Le découpage Molsheim-Villé : fossile d'une manoeuvre politicienne
Les élections législatives approchent, et suivront au mois de juin les présidentielles. Une fois de plus, le val de Villé va voter contre nature dans une circonscription qui ne le concerne guère ! Sa vie administrative, économique et politique est entièrement tournée vers le Centre-Alsace et Sélestat. Et pourtant cela fait un demi-siècle que cela dure, que la population demande son rattachement à Sélestat, que certains élus même le promettent ! Rien n'y fait ! Il faut dire que cette situation découle d'une basse manoeuvre politicienne du début de la 5ème République (1958) qui avait pour but, théoriquement de rééquilibrer deux circonscriptions voisines, et pratiquement de sauver le siège du député-maire MRP de Molsheim Henri Meck ! Alors on a transformé la circonscription Molsheim - Obernai en circonscription Molsheim - Villé !
Qui est Henri Meck ?
Henri Meck (1897 - 1966) est élu député pour la première fois au titre de l'aile autonomiste EVP (Europäische Volkspartei) de l'UPR (Union Populaire
Républicaine) le 28 avril 1928 avec 62 % des voix en battant le radical-socialiste Naegelen, après avoir signé dès 1926 le "manifeste du Heimatbund". Il s'est ensuite surtout mis en évidence au début de la guerre de 1939/45 en votant les pleins pouvoirs à Pétain. Après la guerre, il se "refait" une virginité politique en créant le Parti Catholique Alsacien et en rejoignant les rangs du MRP. Il reste cependant un adversaire farouche du frère Médard, qu'il traite régulièrement de "Savonarole du Stephansplatz". Le 22 novembre 1959, il accueille dans sa mairie le général De Gaulle qui visite l'Alsace et tient des meetings en plein air après son retour au pouvoir. 6000 personnes l'attendent à Molsheim. Même les écoles sont fermées, et les élèves agitent sur son passage des drapeaux bleu-blanc-rouge garnis de la croix de Lorraine. Le député-maire Meck se doit bien de remercier celui qui avait sauvé son siège à l'Assemblée Nationale au prix du découpage que l'on sait au grand dam de certains gaullistes locaux ! Il meurt en 1966 à Strasbourg pendant l'exercice de son mandat."Son" découpage perdure.





