vendredi 22 avril 2022

Grève des éboueurs de l’Eurométropole

Mobilisation chez les éboueurs de l’Eurométropole de Strasbourg. Ils étaient une centaine d’agents à débrayer pour réclamer une hausse de leur salaire. Des perturbations dans le ramassage des ordures ménagères sont encore à prévoir ces prochains jours.

poubellesPour la deuxième journée consécutive, des éboueurs et chauffeurs du service de collecte des ordures ménagères de l’Eurométropole de Strasbourg ont débrayé ce mercredi 20 avril. Ce mouvement de grève spontané, qui n’a été lancé par aucun syndicat, a pris de l’ampleur. Ils étaient une centaine d’agents grévistes, contre 60 la veille. Près de la moitié des équipes, 30 sur 61, n’ont pas effectué leur collecte dans leur intégralité.

Les agents ont pu exposer leurs revendications à la direction générale. Ils réclament une revalorisation de leur salaire et du point d’indice des fonctionnaires, gelé depuis 2007. Une rencontre avec la direction des ressources humaines de la collectivité aura lieu jeudi 21 avril en début d’après-midi.

Valentin Rabot, vice-président en charge des ressources humaines à l’EMS, a rappelé que l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires n’est pas du ressort de la collectivité. Au niveau local, a-t-il ajouté, « des mesures ont déjà été prises en faveur du pouvoir d’achat de tous les agents et d’autres sont actuellement en discussion avec les organisations syndicales. Nous avons accordé un chèque de Noël de 140 € par agent soit un total d’1 million d’euros. Il s’agissait d’une mesure d’urgence. Un crédit de 2 millions d’euros annuel pourrait être débloqué pour augmenter le salaire de tous les agents et de certains métiers plus pénibles », complète-t-il en précisant qu’aucune mesure ne sera prise « dans la précipitation et suite à un mouvement de grève ».

« Nous n’hésiterons pas à poursuivre notre mouvement si nous n’obtenons pas gain de cause », prévient l’un des agents. Le ramassage des déchets pourrait être encore perturbé sur certains secteurs jusqu’à la fin de la semaine. Trois organisations syndicales, FO, Unsa et Sud, ont déposé un préavis de grève, lundi 25 avril. (selon DNA - Strasbourg)

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mercredi 20 avril 2022

Une grève des transporteurs paralyse l'Argentine

Des milliers de camions sont à l’arrêt en Argentine. Les manifestants réclament une hausse des tarifs de fret face à l’augmentation des prix du carburant.

argentineL’augmentation des prix du carburant a de multiples répercussions. Une grève des transporteurs de céréales et d’oléagineux en Argentine, lancée il y a quatre jours pour dénoncer cette hausse et réclamer une hausse des tarifs de fret, paralyse les exportations agricoles. «L’économie argentine ne peut pas se permettre ce luxe», a déploré jeudi dans un communiqué Gustavo Idigoras, président de la Chambre de l’industrie des oléagineux et du Centre d’exportations des céréales (Ciara-CEC).

L'Argentine est le plus grand exportateur mondial de farine et d’huile de soja, et parmi les plus gros exportateurs pour le blé, le soja et le maïs. Ces exportations ont représenté 35 milliards de dollars (32,4 milliards d’euros) en 2021, selon des chiffres officiels.

La grève des transporteurs intervient en pleine récolte 2021-2022 pour l’agronégoce, alors que les prix du carburant sont au plus haut sur le marché international en raison de la guerre en Ukraine.

Une reconnaissance du prix réel du gasoil demandée par les transporteurs

La Fetra, qui a lancé l’appel à la grève pour réclamer une hausse des tarifs pour les services de fret, déplore que les «entités de l’agronégoce ne reconnaissent pas le prix réel du gasoil que doivent payer les transporteurs».

«Avec ce coût, nous sommes obligés d’être à l’arrêt car nous ne pouvons plus travailler», a déclaré à l’AFP Ariel Juarez, l’un des représentants de la Fédération des transporteurs argentins (Fetra), sur une route près de la ville de Victoria, à 300 km au nord de Buenos Aires.

Le prix officiel du diesel dans les stations-service est de 110 pesos (0,93 dollar) par litre, mais la Fetra affirme que les camionneurs doivent payer 191 pesos (1,60 dollar) en raison de pénuries. Une réunion de dialogue mercredi à l’initiative du gouvernement entre les parties a tourné court.

«La grève entraîne une perte d’environ 100 millions de dollars par jour, soit 200 tonnes qui ne sont pas déchargées dans les terminaux portuaires. Nous avons 50 cargos qui attendent», a indiqué Gustavo Idigoras. Entre 3000 et 4000 camions se rendent dans les terminaux quotidiennement en temps normal, contre une dizaine actuellement, a-t-il souligné. (selon "Le temps")

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mercredi 16 mars 2022

Pologne : il y a 40 ans, le général Jaruzelski décrétait l’état de guerre

Le 11 décembre 1981, devant la montée des aspirations démocratiques impulsées par Solidarność, le gouvernement, impuissant, proclame la loi martiale. La bataille du syndicat de Lech Walesa déclenchera une vague de révolutions pacifiques anti-communistes en Europe de l'Est, aboutissant à la chute du bloc soviétique en 1989.

pologne3La bataille polonaise contre le pouvoir communiste, contrôlé par Moscou, démarre à l'été 1980 par une grève générale initiée par les ouvriers des chantiers navals de Gdansk, qui protestent contre la pénurie de vivres et le manque de démocratie. Le mouvement paralyse le pays.

Accords de Gdansk

Le 31 août 1980, Lech Walesa, leader de cette fronde, à la tête du syndicat ouvrier indépendant Solidarność (Solidarité), signe avec le gouvernement communiste les accords de Gdansk pour mettre fin aux troubles. Ces accords prévoient notamment des augmentations salariales, la semaine de travail de 5 jours, le droit de grève, l'autorisation de création de syndicats indépendants et la reconnaissance officielle du syndicat Solidarność, effective le 24 novembre 1980.

Mais les promesses ne sont pas tenues. Grèves et violences reprennent de plus belle. Devant la montée des aspirations démocratiques, le gouvernement, impuissant, proclame l’état de siège le 13 décembre 1981 : “La Pologne sous la botte polonaise”, titre la une de “Sud Ouest”, le 14 décembre.

pologne4Officiellement le décret se voulait une réaction à la difficile situation économique et à la menace sur la sécurité énergétique du pays. Dans la réalité, le régime communiste polonais redoutait la perte du pouvoir, notamment face au rôle grandissant du syndicat Solidarność et ne voulait pas une répétition de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie en 1968. 6 000 syndicalistes sont arrêtés, y compris le populaire Lech Walesa, et  Solidarność, fondé dix-huit mois plus tôt est dissous. L’émotion est immense dans le pays comme en Occident. La loi martiale restera en vigueur jusqu’au 22 juillet 1983. Tout au long de cette période, les Polonais souffriront des restrictions des libertés dans leur vie quotidienne. Un certain nombre d’entre eux prendront la douloureuse décision de quitter leur pays, quitte à ne pas pouvoir revoir leur famille et leurs amis durant plusieurs années.

La bataille de Solidarność pour la démocratie durera huit ans, jusqu'aux accords historiques signés le 5 avril 1989 entre les communistes au pouvoir et le syndicat ouvrier.

pologne2Ils prévoient la création d’un véritable poste de Président de la République, la restauration du Sénat, l’instauration d’un Conseil national de la magistrature, la clarification des pouvoirs de la Diète (Chambre des députés) et surtout, une nouvelle loi électorale qui devait permettre plus de pluralisme et de liberté aux électeurs.

Enregistré comme parti légal le 17 avril, Solidarność triomphera aux élections législatives des 4 et 18 juin 1989. Lech Walesa, lauréat du prix Nobel de la Paix en 1983, succèdera au général Wojociech Jaruzelski à la présidence de la Pologne, de 1990 à 1995.

Illégal

Après la chute des régimes communistes en Europe, le parlement polonais a admis en 1992 que la proclamation de l’état de siège en 1981, était illégale. Le 17 avril 2007, les responsables de son instauration en Pologne (les généraux Wojciech Jaruzelski, Czesław Kiszczak et sept autres personnes) ont été officiellement inculpés pour « crime communiste ».

 

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mercredi 30 juin 2021

SNCF: grève nationale le 1er juillet

La CGT-Cheminots réclame notamment "de réelles négociations pour un statut social de haut niveau" et "l'arrêt des réorganisations" à la SNCF...

sncf"Contre la jungle sociale, pour nos salaires, nos emplois, nos droits, pour un statut social des cheminots protecteur"... Après avoir interpellé la direction de la SNCF sur "le malaise grandissant" au sein de l'entreprise, la CGT a décidé d'agir en appelant les cheminots à la grève nationale le 1er juillet prochain.

"Le groupe public SNCF continue de se transformer par mimétisme du fonctionnement des entreprises privées", tandis que la direction tente "de gommer les normes et les garanties sociales existantes", affirme le premier syndicat de la SNCF, qui prévoit également un rassemblement mardi prochain devant le siège de la SNCF à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)

L'organisation syndicale dénonce notamment la "suppression de 1 à 2% des effectifs pour 2021", la "7e année de gel salarial", la "remise en cause des Facilités de Circulation", ces billets gratuits ou quasi gratuits accordés aux cheminots et à certains membres de leurs familles.

Appel à l'arrêt des réorganisations

La CGT-Cheminots a formulé plusieurs revendications, notamment "de réelles négociations pour un statut social de haut niveau" et "l'arrêt des réorganisations" au sein de la SNCF ainsi que celui de "la création de filiales pour répondre aux appels d'offres des contrats des trains express régionaux (TER), dans le cadre de l'ouverture la concurrence".

Elle demande également la "ré-internalisation" des activités confiées à des sous-traitants, le maintien des "facilités de circulation" (billets gratuits ou à prix réduit pour les cheminots et leurs proches).

Empêcher une nouvelle réforme" du "régime spécial" de retraite

Le syndicat réclame par ailleurs "un positionnement de la direction pour empêcher le gouvernement de mettre en oeuvre une nouvelle réforme" du "régime spécial" de retraite des cheminots, "à travers son projet de décret retraites".

Entre décembre 2019 et février 2020, la SNCF et à la RATP s'étaient pour rappel mobilisées contre le futur système de retraites par points, avec des grèves qui s'étaient installées dans la durée... (selon "Orange")

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mercredi 2 décembre 2020

100% de grévistes au Collège de Villé

Du jamais vu !

AED2Bien sûr, il ne s'agit que du corps des surveillants et des éducateurs, soit six personnes qui ont débrayé ce mardi à l'appel des syndicats d'enseignants. Mais quand même, faut-il rappeler que même lors des grèves de mai 68 ce nombre de six ne fut jamais atteint, et qu'une majorité d'enseignants n'était pas syndiquée. J'ai moi-même été dans ma carrière très souvent le seul à faire grève. Alors je tiens à saluer ces intérimaires mal payés, surchargés lors des mesures sanitaires, qui ont tenu à manifester leur mécontentement. Dommage aussi pour les paroles très maladroites de la principale du collège  qui affirme que l'absence de ce personnel n'a pas affecté la marche de l'établissement. Comme preuve de solidarité, on a déjà vu mieux.

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vendredi 27 novembre 2020

Usine de nickel en Nouvelle-Calédonie

Intervention des forces de l'ordre pour lever des blocages

nickelLes forces de l'ordre sont intervenues tôt mardi matin à Nouméa pour lever le blocage des accès au gouvernement local et à la province Sud par des militants opposés à la vente d'une usine de nickel à un consortium piloté par le géant suisse Trafigura, a constaté l'AFP. 

Environ une centaine de militants, selon les médias locaux, ont été dispersés par des gardes-mobiles, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes, occasionnant des bousculades. 

Depuis jeudi dernier, le collectif "usine du sud : usine pays" et l'ICAN (Instance coutumière autochtone de négociations) multiplient les actions sur le terrain pour s'opposer à la vente par le groupe brésilien Vale de son usine métallurgique de nickel et de cobalt à un consortium calédonien et international, dans lequel Trafigura, géant du négoce de matières premières détient 25%. Les deux parties sont en négociations exclusives jusqu'au 4 décembre.     

Le port autonome de Nouméa est bloqué depuis cinq jours, tandis que l'usine, située dans le Sud de l'archipel, tourne au ralenti car elle n'est plus alimentée en minerai, les accès à la mine de Goro étant eux aussi entravés.

Jugeant "inenvisageable de mettre en péril l'activité économique", le président du gouvernement local, Thierry Santa, a indiqué avoir déposé un référé au tribunal administratif pour que le port soit libéré par la force publique.      

Lundi, les manifestants, qui ont le soutien des indépendantistes du FLNKS, avaient organisé des barrages sur plusieurs axes routiers menant à Nouméa, qui ont été levés à la mi-journée par la gendarmerie.       

Le collectif et l'ICAN ont fait savoir qu'elles allaient "monter en pression durant toute la semaine" avec "une journée pays mort vendredi" pour "empêcher Trafigura de mettre la main" sur le fabuleux gisement de Goro. 

Ils défendent une offre concurrente, qui n'a pas été retenue par Vale, portée par Korea Zinc et la société financière de la province Nord. Le projet prévoit 56% de participation publique calédonienne.       

"Nous voulons que l'Etat fasse bouger les lignes et qu'il organise une table ronde. On ne lâchera pas", a déclaré Raphaël Mapou, porte-parole du collectif.      

Dans un courrier rendu public lundi par Vale-NC, le ministère des outre-mer a toutefois indiqué "qu'à ce jour l'offre portée par le consortium Prony Ressources (Trafigura, investisseurs privés et intérêts calédoniens, ndlr) est la seule offre viable dont l'Etat ait eu connaissance".

"Cette offre est en outre largement soutenue par les salariés de l'usine", écrit le directeur de cabinet du ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu. L'Etat est impliqué dans ce dossier par le biais d'importants soutiens financiers.

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mardi 13 octobre 2020

Bade-Wurtemberg : troisième jour de grève

Appel à la grève dans les services publics mercredi

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Les grèves sont rares en Allemagne, mais ce mercredi 14 octobre aura lieu la troisième journée de grève en quinze jours dans les collectivités du Bade-Wurtemberg. Le syndicat Verdi appelle les salariés de ce secteur à cesser le travail. Jusqu’à présent limitée aux seuls transports urbains, la mobilisation s’étend maintenant à tous les services publics communaux et intercommunaux : crèches garderies, hôpitaux, administrations communales, salles de spectacle, éboueurs et bien entendu les transports urbains.

Le syndicat réclame toujours des hausses de salaires de l’ordre de 4,8 % (150 euros mensuels) et une harmonisation des conditions sociales au niveau fédéral (notamment la généralisation de trente jours de congés payés). Les deux dernières journées de grève ont été massivement suivies, bus et trams étaient totalement l’arrêt dans la plupart des grandes villes du Bade-Wurtemberg comme Stuttgart, Karlsruhe, Baden-Baden ou encore Fribourg-en-Brisgau. Cela devrait à nouveau être le cas mercredi. Les grévistes du sud du pays de Bade ont prévu de manifester à Fribourg-en-Brisgau à partir de midi au départ de la place de l’ancienne synagogue.

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jeudi 24 septembre 2020

Fermeture de Bridgestone

Combien d'argent public l'usine avait-elle touché ?

bridgestoneBridgestone a annoncé la fermeture de son usine de pneus à Béthune. Un coup dur pour ses 863 salariés et des centaines de sous-traitants. Ces dernières années, l'entreprise avait pourtant reçu des centaines de milliers d'euros d'aides publiques.

"Ca va être la guerre". Le président de la région des Hauts-de-France ne décolère pas après l'annonce de la fermeture de l'usine  Bridgestone de Béthune. 863 employés sont sur le carreau. Sans compter des centaines de sous-traitants. Pour Xavier Bertrand, la pilule est d'autant plus amère que le site avait reçu à plusieurs reprise des aides publiques. Et même beaucoup d'aides publiques.  "C'est pas "prends l'oseille et tire-toi". ça va être des années de procédure et une guerre de tranchées", prévient le président de la région. Mais de quels montants parle-t-on ?

620 000 euros d'aides régionales. Entre 2008 et 2016, 500.000 euros ont été alloués par le Conseil régional des Hauts-de-France au fabricant japonais. Une somme à laquelle s'ajoutent encore 120.000 octroyés  par la Région lors de l'actuel mandat, depuis 2016. Ces aides ont été validées en octobre 2017. Une subvention totale, donc, de près de 620.000 euros destinée à développer la formation des salariés et moderniser le site. Et l'argent public ne devait pas s'arrêter. 

En 2008, la communauté d'agglomération de Béthune a versé presque 1,2 million d'euros au groupe japonais, en complément du versement de 500.000 euros de la Région mentionné précédemment. A cela s'ajoute 500.000 euros du FEDER (fonds européen) ainsi que 320.000 euros de l'Etat. Au total, les aides publiques depuis 2008 avoisinent donc 2,6 millions d'euros et ce n'est pas tout. Reste en effet à connaître le montant du crédit d'impôt pour la compétitivité emploi (CICE) qu'aurait touché l'équipementier récemment. Le montant d'1,8 million d'euros est évoqué par plusieurs sources. Il a été confirmé par Agnès Pannier-Runacher lors du Grand Jury sur LCI. "1,8 million au titre de l'exercice 2017" a-t-elle précisé, indiquant au passage que le CICE avait, depuis, été supprimé.

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mardi 9 juin 2020

Appel syndical unitaire à la grève

Face à cette mobilisation importante, Macron va-t-il encore se réfugier derrière le coronavirus pour tout interdire ?

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samedi 18 janvier 2020

Premières épreuves du nouveau bac...

... menacées par un boycott des profs

bacA quelques jours de l'échéance lundi, les premières épreuves de contrôle continu du nouveau baccalauréat sont menacées par un appel au boycott de syndicats d'enseignants, qui demandent leur report et dénoncent une réforme mal préparée.

Grèves de surveillance, refus de corriger les copies ou de transmettre les notes: les opposants envisagent les mêmes modes d'action qu'au moment des corrections du baccalauréat en juin, qui avaient créé la confusion.

Prévues à partir de lundi, ces premières épreuves de contrôle continu, les "E3C" dans le jargon, doivent s'étaler sur un mois et demi en fonction des lycées. Elles portent sur l'histoire-géographie, les langues vivantes ainsi sur que les mathématiques pour les élèves de la voie technologique. 

Grandes innovations du nouveau bac, ces épreuves réparties en trois sessions sur les années de Première et Terminale comptent pour 30% de la note finale.

Dans chaque établissement, les professeurs doivent piocher dans une banque nationale de sujets mais certains d'entre eux s'y refusent.
"Sur notre secteur, les 50 profs d'histoire-géo se sont mis en réseau pour ne pas faire remonter les sujets des épreuves qu'on devait sélectionner et nous ne ferons pas passer ce contrôle continu. On entre dans le dur", assure Jimmy, professeur d'histoire-géographie au lycée Angela-Davis de Saint-Denis, en banlieue parisienne.

Dans les lycées où les professeurs ont refusé de choisir les sujets, il a été demandé aux inspecteurs régionaux de le faire à leur place.

Même un établissement comme le prestigieux lycée Louis-Le-Grand à Paris est concerné. "Nous sommes au minimum 13% en grève reconductible depuis jeudi dernier, contre la réforme des retraites et pour la suppression des épreuves de contrôle continu, ce qui est assez historique pour un établissement comme le nôtre", lance un professeur qui souhaite garder l'anonymat.

Non loin de là, au non moins réputé lycée Henri-IV, "une vingtaine de profs" sont en grève reconductible depuis mardi contre la réforme des retraites. "Mais de fait, nous ne serons pas présents pour la tenue des épreuves de contrôle continu la semaine prochaine", explique un professeur.

"Il y aura des perturbations sur ces épreuves, outre celles qui sont à prévoir parce que rien n'est au point du côté de l'administration", prévient Odile Deverne, prof de français en lycée à Lille.

Jeudi sur RTL, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer s'est voulu rassurant, estimant que ces actions étaient le fait d'une "petite minorité". "Dans la grande majorité des établissements, les choses se présentent très bien", a-t-il affirmé.  "Tout est prêt pour que cela fonctionne", avait-t-il déjà lancé mardi devant l'Assemblée nationale. 

- "Ca nous stresse" - 

Depuis le retour des vacances de Noël, motions et pétitions pleuvent pourtant contre la réforme du bac. Vendredi, douze syndicats, soit la quasi-totalité des organisations, ont officiellement demandé à M. Blanquer de "renoncer" à cette première session.

Et pour les premiers concernés, les élèves, c'est un peu l'inconnu.

"Pour l'épreuve d'histoire-géographie, que je vais passer le 3 février, on nous a absolument pas dit en quoi ça consistait, on nous dit juste d'apprendre tout en nous expliquant que le professeur va peut-être boycotter l'épreuve. Forcément, ça nous stresse", témoigne à l'AFP Morgane, élève de Première dans l'académie de Versailles. 

"Tout est extrêmement flou... J'aurais vraiment préféré passer l'ancien bac, ça aurait été plus simple et moins angoissant", ajoute-t-elle.

Du côté des parents d'élèves, la principale fédération FCPE demande "un ajournement des épreuves, en raison de cette impréparation".

Pour Philippe Vincent, à la tête du SNPDEN (premier syndicat de proviseurs), "la seule incertitude qui existe encore, c'est la capacité du système à absorber plus de trois millions de copies et 10.000 correcteurs dans un temps relativement restreint", craint-il.

Selon une enquête de ce syndicat réalisée auprès des trois quarts des lycées de l'académie d'Aix-Marseille, les perturbations pourraient être "relativement conséquentes", estime M. Vincent. 

Le ministre a estimé lors d'une audition au Sénat la semaine dernière que "tout désordre" dans un établissement serait "nuisible aux élèves", et affirmait "qu'une solution serait trouvée" pour assurer le bon déroulé des corrections. (selon "Tahiti.infos")

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