lundi 9 juillet 2018

A 30 km de Villé, des expulsions !

Manifestation devant la sous-préfecture de Saint-Dié pour protester contre l’expulsion d’une famille kosovare

asileSuite à la reconduite au Kosovo d'une femme, Lendite Krasniqi et ses 3 enfants âgés de 7, 6 et 3 ans, qui logeaient dans un hôtel déodatien avant leur expulsion mercredi, une soixantaine de personnes se sont réunies devant la sous-préfecture de Saint-Dié-des-Vosges ce jeudi en fin de journée, sur les coups de 17h30.

Un rassemblement à l’initiative des associations Asil’Accueil 88, Amnesty International, le Secours Catholique et le CCFD-Terre Solidaire. Entrés illégalement en France le 19 octobre 2014, cette femme et ses 3 enfants ont épuisé tous les recours possibles pour obtenir un titre de séjour. Le père, qui était absent au moment de l’arrivée des forces, n’a quant à lui pas été conduit dans l’avion et se trouve toujours en France. Mais au-delà de ce retour forcé, ce que dénoncent les manifestations c’est avant tout la manière dont s’est déroulée cette expulsion.

« On n’expulse pas les gens de cette manière. On ne met pas des coups dans la porte très tôt dans la matinée. On ne sépare pas une famille de la sorte. Ces personnes ne sont pas des terroristes. Ils n’ont rien fait de mal, ils n’ont pas commis de crime. Les parents sont effondrés, les enfants pleurent. C’est un drame au pays des Droits de l’Homme. On n’a plus de leçons à donner aux autres après ce type d’expulsion, qui n’est d’ailleurs pas la seule en France »déplore Nathalie Georgeon, présidente d’Asil’Accueil 88.

Il s'agit de la deuxième expulsion en 2018 à Saint-Dié. Les associations ont sollicité une entrevue avec la sous-préfète de l’arrondissement Sylvie Siffermann, mais cette dernière a répondu par la négative. La nouvelle méthode Macron - Collomb est en marche !

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lundi 2 juillet 2018

Hongrie : Médiapart révèle ...

Le fervent soutien de l'ambassadeur français à Orban

hongrieEn plein débat sur la crise migratoire, Mediapart fait des révélations à propos d'un diplomate français. Selon le site d’information, l'ambassadeur de France en Hongrie, Eric Fournier, est l’auteur d'une note très dérangeante adressée au Quai d'Orsay et à l'Élysée dans laquelle il tresse des lauriers au Premier ministre Viktor Orban. Dans cette note, il se réjouit notamment du mur construit par la Hongrie pour repousser les migrants et accuse les musulmans d'être antisémites.

La Hongrie, pour Eric Fournier, est un pays idéal. Le populisme de Viktor Orban est un mythe inventé par les médias, écrit l'ambassadeur français. Aucun autre gouvernement européen ne peut se prévaloir d'une triple victoire aux élections. La Hongrie d'Orban, poursuit le diplomate, est un peu le Real Madrid du monde politique moderne.

En matière migratoire, c'est un modèle, selon Eric Fournier. Un modèle qui a su anticiper les problèmes posés par les mouvements migratoires illégaux. En clair, le représentant de la France à Budapest se félicite que les Hongrois aient construit un mur à leur frontière pour bloquer le passage des demandeurs d'asile (à la mode mexicaine de Trump?).

Mais le télégramme va plus loin. Il devient nauséabond à propos de l'antisémitisme. Si la presse accuse en permanence la Hongrie d'être antisémite, estime Eric Fournier, c'est pour détourner l'attention du véritable antisémitisme moderne, qui est le fait « des musulmans de France et d'Allemagne », selon lui.

Interrogé sur cette note en marge du sommet  de Bruxelles, Emmanuel Macron déclare qu'elle ne correspond en rien à la position française. Ah bon ? L'ambassadeur n'est plus la "voix de son maître" ? A la sortie du "sommet", la voix du maître semblait "floue", même l'italien Conte le trouvait fatigué. Alors le chien ? aurait-il interprété plus ou moins bien le message de Manu ?

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dimanche 1 juillet 2018

L'annonce faite par Manu

"La France n'ouvrira pas de centres de rétention pour migrants." Pas la peine, c'est déjà fait.

geispolsheimAinsi, le ministère de l'Intérieur a décidé d'ouvrir à nouveau le centre de rétention administrative (CRA) de Geispolsheim-Strasbourg, qui avait été fermé en 2015. La réouverture est effective depuis le 15 janvier 2018.

Séparation des familles à la Trump ?

Le centre de rétention administrative accueille des étrangers en situation irrégulière devant faire l’objet d’une mesure d’éloignement contraint. Géré par les services de la Direction Interdépartementale de la Police aux Frontières (DIDPAF), le CRA dispose d’une capacité d’accueil de 34 places (pour hommes exclusivement). On peut donc se demander ce que devient le regroupement familial, comme aux Etats-Unis avant le rétropédalage de Trump ? La fermeture provisoire de l’établissement a permis de réaliser plusieurs travaux d’aménagement et de rénovation. Ils sont quand même gâtés, ces migrants ! 

La reprise d’activité du centre de rétention a fait l’objet d’un important travail de concertation préalable avec les services associés au fonctionnement de l’établissement : police aux frontières, préfecture, office français de l’immigration et de l’intégration, association de l’Ordre de Malte et les hôpitaux universitaires de Strasbourg.

Par ailleurs, des réunions préparatoires ont été tenues avec les représentants des juridictions judiciaires et administratives pour veiller à la bonne mise en oeuvre des procédures. D'autres centres existent en France,  à Toulouse, à Mesnil-Amelot (Seine & Marne), à Rouen-Oissel, à Saint-Jacques-de-la-Lande - Rennes, etc...

Manu devrait se souvenir : la parole est d'argent, le silence est d'or.

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mardi 5 juin 2018

Amnesty accuse l’armée nigériane de viols sur des réfugiées

Des femmes fuyant Boko Haram sont victimes de traitements inhumains, selon l'ONG.

nigeriaUn nouveau rapport d'Amnesty International indique que l'armée nigériane a maltraité des femmes et des filles fuyant l'insurrection de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. Dans ce rapport intitulé "Ils nous ont trahis", Amnesty dresse un tableau sombre en ce qui concerne les agissements de l'armée nigériane dans l'État de Borno.

Le groupe de défense des droits de l'homme affirme que les soldats ont séparé les femmes de leurs maris et les ont confinés dans des "camps annexes" assez éloignés des principaux camps. Une fois confinées dans ces camps annexes, elles ont été victimes de viols et d'abus sexuels, parfois en échange de nourriture.

Le rapport souligne également que les femmes fuyant les violences ont été forcées à avoir des relations avec le personnel militaire. Il affirme que les militaires ont profité de la famine dans les camps pour s'attaquer aux victimes. Neuf femmes ont déclaré avoir été violées.

Amnesty indique aussi que des femmes soupçonnées d'être membres de Boko Haram ont été détenues arbitrairement : cinq d'entre elles seraient mortes, ainsi que 32 enfants. Le rapport est basé sur plus de 250 entrevues réalisées entre 2016 et 2018. Le groupe affirme que la violence perpétrée pourrait constituer des crimes de guerre.

Un porte-parole militaire de l'armée nigériane a rejeté le rapport, qualifiant les allégations de viols de "fictives".

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vendredi 1 juin 2018

Algérie, Libye : même combat ?

Des migrants vendus comme esclaves !

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Alors que l’Algérie n’a pas fini de s’insurger contre les critiques de l’ONU quant au traitement réservé aux migrants, voilà que ce pays d’Afrique du Nord fait ainsi face à de nouvelles accusations. Il s’agit, cette fois, de migrants subsahariens qui ont affirmé avoir été torturés et vendus comme esclaves par des « passeurs » qui étaient le plus souvent de leur propre nationalité dans la ville de Tamanrasset.

C’est du moins ce qu’a rapporté, ce mercredi 30 mai 2018, l’agence de presse Reuters, qui, en plus de témoignages rassemblés par l’agence à Agadez au Niger, cite une enquête de l’Organisation internationale pour les migrations (IOM), qui a questionné des milliers de migrants après qu’ils ont quitté le pays dirigé par le Président Abdelaziz Bouteflika.

Reuters indique que des témoignages ont fait état des détails de travail forcé et d’esclavagisme imposés à des migrants de différentes nationalités subsahariennes. Le cas d’un jeune Guinéen a été évoqué. Il s’agit d’un nommé Ousmane Bah, un ouvrier guinéen de 21 ans, qui a affirmé avoir été vendu deux fois en Algérie par des ravisseurs non identifiés. « La première fois, ils m’ont vendu pour 100 000 francs CFA », a-t-il déclaré à l’agence de presse. Pour sa part, un migrant togolais a indiqué avoir été torturé dans la ferme à moutons où il avait été forcé de travailler.

Abdoulaye Maizoumbou, membre d’une organisation caritative à Agadez au Niger, a confié à l’agence de presse qu’une vingtaine des 30 migrants renvoyés de l’Algérie qu’il a rencontrés ont également affirmé avoir été esclaves, la plupart vendus à Tamanrasset, souvent par des passeurs de leur propre nationalité.

Pour l’heure, les autorités algériennes n’ont pas réagi à ces accusations, du reste graves et qui pourraient porter un sacré coup à l’image de ce pays d’Afrique du Nord.

(selon l'agence Reuters)

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vendredi 27 avril 2018

Loi Collomb !

Sévèrement jugée par le Défenseur des droits comme par les ONG spécialisées qui y voient une profonde atteinte aux droits fondamentaux – c’est à dire aux protections inviolables, sorte de « lignes rouges » consacrées par le droit –, la loi sur l’asile et l’immigration est arrivée lundi sur les bancs de l’Assemblée nationale.

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Dans les tuyaux depuis plusieurs semaines, le projet de loi de Gérard Collomb sur l’asile et l’immigration est arrivé ce lundi soir sur les bancs de l’Assemblée nationale. Intitulé "pour une immigration maîtrisée et un droit d'asile effectif", il ne comporte finalement que très peu de changements par rapport à la version initialement présentée en Conseil des ministres le 21 février dernier, et ce malgré près de 900 amendements déposés.

La plupart n’ont pas franchi l’obstacle de la commission des lois qui examinait le projet la semaine dernière à l’Assemblée. « Le texte a été modifié à la marge mais nous n’avons rien obtenu de particulier, si ce n’est la réduction de l’allongement de la durée de rétention à 90 jours au lieu des 105 envisagés au départ » souffle-t-on du côté du Secours Catholique. Pour le reste, la teneur reste donc sensiblement la même, fidèle à une double démarche : le durcissement des mesures répressives pour les migrants en général, et un affaiblissement considérable des droits pour les demandeurs d’asile en particulier. « C’est un texte de police qui franchit la ligne rouge des droits fondamentaux », résume Vanina Rochiccioli, présidente du Gisti.

Raccourcissement des délais jusqu'à l'absurde

La grande mesure défendue par le ministre de l’Intérieur est la réduction du temps d’instruction des demandes d’asile à six mois. Problème : censée aider les demandeurs à obtenir une réponse plus rapidement, la mesure se fera à leur détriment. « En réalité, rien n’est fait pour que l’entrée dans le droit soit rendu possible et pour que les délais soient respectés par l’administration », poursuit Vanina Rochiccioli. Ce raccourcissement des délais de procédure s’applique en fait à sens unique, contre les migrants. « Les personnes qui demanderont l’asile plus de 90 jours après leur arrivée en France verront ainsi leur demande examinée en procédure accélérée, et seront privées d’hébergement et de ressources », alerte ainsi Gérard Sadik, responsable asile à la Cimade.

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Les déboutés de l’asile verront par ailleurs leur délai de recours pour contester la décision devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) divisé par deux : d’un mois, il passerait désormais à quinze jours. « Un mois, c’était déjà très court par rapport au droit commun, rappelle la présidente du Gisti. Aujourd’hui, lorsque vous souhaitez contester un permis de construire, vous avez deux mois. » Constituer un recours solide en quinze jours, compte tenu des conditions de précarité de nombreux demandeurs d’asile, deviendra très compliqué.

L'enfermement des enfants confirmé

Autre mesure très fortement contestée, le doublement du délai de rétention administrative de 45 à 90 jours. Dans le même temps, l’interdiction de la rétention des mineurs n’a finalement pas été retenue. Le mois dernier pourtant, le Défenseur des droits interpellait le Premier ministre au sujet de l’inquiétante augmentation des enfants au  centre de rétention : sur l’année 2017, la France a vu 275 enfants, « dont de nombreux nourrissons », enfermés dans ces "prisons" pour étrangers, soit autant que pour les années 2012, 2013, 2014 et 2015 réunies. Une situation pour laquelle la France avait déjà été condamnée par la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) en 2016, considérant alors qu’imposer à des enfants une telle privation de liberté, même aux côtés de leurs parents, était assimilable à un "traitement inhumain ou dégradant". Le Président de la République Emmanuel Macron s’est pourtant prononcé, lors de son interview du 15 avril, contre l’enfermement des mineurs isolés, mais pas contre la rétention de familles avec enfants, qui pourront donc être emprisonnés pendant trois mois.

Le projet de loi prévoit également de répartir les demandeurs dans les régions françaises en conditionnant le versement de leur allocation (l’aide aux demandes d’asile – Ada) à la résidence dans cette région – sans que ne leur soit pour autant garanti un hébergement. « Un véritable cantonnement inédit », pour la Cimade, qui dénonce aussi l’inscription dans la loi de la logique d’« un accueil sous surveillance »tel que véhiculé par la circulaire du 12 décembre qui doit permettre le contrôle de la situation administrative des personnes hébergées en accueil d’urgence. Attaquée en justice et accusée d’ouvrir la voie au tri des migrants, à rebours du principe d’inconditionnalité de l’accueil, la circulaire n’a finalement pas été suspendue par le Conseil d’État,qui s'est contenté d'en réduire la portée dans sa décision. En allongeant la durée de la « retenue pour vérification du droit au séjour » de 16 heures à 24 heures, les associations dénoncent également une « garde à vue bis dédiée aux personnes étrangères » – une privation de liberté qui est normalement attaché à un délit...

"Ce projet ne répond absolument pas aux besoins"

« Le Défenseur des droits dénonce une logique de suspicion ainsi qu’un renforcement inédit des moyens coercitifs mis au service de l’éloignement des étrangers », a fait savoir vendredi sa représentante, Anne du Quellennec, lors d’une conférence de presse organisée par les États généraux des migrations – un processus de concertations décentralisées engagées sur le sujet dans 69 départements français depuis le mois de novembre. Deux jours plus tôt, le Défenseur des droits en personne, Jacques Toubon, avait lui-même vertement tancé le projet de loi lors de son audition à l'Assemblée Nationale : « Il n’y a pas de caricature à proclamer les droits fondamentaux ! » avait-il ainsi rappelé aux députés de la République en marche (LREM) sceptiques devant ses critiques répétées – dans son avis officiel en date du 15 mars -, le Défenseur des droits n’hésitait pas à parler d’un projet de loi « répressif ».

Le son de cloche est sensiblement similaire du côté de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), qui rendra son avis le 2 mai prochain, à en croire l’avocat Alexandre Duval-Stalla, qui en est membre : « La tonalité générale sera : "les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires". Ce projet de loi ne répond absolument pas aux besoins en la matière, et il est regrettable de ne pas respecter la tradition républicaine qui consiste à traiter les questions d’asile et celles de droit des étrangers dans des projets de loi séparés ». Au mois de mars, le Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe s'était lui aussi "inquiété - de certaines dispositions du projet de loi.

Des interpellations qui rejoignent celles de nombreux autres acteurs, opposés à ce plan de « dissuasion migratoire ». Parmi les nombreuses associations engagées, on retrouve la Ligue des Droits de l’homme : « Il faut considérer les migrants comme des sujets de droit, non comme des objets. Et arrêter de faire croire que si on donne des droits aux migrants, on en retire aux français ! Plus il y a de droit dans une société, mieux elle se porte », explique la vice-présidente, Dominique Noguères. La liste des opposants va jusqu’à compter quelques députés LREM, frondeurs au sein de la majorité. A l’image de Jean-Michel Clément (Vienne) ou Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire) qui ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne voteraient pas la loi. Cela suffira-t-il à la recaler, lors du vote – probablement ce vendredi – qui clôturera les débats dans l’hémicycle ? C’est très peu probable. Pire, l’examen du projet au Sénat, pourrait encore aggraver le texte initialement présenté. Et confirmer le tournant coercitif de la France dans le régime du droit d’asile.

- selon Barnabé Binctin (Bastamag)

  • Photos : manifestation pour le droit d’asile, le 21 février 2018 à Paris.

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mardi 24 avril 2018

Jeunes réfugiés non accompagnés au Bade-Würtemberg

Une enquête de "Badische Zeitung" : 6766 mineurs immigrés vivent dans le Land

r_fugi_sS'occuper de jeunes réfugiés non accompagnés est une tâche ardue. L'Etat allemand dépense jusqu'à 50.000 € par jeune et par an. La grande préocuppation est leur intégration. 

Près de trois ans se sont écoulés depuis  la grande vague d'arrivée de réfugiés. "Badische Zeitung" a étudié comment la coexistence de ces arrivants fonctionne aujourd'hui. Qu'est-ce qui se passe bien ? Où sont les problèmes ? Est-ce que les Allemands, à cause des réfugiés (comme ils le craignent parfois) étaient handicapés par rapport aux autres Européens ? Comment s'occuper des jeunes qui sont venus sans leur famille ?

Une rencontre avec un jeune afghan, Sami.

Nous nous rendons au centre de protection de l'enfance et de la jeunesse à Karlsruhe, où sont logés un certain nombre de jeunes UMA (nb : appellation allemande des "mineurs non accompagnés"). Dans toutes les pièces, le lit, l'armoire et la table ont un aspect fonctionnel. Le jeune Sami, 19 ans, à qui nous rendons visite a agrémenté sa chambre de plantes vertes en pots. "Une vieille dame m'a donné un tapis" raconte-t-il.

Sami nous raconte son histoire. Elle est tout sauf brillante. Il rapporte les menaces et la violence qui règne dans son pays, et comment sa famille s'est résolue à fuir à l'étranger. Il est arrivé en Allemagne il y  a deux ans, via le Pakistan, l'Iran, la Turquie, la Grèce et la route des Balkans. 

La vague de réfugiés mineurs a amené plus de 50.000 étrangers mineurs en Allemagne, dont 6766 dans le Pays de Bade. Ces UMA viennent d'Afghanistan, de Somalie, de Syrie, d'Erythrée, de Gambie, de Guinée, d'Irak, d'Ethiopie, du Sénégal, de Côte d'Ivoire, du Niger.

Le groupe de Sami est un mélange de toutes ces nationalités.  Le domaine où ils habitent (centre de Leonberg) est géré par le ministère des affaires sociales. Dans le groupe des moins de 18 ans, sept éducateurs travaillent avec 10 mineurs, veillent à ce qu'ils aillent à l'école, les aident dans la vie de tous les jours, contrôlent le couvre-feu. Les aînés vivent de façon plus indépendante, mais ont aussi des éducateurs à leur disposition.

Mieux protégés que les adultes contre les expulsions.

Les lois protègent bien mieux ces jeunes contre les expulsions que les adultes. Ils obtiennent aussi - sur la base de la loi de protection de la jeunesse - plus d'avantages de la part de l'Etat. Les UMA bénéficient d'un hébergement avantageux, et d'aides socio-éducatives et psychologiques. Jusqu'à l'âge de 21 ans, ils bénéficient d'une aide financière de l'Etat. L'accueil de chacun de ces jeunes revient à 40.000 à 50.000 €/an. Au cours de l'exercice 2017, le Land du Bade-Würtemberg a dépensé pour eux 323 millions d'€, et estime des dépenses de 184 millions d'€{ pour 2018, sous réserve que leur nombre n'augmente plus.

Le statut d'UMA étant attractif, les passeurs conseillent aux réfugiés de se faire passer pour des mineurs. Mais la fraude à ce niveau n'est pas devenue un phénomène de masse. Récemment, un groupe de fraudeurs marocains a été découvert à Mannheim. 18 avaient menti sur leur âge. Le ministre des affaires sociales Lucha a pris un arrêté : les personnes dont on n'arrive pas à déterminer l'âge sont déclarées majeures.

90% des jeunes font de grands efforts.

Pour terminer, Sami nous fait remarquer : les premiers temps au centre de Leonberg ont été difficiles (troubles du sommeil, crises d'anxiété). Mais il s'est pris en charge et a commencé une formation d'infirmier. Le ministre Lucha souligne que "Plus de 90% des jeunes se mettent en quatre pour faire des efforts". Selon le ministre, les réfugiés arrivés participent activement au développement du pays. (enquête réalisée par Jens Schmitz et Axel Habermehl)

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dimanche 21 janvier 2018

7500 mineurs réfugiés dans le Pays de Bade

Le Bade-Wurtemberg a recensé tous les réfugiés mineurs. Auparavant, le ministère de l'Intérieur avait estimé le nombre à 8000. Pour 2017, 7500 ont été comptabilisés.

migrants6Mineurs non accompagnés étrangers jouant au baby-foot au centre de protection de l'enfance et de la jeunesse à Karlsruhe.

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Selon le ministère de l'Intérieur, le Bade-Wurtemberg a été l'un des premiers États fédéraux à réinscrire systématiquement tous les réfugiés mineurs arrivés seuls. Environ 1000 étrangers ont ensuite été enregistrés par le Bureau des enquêtes criminelles d'Etat, a annoncé jeudi le ministère à Stuttgart. Environ 800 autres avaient déjà été enregistrés dans d'autres bases de données ou dans d'autres pays.

Maintenant tous les étrangers soi-disant mineurs non accompagnés (UMA) sont enregistrés. Au moment de l'afflux massif de réfugiés en 2015 et 2016, ces enfants et adolescents n'étaient au début que partiellement enregistrés.

Des réfugiés, âgés de dix ans, parmi les rééduqués

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Dans un deuxième tour, le nombre réel d'UMA devait être clarifié. Avant le suivi, les estimations étaient 8000, on s'attend maintenant à un plus petit nombre. En mars 2017, le suivi a commencé. Selon le ministère de l'Intérieur, les bureaux de protection de la jeunesse ont enregistré l'année dernière les mineurs étrangers non accompagnés, dans ce cas-là, on en est arrivé au chiffre d'environ 7500 UMA. 

Les réfugiés qui n'avaient que dix ans étaient donc parmi les "retracés". La plupart venaient d'Afghanistan, d'Érythrée, de Somalie, de Gambie et de Syrie. La plupart d'entre eux sont pris en charge et soignés dans les maisons ou autres locaux du service de protection de l'enfance et de la jeunesse des districts.

50 cas douteux ont émergé lors du suivi

Une autre raison du réenregistrement systématique était le cas de Hussein K., qui était en procès à Fribourg-en-Brisgau pour suspicion de meurtre. Il est venu en 2015 sans papiers et avait déclaré avoir 17 ans. Une inscription manquait. Pendant ce temps, les rapports sur l'âge du jeune ont prouvé qu'il avait plusieurs années de plus. Selon le ministère, 50 cas de doute sont apparus au cours du suivi.

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vendredi 15 décembre 2017

Esclavage en Libye : Les Européens complices, selon Amnesty.

Les gouvernements européens doivent repenser leur coopération avec la Libye.

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Amnesty International (AI) accuse les gouvernements européens, en particulier l’Italie, de soutenir directement ou indirectement les tortures et autres abus subis par les migrants en Libye. "Les gouvernements européens sont sciemment complices de la torture et des abus endurés par des dizaines de milliers de réfugiés et de migrants détenus dans des conditions épouvantables en Libye", déclare l'ONG dans son rapport.

Elle accuse, par ailleurs, les gouvernements européens d'avoir contribué à l'expansion de ces exploitations dans un souci de limiter l'arrivée de migrants. « Depuis fin 2016, les États membres de l’Union européenne – notamment l’Italie – ont mis en œuvre une série de mesures visant à fermer la route migratoire via la Libye et la Méditerranée centrale, sans se soucier des conséquences pour les personnes bloquées », déclare l'Organisation.

Selon AI, l'Union Européenne a fourni ainsi « un entraînement, des équipements et un soutien » aux garde-côtes libyens pour qu’ils interceptent les migrants en mer, mais ce programme a surtout permis d'alimenter les centres de détention où les migrants sont torturés par les gardiens pour leur extorquer de l'argent. « Jusqu'à présent, 20.000 personnes restent confinées dans ces centres de détention surpeuplés et insalubres », précise John Dalhuisen, directeur d'Amnesty pour l'Europe.

Pour lui, les États européens connaissaient parfaitement le sort réservé aux réfugiés et migrants, ils doivent ainsi repenser leur coopération avec la Libye. Ils « doivent insister pour que les autorités libyennes mettent fin (…) aux arrestations arbitraires et à la détention de réfugiés et de migrants », a ajouté M. Dalhuisen. (Timothée Jean, Afrique sur 7)

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samedi 9 décembre 2017

Soirée pour le regroupement familial des réfugiés à Elzach

A l'initiative des paroisses protestantes de Elzach et de Oberprechtal, les groupes de soutien aux réfugiés se réunissent ce soir samedi, 9 décembre à17h30. But de la réunion : permettre le regroupement de familles réfugiées dispersées.

elzachDe nombreuses associations issues de différentes confessions ont lancé une campagne intitulée "Les réfugiés ont le droit de retrouver leur famille". Actuellement, ces regroupements sont entravés par les procédures administratives complexes pour l'asile et les visas. Pour les réfugiés issus de pays en guerre le regroupement familial a été totalement ignoré par le législateur. Les associations s'engagent à trouver des solutions politiques opportunes et fiables afin que les familles puissent être réunies. 

Dans l'Elztal, les réfugiés (plus de cent à Elzach, zéro à Villé) s'inquiètent aussi pour les proches restés au pays d'origine. Pendant ce temps, en France, le ministre de l'intérieur Gérard Collomb exige des préfets l'accélération des procédures d'expulsion. Sur le plan local, l'ancienne gendarmerie de Villé, prévue pour accueillir des réfugiés, reste désespérément vide, alors que l'hiver frappe à la porte. 

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