mardi 26 février 2019

Pays de Bade : des patrons protestent contre l’expulsion des migrants

Dans le Bade-Wurtemberg, une centaine de chefs d’entreprise réclament que les autorisations de séjour soient liées aux contrats de travail. Ils ont embauché beaucoup de migrants depuis trois ans, une main d’oeuvre intégrée, menacée désormais d’expulsion.

bade

69 réfugiés afghans expulsés vers leur pays le jour de son 69ème anniversaire. La remarque et le rictus du ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, ont suscité une vive polémique le mois dernier en Allemagne. Le pays manque en effet de main-d'oeuvre qualifiée, surtout dans le sud du pays. Pour de nombreuses entreprises, les demandeurs d'asile, arrivés en nombre depuis trois ans, ont permis de répondre à leurs besoins. Mais certains sont aujourd’hui sous le coup d'une expulsion. Les chefs d'entreprise concernés sont de plus en plus nombreux à protester et à exiger que des migrants intégrés sur le marché de l'emploi puissent rester en Allemagne.

Parmi ces demandeurs d’asile déboutés se trouvait Ahmed Ahmadi. Arrivé comme des centaines de milliers de réfugiés ces dernières années en Allemagne, il était intégré et avait un travail. Son employeur Wolgang Strahl est sous le coup de l'émotion : "Je suis déçu, ajoute Wolfgang Strahl. Je ne pensais pas que ça puisse frapper Ahmad qui est expulsé alors qu’il était parfaitement intégré." 

Des conséquences économiques pour les entreprises mais aussi pour l'État

Beaucoup de chefs d’entreprise comme Wolfgang Strahl dénoncent ces pratiques. Ils ne comprennent pas que leur engagement pour l’intégration des réfugiés, ou tout simplement le temps passé et l’argent dépensé pour leur formation, soient remis en cause du jour au lendemain. Jürgen Rudeck a une petite entreprise de peinture sur métaux et il n’arrive pas à satisfaire toutes les commandes. "Il y a trois ans, les pouvoirs publics nous ont demandé de contribuer à l’intégration des réfugiés. Nous l’avons fait. Et maintenant, on les expulse. Cela a des conséquences négatives sur notre chiffre d’affaires et sur nos bénéfices. L’État perd des recettes car nous payons moins d’impôts."

Dans le Bade-Wurtemberg, région où règne pratiquement le plein emploi et où les entreprises recherchent désespérément de la main d’œuvre qualifiée, une centaine de chefs d’entreprise ont lancé une initiative pour que leurs salariés ne soient pas expulsés. "Ma proposition serait que si un demandeur d’asile a un contrat de travail, son autorisation de séjour soit liée à ce contrat", explique Jürgen Rudeck.

L’Allemagne veut adopter une loi favorisant la migration économique. Elle pourrait répondre aux cas de ces migrants souvent dans l’impasse. Et pendant ce temps, la France se refuse à cette politique...

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vendredi 18 janvier 2019

Suite du débat avec nos conseillers départementaux

Après la "fameuse réunion très houleuse concernant l'accueil de migrants à l'ancienne gendarmerie de Villé" de novembre 2017, j'ai tenu à revenir sur un sujet : l'accueil des "mineurs étrangers isolés". Voici d'ailleurs le sujet tel que je l'avais traité il y a quelque temps :

Dans la banlieue strasbourgeoise, un vieux château accueille des enfants isolés migrants.

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Le Château d'Angleterre, au nord de Strasbourg, en pleine campagne, un vieux manoir qui servait déjà de pavillon de chasse aux nobles exilés d'Angleterre. Depuis 1909, il est devenu une dépendance de l'orphelinat du Neuhof (autre œuvre sociale de Strasbourg). Il est alors réservé aux « mauvais garçons » et sert de maison de correction. Aujourd'hui, il accueille trois types de jeunes de 13 à 21 ans : des jeunes ayant une vie familiale difficile, placés par un juge pour enfants, des jeunes délinquants et des « mineurs étrangers isolés » ayant perdu leurs parents en cours de migration.

« L'EEP assure depuis 1949 une mission de protection de l'enfance pour des mineurs en situation de danger. La structure peut accueillir, 36 adolescents en internat, 24 en accueil de jour et accompagner 4 adolescent en placement à domicile. Ils sont âgés de 13 à 21 ans et sont confiés soit par ordonnance du juge des enfants, soit par le Service de protection de l’enfance. Il est aussi conventionné pour l’accueil de 50 Mineurs Non Accompagnés et 50 Jeunes Majeurs hébergés en appartements collectifs extérieurs. »

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En ce moment, l'association accueille 32 jeunes migrants, dans ses différentes structures (3 centres dont le Château d'Angleterre Bischheim, un centre à Breitenbach-Kreutzweg et un autre à Urbeis-Climont). J'ai pu en rencontrer quelques-uns : afghans, pakistanais, soudanais, ivoiriens ou sénégalais.

Le directeur de l'accueil m'a indiqué : « Tous ces jeunes que nous recevons sont en grand désarroi. Ils vivent un conflit intérieur, entre leur attachement à leur pays d’origine, leur famille, et l’avenir qu’ils peuvent avoir en France. Parfois ils ont été envoyés là par leurs proches, parfois ils ont fui un conflit… Ils n’ont pas choisi d’être sur cette route et ils ont tous vécu des histoires traumatisantes pour leur âge. C’est pourquoi nous avons dans notre équipe une psychologue et que la première étape de l’accueil commence par un point de leur situation personnelle. Ensuite, nous les aidons à se scolariser, à disposer de papiers en règles, à parler français, etc. Nous stoppons leur migration, et avec un peu de chance, ils se taillent un avenir en France. Ainsi, nous avons un jeune apprenti, qui sera très probablement embauché par la SNCF. »

J'ai moi-même pu discuter avec certains. L'un des jeunes ivoiriens, 16 ans aujourd'hui, m'indique que sa famille a quitté Bouaké en 2010, lors de la crise post-électorale. Ils ont passé par le Burkina-Faso, le Niger, la Libye, où le père a disparu (certainement vendu comme esclave). La maman, avec ses 3 enfants, est partie vers les Balkans, avant de disparaître en Méditerranée. Il est le seul survivant. Il est arrivé en Allemagne en 2015, où il a pu faire une demande de réfugié, qui n'a pas abouti. Il est parti il y a 3 mois vers Strasbourg avec deux de ses camarades africains, mais il s'est fait « ramasser » par la police qui l'a acheminé vers ce château d'Angleterre. Il aimerait aller à Paris où il a de la famille (un oncle et des cousins). Mais l'administration lui refuse ce déplacement.

Ici, il est un peu perdu. Certes il parle parfaitement le français, et il participe à un atelier de menuiserie. Mais les autorités veulent le renvoyer en Côte d'Ivoire où il ne connaît plus personne. Son pays n'est plus en guerre, l'administration française le classe en « réfugié économique », donc « expulsable ». Cette même administration se réfugie aussi, selon le directeur, derrière la législation européenne : « On ne peut faire une demande de réfugié, or ces jeunes ont déjà déposé une requête en Allemagne. » Après la perfide Albion, voilà la perfide Europe ! A Calais, elle empêche d'aller en Angleterre les anglophones d'Afghanistan, du Pakistan, de Syrie, et le long de la frontière allemande, elle interdit aux francophones d'Afrique de l'Ouest, si chère aux Bolloré, Bouygues ou Vinci, de se rendre en France !

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Et lorsqu'ils ne sont pas rejetés, ils sont intégrés dans des « centres de rééducation » réservés normalement aux jeunes délinquants. Ils sont mis à disposition de municipalités où ils doivent travailler dur, dans les travaux forestiers ou agricoles, punis bien qu'innocents. Alors beaucoup de ces jeunes, conduits ici par la police, surtout pendant les week-ends, se restaurent, se reposent, puis repartent à l'aventure. Certains retournent bien malgré eux du côté allemand du Rhin, car au moins ils peuvent travailler et gagner quelque argent. Même si ce ne sont que des « Eurojobs » (payés 1 € par heure) et des emplois très précaires. Et il se chuchote de plus en plus que la nouvelle « loi Macron » concernant les migrations, devrait permettre de jeter en prison les jeunes mineurs. 

Ci-dessous : extrait du journal "L'Alsace" du 18/4/2018.

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Lors du débat de lundi, Mr. Bierry a pu apporter des précisions : le département cherche de plus en plus des familles d'accueil pour ces jeunes. Alors que normalement, pour des enfants placés le département doit dépenser 90 €/jour, l'Etat ne fournit pour les jeunes migrants que 300 €/mois. D'où certaines difficultés. Cependant, Mr. Bierry relève un côté positif : la plupart de ces jeunes cherche à s'intégrer positivement. L'échange sur ce sujet a été des plus intéressants.

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dimanche 13 janvier 2019

Un centre de rétention en Australie

 200 migrants en grève de la faim

australiePlus de 200 migrants résidant dans un centre pour immigrants à Melbourne en Australie ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de vie, ont indiqué mercredi des détenus et des militants des ONG à l'AFP. 

 

Les migrants ont une série de demandes, allant de tables et chaises pour pouvoir effectuer leurs démarches administratives jusqu'à la liberté de sortir après minuit sans garde, selon un détenu irakien Ali Youssouf. 
"Je n'ai jamais vu de centre de détention comme celui-ci avant", dit ce migrant de 30 ans retenu au Melbourne Immigration Transit Accommodation (MITA). 
Le gouvernement australien et le SERCO -- une société privée sous contrat qui fournit le personnel n'ont pas répondu immédiatement aux demandes de réaction. 
Les migrants doivent rencontrer jeudi des responsables du gouvernement pour tenter de trouver une solution. 
Des grèves de la faim sont courantes dans les centres de rétention des migrants sur le continent australien. 
L'année dernière, des centaines de personnes d'un centre de Sydney ont entamé une grève de la faim en raison de règles de visite jugées trop strictes. 
Les personnes retenues ont également eu recours à des grèves de la faim de courte durée pour obtenir l'attention des médias et faire pression sur le gouvernement conservateur australien pour qu'il ferme ces centres. 
Le gouvernement australien nie les mauvais traitements, mais s'est engagé à "réduire progressivement" le réseau de rétention d'immigrants sur l'île-continent. 
Alors qu'il hébergeait quelque 10.000 personnes en 2013, ils ne sont plus qu'un millier aujourd'hui. 
Ian Rintoul, militant de l'ONG Refugee Action Coalition, estime qu'il n'y avait "aucune excuse pour les centres de détention" et appelle à leur fermeture. 
Les gouvernements australiens appliquent depuis des décennies une politique de rétention obligatoire pour les étrangers en situation irrégulière, y compris pour ceux qui restent après l'expiration de leur visa. 
Selon ses détracteurs, cette politique coûte à l'Etat 170.000 dollars par an (148.000 euros) par étranger, selon les chercheurs de l'University of New South Wales. 
Ses partisans jugent ce système dissuasif et nécessaire pour le contrôle des frontières. 
Depuis 2013, Canberra refoule systématiquement en mer les bateaux de clandestins. Ceux qui passent entre les mailles du filet sont envoyés sur l'île de Nauru ou sur celle de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les arrivées de bateaux, auparavant quasi-quotidiennes, sont devenues rarissimes. (Selon "Tahiti-infos")

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vendredi 4 janvier 2019

Trente migrants dans le froid à Strasbourg

Un campement de migrants, en majorité des Albanais demandeurs d’asile, est apparu depuis mi-décembre dans un coin du parc de la Bergerie, dans le quartier de Cronenbourg.

migrants2Un nouveau campement de migrants, en majorité des Albanais demandeurs d’asile, s’est constitué dans le parc de la Bergerie, dans le quartier de Cronenbourg à Strasbourg. Un groupe d’une trentaine de personnes s’est installée, sous des tentes et des abris de fortune. La douzaine de familles inclut des enfants en bas âges, les plus petits ont 2 ans et 3 ans.

Le froid et les conditions d’insalubrité leur procurent de nombreux problèmes de santé, notamment pour les enfants qui souffrent de rhumes et de bronchite selon les moments. Les associations d’aide aux migrants tentent de leur venir en aide et les médecins notent fréquemment des problèmes de santé psychologiques comme des dépressions, des décompensations de dépression… Une des jeunes filles a eu de graves problèmes d’infection de l’oreille et a dû être hospitalisée en urgence au CHU de Hautepierre.

Pour se chauffer dans la journée, les migrants utilisent des palettes qu’ils font brûler. Mais leur approvisionnement s’est tari, si bien qu’ils utilisent désormais des pneus, dont la combustion est très polluante et génère de nombreuses nuisances d’odeurs et de fumées dans le quartier. Selon le collectif D’ailleurs nous sommes d’ici, la Ville de Strasbourg est informée de la situation mais l’hébergement d’urgence est une compétence de l’État.

Cependant, de nombreuses personnes parmi celles qui se sont installées à la Bergerie ont vu leur demande d’asile refusée, et ne peuvent donc pas accéder au dispositif d’accueil des demandeurs d’asile, qui est de toutes façons saturé. Ils peuvent faire l’objet d’une reconduite à la frontière en plein hiver. Le collectif d’aide au camp de la Bergerie a étudié les statuts des familles présentes et déposé des recours devant la justice administrative lorsque cela est possible. Le collectif demande aux autorités de surseoir à l’examen de leur situation juridique pour immédiatement mettre à l’abri ces familles. (selon "Rue 89 Strasbourg")

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lundi 5 novembre 2018

Migrants honduriens en marche vers les Etats-Unis

Qui se cache derrière la caravane des migrants ?

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Cette caravane de migrants n'est pas un mouvement spontané, comme certains l'affirment. Ce n'est pas non plus une action lancée par le camp démocrate, ou républicain, aux États-Unis. À l'origine, c'est un opposant au président du Honduras, Luis Redondo, qui a lancé cet appel sur les réseaux sociaux. Elle appelle les Honduriens à se retrouver le 12 octobre pour aller au Mexique. Cette « caravane » est une manière pour ce politique  de dénoncer la "corruption" du parti au pouvoir au Honduras. Et la date du 12 octobre n'a pas été choisie au hasard :  c'est le jour de la découverte de l'Amérique  par Christophe Colomb, jour de protestation  dans toute l'Amérique latine - et fête nationale en Espagne.

Qui finance la caravane ?

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Dans un tweet, un membre du Congrès républicain proche de Trump, Matt Gaetz y assure que les migrants sont payés pour rejoindre le mouvement. Sur Fox News, le 25 octobre 2018, on insinue même que c'est George Soros, le milliardaire américain, juif,  qui finance cette « invasion de migrants » pour reprendre leurs termes. Nous avons posé la question à la principale ONG qui accompagne les migrants, qui se trouvent actuellement au Mexique. Selon Rodrigo Abeja, membre de l'ONG Peuples Sans Frontières"C'est un mensonge grotesque de dire que la caravane est financée par les démocrates, les républicains ou George Soros" L'ONG Peuples Sans Frontières collecte des fonds, sur Internet, via un système de financement participatif. Les migrants sont donc aidés par cette ONG, des bénévoles, mais aussi par les habitants des régions qui leur donnent de la nourriture et des médicaments.

Qui sont ces migrants ?

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Pour l'entourage de Donald Trump, pas de doute : ce groupe est infiltré par Daech. Une assertion que ne dément pas le président américain. "Vous allez trouver des gangs du Honduras, vous allez trouver le Moyen-Orient, vous allez trouver de tout dans cette caravane !" se permet ce président populiste. Ces accusations sont démenties par Amnesty International,  qui s'est rendu sur place. "Nous n'avons pas vu de personnes du Moyen-Orient à la frontière. Nous avons vu des familles avec des jeunes enfants et des mamans qui allaitaient", assure Adeline Neau, chercheuse à Amnesty International. La plupart des migrants fuient le Honduras, où sept habitants sur dix vivent dans la pauvreté. 

À qui profite la "caravane" ?

Cette caravane de migrants a déclenché une polémique aux Etats-Unis. Ce thème polarise désormais tout le débat de la campagne des élections de mi-mandat. C'est une aubaine pour les Républicains, et  Donald Trump. C'est en tout cas l'analyse du président, le Harpers magazine : "Cela aide les Républicains, beaucoup plus que les démocrates, de voir une foule qui avance vers la frontière. C'est le cauchemar dont Trump parle sans arrêt". Ces migrants sont donc doublement instrumentalisés - par l'opposition politique hondurienne, et aussi par les Républicains aux États-Unis. Donald Trump souhaite laisser ces migrants aller à la frontière, dans des tentes, sous la surveillance d'au moins 5000 militaires.

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jeudi 25 octobre 2018

Maroc : silence ! le roi Mohammed VI réprime !

Soutien aux migrants = Outrage au drapeau national ! 

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Au Maroc, après les assauts de la Marine royale contre des embarcations de migrants, ayant coûté la vie à une étudiante 22 ans, un jeune marocain qui a apporté son soutien à la cause de cette jeune femme tuée par l’armée vient d’être envoyé en prison pour deux ans. Le Maroc a ainsi durci ton, notamment s’agissant de la migration et tout ce qui tourne autour.

Soufiane Al-Nguad, un Marocain 32 ans, a été condamné à deux ans de prison ferme pour avoir protesté sur les réseaux sociaux contre la mort de la jeune migrante, Hayat, tuée en fin septembre par des tirs de la Marine marocaine. Le mis en cause est poursuivi par la justice marocaine pour « outrage au drapeau national », « propagation de la haine » et « appel à l’insurrection civile ». Le verdict, prononcé  par le tribunal de Tétouan, ville du nord du Maroc, est tombé dans la nuit de mercredi à jeudi 18 octobre 2018.

Les faits racontés par son avocat : avant un match de football disputé le 30 septembre à Tétouan Soufiane Al-Nguad avait appelé, à travers des publications sur sa page Facebook, le groupe des ultras « Los Matadores » du club de football local à « manifester et à porter des habits noirs de deuil » pour protester contre le décès de Hayat Belkacem, originaire de la localité. L’homme a été interpellé après des troubles lors de ce match, a indiqué son conseil.

Par ailleurs, pour avoir manifesté le soir du même match, notamment en brandissant des drapeaux espagnols et scandé des slogans comme « Vive l’Espagne » lors du match. Ils avaient aussi manifesté sur le chemin du stade en appelant à « venger Hayat », dix-neuf supporters âgés de 14 à 23 ans sont également jugés à Tétouan pour « outrage au drapeau national », « manifestation non autorisée » et « destruction de biens publics et privés ».

Alors que la colère suscitée par la mort de cette étudiante de 22 ans, tuée le 25 septembre par la Marine marocaine alors qu’elle tentait de gagner clandestinement les côtes espagnoles en bateau, n’avait pas baissé, la Marine royale marocaine remettait ça en ouvrant le feu sur une embarcation transportant des migrants marocains, lors d’une opération d’interception au large de Larache. Lors de cette opération d’interception menée dans la nuit de mardi 9 à mercredi sur la côte Atlantique, au sud du détroit de Gibraltar, un migrant sur les 58 que comptait l’embarcation a été blessé à l’épaule puis transféré à l’hôpital de Tanger. Les autres migrants, des femmes et des hommes, ont été mis à la disposition de la gendarmerie. Bref, une nouvelle conduite des autorités marocaines, notamment de l’armée dont le roi Mohammed VI est le chef suprême, qui ont en effet durci le ton face à la migration et ses ramifications.

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vendredi 12 octobre 2018

La politique inhumaine de l'administration Trump

Une fillette de deux ans comparaît seule devant un tribunal américain

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Elle n'a que deux ans, mais Fernanda Jacqueline Davila, une petite migrante originaire du Honduras, a dû comparaître seule devant un tribunal américain. Une situation ubuesque qui scandalise une partie des Américains.

Une situation à peine croyable

La petite Fernanda et sa grand-mère sont entrées illégalement aux États-Unis au mois de juillet dernier, dans l’espoir de trouver une vie meilleure. En vain: la gamine s'est retrouvée dans une situation à peine croyable, face à la justice américaine... 

Le New York Times a rencontré la grand-mère: "J’avais décidé de l’emmener en Amérique pour qu’elle vive dans un meilleur environnement et qu’elle ait surtout un avenir."

Mais c'était compter sans la très dure politique migratoire de l’administration Trump: la fillette de deux ans a été séparée de force de sa mamie... avant d'être placée dans un centre de détention pour enfants migrants.

Renvoyée au Honduras

Lundi 8 octobre, Fernanda a dû comparaître devant la justice américaine... Face à la cour, il a été établi qu'elle ne parlait pas anglais, ce qui devait motiver son renvoi.

Dans son siège trop grand pour elle, l'enfant, accompagnée par une assistante sociale inconnue mais sans sa grand-mère, a d'abord pleuré...

"Quel âge avez-vous?", lui a demandé la juge Zagzoug, quand elle a cessé de pleurer. Avant d'enchaîner: "Parles-tu espagnol?Un interprète s'est penché vers l'enfant, lui posant la question en espagnol. Fernanda est restée silencieuse, "hochant la tête", selon l'interprète, visiblement gênée par ce cas inédit.

La juge a fait comparaître une trentaine d'enfants, âgés de 2 à 17 ans. Fernanda est passée en 26e position. 

Le jugement est tombé : expulsion. Il a été décidé qu'elle rejoindrait ses grands-parents dans son pays d'origine - lesquels ont d'ailleurs tout fait, depuis plusieurs mois, pour récupérer l'enfant. 

Jusqu’ici, Fernanda Jacqueline Davila est la plus jeune migrante à comparaître - seule - devant la justice américaine. Mais elle est loin d’être la seule : de nombreux enfants migrants sont arrachés à leurs parents et vivent un véritable traumatisme depuis le durcissement de la politique migratoire de Donald Trump.

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mardi 9 octobre 2018

Réfugiés en Australie

Fermeture du centre de détention de réfugiés de l'Île Christmas

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L'Australie a annoncé vendredi la fermeture d'un camp de rétention controversé pour demandeurs d'asile situé sur l'île Christmas, dans l'océan Indien, en claironnant le succès de sa politique très dure contre les clandestins tentant de gagner son territoire. 

Canberra est vivement critiqué pour cette politique très restrictive mise en oeuvre en 2013 par les conservateurs et qui consiste à repousser systématiquement les bateaux de réfugiés tentant de gagner illégalement ses côtes. 
Les migrants qui y parviennent sont relégués pour des durées indéterminées dans des camps de rétention sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, sur la minuscule île du Pacifique de Nauru, ou sur l'île Christmas, le temps que leur demande d'asile soit instruite. 
"Le centre (de détention de l'île Christmas) est désormais fermé, la trentaine de détenus qui s'y trouvaient toujours ont été transférés ce week-end dans des installations d'Australie continentale", a déclaré à l'AFP David Coleman, porte-parole du ministère de l'Immigration. 
L'île Christmas se trouve à 2.300 kilomètres au nord-ouest de Perth, capitale de l'Etat d'Australie-occidentale. Ouvert en 2008, son camp de détention de migrants a été le théâtre d'émeutes, de suicides ou encore d'actes d'automutilation. 
Canberra justifie sa politique contre les réfugiés par la nécessité de lutter contre les gangs de passeurs et de dissuader les migrants tentant la périlleuse traversée vers l'Australie. 
Le gouvernement australien essuie depuis des années les foudres des organisations de défense des droits de l'homme en raison du maintien sur des durées extrêmement longues des réfugiés, et notamment d'enfants, dans ces installations où les conditions de vie sont très dures. 
Même si la demande d'asile est fondée, ces clandestins ne sont pas autorisés à s'installer sur le sol australien. Ils ont le choix entre aller daA une époque, les arrivées de clandestins originaires du Moyen-Orient ou d'Afghanistan étaient presque quotidiennes, quand leurs embarcations parties d'Indonésie ou du Sri Lanka ne faisaient pas naufrage en route. 
"Au plus fort, en juillet 2013, il y avait plus de 10.000 personnes dans les centres de détention pour migrants, dont 2.000 enfants", a déclaré M. Coleman, en dénonçant la responsabilité des précédents gouvernements travaillistes. 
"Ce gouvernement a arrêté les bateaux, mis un terme au trafic maléfique par les gangs de passeurs et sorti ces enfants de détention." 
Cette politique a effectivement été couronnée de succès, en ce que le nombre des arrivées s'est réduit à peau de chagrin, mais elle a divisé l'opinion australienne et terni la réputation internationale du pays.  
Nombre d'ONG ont ainsi étrillé une Nation très riche tournant le dos à des populations vulnérables. 
Le camp de l'île Christmas, qui compta aussi plus récemment des condamnés étrangers de droit commun dont les titres de séjour avaient été annulés, fut le théâtre d'une violente émeute en novembre 2015 après le décès d'un demandeur d'asile. 
Des renforts de la police australienne avaient été envoyés pour faire face à des prisonniers armés de machettes et de cocktails Molotov selon le témoignage d'un détenu. 
Il fut un temps où, en raison d'une recrudescence de suicides, le personnel du centre avait, selon certains médias, reçu la consigne d'être en permanence muni d'un couteau pour couper les cordes utilisées par les détenus tentant de se pendre. 
M. Coleman a indiqué que le camp de rétention serait entretenu afin de pouvoir, si besoin, être rapidement rouvert. 
L'Île Christmas fut aussi en 2010 le théâtre d'un dramatique naufrage d'une embarcation de réfugiés qui avait fait 48 morts. 
Il s'était agi du pire naufrage d'un bateau de migrants tentant de gagner l'Australie depuis 2001.
A l'époque dans l'opposition, Scott Morrison, aujourd'hui Premier ministre, s'était singularisé en déplorant le fait que le gouvernement travailliste paie à certaines familles de victimes le voyage jusqu'à Sydney pour les funérailles, des remarques qui lui avaient valu de vives critiques.  
Après l'alternance en 2013, c'est lui qui, en tant que ministre de l'Immigration, avait eu la charge de mettre en oeuvre la politique de tolérance zéro à l'égard des clandestins.ns un pays tiers ou rentrer chez eux. 

- Pire naufrage depuis 2001 -

A une époque, les arrivées de clandestins originaires du Moyen-Orient ou d'Afghanistan étaient presque quotidiennes, quand leurs embarcations parties d'Indonésie ou du Sri Lanka ne faisaient pas naufrage en route. 
"Au plus fort, en juillet 2013, il y avait plus de 10.000 personnes dans les centres de détention pour migrants, dont 2.000 enfants", a déclaré M. Coleman, en dénonçant la responsabilité des précédents gouvernements travaillistes. 
"Ce gouvernement a arrêté les bateaux, mis un terme au trafic maléfique par les gangs de passeurs et sorti ces enfants de détention." 
Cette politique a effectivement été couronnée de succès, en ce que le nombre des arrivées s'est réduit à peau de chagrin, mais elle a divisé l'opinion australienne et terni la réputation internationale du pays.  
Nombre d'ONG ont ainsi étrillé une Nation très riche tournant le dos à des populations vulnérables. 
Le camp de l'île Christmas, qui compta aussi plus récemment des condamnés étrangers de droit commun dont les titres de séjour avaient été annulés, fut le théâtre d'une violente émeute en novembre 2015 après le décès d'un demandeur d'asile. 
Des renforts de la police australienne avaient été envoyés pour faire face à des prisonniers armés de machettes et de cocktails Molotov selon le témoignage d'un détenu. 
Il fut un temps où, en raison d'une recrudescence de suicides, le personnel du centre avait, selon certains médias, reçu la consigne d'être en permanence muni d'un couteau pour couper les cordes utilisées par les détenus tentant de se pendre. 
M. Coleman a indiqué que le camp de rétention serait entretenu afin de pouvoir, si besoin, être rapidement rouvert. 
L'Île Christmas fut aussi en 2010 le théâtre d'un dramatique naufrage d'une embarcation de réfugiés qui avait fait 48 morts. 
Il s'était agi du pire naufrage d'un bateau de migrants tentant de gagner l'Australie depuis 2001.
A l'époque dans l'opposition, Scott Morrison, aujourd'hui Premier ministre, s'était singularisé en déplorant le fait que le gouvernement travailliste paie à certaines familles de victimes le voyage jusqu'à Sydney pour les funérailles, des remarques qui lui avaient valu de vives critiques.  
Après l'alternance en 2013, c'est lui qui, en tant que ministre de l'Immigration, avait eu la charge de mettre en oeuvre la politique de tolérance zéro à l'égard des clandestins.

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dimanche 30 septembre 2018

Mayotte, c'est aussi la France

La police aux frontières interpelle une trentaine de clandestins chaque jour

mayotteIls ont déserté les lieux avant même l'arrivée des forces de l'ordre. Dans un bidonville d'un quartier de Petite-Terre, à Mayotte, une opération de contrôle de la police aux frontières (PAF) a provoqué mardi la fuite des étrangers en situation irrégulière.

Dans les ruelles en terre battue ravinées par les pluies et jonchées de déchets, une dizaine d'agents de la PAF progressent en courant sur des chemins escarpés, suivis par une journaliste de l'AFP. Une délégation de la commission des lois de l'Assemblée nationale, en déplacement sur le 101ème département français durant une semaine, assiste exceptionnellement à cette opération. 

La population étrangère représente près de 42% de la population totale.

D'habitude, la PAF interpelle entre 20 et 35 clandestins par jour, essentiellement comoriens. Mais mardi, alertés par le cortège peu discret de la délégation, les étrangers en situation irrégulière dans ce quartier de 9.000 âmes ont déjà déserté leurs habitations de tôle, laissant femmes et enfants derrière eux. Mayotte est confrontée à une forte immigration venue des Comores voisines. Un mouvement de protestation populaire contre l'insécurité et l'immigration avait paralysé l'île pendant presque six semaines au printemps.

Selon le préfet, la population étrangère représente près de 42% de la population totale et plus de la moitié de cette population étrangère est en situation irrégulière. Alors que les policiers ouvrent des portes de ferraille et se glissent au sein de parcelles occupées par des familles en grande précarité, une habitante les oriente vers une habitation, où se réfugient des clandestins, pense-t-elle.

"Moro, Moro"  

"On a beaucoup de dénonciations", souffle un membre du groupe d'appui opérationnel (GAO) de la police aux frontières. "Parfois, dès qu'on arrive en voiture, les gens viennent vers nous." Mais d'autres aident au contraire les clandestins à fuir, comme ces enfants, des "guetteurs naturels", qui crient "Moro, Moro" ("Au feu" en langue locale, ndlr) pour prévenir de l'arrivée des forces de l'ordre, ajoute un autre policier.

"Les endroits sont difficiles d'accès (...), c'est assez dangereux" pour les 44 policiers du GAO, reconnaît Julien Kerdoncuf, le sous-préfet en charge de l'immigration clandestine. "Les gens résistent souvent" lors de l'interpellation, "un de nos collègues a été blessé hier encore", renchérit un policier.

Trois types de kwassas

En comptant aussi la police et la gendarmerie, au total entre 50 et 60 clandestins sont interpellés chaque jour sur ce territoire français de l'océan Indien qui totalise la moitié des reconduites à la frontière de France. Si deux tiers des étrangers en situation irrégulière sont interpellés à terre, la PAF oeuvre également en mer. "Il y a trois types de kwassas (embarcations clandestines de fortune, ndlr)", explique le sous-préfet : les "kwassas VIP", avec deux ou trois passagers, "plus chers et rapides", les "kwassas low cost" avec 30 à 40 personnes à bord et les "kwassas médicaux" empruntés par des Comoriens malades, souhaitant se faire soigner à Mayotte.

Pour lutter contre l'immigration clandestine en mer, le territoire dispose de deux vedettes et de quatre bateaux intercepteurs. Deux nouveaux intercepteurs devraient compléter la flotte en novembre.

Depuis mi-mars, les pouvoirs publics ont intensifié les contrôles et plus de 13.000 obligations de quitter le territoire français (OQTF) ont été délivrées, selon le sous-préfet. Si lundi, le ministre des Affaires étrangères français a une nouvelle fois rencontré son homologue comorien, selon Julien Kerdoncuf, la France demeure en crise diplomatique avec les Comores, qui refusent depuis le 21 mars de réadmettre leurs ressortissants expulsés de Mayotte. L'Union des Comores considère en effet que Mayotte est une île comorienne. 

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a indiqué début septembre que les autorités comoriennes avaient commencé à accepter les reconduites, mais "à doses relativement réduites". (selon "Mayotte première")

Mayotte, le bidonville de Kaweni, c'est aussi la France !

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mercredi 12 septembre 2018

Chili : retour des migrants haïtiens dans leur pays

Le gouvernement envisage leur transport par avion présidentiel

chili_avion_pr_sidentielCasse-tête chinois pour les Chiliens avec les Haïtiens devant être rapatriés de gré ou de force : Plusieurs options sont à l’étude, dont l’utilisation d’un Boeing 767 de la présidence, moteur Rolls Royce, d’une capacité de 188 passagers, utilisé pour les longues tournées du président Sebastián Piñera pourrait être le moyen de transport choisi par le gouvernement pour retourner les Haïtiens dans leur pays d’origine.

Le dispositif permettrait de déporter aussi bien ceux qui choisissent volontairement cette option dans le cadre du « plan humanitaire de retour en bon ordre », annoncée par le gouvernement à la fin août, et pour ceux dont l’expulsion est obligatoire, par le fait d’avoir des antécédents criminels.

Le sous-ministre de l’Intérieur Rodrigo Ubilla a déclaré qu’ils sont en train d’évaluer des données telles que les coûts du carburant, les droits de vol et tout ce qu’implique un déplacement du Boeing présidentiel.

Mais ce n’est pas la seule option étudiée par l’exécutif qui planche sur un appel d’offres afin de déterminer si cela peut se réaliser à travers les services d’une entreprise privée. L’utilisation des avions de la Force aérienne chilienne est également sur la liste des possibilités.  Le choix final dépendra de l’option la plus économique.

Dernièrement, le gouvernement avait promis d’étudier la possibilité de prendre en charge le transport aérien vers Haïti de ceux qui voudraient y retourner volontairement, suite à une demande exprimée par une partie de la communauté haïtienne confrontant des difficultés d’adaptation et incapable de financer le retour au pays natal.

Le sous-secrétaire a expliqué qu’à partir d’octobre, il y aura un registre national dans lequel les volontaires pourront s’inscrire pour retourner sur l’île. Cependant, cela impliquera un engagement de ne pas retourner au Chili pendant au moins 10 ans, a déclaré Ubilla.

C'est sûr, avec un avion présidentiel à disposition, les réfugiés haïtiens vont rentrer chez eux. Voilà une bonne idée à laquelle Macron n'a pas pensé. Par contre, Bolloré aurait proposé de mettre à disposition son yacht personnel pour recueillir des migrants naufragés en Méditerranée ?

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