26 mars, le 1er RHC a démarré le surlendemain. « Nous avions déjà imaginé pouvoir jouer un rôle. On avait évalué nos moyens et accéléré la maintenance de nos appareils. Il a fallu travailler le maquettage de nos Caïman. Nous avons bénéficié des compétences du groupement aéromobile de la section technique de l’Armée de Terre à Valence et des équipes spécialisées NRBC (Nucléaire, radiologique, biologique ou chimique) du 2e régiment de Dragons (Maine-et-Loire). Ils ont isolé la partie pilotage de la soute, protégé les endroits compliqués à désinfecter, et assuré la désinfection après chaque vol », expliquent le lieutenant-colonel Raphaël et le commandant Jean-Baptiste, chef du bureau opération instruction par suppléance.

Ce dernier, passé sous les ordres de l’État-Major de la zone de Défense Est, a été détaché auprès de l’État-Major interministériel de zone avec la Sécurité civile et le Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) pour coordonner au mieux les opérations demandées par l’agence régionale de santé. Elles nécessitaient parfois l’implication d’ambassades françaises à l’étranger : « Tout a pourtant été très fluide. »

Exploiter élongation et vitesse

Chaque rotation a duré à chaque fois six à huit heures : « Ce qui change, c’est que nous n’avons pas à nous focaliser sur l’ennemi. On peut pleinement exploiter l’élongation et la vitesse de l’appareil. » Un seul vol, sur Toulouse, a donné lieu à un ravitaillement rotor tournant de cinq minutes à Valence, pour ne pas couper l’électricité. Les autres ont tous été directs. En plus des trois militaires en cabine de pilotage, un personnel du service de santé des Armées, capable de parler à la fois le médecin et le militaire, prenait place dans la soute. Alors qu’un autre sécurisait l’opération. Un ou deux médecins et deux infirmiers du Smur accompagnaient les patients. Le 1er RHC est prêt à reprendre cette mission, en Grand Est ou dans d’autres régions, à tout moment, si son aide s’avérait nécessaire., selon Philippe Marque (Le Quotidien du Luxembourg)

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