mercredi 19 février 2020

Test nucléaire français : Alger dénonce le « passé criminel » de Paris

Le passé tumultueux de la France avec l’Algérie refait surface à l’occasion de la commémoration du 60anniversaire de la première explosion nucléaire française au Sahara algérien. Un essai nucléaire qui constitue l’un des nombreux points de désaccord entre la France et l’Algérie. Le ministre algérien des Moudjahidines Tayeb Zitouni a réagi ce jeudi à ce qu’il appelle « un crime de destruction de l’humanité ». Les Moudjahidines sont les anciens combattants de la guerre d’indépendance contre la France de 1954 à 1962.

alg_rieLe ministre des Moudjahidines était dans la région de Reggane au sud du pays où les essais nucléaires de la France ont eu lieu pour la commémoration de ce crime. Tayeb Zitouni affirme que cet essai nucléaire en Algérie est une grande preuve du passé colonial criminel de la France en Algérie, un passé « riche en crime et massacres commis pour soumettre le peuple algérien », des crimes ayant visé en particulier « des innocents ».

Plus forte que Hiroshima

Le premier essai nucléaire français, “la Gerboise bleue”, a eu lieu le 13 février 1960 à Reggane dans le désert algérien. La bombe lancée par la France était un engin fabriqué au plutonium puissant de 70 000 kilotonnes. Une bombe plus de trois fois plus forte que celle d’Hiroshima. Ses conséquences radioactives se sont étendues jusqu’à l’Afrique de l’ouest et au sud de l’Europe.   

Les autorités françaises ont essayé de banaliser les conséquences de ces essais à l’époque. Mais des documents déclassifiés existent qui attestent des rétombées radioactives beaucoup plus dangereuses que ces explosions ont eues. C’est pourquoi le ministre Zitouni estime que « les explosions nucléaires françaises sont une preuve tangible des odieux crimes commis contre les droits de l’Homme, l’environnement saharien, sur lequel la radioactivité pèse encore ». (selon André Sagbo, "la nouvelle tribune")

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jeudi 11 août 2016

Essais nucléaires dans le Pacifique

La France accusée de crime contre l'humanité

mururoa

Selon une informatipn de l'AFP, l'Eglise protestante Maohi, qui regroupe les protestants de Polynésie française, va attaquer la France pour crimes contre l'humanité, en raison des conséquences des essais nucléaires dans l'archipel, a-t-elle annoncé à Tahiti en conclusion de son 132ème synode.

"Pour toutes les conséquences des essais nucléaires, et pour son mépris face à toutes les maladies endurées par les Polynésiens, l'Eglise protestante Maohi a décidé de porter plainte contre l'Etat français au tribunal de La Haye", a annoncé dimanche devant les fidèles Céline Hoiore, la secrétaire générale de cette église. Cette plainte doit aussi être présentée à l'ONU.

Les Polynésiens sont presque tous chrétiens, répartis dans de nombreuses églises, mais protestants et catholiques sont majoritaires. La puissante église protestante prend régulièrement des positions à connotation politique et s'est déjà opposée aux essais nucléaires. Avec cette plainte, elle durcit le ton.

Le principal opposant politique aux essais nucléaires, Oscar Temaru, a salué une décision "historique". "C'est un crime contre l'humanité parce que les essais nucléaires français nous ont été imposés, il y a eu des morts, et il y aura encore les générations futures qui vont souffrir de ces essais nucléaires" a déclaré le leader indépendantiste à la presse locale.

Le président de l'Eglise protestante Maohi a exprimé un point de vue similaire, le soir même sur la chaîne locale TNTV : "Ce n'est pas une histoire passée, c'est une histoire qui va durer des milliers d'années".

"Nous allons aller exposer notre division face aux Nations-Unies, je pense qu'il faut d'abord nous mettre tous d'accord, et nous serons alors plus forts", a au contraire estimé l'ancien président autonomiste Gaston Flosse, qui a défendu les essais lorsqu'il était au pouvoir.

Les Polynésiens demandent l'indemnisation des patients touchés par des maladies radio-induites, la pérennisation de la dette nucléaire (un versement de l'Etat qui a baissé à plusieurs reprises depuis la fin des essais), ou encore la création d'un mémorial. Le Président François Hollande s'était engagé à accéder à ces requêtes lors de sa venue à Papeete en février.

Alain Juppé, venu fin juillet en Polynésie, a également pris des engagements en ce sens, dans l'hypothèse où il accéderait au pouvoir.

L'association 193 (en référence aux 193 essais nucléaires réalisés en Polynésie française entre 1966 et 1996) assure avoir recueilli plus de 45.000 signatures, dans une collectivité qui compte environ 190.000 électeurs, pour demander l'organisation d'un référendum local sur la question nucléaire. 

Polynésie: Hollande reconnaît "l’impact" des essais nucléaires, insuffisant pour les associations

Moruroa, Fangataufa.

C'est un hommage à toutes et tous touchés par le nucléaire en général. Mais aussi ce son, sur des images originales de mon "camion", présent avec moi, Jean-Paul Vimare, à Fangataufa ce jour de 1975. C'est notre seule récompense, celle de nos gamins atteints de maladies radio-induites de nos veuves qui pleurent, de nos camarades "chimio-thérapirisés". "Morts pour la France dans l’indifférence générale". N'oubliez jamais que des hommes ont été envoyés de force sur les centres de tirs. Pas moi j'étais "volontaire". Je savais sans plus, mais pour les conséquences NON!! Je ne peux plus me réfugier derrière "Jeune et Innocent". Coupable? Victime? C'était comme ça! Internet n'existait pas! Avions nous le choix? Nous les sans grades? NON! D'autres l'auraient fait à notre place.

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mardi 3 mars 2015

Fessenheim à l'arrêt depuis samedi

101222108_p_590_450C'est suite à une fuite, certes non radioactive selon EDF, que la centrale nucléaire a été arrêtée. L'arrêt du premier réacteur était prévu, pour renouveler une partie des barres de combustible. Mais il a fallu aussi arrêter le second pour des raisons de sécurité. L'incident a été signalé aux autorités bien que, toujours selon EDF, dans l'échelle de classification des risques, on reste à "zéro".

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vendredi 29 avril 2011

Nuage de Tchernobyl : R.A.S. dans l'hexagone

cesium_suite_chernobylIl y a 25 ans, le nuage dû à l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl survolait toute l'Europe. Partout, des mesures de sécurité ont été prises...sauf en France, qui, officiellement, n'était pas touchée. Le Rhin avait arrêté le nuage. Comment ? Mystère. La carte ci-contre montre la réalité : les quantités de cesium  déposées sur notre pays par ce nuage amené par les vents d'est. Nos voisins badois, alertés par la station de mesures de radioactivité du Schauinsland réagissaient :

  • Alimentation : Les mamans donnent à leurs bébés du lait en poudre au lieu du sein. La population se nourrit de conserves au lieu des fruits frais du marché. Heureux ceux qui cultivaient en serres !  Les produits frais (salades, etc...) cultivés à l'air libre ont dû être jetés.
  • Pharmacies : Début mai, toutes les pharmacies étaient en rupture de stock de tablettes d'iode.
  • Manifestations : Toutes les manifestations, telles les fêtes scolaires, ont été reportées ou annulées.
  • Mesures à long terme : ne pas manger de gibier, éviter de ramasser des champignons en forêt. Encore en 2010, des sangliers abattus à Biberach avaient une radioactivité de 7500 becquerels (la norme : 600).
  • Aide sanitaire : Des convois d'aide sanitaire ont été organisés à travers tout le Pays de Bade pour acheminer à Homel (à 200 km de Tchernobyl) en Union Soviétique des produits médicaux, de la nourriture non contaminée et des vêtements.

En France, pays de la sécurité, rien ! Le nuage a été arrêté officiellement au milieu du pont de Kehl ! Merci aux douaniers-liquidateurs !

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mercredi 23 mars 2011

Fessenheim : France et Allemagne n'ont pas la même vue

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Depuis l'accident nucléaire de Fukushima, consécutif à un séisme suivi d'un tsunami, la France et l'Allemagne regardent vers la centrale nucléaire de Fessenheim. Dans les deux pays, on considère que la plus ancienne centrale des deux pays a évolué régulièrement dans la protection contre les séismes. Mais il reste des zones d'ombre. Les approches allemande et française divergent : les allemands sont pour un memorandum, les français s'y opposent. Voici les positions de certains membres du CLIS (commission de surveillance du site de Fessenheim) :

  • Michel Habig, membre du CLIS, rejette un memorandum. Selon lui, la surveillance est continuelle et stricte et un memorandum est donc inutile.
  • Thierry Rosso, directeur de la centrale depuis janvier, garantit que la protection contre des séismes est régulièrement améliorée.
  • Jean-Paul Lacôte, militant antinucléaire, membre du CLIS, ne demande non seulement un memorandum mais aussi l'arrêt de la centrale.
  • Du côté allemand, Julian Würtenberger, membre du CLIS côté allemand, s'interroge sur les suites d'un cataclysme de la force de Fukushima.
  • Florian Kraft, de l'observatoire nucléaire de Strasbourg, lui répond : "Les risques de l'amplitude du Japon et un tsunami sont exclus chez nous." Ce à quoi Julian Würtenberger rappelle le séisme de Bâle en 1356, qui avait entraîné l'incendie de toute la ville.
  • La représentante du Landrat (Breisgau-Hochschwarzwald) Dorothea Störr-Ritter estime qu'il y a des limites à l'utilisation de la centrale et qu'en cas d'accident grave il n'est plus possible d'évacuer la population.

Le débat est lancé. Mais les positions des uns et des autres ne se rapprochent guère, l'Allemagne souhaitant l'arrêt de la centrale, la France souhaitant continuer l'exploitation. Et maintenant, la Suisse à son tour demande l'arrêt de la centrale !

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Des milliers de manifestants, côté allemand. 

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mercredi 24 mars 2010

Ecologistes pour les centrales nucléaires

centrale_nucleaireLes mouvements écologistes sont nés, fin des années 60, début des années 70, avec la lutte contre la construction des centrales nucléaires. Et dès 1974, au nom de l'écologie, René Dumont s'est présenté aux élections présidentielles liées au décès de Georges Pompidou, où il a obtenu 1,32% des suffrages. Aujourd'hui, ces mouvements ont bien changé et on y trouve de tout, même des défenseurs des centrales nucléaires. Il est vrai que par ces temps de crise, où l'électricité produite par le nucléaire est de loin la moins chère, l'achat  de centrales a un net attrait pour les pays dits "en voie de développement". L'inquiétude a également changé et la lutte contre les gaz à effet de serre est devenue primordiale. Et même à Copenhague cette lutte a été évoquée avec un remède: le développement des centrales nucléaires. Une association des écologistes pour les centrales nucléaires a même son blog :

Association Ecologique Pour le Nucléaire

Chacun peut le consulter et se faire une opinion, et même laisser son commentaire.

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