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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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8 mars 2022

Le 4 novembre 1956 : les chars soviétiques entrent dans Budapest

Il y a 66 ans les troupes russes envahissaient la Hongrie pour réprimer brutalement l'insurrection du pays, qui revendiquait sa liberté et son émancipation.

budapestDes chars, du sang, la liberté confisquée. Le 4 novembre 1956 à l'aube, une vaste offensive soviétique est lancée pour écraser «la révolution hongroise» qui a débuté mi-octobre. L'artillerie pilonne Budapest, 1.500 chars russes entrent dans la capitale. C'est le début d'une répression terrible, sanglante, qui conduira à l'anéantissement des aspirations d'indépendance et de liberté du peuple hongrois.

Tout a commencé parune immense manifestation  étudiante à Budapest le 23 octobre 1956. Les revendications de la jeunesse sont au départ simplement réformistes. Mais le mouvement, rejoint par les ouvriers et les intellectuels, devient une révolte nationaliste et anti-communiste: le peuple rejette la tutelle soviétique. En effet depuis 1955 et la signature du Pacte de Varsovie, une alliance militaire défensive entre l'U.R.S.S. et sept états communistes-, des troupes soviétiques stationnent en Hongrie. Et surtout les insurgés contestent l'intervention de Moscou dans la vie politique du pays. Comme ce fut le cas en avril 1955 lorsque le premier ministre, Imre Nagy, est démis de ses fonctions en raison d'une politique jugée trop libérale.

L'illusion de la victoire

En quelques jours l'insurrection balaie le régime des Staliniens en place. Sous la pression populaire Imre Nagy revient au pouvoir. Il doit rétablir les libertés fondamentales et mettre en place une démocratie parlementaire. Pendant une dizaine de jours les chars soviétiques interviennent épisodiquement, donnant l'illusion de ne pas prendre parti dans les affaires intérieures hongroises. Les blindés se retirent même de la capitale le 1er novembre. Mais lorsque Imre Nagy constitue un gouvernement d'union nationale, annonce que son pays quitte le Pacte de Varsovie, déclare la neutralité de la Hongrie et le souhait de négocier le retrait des troupes russes, c'est inacceptable pour le Kremlin. Le point de non-retour vient d'être franchi.

Une répression féroce

À 4 heures du matin, ce funeste dimanche 4 novembre 1956, les troupes soviétiques lance l'offensive générale sur Budapest. Le premier obus tombe sur la banlieue ouvrière de la capitale, Csepel-la-Rouge. C'est une attaque massive, sanglante. La ville est sous le feu de l'artillerie, de l'infanterie et de nombreuses divisions de blindés. Les troupes hongroises sont vite en difficulté. Mais les Budapestois se battent héroïquement: les combats de rues font rage, la population attaque les chars derrière les barricades, depuis les immeubles. Le sang coule. En quelques heures, la ville est occupée, les points stratégiques sont sous contrôle, les communications coupées.

Des S.O.S. lancés au Monde

budapest1Peu après le début de l'intervention soviétique, le Premier ministre Nagy prononce un vibrant discours sur Radio-Budapest: «Ici, Imre Nagy, président du conseil des ministres de la République populaire hongroise. Aujourd'hui à l'aube, les troupes soviétiques ont lancé une attaque contre notre capitale dans l'évidente intention de renverser le gouvernement démocratique hongrois légal. Nos troupes se battent. Le gouvernement est à son poste. J'en informe le peuple du pays et l'opinion publique mondiale». Il lance plusieurs appels aux secours à la communauté internationale, radiodiffusés en différentes langues. Mais le monde reste sourd. Aucun pays n'intervient directement contre l'U.R.S.S. L'Ouest tourné vers la crise du Canal de Suez qui se déroule au même moment, se contente de protestations verbales.

La liberté emprisonnée

Un nouveau «gouvernement révolutionnaire ouvrier et paysan» est instauré par les Soviétiques le jour même. Il est dirigé parJanos Kadar, premier secrétaire du parti communiste hongrois. Le nouveau dirigeant referme les frontières du pays: le «rideau de fer tombe». Le bilan humain de ce drame hongrois s'élèverait entre 1.800 et 2.000 personnes tuées à Budapest.

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7 mars 2022

Baeckeoffe sans terrines

Décidément, à Villé, il arrive qu'on marche sur la tête, et quand on commence on a du mal à s'arrêter. L'histoire (ou l'addition de plusieurs petites histoires) tend à le prouver.

b_ckeoffeAinsi, l'histoire commence d'une façon inédite : un restaurateur-traiteur de la place a une commande de 20 parts de bäckeoffe à honorer pour un client habitant dans la commune.

A son arrivée à Villé il y a quelques années il déclarait à la presse : "« Nous ne prétendons pas faire de la cuisine de grands chefs alsaciens. Mais selon les demandes de nos clients, nous ferons certainement de la choucroute ou du baeckeoffe. »

Oui, mais voilà, premier accroc, trois ans plus tard il ne possède toujours pas de terrines. Le personnel n'a qu'à se débrouiller ! Et ça marche, une jeune apprentie venant d'être embauchée récupère même deux terrines auprès de sa grand'mère... pour deux ou trois jours !

Et là, premier accroc ! Au bout de trois semaines, les terrines ne sont toujours pas restituées à leur propriétaire.

Le grand-père, qui sent à juste titre la moutarde lui monter au nez, se déplace donc à plusieurs reprises chez le traiteur pour récupérer le bien de son épouse. Peine perdue et les fausses explications se multiplient :

- Premier déplacement (au bout de 10 jours) chez le traiteur : "Le client n'a pas encore rendu le matériel !"

- Deuxième déplacement (au bout de 15 jours) : Le patron n'est pas au courant ! Selon un salarié qui semble un peu plus informé  : "Le client, en vacances, aurait emmené le matériel en Haute-Savoie" (pour faire goûter des amis à la bonne cuisine alsacienne ?)

- Le même jour : Coup de téléphone dans l'entreprise du "client" : "Le matériel va être rendu le jour même au traiteur !"

- Rien ne revenant malgré ces promesses, nouveau déplacement du grand-père chez le traiteur (au bout de 21 jours) : "Les terrines n'ont toujours pas été restituées, le client est encore en vacances." Pourtant ce client a été vu par le personnel de son entreprise ! Le grand-père commence à se poser la question : "Qui ment dans cette affaire ? et pourquoi ?"

- Le lundi suivant, rencontre entre les grands-parents et le client ayant loué les terrines : elles ont déjà été rendues au traiteur ! Quel farceur ce traiteur ! Les terrines n'étaient donc pas en Haute-Savoie !

- Et le mardi matin, ce cher traiteur rend enfin deux terrines aux grands-parents ! Oui mais voilà, ce ne sont pas les leurs !

Et au passage, le client avait fourni une bouteille de vin à offrir aux grands-parents lésés. Celle-ci est restée coincée chez le traiteur : le grand-père n'a apprécié... qu'avec modération (ce qui est recommandé pour la consommation d'alcool).

- Dernier épisode, ce vendredi : curieusement, c'est la patronne qui se fâche, interpelle les grands-parents dans la rue et les menace de porter plainte devant les tribunaux pour harcèlement. Sans blague ? Qu'elle demande donc à l'ancien maire de Villé combien coûte une telle démarche.

Une vraie histoire belge ! La prochaine fois, le brave client commandera des cornets de frites !

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6 mars 2022

Bob Denard, mercenaire français

Un exemple pour les "groupes Wagner" de Poutine

bobRobert Denard, dit Bob Denard, né le 7 avril 1929 à Bordeaux et mort le 13 octobre 2007 à Pontault-Combault en Seine-et-Marne, est un mercenaire français. Il est impliqué dans de nombreux coups d'Etat en Afrique de la période des indépendances vers 1960 jusqu'en 1995.

Robert Denard est fils d'un militaire (Léonce Denard) des troupes coloniales. À 16 ans, en octobre 1945, il s'engage dans la marine. Breveté matelot mécanicien, il part ensuite comme volontaire pour l'Indochine en tant que matelot seconde classe. Les modalités de son passage de la spécialité de mécanicien à celle de fusilier marin restent inconnues. Devenu quartier-maître dans les fusiliers marins en Indochine, il quitte l'armée en 1952 après une altercation dans un bar et accepte une place de conducteur d'engins et de mécanicien au Maroc. Il entre ensuite dans la police de ce pays qui se trouve toujours sous protectorat français. Accusé d'avoir participé à un complot pour assassiner le Président du Conseil Pierre Mendès-France, Bob Denard passe 18 mois en prison.

À partir des années 1960, il intervient dans les tumultueux conflits post-coloniaux. Il participe à des opérations militaires impliquant des mercenaires au Yemen, en Iran, au Nigeria, au Bénin, au Gabon (où il est instructeur de la garde présidentielle), en Angola en 1975, au Cabinda en 1976, au Zaïre et aux Comores.

De 1960 à 1963, il sera l'un des chefs des « affreux » de l'Etat du Katanga soutenant Moïse Tschombé qui vient de déclarer l'indépendance du Katanga, une ancienne province du Congo belge, le 11 juillet 1960. Il s'est notamment distingué en faisant défiler tous ses officiers, qu'ils soient noirs ou blancs, dans une stricte égalité (jusque-là, les blancs passaient en premier). Le 21 janvier 1963 lors de la chute de Kolwezy et de la défaite des mercenaires, ces derniers se réfugient en Angola avec l'accord du régime portugais. Ils seront rapatriés en France où ils seront accueillis par les gendarmes.

Puis, il part d’août 1963 à la fin 1964 pour le Yemen7 avec 17 mercenaires, dont les célèbres Roger Faulques et Jacques Frezier, anciens officiers parachutistes de la Légion étrangère, dans la 1re armée royaliste, financée par l'Arabie saoudite, contre les républicains soutenus par 40 000 soldats égyptiens envoyés par Nasser.

Bob Denard revient fin 1964 dans l'ex-Congo belge, à la tête du 1er choc qu'il met sur pied le 22 février 1965. En recrutant des mercenaires européens ainsi que des Katangais, il forme une petite troupe qui prend le surnom de « Katangais ». Elle contribue à la victoire sur les rebelles communistes menés par Gbenie, Soumialot et Mulele, largement due au colonel Schramme et à son Bataillon Léopard. Jean Schramme, instructeur et commandant du « Bataillon Léopard » où il atteint le grade de colonel, décrit Bob Denard comme un lâche et un irresponsable qui n'a jamais fait partie du Bataillon Léopard. Ses erreurs de commandement seraient à l'origine de lourdes pertes dans les rangs des mercenaires qu'il dirigeait.

Il est recruté en 1970 par le roi du Maroc, Hassan II, pour renverser le régime de Kadhafi en Libye. Deux cents hommes acheminés de Sicile préparent un débarquement sur les côtes libyennes mais l'opération est soudainement annulée par Rabat.

L'homme fort des Comores

bob1Denard intervient une première fois dans la république des Comores décidé de son indépendance à hauteur de 95 % des voix.

En janvier 1977, il échoue dans une tentative de coup d'Etat destinée à renverser le régime de la république populaire du Bénin. Il est ensuite pressenti en 1977 pour déstabiliser le régime des Seychelles.

La même année, lors d'une rencontre avec Ahmed Abdallah, réfugié en Afrique du Sud et au renversement duquel il avait participé, Bob Denard propose de l'aider à retrouver son fauteuil de président, avec le feu vert des puissances concernées. Le plan initial prévoit d'utiliser un appareil sud-africain décollant de Rhodésie, mais doit être abandonné en raison du refus du Mozambique de laisser utiliser son espace aérien. Le 13 mai 1978, Bob Denard débarque donc aux Comores à bord d'un ancien navire océanographique avec 43 hommes pour renverser le régime marxiste révolutionnaire de Soilih et rétablit alors Ahmed Abdallah au pouvoir. Ali Soilih est exécuté d'une balle dans la tête à le 29 mai 1978 à l'issue de ce qui est présenté comme une tentative d'évasion.

Bob Denard s'occupe dès lors d'organiser une garde présidentielle forte de 600 Comoriens encadrés par une poignée d'officiers européens. Cette unité entre en concurrence avec les forces armées comoriennes. Il se marie sur place, se convertit à l'islam, s'occupe de développement (construction de routes, ferme de 600 ha à Sangali, etc.). Son autorité est alors incontestée. Il se tourne également résolument en direction de l'Afrique du Sud pour trouver le soutien, notamment financier, dont il a besoin. La république fédérale islamique des Comores devient le centre d'un réseau parallèle qui permet à l'Afrique du Sud, sous embargo international, de se fournir en armes. Elle sert également de base logistique à l'Afrique du Sud pour ses opérations militaires contre les pays africains qui lui sont hostiles : le Mozambique et l'Angola. De son côté, le régime de l'apartheid règle depuis 1989 les soldes des membres de la Garde présidentielle.

Jusqu'à la mort d'Abdallah, dont il est chargé de la sécurité, et même si ses apparitions publiques se font très rares après 1985, Denard joue en coulisses un rôle considérable dans la vie publique comorienne. Il est surnommé le « vice-roi des Comores » et règne de facto pendant 10 ans sur l'archipel.

Avec le soutien de l'Afrique du Sud, il forme un corps de mercenaires appelé à intervenir à la demande de Pretoria ou de Paris. Celui-ci sera déployé seulement au Tchad, en 1981-1982, pour appuyer la rébellion de Hissène Habré.

En 1989, Ahmed Abdallah signe un décret donnant l'ordre à la Garde présidentielle, dirigée par Denard, de désarmer les forces armées pour cause de coup d'État probable. Quelques instants après la signature du décret, un officier des forces armées serait entré dans le bureau du président Abdallah et l'aurait abattu, blessant également Bob Denard. Blessé, impopulaire et accusé de meurtre, il négocie son départ pour l'Afrique du Sud.

Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1995, Denard renverse le nouveau président comorien Mohamed Djohar (élu en 1990) avec une trentaine d'hommes débarqués en Zodiac avec son protégé Sauveur Farina, tireur d'élite, ainsi que le lieutenant Blancher Christophe, son pilote privé arrivé quelques heures plus tôt, il avait pour mission d’exécuter plusieurs navettes entre l'île de Mohéli et l'île de la Grande Comore, personne à ce jour ne connait exactement la véritable mission du lieutenant Blancher et de ses multiples rotations entre les îles à bord de son Cessna 172. Bob Denard ouvre aux journalistes le vieil aéroport de Moroni et son camp retranché de Kangani pour éviter l'intervention de 600 hommes des forces françaises (GIGN, commandos Marine de Djibouti, 2e RPIMa). Cerné, il négocie une amnistie pour les insurgés avant sa reddition et la préparation de son procès.

bob2Participation au génocide du Rwanda

Contacté par le gouvernement hutu en 1994, malgré les réserves de la DGSE qui tente de le dissuader d'intervenir dans le camp du génocide, Bob Denard dépêche des hommes pour certaines missions. Si ses agissements restent assez méconnus, il reçoit au moins un versement de plus d’un million de francs par chèque bancaire.

De retour en métropole, il se retire dans le  Médoc, où il rêve de construire un musée de la décolonisation. En 1999, Bob Denard s'installe à Chennevières-sur-Marne. Il s'y remarie le 21 mai 2005.

Il doit cependant faire face à de nombreuses procédures judiciaires ainsi qu'à des ennuis d'argent et de santé.

Plusieurs journalistes ont essayé de le rencontrer quelques années avant sa mort, pour lui demander des informations sur sa vie, afin d'en faire un livre. Au début, il refusa de les voir, estimant être capable de rédiger ses mémoires seul, dans lesquels il promettait de nombreuses révélations. Mais il fut progressivement gagné par la maladie d'Alzheimer, qui rendit confuse sa mémoire sur les événements passés.

Il meurt le 13 octobre 2007 dans le dénuement le plus total, d'un arrêt cardiaque, emportant avec lui une partie de ses secrets et sans jamais avoir été emprisonné.

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5 mars 2022

Le groupe paramilitaire Wagner

Très instructif : "la méthode Poutine"

 

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4 mars 2022

500 soldats français en Roumanie et 200 en Estonie

Si l'envoi de troupes en Ukraine ne semble pas à l'ordre du jour, la France déploie des soldats dans les pays voisins de l'État dans le cadre des missions de l'Otan, a appris BFMTV de l'Élysée à l'issue du sommet de l'OTAN.

amx10Mi-mars, un groupement tactique de 500 soldats et leur matériel, vraisemblablement des chars blindés de type AMX 10 et des Griffons, vont être déployés en Roumanie, État-membre de l'Otan qui partage plusieurs centaines de kilomètres avec l'Ukraine.

Début mars, ce seront 200 soldats d'infanterie de montagne qui seront déployés en Estonie, également État-membre de l'Otan. Limitrophe de la Russie, ce pays est séparé par la Lettonie et la Biélorussie de l'Ukraine. L'armée de l'air va assurer la police du ciel dans les pays baltes avec quatre avions de chasse Mirage 2000.

Deux missions de deux Rafale et avion ravitailleurs vont s'élancer de manière imminente afin de survoler en permanence l'espace UE.

Du matériel de protection envoyé en Ukraine

Sur l'appui militaire à l'Ukraine, l'Ukraine envoie chaque jour des demandes de matériel mais des difficultés ont pu être soulevées. Par exemple, si la France envoie un certain type de missiles, il est possible que les Ukrainiens n'aient pas le système de lancement qui correspond. Pour cela, il faudrait donc envoyer des missiles avec le lanceur adéquat et former les soldats ukrainiens à leur utilisation, ce qui prendrait trop de temps.

D'ores et déjà, la France a cédé - et non pas vendu - des équipements individuels de protection et du matériel de déminage et coopère avec les autorités ukrainiennes au plan cyber.

Quel est "l'état final recherché", selon l'expression militaire, par Poutine? S'agit-il d'obtenir une continuité territoriale jusqu'à la Transnistrie? De s'attaquer aux institutions ukrainiennes et aux personnes qui les dirigent? De poursuivre vers la Moldavie? À date, les autorités françaises ont encore une incertitude. (selon BFMTV)

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3 mars 2022

Cuba 1962 - Ukraine 2022

L’histoire se répèterait-elle ? Kennedy avait mis la pression sur les Soviétiques au sujet de Cuba. Soixante ans plus tard, voilà Poutine décidé à engager un bras de fer avec les États-Unis à propos de l’Ukraine, « porte-avions avancé de l’OTAN ».

poutine60 ans après la crise de Cuba, Vladimir Poutine semble avoir décidé de commencer l’année 2022 par une épreuve de force majeure, digne des années les plus tendues de la Guerre froide. Le bras de fer portera une fois encore sur l’Ukraine, que Poutine considère comme le berceau originel, sacré même, de la Russie. Et aujourd’hui c’est « sa » « crise de Cuba à l’envers ». Pour Poutine et ceux qui l’entourent, l’Ukraine doit cesser d’être « le porte-avions avancé de l’OTAN » aux frontières de la Russie.

En 1962, Kennedy avait obtenu, à deux doigts de la guerre nucléaire, le retrait des missiles à moyenne portée soviétiques déployés à Cuba, qui menaçaient directement les États-Unis. Kroutchev avait cédé… En 2022, Poutine entend obtenir la même chose des Américains : soit les États-Unis s’engagent par écrit et définitivement, à respecter un statut de neutralité pour l’Ukraine, soit l’armée Russe interviendra, et s’en sera fini et de l’indépendance de l’Ukraine, et de ses velléités de rejoindre l’Union européenne ou l’OTAN.

En finir avec l'élargissement de l'OTAN

Depuis des semaines, nombreux sont les nuages qui annoncent la tempête dans le ciel européen. La crise des migrants en Biélorussie tout d’abord. Délibérée et télécommandée depuis Minsk et bien sûr Moscou, comme en témoignent les patrouilles de bombardiers nucléaire stratégiques russes le long de la frontière polonaise, et tout récemment l’annonce par le dictateur biélorusse Loukachenko qu’il est désormais prêt à accueillir des armes nucléaires russes sur le sol de son pays.

Le garrot du gaz russe ensuite, que le Kremlin resserre inexorablement sur le cou de ses clients européens : pas 1 m³ de gaz supplémentaire ne sera livré à l’Europe cet hiver, tant que le gazoduc North Stream II restera bloqué. Enfin et surtout le déploiement de 100 000 soldats russes à la frontière orientale de l’Ukraine, auxquels s’adjoindront 75 000 réservistes dans les semaines à venir, une armée pourvue de tout l’arsenal nécessaire de blindés et d’artillerie. Ce développement s’est fait aux yeux de tous, et notamment sous le regard des satellites militaires du Pentagone qui a complaisamment publié les images et les analyses de renseignements dans le New York Times…

Ces derniers jours, Vladimir Poutine, s’exprimant devant un parterre de diplomates russes a mis les points sur les i : la Russie a bien l’intention de « faire respecter ses lignes rouges », entendre son refus absolu d’accepter la présence de forces de l’OTAN à ses frontières. Pour le Président russe, le moment est venu d’en finir, une fois pour toutes, avec l’élargissement de l’OTAN.

L’Amérique, affaiblie par son retrait calamiteux d'Afghanistan et du Proche-Orient, obnubilée par la Chine, désormais impuissante à stopper la marche irrésistible de l’Iran vers la bombe atomique, n’est tout simplement pas en état de faire la guerre pour sauver l’Ukraine. Tandis que lui, Poutine, malgré les ravages du Covid en Russie, reste très largement soutenu par son peuple (60 % de popularité dans les sondages), c’est lui qui vient de remporter – sans peine – les élections législatives de septembre, lui aussi qui s’est débarrassé de toute opposition (presse, associations ou opposants politiques), c’est toujours lui qui dévoile de nouvelles armes, toujours plus sophistiquées, comme les missiles hypersoniques, lui qui consolide ses positions au Proche-Orient, et avec les mercenaires Wagner s’installe en Afrique noire. C’est toujours lui, enfin, qui organise des manœuvres aériennes conjointes avec l’armée de l’air chinoise dans le Pacifique.

Pour le Kremlin, le moment est venu donc de réagir enfin à la dérive intolérable de l’OTAN toujours plus vers l’Est. Il y a d’abord les trois Baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie) qui faisaient il n’y a pas si longtemps partie de l’URSS, et qui désormais abritent des troupes de l’OTAN ; il y a des livraisons d’armes et ces conseillers militaires de l’OTAN en Ukraine. Et il y a enfin, et ceci a été trop peu noté en Occident, les déclarations du secrétaire général de l’OTAN le Norvégien Jens Stoltenberg, qui à la mi -novembre s’est dit prêt à déployer des armes nucléaires américaines de l’OTAN à l’Est de l’Europe, si par aventure la nouvelle coalition allemande devait décider de ne plus en accepter sur son sol… Poutine a donc décidé de mettre le marché sur la table : il exige des « garanties sérieuses de long terme pour la sécurité de la Russie dans la région » ; il demande que « les États-Unis arrêtent de se mêler des affaires intérieures russes ou des interventions parfaitement légitimes de la Russie avec ses alliés à l’extérieur ».

Le premier pas est d’organiser juridiquement un statut de neutralité pour l’Ukraine… C’est là une vieille histoire qui remonte au 27 mai 1997, peu de temps après le démantèlement de l’Union soviétique et du Pacte de Varsovie. Ce jour-là à Paris, fut signé l’Acte fondateur des relations OTAN- Russie, au terme duquel les deux parties « ne se considéraient plus comme des adversaires », s’engageant même à « éliminer les vestiges de l’époque de la confrontation ».

Un peu plus tôt, en décembre 1994, lorsque l’on commença à évoquer l’élargissement de l’OTAN, Boris Eltsine avait prévenu : « pas d’élargissement de l’OTAN sans la Russie elle-même ». Et pourtant, l’OTAN s’était élargie, d’abord à l’ex-RDA, puis aux anciens membres du Pacte de Varsovie, puis avait bombardé la Serbie amie et alliée de la Russie… Ce n’est qu’en raison de l’opposition française et allemande à Bucarest en avril 2008, que l’Alliance repoussa in extremis l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie voulue par Washington, au nom du droit de chaque État de « choisir les moyens d’assurer sa sécurité », principe lui aussi inscrit dans l’Acte fondateur de 1997, et que revendique aujourd’hui l’Ukraine pour s’opposer au veto russe.

"Il y a d’autres sanctions que les États-Unis n’ont pas osé prendre précédemment"

On a la suite : à l’été 2008 l’armée russe entrait en Georgie, et six ans plus tard elle envahissait la Crimée et s’installait au Donbass. Cette fois nous sommes au bout de la route. La semaine dernière, les deux ministres des Affaires étrangères américain et russe, Blinken et Lavrov se sont rencontrés longuement à Stockholm. L’américain a menacé de sanctions économiques « sans précédent » si la Russie devait s’engager dans une option militaire… et le Russe de répondre ironiquement : « Il y a d’autres sanctions que les États-Unis n’ont pas osées prendre précédemment ». Cette semaine Biden doit s’entretenir téléphoniquement avec Poutine pour tenter de déminer la situation. L’Americain prétend « avoir préparé un ensemble d’initiatives le plus complet et le plus pertinent qu’il soit pour rendre très, très difficile à Monsieur Poutine de faire ce que les gens craignent qu’il fasse ». Cette semaine également, Biden organisera en cvisio son fameux « sommet pour la démocratie ».

Pas sûr que tout cela empêche la guerre au début de l’année prochaine. La Russie aujourd’hui n’existe que par la puissance de ses armes, ses livraisons de gaz et sa capacité de nuisance contre un Occident en perte de vitesse et qui a le tort de ne pas la respecter. Et elle n’a pas l’intention de se résigner à un statut de pays de seconde zone dans la confrontation americano-chinoise qui dominera le XXIe siècle. Elle a donc besoin de montrer qu’elle existe, là où elle est puissante, et là où elle peut affaiblir encore l’Europe : soit par les migrants, soit par le gaz, soit par la menace d’une action armée. En face, l’Occident est divisé et affaibli. En dehors des Baltes et des Polonais, qui ira mourir pour l’Ukraine ? Un pays dont le régime corrompu et instable depuis le début de son indépendance, ne cherche même pas à réconcilier au sein d’une même nation, les Ukrainiens à l’ouest et la minorité russe à l’Est… (selon "Marianne")

2 mars 2022

Afghanistan : crise économique

L'Inde expédie 2500 tonnes de blé

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En Afghanistan, la population continue à subir les effets de la crise humanitaire: l’essentiel des fonds publics du gouvernement ont été gelé après la prise de pouvoir des talibans. Les Afghans manquent de tout, depuis les médicaments à la nourriture. Pour leur venir en aide, l’Inde vient d’envoyer un chargement de 2 500 tonnes de blé, par voie terrestre, à travers les routes de son ennemi juré, le Pakistan.

Un convoi de 50 camions portant les couleurs du drapeau indien vient d’entrer au Pakistan, afin de livrer 2 500 tonnes de blé au Programme alimentaire mondial de l’ONU, situé à Jalalabad, en Afghanistan.

Selon l’ambassadeur afghan en Inde, Farid Mamundzay, c’est l’une des plus grandes aides alimentaires offertes par un pays depuis la crise humanitaire entraînée par la guerre et la prise de poouvoir des talibans.

Les camions en provenance d'Inde sont habituellement interdits au Pakistan, mais Islamabad a exceptionnellement autorisé la traversée de ce convoi humanitaire à la fin novembre, six semaines après la demande de son frère ennemi indien.

Une situation humanitaire critique en Afghanistan

Depuis environ un an, l'Inde, qui entretenait des relations étroites avec le précédent gouvernement afghan soutenu par l'Occident, a également fait don de 500 000 doses de vaccins contre le Covid-19 et de 13 tonnes de médicaments et de vêtements d'hiver.

L’Afghanistan n'a quasiment plus d'argent en réserve depuis le retour des talibans au pouvoir et l'arrêt soudain en août de l'aide internationale, qui finançait près de 80% du budget afghan, ainsi que le gel par les États-Unis de 9,5 milliards de dollars d'avoirs de la Banque centrale afghane.

L'Afghanistan est plongé dans une crise économique majeure menaçant de famine la population. Les Nations unies ont évoqué une situation humanitaire « critique » avec la majorité des 28 millions d'habitants dans le besoin. (selon RFI)

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1 mars 2022

Le bout de fusée qui va s’écraser sur la Lune n’est pas chinois

Un débris de fusée est censé s’écraser sur la Lune le 4 mars. Un expert a prétendu qu’il appartenait à SpaceX, puis à la Chine. Pékin dément, affirmant que «son» morceau avait entièrement brûlé.

luneFin janvier, l’astronome Bill Gray, créateur d’un logiciel permettant de calculer les trajectoires d’astéroïdes et d’autres objets, avait annoncé que le débris spatial devant s’écraser le 4 mars sur la Lune était le second étage d’une fusée de l’entreprise américaine SpaceX. Il est revenu sur cette annonce la semaine dernière, reconnaissant une erreur, et en affirmant désormais qu’il s’agit d’un élément d’une fusée chinoise lancée en 2014.

Interrogé, le ministère chinois des Affaires étrangères a démenti, assurant que la fusée incriminée «était rentrée sans danger dans l’atmosphère terrestre et avait entièrement brûlé». Pékin «s’attache consciencieusement à la viabilité à long terme de ses activités spatiales», a assuré le porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin.

Dans l’océan Indien et en Côte d’Ivoire

Selon Bill Gray, dont le logiciel est utilisé par des programmes d’observations financés par la Nasa, l’objet en question appartient à une fusée Longue Marche, lancée lors de l’envoi dans l’espace de l’engin spatial Chang’e 5-T1, dans le cadre du programme d’exploration lunaire de l’agence spatiale chinoise. La Chine a posé, début 2019, un engin sur la face cachée de la Lune, une première mondiale.

Par le passé, le géant asiatique a perdu le contrôle d’engins spatiaux, notamment en mai 2021, lorsque «la majeure partie» du premier étage d’une fusée Longue Marche-5B s’était désintégrée au-dessus de l’océan Indien. En 2020, des débris d’une autre Longue Marche s’étaient écrasés sur des villages en Côte d’Ivoire, provoquant des dégâts, mais sans faire de blessés. (selon "Le Matin")

28 février 2022

La Barbade dit adieu à la couronne britannique

La Barbade a dit adieu à des siècles de sujétion à la couronne britannique lors d'une cérémonie pendant laquelle sa première présidente de la République, Dame Sandra Mason, a prêté serment. Le prince Charles était présent.

barbade1La Barbade, île des Antilles, s'est officiellement proclamée république, mardi 29 novembre, ne reconnaissant ainsi plus la reine Elizabeth II comme cheffe d'État.

Déjà indépendante du Royaume-Uni depuis 1966, la Barbade a célébré sa transition de la monarchie vers un régime républicain après quelque quatre siècles de sujétion au souverain britannique.

L'île, connue pour ses plages paradisiaques, son rhum et pour être le lieu de naissance de la superstar mondiale Rihanna, a désormais pour cheffe d'État une autre femme, Sandra Mason, jusque-là gouverneure générale du pays, après son élection en octobre au suffrage universel indirect.

Sandra Mason a prêté serment à minuit, lundi soir, dans la capitale, Bridgetown, lors d'une cérémonie officielle marquée également par le remplacement de l'étendard de la reine par le drapeau présidentiel.

"Moi, Sandra Prunella Mason, jure d'être fidèle et de porter une véritable allégeance à la Barbade conformément à la loi, avec l'aide de Dieu", a déclaré la nouvelle présidente en prêtant serment.

"Lien spécial du Commonwealth"

Cette cérémonie, en présence du prince Charles, fils d'Elizabeth II, et de Rihanna, n'était toutefois pas ouverte au public. Mais le couvre-feu dû à la pandémie a été suspendu pour que les habitants puissent profiter des festivités, dont des projections et des feux d'artifice à travers l'île.

La Barbade reste membre de l'organisation du Commonwealth, ainsi que l'a relevé le Premier ministre britannique Boris Johnson dans un communiqué lundi : "Nous resterons des amis et alliés loyaux, en nous appuyant sur les affinités et connexions durables entre nos peuples et sur le lien spécial du Commonwealth."

Les questions de l'influence britannique et du racisme ont été déterminantes dans la décision de la Barbade de devenir une république, l'île étant encore marquée par l'héritage de plusieurs siècles d'esclavage.

"Préjudices passés"

Des critiques visaient déjà l'invitation du prince Charles par la Première ministre barbadienne Mia Mottley, qui doit lui remettre la plus haute distinction de l'île, l'Ordre de la Liberté ("Order of Freedom"). 

"La famille royale britannique est coupable d'exploitation dans cette zone et pourtant, elle n'a présenté aucune excuse officielle ou forme de dédommagement pour les préjudices passés", estime Kristina Hinds, professeure de relations internationales à l'université des Indes occidentales à la Barbade.

Pour certains militants, comme Firhaana Bulbulia, fondatrice de l'Association musulmane de la Barbade, la colonisation britannique et l'esclavage sont ainsi directement responsables des inégalités sur l'île. "Les écarts de richesse, la capacité à être propriétaire, même l'accès aux prêts bancaires, tout cela est lié aux structures créées sous le pouvoir britannique", soutient la jeune femme de 26 ans. "Les chaînes physiques (de l'esclavage) ont été brisées et nous ne les portons plus, mais les chaînes mentales persistent dans nos esprits", lance-t-elle.

Certains habitants pointent l'existence de problèmes plus urgents, notamment la crise économique causée par la pandémie de Covid-19, qui n'a fait que souligner la dépendance du pays envers le tourisme, en particulier issu du Royaume-Uni. (Selon AFP)

27 février 2022

Soudan du Sud : des enquêteurs de l’ONU mettent en garde

Des experts indépendants des droits de l’homme de l’ONU ont mis en garde, vendredi, contre une recrudescence de la violence politique et de la polarisation au Soudan du Sud.

soudan« Le Soudan du Sud est à un point de basculement », a alerté dans un communiqué Barney Afako, l’un des trois experts de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies sur le Soudan du Sud à l’issue de leur visite de cinq jours dans le pays.

Selon la Commission, la tenue des élections risque sérieusement d’alimenter la violence et la polarisation « si les institutions requises, notamment les lois constitutionnelles et électorales ainsi que les dispositions logistiques ne sont pas d’abord mises en place ».

Selon le calendrier convenu dans l’accord de septembre 2018, le Soudan du Sud est censé se rendre aux urnes en 2023 après la mise en œuvre de dispositions clés. Mais selon les médias, beaucoup doutent de la possibilité pour Juba d’organiser des élections l’année prochaine. Mais pour la Commission de l’ONU, il est d’ailleurs « important de regarder au-delà du moment électoral ».

L’urgence d’une cartographie des circonscriptions électorales

Il s’agit ainsi de s’interroger pour savoir, « quel système politique les gens voteraient, compte tenu notamment des retards pris dans l’élaboration d’une constitution sur laquelle les élections seraient fondées ». Dans ces conditions, l’une des tâches essentielles serait la cartographie des circonscriptions électorales.

« Une question plus importante se pose quant au système pour lequel les gens voteront, étant donné l’absence d’une constitution permanente et le manque actuel de clarté sur la façon dont l’enchaînement des élections et l’élaboration de la Constitution doivent se croiser », a fait valoir la Commission.

Selon l’ONU, le chapitre 6 de l’accord revitalisé sur la résolution du conflit au Soudan du Sud prévoit l’élaboration d’une Constitution permanente, sur laquelle reposera le futur système politique. S’il est bien mené, le processus d’élaboration de la Constitution offre ainsi un outil permettant de s’attaquer aux causes profondes du conflit et de l’insécurité persistants au Soudan du Sud.

Selon l’Accord de 2018, la période de transition doit se terminer en février 2023

Si le processus est mal géré, la Commission de l’ONU estime que cela risque « d’ancrer les griefs existants et de semer les graines de futurs conflits ». Bien qu’un projet de loi prévoyant un processus consultatif ait été rédigé, il n’a pas encore été adopté, et l’élaboration de la constitution n’a donc pas encore commencé.

Dans le même temps, les calendriers restent flous, bien que la période de transition doive se terminer en février 2023. « Il sera essentiel que les partenaires régionaux du Soudan du Sud et les garants du processus de paix accordent une attention accrue à la situation dans le pays et s’efforcent de contribuer à la réalisation des aspirations de paix de la population », a fait remarquer, la Présidente de la Commission, Yasmin Sooka.

Les membres de la Commission ont achevé ce vendredi leur neuvième visite au Soudan du Sud, qui s’est déroulée du 7 au 12 février. 

À Juba et à Yei, les experts ont rencontré des ministres et des hauts fonctionnaires du gouvernement, des membres de la société civile, des survivants d’abus de violences sexuelles, des chefs religieux, des entités chargées du suivi de l’accord de paix revitalisé de 2018, des membres de la communauté diplomatique, notamment de la troïka et de l’Union africaine, et des représentants des agences des Nations Unies et de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

Poursuite des déplacements et des violations flagrantes des droits humains

Plus globalement, l’absence de progrès dans la mise en œuvre des dispositions clés de l’Accord revitalisé, notamment l’unification, la gradation et le déploiement des forces armées, ainsi qu’un accord sur les structures de commandement, contribue à la persistance de l’insécurité et de l’impunité dans lesquelles se produisent les violations des droits humains. Dans ces conditions, la violence reste « omniprésente ».

L’insécurité se caractérise par « des déplacements et des violations flagrantes des droits de l’homme, notamment des violences sexuelles ». Le cas de Yei en est un bon exemple, où des soldats attendant de faire partie d’une force nationale unifiée manquent de moyens et s’en prennent ensuite à la population.

« La plupart des Sud-Soudanais avec lesquels la Commission s’est entretenue ont exprimé leur désir d’un leadership politique pour garantir la paix et la justice, pour lesquelles l’Accord fournit une feuille de route », a conclu Mme Sooka.

A noter que la Commission présentera son rapport, le 29 mars prochain à Genève, au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. (selon AFP)

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