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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER
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grece
9 mai 2012

Grèce : non à l'austérité

grece_parlmtL’événement historique ne s’est peut-être produit là où les médias le situent en ce beau matin de mai !

C’est en Grèce qu’il faut regarder aujourd’hui avec les résultats des élections législatives d’hier !

La Grèce, c’est d’abord le laboratoire de tout ce qui désespère les peuples : un pays surendetté, gouverné alternativement par la droite libérale et la gauche… libérale elle aussi, subissant les plans de rigueur les uns après les autres, terrifiant terrain d’expérimentation des docteurs Mabuse du libéralisme, mis sous tutelle par l’Europe qui ne connaît qu’une solution à tous les maux : la fuite en avant vers toujours plus de libéralisme.

Résultat : misère, désespoir pour les classes défavorisées, augmentation spectaculaire du taux de suicides, prestations sociales réduites à presque rien, dégringolade de la classe moyenne et des riches (mais alors très riches genre armateurs) qui ne paient toujours pas le moindre impôt ! Le tout accompagné de privatisations parmi les plus scandaleuses que l’histoire nous ait offertes avec bradage de l’essentiel des services publics.

Hier, donc, élections législatives en Grèce !

La droite et la « gauche », partisanes de l’austérité, unies dans leurs votes au parlement grec, ont subi une déroute sans précédent en réunissant à eux deux… 32% des suffrages et ne pourront donc pas former de coalition pour gouverner. C’est historique !

Mais l’autre événement, enthousiasmant et plein de promesses, c’est l’avènement du SYRIZA, parti de la gauche radicale, avec 17% des voix.

Proche du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et de Die Linke d’Oskar Lafontaine, menée par Alexis Tsipras, SYRIZA est devenu hier le second parti politique de Grèce, devançant même le PASOK, parti dit socialiste !

Son programme : rupture avec la politique d’austérité et l’Europe "ultralibérale".

Voilà donc le cauchemar des libéraux qui prend forme : les peuples n’acceptent plus les diktats de l‘axe Paris-Berlin et la poursuite des politiques de rigueur comme seul remède à la crise !

Oui, décidément, c’est un beau mois de mai.

Paris le 7 Mai 2012- (République et Socialisme)

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13 novembre 2011

Athènes sera-t-il un nouveau Budapest ?

chars

Les Grecs manifestent pour protester contre les plans d’austérité qui succèdent aux plans d’austérité dans un pays ruiné. On pouvait penser que les gouvernants avaient compris le message du peuple et allaient en tenir compte. Hélas, non ! Pour toute réponse la Grèce va acheter 400 chars lourds "M1 Abrams" et 20 véhicules amphibie "AA7VA1" pour un montant de 1,28 milliards d'€ aux Etats-Unis, alors même que l'Europe et le tandem Merkel-Sarkozy exigeaient 7 milliards d'économies, et alors que le total des aides apportées à la Grèce par l’Europe et le FMI ont atteint la somme extravagante de 160 milliards d’euros pour un pays de 11 millions d’habitants. A titre de comparaison, l'armée française a en tout 400 chars Leclerc pour 65 millions d'habitants. On peut se demander alors à quoi vont servir ces chars. A remplacer dans le cadre des interventions de l'OTAN des pays comme la France ou l'Allemagne si prompts à imposer des diktats aux Grecs ? ou tout simplement à réprimer le peuple grec qui se révolte contre l'austérité ? Athènes bientôt un nouveau Budapest ? et l'Agora une nouvelle place Tien An Men ? Questions d'autant plus pertinentes que l'extrême-droite vient de faire son entrée au gouvernement. L'Europe avait été dès son départ conçue pour éviter de nouvelles guerres. Mais que nous prépare-t-on donc ? car il ne fait pas de doute que tous les dirigeants de l'Europe et de l'OTAN étaient au moins au courant de cet achat, si toutefois ils ne l'ont pas encouragé.

4 novembre 2011

Le diktat "Merkozy"

Sarkozy_MerkelRester ou non dans l'Europe, puisque c'est la question que l'on souhaite (im)poser aux grecs, est-ce encore vraiment le problème ? Au point où nous en sommes, il n'y a déjà plus d'Europe, au sens où l'Europe reposait sur la laborieuse négociation, sur le douloureux compromis, seules sources civilisées de la vie commune. Il n'y a plus d'institutions européennes. Il n'y a plus de textes européens. Il y a un étrange et précaire diumvirat, nommé Merkozy, deux têtes, quatre bras, écopette dans une main, cravache dans l'autre, qui ne se donne même plus la peine de sauver les apparences avec les éclopés.

Et qu'on échange des sourires entendus à propos de Berlusconi, et qu'on suspend le versement des huit milliards promis à la Grèce (de quel droit, cette suspension ?) et qu'on exclut Papandreou de la conférence de presse commune, au cours de laquelle on lui a adressé l'ultimatum: ton référendum, pouilleux, ton appel au peuple, au peuple sacré dont tout procède, c'est tout de suite, pas à la Saint Glinglin. Et avec une belle et bonne question qui les fasse bien trembler, tes Grecs : voulez-vous rester dans l'euro ? Sinon, à la baille ! Il n'y a plus d'Europe. Il y a des maitres et des esclaves, ou plutôt la chiourme et les garde-chiourme. Etrange de voir, d'ailleurs, l'irruption dans l'Europe policée des rapports de force carcéraux, avec ruses cousues de fil blanc (Berlusconi arrivant à Cannes avec son gros paquet de mesures d'austérité totalement vide), ses lâchetés, et au total une seule loi, celle du plus fort.

Chiourme et garde-chiourme: ces statuts sont fragiles. Si Merkozy agite si frénétiquement sa cravache, c'est qu'au-dessus du duo, il y a Obama qui arrive à Cannes, et qu'il importe de lui montrer une maison en ordre, poussière soigneusement remisée sous la moquette. Et au-dessus d'Obama, il y a Hu Jintao le Terrible, à qui il faut tenter de soutirer quelques milliards. Et au-dessus de Hu Jintao, il y a, invisibles, invincibles, les marchés. Contre lesquels, hélas, il n'est pas de cravache assez grosse.(Daniel Schneidermann sur @rrêt sur images)

23 septembre 2011

Les Grecs vont devoir se serrer la ceinture encore plus

49744381Les Grecs doivent déjà subir plusieurs plans d'austérité et ce n'est pas fini ! La "troïka" Commission Européenne - Banque Centrale Européenne - Fonds Monétaire International compte bien exiger un tour de vis supplémentaire. Les mesures sont déjà connues : réductions de 40% des salaires dans la fonction publique, licenciement de 30000 fonctionnaires, augmentation des taxes sur les carburants, le tabac et l'alcool, réduction de moitié du montant non imposable sur l'impôt sur le revenu (de 8000 à 4000 €). Les inspecteurs de la Troïka doivent venir ce dimanche dans un pays qui tout entier les hait. Les contrôleurs aériens ont déjà déposé un préavis de grève pour les empêcher de venir. Pour la cinquième fois, tous les syndicats suivent en appelant à la grève générale. Même de nombreux élus du parti socialiste de Papandréou font de la résistance et ont été exclus du parti. Mais la majorité fond, passe de 160 à 154 sièges, et bientôt ne sera plus une majorité. De nouvelles élections n'amèneront pourtant pas de majorité au pouvoir. Certains espèrent une "grande coalition socialistes - conservateurs" pour arriver au bout de la crise dont Papandréou ne veut plus porter seul le fardeau. Les "indignés" ont de l'avenir... car  où est la solidarité européenne ? Et est-ce cette Europe que nous voulons ?

4 janvier 2011

Les nouveaux rideaux de fer

39549993_p_590_450Le Mur de Berlin, qui devait empêcher les Allemands de l'Est de passer à l'ouest, est tombé en 1989, alors que le Rideau de Fer s'était ouvert quelques mois plus tôt au niveau de la Hongrie. Les murs édifiés par les hommes ont rarement été efficaces : même la Muraille de Chine n'a pas empêché les invasions mongoles, le "limes romain" a au contraire marqué la décadence et la chute de l'Empire Romain. Nos contemporains n'ont cependant pas retenu la leçon : le "mur" qui sépare Israel de la bande de Gaza n'empêche pas les attentats suicides. Au contraire, il attise la haine sans laisser poindre à l'horizon le moindre effort de paix et de réconciliation. La ligne de barbelés de 1078 km à la frontière du Mexique et des Etats-Unis, érigée en 2006, n'empêche rien, surtout pas le passage de clandestins, encore moins les trafics mafieux de la drogue. Et voici que la Grèce, membre de la Communauté Européenne, vient de décider de fermer sa frontière avec la Turquie,  qui aspire à y entrer (dans l'Europe). Une frontière longue de 206 km, renforcée par une immense ligne de grillages et de barbelés! "Nous ne pouvons plus accueillir de réfugiés, nos possibilités sont épuisées !" affirme Christos Papoutsis, le ministre grec de la protection civile. "la Turquie ne donne pas de garanties suffisantes pour arrêter le passage de réfugiés clandestins venus d'Afrique et d'Asie." Il estime à 200 à 250 le passage nocturne de clandestins. L'on oublie aussi que ces "réfugiés" sont souvent les "laissés pour comptes" de la civilisation occidentale qui a exploité très longtemps les matières premières à son seul profit, tout comme lors des deux grands conflits du vingtième siècle ils ont fourni "la chair à canon" des armées européennes. Et s'ils viennent vers nous, n'est-ce pas en désespoir de cause pour obtenir un peu de ce qui leur devrait être dû ? Quant à "l'Europe des barbelés" est-ce bien celle que nous voulons ?

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6 mai 2010

Quand la Grèce brûle

e685074La Grèce financière est aux bords du gouffre ! L'Europe lui vient en aide en imposant l'austérité et la misère au peuple. Celui-ci se révolte, des tragédies ont lieu (3 morts le premier jour des manifestations et de la grève générale, reconduite de jour en jour!). D'autres pays sont près à tomber dans le même processus : Espagne, Portugal, Irlande, peut-être même la France. Pendant ce temps, nous nous apprêtons à fêter l'Armistice de 1945. Jour férié de plus en plus tronqué (journée de solidarité pour renflouer les caisses de la Sécu, en principe, et pour faire des affaires sans le principe), dont il ne reste qu'une visite au cimetière militaire. Nos voisins allemands, le même jour, vont fêter "la journée de l'Europe" ! eurokriseChez nos jumeaux d'Elzach, le Nikolausplatz sera occupé par des animations. Nous retrouverons même un stand évoquant les échanges frontaliers,  intitulé "Vivre et travailler dans le pays voisin" avec des partenaires de Vogelgrün et de Neuf-Brisach. Chacun vaque à ses festivités traditionnelles. La solidarité est très récemment européenne, la tragédie est grecque depuis l'Antiquité. C'est dans l'ordre des choses, qu'on ne s'en émeuve surtout pas. Mais lorsque la tragédie sera européenne, lorsque le soulèvement d'un peuple sera devenu le soulèvement des peuples, que  se passera-t-il ?  

12 mars 2010

Le tandem Sarkozy-Merkel va "aider" la Grèce

fregate

L'Etat grec est en faillite et l'Union Européenne va l'aider en lui mettant le couteau sur la gorge et en l'obligeant à appliquer un "plan de rigueur" (baisse de salaires, blocages et suppressions de retraites, de congés, histoire de faire entrer la Grèce dans la "modernité"). Notre cher président de la République a même accueilli ces jours-ci Mr. Papandréou à l'Elysée... pour lui expliquer les modalités de son aide? En tous cas d'une drôle d'aide, puisqu'il s'agit de conclure avec la Grèce un accord de vente de 6 frégates Fremm et de 15 hélicoptères Super-Puma français et d'avions de combat allemands. Ce serait la condition "sine qua non" pour toucher l'argent du beurre franco-allemand. Ainsi, le peuple grec, qui a organisé la grève générale et des manifestations contre les plans d'austérité, doit-il se féliciter de l'aide européenne qui en fait celui des 27 pays de l'UE qui a la plus grande dépense militaire!

 

13 février 2010

Grèce : aide européenne ou diktat ?

grie_f11Alors que nos quotidiens titrent : "L'Europe se déclare prête à voler au secours de la Grèce", la fonction publique grecque entre en grève. Ces salariés ont compris le message : "Le couple diabolique Sarkozy-Merkel veut leur imposer un plan d'austérité dont ils seront les seules victimes". En effet, le secours promis, bien que n'étant pas encore défini, n'aura lieu qu'en imposant au gouvernement Papandreou d'exécuter une politique de rigueur impopulaire, qui doit ramener le déficit budgétaire de 12,7% à moins de 3% en moins de 3 ans. Sarkozy vient d'ailleurs de déclarer : "Le consensus existe entre les 27!" Oui, mais pas avec les salariés qui en feront les frais. Dès la première journée de grève, à l'annonce des premières mesures (augmentation du prix de l'essence de 10%, blocage des salaires, ...), de nombreux secteurs ont été paralysés (écoles, universités, administrations, aéroport d'Athènes fermés, hôpitaux en service minimum, bus circulant sporadiquement), tandis que les agriculteurs bloquaient les grandes routes. A l'appel des partis de gauche, PASOK (parti socialiste) et KKK (parti communiste), et de tous les syndicats, plus de 20.000 manifestants, enseignants, agents hospitaliers, pompiers professionnels, ouvriers des ordures ménagères, techniciens, archéologues, élèves et étudiants ont manifesté à Athènes, alors qu'une autre manifestation d'importance se déroulait aussi à Thessalonique. Leurs slogans : "Non au diktat européen!" Un diktat que le couple franco-allemand et les banques veulent imposer à un pays où les salariés sont menacés par un chômage croissant à une vitesse vertigineuse, et où les lois sociales ne laissent aucune chance de s'en sortir, tel Nicos, cet ouvrier licencié en novembre, qui avec sa famille (le couple a en charge un enfant et la mère sans retraite) doit vivre avec 540 €/mois, alors que le loyer de son appartement est de 515 €! "Tous les salariés de la Communauté Européenne doivent s'unir pour lutter contre cette politique imposée par des dirigeants qui n'ont aucune notion de nos conditions de vie!", conclut Nicos. 

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