
L'Euro-Groupe a mis le couteau sur la gorge à Tsipras pour l'amener à de nombreuses privatisations, notamment les aéroports les plus importants ! Pour le plus grand bénéfice de la société d'Etat allemande FRAPORT (Frankfurter Airport).
En fait des privatisations avaient commencé dès 2011, où le premier ministre grec Papandréou avait été amené à procéder au "plus grand programme de privatisation du monde" (sociétés immobilières, des sociétés d'autoroutes, des ports, des services de l'eau ou de l'électricité). Certaines îles ont même été vendues, telles l'île d'Oxia (4223 km2) qui pour 5 millions d'€ est allée à la famille royale du Qatar.
La crise organisée pour "mettre au pas" Tsipras
Oui, mais voilà. En février 2015, la société aéroportuaire allemande "Frankfurt Airport". FRAPORT se proposait de racheter pour 1,4 milliards d'€ 14 aéroports grecs y compris 10 d'entre eux qui qui permettent les vols internationaux. Cette société ne se satisfaisait plus d'une participation minoritaire obtenue à l'aéroport d'Athènes en 2010. Fraport pensait le moment venu car la dette grecque semblait devenir énorme à nouveau. Le hic : le gouvernement de Tsipras refuse de continuer cette politique de privatisation, surtout d'ailleurs le ministre des finances Yannis Varoufakis. Au vu de cette situation, on se rend compte que c'est le gouvernement allemand, majoritaire dans la société FRAPORT, qui fait le forcing et qui est donc à l'origine du psychodrame de ces dernières semaines.
Comme par hasard donc, l'Eurogroupe établit le concept des privatisations sous les exigences du tandem Merkel - Schaüblé. Ce n'est pas l'effet du hasard si le PDG de FRAPORT Stephan Schulte déclare publiquement : "La Grèce est dans le monde du tourisme d'une taille solide et attrayante." FRAPORT est déjà l'un des exploitants d'aéroports les plus puissants du monde, avec des intérêts en Turquie, au Pérou, en Inde, en Chine, en Arabie Séoudite, en Russie et aux Etats-Unis. Pour la Grèce, FRAPORT veut obtenir deux tiers de participation pour les aéroports de Santorin, Mykérinos, Corfou, Rhodes, Thessalonique, Athènes, (les plus touristiques) à un prix au rabais dans les conditions actuelles.
Et n'oublions pas qu'il est prévu qu'au 1er octobre 2015, il était déjà prévu la nationalisation des ports du Pirée et de Thessalonique. Une affaire pour Bolloré, qui possède déjà bien des ports à travers le monde, notamment en Afrique? L'accord pour "éviter le grexit" semble bien avoir été organisé par des groupes financiers pour dépouiller la Grèce, coupable d'avoir élu Tsipras et Syrisa lors des dernières élections. Où est la démocratie européenne dans tout ça ? Le peuple grec n'a-t-il pas le droit de faire ses choix ?
Les principaux intérêts de Fraport à travers le monde

- Delhi (Inde), Indira Gandhi International Airport : 10%
- Hanovre (Allemagne), Langenhagen Airport : 30%
- Antalyia Airport (Turquie) : 51%
- Varna (Bulgarie), Burgas Airport : 60%
- Lima (Pérou) : Jorge Chavez International Airport : 70%
- Airport Ljubljana (Slovénie) : 100%
- Pulkovo (Russie), Northern Capital Gateway LLC : 35,5%
- Etats-Unis : Baltimore-Washington, Boston, Indianapolis, Pittsburg : 100%
- Xi'an Xianyang (Chine), International Airport : 24,5%