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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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19 août 2023

Colonies de vacances : pénurie d'animateurs

Alors qu'Aurore Bergé veut permettre aux enfants de CM2 de partir en "colo" pendant l'été 2024, le secteur peine à recruter des animateurs. Ce métier est en perte de vitesse depuis une dizaine d'années.

vacances3"A la recherche d'un animateur en urgence du 13 au 24 août", "Urgent à la suite d'un désistement ! Recherche animateur Bafa complet", "Des postes encore à pourvoir sur nos séjours été 2023"... En ce début de mois d'août, les plateformes d'offres d'emploi croulent sous le nombre de petites annonces de dernière minute, dans le secteur des colonies de vacances. Baptiste, directeur adjoint d'une colo à Sées (Orne), en est familier. Depuis plusieurs années, il peine à dénicher des animateurs qualifiés. "Mettre une annonce sur Facebook, ça ne suffit plus pour recruter, déplore cet homme de 27 ans, ancien animateur lui-même. Aujourd'hui, il faut republier les offres tous les mois, rappeler une trentaine de fois les candidats... Sinon, c'est coton."

Pas si jolies, les colonies de vacances ? L'urgence de recrutement est d'autant plus grande que le gouvernement veut redorer le blason de ce rite, synonyme de grands départs populaires, qui souffre d'une chute de fréquentation depuis les années 1990. Aurore Bergé, la nouvelle ministre des Solidarités et des Familles, a annoncé le 27 juillet la création d'un "pass colo" doté de 200 à 350 euros par enfant de 10 et 11 ans. Une "très bonne idée sur le long terme", se réjouit le syndicat du secteur de l'animation Hexopée, mais qui ne résout pas le problème le plus urgent : les jeunes générations boycottent le métier d'animateur. Le mono n'a plus la cote.

Selon une étude réalisée par Hexopée et le Fonds de coopération de la jeunesse et de l'éducation populaire, 76% des centres d'accueil interrogés ont connu des difficultés de recrutement en 2022 (PDF). La situation s'est légèrement améliorée depuis 2021, mais les directeurs de colonies de vacances redoutent toujours des annulations de séjourspendant l'été, faute de personnel.

Des salaires très en dessous du smic

Cette désaffection s'explique en grande partie par des salaires trop peu attractifs. "Si l'on considère l'animation comme un métier, c'est très mal payé", analyse Baptiste. Actuellement, la rétribution minimale s'élève à 25,34 euros brut par jour, soit moins du tiers d'un smic. Par conséquent, il n'est pas rare que les colonies tournent avec des équipes réduites. L'hiver dernier, ce directeur adjoint a supervisé un séjour de ski et de snowboard pour adolescents dans les Alpes, "au ras des pâquerettes en termes d'effectifs". Tout juste est-il parvenu à respecter le taux d'encadrement légal, soit la présence d'un adulte pour douze enfants de plus de 6 ans.

"Même si les salaires étaient plus hauts, on ne peut faire de l'animation que si c'est une passion, vu le nombre d'heures travaillées", lâche Marie, qui s'apprête à arrêter les colonies de vacances pour se lancer dans la vie active. Fini les journées à rallonge et les nuits écourtées, malgré l'amour du métier. A 23 ans, cette étudiante en ingénierie agronomique comprend que le secteur "n'attire plus personne". D'autant que les responsabilités sont nombreuses : assurer la sécurité physique des enfants, gérer de potentielles crises, aider aux repas et à la toilette des plus petits.

Si le salariat est répandu dans les centres de loisirs, d'accueil périscolaire ou extrascolaire, les colonies de vacances dérogent à la règle. Elles proposent des contrats d'engagement éducatifs liés au Code de l'éducation. "Un système à part", précise David Cluzeau, délégué général d'Hexopée. Plusieurs métiers de l'animation se sont professionnalisés au tournant des années 2000 via la création de diplômes spécifiques, "mais les colonies de vacances n'ont pas pris cette tangente pour des raisons liées à l'histoire de leur création", précise le délégué syndical.

Ces séjours étaient à l'origine organisés par des structures militantes comme la Ligue de l'enseignement ou encore les Francas, bien loin du concept de job d'été : "Partir en colonie était vu comme une forme d'engagement, porteuse des valeurs de laïcité, de solidarité et des droits de l'enfant", explique le sociologue spécialiste de la jeunesse Boris Teruel. Depuis une trentaine d'années, les colonies se sont institutionnalisées avec le financement croissant des collectivités, affaiblissant au passage cette notion d'engagement. S'ajoute à cela un marché du travail "bouleversé par descrises successives, dont celle du Covid-19", analyse le sociologue. Selon lui, ces transformations rendent les nouvelles générations plus soucieuses de sécuriser leurs parcours professionnels grâce à des emplois mieux rémunérés.

Un plan de 64 millions d'euros pour revaloriser l'animation

Ces conditions précaires découragent même les animateurs expérimentés, denrée rare pour les directeurs de centres. Jeanne, intermittente du spectacle, vient de renoncer à un séjour pour adolescents en Corseà 30 euros la journée. "C'est hallucinant que le salaire soit aussi bas étant donné la charge de travail que ça demande", regrette la jeune femme de 26 ans, qui s'est tournée vers l'animation quand elle en avait 17. Lui vient en tête une colonie de vacances impliquant une disponibilité "vingt-quatre heures sur vingt-quatre" pour surveiller un enfant atteint d'épilepsie. Un "job de parent le temps d'un séjour" particulièrement peu valorisé au regard des frais à débourser pour obtenir le Bafa, qui avoisinent les 1 000 euros. Le nombre de brevets délivrés chaque année a d'ailleurs chuté de 20% entre 2011 et 2019.

Conscient de l'urgence, le gouvernement a déployé récemment une aide exceptionnelle de 200 euros censée accompagner 27 000 jeunes jusqu'à l'obtention du Bafa. L'âge minimum d'inscription au sésame de l'animation a également été fixé à 16 ans au lieu de 17 ans. Ces décisions s'inscrivent dans un plan d'action de 64 millions d'euros lancé en février 2022 par Sarah El Haïry, ancienne secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et du Service national universel. Le gouvernement a aussi annoncé en juillet le doublement de la rémunération minimum des animateurs de colonies de vacances, pour atteindre 50 euros brut par jour à partir du premier semestre 2024.

De quoi ravir Cyril Gaffet, délégué national chargé des séjours enfants de l'Union française des centres de vacances (UFCV). Il s'inquiète toutefois d'une éventuelle répercussion sur les prix des séjours, à la charge des familles. Contacté par franceinfo, Laurent Bonnaterre, le président du comité de filière Animation, chargé de suivre la feuille de route du gouvernement, assure "avoir cette difficulté en tête". Sans en dire plus, pour l'instant. En attendant, en France, plus de 5 millions d'enfants ne partent pas en vacances, selon l'UFCV. (selon France info:)

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18 août 2023

La Russie se relance dans la course vers la Lune

Vendredi 11 août, la Russie a lancé sa première sonde lunaire depuis cinquante ans. Une mission à haut risque, mais éminemment symbolique.

luneDécollage réussi ! La fusée Soyouz s’est élevée dans un panache de fumée et de flammes sous un ciel gris, vendredi 11 août à 02 h 10 heure de Moscou (23 h 10 GMT) depuis le cosmodrome de Vostotchny en Extrême-Orient, emportant avec elle la sonde lunaire Luna-25.

L’équipage doit atteindre dans cinq jours l’orbite lunaire, sur laquelle il passera ensuite entre trois et sept jours pour choisir le bon endroit avant de se poser dans la zone du pôle sud lunaire.

« La mise de l’appareil en orbite lunaire de 100 km de haut est prévue le 16 août, et son alunissage en douceur sur la surface du satellite naturel de la Terre est attendu le 21 août au nord du cratère de Bougouslavski », sur le pôle sud lunaire, a précisé Roscosmos dans un communiqué.

Un décollage historique

Il s’agit de la première mission lunaire pour Moscou depuis 1976, époque à laquelle l’URSS faisait figure de pionnier dans la conquête spatiale. Une étoile qui a pâli en raison de problème de financement et de scandales de corruption. Cette mission est dès lors destinée à donner un nouvel élan au secteur spatial russe, en difficulté depuis des années et isolé du fait de la guerre en Ukrain .

Et « pour la première fois dans l’histoire, l’alunissage sera effectué sur le pôle sud lunaire. Jusqu’ici, tout le monde alunissait dans la zone équatoriale », s’était félicité un haut responsable de Roscosmos, Alexandre Blokhine, dans un récent entretien au journal officiel Rossiïskaïa Gazeta.

« L’ambition de nos ancêtres »

La sonde, qui devra rester sur la Lune pendant un an, aura pour mission de « prélever (des échantillons) et analyser le sol », ainsi que de « mener des recherches scientifiques à long terme », a encore indiqué l’agence spatiale.

Ce lancement est la première mission du nouveau programme lunaire russe, qui démarre au moment où Roscosmos est privé de ses partenariats avec l’Occident. Comme pour son orientation diplomatique, Moscou cherche ainsi à développer la coopération spatiale avec la Chine.

Les ambitions sont grandes : selon l’expert russe spécialiste de l’espace Vitali Iegorov, c’est la première fois que la Russie post-soviétique tente de placer un appareil sur un corps céleste. « La plus grande question sera : peut-il se poser ? », a-t-il expliqué à l’AFP, soulignant que cette mission est « d’une grande importance » pour la Russie.

Le président Vladimir Poutine a promis de poursuivre le programme spatial russe malgré les sanctions, prenant pour exemple l’envoi par l’URSS du premier homme dans l’espace en 1961, en pleine escalade des tensions Est-Ouest.

« Nous sommes guidés par l’ambition de nos ancêtres d’aller de l’avant, malgré les difficultés et les tentatives extérieures de nous en empêcher », a déclaré M. Poutine, s’exprimant sur le cosmodrome de Vostotchny l’année dernière.

Mission « risquée »

Reste que la mission Luna-25 est « risquée », de l’aveu même du patron de Roscosmos Iouri Borissov. « La probabilité de réussite de telles missions est estimée à environ 70 % », a-t-il dit à Vladimir Poutine lors d’une réunion en juin.

Le premier étage du lanceur Soyouz est retombé à 28 km du village de Chakhtinski, dans la région de Khabarovsk en Extrême-Orient, a annoncé sur Telegram le gouverneur régional, Mikhaïl Degtiariov. Selon lui, les 18 habitants du village ont été évacués une heure avant le lancement et ont pu regagner leurs maisons quelques heures plus tard. (selon "Paris-Match")
17 août 2023

Un village australien où les habitants vivent sous terre

À l'époque où le village Coober-Bedy a été fondé, le réchauffement climatique n'était pas encore une préoccupation. En 1915, la découverte d'un gisement d'opale le long de l'actuelle Stuart Highway, au sud de l'Australie, pousse les colons à y installer une mine, et à faire venir des travailleurs qui habiteront sur l'exploitation. Aujourd'hui, les maisons troglodytiques accueillent quelques 2.500 habitants, qui vivent sous terre et préservés de la chaleur écrasante qui s'abat l'été sur la région.

australieÀ près de 850 kilomètres au nord des plaines côtières d'Adélaïde, on observe des dunes de sables rosées, qui laissent bientôt place à quelques tas de terre pâle d'où sortent ici et là des tuyaux ou des bouches de ventilation. C'est que 60% de la population de Coober Pedy habite dans des maisons construites dans de la roche de grès et de siltite: en été, les températures peuvent atteindre jusqu'à 52°, ce qui fait vite passer l'envie de sortir au soleil.

Vivre au frais

Coober Pedy est loin d'être la première colonie souterraine au monde, ni même sa plus grande, fait remarquer la BBC : la pratique est ancienne (on la trouvait déjà chez les Néandertaliens), et continue d'être utilisée dans des zones à climat extrême: en Turquie, en Jordanie, en Iran, en Chine… mais en grande majorité dans des zones sèches, l'humidité étant ennemie des structures souterraines.

À Coober Pedy, les bâtiments souterrains sont enterrés à au moins quatre mètres de profondeur pour éviter que leurs toits ne s'effondrent. Sous cette quantité de roche, la température est stabilisée à 23°C. Et en hiver, la température est toujours meilleure que les 2-3°C enregistrés en plein air.

Le prix de ces maisons reste, pour peu que l'on goûte le calme et l'obscurité, relativement abordable –autour de 24.000 euros pour une maison moyenne avec trois chambres–, quand il faut compter 415.000€ en moyenne pour une maison à Adélaïde, la grande ville la plus «proche». (selon "Slate.fr")

16 août 2023

Grève chez Ryanair en Belgique

15.000 passagers qui devaient décoller de Charleroi ou y atterrir ont été affectés ce lundi et ce mardi par ce mouvement social.

belgiqueUn total de 88 vols au départ et à l'arrivée de l'aéroport de Charleroi (Belgique) sont annulés ce lundi et mardi en raison d'une grève des pilotes de Ryanair pour leurs conditions de travail, la troisième en l'espace d'un mois. Quelque 15.000 passagers qui devaient décoller de Charleroi ou y atterrir sont affectés par le mouvement social, a précisé à l'AFP la direction de l'aéroport.

Les pilotes de Ryanair basés en Belgique avaient déjà fait grève le week-end des 15 et 16 juillet (120 vols annulés) puis le week-end des 29 et 30 juillet (96 vols annulés). Ils reprochent à la compagnie irlandaise de ne pas vouloir respecter une convention collective prévoyant un certain nombre de jours de repos en échange des baisses de salaires consenties en 2020 au moment de la crise du Covid-19.

"Il y a une exaspération du personnel"

Par ailleurs, à rebours de ses engagements, "la compagnie n'a pas voulu restaurer la totalité du salaire et considère que les indexations qui ont eu lieu", conformément à la législation belge, "valent pour restauration", indique Kevin Cam, un pilote de Ryanair interrogé par l'AFP. Les syndicats de pilotes accusent l'entreprise de ne pas respecter le droit belge et de prospérer grâce à un "dumping social" qui crée une concurrence déloyale envers les autres compagnies.

"Il y a une exaspération du personnel. Nous sommes face à un employeur qui dit ouvertement qu'il ne respectera pas les législations (...) qui nous dit +retirez toutes les plaintes, sinon j'augmente le temps de travail et je n'indexe pas vos salaires+", déclare Didier Lebbe, représentant du Syndicat des employés. De son côté, la compagnie affirme que plus de la moitié du trafic Ryanair à Charleroi est assuré par des avions exploités par du personnel non belge.

"Les syndicats de pilotes belges devraient négocier plutôt que de faire grève", avait réagi Ryanair en juillet, en se félicitant des accords déjà conclus avec leurs homologues italiens, espagnols et français sur les conditions de travail. (selon AFP)

15 août 2023

"Sublime Côte d'Ivoire" sur les tenues des joueurs de l'OM

L’OM et le Ministère du Tourisme ivoirien annoncent un partenariat pour les trois prochaines saisons. Le logo "Sublime Côte d’Ivoire" figurera sur le short des footballeurs en championnat et sur le dos de leurs tenues d'entraînement.

marsseille"Sublime Côte d’Ivoire" est la stratégie nationale de développement touristique du pays africain, dont l’ambition est de faire de la Côte d’Ivoire l’une des cinq destinations principales d’Afrique. L’Olympique de Marseille, qui a des liens forts avec la Côte d'Ivoire, y apporte donc sa contribution.

La promotion du tourisme en Côte d'Ivoire sur les tenues des Olympiens

Le logo "Sublime Côte d’Ivoire" figurera sur le short des footballeurs en championnat et sur le dos de leurs tenues d'entraînement. Un match à l’Orange Vélodrome sera également  dédié à la promotion du tourisme en Côte d'Ivoire.

Avec près de deux millions de visiteurs l'an dernier, la Côte d'Ivoire est en plein essor touristique, auquel participera donc l'OM. "Associer l’image de notre Sublime Côte d’Ivoire à celle de l’OM est collaboration stratégique, mais surtout une opportunité sans pareille qui aura à coup sûr un effet positif sur la perception globale et le tourisme de notre pays" reconnaît Siandou Fofana, Ministre du Tourisme de la Côte d’Ivoire, accompagné dans ce partenariat par l’agence du Ministère baptisée « More by Entourage ».

Une "connexion historique"

Ce n'est pas vraiment étonnant que le club marseillais s'engage avec la Côte d'Ivoire. L'OM entretient des liens forts avec le pays, notamment avec de nombreuses légendes ivoiriennes qui ont joué à Marseille : Basile Boli, Didier Drogba ou encore Bakari Koné, Eric Bailly ou Ibrahima Bakayoko.

"C’est une grande fierté pour l’ensemble du club de renforcer encore un peu plus nos liens avec la Côte d’Ivoire et de contribuer, à travers ce partenariat, au rayonnement de ce formidable pays", déclare Pablo Longoria, président de l’Olympique de Marseille.

Le pays africain compte aussi une communauté importante de supporters de l'OM. L’OM annonce dans un communiqué que le club "s’appuiera sur cette connexion historique et sur les forces de sa communauté digitale de plus de 20 millions d’abonnés, pour participer au développement du programme et au rayonnement du pays". (selon "France Bleu")

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14 août 2023

L’Allemagne veut prolonger le déploiement de ses Patriot en Pologne

Avec cette main tendue, le pays d’outre-Rhin espère apaiser les tensions avec son turbulent voisin. Selon la “Tagesschau”, ces systèmes de missiles guidés sol-air pourraient rester en Pologne jusqu’à la fin de l’année 2023.

canonQuelques semaines après avoir cédé à la Lituanie sur l’installation “durable” de soldats allemands dans l’État balte, l’Allemagne tend la main à un autre pays européen. Pour répondre au “besoin de sécurité de son voisin”, elle souhaite maintenir ses systèmes de défense antiaériens Patriot en Pologne.

“Berlin a proposé à Varsovie de prolonger ‘le déploiement de [ses] trois systèmes de défense antiaériens Patriot […] jusqu’à la fin de l’été’,. et probablement jusqu’à la fin de l’année”, confirme le Tagesschau

Ces dispositifs de défense ont été installés en janvier près de Zamosc, dans le sud-est du pays, non loin de la frontière avec l’Ukraine. Mais comme le rappelle le média d’outre-Rhin, “ils ne devaient au départ pas y rester plus de six mois”.

Apaisement de courte durée

Le changement d’échéance proposé par Berlin fait suite à une demande lancée en juillet par le ministre de la Défense polonais, Mariusz Blaszczak. Mais il montre aussi que l’Allemagne souhaite apaiser les tensions avec Varsovie. Que ce soit sur le dossier de l''état de droit en Pologne, sur celui de la pollution du fleuve Oder ou sur celui des réparations de la Seconde Guerre Mondiale, les deux pays sont à couteaux tirés.

Le déploiement même des systèmes Patriot en Pologne avait fait l’objet de frictions, rappelle la Tagesschau. Après une frappe accidentelle de missile en territoire polonais en novembre dernier, “Varsovie avait suggéré de céder à l’Ukraine les systèmes antiaériens que Berlin proposait de lui prêter”. Mais “le gouvernement allemand avait refusé”, provoquant une “dispute” entre les deux pays. “Les deux gouvernements s’étaient finalement entendus sur un déploiement en Pologne, sans transfert vers l’Ukraine.”

Néanmoins, le répit entre Berlin et Varsovie pourrait n’être que de courte durée. Le ministère de la Défense allemand a d’ores et déjà précisé que le prêt allemand n’irait pas au-delà de 2023. “D’après lui, les systèmes Patriot auront un rôle important à jouer au sein de la Force de réaction de l’Otan (NRF) au cours de l’année à venir, pour renforcer le pouvoir de dissuasion et la capacité de défense de l’Alliance transatlantique.” (selon "Courrier international")

13 août 2023

Honduras, Équateur ou Malte ?

Ils représentent ces pays et animent leurs communautés à Strasbourg

strasbourg1Qui se cache derrière les drapeaux que l’on n’attend pas forcément dans le quartier diplomatique et européen de Strasbourg, comme le Honduras, l’Équateur ou Malte ? Souvent tenus bénévolement par des consul(e)s honoraires heureux/se de donner de leur temps libre pour la représentation, ces bureaux jouent un rôle plus important qu’on ne pourrait le croire. Immersion dans ce petit monde méconnu.

Un vacarme d’usine retentit dans un quartier résidentiel de Strasbourg, un jour d’été 2015. Le bruit vient d’un petit garage où des palettes de bois s’empilent depuis les petites heures du matin. Sur chacun des supports, des centaines de panamas.

Manou Massenez Heitzmann pilote cette livraison atypique. La consule honoraire de l’Équateur, pays dont sont originaires ces couvre-chefs bien particuliers, voit comme souvent son activité diplomatique empiéter sur sa sphère privée : “Il y en avait 700 au total et ma mission était d’aller en mettre un dans chaque boîte aux lettres de député européen, au Parlement.

Si toutes ses missions ne s’avèrent pas aussi originales, Manon Massenez Heitzmann l’assure : son emploi du temps de consule peut être très chargé d’une semaine à l’autre. Il lui est en théorie demandé de protéger les intérêts des ressortissants de l’Équateur, et accessoirement de faire remonter les événements ou informations susceptibles d’intéresser le pays qu’elle représente.

 

Le tout sans contrepartie financière, puisqu’elle fait partie des consul(e)s dits honoraires, qui représentent donc un pays de manière bénévole : “Cela me tient à coeur et depuis que je suis à la retraite, ça m’occupe beaucoup. Ça ne me pose pas de problème de ne pas être payée.

Petites communautés, ambiance familiale

Manou Massenez Heitzmann est loin d’être la seule à opérer dans l’ombre des grandes ambassades du quartier européen. Prenez Christian Hermsdorff, consul honoraire du Honduras.

 

Pour accueillir les quelques ressortissant(e)s du Honduras présent(e)s dans le Grand Est, il a aménagé un petit appartement discret rue des Arquebusiers, vers le parc du Contades. “J’accueille très rarement des gens ici, le plus gros du travail se fait par téléphone“, explique celui qui a été nommé consul en 2017 alors qu’il était encore ophtalmologue à temps plein. “Il y a plus d’une trentaine d’étudiant(e)s du Honduras, je les invite une fois par an pour un repas convivial, on fait connaissance, je leur donne mon numéro et ils m’appellent dès qu’ils ont un problème.

Privilège des petites diasporas, la proximité avec les ressortissant(e)s confère un aspect familial et bon enfant au rôle de consul honoraire. “Il y a environ 400 ressortissant(e)s équatorien(ne)s dans le Grand Est mais la plupart sont étudiant(e)s, tous ont mon portable et je les considère un peu comme mes enfants !” sourit Manon Massenez Heitzmann.

Des consuls qui ne parlent pas la langue du pays qu'ils représentent

Manon Massenez Heitzmann est d’autant plus à l’aise qu’elle parle couramment l’espagnol. Ce n’est pas forcément le cas de Laurent Hincker, qui représente la Mongolie à Strasbourg, mais qui ne parle pas un mot de mongol : “Pourtant, ma dernière mission a été de venir en aide à des Mongol(e)s à l’hôpital de Hautepierre qui n’arrivaient pas à communiquer avec le personnel de santé, à cause de la barrière de la langue“, précise-t-il.

 

Dans ces cas-là, il fait appel à un interprète : “Je suis seul au consulat mais je reçois l’aide occasionnelle de certain(e)s Mongol(e)s qui vivent dans le Grand Est, souvent des jeunes qui sont prêts à aider et accompagner  leurs compatriotes.” Car dans la plupart des cas, les consuls honoraires ne sont pas natifs du pays qu’ils représentent. Ils sont Français.

Ceux que nous avons interrogés n’ont, tout au plus, qu’un lien d’affection avec le pays qu’ils représentent, voire parfois ne s’y étaient que rarement rendus avant leur prise de fonction.

 

Si Eric Mayer Schaller représente Malte à Strasbourg, c’est avant tout grâce à une coïncidence : “C’était en 2008, j’avais un ami qui était à la chambre de commerce et qui était en même temps consul de Lettonie. Ça m’a surpris car je n’avais pas l’impression qu’il avait un quelconque lien avec ce pays. De fil en aiguille, il m’a expliqué en quoi consistait son job et m’a dit que je pouvais tenter ma chance pour Malte, qu’il y avait une possibilité.

 

Peu de temps après, l’ambassadrice de Malte à Paris le rencontre autour d’un déjeuner à Strasbourg : “Elle a vu que je disposais d’un très bon réseau en Alsace et que je n’avais pas forcément besoin de rémunération.

Gérant de société, issu d’une famille de photographes de Benfeld, Eric Mayer Schaller est comme un poisson dans l’eau lorsqu’il reçoit des visiteurs et visiteuses dans son grand appartement de 180m2, où trônent drapeaux et croix de Malte, à quelques mètres de sa salle à manger et de sa chambre. “Ça ne me pose aucun problème d’avoir le consulat quasiment chez moi, c’est même très pratique parfois, par exemple quand l’ambassadeur est en visite !”

La passion du réseau et des projets

Accueillir un ambassadeur, serrer des mains, mettre les gens en relation, arpenter les couloirs feutrés des institutions pour nouer des liens susceptibles de servir le pays qu’il représente, voilà ce qui motive le sémillant Eric Mayer Schaller à accorder autant de temps à sa fonction : “Je ne compte pas mes heures même si je suis bénévole. Je dois faire un rapport de plus de 100 pages tous les ans sur mes activités, ce qui me prend 2 à 3 jours, et ça m’arrive de consacrer mes journées entières à Malte. Mais ça me plaît beaucoup, et je n’arrêterai que quand je n’y arriverai plus physiquement.

En raison de la dématérialisation des procédures administratives, les missions des consuls honoraires se sont progressivement recentrées sur la coopération économique. Beaucoup moins de visas à faire, mais plus de mise en contact d’investisseurs français avec les entreprises du pays représenté.

 

D’où la multiplication des projets à piloter : “J’ai été présidente de l’Association régionale des industries agroalimentaires alsaciennes (Aria) alors je connais beaucoup de monde pour alimenter l’export de produits équatoriens en Alsace : j’ai emmené des investisseurs en Équateur, notamment dans le secteur de la crevette, des bananes, ou encore de la spiruline. J’ai aussi mis en contact l’IRCAD de Strasbourg et 1500 chirurgiens equatoriens, afin qu’ils apprennent à opérer le cancer de l’appareil digestif“, avance Manon Massenez Heitzmann.

Par leur carnet d’adresses et leur fonction, les consuls honoraires rendent possible, mettent en contact, créent des liens. C’est en tout cas leur rôle affiché. “Certains n’en ont rien à faire de leur pays et profitent de leur fonction pour se faire un réseau”, nous ont confié plusieurs d’entre eux, souhaitant par là-même se distinguer de ces passagers clandestins.

 

Quoi qu’il en soit, chacun s’est montré ravi de parler des coulisses d’un rôle qu’ils savent mal compris par le grand public. “Il y a clairement cette satisfaction d’apporter sa modeste contribution au rayonnement d’un pays“, confie le consul honoraire du Honduras Christian Hermsdorff. (selon POKAA.FR)

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12 août 2023

Niger : les risques d’une intervention militaire pour l’Algérie

L’Algérie a mis en garde contre une intervention militaire au Niger à l’expiration dimanche de l’ultimatum fixé par la Cedeao aux putschistes nigériens pour réinstaller dans ses fonctions le président élu Mohamed Bazoum.

alg_rieMalgré la menace d’une intervention militaire de la part des pays de la Cedeao, les auteurs du coup d’État campent sur leur position et refusent de rétablir l’ordre constitutionnel.

 La fin de l’ultimatum aggrave les risques de guerre et d’instabilité au Niger, ce qui pourrait embraser toute la région du Sahel, déjà en proie à l’instabilité, aux activités terroristes et à une grave crise économique. Redoutant une intervention militaire, les putschistes ont fermé dans la nuit de dimanche à lundi, l’espace aérien du Niger.

Les pays de la Cedeao ne sont pas passés de la parole à l’acte. Ce lundi, ils ont annoncé dans un communiqué la tenue d’un sommet extraordinaire jeudi 10 août à Abuja au Nigéria pour discuter de la situation au Niger.

L’Algérie qui partage une longue frontière avec le Niger a exprimé à maintes reprises son opposition à une intervention militaire dans ce pays. « Nous rejetons totalement et catégoriquement toute intervention militaire au Niger », a déclaré le président Abdelmadjid Tebboune dans un entretien accordé à des médias algériens qui a été diffusé samedi sur la Télévision algérienne (ENTV).

Le président Tebboune a donné l’exemple des pays qui ont connu des interventions étrangères. « Regardez la situation des pays où il y a eu des interventions étrangères. Leurs problèmes sont toujours posés », a-t-il demandé, en donnant les exemples de la Syrie et de la Libye qui en proie à l’instabilité et aux guerres depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, suite à l’intervention militaire française. « L’intervention militaire ne règle aucun problème », a tranché Abdelmadjid Tebboune.

Niger : l’Algérie opposée à une intervention militaire

Le chef de l’État a dit que la situation en Niger après le coup d’État du 26 juillet dernier constitue une menace directe pour l’Algérie. Cette menace va s’aggraver en cas d’intervention étrangère qui risque d’embraser le Sahel, après les soutiens apportés par les juntes au pouvoir au Mali et le Burkina Faso aux putschistes nigériens.

 « La situation s’est aggravée après la décision du Niger et du Mali d’entrer dans la bataille », a mis en garde le président Tebboune qui a évoqué un risque d’embrasement du Sahel.

« La crise peut se résoudre par la logique », a-t-il ajouté, en assurant que l’Algérie a les moyens de protéger ses frontières. « Notre armée est forte », a-t-il dit, en indiquant qu’aucune solution n’est viable sans l’Algérie qui est la « première concernée » par cette crise.

En cas d’aggravation de la situation au Niger, l’Algérie qui est entourée de foyers de tensions risque un afflux massif de migrants subsahariens.

 Des centaines de migrants entrent chaque semaine en Algérie via ses longues frontières sud, et ceux qui sont interceptés sont souvent renvoyés dans leur pays, mais de nombreux clandestins réussissent à passer les contrôles pour s’établir dans le pays ou tenter leur chance en Europe.

La deuxième menace qui pèse sur l’Algérie si le Niger est livré au chaos est la prolifération des groupes terroristes, comme ce fut le cas après l’intervention étrangère en Libye. Présents au Sahel, les groupes terroristes vont saisir l’occasion d’une guerre pour se renforcer et attaquer des pays comme l’Algérie, ce qui signifie la mobilisation de moyens importants pour sécuriser les frontières.

Le troisième risque de l’utilisation de la force au Niger sur l’Algérie est l’installation durable de troupes étrangères aux frontières sud du pays. L’Algérie s’est toujours montrée hostile à une présence militaire étrangère à ses frontières en raison des risques qu’elle comporte pour sa sécurité. (selon "Jeune Afrique")

11 août 2023

Nigeria : des mesures face au coût de la vie

Le président nigérian, Bola Tinubu, a annoncé plusieurs mesures contre le coût de la vie, lundi 31 juillet, après des pillages massifs de denrées alimentaires dans l’est du pays. Depuis son investiture, fin mai, M. Tinubu a pris une série de mesures économiques visant à relancer les investissements à long terme, mais avec de graves effets sur le portefeuille des ménages, aggravant la pauvreté dans la première économie d’Afrique.

nigeriaLe mois dernier, le président a notamment mis fin aux subventions sur le carburant, faisant quadrupler les prix de l’essence et, indirectement, monter en flèche les prix de produits alimentaires. « Le prix du carburant a augmenté. Les prix des denrées alimentaires et autres ont suivi. Les ménages et les entreprises sont en difficulté, a-t-il reconnu lundi dans un discours retransmis à la télévision. J’aimerais qu’il y ait d’autres solutions. Mais ce n’est pas le cas. »

Pour « réduire le fardeau » de la crise économique, le chef de l’Etat a promis au moins 240 millions d’euros pour le secteur agricole, 150 millions d’euros pour les PME et 90 millions d’euros pour le secteur manufacturier. « J’ai ordonné le déblocage de 200 000 tonnes de céréales provenant des réserves stratégiques », a-t-il déclaré, désireux d’expliquer ses décisions, un style qui contraste avec celui de son prédécesseur, Muhammadu Buhari.

Dimanche, un couvre-feu total a été instauré dans l’Etat d’Adamawa (est), où des centaines d’habitants se sont livrés à des pillages massifs de magasins et d’entrepôts publics de stockage de nourriture, ont annoncé les autorités locales. Mi-juillet, Bola Tinubu avait annoncé un « état d’urgence sur la sécurité alimentaire », promettant des investissements massifs dans l’agriculture et des transferts d’argent aux plus pauvres.

Le Nigeria fait face à une grave crise économique depuis 2016, aggravée par la pandémie de Covid-19 puis l’offensive russe en Ukraine. Près de la moitié de ses quelque 215 millions d’habitants vit dans l’extrême pauvreté (avec moins de 2 dollars par jour) en dépit de ses immenses réserves de pétrole. Le nord-est du pays est particulièrement touché par l’insécurité alimentaire, alors qu’un conflit vieux de quatorze ans entre l’armée et des groupes djihadistes y a déplacé des millions de personnes et éloigné les fermiers de leurs terres. (selon "Le Monde")

10 août 2023

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