samedi 9 novembre 2019

Une association alerte après deux cas d'implants contraceptifs dans les poumons

Deux jeunes femmes ayant eu recours à un implant contraceptif sous la peau ont été victimes "de graves accidents" suite à la migration de cet implant dans leurs poumons, alerte l'association AVEP.

implant

L'Association des victimes d'embolie pulmonaire et AVC liés à la contraception hormonale (AVEP) explique avoir été contactée par deux femmes, "l'une en 2017, l'autre en 2019 pour informer d'un accident grave dont elles ont été victimes: la migration de leur implant contraceptif dans leur système sanguin puis dans leurs artères pulmonaires entraînant un risque vital". 

"Toutes deux ont subi plusieurs chirurgies lourdes pour retirer leur implant de leur vaisseau sanguin et ont évité de justesse une ablation partielle du poumon", ajoute l'association dans un communiqué.
Les implants contraceptifs sont de petits bâtonnets cylindriques de quelques centimètres de long et quelques millimètres de diamètre, qui sécrètent une hormone progestative en continu. Ils sont implantés juste sous la peau, généralement sur la face interne du bras.
Ces accidents "sont-ils le fait d'un problème de pose du dispositif? Donc d'un problème de formation des praticiens (...) et qui doivent faire l'objet d'une campagne de formation?" Ou "sont-ils intrinsèques au dispositif? Et si oui, quel est le risque auquel s'exposent les femmes qui y ont recours?".
"À ce jour, 30 cas de migration d'implants Nexplanon dans l'artère pulmonaire, ont été signalés à l'ANSM", a commenté l'Agence du médicament (ANSM) auprès de l'AFP, les premiers signalements ayant eu lieu en 2016.
"Chaque année, environ 200.000 femmes ont recours" à cet implant du groupe pharmaceutique Merck, précise l'ANSM.
Les premiers signalements en 2016 "ont conduit à la mise en place immédiate d'une surveillance renforcée", à l'ajout du risque de migration dans l'artère pulmonaire dans la notice et à l'envoi d'une lettre d'information aux professionnels de santé, souligne l'agence.
Par ailleurs, une dizaine de "centres d'excellence à la pose et au retrait d'implant contraceptif" ont été créés en France pour "former les professionnels volontaires à la pose".
Des cas de migration continuant à être rapportés malgré ces mesures, l'ANSM "a initié un arbitrage au niveau européen en juillet 2019 dans l'objectif de mieux sécuriser la pose et le retrait de l'implant". 
"Cette procédure vient de s'achever et va conduire dans les prochaines semaines à un renforcement de l'information et de la formation à la fois des professionnels santé et des patientes vis-à-vis de ce risque", ajoute l'autorité sanitaire.
Un article paru en juillet dans la revue médicale British medical journal (BMJ) analysait un cas similaire, survenu chez une jeune femme portugaise de 31 ans, avec un implant posé en 2017.
L'implant en cause était un Implanon NXT, du groupe Merck.
Ce genre d'accident est "très rare, avec peu de cas décrits dans la littérature scientifique", soulignaient les auteurs de l'article.
Une "insertion trop profonde" de l'implant et la pratique d'un "exercice physique intense" après la pose sont les principaux facteurs de risques d'une telle migration dans le système sanguin, ajoutaient-ils. (selon AFP)

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jeudi 7 novembre 2019

De Wallis-et-Futuna à Rennes

Sofia a parcouru la moitié de la planète pour soigner son cancer

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Après un éprouvant voyage de plus de trente heures, Sofia, 53 ans, a été prise en charge par le centre Eugène-Marquis, à Rennes, pour traiter son cancer au cerveau. Une opération dans le cadre d’un accord de coopération entre le centre et les îles Wallis-et-Futuna.

Je vais mieux. Ici le personnel est particulièrement gentil et attentionné. Je sais que c’est une véritable chance pour moi, assure Sofia, 53 ans. Cette femme est née et vit à Futuna. Une des îles de l’archipel de Wallis-et-Futuna, dans l’océan Pacifique, et située à 16 230 km de la capitale bretonne.

Ce n’est pas une image quand la quinquagénaire dit qu’elle a traversé la moitié de la planète. Ça a été très long et très fatigant. On a dû passer par le Japon. Plus de trente heures de voyage raconte-t-elle. D’autant que sa santé est particulièrement fragile.

Traitement et rechute…

Un voyage qu’elle a effectué fin août, dans le cadre d’un accord de partenariat passé entre le centre Eugène-Marquis de Rennes et l’hôpital de Wallis-et-Futuna. En fait d’hôpital, plutôt un dispensaire vieillot et sous-équipé, très loin des standards hospitaliers de l’hexagone.

En 2007, j’ai appris que j’avais un cancer du sein, explique-t-elle. À plusieurs reprises, j’ai dû me rendre à Nouméa, à trois heures d’avion de chez moi, pour me faire soigner. Le traitement est efficace, mais elle rechute en 2017. De nouveau, elle doit se rendre dans la grande île voisine pour de nouvelles séances de chimiothérapie. Mais en janvier 2019, on a aussi découvert des cellules cancéreuses dans mon cerveau. Une pathologie qui dépasse les compétences médicales de sa région.

Partenariat avec le centre Eugène-Marquis

Elle entre alors en contact avec les Dr Marlène Knezynski et Olivier Riou. Un couple qui, après avoir travaillé à Saint-Pierre-et-Miquelon, s’est installé à Wallis-et-Futuna pour apporter leurs compétences médicales. Nous avions déjà établi des relations de travail avec ce couple de médecins lorsqu’ils étaient à Saint-Pierre-et-Miquelon, explique le Dr Marc Pracht, oncologue à Eugène Marquis. Ils nous ont donc contactés pour voir ce que l’on pouvait faire pour cette patiente en particulier et pour Wallis-et-Futuna plus globalement. L’idée étant d’établir un partenariat pour développer l’oncologie, qui est totalement absente des deux îles lointaines.

Appareil de radiothérapie de dernière génération

Sofia est donc venue, accompagnée de Koleti et Emanuelé, deux infirmiers de l’agence de santé de Wallis. Ils vont effectuer un stage d’immersion de trois semaines dans notre établissement et nous allons les former à la préparation de la chimiothérapie.

Est aussi prévue, à moyen terme, la mise en place de télémédecine. Le but étant de leur donner une certaine autonomie et d’éviter aux habitants de Wallis-et-Futuna de se déplacer à Nouméa. Un véritable enjeu de santé.

Quant à Sofia, elle a pu bénéficier du Cyberknife, implanté à Eugène-Marquis. Un appareil de radiothérapie ultra-perfectionné de dernière génération, adapté au traitement des tumeurs du cerveau. Elle a également fait l’objet d’une petite chirurgie du cerveau. Elle va aujourd’hui beaucoup mieux et on espère qu’elle pourra rentrer chez elle bientôt. En attendant, Sofia peut profiter de la présence de ses trois enfants, qui vivent à Rennes depuis des années. (Samuel Nohra, journaliste à Ouest-France)

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mercredi 18 septembre 2019

Explosion de dengue en Asie du Sud-Est

Les chercheurs expérimentent une bactérie pour l'éradiquer

dengue

Des centaines de morts aux Philippines, des hôpitaux envahis de malades au Vietnam, en Malaisie, en Birmanie et au Cambodge: une épidémie de dengue ravage l'Asie du Sud-Est, et les scientifiques s'attaquent à la propagation du virus avec une expérimentation testée dans neuf pays dont le Vietnam.

Conduite par le programme mondial de lutte contre les moustiques, elle consiste à injecter à des moustiques en laboratoire une bactérie, la wolbachia, qui réduit considérablement une possible transmission à l'homme de la dengue - mais aussi d'autres virus comme le Zika, le Chikungunya ou la fièvre jaune. 
Une fois les insectes lâchés dans la nature, ils se reproduisent avec l'espèce vecteur de ces maladies. Les bébés, porteurs de la bactérie, n'ont qu'une infime chance de transmettre le virus.
Au Vietnam, les premiers résultats sur la dengue - principal virus transmis par les moustiques dans le monde - sont prometteurs.
"Nous avons constaté une importante baisse des cas" à la suite de cette expérimentation, indique à l'AFP Nguyen Binh Nguyen, l'un des coordinateurs du projet au Vietnam.
Son équipe a relâché l'an dernier environ un demi-million de moustiques porteurs de la wolbachia à Vinh Luong, un district surpeuplé dans le sud du pays, particulièrement vulnérable à la dengue. 

86% de cas en moins 

Depuis, les cas ont diminué dans cette zone de 86% par rapport à la station balnéaire voisine de Nha Trang, assure Nguyen Binh Nguyen.

Et les habitants sont soulagés car si les insectes continuent de circuler, la majorité sont désormais porteurs de la wolbachia.

"Je me sens plus à l'aise maintenant (...) mais je dois tout de même continuer à faire attention", relève Cong Thi Thu, une comptable qui, avec ses deux enfants, a été victime d'une sévère crise de dengue en 2016.
La dengue, dont les symptômes (douleurs articulaires, forte fièvre, vomissements...) s'apparentent à un syndrome grippal, touche plus sévèrement les enfants, en particulier les jeunes filles, bien que les scientifiques ne sachent pas pourquoi.
Aucun traitement spécifique n'existe.

Plus de 1.800 décès

Depuis le début de l'année, cette maladie frappe de plein fouet l'Asie du Sud-Est : au moins 670.000 personnes ont été infectées et plus de 1.800 sont décédées dans la région, selon des données compilées par l'AFP à partir des chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des autorités sanitaires de ces pays.
En cause: les températures élevées et une nouvelle souche du virus qui se propage vite parmi les populations non immunisées.
Les moustiques qui transmettent la dengue à l'homme prospèrent le plus souvent dans des zones urbanisées chaudes et humides, où l'eau stagnante est abondante.
La moitié des habitants de la planète vivent dans des zones à risque, principalement en Amérique latine, en Afrique et en Asie.
Perturbation des écosystèmes, déplacements des populations et des marchandises à cause de la mondialisation, urbanisation galopante sans assainissement des eaux, réchauffement climatique: "le cocktail est parfait pour que l'épidémie progresse très rapidement", souligne Rachel Lowe, professeure adjointe à la London School of Hygiene & Tropical Medicine.
Il existe quatre souches du virus. Une personne infectée est immunisée à vie contre celle qui l'a contaminée. Mais si elle est touchée par une autre forme, les symptômes sont souvent beaucoup plus importants.

Vaccin ou bactérie ?

Il existe un vaccin contre la dengue, mis au point par le laboratoire Sanofi Pasteur et approuvé pour utilisation dans une vingtaine de pays et dans l'Union européenne. Mais il est controversé. Aux Philippines, son déploiement raté en 2016 s'est traduit par la mort de dizaines d'enfants et a conduit à son interdiction.
La communauté scientifique s'intéresse aujourd'hui d'autant plus à la bactérie wolbachia que les insecticides pulvérisés à grande échelle dans certaines zones d'Asie du Sud-Est ne sont efficaces qu'à court terme et que les moustiques développent une résistance à ces produits.
Présente dans 60% des espèces d'insectes, la wolbachia a été découverte pour la première fois dans les années 1920 chez des moustiques vivant dans le système de drainage situé sous l'Université d'Harvard aux Etats-Unis. 
D'autres travaux, notamment en Malaisie et à Singapour, utilisent la wolbachia, mais la méthode est différente: les chercheurs infectent les moustiques mâles avec elle, ce qui les rend "incompatibles" avec les femelles non infectées et empêche ainsi les oeufs pondus de se développer et d'éclore.
En l'absence d'études à grande échelle, il est encore trop tôt pour se prononcer sur le réel succès des expériences ayant recours à cette bactérie.
"Au bout du compte, notre objectif est de nous assurer que cela conduira à une véritable réduction de la maladie", relève Raman Velayudhan, coordinateur à l'OMS du programme mondial de lutte contre la dengue. (selon AFP-Vietnam et Tahiti.infos)

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vendredi 9 août 2019

Alerte à la leptospirose, la "maladie des rats"

En cette période estivale, les personnes qui se baignent en eau douce sont appelés à la vigilance. Ils peuvent s'exposer à un risque d'exposition aux bactéries responsables de la leptospirose, une maladie infectieuse potentiellement mortelle.

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Trois cas de contamination en Haute-Saône

Une alerte à la leptospirose, maladie infectieuse potentiellement mortelle surnommée la "maladie des rats" car souvent véhiculées par ces rongeurs, a été lancée en Haute-Saône, après trois cas constatés chez des baigneurs, a indiqué vendredi la préfecture.

L'Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche Comté "a été informée de trois cas de leptospirose suite à une baignade dans une zone non contrôlée", a précisé la préfecture de Haute-Saône dans un communiqué, sans préciser dans quel état se trouvait les trois personnes infectées.

"L'ensemble des activités de baignade et de loisirs aquatiques en eau douce présente un risque d'exposition aux bactéries responsables de la leptospirose", ajoute la préfecture rappelant que "la baignade doit se pratiquer dans des zones surveillées faisant l'objet d'un contrôle sanitaire".

La leptospirose, maladie à prédominance estivale, est due à des bactéries présentes dans les urines des animaux, essentiellement les rongeurs, qui peuvent contaminer les rivières, les étangs ou encore les piscines naturelles.

Après l'incubation, de trois à une vingtaine de jours, la maladie se manifeste dans la majorité des cas par des signes ressemblant à la grippe (forte fièvre avec frissons, douleurs musculaires et articulaires, maux de tête, troubles digestifs).

Les formes graves peuvent entraîner une atteinte de tous les organes (défaillance multiviscérale) potentiellement mortelle, avec une insuffisance rénale, des hémorragies et une jaunisse.

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lundi 5 août 2019

Guadeloupe : grève du personnel hospitalier

En soutien, des milliers de personnes dans la rue

guadeloupePlusieurs milliers de personnes ont défilé jeudi dans les rues de Pointe-à-Pitre, au départ du CHU, a constaté un journaliste de l’AFP, répondant  à un appel à la mobilisation générale lancé par une dizaine d’organisations syndicales pour soutenir le personnel en grève.

Victime d’un incendie majeur le 28 novembre 2017, le CHU de Guadeloupe fonctionne depuis de façon perturbée. Plusieurs services ont été délocalisés dans des locaux transitoires inadaptés, selon le personnel. Un mouvement de grève générale a débuté au CHU de Guadeloupe le 23 juillet, et même depuis le 10 juillet aux urgences et à la maternité, pour dénoncer le manque de moyens humains et matériels, ainsi que la vétusté et l’exiguïté des locaux. 

En conséquence, la majorité des services fonctionne en service minimum. 

Jeudi, le cortège est parti du CHU en direction du centre-ville de Pointe-à-Pitre et s’est ensuite rendu devant la sous-préfecture. La radio RCI a annoncé que 6.000 personnes avaient défilé d'après le décompte des syndicats. Le comptage des forces de l'ordre faisait état de 2.500 manifestants. 

En plus de l’Union des travailleurs de la santé (UTS) – une branche de l’Union générale des travailleurs guadeloupéens (UGTG) – et de la CGTG, qui sont mobilisés à l’hôpital, onze organisations syndicales avaient invité leurs membres à manifester. 

En soutien, un appel à la mobilisation avait aussi été lancé devant le centre hospitalier de Basse-Terre ce jeudi. 

Les différentes négociations entre la direction du CHU et les autorités sanitaires n'ont pas permis de parvenir à un accord jusqu'ici. Mercredi, le dialogue s'est même tendu après des menaces du directeur, Gérard Cotellon, d'assigner en justice les organisations syndicales qui bloqueraient l'entrée du site à partir de jeudi avec une astreinte quotidienne de 5.000 euros. 

Selon un sondage Qualistat réalisé en juillet 2019, 82 % de la population guadeloupéenne estime que ce mouvement social est justifié et 15% des sondés le juge injustifié. 

Les négociations doivent reprendre vendredi matin. Mercredi, M. Cotellon a annoncé qu'une aide de 20 millions d'euros accordée par l'État, initialement remboursable, ne sera finalement pas à rembourser. De même, l'assurance de 40 millions d'euros débloquée après l'incendie de 2017, initialement déductible des aides gouvernementales, ne sera pas déduite. 

Le CHU fait actuellement face à de grosses difficultés budgétaires, avec notamment une dette fournisseur de près de 49 millions d'euros.

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samedi 11 mai 2019

Lunéville : le Samu ne vient pas, elle meurt devant les urgences

Une nouvelle affaire Naomi ?

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Opérée dans une clinique à Lunéville, cette mère de famille avait téléphoné au "15" quatre jours après l’intervention, à la suite de douleurs. Le Samu l’a invitée à se rendre à l’hôpital par ses propres moyens. Transportée par un proche, la patiente est décédée devant le sas des urgences lunévilloises.

Y a-t-il un lien entre la mort de cette mère de famille, l’intervention chirurgicale qu’elle a subie quatre jours plus tôt et le traitement de son appel au centre « 15 » ? Anéantie de douleur, la famille l’est aussi par une avalanche de questions. Le jeudi 14 mars, vers 7h, Maryse Rabah-Otmani, une mère de deux enfants, âgée de 56 ans, entre à la clinique Jeanne-d’Arc, à Lunéville. Pour une ablation (cholécystectomie) de la vésicule biliaire sous cœlioscopie. En ambulatoire. A priori, l’intervention se déroule sans « événements indésirables ».

La patiente est autorisée à quitter la clinique le jour-même, à 15h. « Faible, nauséeuse, souffrant de douleurs, elle avait du mal à marcher », observe un proche, qui assure le retour à la maison, à Barbas (Meurthe-et-Moselle). Pas d’inquiétude particulière, cependant. « Après une telle opération, ça pouvait sembler normal d’avoir encore mal ».

Ordonnance d’antalgique par téléphone

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Le vendredi 15 mars, la douleur se fait plus intense. La patiente téléphone à la clinique. Conformément à un courrier qui lui avait été remis et dans lequel sont mentionnés les numéros du service de chirurgie digestive et celui du Samu. « En cas d’extrême urgence, appeler le 15 […] », précise ledit courrier.

À Jeanne-d’Arc, on lui prescrit, par téléphone, un antidouleur dérivé d’ opiacés. Plus costaud que le paracétamol. L’ordonnance est faxée à la pharmacie la plus proche du domicile. Le mari ira chercher les médicaments. Malgré le traitement, les douleurs ne cessent pas.

Dimanche 17 mars, en fin d’après-midi, le mal est devenu insupportable. L’état de santé de la quinquagénaire s’est visiblement dégradé. À tel point que ses proches, inquiets, décident d’appeler non plus la clinique mais le « 15 ».

Pronostic vital engagé dans la voiture

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« Elle avait mal partout », précise l’un de ses enfants. L’opératrice du Samu s’entretient avec la famille ainsi qu’avec la patiente. « On lui a demandé si quelqu’un était en mesure de la conduire aux urgences à Lunéville, ce qui était le cas », indique-t-on dans le cercle familial. Le Samu ne juge pas nécessaire d’envoyer une ambulance ou une équipe médicale pour une prise en charge à domicile.

Un proche embarque alors la quinquagénaire à bord de son véhicule et fonce vers les urgences de l’hôpital de Lunéville, à une demi-heure de route de Barbas. À moins de 5 km de l’hôpital, Maryse Rabah-Otmani est prise d’un violent malaise. Elle vomit, perd connaissance. Est-elle déjà morte sur le siège passager ? La conductrice garde son sang-froid et poursuit sa route jusqu’au sas des urgences. Pompiers et médecins interviennent à même la chaussée. Le massage cardiaque va durer 45 minutes En vain. Au vu des circonstances, un médecin place un obstacle médico-légal. Le lendemain, la famille dépose plainte contre X. Sensible après l'affaire Naomi Musenga et le SAMU de Strasbourg en décembre 2017, le dossier ne reste pas dans les murs du commissariat de Lunéville. L’enquête préliminaire pour homicide involontaire est transmise au service régional de police judiciaire de Nancy.

Autopsie à Strasbourg

Le parquet de Nancy ordonne une autopsie dépaysée à l’institut médico-légal (IML) de Strasbourg et réalisée le 21 mars. L’acte médico-légal a-t-il pu pointer les causes de la mort ? Des analyses toxicologiques, plus complexes, sont-elles toujours en cours ? « L’IML ne nous a pas encore communiqué son rapport », indique François Pérain, procureur de la République de Nancy. « L’enquête en préliminaire pour recherche des causes de la mort est toujours en cours. »

En l’état de la procédure, la famille s’interroge tant sur le déroulé de l’intervention chirurgicale, le suivi post-opératoire que sur la prise en compte du centre « 15 ». « L’opératrice du Samu a-t-elle sous-estimé notre appel de détresse ? Peut-être n’en serait-on pas là si une ambulance était venue… » Quoi qu’il en soit, les minutes qui ont suivi démontrent malheureusement que l’appel au « 15 » était fondé. Et aujourd’hui, les proches de la défunte sont bien déterminés à tout mettre en œuvre pour obtenir des réponses à leurs questions.

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samedi 20 avril 2019

Interdiction du glyphosate

Après le Sri Lanka, le Vietnam

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Après le Sri Lanka, qui est le premier pays à avoir interdit le glyphosate en 2015, c’est au tour du Vietnam de bannir cette molécule de son territoire. Le 27 mars, le pays a annoncé qu’il interdisait l’importation d’herbicides contenant du glyphosate. La décision du Vietnam intervient suite au verdict d’un jury fédéral californien, rendu le 18 mars, estimant que le plaignant, Edwin Hardeman, avait su démontrer « par la prépondérance de la preuve » que son exposition au Roundup était « un facteur substantiel » de son cancer, un lymphome non hodgkinien.

« Dès que nous avons entendu ce second verdict selon lequel le glyphosate est lié au cancer, nous avons publié un document interdisant l’importation de nouveaux herbicides contenant l’ingrédient actif », a déclaré Hoang Trung, le chef du département de la protection des végétaux, rattaché au ministère de l’Agriculture et du Développement rural du Vietnam. Cette interdiction ne concernerait toutefois que les nouvelles commandes, les envois sous contrats déjà signés pouvant toujours être importés. « Le glyphosate sera également inscrit sur la liste des substances interdites au Vietnam dans un proche avenir. (...) Le tribunal fédéral de San Francisco fournira les preuves nécessaires au Vietnam pour accélérer ce processus », a-t-il précisé. Le ministère a également demandé aux entreprises, aux organisations et aux particuliers de signaler la production, la vente ou le stockage d’herbicides à base de glyphosate.

Le traumatisme de l'agent Orange

Cette décision du gouvernement vietnamien concernant le glyphosate est inextricablement liée aux conséquences dramatiques générées par l'agent Orange, dont Monsanto est l’un des fabricants. Ce défoliant chimique ultra-puissant contenant de la dioxine a été utilisé par l’armée américaine de 1961 à 1971 pour détruire à grande échelle la jungle vietnamienne, afin de faciliter la progression de ses troupes et de débusquer les combattants vietnamiens. Durant cette période, 80 millions de litres d'herbicides ont été pulvérisés sur 2,63 millions d’hectares de terres dans le sud du Vietnam, dont 60 % d’agent Orange, selon le ministère de la Défense du pays.

L’association vietnamienne des victimes de l’agent Orange dénombre plus de trois millions de Vietnamiens encore affectés aujourd’hui. Le Vietnam a demandé à plusieurs reprises à Monsanto et à d’autres entreprises américaines d’indemniser les victimes. En 2017, le gouvernement vietnamien a aussi annoncé l’interdiction du paraquat de Syngenta, un pesticide extrêmement dangereux, et de l’acide 2,4-dichlorophénoxyacétique (2,4-D) de Dow Chemicals, un composé organique présent dans l’agent Orange utilisé pendant la guerre du Vietnam.

Plus de 11 000 procès en attente aux Etats-Unis

Lors du procès opposant Edwin Hardeman à Monsanto, racheté par l’allemand Bayer à l’été 2018, le jury a également condamné la multinationale à verser 80,3 millions de dollars (71,5 millions d’euros) de dommages et intérêts à la victime. En août 2018, un jury californien avait déjà condamné le groupe à verser 289 millions de dollars de dommages et intérêts à Dewayne Johnson, un jardinier atteint d’un lymphome non hodgkinien qu’il attribue au Roundup. Si la peine a été ramenée à 78 millions de dollars en appel, le jugement a été maintenu sur le fond.

Bayer a immédiatement annoncé son intention de faire appel du jugement de l’affaire Hardeman et continue de défendre ardemment le glyphosate. Dans un communiqué du 9 avril, Bayer dit être « convaincu que le glyphosate est un produit sûr et continuera de défendre avec énergie ses produits qui en contiennent »« L’entreprise continuera de fournir des informations issues du corpus de science robuste qui confirme que le glyphosate et les produits à base de glyphosate sont sans risque lorsqu’ils sont utilisés dans les conditions d’emploi définies dans le cadre de leur autorisation de mise sur le marché, et que le glyphosate ne cause pas de cancer. » Selon le Wall Street Journal, Bayer fait face aux poursuites de 11 200 agriculteurs, jardiniers et autres utilisateurs du Roundup. La multinationale fait pour le moment le choix de dissimuler le risque, en annonçant avoir provisionné 660 millions d’euros dans son bilan pour les risques judiciaires.

Le ministère de l’agriculture et du développement rural vietnamien a annoncé, le 10 avril 2019, le retrait du glyphosate de la liste de produits autorisés dans le pays. (Sophie Chapelle, journaliste)

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jeudi 28 mars 2019

Des remous à l'hôpital de Sélestat

Le "Marcel" croyait avoir désigné un nouveau directeur, l'ARS lui aurait-elle préféré un "liquidateur" ?

bauer

drmarcelExtrait du journal "L'Alsace" de ce jour

hopital

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mardi 26 mars 2019

Valsartan, médicament contaminé !

Par substances cancérigènes dans l'antihypertenseur Valsartan une femme est gravement malade. À présent, un avocat de Fribourg-en-Brisgau (pays de Bade) a engagé une action en justice contre trois sociétés pharmaceutiques pour son client. 

valsartanIl s’agit du premier procès national en la matière, dirigé contre trois sociétés pharmaceutiques allemandes qui produisent le médicament antihypertenseur Valsartan. Heiko Melcher, avocate spécialisée en droit médical à Fribourg, s'est présentée au tribunal de district de Constance au nom d'une cliente âgé de 80 ans et originaire de Tengen à Hegau (district de Constance). La patiente ayant eu un cancer du rein au printemps 2018, a pris quotidiennement le valsartan, un médicament antihypertenseur à forte dose, pendant six ans à une dose maximale de 320 milligrammes. À l'été 2018, des contaminants contenant les nitrosamines NDMA et NDEA (N-nitrosodiméthylamine et N-nitrosodiéthylamine) ont été découverts dans des préparations de valsartan qui transformaient la matière active de deux fabricants chinois. Ces substances sont cancérogènes.

Un marché contesté !

Le géant pharmaceutique suisse Novartis détient depuis 20 ans le brevet du médicament antihypertenseur. Après l'expiration de la protection par brevet, des génériques de diverses sociétés sont entrés sur le marché. Ce marché des génériques est contesté, les sociétés allemandes - comme cela est courant dans de nombreux autres secteurs - achètent le médicament pour le médicament à des fabricants étrangers, comme en Asie et en Amérique latine. Il est moins cher et plus rapide de produire là-bas, confirme le pharmacologue renommé Fritz Sörgel, directeur de l'Institut de recherche biomédicale et pharmaceutique de Nuremberg. Les fabricants étrangers d'ingrédients actifs seraient mis sous pression par les sociétés allemandes à propos des contrats de rabais et suivraient sous cette pression de nouvelles filières de production. "C'était bien causé par un solvant venu à la contamination", dit Sörgel. On pense que les polluants ont été présents pendant six ans, le fabricant de médicament étranger a ensuite changé le processus de synthèse.

 D'abord la Chine, puis l'Inde et le Mexique !

Les contaminants ont été découverts pour la première fois par le fabricant chinois Zhejiang Huahai Pharmaceutical. Plus tard, un deuxième producteur de drogue problématique, Zhejiang Tianyu, a été découvert. Rien qu'en Chine, 17 sociétés pharmaceutiques allemandes ont été approvisionnées, explique l'avocat Melcher. Entre-temps, selon Sörgel, qui a examiné 152 préparations dans son institut, une contamination de producteurs de principes actifs en Inde et au Mexique a également été découverte. 

Par ordre de l'Institut fédéral des médicaments et des dispositifs médicaux, qui fait partie du secteur des affaires du ministère fédéral de la Santé, tous les lots livrés du médicament en question ont été retirés du marché. Les patients ont pu retourner leurs médicaments. L'Agence européenne des médicaments (EMA) a également lancé une procédure d'évaluation des risques.

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En février 2019, dans un rapport provisoire, elle a annoncé que la plupart des médicaments à base de Sartane, ou la plupart d'entre eux, ne contenaient pas ou très peu de contaminants. En ce qui concerne les médicaments contenant l'ingrédient actif du fabricant chinois Zhejiang Huahai, l'EMA est parvenue à la conclusion suivante: sur 100 000 patients qui ont pris le médicament à la dose la plus élevée (320 milligrammes) pendant six ans, 22 en raison d'un cancer à la NDMA et huit en NDEA (lorsque vous prenez la préparation pendant quatre ans à la dose maximale). L’avocat Melcher estime que, selon cette estimation, 900 000 patients atteints de valsartan dans toute l’Allemagne sont atteints d’un cancer dû aux impuretés: "Un risque non négligeable".

Le pétitionnaire a reçu les comprimés de trois fabricants de génériques différents: 1A-Pharma, Mylan dura et Hexal; Tous les trois sont maintenant poursuivis. La juge Mirja Poenig, porte-parole du tribunal d'instance compétent de Constance, a confirmé que la procédure préliminaire écrite avait été ordonnée le 20 février. "Deux des trois accusés ont déjà indiqué leur intention de se défendre. Il est donc probable qu'une nomination soit faite ultérieurement, à moins qu'un règlement amiable extrajudiciaire ne puisse être atteint ou qu'un ordre d'expertise ne soit préparé." En ce qui concerne l'audience, ce n'était "pas sérieusement prévisible".

La porte-parole d'Hexal, Katja Minak, a déclaré, également au nom de la filiale de Hexal, 1A-Pharma, que les lots concernés avaient été rappelés depuis le 4 juillet 2018, et a confirmé les poursuites judiciaires à l'encontre des deux sociétés: "À notre avis, les demandes sont non fondées." Mylan dura laissa les demandes de renseignements de la BZ sans réponse. 

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L’avocat Melcher a calculé que le procès pouvait durer plusieurs années et que son client serait peut-être décédé avant tout jugement. Il en avait discuté avec son client et avec sa famille et avait décidé de mettre fin à la procédure. Dans le cadre de la procédure, le renversement de la charge de la preuve s’applique, ce qui signifie: Les sociétés défendeuses doivent prouver que le cancer du demandeur peut avoir d’autres causes.

La plainte repose sur une responsabilité objective en vertu de la loi allemande sur les médicaments et sur l'omission des contrôles nécessaires, explique Melcher, citant trois objectifs: premièrement, fournir des informations sur la fabrication, si le fabricant était au courant d'interactions ou de problèmes et dans quelle mesure il existait des contrôles sur la production , "On pense que les médicaments doivent avoir les contrôles les plus stricts." Deuxièmement, ils veulent faire valoir une demande en dommages et intérêts, troisièmement, la conclusion: Melcher considère l'action comme un cas modèle pour d'autres patients. (selon "Badische Zeitung")

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samedi 9 mars 2019

Des temps difficiles pour les fumeurs...

...et encore plus pour les buralistes. Trois (!) nouvelles hausses de prix devraient catapulter le prix du paquet normal (20 cigarettes) à plus de 10 €. Pour la santé publique ?

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Le fait que les prix du tabac montent en flèche en France est particulièrement réjouissant en raison des innombrables tabacs qui sillonnent désormais les rues de la petite ville voisine de Kehl. Lorsque le tramway en provenance de Strasbourg entre à Kehl, les caisses dans les magasins sonnent, ce qui n’est pas surprenant, car le tabac et les cigarettes sont bientôt deux fois plus chers en France qu’en Allemagne. Et que dire des tabacs français ?

Le mot magique pour ces marchands de tabac en France qui n'ont pas encore jeté l'éponge s'appelle "diversification". Et ce n’est pas si facile chez les buralistes, car les principaux produits de ces magasins, avec le losange rouge typique dans lequel se trouve le mot "Tabac", ont déjà vendu des produits qui connaissent actuellement des chutes dramatiques - tabac et magazines. Donc, exactement les groupes de produits, où l'eau est à la hauteur de son cou.

Aujourd'hui, de nombreux tabacs en France vendent également des cigarettes électroniques, exploitent des points de collecte de colis, offrent du café à emporter et essaient d'obtenir au moins le loyer du magasin dans toutes sortes de commerces côte à côte, mois après mois. Et même cela ne suffit pas. Rien d’étonnant, alors que toute la clientèle peut facilement se rendre de l’autre côté de la frontière en tram et s'approvisionner en tabac et en cigarettes à des prix beaucoup plus bas.

La lecture officielle est claire: ces augmentations de prix constantes et d’autres mesures telles que les ensembles d’uniformes d’olive avec toutes sortes d’images d’horreur et de slogans, le gouvernement français veut empêcher les gens de fumer. Mais cela ne semble à première vue. Dans la pratique, le fumeur s’adapte aux circonstances - de même aujourd’hui, ceux qui ne peuvent pas payer 10 € pour un paquet de cigarettes fabriquent des cigarettes rembourrées, qui sont nettement moins chères. Mais le moins n'arrête pas.

Il est également clair que les maladies des fumeurs coûtent beaucoup à la Sécurité sociale. L'équation est simple: moins de fumeurs = moins de coûts de soins médicaux. Vous augmentez donc les prix, ce qui fait même de fumer un emploi élitiste. Le millionnaire se moque de savoir s'il paie 8, 10 ou 12 euros pour un paquet de cigarettes, alors que le bénéficiaire de l'aide sociale au tabac doit compter sur chaque gramme de tabac et cela ne changera pas après les prochaines augmentations.

Et si vite est le développement. À partir du 1er janvier, le prix par pack a été augmenté de 0,50 € (certaines marques en ont bénéficié et ont augmenté de 0,60 € le prix antérieur). Ainsi, le prix d’un paquet standard d’une grande marque est passé de 8,20 € à 8,80 €. Et déjà en novembre 2019, il continue et le prix est encore augmenté de 0,50 €. Les marchands et les fumeurs vont s'habituer à contrecœur aux nouveaux prix, puis ils se poursuivront en mars 2020, avec une nouvelle augmentation de 0,50 €. En novembre 2020, le gouvernement veut lever la barrière psychologique de 10 € et y parvient par une nouvelle augmentation de 0,50 €. Le forfait coûte alors 10,30 €, sans aucun supplément supplémentaire à prendre en compte.

Avec cette évolution des prix, il est clair que de plus en plus de fumeurs ne peuvent plus continuer à fumer, car ils ne peuvent plus payer le tabac et les cigarettes. C'est bon pour leurs poumons. Pendant ce temps, les commerçants de tabac réfléchissent fébrilement à la façon de joindre les deux bouts. Dernière idée: On va bientôt tester l’installation de distributeurs automatiques de billets de la SNCF dans des bureaux de tabac.

Au fur et à mesure que vous inversez la situation, la situation est plus qu'inéquitable et carrément existentielle pour les marchands de tabac d'Alsace. Tôt ou tard, il faudra aussi trouver ici des solutions européennes, car cette concurrence déloyale permet à certains d’économiser, mais à d’autres de menacer gravement leur existence sociale. Et ça ne marchera pas comme ça pendant longtemps. (selon "Eurojournaliste")

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