Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

Publicité
12 juin 2021

Page blanche pour un programme

Décidément on voit de tout dans cette pseudo-campagne bien terne des élections départementales ! Pas même de réunions publiques  bien que Macron ait décrété enfin l'ouverture des salles, des cafés et des restaurants ! Nos vaillants candidats ont--ils encore peur de la covide-19 ou n'ont-ils rien de sérieux à présenter ?

On a déjà vu les propositions sans queue ni tête pour nos vallées du tandem Houlne-Bierry, voilà la présentation sans programme du tandem Fleury-Rebert-Lehmann, qui ne semble avoir aucune connaissance du canton où il se présente. Faut-il vraiment voter ? Attendons encore la présentation des candidats écolos, peut-être aurons-nous droit à un programme miracle.

fleury

Publicité
11 juin 2021

Corée du Nord : ce vêtement est à présent interdit

La Corée du Nord vient de bannir l’un des vêtements les plus populaires des années 2000 sous l’impulsion de son dirigeant Kim Jong-Un : le jean skinny.

cor_e

C’est une nouvelle étonnante et pourtant vraie qui fait les gros titres depuis quelques jours. En Corée du Nord, il est désormais interdit d’arborer tout un tas de signes faisant référence au lifestyle capitaliste. Dans la ligne de mire du leader aux pleins pouvoirs Kim Jong-Un ? Les jeans skinny qui seraient, selon lui, issus de la culture des pays ennemis, notamment les États-Unis. C’est donc une totale guerre contre le capitalisme et ce qui en découle qui a été amorcée depuis le 13 mai, date à laquelle a été publié un communiqué venant des hauts dignitaires du pays. On peut y lire : « L’Histoire nous a appris la leçon cruciale selon laquelle un pays peut devenir vulnérable et s’écrouler comme un mur humide, et ce, indépendamment de sa puissance défensive et économique, s’il ne s’accroche pas à sa propre culture et son propre style de vie.» Mais les jeans adorés des adolescents des années 2000 et des danseurs de tektonik ne sont pas les seuls marqueurs du « lifestyle capitaliste » à être prohibé. La coupe mulet, les tee-shirts de marque, les cheveux teints ainsi que les piercings au nez et aux lèvres sont désormais les ennemis jurés de la Corée du Nord.

Si cette loi nous semble incompréhensible, il s’agit en fait de tout un programme mis en place par le régime dans la « lutte sans compromis contre l’anti-socialisme ». Dans une lettre adressée aux organisations syndicales lors d’un meeting, on pouvait lire : « Cette application du non-socialisme est une bataille à mener coûte que coûte afin de défendre la pureté de la classe ouvrière ainsi que de garder solide la corde de sécurité de notre style de socialisme. » Derrière le simple retrait du jean skinny, se trament des enjeux plus graves.  (selon "Elle")

10 juin 2021

Coronavirus : Plus de 80 000 morts en Argentine

L'Argentine est aux prises avec une deuxième vague de l'épidémie de coronavirus depuis la mi-février qui pousse les hôpitaux près de la saturation et ses citoyens au désespoir.

argentine

L'Argentine est aux prises avec une deuxième vague de l'épidémie de coronavirus depuis la mi-février qui pousse les hôpitaux près de la saturation et ses citoyens au désespoir.

Vendredi en fin de journée, l'Argentine avait confirmé 80.411 décès dus à la maladie, et un total de 3,9 millions de cas pour une population de 45 millions d'habitants.

Le gouvernement s'est efforcé de trouver un équilibre entre les mesures de confinement et le maintien d'une économie déjà en difficulté, tout en menant une campagne de vaccination qui a mis du temps à démarrer et qui, selon les médecins, ne parviendra pas à faire baisser les taux d'infection avant plusieurs mois.

L'Argentine inocule à ses citoyens le vaccin russe Sputnik V, le vaccin d'AstraZeneca et le vaccin chinois Sinopharm.

Depuis le début de la campagne vaccinale, la veille de Noël de l'année dernière, le pays a procédé à 13,4 millions d'inoculations, mais seulement 3 millions de personnes environ ont reçu deux doses de vaccin. (Selon "Reuters")

9 juin 2021

Bierry - Sitzenstuhl, même combat

Unis pour l'Alsace, désunis pour le Centre-Alsace !

bierry2

Ils sont inscrits au même parti de droite, l'un a participé au lancement de campagne de l'autre, et pourtant, notamment à propos de la RN59 ils ne disent pas la même chose.

Pour Bierry, président du Conseil Départemental candidat du canton de Mutzig où vote le Val de Villé (au nom de l'alliance de la bière et du schnaps ?), c'est clair, la RN59 et le contournement de Châtenois vont se réaliser ! alors que pour son poulain Sitzenstuhl, la RN59 est un combat du passé (voir article de mon blog du 7/6/2021).

Et pas de chance pour Bierry qui annonce 11 millions d'€ pour cette route, alors que le même projet en 1999 était chiffré à 280 millions de Francs, soit plus de 40 millions d'€. A se demander si ce cher Fredo, parachuté de Mutzig-Schirmeck dans notre si belle vallée, parle de la même route ? Et d'ailleurs, contrairement à son frère de parti, il ne parle pas de la RD424. C'est sûr, avec de telles divergences, les contrats de plan de 1999 et autres DUP n'auront encore pas abouti à la fin de leurs mandats... où ils demanderont à leurs électeurs d'être reconduits ?

bierry

Extrait d'un tract du tandem Bierry - Houlne

8 juin 2021

Sénégal : un sujet de bac autour de l'homosexualité provoque un tollé

Un agent de l’Éducation nationale a été relevé de ses fonctions après une polémique sur un sujet de bac blanc autour de l’homosexualité. Des élèves de terminale de l’Académie de Rufisque, près de Dakar, ont planché la semaine dernière sur un texte de l’écrivain américain Armistead Maupin, lui-même militant des droits LGBT. Le choix de ce sujet a fait polémique, dans un pays où l’homosexualité est réprimée. Des défenseurs des droits des homosexuels s’inquiètent d’une progression de l’homophobie.

Il avait présenté des « excuses ». Dans une vidéo, l’agent du Centre régional de formation des enseignants à Rufisque a expliqué avoir transmis le sujet « par mégarde ». 

homo1

Dans ce texte sous forme de lettre, le narrateur, Michael, révèle son homosexualité à sa mère. Parmi les questions de l’épreuve d’anglais proposée aux futurs bacheliers : « êtes-vous pour ou contre l’exclusion sociale des homosexuels au Sénégal ? »

L’affaire a provoqué un tollé. Des responsables religieux, syndicaux, des parents d’élèves ont dénoncé une « tentative de promotion de l’homosexualité à l’école ». L’épreuve a été retirée. Le ministère de l’Education a donc pris des sanctions, en rappelant : « les programmes (…) demeurent scrupuleusement adossés à nos valeurs et croyances ».

Une polémique qui intervient après une mobilisation le 23 mai dernier pour réclamer la « criminalisation » de l’homosexualité au Sénégal, où la loi prévoit des peines allant jusqu’à 5 ans de prison pour « acte impudique ou contre nature avec un individu de même sexe ».

Dans ce contexte, le collectif de défense des droits des homosexuels baptisé « Free Sénégal » dénonce des discours de « haine » et une montée des agressions à l’encontre des personnes LGBT. « Des verrous démocratiques ont sauté » s’indigne le mouvement, qui déplore le silence des organisations de la société civile. (selon RFI)

Publicité
7 juin 2021

Charles Sitzenstuhl : à tomber de sa chaise

Les transports dans le Centre-Alsace vus par le candidat !

tomber

Décidément, on aura tout vu ! Des candidats qui veulent réguler les transports dans nos vallées, c'est pourtant du déjà vu, même pour l'efficacité. La presse locale a rendu compte récemment du programme du candidat Sitzensuhl, soutenu par Bierry, dans ce domaine !!! Et même sans jeu de mots c'est à tomber à la renverse.

Tout d'abord, nous lisons à propos de ce charmant sélestadien (qui ne sait pas situer nos vallées sur une carte ?) : "Pour celui qui aspire à prendre le relais de Marcel Bauer à la CEA, la RD424 sera « le sujet de la décennie, la RN59 étant celui de la décennie précédente »." Déjà le brave Marcel, dit "Sella" ne savait trop que dire à ce sujet, mais alors celui-là, il affabule : la RN59 sujet de la dernière décennie ! Il rêve : le débat de la RN59 est engagé sans avancée significative, mis à part quelques travaux ayant provoqué un réveil de querelles entre maires de Sélestat et de Châtenois, depuis 1965, puis relancé en 1976, puis encore en 1991, puis en 1998, puis plus rien. Il aurait dû dire "sujet du dernier siècle". Et à ce rythme, peut-être l'aménagement sera-t-il terminé vers 2099, en un temps où l'homme aura déjà marché et construit des routes sur la planète Mars.

tomber1

Autre farce avancée par nos vaillants candidats amenant le lecteur des vallées à tomber à la renverse : "D’autre part, Catherine Greigert et Charles Sitzenstuhl militeront – avec Frédéric Bierry, candidat à Mutzig – pour la réouverture de la ligne ferroviaire entre Lièpvre, La Vancelle, Châtenois et Sélestat « utilisée pour le fret jusqu’à il y a 4-5 ans. C’est un projet typique qui concerne communes, intercommunalités, entreprises, où les élus de la CEA doivent être les coordonnateurs », conclut l’élu sélestadien." Mais où ces trains vont-ils s'arrêter pour permettre aux voyageurs de monter ou descendre, ou même d'acheter leur billet, sachant que la SNCF a vendu il y a bien longtemps les anciennes gares ? Va-t-on en construire des nouvelles du côté du Hahnenberg, du Frankenbourg... et peut-être même du Schaentzel ?

Espérons que ces braves candidats viendront s'expliquer à des réunions publiques (malgré le covide ?), car certains citoyens des vallées sont intéressés par connaître leurs arguments. Mais au fait, ces deux routes seront-elles inscrites au contrat de plan qui débute fin 2021 ? Rappelons que la RN59 est inscrite à ce genre de contrat, qui vaut autant que certaines promesses électorales, depuis 1999.

rn59_1

6 juin 2021

La route du schnaps

 distillerie3

distillerie

distillerie_2

distillerie_1

5 juin 2021

Vacances en Espagne

Test, quarantaine… Tout ce qu'il faut savoir avant de partir

espagne

Destination préférée des Français pour les vacances estivales, l'Espagne veut rouvrir grand ses portes aux touristes cet été. Pour cela, les exigences sanitaires à l'entrée sont réduites au minimum. Sur place, le pays a retrouvé un semblant de «vie d'avant».

QUELLES CONDITIONS D'ENTRÉE ?

Seul un test PCR négatif effectué moins de 72 heures avant l'arrivée est demandé pour entrer sur le territoire espagnol, sauf pour les enfants de moins de 6 ans. Les passagers se rendant dans le pays par avion doivent en complément remplir un formulaire. Il leur permettra d'obtenir un QR code qui leur sera demandé pour passer le contrôle sanitaire à l'aéroport d'arrivée. Aucune mise en quarantaine n'est exigée.

A partir du 7 juin, les voyageurs étrangers entièrement vaccinés seront exemptés d'obligation de test. Dès cette date, l'Espagne accueillera «toutes les personnes vaccinées» quel que soit leur pays d'origine, a annoncé le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez vendredi 21 mai. Ils devront présenter un certificat de vaccination, réalisée avec l'un des vaccins autorisés par l'Agence européenne des médicaments (EMA) ou l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les autres devront toujours se soumettre à un dépistage nasopharyngé avant l'arrivée.

QUELLES RESTRICTIONS SUR PLACE ?

Sur place, la vie a repris son cours quasi normalement. L'état d'urgence a été levé le 9 mai dernier, signifiant notamment la fin du couvre-feu dans la plupart des régions (excepté les Baléares et la région de Valence, où il reste en vigueur de 23h à 6h). Le masque reste obligatoire dans les espaces publics, à l'intérieur comme à l'extérieur. Les restaurants, bars, commerces et lieux culturels sont ouverts, et les rassemblements autorisés, mais avec des restrictions en termes de jauges ou d'horaires, différentes en fonction des régions.

QUELLE SITUATION SANITAIRE ?

Après une nouvelle vague épidémique particulièrement virulente au mois de janvier, la situation sanitaire en Espagne s'est calmée. Aujourd'hui, en moyenne, le pays recense environ 5.000 nouveaux cas de Covid-19 chaque jour (contre 12.000 en France) et 40 décès (115 en France). La campagne de vaccination est légèrement plus avancée qu'en France, avec 36 % de la population ayant reçu au moins une dose (35 % en France), dont 17 % est complètement vaccinée (15 % en France).

QUELLES OBLIGATIONS AVANT LE RETOUR EN FRANCE ?

A noter qu'avant leur retour dans l'Hexagone, les voyageurs français ayant séjourné à l'étranger, par exemple en Espagne, doivent effectuer un test PCR. Il doit être réalisé moins de 72 heures avant le trajet retour. En Espagne, le tarif moyen pour se faire dépister tourne autour des 100 euros. Il est possible de se faire rembourser 50 euros, soit le plafond indiqué par l'Assurance maladie sur son site, soit en présentant sa carte européenne d’Assurance Maladie (CEAM) au moment du test, soit en complétant un formulaire à son retour en France. (selon C-News)

4 juin 2021

La Redoute : mis à pied pour avoir mangé une clémentine

Le salarié gagne en appel !

La_Redoute

Dans cette affaire qui a duré quatre ans et a donné lieu à deux procès, la pomme de discorde a pris la forme d'une clémentine. 

Un préparateur de commande de La Redoute près de Lille, dont la mise à pied pour avoir mangé une clémentine à proximité de son poste de travail avait été validée par les prud'hommes, a finalement gagné en appel, selon un arrêt consulté samedi par l'AFP.

Dans sa décision du 28 mai, la chambre sociale de la cour d'appel de Douai a annulé la sanction, la jugeant "disproportionnée au regard des faits qui lui sont reprochés, dès lors qu'aucune autre sanction ne lui avait été infligée et qu'il bénéficie d'une ancienneté remontant à septembre 2004".

Elle reconnaît que le salarié, également délégué CGT, "n'a pas respecté les consignes qui lui ont été données par ses responsables hiérarchiques en matière d'hygiène, que les faits sont avérés et que la sanction était légitime". "Cependant le règlement intérieur prévoit une échelle des sanctions faisant apparaître la mise à pied disciplinaire en seconde position après l'avertissement et juste avant la mutation disciplinaire", ajoute-t-elle, condamnant l'entreprise à payer 77,53 euros de rappel de salaire et congés payés.


Le 7 novembre 2017, Smaïl Bella se levait à 04h30 pour prendre son poste au site de logistique de Wattrelos à 06h00. Vers 09h00, il s'est reculé de son poste de "picking" - lieu où les salariés alignés sur une chaîne de production prennent les marchandises et les scannent pour les envoyer aux clients - pour manger une clémentine en dehors du temps de pause, avant de poser les épluchures près de son poste, ce qui pouvait détériorer les articles selon la direction. Repéré par l'agente de maîtrise, il est mis à pied une journée.

Il avait contesté cette sanction auprès des prud'hommes de Roubaix, qui avait donné raison à la direction le 15 novembre 2019.

La direction soulignait que le règlement intérieur interdisait toute nourriture au poste de travail, et rappelait aussi que Smaïl Bella avait eu un rappel à l'ordre deux mois plus tôt, pour être allé chercher des sucreries sans prévenir. (selon AFP)

3 juin 2021

Réfugiés syriens en exil dans un pays qui ne veut pas d’eux

Au Liban, les Syriens sont confrontés à un racisme ordinaire qui rend leur intégration extrêmement compliquée.

danemark

« Enta Souré ? (Tu es Syrien ?). Cette phrase, que j’entends tous les jours, a fini par me hanter. » Originaire de Zabadani, à la frontière libanaise, Ahmad est arrivé au Liban en 2014 pour fuir la répression du régime syrien. « Je me suis fait arrêter à un check-point car mon porte-clés avait le sigle de l’Armée syrienne libre (ASL). J’ai été battu et maltraité pendant près d’un mois dans un commissariat. Une fois sorti, j’ai quitté la Syrie pour le Liban illégalement. » Il débarque dans le camp palestinien de Bourj al-Brajné pour rejoindre son cousin et sa famille. « Durant mes premières semaines au Liban, l’adaptation à ce nouvel environnement a été particulièrement difficile. Ici, on nous fait clairement comprendre que nous ne sommes pas les bienvenus, dans les transports, dans les administrations et les magasins », explique le jeune homme de 27 ans à l’allure frêle. Pour fuir la violence du régime ou plus généralement la guerre, plus d’un million de Syriens ont afflué vers le Liban, qui n’a pas fermé ses frontières durant les premières années du conflit et qui constituait pour beaucoup la porte de sortie la plus simple. « Au moins ici, on parle l’arabe, pas comme en Turquie où il faut apprendre la langue avant de pouvoir travailler », dit Ahmad.

 Six cent mille Syriens vivaient déjà au Liban avant la guerre, selon les Nations unies. Beaucoup d’entre eux travaillaient dans le secteur du bâtiment, constituant une main-d’œuvre bon marché pour les entrepreneurs immobiliers libanais. « Mon cousin qui habitait au Liban depuis quelques années a réussi à me faire travailler avec lui et son “mouallem” (maître de chantier) pour une paye ne dépassant pas les 20 000 livres libanaises par jour », poursuit Ahmad qui, comme de nombreux jeunes Syriens, a dû se résoudre à travailler dans ce secteur pour subvenir à ses besoins. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 865 331 réfugiés syriens étaient enregistrés au Liban en décembre 2020 sur les registres de l’ONU. Ceux-ci bénéficient d’une enveloppe de 400 000 LL par mois, transférés par le HCR, et 100 000 LL supplémentaires par personne et par mois fournis par le Programme alimentaire mondial. Mais de nombreux réfugiés, surtout les jeunes hommes, ne voient pas l’utilité de s’enregistrer, ce qui fait que les chiffres réels seraient beaucoup plus élevés (aux alentours d’un million cinq cent mille). Chaque année, entre 1,2 et 1,5 milliard de dollars sont alloués pour gérer l’afflux massif des réfugiés au Liban. Dans un pays ayant déjà une histoire compliquée avec la Syrie et où le racisme antisyrien est prégnant, cette crise a provoqué un vif ressentiment d’autant que le conflit syrien a eu un impact économique important sur le Liban dont la croissance est passée de 8,5 % en 2010 à 1,5 % en 2012.

Ne feraient-ils pas la même chose pour sauver leur peau ?

Farah, réfugiée syrienne au Liban depuis 2017, est originaire de la région de Aïn Arab (Kobani), à quelques kilomètres de Jarablos, jouxtant la rive est de l’Euphrate. Sa région a été prise dans un premier temps par les Forces démocratiques syrienne (FDS) – dominées par les combattants kurdes et soutenues par les Occidentaux – et plus récemment, à la fin de l’année 2019, l’armée syrienne et les Russes s’y sont déployés. Après la bataille féroce contre l’État islamique (EI), les FDS refusent le retour des populations arabes sunnites accusées de connivence avec le groupe jihadiste. Farah ne peut plus rentrer chez elle. « Mon mari est un gardien d’immeuble et il vit au Liban depuis les années 2000. Nous avons franchi la frontière de nuit quelque part dans le Akkar. À notre arrivée, les Syriens installés dans notre quartier nous ont beaucoup aidés. Ils nous ont donné des couvertures, des matelas... cet élan de solidarité, je ne l’oublierai jamais », dit-elle. Cette mère de quatre enfants a été également confrontée au racisme le plus ordinaire. « Ici nous vivons reclus. Il nous est très difficile de nous déplacer sans carte de séjour. Nombreux sont nos amis qui se sont fait arrêter par l’armée à des check-points et sont détenus pendant parfois de longues semaines », raconte-t-elle avec inquiétude. « Nous comprenons le ressentiment des Libanais envers les Syriens. Mais je leur demande en retour de nous comprendre, ne feraient-ils pas la même chose pour sauver leur peau et celle de leur famille ? » Le Liban n’a pas accepté de créer des camps de réfugiés à proprement parler comme proposé par les organisations internationales au début du conflit. Les implantations de réfugiés syriens ont été faites de manière chaotique, augmentant les obstacles pour acheminer de l’aide aux réfugiés dans le besoin.

80 % veulent partir

La fille aînée de Farah, Aya, a 12 ans. Ses premières années de vie ont été bercées par les raids aériens et le bruit des bombes. Sa mère se souvient que lorsqu’ils sont arrivés au Liban, la vue d’un militaire ou d’une personne en arme provoquait chez elle des crises de panique. Cette petite fille n’a quasiment jamais été à l’école. Au Liban, le programme des Nations unies pour l’intégration des enfants syriens dans le système scolaire a été limité par la dissémination des réfugiés sur l’intégralité du territoire. D’autre part, le programme scolaire libanais proposé aux réfugiés en français ou en anglais a démotivé de nombreux élèves qui n’arrivaient pas à suivre le contenu des cours, sans un soutien possible des parents. Selon l’Unicef, sur les 488 000 enfants syriens en âge d’aller à l’école au Liban, plus de la moitié ne sont pas scolarisés.

 Si 80 % des Syriens présents au Liban disent vouloir rentrer dans leur pays, selon les Nations unies, la situation économique et la victoire du régime syrien et ses alliés russe et iranien n’offrent pas une conjoncture favorable pour un retour en sécurité. De nombreux jeunes refusent également de rentrer pour ne pas à avoir à effectuer leur service militaire. Le HCR estime que 66 000 Syriens ont quitté le Liban pour rentrer en Syrie depuis 2016, ce chiffre ne prenant en compte que ceux qui ont fait une démarche officielle. Selon l’organisation onusienne, ils seraient bien plus nombreux. Alors que les retours s’étaient accélérés depuis la crise économique au Liban, la crise sanitaire et la fermeture des frontières entre le Liban et la Syrie a interrompu cette dynamique. Farah souhaiterait rentrer en Syrie, mais cela lui est impossible d’un point de vue financier pour l’instant. « Nous sommes cinq, moi et les quatre enfants. Pour rentrer, il nous faut tous un test PCR valide, ce qui équivaut à 500 000 LL. Puis l’État syrien demande 100 dollars par personne pour pouvoir passer la frontière légalement. Le chauffeur demande au moins 500 000 LL. Mon mari gagne 1 million de livres par mois et cela nous suffit à peine pour survivre. » Depuis l’été 2020, le régime a émis un décret contraignant les ressortissants syriens à échanger 100 dollars dès leur entrée dans le pays, par voie terrestre ou aérienne, contre l’équivalent en livres au taux officiel. Depuis plus d’un an, les réfugiés Syriens ont subi de plein fouet les répercussions économiques de la crise qui a frappé le Liban. Selon le HCR, neuf Syriens sur dix vivent aujourd’hui dans l’extrême pauvreté au Liban, une augmentation nette de 39 % juste pour l’année 2020. (selon "L'Orient, le jour")

Publicité
Publicité
Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER
Derniers commentaires
Publicité
Archives
Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER
Visiteurs
Depuis la création 2 280 598
Publicité