lundi 11 juin 2018

Le nazisme, une crotte d’oiseau…

Le chef du groupe d'extrême-droite AfD au Bundestag, Alexander Gauland, a minimisé les années 1933 à 1945 en les désignant comme « une crotte d’oiseau ». L’homme n’est pas à son premier dérapage.

chiureEn France, il y avait Jean-Marie Le Pen et sa tristement célèbre phrase qui réduisait les chambres à gaz à un « détail de l’histoire » ; maintenant, l’Allemagne doit s’occuper d’Alexander Gauland qui, comme beaucoup de cadors de partis d’extrême-droite, a déraillé lors d’une apparition au congrès des jeunes extrémistes de l’AfD, la « Junge Alternative ». Lors de son intervention, Gauland a qualifié les 12 ans du règne nazi de « crotte d’oiseau », sous-entendant que ces années ne pesaient pas lourd face à « l’histoire allemande de 1000 ans ». Là, Alexander Gauland dépasse les limites de la libre expression d’une opinion. L’apologie du nazisme n’est pas une opinion, mais constitue un délit. Et puisque Gauland n’est pas à son premier dérapage de ce type, tous les regards se tournent vers la justice. Qui elle, ferme les deux yeux devant les extrémistes identitaires.

Il y a deux semaines, le parquet de Mühlhausen a demandé un non-lieu à l’encontre d’Alexander Gauland. Plusieurs personnes avaient porté plainte pour « incitation à la haine », suite à une déclaration ouvertement raciste de Gauland qui avait attaqué la Chargée de l’Intégration du gouvernement allemand, la ministre d’Etat Aydan Özoguz. A son adresse, Gauland avait vociféré : « […] Invitez-là au Eichsfeld et dites-lui ce que c’est que la culture spécifique allemande. Après, elle ne reviendra jamais plus. Et nous pourrons – Dieu soit loué – la déposer sur une déchetterie en Anatolie. » Le parquet de Mühlhausen a estimé le 14 mai dernier qu’il n’y avait « aucun intérêt public de poursuivre Monsieur Gauland ».

Samedi dernier, Alexander Gauland était presque euphorique lorsqu’il s’exprimait devant les 1000 délégués du congrès de la « Junge Alternative » à Seebach en Thuringe. Devant les jeunes extrémistes, il a osé ceci : « Hitler et les nazis ne sont qu’une chiure d’oiseau dans les plus de 1000 ans du succès de l’histoire allemande ! ». La salle applaudissait debout.

Hormis le fait que Gauland, du haut de ses 77 ans, ignore visiblement tout de l’histoire allemande, cette phrase constitue carrément une apologie du nazisme. En utilisant ces termes, Gauland ramène le plus grand crime contre l’humanité jamais perpétré à une petite tache que l’on peut essuyer d’un coup de mouchoir. Son public, aussi peu au courant de l’histoire du pays et de son identité qu’il prétend défendre, est réceptif à ce genre de dérapage verbal. A un moment où le « … first ! » inventé par Donald Trump et repris par la quasi-totalité du monde politique dans les différents pays, cette phrase permet aux jeunes crânes rasés de scander fièrement « Deutschland first ! ». Cette auto-absolution pour les crimes des nazis est insupportable.

Et la suite ? La justice allemande fermera à nouveau les yeux, probablement en estimant une nouvelle fois qu’il n’y a aucun intérêt public à sanctionner cet homme haineux. Au lieu de se pencher sur ceux qui invitent la jeunesse allemande à la haine et par conséquent, à la violence, la justice préfère s’occuper, avec la police, de poursuivre au niveau européen des manifestants ayant participé l’année dernière aux manifestations contre le sommet G20 à Hambourg. Ces jours-ci, il fait bon être extrémiste identitaire en Allemagne – plus personne ne pense à vous molester. Mais après, lorsque les excès arriveront dans les rues, il ne faudra peut-être pas s’étonner. A moins que le Bundestag prenne son courage entre les deux mains, vote la levée de l’immunité du député Gauland et porte plainte pour « incitation à la haine ». Car c’est exactement de cela qu’il s’agit. (selon "Euro-journalistes")

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mercredi 12 octobre 2016

Un camp de travail nazi méconnu en Alsace

Les camps de travail des nazis proches de nous sont connus : Struthof, Schirmeck, Sainte-Marie-aux-Mines. Moins connu est celui du sud du massif vosgien situé à Urbès, dans la vallée de la Thur.

urbesAprès le débarquement des alliés en Normandie, les nazis ont cherché pour leur industrie des lieux moins exposés aux bombardements aériens. Les moteurs d'avions Daimler étaient jusqu'alors fabriqués à Genshagen, près de Berlin. Le tunnel d'Urbès dans les Vosges (à 40 km de Mulhouse) devait être un lieu de repli provisoire.

Ainsi Urbès abrita un des 70 camps annexes du camp de concentration de Natzwiller-Struthof. Les premiers prisonniers y arrivèrent le 23 mars 1944. Le nom de code de ce lieu qui devait rester secret, était alors "A-10 Kranich". Peu à peu, de plus en plus de prisonniers furent acheminés dans cette arrière-vallée vosgienne. En mai 1944, ils étaient déjà plus de 1400 : polonais, russes, français, allemands, italiens, luxembourgeois. Parmi eux 500 Juifs, venus d'Offenbourg. Ce sont les prisonniers eux-mêmes qui ont construit leurs baraquements, avec une litière de paille comme chambre à coucher. A l'approche des Alliés à l'automne 1944, la plupart d'entre eux fut transférée à Neckaretz, un autre camp annexe du Struthof. Quant aux juifs, ils furent directement déportés au camp de concentration de Sachsenhausen.

Contrairement au tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines qui reprit après la guerre sa vocation ferroviaire de traversée des Vosges, celui d'Urbès resta à l'abandon, ne servant que de refuge aux chauves-souris. Mais depuis 1980, suite aux études réalisée l'historienne Arlette Hasselbach de Willer-sur-Thur, une cérémonie de commémoration a lieu tous les ans à l'entrée du tunnel. Un itinéraire mène à un mémorial à partir de la place de l'église d'Urbès. 16 panneaux d'information se trouvent sur le chemin avec des notices explicatives. A l'intérieur du bunker, des peintures retracent la vie des prisonniers.

Un luxembourgeois, Ernest Gillen, survivant de ce camp, a raconté lors de la commémoration : "En raison du risque de fièvre typhoïde, tout le camp devait être vacciné. Mais nous n'avons eu deux ou trois injections." Gillen a aussi signalé les passages à tabac qui avaient lieu plusieurs jours de suite quand une personne tentait de s'évader.

Un historien allemand de Rammersweier près d'Offenbourg a réalisé une étude sur l'origine des Juifs venus dans ce coin des Vosges. C'était pour la plupart des juifs polonais venus du ghetto de Varsovie, en passant par Treblinka, Lublin, Budzyn, Majdanek, Flossenbürg et enfin Urbès. Ceux qui à l'arrivée, étaient trop faibles et inaptes à travailler le métal, furent gazés. Quant aux autres travailleurs forcés, parmi lesquels des jeunes et des enfants, ils furent traités de façon humiliante, mal nourris, astreints à des travaux durs, et évidemment sans toucher le moindre salaire.

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lundi 27 juillet 2015

Emeutes néo-nazies à Dresde

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Vendredi, une manifestation du NPD (équivalent allemand du FN) contre un village de tentes pour accueillir 1100 réfugiés syriens à Dresde a dégénéré. Bouteilles et pierres ont été lancées, ainsi que des pétards allumés ont menacé les employés chargés d'installer les tentes. Le gouvernement de l'État de Saxe a dénoncé les faits : «Ici, les limites sont dépassées." et a fait intervenir la police.

Trois personnes ont été blessées, un homme a été arrêté, selon un rapport provisoire Les manifestants s'en sont pris aussi à la Croix Rouge Allemande (DRK), dont les membres ont subi de graves agressions. C'est seulement vers minuit que la situation redevint calme.

 Le chancelier de l'Etat de Saxe Fritz Jaeckel (CDU) a déclaré : "Les attaques contre les employés de la Croix-Rouge et des blessures à des personnes, qui sont appelés réfugiés et qui des hôtes bienvenus, pas acceptables. Les auteurs, nous allons les  poursuivre sans relâche et les tenir pour responsables."

Sven Giegold, membre du Groupe des Verts au Parlement européen, a condamné la violence à Dresde et appelle à une réaction et à une entente de tous les Etats européens pour accueillir les réfugiés victimes des conflits armés dans leurs pays. Quand, enfin, comprendra-t-on que tous ces migrants n'ont pas choisi de venir chez nous ? qu'ils viennent pour échapper à la mort ? que c'est l'occident qui est souvent responsable de leurs maux en déstabilisant leurs pays ?

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jeudi 23 juillet 2015

Offenbourg : tags néo-nazis sur une plaque de commémoration

offenbourgDans le "Bohlsbacherwald", près d'Offenbourg, quatre femmes françaises avaient été assassinées par le régime nazi. Arrêtées par la Gestapo après la découverte du réseau de résistants "Alliance", Henriette Amable, Lucienne Barnet, Marie-Thérèse Mengel et Simone Pauchard, elles avaient été emprisonnées à Offenbourg. Le 27 novembre 1944, elles ont été conduites dans le "Bohlbacherwald" au cours de la "semaine sanglante de la Forêt Noire" et exécutées d'une balle dans la nuque par l'Obersturmführer Julius Gehrum. Leurs corps avaient été découverts en décembre 1945.

Un monument avait été érigé en souvenir des résistants français assassinés à Kehl et à Offenbourg, dans le "Bohlbacherwald", au bord de la route qui mène de Rammerweier à Durbach. A l'initiative du "Souvenir Français" le monument avait été restauré en 2009 grâce à la participation bénévole de soldats français. Suite aux recherches de l'association pour l'histoire des femmes pendant la guerre, et de sa section d'Offenbourg, cette plaque commémorative avait été posée en 2011.

Taguée à la mi-juillet, l'action est attribuée à la NSU (National-Socialistischen Untersgrund = armée secrète national-socialiste), cette organisation est recherchée pour de très nombreux tags qu'elle appelle "SS-Runen" mais aussi pour 10 meurtres racistes perpétrés en Allemagne. La municipalité d'Offenbourg  a fait nettoyer la plaque et a porté plainte auprès des tribunaux de son pays.

bolsbachDépôt de la plaque en 2011

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dimanche 7 avril 2013

Allemagne : scandale chez Amazon

amazoneLe géant américain du commerce en ligne, Amazon, est au centre d’un scandale en Allemagne. C'est la chaine ARD qui l'a révélé dans un documentaire, accusant l'entreprise d'employer des "gardes" proche des groupuscules néo-nazis pour surveiller leurs travailleurs étrangers.

Durant les fêtes de fin d'années, les occidentaux ont tendance à faire appel à sites comme Amazon pour faire leurs courses plus rapidement en évitant la cohue. Grâce à ARD, le voile est levé sur certaines pratiques du géant informatique. Amazon recrute 5000 personnes venant des quatre coins de l'Europe pour travailler dans ses centres de distribution en Allemagne. Pour garantir l'exécution des tâches dans le temps imparti, l'entreprise s'est tournée vers un service de sécurité nommé Hess Security qui selon ARD, étendrait ses pratiques jusque dans la vie privée des employés. Vêtus comme des SS, ces derniers n'hésitent pas à fouiller les chambres d'hôtel des employés. Le dirigeant, Rudolf Hess, a déjà été condamné à plusieurs reprises pour ses agissements au sein de groupuscules Néo-Nazis et son attitude de Hooligan. Amazon défend sa chapelle en expliquant que « Bien que la société de sécurité ne soit pas contractante d’Amazon, nous sommes bien sûr en train d’examiner les allégations concernant la conduite du personnel de sécurité et prendront immédiatement les mesures qui s’imposent. Nous ne tolérons ni la discrimination ni l’intimidation. »

Le documentaire montre des gardes en uniformes noirs avec des blasons "HESS" sur la poitrine, debout, le crâne à moitié rasé qui ne sont non sans rappeler les gardes des camps pendant la seconde guerre mondiale.

Dans de nombreuses villes d'Allemagne, c'est l'indignation et beaucoup de particulier ont d'ores et déjà décidé de ne plus rien commander par l'intermédiaire d'Amazon suite à ce documentaire troublant " J'avais commandé deux ou trois fois, mais c'est fini, j'ai d'ailleurs déjà supprimé mon compte ". Ce n'est pas la première fois que des travailleurs allemands se plaignent auprès des syndicats pour dénoncer ces pratiques barbares, mais la plupart d'entre eux n'osent rien dire car ils viennent de pays étrangers où le salaire est nettement inférieur à ce qu'ils touchent en travaillant en Allemagne, même en intérim. (La gazette de Berlin)

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jeudi 4 avril 2013

Au nom de la race et de la science

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Le documentaire Au nom de la race et de la science, Strasbourg 1941-1944 sera projeté en avant-première au cinéma associatif Le Royal de Rothau demain à 13 h.

Il s’agit d’un moyen-métrage réalisé par Sonia Rolley, Axel et Tancrède Ramonet. Le thème en est la volonté des autorités nazies de créer une collection anatomique qui prouverait l’existence des races, mais également de conserver des exemplaires de la « race juive » après sa disparition voulue par les fanatiques du IIIe Reich.

La collection macabre du Dr Hirt

Sonia Rolley est journaliste, a effectué ses études à Strasbourg, et a été notamment correspondante en Afrique pour différents médias. Axel et Tancrède Ramonet sont producteurs et réalisateurs de documentaires. Le premier est diplômé de la Fémis, école supérieure de l’image et du son. Il a réalisé, entre autres, un documentaire sur Fidel Castro et des web-documentaires.

Le second a cofondé avec son frère la société de production Temps Noir et produit des films sur les problématiques sociales, historiques, artistiques et culturelles.

Parmi les intervenants du film, Robert Steegmann, enseignant à Strasbourg, qui a publié une thèse en 2003 sur le KL Natzweiler-Struthof, premier travail de recherche sur cet unique camp de concentration sur le territoire français actuel.

Dans Au nom de la race et de la science sera évoquée notamment la collection macabre du Dr Hirt, médecin nazi de l’université allemande de Strasbourg.

Temps Noir a produit ce film, en collaboration avec France Télévisions et la Radio Télévision suisse.

Le film sera visible également sur France 3, lundi 15 avril à 23 h 50, et sur France 3 Alsace, samedi 20 avril, à 15 h 20.

Y aller : cinéma Le Royal à Rothau, rue des Déportés, jeudi 4 avril, à 13 h. Entrée libre, dans la limite des places disponibles. Le film sera également projeté le 10 avril, à l’École militaire de Paris.

 (DNA du 3/4/2013)

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jeudi 4 octobre 2012

Des nazis jugés à Stuttgart pour un massacre en Italie ?

r_SANTANNA_large570Après 10 ans de négociations avec les autorités italiennes, le procureur de Stuttgart a enfin pu engager des poursuites contre 17 anciens SS pour les massacres perpétrés dans la commune de Toscane Sant Anna di Stazzema le 12 août 1944 qui ont fait 560 victimes.  Ce jour-là, des éléments de la "Panzerdivision Reichsführer SS" ont investi ce village montagnard et rassemblé tous les habitants. Les soldats SS ont lancé des grenades dans la foule, puis fusillé les survivants. Enfin, ils incendièrent le village. Les accusés se justifient par une intervention contre des partisans, les survivants dénoncent une action de vengeance. Ces faits avaient été passés sous silence jusqu'en 1994, où un procureur militaire découvrit une armoire pleine de d'actes, appelée encore aujourd'hui "l'armoire de la honte". 700 actes de barbarie étaient mis à jour, tous passés sous silence à la fin de la guerre pour des raisons politiques. En 2005, le tribunal de La Spezia condamna déjà 10 accusés, en leur absence, à la prison à perpétuité. En 2002, le procureur de Stuttgart, ayant appris que l'un des responsables du massacre vivait à Lörrach, engagea des poursuites. Près de 70 ans après les faits, 9 des 17 responsables sont cependant décédés et ne seront jamais jugés. La défense des accusés restants plaide le manque de clarté des faits ou même la prescription. Quant à l'avocat des victimes et de leurs familles, il estime que le procès de La Spezia avait fait toute la clarté voulue et il y a largement assez de preuves pour faire condamner les accusés survivants.

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jeudi 21 août 2008

A propos du discours "anti-vanniers" d'un élu du Centre-Alsace

tsiganes_hierIl y a quelque temps, le conseiller général du Val d'Argent, à propos du bal du 14 juillet qu'il avait organisé, s'en prenait à un "vannier" qui aurait perturbé "sa" manifestation. Et d'écrire sur son blog : "Depuis quelques années des familles d'origine vannière, généralement en provenance du Bas-Rhin, ont commencé à s'installer à Sainte-Marie-aux-Mines en profitant de l'importante offre locative en logements sociaux privés. Dernièrement ce sont trois couples totalement analphabètes, impliqués dans le meurtre de la petite Jeanne-Marie par Pierrre Bodein il y a trois ans, qui sont venus s'échouer dans la vallée. S'il n'est pas question de stigmatiser l'ensemble de cette population, il n'est pas non plus question de tolérer que notre vallée devienne leur destination privilégiée et leur lieu de concentration. Le Val d'Argent n'a pas la vocation d'accueillir toute la misère de l'Alsace centrale." (NB : les couples dits impliqués dans l'affaire Bodein ont été innocentés par la justice !) Et d'ajouter dans un autre message : "Une réunion aura lieu jeudi prochain à 15h00 à la CCVA en présence du Procureur de la République de Colmar, de la Gendarmerie et du Secrétaire Général de la Préfecture du Haut-Rhin pour trouver la réponse adéquate à ce déferlement de violence et débarrasser la vallée de ces abrutis." Qu'un élu d'extrême-droite tienne des propos dignes de l'extrême-droite ne m'effarouche plus depuis longtemps. Que les représentants de l'Etat (Gendarmerie, Préfecture) et de la Justice (Procureur) se rendent à une réunion liée à ces propos m'apparaît bien plus intolérable !

Au Conseil de l'Europe !

coucouziegLe Conseil de l'Europe s'est penché sur le problème des gens du voyage (appelés aussi Roms, Gitans, et chez nous Vanniers) et a considéré que le discours d'aujourd'hui contre les Roms est « tout à fait semblable à celui qu'employaient les nazis et les fascistes avant que ne commence l'extermination de masse dans les années 1930 et 1940 », déplore le Conseil de l'Europe.
Dans un article intitulé « Points de vue » et publié hier à Strasbourg, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, condamne « le discours de certains responsables politiques et des médias xénophobes (qui) ravive les stéréotypes séculaires au sujet des Roms, ce qui à son tour « légitime » les actions souvent violentes menées contre des personnes roms ».
« Une nouvelle fois, on en fait des boucs émissaires », estime M. Hammarberg.
« On prétend à nouveau que les Roms sont une menace pour la sécurité et la santé publique. Aucune distinction n'est faite entre une poignée de délinquants et la majorité écrasante de la population rom », poursuit le commissaire, estimant que « c'est une attitude honteuse et dangereuse ».
M. Hammarberg rappelle que les Roms ont subi en Europe 500 ans de « répression honteuse depuis qu'ils sont arrivés d'Inde au terme d'une longue migration ».
« Les méthodes répressives étaient variées, allant de l'esclavage au massacre en passant par l'assimilation forcée, l'expulsion et l'internement », rappelle-t-il en renvoyant le lecteur aux fiches d'information établies par le Conseil de l'Europe.
« Malheureusement, l'histoire honteuse de l'antitziganisme en Europe est oubliée - et se répète », déplore-t-il.
Sans citer aucun pays coupable aujourd'hui de discrimination envers les Tziganes, le commissaire observe qu'il n'est « pas surprenant que de nombreux Roms éprouvent de la méfiance vis-à-vis de la société majoritaire et que certains considèrent les autorités comme une menace ».
« Lorsqu'on leur enjoint de se faire recenser ou de donner leurs empreintes digitales, ils craignent le pire », écrit M. Hammarberg, alors que les autorités italiennes ont entrepris le fichage systématique de tous les Roms de plus de 14 ans vivant dans des camps.

Au lu de cette interview, on comprend mieux à quel niveau se situent certains élus...

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Voir le blog : "L'épopée tzigane" : http://gypsies.canalblog.com/

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