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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

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26 avril 2009

Règlements de comptes en famille chez les Bongo

1315727_1731885Félix Bongo, arrêté à Paris le 7 avril dernier, suite à un mandat d'arrêt international lancé par la justice du Gabon, a été remis en liberté, jeudi, par la justice française, a-t-on appris de source officielle. Mais la justice gabonaise n’a pas suspendu le mandat d’arrêt qu’elle avait lancé contre lui. Ancien cadre du trésor, PDG de ING Consulting, Félix Bongo est le fils de Martin Bongo, ex-ministre gabonais des affaires étrangères et cousin éloigné du chef de l’Etat, Omar Bongo, celui-là même qui entretenait d'excellentes relations d'affaires avec notre ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner. Il est accusé de malversations financières (encore !) par la justice gabonaise dans l’achat de treize fourgons blindés commandés en 2006 par le Trésor Public gabonais, à travers sa compagnie ING Consulting qui avait remporté le marché selon une procédure de gré à gré. Les véhicules ont été livrés en 2007 pour près de 3, 6 milliards de francs CFA. Mais l’un de ses associés, suite, semble-t-il, à un mauvais partage de la cagnotte, a déclaré aux autorités judiciaires que le prix réel des fourgons était à peine d’un peu plus de 400 millions de Francs CFA. Par la suite, le procureur de la République, Alaba Fall, petit neveu d’Omar Bongo, a ouvert une enquête pour savoir s’il y avait eu détournement fonds. La nouvelle de la libération de Félix Bongo a été accueillie avec beaucoup de joie par les membres de sa famille et son avocat. Ils dénoncent le harcèlement de la justice gabonaise et évoquent l’hypothèse d’un règlement de compte (tiens, tiens !). Mais qui a donc bien pu intervenir, et à quel niveau, dans cette libération ? C'est ça aussi, la Françafrique ? Ah quel dommage que Julien Coupat ne soit un filleul lointain de Bongo ! Lui, il restera en prison !

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25 avril 2009

Marche du 1er mai

GIF_20marcheurLe Comité des Fêtes invite les associations, la population, la municipalité à la traditionnelle marche du 1er mai

"MAY CURE"

Visite des 3 sources (Breitenau, Fouchy, Bassemberg)

Départ à 10 h à la place des fêtes de Villé

Le repas de midi sera tiré du sac. Barbecue en soirée à la salle festive de Villé.

24 avril 2009

Après la Françafrique, la Suissafrique

_40715072_mobutu_1991_afp_300Mobutu Sese Seko, ancien sergent de l'armée coloniale belge, était devenu en quelques années le dictateur sanguinaire du Zaïre, et grâce à la corruption liée aux ressources minières de son pays, l'un des hommes les plus riches du monde. Pas étonnant donc qu'il ait des comptes en Suisse. Décédé en exil au Maroc en 1997,  le gouvernement suisse a bloqué ses avoirs dans les banques helvétiques jusqu'au 30 avril 2009. Il était question de restituer à cette date le "magot" à ses héritiers. : 8 millions de francs suisses selon les banques. Oui, mais voilà : l'actuel président de la République Démocratique du Congo, nouveau nom du Zaïre, réclame les "biens" de Mobutu, acquis frauduleusement, pour le peuple congolais, c'est-à-dire lui, et de prétendre qu'ils se monteraient à des milliards ! Cette somme devait être restituée, à la suite de la plainte déposée par les héritiers, janvier dernier. Le Ministère Public de la Confédération (MPC) a donné une suite défavorable à la plainte en raison de la prescription des faits. Oui, mais Kabila junior, bien que premier président élu par la voie des urnes, est aussi peu fiable que ses prédécesseurs dans un pays où les tirs à l'arme lourde sont plus faciles à comptabiliser que les bulletins de vote. La Suisse a donc décidé de garder le paquet chez elle. De nombreuses ONG ont proposé de gérer cet argent à des fins humanitaires au Congo. Elles aussi ont reçu une réponse négative, bien que la Suisse ait accepté de règler de cette manière les biens des Duvalier à Haïti. Aux dernières nouvelles, on attend la fin de la procédure entamée devant la justice suisse par l'Etat congolais mais celle-ci risque de botter en touche en confirmant la prescription.

23 avril 2009

Européennes : meeting à Strasbourg

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Meeting du Parti Socialiste  pour les Européennes

mercredi, 29 avril à 19 h

au Palais de la Musique et des Congrès

avec

  • Catherine TRAUTMANN, tête de liste PS, député européen sortant

  • Martine AUBRY, première secrétaire du Parti Socialiste

  • Adrian SEVERIN, député européen sortant, ancien vice-premier ministre et Ministres des Affaires Etrangères de Roumanie.

Catherine_Trautmannaubry6a00d8341c65d453ef00e54f2b3cd38834_800wi

22 avril 2009

Une réponse européenne aux fermetures et aux licenciements

"2258428986_dc6c514b2bSeule une réponse européenne sera capable de sauver nos industries. En effet, il faut une réponse commune face aux délocalisations, qui se pratiquent d'abord à l'intérieur de l'Europe !", ces propos sont de Aurélie Filipetti, députée PS de Lorraine, et qui est dans sa province confrontée aux affaires de Gandrange et de Florange (voir aussi son blog dans mes liens).

L'affaire Egelhof, dans le Val de Villé, devrait trouver une même réponse, car cette société qui licencie par petites charrettes chez nous dans le but d'éviter un plan social qui "coûterait trop cher à l'entreprise", possède bien des usines en Allemagne où est située la maison-mère, à Seltz, aux Etats-Unis, en Chine, et vient d'acheter une unité supplémentaire à Sinn, près de Francfort. Comme si les entreprises avaient déjà fait le choix de toucher des mannes gouvernementales dans tous les pays ! La réponse devra d'autant plus être globale que les salariés d'autres entreprises qui délocalisent en Europe même sont aussi à la lutte pour sauver leur emploi, leur outil de travail à travers toute l'Europe !Ademozug_anfang

Un exemple :  depuis des semaines, très régulièrement, les 412 salariés de MAHLE, entreprise qui a son siège à Arzenau (Bavière), menacés de licenciement, manifestent soutenus par la population (3000 manifestants ce dernier samedi) et les élus (die Linke, die Grüne, SPD et même le CSU) pour empêcher la fermeture de leur usine (fabrication de pistons) sous-traitante de l'industrie automobile, qui à travers l'Europe a 50.000 employés, notamment en Allemagne (10.000 employés sur 2 sites), en Italie (2 sites), en Espagne, en Pologne et... en France (à Dardilly -69- avec son siège social à Ingersheim - Haut-Rhin). La lutte sur le terrain doit se généraliser pour être efficace !

Salariés d'Egelhof, ne soyez pas absents de ce combat qui est mené dans toute l'Europe ! Sinon les 8 nouveaux licenciements prévus dans votre entreprise ne seront de loin pas les derniers !

Et pendant ce temps, Egelhof  achète l'usine ANSCHUTZ à Sinn (Allemagne, près de Francfort) :

http://www.egelhof.com/egelhof/fr/egelhof/index.php

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21 avril 2009

Le Hohwald : le "Grand Hôtel" en difficulté ?

UT_A000173008_ATU"Le Grand Hôtel" est le fleuron historique du Hohwald qui accueillait au début du 20ème siècle tout le gratin strasbourgeois, et même un certain nombre de "grands de ce monde" y ont passé. Il a été cependant fermé en 1993, puis rouvert en 2007. Selon le maire, Michel Gewinner, il est "redevenu l'élément moteur du Hohwald". Mais le son de cloche est différent à l'hôtel, où selon les prévisions de "Mona Lisa Hôtels et Résidences" la société qui exploite l'établissement, le Grand Hôtel perdra encore de l'argent en 2009, 100.000 € selon les prévisions. Sans compter que la crise s'est aggravée depuis le début de l'année. Le 2 mars 2009, le tribunal de commerce de Paris a d'ailleurs placé le Grand Hôtel en redressement judiciaire. Les copropriétaires ont créé une association de défense, car ils n'ont, selon leur président, jamais touché les loyers comme prévu et ne font plus confiance à la société gérante. D'autre part, les repreneurs ne se bousculent pas au portillon. La fin de la période d'observation par le tribunal étant fixée au 2 septembre 2009, durant l'été prochain au moins le Grand Hôtel survivra encore. Après, c'est la grande inconnue... Et à quelques kilomètres de là, au Kreuzweg, un autre établissement, la Villa Mathis, semble se porter comme un charme, loin de la crise...

NB : Le Grand Hôtel emploie 15 à 20 salariés, les copropriétaires sont au nombre de 92.

20 avril 2009

Les belles promesses de La Poste

poste_attenteEn 2010 l'établissement public La Poste sera privatisé, et il faut prouver coûte que coûte que cette transformation est un progrès pour l'usager ! Alors la direction fait des promesses :

Les usagers devront être servis en moins de 9 minutes fin 2009,

et en moins de 8 minutes fin 2010 !

Et on se donne les moyens :

  • Mise en place d'un numéro téléphonique, le 3631, qu'on pourra composer de 8h30 à 19h du lundi au vendredi, de 8h30 à 13h le samedi !

  • Réduction des files d'attente, grâce à des horaires plus étendus (ne parlez surtout pas d'ouvertures de guichets supplémentaires qui créeraient des emplois !) et l'ouverture le samedi après-midi est même envisagée.

  • Pour les lettres recommandées, en cas d'absence, le facteur pourrait repasser le lendemain !

Pour le moment, les associations d'usagers sont sceptiques, quant au syndicat Sud-PTT, seul à réagir pour le moment, il rappelle qu'on nous avait déjà promis 5 minutes d'attente maximale en 2000 ! Mais que donnent ces mesures chez nous à la campagne :

  • Pour acheter des timbres-poste, un habitant d'un village environnant doit maintenant se rendre à l'unique poste du chef-lieu de canton, soit entre 10 et 15 km à parcourir (au moins 1 heure de perdue) ! 5,8 ou 9 minutes d'attente au guichet, que lui importe ?

  • Si le facteur apporte une lettre recommandée le lundi à une personne travaillant hors de la vallée toute la semaine, à quoi ça sert de représenter la lettre le mardi ?

  • Et je ne vous parle pas des colis contre remboursement qui vont retourner à l'expéditeur par impossibilité pour le destinataire de le chercher à temps à la poste.

  • Et faire le 3631, cela servira à quoi ?

Ah qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour justifier le démantèlement du service public !

19 avril 2009

Revendications paysannes à Fribourg-en-Brisgau

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C'est avec une veillée de protestation et un défilé aux flambeaux que plus de 700 agriculteurs du Pays de Bade ont fait connaître jeudi soir leur colère à propos de la baisse du prix du lait. L'arrivée du cortège se situait symboliquement devant la laiterie "Breisgaumilch". Les éleveurs badois avaient eux aussi repris et complété le slogan de la campagne électorale de Barack Obama : "Yes we can - aber nicht um jeden Preis " (Oui, nous pouvons - mais pas à n'importe quel prix !). Les producteurs touchent aujoud'hui 25 cts par litre de lait fourni à la laiterie, alors qu'en août 2008 ils en recevaient encore 36,5 cts. Le syndicat BDM (Bundesverband Deutscher Milchviehhalter) estime qu'à moins de 40 cts/litre, les éleveurs ne peuvent survivre. Le ton était monté après que le ministre de l'agriculture du Land Peter Hauk ait annoncé au Bundesrat qu'il avait bloqué les négociations avec les éleveurs.  Les agriculteurs allemands ont reçu le soutien de leurs homologues français et suisses, dont des délégations ont participé à la manifestation. L'Europe, malade de sa jeunesse, de son industrie, de ses emplois, l'est aussi de sa paysannerie... qui doit travailler plus pour gagner moins.

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18 avril 2009

Cherche bouleau

La presse locale s'est faite l'écho, photo à l'appui, de la plantation d'un bouleau sur le giratoire de l'entrée est de Villé. Ce bel arbre devait participer à l'embellissement du bourg dans la perspective pour la municipalité d'obtenir enfin sa deuxième fleur ! Mais, hélas, avant même la publication de la nouvelle dans les journaux, le bouleau avait de nouveau disparu ! Etait-ce une nouvelle variété d'une plante génétiquement modifiée, arrachée par José Bové ou un de ses amis...?

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A voir l'article de presse et la photo du bouleau éphémère : DNA1704bouleau

17 avril 2009

Précarité et rébellion en France : un point de vue

Le quotidien italien de gauche "Il manifesto" a fait paraître une intéressante interview de la sociologue française Isabelle Sommier, professeur à la Sorbonne, concernant la situation sociale qu'elle juge "explosive" en France, mais aussi dans toute l'Europe. Extraits.

arton59Il manifesto : Depuis quelque temps, à Londres, à Berlin, à Rome, à Athènes, à Paris, les jeunes manifestent régulièrement dans la rue. Quelle est votre analyse ?

Isabelle Sommier : Toutes ces manifestations sont le reflet d'une même crise, que ce soit la revendication des 1000 € en Grèce, ou de la suppression du CPE en 2005 en France. Une étude européenne vient de prouver que le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans est de 23 %. Toute une génération a le sentiment qu'elle est la victime de nombreuses promesses non tenues par les politiques et n'a pas d'espoir pour l'avenir. Mais, c'est en France et en Italie que ladésillusion est la plus forte.

Il manifesto : Est-ce la raison de la radicalisation des mouvements sociaux ?

Isabelle Sommier : Naturellement, mais la forme n'est pas la même dans tous les pays. En Grèce et en Italie, la rébellion a été attisée par la corruption, un peu moins en France. Mais les origines sont les mêmes : l'absence de projets pour cette génération. Le manque d'un travail durable, la ségrégation, la précarité affaiblissent le tissu social. Cependant, il n'y a pas d'unité entre les différents mouvement : la mobilisation des Universités et celle des banlieues restent très différentes l'une de l'autre.

Il manifesto : Comment réagissent les partis politiques et les syndicats ?

h_9_ill_748474_cpeIsabelle Sommier : Leurs soucis sont très loin des préoccupations des jeunes, et ce n'est pas seulement par manque de dynamisme des militants. Le PS français a glissé vers un parti des classes moyennes. La crise a aussi touché ces classes, mais les enjeux de pouvoir sont tels dans leurs rangs qu'ils ne s'en rendent pas compte. Pour illustrer ces propos, je vous informe que c'est le MEDEF, syndicat patronal, qui m'a invité à un séminaire sur la précarité. Pour la gauche classique, le combat contre les précarités est resté juste une parole (-). La CGT a participé aux luttes contre le CPE, contre la réforme des universités,... Mais dans les années 90 et jusqu'en 2005, elle considérait "tous les autres" comme non représentatifs. Elle a changé ses vues après 2005 et le conflit des travailleurs saisonniers. Elle a alors organisé des comités de chômeurs, de sans-papiers, car elle a dû réagir à la pression de la concurrence des autres centrales syndicales.

Il manifesto : Comment expliquer la montée du NPA de Olivier Besancenot, qu'on crédite de 8 à 10 % des intentions de vote aux élections européennes de juin ?

Isabelle Sommier : Tout d'abord, l'histoire de l'extrême-gauche en Italie et en France n'est pas la même. Il est important de le savoir. L'extrême-gauche française a une culture militante forte et une implantation syndicale importante, d'origine libertaire et même maoïste trouvée dans les évènements de mai 68. Cette culture en a fait les premiers à s'intéresser aux SDF, aux "sans-papiers", et à tous ceux qui vivent dans la précarité. Elle a ainsi marqué sa différence avec les partis officiels PS ou PC. Besancenot est un symbole pour les jeunes : il ne vient pas des hautes écoles, mais c'est un simple facteur. Une grande partie de ses sympathies lui viennent des trentenaires.

NB : Isabelle SOMMIER est directrice du CRPS depuis octobre 2002 et Professeur de sociologie au Département de science politique. Son doctorat, obtenu en décembre 1993, portait sur "La forclusion de la violence politique : ouvriers/intellectuels en France et en Italie depuis 1968" .

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