samedi 15 avril 2017

Cameroun : des milliers de faux centres de santé découverts

Le Cameroun, pendant des décennies, a bien joué avec la santé des Camerounais soit, par ignorance ou tout simplement, par mauvaise foi. Récemment, des milliers de centres de santé ont été déclarés faux, parce qu’opérant dans l’illégalité totale.

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Des milliers de faux centres de santé, précisément plus de 2000 centres, viennent d’être pris la main dans le sac par le Ministère de la Santé Publique camerounais, qui a reproché à ces centres d’opérer dans l’illégalité totale. Le Ministre André Mama Fouda, de la Santé publique, les invite hâtivement à «régulariser leur situation administrative dans un délai de 90 jours ». Il précise dans son communiqué ceci: « Sur 3 343 formations sanitaires privées, laïques et confessionnelles exerçant au Cameroun, 1 055 disposent d’au moins un arrêté, 2 288 fonctionnent dans l’illégalité et 75 autres sont identifiées sans région d’implantation », a t-il dit.

Ce qui irrite l’envoyé de l’Etat , est que dans ces centres illégaux de santé, tout le personnel soignant n’est pas qualifié, c’est-à-dire même formé dans les règles de l’art aux métiers de la Médecine. On y trouve des apprenants sur place qui se prennent parfois faussement pour des médecins reconnus et confirmer. Pour le Ministère, c’est un risque majeur que prennent malheureusement les propriétaires de ces centres de santé qui eux-mêmes, pour la plupart, n’ont jamais mis les pieds dans un Amphi de Médecine ou dans une école d’Infirmerie…

Face à ce danger et à la vie des Camerounais ainsi exposée au quotidien, le Gouvernement par le truchement du Ministère de la santé a lancé cet ultimatum de 90 jours aux centres de santé concernés pour rejoindre la République dans les normes instituées et en vigueur. Les accusés tentent en vain de se défendre en brandissant le chômage trop élevé comme étant la cause de leurs agissements gauches: « Un homme qui a été formé pour une profession doit exercer le métier pour lequel il a été formé. En outre, on doit faciliter la procédure pour l’obtention d’agréement et des autorisations nécessaires à l’ouverture ou la création des Centres de Santé », fait savoir Kamtchueng Gérard promoteur d’un centre de santé à Mvog-Ada, un quartier populaire de Yaoundé.

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Et pendant ce temps, le président camerounais Paul Biya se soigne en Europe : à Baden-Baden, en Allemagne, il peut soigner son diabète dans sa clinique privée, et à Genève, en Suisse, son hôtel particulier lui permet d'être proche de ses comptes en banque. Et dans son pays, son peuple ne saurait imaginer les soins qui lui sont prodigués, même dans les rêves les plus fous.

cliniqueBaden-Baden : au fond, la clinique privée si chère au président camerounais Paul Biya

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dimanche 20 juillet 2014

Faux médicaments sur internet

 

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La moitié des médicaments vendus sur internet sont des faux et un tiers des médicaments achetés en voyage à l'étranger également. On connaît les fausses marques de luxe, les fausses montres, on connaît moins les faux médicaments. Des contrefaçons que l'on peut facilement se procurer sur internet ou à l'étranger. Près de 10% des médicaments sur la planète sont des faux, dont 30% en Asie et en Afrique: «Ces chiffres, donnés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), datent un peu, et ne sont donc plus tout à fait fiables», a précisé à l'ats Ruth Mosimann. Reste qu'il n'est pas étonnant que les douaniers les retrouvent au hasard des contrôles. «Ce sont vraiment les médicaments 'lifestyle'», que l'on retrouve le plus souvent dans les circuits illégaux, a déclaré récemment Jürg Herren, vice-président de «Stop Piracy. Les amincisseurs, les stéroïdes, mais aussi le Cialis et le Viagra arrivent en haut de la liste. On a retrouvé par exemple des métaux lourds dans certains d'entre eux».

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On a retrouvé par exemple de la sibutramine, un médicament interdit en Suisse depuis quatre ans, dans un amincisseur, dit naturel, en provenance d'Asie, a encore relevé Ruth Mosimann. Et rien... dans de soi-disants Viagra. Ce médicament contre l'impuissance est délivré sur ordonnance, mais tous les hommes n'osent pas se le procurer ouvertement: cela génère un trafic où «beaucoup d'argent» circule. (selon "Le Matin")

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samedi 29 mars 2014

L'argent avant les soins

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La mannequin ivoirienne Awa Fadiga est morte lundi au service des urgences de CHU de Cocody des suites des blessures qu’elle a contracté lors de son agression au cours de laquelle, elle est a été battue et blessée au couteau dimanche soir par le chauffeur du taxi dans lequel elle venait de monter et son complice

La jeune mannequin de 23 ans est morte en raison d’un manque de soin ; ce qui provoque des émois. Ce décès met en lumière les insuffisances du système de santé ivoirien.

Après avoir été blessée, Awa Fadiga a été jetée sur le bord de la route par ses agresseurs. Elle a été secourue par des passants qui l’ont emmenée aux urgences du CHU de Cocody. Le personnel des urgences a exigé le paiement d’une certaine somme d’argent avant qu’elle ne puisse bénéficier des tout premiers secours de cet établissement public. Awa Fadiga n’a pas reçu de soins du personnel soignant parce que personne n’a pu payer.

Alertés par la gendarmerie, des membres de sa famille, arrivés aux urgences lundi dans la matinée, ont assisté impuissants aux tentatives de réanimation d’Awa Fadiga. Les parents du jeune mannequin avaient dû mettre la main à la poche pour lui acheter un collier cervical, mais il était déjà trop tard, la jeune femme avait perdu beaucoup de sang tout au long d’une attente de soins qui a duré plus de 12 heures. Elle a fini par rendre l’âme.

Cette histoire d’Awa Fadiga qui a dû lutter contre la mort est l’image des systèmes de santé en Afrique où on semble plus préoccupé par l’argent que par la vie des citoyens malades. Même si vous devez subir une intervention chirurgicale, il faut d’abord s’acquitter soi-même de certains frais qui reviennent normalement aux hôpitaux, comme par exemple acheter les gants, etc.

La mort de la jeune mannequin provoque un vif débat en Côte d’ivoire actuellement et elle doit interpeller les autorités du pays à revoir la pratique médicale.

© Oeildafrique.com

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samedi 6 novembre 2010

Retraites : un appel à manifester

58693569_pLe Syndicat de la Médecine Générale (1) s’inscrit dans le mouvement social contre la loi Woerth-Sarkozy de réforme des retraites. Il appelle ses sympathisants et adhérents à manifester dans toute la France

Samedi, 6 novembre 2010

Il rappelle les raisons de son opposition à la réforme programmée par le gouvernement. Ce projet voté par l’Assemblée nationale porte en lui uneaggravation de la violence sociale et économique contre l’individu, une barbarie quotidienne qui ne dit pas son nom : celle de l’aliénation de l’individu au travail par l’usure prématurée de son corps et de son psychisme se manifestant entre autres par les maladies dites « professionnelles » et les accidents de travail, dont le nombre explose depuis 20 ans.

Ce projet est une régression sociale, car il reporte les âges légaux de départ à la retraite et de retraite à taux plein, renvoie les individus à une autonomie illusoire, à leur propre culpabilité vis-à-vis de leur santé. Ce projet nie les déterminants collectifs de santé et, notamment, l’organisation du travail aujourd’hui en France comme cause de nombreuses atteintes à la santé : suicides, dépressions, cancers, troubles musculo-squelettiques, maladies cardio-vasculaires.

En outre dans son titre V, entièrement consacré à la retraite parcapitalisation, la loi démantèle le système solidaire de financement des retraites par répartition. L’exemple de la gabegie des fonds de pension américains soumis au marché a prouvé la violence, l’injustice et l’inefficacité de ce système, sobrement nommé en France, d’épargne individuelle.

Dans notre champ professionnel, la loi instrumentalise la médecine et ses praticiens. Dans le texte actuel, ce n’est pas la pénibilité du métier qui donne droit à la retraite à 60 ans, c’est l’infirmité du salarié (2).

La pénibilité au travail n’est plus une question sociale et collective devant être traitée à sa source (organisation et conditions de travail) et produire des réponses collectives par l’ensemble des acteurs sociaux, mais devient une incapacité individuelle au travail qui doit être prouvée par le travailleur puisqu’une expertise médicale devient obligatoire. Il faut que le corps soit fortement marqué pour pouvoir bénéficier de sa retraite.

Ce projet de loi cynique est un déni de la réalité. Il altérera la santé de nos patients, il aggravera la précarité et le chômage, les inégalités sociales, les inégalités hommes-femmes, les inégalités de santé, d’espérance de vie et de handicap. C’est pourquoi le SMG demande, avec les autres organisations syndicales, son retrait pur et simple.

(1) www.smg-pratiques.info

(2) Denis Sieffert, Politis, n°1118

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